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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 05:48

30/12/1993

Signature historique entre le Vatican et l'État d'Israël


Photo déc. 1993

Signature à Jérusalem d'un accord devant conduire à l'établissement de relations diplomatiques entre le Saint-Siège et l'État hébreu. L'entente historique met fin à 2 000 ans de mésentente entre Juifs et Chrétiens. Les deux signataires s'engagent à un respect mutuel de leurs libertés et lieux de culte et à promouvoir leurs échanges culturels en Terre sainte. Israël reconnaît ainsi le droit de l'Église de gérer ses propres établissements sur son territoire.



ISRAEL MFA

http://www.mfa.gov.il/PopeinIsrael/French/Relations_diplomatiques_Israel-Vatican.htm



Les relations diplomatiques entre Israël et le Vatican


 
 

Les relations diplomatiques pleines et entières établies en 1993 par Israël et le Saint-Siège ont été précédées par presque un siècle de contacts et d'activités diplomatiques, sans parler des quelque deux millénaires de rencontres entre juifs et catholiques qui ne furent pas souvent caractérisées par leur harmonie. 

1. Avant l'établissement de l'Etat d'Israël

En 1897, quatre mois avant la réunion à Bâle du Premier Congrès sioniste, alors que l'idéal sioniste commençait à gagner du terrain en Europe, le grand journal jésuite Civiltà Cattolica affirmait qu'un Etat juif, avec Jérusalem pour capitale et la custode des Lieux saints à la clé, était inconcevable pour l'Eglise catholique.  

Sept ans plus tard, en 1904, le fondateur du mouvement sioniste Théodore Herzl était reçu par le pape Pie X dans l'espoir de rallier le soutien du Saint-Siège au projet sioniste. Pie X le rabroua en déclarant que l'Eglise ne pouvait entériner les aspirations du peuple juif à un Etat en Palestine, car les juifs “n'ont pas reconnu le Seigneur.” Herzl était inspiré par des considérations politiques ; la réponse du pape par la théologie catholique. 

Les relations des sionistes avec la hiérarchie ecclésiastique, de même que les déclarations officielles du Vatican relatives aux ambitions sionistes restèrent sporadiques au cours des quatre décennies qui suivirent et qui furent marquées par les deux guerres mondiales. Elles suffirent toutefois à confirmer durablement les  allégations du Vatican énoncées par le pape Pie X et le périodique jésuite Civiltà Cattolica.  Le Saint-Siège s'opposait à une patrie juive en Palestine, surtout telle que l'envisageait la Déclaration Balfourdu 2 novembre 1917. Les Lieux saints étant d'intérêt crucial pour l'Eglise, leur custode par des juifs était inacceptable. Les dispositions les concernant devaient exclusivement faire l'objet de consultations entre l'Eglise et les grandes puissances. Les obstacles théologiques soutendant une éventuelle souveraineté juive en Terre sainte abondaient.  

La résolution 181 de l'Assemblée générale de l'Onu du 29 novembre 1947 (ou “Plan de partition”) envisageant pour Jérusalem et ses environs le statut de corpus separatum fut prestement rejetée par les pays arabes et, suite aux hostilités de 1948, ce concept d'entité séparée fit long feu.

En octobre de la même année, Pie XII, profondément affecté par le conflit violent en Terre sainte, émit l'encyclique In Multiplicibus Curis dans laquelle il exhortait les conciliateurs (artisans de la paix après la guerre d'Indépendance)  à accorder à Jérusalem et ses environs un “caractère international” assorti de “garanties internationales” portant sur la liberté d'accès et de culte dans les Lieux saints de Palestine. Dans une autre encyclique datant d'avril 1949, Redemptoris Nostra, Pie XII lançait un appel à la justice pour les réfugiés palestiniens et réitérait sa requête de “statut international” qu'il considérait comme la meilleure protection pour les Lieux saints. La position officielle du Vatican en la matière, comme sur la question des réfugiés, se trouvait ainsi instituée pour les deux décennies suivantes.

