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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 18:42

 

 

 

 

Guilad Shalit, otage des deux Hamas du Caire et de Damas. La Turquie aimerait imposer son arbitrage.


 editorial 1

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

ECOUTER ICI-copie-1

 

Les manifestations se multiplient pour marquer les 5 ans de captivité de l’otage franco-israélien Guilad Shalit. Pour la première fois, la France semble se mobiliser autour de sa cause, longtemps regardée de biais : il est binational et s'est fait kidnapper sous l'uniforme de Tsahal. L’otage a enfin eu droit de cité sur la façade de l’Hôtel de Ville de Paris, pour quelques jours. Une manifestation s'est déroulée en son honneur, ce dimanche 26 juin 2011. Mais cette soudaine bienveillance, de la part des autorités françaises, n'est pas toujours aussi désintéressée qu'il n'y paraît :

 

le discours de Noam Shalit est exploité par les détracteurs du Gouvernement Netanyahou, du simple fait qu’il campe face au domicile du 1er Ministre en accusant celui-ci de ne pas faire « ce qu’il faut ». C'est encore Carmi Guilon, l'ancien responsable du Shin Bet d'I. Rabin, au moment de son assassinat, qui en fait son cheval de bataille politique contre l'actuel Gouvernement (ICl)  Il y a là une grande manipulation de cette douleur, de la part de nombre de "soutiens" de la famille. Ils focalisent sur cette responsabilité unique de l’Etat d’Israël, lorsque chaque négociation, demande de visite de la Croix-Rouge, s’est avérée vaine.

 

Au-delà de l'émotion pure suscitée par le crime de guerre de sa détention inhumaine, hors de toutes les conventions internationales, on doit tenter d’examiner les enjeux susceptibles de favoriser ou d’empêcher sa libération.

 

Sur le principe moral, la seule position qui se tienne est l’exigence qu’il soit relâché immédiatement sans condition, comme l’a encore réclamé le Département d’Etat américain. En réalité, on sollicite de multiples canaux indirects, permettant aux ennemis mortels de se parler : Allemands, Norvégiens, Palestiniens, Egyptiens et Français se sont, tour à tour, cassé le nez contre le même mur.

 

Que 1000 ou 10 000 terroristes soient tirés de leur détention légale en Israël, contre un seul homme, n'est pas un poids suffisant pour infléchir la décision tactique du Hamas de l’échanger. La question n’est donc pas le prix humain, pour autant que cette notion barbare ait le moindre sens, mais la valeur géopolitique de Guilad, dans le bras de fer régional…

 

La dernière réelle occasion de lui rendre la liberté s’est présentée durant la troisième semaine de l’opération « Plomb Fondu » : plusieurs commandants en opération ont demandé une extension de 48h, pour leur permettre de capturer des dirigeants de Haut-Rang du Hamas. Ils auraient ensuite servi de monnaie d'échange. Mais Olmert et Gaby Ashkenazi se sont refusés à cette tractation. Peut-être l’ont-ils perçue comme un risque de s'abaisser au même niveau que les Barbares qu’ils combattaient…

 

Puis est arrivé le « Printemps arabe » qui modifie le tableau régional. La branche gazaouïe du Hamas s’est rapprochée de l’Egypte en ébullition, tandis que les quartiers généraux du mouvement à Damas sont devenus SDF : même si la répression syrienne est féroce et que, pour rien au monde, l’Iran ne lâchera son vassal, plus personne ne voit d’avenir politique pour Assad, à long terme.

 

Khaled Meshaal a donc exploré des voies de sortie, dont l’une serait son rétablissement à Gaza, par l’entremise des Egyptiens. La reprise des négociations autour de Guilad est l’une des conditions posées par les Egyptiens, en vue d’une réconciliation avec le Fatah d’Abbas. Meshaal y a souscrit, puis l’engagement s’est volatilisé, sous la pression de l’Iran et de la Syrie. L’accord d’unité lui-même est très mal en point, tiraillé par le poids respectif de chacun des acteurs régionaux qui se déchirent « leur » Hamas, et, par là-même, « leur » Guilad Shalit….

 

L’opposition interne à cette harmonie de circonstance vient de l’autre branche, du Hamas territorial à Gaza. C’est lui qui détient Guilad et entend le faire valoir.

 

 

L’axe irano-syrien a profité de ces troubles régionaux pour renforcer sa mainmise sur le Liban, par Hezbollah interposé. Le pays du Cèdre sert de front de remplacement, en cas d’affaiblissement durable d’Assad en Syrie-même. Mais Iran et milice chi’ite libanaise ont déjà appris à vivre sans le roitelet de Damas. Ils s’emploient à déplacer leurs missiles encore stockés en Syrie vers la plaine de la Bekaa…

 

Face à la répression de la rébellion syrienne, son voisin immédiat, la Turquie n’a pu, indéfiniment, rester de marbre : il en va de son prestige de leader du monde arabo-musulman, àconfronté à un régime tyrannique qui massacre son propre peuple, en grande partie sunnite. Ankara a ouvert sa frontière aux réfugiés, mais aussi apporté de l’aide, via ses hélicoptères, aux rescapés dans les collines, en territoire syrien. Depuis, les deux états se regardent en chiens de faïence, au bord de la confrontation à la moindre erreur d'interprétation des intentions du voisin.

 

Membre de l’OTAN, la Turquie a besoin du soutien de l’Alliance Atlantique, en cas de belligérance. Les Etats-Unis ont saisi l’occasion pour esquisser un rapprochement avec Jérusalem. Le Ministre des Affaires stratégiques israélien, Moshé Ya’alon, s’est rendu en visite secrète à Ankara. Il y a rencontré Erdogan et Fidan Hakan, le chef des services secrets turcs. C’est le bond stratégique le plus important entre Israël et les Turcs, depuis l’opération « Plomb Fondu » de 2009.

 

C’est, peut-être, dans ce rapprochement encore loin d'aboutir qu’il faut lire la suspension de certaines « flottilles » faussement humanitaires pour Gaza…


Erdogan croit aussi qu’il peut influencer Meshaal et l’aider à ramener le Hamas de Gaza à la raison, pour donner un contenu réel à la pseudo-« réconciliation » bloquée dès sa signature entre Fatah et Hamas.

 

La libération tant attendue de Guilad Shalit a-t-elle la moindre chance de faire partie d’un arrangement global, organisé, cette fois, par la Turquie, entre Palestiniens ? Il y a fort à craindre que Téhéran ne laissera pas lui échapper l’atout-maître et le moyen de chantage international que représente le jeune soldat. 

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