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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 00:00

 
Merci à Victor pour l'envoi de ce texte
 

Bon sang ne saurait mentir ?

 

Avindov Béguin était encore un prénom inconnu pour le grand public israélien jusqu’à ce que le journal à grand tirage, le Yediot Aharonot, lui ouvre ses colonnes sur six pages dans un de ses magazines du week-end. Ce dernier ayant écrit un livre intitulé « Fin de la discorde », le quotidien a décidé de lui demander un entretien exclusif, son premier. Il vaut le détour au vu du patronyme célèbre qu’il porte.

 

« Je ne suis pas Juif » ; « Je ne suis pas sioniste » ; « Je ne me lève pas pour l’hymne national. Cela n’a aucune valeur à mes yeux » ; « J’ai voulu appeler mon fils Wouagi, du nom de mon ami palestinien dont son fils a été blessé par une balle de Tsahal » ; « J’aurais souhaité qu’ils démontent la barrière de séparation et que Wouagi puisse enfin travailler sa terre. En conséquence je manifeste à Billin » ; « Mon grand-père n’a rien changé dans les rapports entre Israël et l’Egypte. Il n’y a pas de paix, c’est une illusion » ; «  Il y a entre moi et mon père un désaccord complet » ; « Cela m’indiffère si mon fils intègre Tsahal. Pour moi, il peut tout aussi bien intégrer l’armée du Costa-Rica ».

 

Voici, rapidement résumé, une liste non exhaustive de ce que l’on peut retenir d’essentiel dans cette interview. Comme on peut le constater, Avindov tient un discours post-sioniste, que les antisiomites dignes de ce nom s’empresseront de récupérer afin d’en faire ‘’bon usage’’. D’autant plus lorsqu’ils s’apercevront du lien de parenté entre cet ‘’auteur’’ et son grand-père, feu Menahem Béguin (z’l) (qui fut, entre autres faits, recherché par la puissance occupante, l’un des pères fondateurs de l’état d’Israël et signataire du traité de paix avec l’Egypte), mais aussi son pèreBenny Béguin, ministre sans portefeuille dans le gouvernement actuel. Un discours qui est une véritable publicité pour le succès de son livre à travers le monde.

 

Cependant, si Avindov Bégin tient un tel langage, ce n’est pas tant par antisionisme, mais plutôt par idéalisme d’un monde nouveau où l’homme, quel qu’il soit, serait maître de lui-même, propriétaire de la terre qu’il occupe, sans religion et bien sûr sans drapeau. Un monde où le nationalisme serait tabou, les frontières supprimées, et les guerres devenues inutiles.

 

Un monde sublimé, idéalisé mais utopique à l’heure actuel et qui permet à tout un chacun de qualifier le petit-fils de Béguin (z’l) de ‘’doux rêveur’’ et ses propos de risibles si l’on a à cœur, dans le monde présent, la survie du seul refuge du peuple juif qui fut pendant près de 2.000 années loin de tout nationalisme, apatride forcé et supplicié au gré des théocraties, monarchies et autres dictatures qu’il traversait.

 

Si le peuple juif fut, à travers le temps, un vecteur de valeurs universelles, il ne sera pas cette fois-ci, sauf à se suicider, un  précurseur de celles espérées par le petit-fils d’un ancien Premier ministre. Tenir de telles paroles dans un  environnement où la haine du juif augmente pour cause qu’il se défend et ne courbe plus l’échine est preuve, s’il en fallait une, que le patronyme n’est pas gage systématique de sérieux et de réflexion.

 

Victor PEREZ ©

 

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