2. Après l'établissement de l'Etat d'Israël - une reconnaissance de facto

En 1948 l'Etat naissant d'Israël était désireux de s'assurer la reconnaissance de sa souveraineté et de ses acquis territoriaux par le Saint-Siège, compte tenu de son ascendant moral et de l'influence exercée, à différents niveaux, sur les gouvernements de certains pays catholiques et sur plus de la moitié des chrétiens de la planète. A cette fin furent envoyés au Vatican des représentants d'Israël dès le mois de septembre 1948. Si la délégation israélienne ne parvint pas à atteindre son objectif majeur, divers accords portant sur des problèmes conjoints furent  toutefois signés  sur une base bilatérale ou par le biais du nonce apostolique de Terre sainte et du vicaire patriarcal de Galilée. Ces accords rendaient implicite la reconnaissance de facto de l'Etat d'Israël par le Vatican - un état de fait auquel le Saint-Siège allait fréquemment faire allusion dans ses relations ultérieures avec l'Etat d'Israël.    

Le Vatican continua d'aspirer à l'internationalisation de Jérusalem et des Lieux saints. En 1950, il orchestra une tentative dans ce sens aux Nations unies qui fit long feu. Le Vatican s'en tint là à l'Onu, sans renoncer pour autant à ses aspirations concernant Jérusalem et les Lieux saints.

Parallèlement, les contacts à divers niveaux entre le Vatican et Israël se multipliaient. Ainsi, dès 1952, Moshé Sharett, alors ministre israélien des affaires étrangères fut reçu par le pape, et l'Orchestre philharmonique d'Israël se produisit pour Pie XII en 1955. Israël poursuivait, sans succès cependant, par le biais de ses diplomates, son objectif d'établissement de relations diplomatiques pleines et entières avec le Vatican. Le pèlerinage en Terre sainte de Paul VI en janvier 1964 confirma manifestement - et de façon regrettable pour Israël - le fait que le Saint-Siège n'entendait pas reconnaître l'Etat d'Israël de jure.  
En 1965, le Second Concile du Vatican promulgua l'encyclique 
Nostra Aetatequi apportait un changement radical aux relations de l'Eglise avec les juifs qualifiés de “Frères aînés bien-aimés [de l'Eglise, dépositaires] de l'ancienne Alliance que Dieu n'a jamais révoquée.” Qui plus est, “la passion [la mort et la crucifixion] du Christ ne peut être imputée ni indistinctement à tous les juifs vivant alors, ni aux juifs de notre temps.” 

Si certaines objections d'ordre théologique en matière de reconnaissance de jure d'Israël se trouvaient atténuées par cette encyclique, les principaux obstacles demeuraient. Au-delà de la question de la souveraineté de l'Etat d'Israël sur son territoire, y compris certaines parties de Jérusalem, du manque de frontières reconnues et du problème des Lieux saints et de leur protection, le Vatican réaffirmait ses préoccupations concernant les besoins des catholiques vivant en Israël et le sort des réfugiés palestiniens. Il redoutait également de possibles  représailles des pays arabes contre leurs minorités chrétiennes et, par ricochet, contre le Vatican en cas de reconnaissance de jure d'Israël. De leur côté, certains milieux israéliens ne témoignaient guère d'enthousiasme pour l'établissement de relations diplomatiques et pour ses éventuelles implications. 

En 1967, la Guerre de Six-Jours modifia catégoriquement la situation géopolitique de toute la région. Israël contrôlait désormais tout le territoire de la Terre sainte à l'ouest du Jourdain, y compris les Lieux saints chrétiens de ce territoire. Cette situation nouvelle poussa le Vatican à adopter une attitude plus pragmatique. Dans son allocution aux cardinaux de décembre 1967, Paul VI préconisa un “statut spécial, internationalement garanti” (en lieu et place du terme d'internationalisation) pour Jérusalem et les Lieux saints. Cette position formelle reste de nos jours encore celle du Vatican.

Parallèlement, les contacts de haut niveau entre les parties se poursuivaient. Entre autres, le pape Paul VI reçut en 1969 Abba Eban, ministre des affaires étrangères ;  en 1973 Golda Méir, alors premier ministre ; en 1978 Moshé Dayan, alors ministre des affaires étrangères. Jean-Paul II reçut le premier ministre Yitzhak Shamir en 1982. Le registre des relations diplomatiques fut évoqué à ces occasions et à d'autres, mais le Vatican restait réticent et Israël n'entendait pas exercer des pressions démesurées.   

