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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 10:22
EXCLUSIF !

Entretien avec Shaul MOFAZ-Arouts 7

député de Kadima et ancien chef d’état major de Tsahal

http://www.actu.co.il/2009/09/entretien-exclusif-avec-shaul-mofaz-depute-de-kadima/














>Actu.Israel

Shaul Mofaz, merci de nous recevoir ici dans vos bureaux a Ramat Gan.
Les Français et les francophones d’Israël vous connaissent évidemment très bien mais, pour les Juifs de France, vous restez encore un peu une énigme.
Alors, précisons pour eux que vous êtes ne en Iran, marie avec 4 enfants, que vous avez immigre en Israël en 1957 a l’âge de 9 ans et que vous avez fait une carrière militaire remarquable, occupant successivement des commandements sur le terrain et a l’état-major, jusqu’à votre nomination en 1998 comme 16eme
Votre seconde carrière, la politique, a été marquée surtout par votre nomination en 2002 comme ministre de la Défense dans le gouvernement Likoud d’Arik Sharon et celle de vice-premier ministre et ministre des Transports dans le cabinet Kadima d’Ehud Olmert en 2006.
Vous avez brigué, sans succès, la direction du parti Kadima en 2008 contre Tsipie Livni. Celle-ci, victorieuse, refusa de rejoindre le gouvernement Netanyahou, contre votre avis.
Et vous êtes aujourd’hui à la croisée des chemins !

Merci Shaul Mofaz d’accorder cet entretien destine aux auditeurs francophones. Nous évoquerons ensemble votre vision d’Israël, vos projets pour le pays, les tensions avec l’Iran et le problème israélo-palestinien.
Avant cela, parlons de la France si vous le voulez bien.
Vous êtes depuis des décennies une figure politique et militaire incontournable.
Il y a pourtant une certaine méconnaissance de votre personnage à l’étranger et notamment en France.
Comment l’expliquez-vous ?
 

>S.Mofaz
Permettez-moi d’abord de vous dire combien je suis heureux de cette rencontre avec les media français et francophones. La France tient chez moi une place très particulière.
En tant que chef de l’armée, puis ministre de la Défense, ministre des Transports et vice-premier ministre, j’ai effectue de nombreuses visites en France et je dois dire que je suis satisfait des relations avec la France et je pense aussi que la France elle-même considère ses relations avec Israël comme importantes. Aujourd’hui, les personnalités françaises que je rencontre sont les mêmes que celles que j’ai connues a l’époque ou j’occupais mes fonctions officielles.
Quant à la communauté juive de France, au fil de mes visites, elle m’est apparue comme très décidée dans son soutien à Israël. J’ai rencontre beaucoup de Juifs français au cour de ces voyages et je suis certain que mes relations avec cette communauté importante vont se développer dans l’avenir.



> Actu.Israel
Quelle relation personnelle avez-vous avec la France ?
En quoi l’histoire, la culture, la politique française ont elles été inspiratrices de votre parcours personnel?

>S.Mofaz
Ce qui m’impressionne dans l’histoire de la France et aussi me relie a son héritage, c’est tout d’abord ce développement naturel au travers des siècles, qui l’a conduite au régime présidentiel d’aujourd’hui, système démocratique s’il en est, et relativement stable comparé au système politique israélien ; ensuite, c’est le fait que la France a, en général, toujours été du cote d’Israël.
La France est une grande puissance. Elle a les moyens d’influer sur le cours des événements. Nous avons, la France et Israël beaucoup en commun dans l’histoire, la culture, le folklore et d’autres domaines.

>Actu.Israel
Vous avez été ministre de la défense, quels souvenirs gardez-vous de vos rencontres avec les personnalités politiques françaises ? Quelle est celle ou celui qui vous a le plus marqué?

