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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 09:17


L'éventualité de missiles iraniens pointés en Amérique du Sud ne devrait pas être sous-estimée


8 septembre 2009.


Par ROBERT M. MORGENTHAU

http://online.wsj.com/article/SB1000142405297020344010457
http://lessakele.over-blog.fr/article-36042141.html 



Traduit par : Marc Brzustowski


Les relations diplomatiques entre l’Iran et le Venezuela remontent à environ 50 ans et, jusqu’à très récemment, n’allaient guère au-delà de l’échange de routine de diplomates. Avec l’élection du Président Mahmoud Ahmadinedjad, en 2005, cette relation a radicalement changé.


Désormais, Ahmadinedjad et le Président vénézuélien Hugo Chavez ont créé un partenariat financier, politique et militaire douillet, enraciné dans une animosité anti-américaine partagée. Il est temps, maintenant, de développer des politiques dans ce pays (les Etats-Unis) pour s’assurer que ce partenariat ne produise pas de fruit empoisonné.


Des signes de l’évolution de ce partenariat ont commencé à émerger en 2006, quand le Venezuela a rejoint Cuba et la Syrie comme étant les seules nations à voter contre la résolution de l’Agence à l’Energie Atomique de l’ONU chargée d’instruire (le dossier de) l’Iran pour ses manquements dans la réduction de son programme nucléaire. Un an plus tard, durant une visite de M. Chavez à Téhéran, les deux nations ont proclamé un « axe d’unité » ligué contre les Etats-Unis et l’Equateur. Et, en juin de cette année, alors que les protestataires envahissaient les rues de Téhéran, à la suite des allégations conséquentes de fraude dans la réélection de M. Ahmadinedjad, M. Chavez a publiquement offert son soutien. Pendant que le régime réprimait les dissidents, emprisonnant, torturant et tuant les opposants, le Venezuela se tenait aux côtés des tenants de la ligne dure en Iran.


MORGENTHAU

Associated Press

Hugo Chávez et Mahmoud Ahmadinejad se rencontrent à Téhéran, le 5 Sept.


Pendant ce temps, les investissements iraniens au Venezuela ont augmenté. Les deux pays ont signé des Mémorandum d’entente variés, concernant le développement technologique, la coopération en matière de banques et de finance, sur l’exploration et le raffinement du pétrole et du gaz. En avril 2008, les deux pays ont également signé un Mémorandum d’entente engageant un total soutien en matière de coopération militaire. Le service international d’United Press a rapporté en août que les conseillers militaires iraniens avaient été envoyés auprès des troupes vénézuéliennes.


Selon un rapport publié, en décembre de l’an dernier, par la Fondation Carnegie pour la Paix Internationale, on estime que le Venezuela dispose d’environ 50 000 tonnes d’uranium non-exploité. Le rapport de Carnegie suppose que le Venezuela pourrait collecter de l’uranium pour l’Iran.


Les Iraniens ont également ouvert une banque de développement international à Caracas sous le nom espagnol de “Banco Internacional de Desarrollo CA”, une filière indépendante de la Banque d’Exportation et de Développement d’Iran. En octobre dernier, le Bureau de contrôle des avoirs étrangers du Département américain du Trésor a imposé des sanctions contre ces deux banques iraniennes pour fourniture et tentative de fourniture de services financiers au Ministère iranien de la Défense et à la logistique de ses forces armées – les deux entités militaires iraniennes qui ont la mission de réaliser les ambitions nucléaires iraniennes.


On a fait savoir à mon bureau que durant les dernières années, un grand nombre d’usines appartenant et contrôlées par l’Iran ont surgi dans des zones éloignées et sous-développées du Venezuela – des localisations idéales pour la production illégale d’armes. Les preuves du type d’activités conduites dans ces usines sont limitées. Mais nous devrions nous en préoccuper, particulièrement à la lumière d’un incident qui s’est produit en décembre 2008. Les autorités turques ont capturé un vaisseau iranien en route pour le Venezuela, après avoir découvert des équipements de laboratoire capables de produire des explosifs chargés dans 22 containers marqués comme « pièces de rechange pour tracteurs ». Les containers contenaient également des barils labellisés par des signaux de « danger ». Je pense qu’il est sain de supposer qu’il s’agissait d’une prise chanceuse – et que la plupart des chargements de bateaux de ce genre ont rejoint leur destination au Venezuela.


Une récente étude du Bureau de Comptabilité du Gouvernement (GAO) a fait état d’un haut niveau de corruption au sein du gouvernement vénézuélien, et d’un renforcement militaire et juridique qui a permis à ce pays de devenir une route de transit maritime pour le trafic de la cocaïne hors de Colombie. Des renseignements partagés par mon bureau soutiennent avec force les conclusions selon lesquelles les supplétifs du Hezbollah en Amérique du Sud sont engagés dans le trafic de stupéfiants. L’étude du GAO confirme également l’hypothèse du soutien vénézuélien aux FARC, le groupe insurrectionnel terroriste colombien qui finance ses opérations grâce au trafic de stupéfiants, l’extorsion et le kidnapping.


