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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 19:51


par Jacques BENILLOUCHE
http://www.actu.co.il/2009/09/israel-afrique-une-diplomatie-discrete/

Le ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman, qui limite ses déplacements dans une Europe qui le boude, a décidé de revigorer les relations avec le continent noir où sa présence ne pose pas de problème. Après trois jours au Kenya, il a visité le Ghana, le Nigéria puis l’Ouganda. Tout en profitant de signer de nouveaux contrats, il a tenté de mettre en garde ses interlocuteurs africains sur le danger d’une nucléarisation de l’Iran qui risque d’avoir des répercussions dans leur propre région.

La diplomatie israélienne avait abordé l’année 2008, date anniversaire des soixante ans de l’Etat, dans une conjoncture favorable qu’elle n’avait jamais connue dans le passé. La  reprise diplomatique avec de nombreux pays, autrefois frileux, ouvrait alors une brèche dans le mur érigé autour de lui par les pays arabes et africains. La crainte que font peser les terroristes islamistes sur une communauté internationale inquiète d’une déstabilisation rampante n’est pas étrangère à ce changement de cap. Le monde a évolué depuis le 11 septembre et Israël, de ce point de vue, en a profité pleinement.

L’année des indépendances

L’indépendance octroyée aux pays africains dans les années 1960 avait donné à Israël, soumis au boycott des pays arabes, l’occasion de sortir de l’isolement en nouant des relations privilégiées avec le continent noir. Les nouveaux promus trouvaient ainsi le moyen de s’émanciper grâce à un jeune pays qui leur permettait de s’affranchir de l’aide de leur tuteur colonial. Ils appréciaient chez Israël son expertise dans les domaines industriels, ses expériences réussies des cultures dans les zones arides et surtout sa gestion de l’eau grâce à la haute technicité de son système d’arrosage automatique. L’assistance militaire sans contrepartie contraignante permettait la mise à niveau d’armées aux embryons modestes. L’Etat juif présentait alors une image moins arrogante que celle des pays coloniaux qui avaient rechigné à se dégager de leurs intérêts africains. Les entreprises israéliennes, concurrentes des européennes, avaient ainsi raflé les appels d’offres pour la construction d’aéroports, de routes, de ponts et de bâtiments officiels.

Le Ghana ouvrit, le premier, des liens diplomatiques dès 1957. D’autres pays suivirent car ils se sentaient en communauté de destin avec un Etat axant les mêmes objectifs sur le développement industriel. Les pays à majorité musulmane n’avaient alors trouvé aucune raison s’opposant à des relations normales avec un pays juif. Mais la Guerre de Six Jours (1967) et celle de Kippour (1973) modifièrent la donne en fournissant aux Etats arabes l’alibi pour imposer à l’Afrique de rompre, contre son gré, ses relations diplomatiques avec Israël en échange de pétrodollars. Il n’est pas certain que l’Afrique ait gagné dans ce troc car elle avait moins besoin d’argent que d’experts et d’assistance technique pour créer les infrastructures lui faisant défaut. Les caisses se sont certes remplies, les poches de certains dictateurs aussi, mais l’avenir avait été hypothéqué car la population africaine ne bénéficia d’aucune amélioration de sa condition matérielle. Malgré ces déconvenues, Israël ne renonça jamais à maintenir ses relations par l’intermédiaire d’ambassades amies et continua à déléguer ses ingénieurs et ses experts en toute discrétion.

Véto de l’OUA

Depuis 1980, la majorité des pays africains, soupesant où se situait leur intérêt personnel, décidait de renouer les liens avec Israël ce qui avait fait dire à Tsipi Livni, en charge des affaires étrangères, que « les relations sont excellentes.  Nos liens se sont renforcés et la coopération se développe dans de nombreux domaines. Des milliers de stagiaires africains viennent se perfectionner chez nous ». Les chiffres notent en effet une progression des échanges entre Israël et l’Afrique Noire de 400 millions en 1988 pour atteindre 1,32 milliards de dollars en 2007. Malgré ces faits, une situation politique paradoxale subsiste car l’O.U.A (Organisation de l’Union Africaine) refuse encore de normaliser ses relations avec l’Etat Hébreu.  Le soutien actif de pays aussi divers que la Côte d’Ivoire, le Togo, le Congo et le Cameroun du côté francophone et d’autres anglophones tels que le Kenya, le Ghana, le Nigéria, l’Angola et le Rwanda n’arrive pas à faire sauter le verrou du boycott décrété par une organisation soumise « au fanatisme et à l’extrémisme » de certains de ses dirigeants.

Israël n’a pas désarmé pour autant et il a tenu à marquer son intérêt pour l’Afrique en nommant un haut diplomate, un « Monsieur Afrique » francophone, Jacques Revah, au poste de Directeur Général Adjoint du Ministère des Affaires Etrangères, en charge du département Afrique. Il détient une grande expérience à la fois de ce continent, puisqu’il a occupé les fonctions d’Ambassadeur au Ghana, Togo et Côte-d’Ivoire mais aussi de l’Europe, en tant que représentant à l’Unesco. C’est à lui qu’échoie le rôle d’user de ses contacts pour obtenir l’adhésion d’Israël à l’Organisation de la Francophonie dont elle a été exclue bien que le quart des Israéliens parle français. La règle inique de l’unanimité permet à la Syrie et au Liban d’opposer systématiquement leur véto à l’entrée d’Israël parmi les francophones. L’Etat juif se bat encore pour recouvrer le poste d’observateur à l’OUA qui lui a été retiré alors que les Palestiniens bénéficient de ce privilège.

Déblocages progressifs

Ignorant ces échecs relatifs, Israël a continué le développement de grands projets communs comme la construction d’un hôpital à Nouakchott ou la mise en place d’un système de radars au Congo-Brazzaville pour sécuriser la navigation maritime. Certes les moyens mis en œuvre sont modestes par rapport à ceux des puissances pétrolières mais leur efficacité leur donne plus de relief. Israël et la Chine sont ainsi devenus les acteurs majeurs en Afrique Noire après l’érosion de la stratégie des Grands dans ce continent. L’activisme dont a fait preuve Jérusalem au Darfour, en fournissant en particulier une aide humanitaire aux victimes, a transformé en actes des engagements verbaux.

Israël, ayant assimilé que la mondialisation régissait à présent les rapports entre les Nations et souffrant d’une pénurie de ressources naturelles, a misé en Afrique sur le développement technologique faisant ainsi la part belle à l’homme et à son intelligence. Les pays africains, sensibles au projet d’émancipation industrielle, ont de tout temps maintenu les échanges économiques malgré le virage pris à 180° sur injonction arabe parce qu’ils avaient  reconnu à Israël sa qualité de partenaire économique précieux. Ils ont usé de génie pour sauver les apparences vis à vis d’Etats arabes persistant dans leur chantage financier à l’égard de ceux qui osaient rompre la barrière érigée contre l’Etat Juif. Les dirigeants africains avaient en fait identifié leurs vrais ennemis, les terroristes islamistes, et avaient décidé de ne plus vouer aux gémonies un Etat qui existe contre vents et marées.

Les diplomates israéliens ont œuvré patiemment, efficacement, sans tenir compte des contingences politiques du moment. C’est pourquoi, le ministre Lieberman a mis les pieds sur un terrain favorable, défriché par des hommes qui ont toujours cru à l’intérêt primordial d’une région désertée par les Grands et que seule la fourmi chinoise ratisse aujourd’hui à son profit.

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