>S.Mofaz
Mes meilleurs souvenirs appartiennent à la période ou moi-même et Mme Alliot-Marie étions tous deux ministres de la Défense dans nos pays respectifs. Dans le cadre de nos rencontres, au nombre de cinq je crois pendant les quatre années que j’ai passées a ce poste, nous avons développé des relations très proches, franches, des relations de confiance, sur le plan personnel et également entre nos administrations ; cela nous a permis de faire avancer le dialogue stratégique et formaliser la coopération entre nos industries militaires. Nous avons même fait progresser la coopération dans le domaine du renseignement, mais je n’en dirai pas plus sur ce troisième point.
Je suis très satisfait de la coopération que j’ai eu avec Mme Alliot –Marie et je crois que ce que nous avons entrepris continue aujourd’hui.

>Actu.Israel
Durant la guerre de Gaza, de nombreuses manifestations d’hostilité à Israël ont accentue la tension déjà existante entre les communautés juive et musulmane en France ; alors, comment percevez vous le phénomène d’importation de ce conflit en France? Et y a t une raison pour les Juifs de France de s’inquiéter pour l’avenir en cas de conflit futur impliquant Israël?

>S.Mofaz
La France a en son sein une communauté musulmane importante et les Français sont journellement confrontes a des conflits en raison de coutumes et de cultures différentes. Ceci est probablement vrai pour l’ensemble de l’Europe.
Il s’agit la d’importantes questions de fond sur l’idée qu’on se fait de la société, la politique d’immigration et bien d’autres domaines.
Quant aux Juifs de France, ils sont éduqués et du point de vue social et culturel, ils sont bien intégrés dans la société française.
Nous sommes évidemment heureux quand un Juif prend la décision-qui n’appartient qu’a lui-de monter en Israël ; mais je suis certain que les dirigeants français sauront se mesurer à la situation et que la France continuera à garantir la sécurité et la liberté des Juifs comme des autres communautés.
Connaissant la France et ses fondements démocratiques, je sais que ses dirigeants seront à la hauteur de la situation ; Mais Israël reste le refuge ultime !

>Actu.Israel
Le chaud et froid qu’entretiennent la France et Israël est bien connu. Alors, y a t il une fatalité dans cette relation tumultueuse? Croyez-vous que le président Sarkozy soit un véritable partenaire ?

>S.Mofaz
D’abord, je suis de ceux qui pensent que chaque pays a le droit de critiquer la politique des autres pays.
En Israël, nous sommes d’abord et surtout responsables du destin d’Israël et il s’ensuit que nous prenons nous-mêmes toutes les décisions en rapport avec l’avenir de la nation, lesquelles ne plaisent pas toujours aux autres pays. Mais c’est sur nous que repose le maintien de l’indépendance et des intérêts vitaux d’Israël !
Évidemment, nous apprécions beaucoup la France et la considérons comme un partenaire dans le combat contre le fondamentalisme.
Je dois dire que sous la direction du président Sarkozy, la France soutient la sécurité d’Israël de manière claire et sans ambages.
Le président Sarkozy considère le problème de la sécurité d’Israël du même œil que nous, à la fois dans son aspect existentiel et dans celui de la vie de tous les jours.
Il y a parfois des différences d’opinion sur les moyens à utiliser, mais sur le fond, le président Sarkozy est un véritable ami d’Israël.
Vous savez, la vie n’est pas quelque chose de linéaire. Il y a des hauts et des bas entre les pays et entre les dirigeants ; des questions d’humeur, de caractère ; quelques fois la situation géopolitique ou stratégique est en cause. La France et Israël ont eu par le passe des relations meilleures et des relations moins bonnes. Mais, prises sur une longue période, je constate deux idées-forces dans ces relations, toutes deux importantes pour les deux pays :
1. Les dirigeants français ont toujours tout fait pour assurer l’existence d’Israël ;
2. Hormis la période noire de la dernière guerre, ils ont également toujours tout fait pour assurer la sécurité et la liberté des Juifs de France.
Pour conclure ce chapitre, j’ajouterai que depuis l’arrivée au pouvoir du président Sarkozy, nous sommes dans une période que je qualifierai de favorable.

