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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 22:26
Aman l’antisémite viscéralLa stratégie d'Aman est celle de tous les antisémites: médisance et calomnies préparent l'opinion publique, alors qu'un plan diabolique est mis en place
secrètement.







Auteur : Le Rav Benjamin Ringer
Pour : lamed
Adapté par Aschkel 

 





ASSUERUS ET AMAN

 

Ce n’est donc pas dans un esprit de vengeance que la Tora stigmatise Amalec, c’est plutôt pour nous mettre en garde contre de nouvelles attaques de sa part.

Ayant pris Assuérus comme exemple (voir notre article "L'impérialisme d'Assuérus"), nous avons analysé précédemment les rapports qu’Israël a eus tout au long de son histoire avec les représentants de l’ordre établi. Nous avons vu qu’au fond, l’attitude souvent hostile de ceux-ci ne provenait pas d’une haine contre le Juif en tant que tel, mais qu’elle était plutôt l’expression du souci de sauvegarder un monopole politique et culturel.

Mais il y a un antagonisme d’un tout autre ordre, un antagonisme qui tire son origine d’une haine irraisonnée et illimitée visant l’être même du Juif et son mode de vie. Aman, descendant d’Amalec, en est le prototype.

La Tora fait une nette distinction entre ces deux genres d’ennemis. Alors qu’envers les premiers, elle exige une grande tolérance (voir Deutéronome chap. 23, vers. 8), face aux seconds, elle nous enjoint une opposition sans faiblesse (Exode chap. 17, vers. 8-16, et Deutéronome chap. 25, vers. 17-19).

Quoique les Egyptiens nous aient causé beaucoup plus de mal que les Amalécites, la Tora savait qu’ils avaient agi par appréhension et jalousie plutôt que par haine (Exode chap. 1, vers. 9-10). Quant aux Amalécites, ils n’avaient aucun intérêt personnel à attaquer les Juifs ; leur unique motif était de les anéantir ou tout au moins de rabaisser leur prestige.

Nous remarquons la même attitude originale chez nos Sages face à Laban et au Pharaon. Bien que le premier ne soit pas parvenu à faire quoi que ce soit à Jacob, il est considéré comme l’ennemi juré du peuple juif. Quant au dernier, sous le régime duquel les Juifs ont énormément souffert, on essaie en quelque sorte d’atténuer ses méfaits. Cela ressort du passage suivant de la Hagada : “Réfléchis donc à ce que Laban l’Araméen voulait faire à notre père Jacob : le Pharaon ne prenait des mesures que contre les mâles (ne voulant qu’affaiblir notre peuple), tandis que Laban voulait tout anéantir.”

Ce n’est donc pas dans un esprit de vengeance que la Tora stigmatise Amalec, c’est plutôt pour nous mettre en garde contre de nouvelles attaques de sa part.

Si le lecteur de la Bible est étonné de la sévérité avec laquelle la Tora juge Amalec, il le sera moins après avoir parcouru l’histoire juive. La suite de drames vécus par notre peuple depuis le Moyen Age, par exemple, et dont le plus tragique fut de notre génération, nous montre que la Tora n’a en rien exagéré le danger d’Amalec.

Il semble que face à la destinée extraordinaire d’Israël se développe aussi un antagonisme hors pair. Et la Bible et l’histoire nous enseignent qu’il est naïf et dangereux de le sous-estimer.

 

QUAND ASSUERUS REMET SON ANNEAU A AMAN

 

Esther chap. 3, vers. 10-11 : “Le roi ôta son anneau du doigt et le remit à Aman, fils de Hamédèta, l’Agaghite, le persécuteur des Juifs. Et le roi dit à Aman :Je t’abandonne à la fois l’argent et cette nation dont tu feras ce que bon te semblera. ”

Nos Sages décèlent dans la remise de l’anneau une signification symbolique (Meguila14a). C’est que, comme nous l’avons dit, l’antisémitisme proprement dit, d’habitude, ne provient pas du gouvernement, mais d’une clique d’hommes.

Cela les rend d’ailleurs, dans un sens, doublement dangereux, car, ne portant pas la responsabilité de la société, ils peuvent se permettre n’importe quoi (voir Meguila 11).

 Mais l’avantage que détient cette situation est que, n’ayant pas le soutien du pouvoir officiel, leurs attaques doivent souvent se limiter à des taquineries sans grandes conséquences. Il en va autrement lorsque le gouvernement se laisse séduire par les antisémites et leur donne les pleins pouvoirs pour “résoudre la question juive”. C’est la conjoncture la plus grave qu’il puisse y avoir pour nous.

C’est une situation pareille qui revient dans la Meguila et nous en connaissons bien d’autres.

