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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 16:17

 

 

 

 

 

 

ANALYSE A LA UNE

 

 

 

Des « Etats-voyous » au brouillage des frontières ou les raisons profondes de la perte de légitimité des Etats-Unis d’Obama au Moyen-Orient

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


Barry Rubin, dans ses notes quotidiennes sur les affaires moyen-orientales (http://rubinreports.blogspot.com/2010/10/iran-syria-bloc-consolidates-alliance.htmlmet en exergue le ressentiment de nombreux pays arabes à l’encontre de l’Administration Obama. Il évoque la recomposition des axes avec l’agglomération de la Turquie et de la Syrie au leadership revendiqué par Mahmoud Ahmadinedjad dans la région. Et c’est, sans doute, là, l’évènement le plus remarquable, qui génère le malaise le plus large, à la suite de son séjour à Beyrouth.

 

Si bien évidemment, les prétentions du tyran iranien à devenir le « leader du monde arabe » rencontrent au moins deux obstacles majeurs : le fait qu’il s’exprime en farsi ou persan et celui qu’il soit chi’ite, et non sunnite ou unitaire sur le plan théologique et culturel, les raisons de le prendre au sérieux ne manquent pas :

 

 

-      S’il n’est pas engagé dans une confrontation militaire directe avec les Etats-Unis ou Israël,  la pratique et le développement des guerres dites « asymétriques », sont, pour lui, l’occasion d’étendre dangereusement son influence partout où il le souhaite

-      Contre cet état de fait, l’Amérique et Israël n’ont remporté que des victoires partielles conduisant à des statuquo et aucune victoire indiscutable repoussant très loin les limites de l’hégémonie iranienne en Orient ou défaisant le coeur même de ses filières (à Damas, par exemple remarquable).

-      Ces réseaux lui permettent au moins d’être crédible auprès de ses principaux clients :

-      D’une part, les groupes terroristes qu’il instrumente ou lui prêtent allégeance

-      D’autre part, les pays, notamment du Levant, qui n’hésitent pas à franchir le pas et à tisser des alliances avec cette puissance régionale souterraine et renforcent ainsi, sinon, sa « légitimité » internationale, du moins, ses prétentions à s’ériger en dirigeant régional. D'autant si la double-allégeance est exonérée de frais.

 

 

Et, sur ces différents points, il doit l’essentiel de sa consécration à une seule politique et à plusieurs erreurs stratégiques fondamentales de l’Administration Obama :

 

Lorsqu’on met les pieds ou qu’on les conserve, dans un "bourbier" ou une mosaïque d'intérêts divergents, tels que l'Orient compliqué, - dans la continuité d’une politique précédente, qu’on l’apprécie ou pas ou qu’on construise son propre programme de gouvernance en opposition à ce précédent,- on ne peut perdre de vue un ensemble de « lignes rouges » qui servent de points de repère à la globalité des acteurs régionaux. L'élève juriste, avocat des grandes causes à Harvard a oublié le "Commander in Chief" qu'il ne cesse pas d'être symboliquement...

 

L’Amérique ne pouvait se défaire aussi facilement de son rôle de « gendarme du monde », que telle ou telle présence sur un théâtre de guerre repose ou non sur des bases contestables. Tout désengagement sans dommages repose sur l’édiction de lignes claires, susceptibles de sanctionner les abus des autres parties prenantes qui profiteraient du vide ainsi créé.

 

Avec tous les défauts qu’on puisse trouver à Georges Bush ou les raisons bonnes ou mauvaises de décider de guerres encore en cours sous une autre Administration, le fait d’avoir totalement levé la détermination de quel état est « voyou » ou se comporte dans le sens de la stabilité du Proche-Orient a ouvert la boîte de Pandore de ces fameuses guerres « asymétriques », qui n’ont pas besoin de reposer sur une légitimité quelconque ; elles ont également permis à des états hésitants de basculer ouvertement ou de façon plus masquée, insidieuse, du côté des offres de collaboration iranienne. Tant que la Syrie pouvait redouter des sanctions claires et un isolement relatif pour ses agissements, en tant que patron du terrorisme au Liban et dans les territoires palestiniens, elle se devait de faire attention là où elle mettait les pieds et savait à peu près quelles seraient les conséquences de ses actes. Ne nommant plus les faits et débordements, le "juge de paix" américain a institué l'impunité et l'usage à dose massive de la dérision, quant au sens de sa propre détermination.