>Actu.Israel
Dans le dossier Gilad Shalit, est ce que la France peut ou doit jouer un rôle ?

>S.Mofaz
D’abord, il est important de souligner que Gilead Shalit possède la nationalité française ; et ceci, sans déroger a notre devoir, a nous Israéliens, de soutenir les soldats que nous envoyons défendre le pays.
Les Français sont connus comme des médiateurs hors-pair et ils reconnaissent la nécessité de ramener Gilead Shalit à la maison.
Le président Sarkozy peut beaucoup nous aider. Je sais qu’il est déjà implique et que les autres Français impliques font le maximum pour sa libération.
Le président Sarkozy a accorde un soutien très médiatisé a la famille Shalit ; le père de Gilead, Noam, a même été reçu par le président a Paris et je peux aujourd’hui affirmer que le soutien présidentiel n’est pas seulement moral mais également pratique.

>Actu.Israel
Shaul Mofaz, les Juifs de France installés en Israël depuis les dernières décennies semblent, d’après une étude sociologique récente, à la fois confirmer un épanouissement au sein de la société israélienne et un regret de ne pas compter assez dans le paysage politique israélien, en particulier dans sa représentation dans les institutions politiques.
La France est le pays des droits de l’homme. Elle a une culture politique riche.
Ne pensez-vous pas que les Français en Israël peuvent contribuer a enrichir la vie politique du pays ?

>S.Mofaz
L’implication des Français d’Israël dans la politique du pays dépend d’abord d’eux-mêmes. Il s’agit d’une communauté forte, éduquée, consciente des problèmes de société, entr’autres des problèmes de qualité de la vie. Une communauté très sioniste.
Je constate chez eux de plus en plus d’intérêt, pas encore une réelle implication, pour la chose publique et je suis certain que cette communauté de qualité saura participer a la direction du pays, a des postes de responsabilité. Ils en ont la capacité et des qu’ils décideront de s’impliquer, ils pourront contribuer à faire bouger les choses grâce a leur culture politique et a leur attachement particulier aux droits de l’homme.
Il faut savoir à ce propos qu’Israël est un pays démocratique avec beaucoup de problèmes inhérents au système politique en vigueur : manque de stabilité politique, élections fréquentes et gouvernements qui n’arrivent pratiquement jamais a leur terme.
Mais Israël est également une société ouverte et des membres de diverses communautés sont déjà membres de la Knesset ou même ministres.
Cela arrivera aussi aux Français d’Israël. C’est une question de temps !

>Actu.Israel
Lorsque Benyamin Netanyahou a été choisi pour former le nouveau gouvernement, il a propose a Tsippi Livni de rejoindre la coalition mais elle a refuse, affirmant qu’elle préférait siéger dans l’opposition. Vous étiez a l’époque en faveur d’un accord avec le Likoud et vous avez critique les prises de position de la tête de votre parti.
Aujourd’hui, pensez-vous toujours que votre parti devrait rejoindre la coalition de Netanyahou

>S.Mofaz
Je suis d’avis que Kadima n’a aucune raison de rentrer aujourd’hui dans le gouvernement Netanyahou alors que le processus de paix est gelé et que le gouvernement n’a aucun plan de paix véritable.
Il n’y a pas non plus de politique bien arrêtée à propos de questions chères a Kadima, telle, par exemple, le changement du système politique et électoral dans le pays ; pas non plus de véritable leadership a même de prendre les décisions urgentes nécessaires.
Avant les élections, je pensais, contre l’avis de Mme Livni, que Kadima, le plus grand parti avec 28 sièges a la Knesset, devait rejoindre le gouvernement de M. Netanyahou, et ce, pour faire deux choses : 1. Mettre au point un plan de paix avec les Palestiniens ; 2.Changer le système politique et électoral
Aujourd’hui donc, aucune raison de rejoindre le gouvernement à moins que la situation n’exige la mise sur pied d’un gouvernement d’union nationale, par exemple si le processus de paix reprenait son envol. Malheureusement, il me semble que ce n’est pas pour demain, la position du gouvernement devenant de moins en moins modérée a ce sujet ; et la sensation de crise avec les Américains n’est pas une bonne chose pour Israël

>Actu.Israel
Pensez vous que Kadima doive œuvrer pour former le prochain gouvernement ?