Les premiers signes de changement d'atmosphère apparurent après l'élection en 1978 du pape Jean-Paul II, dont les origines étaient différentes de celles de ses prédécesseurs italiens. Dans sa jeunesse, dans la ville polonaise de Wadowice, il avait eu de nombreux amis juifs, puis avait été témoin de la Shoah et avait été condamné aux travaux forcés sous l'occupation nazie de la Pologne ; il avait prouvé son soutien aux aspirations nationales de ses concitoyens et à celles d'autres peuples. En 1984, il préconisa la sécurité et la tranquillité pour le peuple juif de l'Etat d'Israël, l'envisageant comme “la prérogative de chaque nation.” S'adressant aux dirigeants communautaires juifs de Miami en septembre 1987, il reconnut dans ces termes le droit du peuple juif à une patrie, “... Il a droit à une patrie, comme toutes les nations civiles, aux termes du droit international et c'est là [ce à quoi nous aspirons ] pour le peuple vivant dans l'Etat d'Israël.”    

Si certains éléments du Vatican signalèrent que la plupart des obstacles théologiques et politiques étaient désormais balayés, il fallut toutefois attendre cinq ans pour que Jean-Paul II se décide à traduire ses sentiments personnels en réalité diplomatique. Dans le sillage de la Première Guerre du Golfe (1991), les pourparlers de paix israélo-arabes furent réactivés. L'OLP reconnut Israël et plusieurs pays arabes établirent des relations diplomatiques avec l'Etat d'Israël. Parallèlement, l'Union soviétique et d'autres pays renouvelèrent les relations diplomatiques avec Israël (suspendues après la Guerre de Six-Jours). Particulièrement notoire fut l'instauration, pour la première fois, de relations diplomatiques avec Israël de grands pays tels la Chine et l'Inde qui souhaitaient compter au nombre des parties aux pourparlers multilatéraux de paix.   

Conscient du fait que la reconnaissance d'Israël par les Palestiniens et par plusieurs pays arabes n'avait pas provoqué de soulèvements dans la région, et que le Saint-Siège craignait de se trouver en situation difficile s'il persistait dans son refus de reconnaître formellement Israël, le pape Jean-Paul II décida de lancer un ballon d'essai diplomatique en conviant début avril 1992 l'ambassadeur d'Israël en Italie, Avi Pazner et son épouse, à une audience privée. Sur la demande du pape, l'ambassadeur fit un exposé de la situation au Moyen-Orient, au cours duquel il fit allusion au refus de certains pays arabes d'accepter l'existence d'Israël, en dépit de la reconnaissance des Palestiniens et des négociations de paix en cours. Jean-Paul II saisit l'allusion, et c'est peut-être ce qui fit pencher la balance en faveur de la reconnaissance d'Israël puisque dix jours plus tard, le “ministre des affaires étrangères” du Vatican, l'archevêque Jean-Louis Tauran, informa Avi Pazner du fait que le pape avait enjoint la Curie d'initier des pourparlers en vue de l'établissement éventuel de relations diplomatiques pleines et entières avec l'Etat d'Israël. Après s'être entretenu avec le pape en octobre, le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Perès (l'actuel président de l'Etat d'Israël) déclara que l'adjonction du Vatican [aux nombreux pays ayant récemment reconnu Israël] constituait une remarquable évolution.  

3.  Depuis 1993  - reconnaissance de jure

Après une année et demie de pourparlers difficiles fut signé le 30 décembre 1993 par le Saint-Siège et l'Etat d'Israël un Accord fondamental qui fut suivi par un Protocole additionnel prévoyant l'échange d'ambassadeurs accrédités. Véritable accord-cadre, ce document ouvrit la voie à la mise en place de sous-commissions juridiques et fiscales chargées de régler les questions qui avaient été laissées délibérément en suspens. Le fait que l'Accord fondamental reconnaissait la nature unique des relations entre l'Eglise et le peuple juif, et réitérait la condamnation par l'Eglise de l'antisémitisme sous toutes ses formes, comme l'avait fait Nostra Aetate, ajouta une dimension particulière à ce document. 

