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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 13:44

Par DAVID HOROVITZ 
15.09.09

http://fr.jpost.com/

Netanyahou a l'expérience des manœuvres politiques : il a réussi en quelques jours à canaliser son camp de droite, obtenir le soutien du centre-gauche, et trouver un terrain d'entente avec les Etats-Unis. Mais reste un point noir:l'obstination palestinienne.


La victoire de Bibi est totale: il satisfait les implantations sans perdre le soutien américain 
PHOTO: AP , JPOST

Un "timing" critique. La fronde du Likoud promettait déjà de faire la une des journaux. Les orateurs de la réunion anti-Bibi prévue à Tel-Aviv, le 9 septembre, fourbissaient leurs armes. L'exécution politique était proche.

Un rassemblement à la gloire des implantations, la preuve par neuf d'une cassure profonde avec les Etats-Unis, et un Netanyahou désormais affaibli dans son propre camp. Les têtes du Likoud restées dans l'ombre, comme Benny Begin, Moshé Yaalon, devaient revenir sur le devant de la scène au grand dam du Premier ministre.

Qui pouvait prévoir l'issue de cette fronde interne ? C'était sans compter sur la clairvoyance de Netanyahou. En vieux briscard de la politique, il a réussi un coup de maître : annoncer l'air de rien la création de nouveaux logements dans les implantations. La contestation interne est noyée dans l'œuf. Binyamin Netanyahou : 1, Likoud : 0.

Mais l'annonce du Premier ministre présente un double-volet. Elle n'évoque pas seulement les nouvelles constructions en Judée-Samarie. Elle contient également la promesse qu'une fois ces maisons achevées, Bibi annoncera un moratoire pour tout nouveau chantier. Juste l'espace nécessaire pour redémarrer un processus diplomatique viable.

Les nombreux allers-retours de l'envoyé spécial américain au Proche-Orient, George Mitchell, et les entretiens passés avec Barack Obama ont porté leurs fruits. Dans les coulisses, un accord secret a pris forme. Netanyahou calme sa droite et rassure l'administration Obama. D'abord les constructions. Ensuite, le gel.

"Nous sommes d'accord avec vous"

Jérusalem et Washington ont discuté à cœur ouvert. Le simple fait que Netanyahou envisage la perspective d'un gel est impensable pour les faucons du Likoud et de la droite radicale.

Les centaines de constructions annoncées ne marquent en aucun cas le développement de zones auparavant négligées. Elles renforcent, au contraire, les implantations déjà existantes : 149 maisons à Har Guilo, 124 dans la zone de Maalé Adoumim, 84 à Modiin Illit et 76 à Guivat Zeev.

C'est justement sur ce point que l'équipe de Netanyahou entend insister : "Lisez entre les lignes. Nous répondons favorablement aux demandes des implantations déjà existantes. Mais elles ne représentent qu'une faible partie du territoire. Nous nous concentrons sur des zones que nous voulons garder, de toute façon, dans la perspective d'un accord final.

Le grand projet reste le gel et nous sommes d'accord avec vous sur ce point", pourrait-on entendre lors d'une discussion à l'abri des regards. Officiellement, la Maison Blanche a condamné le nouveau projet de construction. Mais la stratégie de Netanyahou de "construction-gel" n'a pas fait dérailler l'ambition américaine de relancer les négociations israélo-palestiniennes, dans les prochaines semaines.

Idéalement lors de l'Assemblée générale de l'ONU.
Selon Jérusalem, les longues conversations avec les Etats-Unis ont eu un autre avantage : venir à bout des réticences américaines pour toute maison juive au-delà la Ligne verte. Pour le clan Netanyahou, Jérusalem ne fait pas partie des discussions. En d'autres termes, un éventuel gel ne concernera jamais les quartiers juifs de l'est de la Ville sainte. Ce qui ne veut pas dire que le gouvernement entend y construire à nouveau. Mais il laisse ouverte cette option.