>S.Mofaz
Quand on est dans l’opposition, il est très difficile d’influencer la politique du gouvernement. Le rôle de Kadima se borne donc à constituer une alternative pour l’avenir.
Il est difficile de prévoir le déroulement futur des événements. Ce qui est sur, c’est que le gouvernement Netanyahou fait beaucoup d’erreurs : mauvais leadership, mauvaises décisions, pas de plan de paix, un discours de Bar Ilan sur le principe de « deux états pour deux peuples » venu trop tard et seulement a cause des pressions américaines. Pas non plus de programme de mise en œuvre de ce principe.
J’ai l’intention de postuler aux prochaines élections pour le poste de premier ministre. Je pense que Kadima pourra alors mener une autre politique avec un plan de mise en application du principe de deux états pour deux peuples.
Je vais moi-même présenter prochainement un programme politique pour éviter que quelqu’un d’autre ne nous impose le sien. Nous devons conduire une politique et non nous laisser conduire par les autres !

La stabilité gouvernementale ainsi que des relations saines entre le Pouvoir et le Citoyen ont été par le passe les garants de la démocratie israélienne.
Ces deux qualités sont aujourd’hui largement menacées par la fracture existante entre les citoyens et leurs représentants à la Knesset de même que par le dysfonctionnement
du système politique et électoral.

> Actu.Israel
Que proposez-vous comme reformes pour remédier à cette situation ?

>S.Mofaz
Il est nécessaire de changer le système politique et électoral en Israël. 61 ans d’indépendance, 32 gouvernements ! C’est-a-dire, en moyenne, un gouvernement tous les deux ans ! C’est le manque de stabilité gouvernementale qui empêche la mise en œuvre de programmes et de décisions du gouvernement. Impossible de mettre en application les nécessaires reformes, par exemple dans les domaines de l’Education, l’Environnement ou les Infrastructures parce qu’il n’y a pas de continuité du pouvoir ; le gouvernement change tous les deux ans et avec lui, les programmes.
Je propose donc :
1. que la durée légale du gouvernement soit fixée à quatre ans et la majorité requise pour le renverser soit portée à 80 voix – sur 120.
2. que le chef de la formation politique qui a obtenu le plus grand nombre de voix aux élections soit automatiquement chargé de former le nouveau gouvernement.
Une fois ces deux reformes mises en application, la voie sera ouverte pour le deuxième train de reformes : le changement du système électoral, a savoir une combinaison d’élections régionales et personnelles, 80 – 90 sièges a pourvoir dans les régions, lesquels accentueront le lien entre l’élu et les électeurs de sa circonscription ; et 30 – 40 sièges à pourvoir au niveau national, selon le système actuel.

>Actu.Israel
Vous avez été parmi les plus chauds partisans du plan de retrait de la bande de Gaza et vous avez soutenu ce plan au gouvernement de l’époque dirige par Ariel Sharon. Nombreux sont ceux qui, comme le président Pères, reconnaissent aujourd’hui que le démantèlement du Goush Katif a été une grave erreur.
Quatre ans après, quel bilan faites-vous ?