 

Surtout, on découvre qu’un pays comme la Turquie, en voie d’Islamisation depuis les années 2000, sur le plan intérieur et juridique, prend, pas à pas, ses distances, en tant que pays, jusque-là relativement stabilisateur, avec la doctrine et les intérêts de l’OTAN, conduite par l’Amérique. A preuve, le remplacement de ses anciens partenaires, lors de manoeuvres internationales, par des puissances globales comme la Chine, qui se trouve toujours représenter une menace diffuse, même si non-déclarée hostile, pour l'ensemble des membres de l'Alliance Atlantique. Procédant ainsi, la Turquie marche sur le fil de l'indétermination et joue sur tous les tableaux (http://lessakele.over-blog.fr/article-la-turquie-invite-la-chine-a-convoler-par-l-iran-durant-des-manoeuvres-aeriennes-en-remplacement-de-ses-allies-de-l-otan-58778725.html ). Il n'y a ni règles ni régulation et tous les coups, tant que "bénins" (affaire mondialement médiatisée du Mavi Marmara) sont permis contre les anciens alliés (refus d'héberger tout bouclier anti-missiles qui parerait à une agression irano-syrienne).

 

De fait, la force de négociation et la sphère d’influence de pays moins engagés dans des conflits ou des guerres directes, comme la plupart des régimes sunnites se trouvent, non plus orientés dans leurs arbitrages régionaux par le contrepoids américain, mais, bel et bien, sous la menace directe de ce nouveau front du défi permanent en voie de construction.

 

Et il en va, évidemment, de même pour Israël, qui doit mener presque seul (sauf en Afghanistan) le reliquat d’une guerre anti-terroriste et anti-insurrectionnelle qui tient le haut du pavé, dans les campagnes médiatiques, mais, de surcroît être en position de rendre des comptes aux nations et à la première d’entre elle, qui se refuse à préciser le droit, en laissant le champ ouvert à toutes les intrusions.

 

En d’autres termes, la puissance d’Ahmadinedjad à Beyrouth et face à l’ensemble d’un monde arabe, qui ne sait plus réellement à qui se fier, et, dès lors, préfère se taire ou grommeler dans son coin, n’est le fruit que de l’indécision, de l’imbécilité et de la surenchère négociatrice de l’Administration Obama et de ses principaux conseillers, incapables de définir un cadre, de délimiter un agenda et des objectifs, d’inclure un conflit en particulier dans l’ensemble de ceux qui le subsument. Dont le principal : la rivalité sunnite/chi’ite, plus que la question de quel Etat « palestinien », si l’un potentiel est l’allié des uns et l’autre, celui de ses adversaires les plus féroces. Ainsi, dans des négociations localisées, comme celles palestino-israéliennes devient-il excessivement présomptueux de prétendre "définir les frontières d'un futur état", quand la conception des uns s'établirait sur les résultats de guerres précédemment menées (avec l'Egypte, la Jordanie ou la Syrie) et que celle des autres obéit aux impératifs d'une révolution islamique et d'une alliance de fait entre mouvement des Frères Musulmans et parrain iranien... La tentative est, non seulement, promise à l'échec avant même de commencer, mais se mène dans la prévision permanente des menaces mises en oeuvre par la partie intrusive : l'Iran et le Hezbollah à travers le Liban ou le Hamas.

 

Ce n’est que parce qu’Obama n’apporte rien de concret au Moyen-Orient et se défait progressivement de ses responsabilités internationales pour des bénéfices internes immédiats, qu’Ahmadinedjad peut avancer, triomphal.

 

Et ce n’est ni un chroniqueur Juif-Américain râleur, tel que Barry Rubin, ni un quelconque républicain en colère qui le dit, à quelque distance des élections de mi-mandat, mais bien un éditorialiste du quotidien qatarial-Arab Sayyed Muhammad Al Khadher (http://www.memri.org/report/en/0/0/0/0/0/0/4673.ht). Le Qatar est, certainement l’un des pays les plus « partagés » dans ses tentatives de trouver des équilibres improbables entre les deux puissances qui l’entourent : l’Arabie Saoudite et l’Iran menaçant.

 

 

Merci, Mister Président !


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commentaires

roselyne 16/10/2010 10:34



Qu'en termes bien choisis vous avez analysé l'absence d'une politique équilibrée de M. Obama. Française, Juive et râleuse, j'ai compris rapidement que le principe de "la main tendue" aux ennemis
de la Liberté et de la Démocratie était une terrible erreur comparable à la tristement célèbre "poignée de main" entre Hitler et Chamberlain avec les résultats que nous savons. Depuis toujours,
je suis "pro-amérique" malgré les erreurs (comme celles que la France a commises) : maccarthysme, guerre du viet-nam; j'ai du mal à m'identifier à la politique du président Obama beaucoup trop
laxiste.



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