Depuis, Israël et le Saint-Siège entretiennent d'étroites relations diplomatiques qui ont connu ici et là des périodes de tension, voire de crise. Les délibérations de la sous-commission juridique prirent fin relativement vite avec la signature le 10 décembre 1997, d'un accord supplémentaireprévoyant : 
- la reconnaissance par Israël de la personnalité juridique, de l'autorité et de la primauté du droit  canon dans l'Eglise catholique et ses institutions, ainsi que dans celles du Patriarcat latin de Jérusalem, des Patriarcats de l'Eglise catholique d'Orient et de leurs diocèses respectifs en territoire israélien ; 
- la reconnaissance par ces entités de la prévalence du droit israélien au civil et au pénal. 
Par ailleurs, le travail de la sous-commission fiscale est toujours inachevé du fait des difficultés sérieuses posées par les positions de principe des deux parties et, du point de vue israélien, du fait des implications fiscales et matérielles de certains privilèges spéciaux requis par l'Eglise catholique qui risqueraient de se trouver étendus à d'autres communautés, chrétiennes ou non-chrétiennes d'Israël. 

Les relations entre Israël et le Saint-Siège ont connu leur apogée avec lepèlerinage de Jean-Paul II en Terre sainte en l'an 2000. Si la vocation religieuse de ce pèlerinage était primordiale, ses aspects politiques furent significatifs, notamment lorsque le pape s'entretint avec le président de l'Etat ainsi qu'avec le Premier ministre et les membres de son Cabinet.

Les espoirs de développement des relations politiques et diplomatiques avec le Vatican se trouvèrent toutefois sapés par le déclenchement de la seconde “intifada” en septembre 2000. Adoptant une position critique à l'endroit de la réaction militaire d'Israël au soulèvement palestinien et de l'interruption du processus de paix qui s'ensuivit, le Vatican gela ses relations diplomatiques avec Israël, tout en se souciant, afin d'éviter une rupture, de déplacer l'accent sur la dimension judéo-catholique de ces relations. Un certain nombre d'initiatives furent alors encouragées, notamment le lancement d'un remarquable dialogue entre le Saint-Siège et le Grand-Rabbinat d'Israël en 2003, dialogue qui se poursuit à l'heure actuelle.

Des tensions d'un autre genre pesèrent en 1998 sur les relations avec le Vatican au moment où des musulmans de Nazareth proclamèrent leur intention d'édifier une grande mosquée contiguë à la basilique de l'Annonciation, avec, selon l'Eglise, l'accord tacite de certains milieux politiques israéliens. Ce différend portant sur un Lieu saint catholique de premier plan ne fut résolu qu'en janvier 2002 avec le plan présenté par une commission gouvernementale qui mettait une fin définitive au projet de construction d'une mosquée. En revanche, les relations du Vatican avec l'Etat d'Israël firent la preuve de leur solidité et de leur efficacité au moment où les parties agirent de concert et discrètement afin de trouver une solution à l'assaut mené en avril 2002 par des Palestiniens armés qui investirent un autre Lieu saint – la basilique de la Nativité à Bethléem où ils prirent en otages plusieurs prêtres catholiques, arméniens et grecs orthodoxes, ainsi que des civils palestiniens. 

Dans l'ensemble, les relations se poursuivent de façon plus équilibrée. Les visites de ministres israéliens au Saint-Siège sont fréquentes. Le premier président de l'Etat d'Israël jamais reçu par le pape a été Moshé Katsav en décembre 2002. L'ambassade israélienne près du Saint-Siège informe quotidiennement le Vatican des décisions politiques d'Israël, tandis que celle du Vatican à Jaffa se soucie de protéger ses nombreuses propriétés et ses intérêts en Israël. Les deux parties cherchent de nouvelles avenues culturelles, éducatives, universitaires et interconfessionnelles susceptibles d'étendre leur coopération. Quant aux affaires courantes, telles que la délivrance de visas d'entrée en Israël au clergé catholique en provenance de pays arabes, elles sont entrées dans la routine. 

L'Etat d'Israël et le Vatican accordent une importance particulière à leurs relations diplomatiques qui, à bien des égards, sont uniques et empreintes de longs siècles de démêlés entre juifs et catholiques, et englobent des intérêts tenus pour essentiels par les deux parties. Espérons que ces relations demeureront solides et dynamiques et qu'elles permettront de surmonter les tensions occasionnelles qui ne manqueront pas de se reproduire à l'avenir.




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