>S.Mofaz
Le démantèlement du Goush Katif a été une mesure historique courageuse dans l’histoire d’Israël. Et plus on avancera dans le temps, plus on percevra l’importance de cette mesure. A mon avis, cette importance est double : 1. Les 15000 habitants du Goush, vivant entoures d’ennemis dans une région sans intérêt pour la sécurité nationale – a l’inverse de la Judée-Samarie ou le peuplement de Goush Etsion, Maale Edoumim , Efrat ou Ariel représentait un intérêt stratégique évident pour Israël – et l’idée centrale du programme de désengagement était de protéger la vie des civils et des militaires par un retrait territorial immédiat. 2. Le renforcement a Gaza du mouvement chiite fondamentaliste d’obédience iranienne et, avec lui, du Hamas, commande de laisser en permanence a Tsahal une liberté totale de mouvement, liberté a laquelle il n’aurait prétendre si les 15000 habitants étaient restes sur place au Goush Katif.
Ce qui a été mal exécuté dans le démantèlement du Goush Katif, c’est le traitement de la population évacuée. Le gouvernement aurait du assurer la réinstallation et le dédommagement complets des évacués, même a un cout supplémentaire évalué a 2 a 3 milliards de Shekels. Des plans de réinstallation comprenant le financement de l’activité professionnelle devaient être mis en œuvre en Galilée, dans le Néguev ou dans les blocs de peuplement de Judée-Samarie ou la population idéaliste du Goush Katif se serait parfaitement intégrée si la politique de dédommagements avait été plus effective après le désengagement.

>Actu.Israel
Depuis le retrait, le Hamas a pris le pouvoir a Gaza et menace constamment les localités du Néguev occidental.
Ne pensez vous pas que c’est également une conséquence de ce plan ?

>S.Mofaz
L’arrivée au pouvoir du Hamas a Gaza n’a pas été causée par le désengagement !
Cela fait vingt ans que l’Iran et les Chiites de la région essaient, avec un certain succès, de saper l’hégémonie des Sunnites. Le Liban hier, la bande de Gaza aujourd’hui. Et la poussée chiite a Gaza est antérieure au désengagement. Dans n’importe cas de figure, le Hamas était voue a se renforcer ! Et la contrebande d’armes n’est pas non plus liée au départ de Tsahal de Gaza ; elle prospérait même quand Tsahal campait sur la voie de Philadelphie !
L’arrivée des fusées de longue portée dans la bande n’a pas non plus été causée par le désengagement mais bien par une décision malheureuse de Juin 2008, a laquelle j’étais oppose mais qui avait la faveur du ministre de la Défense, de conclure une trêve avec le Hamas ; trêve immédiatement mise a profit par le Hamas pour faire entrer ces fusées a Gaza des Juin 2008. Avant, il possédait seulement des Kassam, fusées de courte et moyenne portée.
La trêve a été à mon sens une grave erreur politique. A l’égard du Hamas, la seule politique valable est de maintenir la capacité de dissuasion d’Israël, pas de composer avec lui! Le Hamas doit assimiler la conclusion que tout acte de guerre contre Israël et en particulier contre le Néguev occidental, lui coutera très cher ! J’étais déjà convaincu de cela des l’entrée du Hamas a Gaza en Juin 2007.

>Actu.Israel
La question du nucléaire iranien fait pratiquement l’unanimité en Israël et il est clair pour tous qu’il est impératif de faire preuve de fermeté face au régime des ayatollahs, lequel menace la sécurité du monde et en particulier celle d’Israël.
En tant qu’ancien chef d’état-major et ex-ministre de la Défense, natif d’Iran et au fait de la culture, de la langue et de la mentalité de ce pays, en tenant compte aussi des contacts radio que vous maintenez avec des Juifs en Iran, quelle politique proposeriez-vous au gouvernement, sachant que depuis l’élection de Barack Obama, les Etats-Unis prônent des positions plus modérées et prétendent encore vouloir régler la crise par la voie diplomatique ?