Durant un raid effectué dans un camp d’entraînement des FARC, ce mois de juillet, les opérationnels de l’armée colombienne ont mis à jour des lance-roquettes antitanks fabriqués en Suède, qui avaient été vendus au Venezuela dans les années 1980. La Suède pense que cela démontre la violation, par le Venezuela, de l’accord limité à l’utilisateur, alors que le fabriquant d’armes suédois n’avait jamais été autorisé à vendre des armes en Colombie. Le Ministre de l’Intérieur vénézuélien Tarik El Aissami, un Vénézuélien d’origine syrienne, a piteusement protesté contre ces allégations en les taxant de « montage médiatique », et comme « faisant partie d’une campagne contre notre peuple, notre gouvernement et nos institutions ».


Durant les dernières années récentes, les entités iraniennes ont employé un système invasif de pratiques trompeuses et frauduleuses pour déplacer de l’argent dans le monde entier sans qu’il soit détecté. Le régime a fait cela, je suppose, pour payer le matériel nécessaire afin de développer des armes nucléaires, des missiles de longue portée, et des bombes pour miner les routes. Le Venezuela a établi un système financier que l’Iran, avec l’aide du gouvernement de M. Chavez, peut exploiter pour contourner les sanctions économiques.


Considérons, par exemple, la Banque Lloyds TSB au Royaume-Uni. De 2001 à 2004, en lieu et place des banques iraniennes et de leurs clients, la banque a fini par admettre à mon Bureau, face à l’établissement des faits, qu’elle a intentionnellement altéré des transferts d’information électroniques pour masquer l’identité de ses clients. Cela a permis le transfert illégal de plus de 300 millions de $ d’argent frais iranien en dépit des sanctions économiques interdisant à l’Iran d’accéder au système financier américain. En janvier, Lloyds a conclu des accords de suspension des poursuites avec mon Bureau et le Département de la Justice, afin que l’enquête soit résolue.


En avril, nous avons aussi annoncé la mise en examen de la société appelée Limmt et de son directeur, Li Fang Wei. Le gouvernement américain a interdit à Limmt de s’engager dans des transactions avec ou par le biais du système financier américain, à cause de son rôle dans la prolifération des armes de destruction massive en Iran. Mais nos enquêtes ont révélé que Li Fang Wei et Limmt ont utilisé des pseudonymes et des sociétés-écran pour tromper les banques dans les modalités de paiements relatifs au chargement de missiles prohibés, de nucléaire et de matériaux désignés comme « à double-usage », aux organismes supplétifs de l’organisation des industries de la Défense iranienne. (Limmt a nié les allégations de mise en examen, à travers la presse internationale). Les tactiques utilisées dans ces dossiers pourraient envoyer un signal fort en vue d’un renforcement juridique, en direction des agences de renseignement, et les commandements militaires, à travers le monde, au sujet du mode et du niveau de tromperie employés par les Iraniens. En nous basant sur des informations développées par mon Bureau, nous pensons que les Iraniens, avec l’aide du Venezuela, sont actuellement engagés dans des schémas identiques pour rendre vaines les sanctions.


Pourquoi Hugo Chavez veut-il ouvrir son pays à un pays étranger ayant aussi peu d’histoire ou de culture communes? Je pense que c’est parce que son régime tend à devenir un pouvoir régional, et que son approche de la façon de traiter avec les Etats-Unis est fondée sur le fanatisme. L’ouverture diplomatique du Président Obama, serrant la main de M. Chavez, en avril, au Sommet des Amériques à Trinidad et Tobago, n’est pas une raison suffisante pour penser que la menace s’est estompée. En fait, à cause du travail souterrain réalisé depuis des années,  nous entrons dans une période où les fruits de l’alliance irano-vénézuélienne vont commencer à mûrir.


Cela signifie que deux des régimes les plus dangereux au monde, qui se décrivent comme « l’axe de l’Unité », agiront ensemble, dans notre arrière-cour, au développement de technologie nucléaire et de missiles. Et il semble que les groupes terroristes ont trouvé le théâtre d’opérations idéal pour s’entraîner et planifier, financer leurs activités au travers du trafic de stupéfiants.


Le nucléaire iranien et les menaces des missiles de longue portée, l’influence iranienne rampante dans l’hémisphère occidental, ne peuvent être négligés. Mon Bureau et d’autres agences de renforcement législatif peuvent contribuer à garantir que le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme, les violations des sanctions ne sont pas ignorées et que les criminels et les banques qui aident l’Iran seront découverts et poursuivis. Mais le renforcement de la loi américaine seul n’est pas suffisant pour contrer le danger.


Le public doit être averti de la présence grandissante de l’Iran en Amérique du Sud. Plus que tout, les Etats-Unis et la Communauté Internationale doivent considérer avec fermeté les façons de contrôler et de sanctionner le système bancaire vénézuélien. L’absence d’action laissera ouverte une fenêtre permettant au gouvernement iranien de blanchir de l’argent, les organisations de trafic de drogue disposant de réseaux, de corrompre des éléments du gouvernement vénézuélien, et les organisations terroristes soutenues par l’Iran d’agir au grand jour.

 

M. R. Morgenthau est le Procureur du district de Manhattan. Cet éditorial est adapté d’un discours qu’il a tenu le 7 septembre 2009 à l’Institut Brookings de Washington D.C.


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