La victoire de Bibi est totale : il satisfait les implantations sans perdre le soutien américain. Par ailleurs, son accord de principe sur le gel lui donne un soutien inattendu, celui des colombes israéliennes du centre gauche, dont les anciens chefs du Shin Bet, Ami Ayalon and Yaacov Peri, ou même Dalia Rabin. Un autre bon point pour Netanyahou.

A l'Est, rien de nouveau

Le plan israélien de "construction-gel" a provoqué le mécontentement prévisible de Ramallah. Et un trouble profond. La conviction palestinienne qu'Obama empêcherait toute nouvelle construction a volé en éclat. Non, l'administration américaine ne se range pas aveuglément du côté de l'AP. Mais les Palestiniens ne peuvent pas se permettre le luxe d'une dispute avec la Maison Blanche.

Aussi Mahmoud Abbas a, certes, insisté sur la nécessité d'un gel des implantations, mais il n'évoque plus cette exigence comme une condition à la reprise du dialogue avec Netanyahou. Bibi : 3 ; AP : 0.

Il ne faut pas s'aveugler non plus. Le Premier ministre a remporté une victoire tactique. Mais les obstacles sont toujours aussi abrupts. Les Palestiniens ont, certes, perdu une bataille sur le court terme, mais pas la guerre. Leurs exigences concernant un accord final n'ont pas évolué.

Ehoud Olmert a échoué alors qu'il avait proposé à Mahmoud Abbas la quasi-totalité de la Judée-Samarie. Le nœud du problème réside dans les aspirations au retour des réfugiés et l'entêtement concernant Jérusalem. Netanyahou va promettre moins que son prédécesseur. Et il risque de se retrouver devant un refus encore plus catégorique.

Dans l'entourage du Premier ministre, on soutient que toute négociation doit inclure la promesse des pays arabes à normaliser leurs relations avec Israël. Un signe de bonne volonté qu'Obama a bien du mal à obtenir. Reste un futur de transactions serrées avec les Palestiniens. Et la mésaventure d'Olmert fait office de leçon : la bonne volonté ne garantit pas le succès.

Autre mauvaise nouvelle : les rumeurs de plus en plus persistantes d'une réconciliation Fatah-Hamas. Une unité retrouvée qui ne pourra que renforcer l'inflexibilité palestinienne face à Israël. Par ailleurs, elle marquera la disgrâce du responsable du gouvernement, Salaam Fayad. Personnalité modérée et pragmatique, il a encouragé une reprise de l'économie dans les Territoires. Un bilan positif qui déclenche les foudres du Hamas. Pour le mouvement terroriste, Fayad n'est que le pantin des Américains. Dans les coulisses, Abbas craint aussi l'ascension de son rival. Un gouvernement d'unité nationale signera à coup sûr la fin de l'ère Fayad.

Une hésitation qui en dit long...

Il y a seize ans, Itzhak Rabin se tenait sur la pelouse de la Maison Blanche. Devant la main tendue de Yasser Arafat, le leader israélien a hésité brièvement. Sept ans plus tard, Ehoud Barak se souvient encore de cette hésitation. Il n'est jamais parvenu à obtenir l'aval d'Arafat pour mettre fin, une fois pour toutes, au conflit.

Neuf ans plus tard, Netanyahou se retrouve à nouveau au bord de l'escalier des négociations. Contrairement à Rabin et Barak, il fait partie de la famille de la droite et bénéficie d'une coalition plutôt stable. Il semble avoir jugulé les rancœurs de son camp, tout en éveillant l'intérêt du centre-gauche.

En dehors de ses frontières, il paraît avoir trouvé un point d'équilibre avec les Etats-Unis.
Un point ne change malheureusement pas : les revendications palestiniennes irréalistes, la rhétorique anti-israélienne et les réticences à reconnaître la légitimité de l'Etat hébreu. Si Obama et Netanyahou naviguent dans la même direction, ce n'est pas le cas de Mahmoud Abbas.

De l'hésitation gestuelle de Rabin en 1993 à l'échec patent d'Ehoud Olmert, le blocage reste entier. En espérant que l'avenir prouve le contraire.

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