>S.Mofaz
Une constante de la politique israélienne depuis l’arrivée au pouvoir des Mollah est de faire tout ce qui est humainement possible pour empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Malheureusement, les Iraniens progressent dans ce sens et ils sont aujourd’hui plus proches que jamais de posséder l’arme nucléaire.
Les sanctions internationales, de nature économique, politique ou autre, ont permis de ralentir la progression iranienne mais pas de la stopper. La stratégie de l’Iran consiste à gagner du temps et, jusqu’à présent, elle réussit !
La nouvelle administration américaine a décidé de donner une chance a la négociation mais en la limitant au mois de septembre, au plus tard. Je ne pense pas qu’on puisse stopper le programme nucléaire iranien par la négociation mais il faut quand même essayer, tout en plaçant une limite de temps.
Lorsqu’en tant que vice-premier ministre, j’étais responsable du dialogue stratégique avec les Américains, j’avais suggéré la mise en œuvre de dix types de sanctions internationales, en plus des sanctions financières déjà appliquées, au cas où la négociation ne porterait pas ses fruits. Malheureusement, certains pays, comme la Russie
et la Chine ont, pour des raisons économiques, refuse de coopérer et ce plan a été abandonne.
Si le plan Obama de « négociation d’abord » ne donne pas de résultat, je suis d’avis qu’il faille alors passer à un deuxième stade, celui de sanctions internationales du type de celles proposées par Israël. Ensuite, toutes les options sont ouvertes !

>Actu.Israel
Nous avons rappelé que vous êtes d’origine iranienne. Est-ce que cela vous rend plus sensible au problème

>S.Mofaz
Je suis effectivement arrive en Israël a l’âge de 9 ans.
Dans les années 70, avant la révolution, l’Iran était l’un des meilleurs allies d’Israël et nos relations étaient identiques a celles que nous entretenons avec les pays européens.
La culture et la façon de vivre des Iraniens étaient et sont encore assez semblables à celles des Européens.
La révolution de 1979 a malheureusement amené au pouvoir les Ayatollahs.
Aujourd’hui, il appartient aux Iraniens de décider s’ils veulent balayer ce gouvernement et le remplacer par un régime démocratique.
Ce qui s’est passe en Iran il y a trois mois, après les élections, montre que les Iraniens ont passe le cap de la peur et sont prêt à manifester contre le régime et exiger un changement.
Cela va-t-il prendre des jours, des mois ou des années ? Nul ne le sait. Ce qui est certain, c’est que le processus est entame et qu’il va continuer. Et le changement viendra de l’intérieur.

>Actu.Israel
Shaul Mofaz, sur ce sujet, la France semble plus proche que ne le sont les Etats-Unis ?

>S. Mofaz
Je ne peux pas parler au nom de la France. Je peux seulement rappeler que la France est une puissance, une puissance européenne et que les déclarations de son président sont très écoutées. Le président Sarkozy a déclaré devant la Knesset que la France ne tolérerait aucune menace contre l’existence d’Israël et que sur la question iranienne, la France soutenait Israël.

>Actu.Israel
Le Fatah vient de clore son congres à Bethleem au cours duquel il a notamment déclaré qu’il n’accepterait pas de reconnaître Israël en tant qu’Etat Juif. On sait aussi qu’au cours de ce congres, Marwan Barghouti, qui purge en Israël plusieurs peines de prison a perpétuité, a été élu au comite directeur du mouvement.
Certaines personnalités en Israël appellent déjà à sa libération.
Quelle est votre position sur ces questions ? Et dans ce contexte, comment envisagez-vous les pourparlers avec les Palestiniens ?

>S.Mofaz
La première tache est de formuler un plan de paix israélien avec l’objectif déclaré d’arriver à un accord avec les Palestiniens, accord qui devrait servir de base à un arrangement régional. Il faudra aussi arriver à négocier avec la Syrie et le Liban mais la priorité est quand même aux négociations avec les Palestiniens.
Je travaille actuellement sur un plan de paix fonde sur le principe de deux états pour deux peuples et je le présenterai sous peu.
Je suis oppose a la libération de Marwan Barghouti . Il a été condamne a cinq peines a perpétuité. Il a œuvre violemment contre la sécurité d’Israël et il a, comme beaucoup d’autres, beaucoup de sang sur les mains. Sa conception du monde est celle d’un terroriste
Ceci étant dit, je comprends très bien que n’importe quel accord avec les Palestiniens comprendra la libération des prisonniers. Mais on en est pas encore la.

