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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 19:18

David Hartley, Les preuves du retour des Juifs sur leur terre (1749)

Par Sacha Bergheim
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Pour aschkel.info et lessakele

Parmi les auteurs anticipant le sionisme pragmatique de Herzl, les plus connus sont le rav Kalischer, qui appelle dès 1840 à une aliyah en nombre, et le rav Alkalai prenant en 1836 contact avec Montefiore pour financer l'achat de terres en Erets (son essai Derishat Zion sera publié en 1862, vingt ans avant l'Auto-émancipation de Pinsker et plus de 35 ans avant l'Etat des Juifs de Herzl).


De son côté, Mordechai Noah publie en 1844 un Discours sur la restauration des Juifs, dans lequel il envisage l'achat auprès du sultan turc des terres en « Syrie » (dénomination conforme à la géographie ottomane, pour qui le mot de « Filastin » est alors totalement inconnu), qu'elles seraient peuplées par des agriculteurs juifs polonais, allemands, russes de part et d'autre de la vallée du Jourdain, qui serait ainsi le coeur du nouveau pays.


L'idée d'un retour des Juifs sur leur terre n'est pas non plus étrangère à l'eschatologie chrétienne qui envisage le regroupement du peuple juif en Erets comme le premier signe de la parousie et de la fin des temps.

Mais de façon étonnante, on trouve sous la plume de David Hartley (1705-1757) l'assurance concrète de la future réalisation de ce plan divin.


En effet, le philosophe anglais évoque dans son essai publié en 1749, Observations on Man, his Frame, his Duty and his Expectations, les « preuves » d'une prochaine restauration nationale du peuple juif.

La restauration des Juifs sur leur terre à eux semble avoir été prédite dans le Nouveau Testament.

A cet argument tiré de la prophétie, nous pouvons ajouter quelques preuves supplémentaires suggérées par l'état actuel des Juifs.


En premier lieu, les Juifs sont restés un peuple distinct de toutes les autres nations parmi lesquels ils résident. Il semble qu'ils aient été préservés par la Providence par quelque signe favorable, après avoir subi leur juste châtiment.

En second lieu, on les trouve dans tous les pays du monde connu. Et ceci s'accorde avec de nombreux passages remarquables des Ecritures, qui évoquent tant leur dispersion que leur retour.

En troisième lieu, ils n'ont aucun droit de propriété dans aucun pays. Ils ne possèdent qu'un peu d'argent et quelques bijoux. De la sorte, ils peuvent se déplacer avec la plus grande facilité vers la Palestine.

En quatrième lieu, ils sont traités avec mépris et dureté, et parfois avec une grande cruauté, par les nations auprès desquelles ils séjournent. Il doivent être ainsi impatients de retourner dans leur pays à eux.

En cinquième lieu, ils tiennent une correspondance entre eux à travers le monde, et par conséquent doivent donc savoir dans quelles circonstances favoriser leur retour et être en mesure d'adopter de concert des mesures à ce sujet.

En sixième lieu, une grande partie d'entre eux parle et écrit l'hébreu rabbinique, aussi bien que la langue du pays dans lequel ils résident. Ils disposent ainsi en réalité d'une langue et d'un caractère universel, ce qui est en mesure de faciliter leur retour en dépit des obstacles qu'on pourrait imaginer.

En septième lieu, les Juifs eux-mêmes conservent l'espoir et l'attente que D' les conduira une fois de plus à les restaurer dans leur pays à eux.(p.397, éd.1810)


À partir du 18ème siècle, de nombreux auteurs chrétiens vont commencer à mettre en question les fondements du système politique européen, caracérisé par le despotisme, le fanatisme et l'injustice, et dont témoignait le sort des dissidences chrétiennes et des minorités juives.


Considérant qu'il n'appartient pas ou plus aux hommes d'affliger le peuple juif pour un châtiment divin et que les princes et la populace s'étaient plus servis de la religion comme prétexte aux persécutions qu'ils n'avaient servi ainsi leur religion, ils appellent à une égalité de droit progressive.


Pour autant, Hartley franchit le pas en invoquant des motifs rationnels – et non plus seulement théologiques – au retour du peuple juif sur sa terre.

De surcroît, il anticipe la définition moderne de la nation en rappelant la communauté de destin, de langue et même la propriété de la terre d'Israel à défaut de sa possession.


On peut noter la surprenante référence à un « hébreu rabbinique » comme sorte de lingua franca du peuple juif dispersé. De la sorte, cette langue en partage dénote aussi de la persistance d'une identité commune par-delà l'histoire, l'éloignement ( vaincu par la correspondance ! ) et les épreuves.


Même les persécutions, incarnées par la cruauté ou même par l'interdit d'accéder à toute propriété (qui allait de la propriété foncière ou du logement au droit à l'existence, puisque les communautés d'Europe étaient généralement soumises à des droits exorbitants de protection et péages corporelles, sans parler des spoliations et expulsions édictées par les Princes) sont convoquées pour dresser le portrait d'un peuple impatient, prêt à cette nouvelle sortie d'Egypte.


Il faudra attendre encore deux siècles et la recréation d'un Etat juif, pour que le droit à ne plus dépendre du bon vouloir des autres peuples soit chèrement acquis dans la souffrance et la libérté.

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