Haman Leading Mordechai on the Royal Horse & mosaic detail image
 Mosaiste Lilian Broca 

 

LES CALOMNIES D'AMAN

 

Esther chap. 3, vers. 8 : “Puis Aman dit au roi Assuérus : Il est une nation disséminée et divisée parmi les autres nations dans toutes les provinces de ton royaume ; ces gens ont des lois qui diffèrent de celles ci ; quant aux lois du roi, il ne les observent pas et il n’est pas dans l’intérêt du roi de les conserver.·”

Ce réquisitoire, tel qu’il est écrit dans la Meguila, n’est sans doute pas complet ; de toute probabilité, l’explication d’Aman fut plus longue.

Analysons pour notre part la phrase que nous venons de citer ; elle est pleine de dédain et de venin.

“Il est un peuple” (je ne daigne même pas l’appeler par son nom) “dispersé” (quelle sorte de peuple que celui-ci, dispersé partout !), “divisé” (il n’y a aucune unité parmi ses membres) “parmi les autres nations” (on les voit partout), “dans toutes les provinces de ton royaume” (tu as la mainmise sur eux) ; “leurs lois diffèrent de celles de toute autre nation” (ce sont des lois irrationnelles qui démontrent la dégénérescence de cette nation) ; “quant aux lois du roi, ils ne les observent pas” (ils sont déloyaux à la couronne) “et le roi n’a pas intérêt à les conserver” (ils sont sans utilité pour le roi et la société).

Nos Sages expliquent qu’Aman était un spécialiste de la médisance et de la calomnie, et nous pouvons ajouter que les antisémites de tous temps l’ont été.

La force fallacieuse de la médisance réside dans le fait que l’homme risque de devenir ce que ses médisants veulent faire de lui. Il suffit de propager une langue défavorable sur une personne ou un groupe pour que la société les considère comme tels. Et qui n’a pas remarqué qu’à force d’être vu d’une certaine manière par les autres, on commence à adopter effectivement le comportement qu’ils nous attribuent.

Aussi devons-nous être sur le qui-vive face à ce danger, et cela jusqu’à nos jours.

Notre histoire moderne, avec ses réformes et ses rénovations, dénote à notre avis une sensibilité exagérée aux critiques injustifiées de nos détracteurs. Nos répliques, tout en faisant souvent la surenchère sur la valeur du Juif, relèvent plutôt fréquemment du complexe et de la faiblesse.

Plusieurs de nos rites et coutumes sont calqués sur ceux de nos voisins. La bar mitsva, fête de la majorité de l’adolescent (et de l’adolescente) devient la “confirmation solennelle”, la synagogue sympathique et dynamique, un “Temple” somptueux.

Le Juif essaye d’être le super nationaliste, le super communiste...

On voit de jeunes Israélites exceller dans toutes les connaissances, militer dans tous les mouvements, se défendre d’être “les Juifs aux yeux bandés” ; avoir l’esprit ouvert à tout, sauf à leur propre culture.

La tendance à vanter le courage physique et les exploits militaires juifs provient, à notre avis, plutôt de complexes que d’une réelle fierté.

 

LE DEFI D'AMALEC

 

Le Midrach compare Amalec à un chien menaçant qu’un père montre à un fils récalcitrant pour lui faire peur.

 Notre réaction ne doit pourtant pas se limiter à l’imperturbabilité et à la fermeté. La tradition orale enseigne que toute menace de l’extérieur doit être considérée comme un rappel vers une vie intérieure plus intense.

Nos ennemis n’auraient notamment pas trouvé la force d’âme de vouloir nous détruire s’ils n’avaient pas détecté en nous un certain relâchement.

Le Midrach compare Amalec à un chien menaçant qu’un père montre à un fils récalcitrant pour lui faire peur. Il précise, en outre, qu’Amalec nous attaqua la première fois à l’endroit qui portait le nom symbolique de Refidim, provenant de rafou yedeihem : leurs mains s’étaient relâchées.

Cela signifie qu’Amalec ne vient que lorsque Israël faiblit dans son attachement à la Tora.

Face au défi d’Amalec, il ne suffit pas de se “montrer fier d’être juif”, il faut surtout l’être authentiquement. C’est là l’arme véritable qui garantit tant notre courage physique que notre dignité morale.

 

LE SORT D'AMAN

 

Quand Aman vit que le sort était tombé sur le mois d’adar, expliquent nos Sages, il en fut très réjoui. Cela confirmait parfaitement son idée. Moïse, notamment, était mort en ce mois.

Du reste, le peuple juif étant né en nissan (premier mois du calendrier, mois où eut lieu la sortie d’Egypte), il était normal, selon ses vues superstitieuses, que sa fin eût lieu en adar (dernier mois).

Chaque civilisation touche à un certain moment à sa fin et, se disait Aman, le moment d’Israël était venu. Aussi s’apprêtait il à lui porter le coup de grâce.

Mais comme nous l’avons dit, Israël fait exception à la règle, et précisément chaque fois que sa fin semble proche, il reprend ses forces et recommence à prospérer physiquement et spirituellement.