>Actu.Israel
Les Etats-Unis de Barack Obama adoptent vis-à-vis d’Israël une politique plus dure et semblent vouloir satisfaire davantage le monde arabe. On assiste notamment aux efforts déployés par les Américains en faveur d’un rapprochement avec la Syrie, bien que celle-ci soutienne toujours autant le terrorisme et plus particulièrement le Hezbollah et les groupes agissant en Irak contre les troupes américaines. Israël, de son cote, est soumis à des pressions de plus en plus fortes.
Comment, selon vous, doit réagir le gouvernement ?

>S.Mofaz
La crise actuelle avec les Etats-Unis a été créée de toutes pièces par le gouvernement sous la direction de Netanyahou. Je suis d’avis qu’Israël ne peut se permettre le luxe d’une dispute avec les Américains. Nous devons maintenir un dialogue permanent avec l’administration Obama et neutraliser les conflits dans l’œuf, même si, parfois, nous ne voyons pas les choses exactement pareil.
Nous devons continuer à soutenir nos intérêts nationaux et même tracer des lignes rouges, mais cela ne justifie pas un conflit avec notre allie le plus important et le plus proche, qui a constamment veille a la sécurité d’Israël, qui soutient notre pays contre ses ennemis, voyez le renouvellement des sanctions contre la Syrie, alors que même le président Obama a répété a plusieurs reprises, même personnellement a Netanyahou son engagement en faveur de la sécurité d’Israël. Je ne vois donc pas de raison valable a de telles disputes avec les Américains

>Actu.Israel
Vous dites que Benyamin Netanyahou est responsable des tensions avec les Etats-Unis, mais je crois qu’il faut tenir compte aussi du fait qu’Obama a été élu a peu prés en même temps et on peut peut-être attribuer ces tensions au changement de pouvoir aux Etats-Unis ?

>S.Mofaz
Je suis certain qu’en raison des innombrables engagements réciproques entre les Etats-Unis et Israël, le dialogue va reprendre. La question est a quel prix et quels vont en être les séquelles ?
Israël et les Etats-Unis ont tellement d’intérêts croises, notamment dans les domaines stratégiques, qu’il est fou de rechercher des conflits. Il est possible de ne rien concéder aux Américains quand nos intérêts vitaux sont en jeu et en même temps, de maintenir avec eux des relations normales. Il n’y a la aucun paradoxe !
Je pense donc que la politique de Netanyahou à cet égard est stratégiquement erronée et je souhaite qu’elle soit modifiée.

>Actu.Israel
Dernière question, Shaul Mofaz, avant de devenir président, Nicolas Sarkozy avait avoue penser a la présidence chaque matin en se rasant.
Pensez vous aussi au poste de premier ministre chaque matin en vous rasant ?

>S.Mofaz
Chaque matin en me rasant, j’ai toujours d’abord pense a ce que je peux faire pour mon pays.
Pendant 36 ans de carrière militaire et civile, dont 4 ans comme chef d’état-major, 4 ans comme ministre de la Défense et 3 ans comme vice-premier ministre et ministre des Transports, j’ai toujours considéré le bien d’Israël avant le mien propre.
C’est vrai, je veux devenir premier ministre à l’issue des prochaines élections mais je ne me gargarise pas de cette velléité personnelle, chaque matin en me rasant !


Propos recueillis par Stephane Calvo et Claire Dana Picard
Production et réalisation audio : Max Semory et Simon Benchetrit

par Simon







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