Nos Sages disent que, même dans ses calculs, Aman s’était trompé ; c’est qu’au mois d’adar, Moïse était également né. Ce qui symbolise en quelque sorte qu’il n’y a jamais de fin à sa mission et, en même temps qu’on commémore sa mort, on commémore aussi sa naissance...

Ainsi le mois d’adar, au lieu d’être le mois du déclin du peuple juif, est devenu celui qui symbolise sa pérennité. Il est le mois le plus joyeux de l’année.

 

LES SICLES D'AMAN ET LES SICLES D'ISRAEL

 

Notre tradition fait grand état des sicles qu’Aman fut prêt à verser à Assuérus. Le Talmud (Meguila 13) s’exprime en ces termes : D.ieu savait qu’Aman allait offrir des sicles pour acheter le peuple d’Israël, c’est pour cela qu’Il a fait précéder Ses sicles aux siens. Car, comme la Michna le dit, le premier adar de chaque année, on proclame la collecte des sicles. “C’est que notamment depuis les temps de Moïse, au mois d’adar, les Juifs donnaient leur contribution à l’offrande collective sacrifiée journellement au Temple. Ce don s’appelle le ma’hatsith hachéqel, le demi siècle. Jusqu’à nos jours, avant Pourim, chacun donne le ma’hatsith hachéqel et, actuellement, cet argent est distribué aux pauvres.”

Ce passage talmudique semble dire que pour contrebalancer les sicles d’Aman, les Juifs devaient avoir un mérite, notamment celui du ma’hatsith hachéqel.

Cette idée paraît étrange ; un acte barbare comme celui d’acheter un peuple pour l’exterminer a-t-il donc une valeur aux yeux de D.ieu (donc aux yeux de la Justice Suprême) pour qu’il faille un contre mérite de la part de ses adversaires ?

Dans le combat entre le bien et le mal, il ne suffit pas que les uns soient “bons” et les autres “mauvais” pour que les premiers gagnent.

Une des réponses données est la suivante : le monde a été offert aux hommes et D.ieu n’y intervient en général que pour récompenser leurs efforts.

Toute sa dignité réside dans le fait que l’homme doit lutter pour créer un monde plus juste et humain. Dans le combat entre le bien et le mal, il ne suffit pas que les uns soient “bons” et les autres “mauvais” pour que les premiers gagnent. Défendre une position qui objectivement parlé est juste n’est pas suffisant ; il faut encore être prêt à lutter avec abnégation et courage pour cette cause.

La règle dramatique qui se dégage de ce qui précède est la suivante : dans la lutte du bien contre le mal, il faut que les défenseurs de la juste cause fassent preuve d’une plus grande énergie et ténacité que leurs ennemis. Si ce n’est pas le cas, même devant la justice suprême de D.ieu ils sont perdants et ne jouiront pas de l’appui de la Providence.

Pour revenir à notre sujet, Aman, en offrant cet argent, en renonçant à cette immense somme pour arriver à ses fins, fit preuve d’une grande résolution. Il fallait que du côté d’Israël s’oppose à lui la même énergie tenace pour défendre la justice et la morale.

C’est en quelque sorte ce que D.ieu répondit à Aman.

Les sicles que le peuple juif verse chaque année pour le service divin démontrent qu’il est vivant et prêt à faire des sacrifices pour son idéal. L’équilibre des forces ne penche donc pas en faveur d’Aman.

Nous verrons d’ailleurs par la suite que pour contrecarrer Aman et incliner la balance du côté des Juifs, il leur fallut de grandes personnalités. Ce n’est que lorsque le peuple avec ses chefs fit preuve d’une volonté de vivre et d’une grandeur d’âme sans pareille que l’ennemi fut renversé.

Le but de la Providence qui laisse libre cours à la méchanceté est de nous forcer à une prise de conscience plus profonde et à un engagement plus énergique. Nous verrons d’ailleurs qu’Aman, sans le vouloir, occasionna un renouveau unique dans l’histoire juive.

 

LE DESSEIN ODIEUX D'AMAN

 

Nos exégètes (Alchikh et le Gaon de Vilna) déduisent des versets 13 et 14 du chapitre 3 de la Meguila qu’Aman émit deux décrets. L’un, adressé aux notables, était très clair : on visait à l’extermination totale des Juifs et cela devait être minutieusement préparé à l’avance. L’autre, adressé à toute la population, lui enjoignait de se tenir prête à la date fixée, sans autre précision.

C’était un plan froidement calculé qui visait à tout préparer, tout en gardant le secret jusqu’au dernier moment. Cela afin que les Juifs se bercent d’illusions jusqu’à la dernière minute et qu’ils ne puissent pas préparer une contre-action. Pendant ce temps, Aman comptait croiser Mardochée sans réagir afin de ne pas susciter son attention.

Tout cela nous montre la manière raffinée par laquelle il comptait atteindre son but. Ces indices ne font que dévoiler la perfidie et la bassesse d’Aman.

Mais comme nous l’avons dit, à cette ruse démoniaque devra s’opposer une force égale. C’est là le défi que nous impose la Providence.

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