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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 15:17


EDITOV



Imbroglios diplomatiques en série, à mesure que s’étendent les risques de prolifération nucléaire

 

 

Edito, par Marc Brzustowski
Pourhttp://lessakele.over-blog.fr/ et http://www.aschkel.info/ 

 

 

a) Caraïbes dans la tourmente


La seconde semaine de janvier restera marquée par la tragédie haïtienne qui, à cette heure, aurait fait, au moins, 200 000 morts, engloutis sous les décombres. Les sauveteurs de tous les pays affluent, à commencer par les Américains proches, qui ont déjà dépêché, sur place, 3 000 hommes de troupe. Les Français présents depuis la Guadeloupe et la Martinique, ont testé les possibilités d’atterrissage sur l’aéroport dévasté de Port-au-Prince et affrété de premiers convois aériens. Israël, parmi tant d’autres, fort de ses liens anciens avec l’île et de son expérience des catastrophes naturelles, notamment depuis le tremblement de terre en Turquie, en 1999, où ses équipes de sauvetage avaient fait tout leur possible pour secourir la population sous les gravas, a envoyé ses équipes spécialisées, dont les membres de Zaka. La solidarité internationale se coordonne pour faire face aux conséquences du désastre. On ne connaîtra, peut-être jamais, le nombre exact de victimes, à cause de l’inexistence d’un état civil à jour, dans une île confrontée à une misère endémique, malgré de récents efforts pour assurer un embryon de démocratie, après les années de plomb des Duvallier et leurs sinistres « tontons macoutes »… Sur place, il faut aussi combattre le pillage et le banditisme qui freinent l’acheminement des secours aux plus nécessiteux. Face à de tels cataclysmes, on ne peut que de se raccrocher aux rares moments de miracle épars, où la vie triomphe du malheur, comme la naissance de cette petite fille dont la maman avait été sauvée quelques minutes plus tôt, dans l’un des hôpitaux de fortune mis à disposition par les jeunes volontaires de Tsahal. Drame qui n’est pas exempt de ces grands moments d’opéra-bouffe déplacés, où un tribun démagogue comme Hugo Chavez voit, dans le débarquement US d’urgence impérieuse, la « preuve » de l’invasion américaine des îles Caraïbes ! Quand la bêtise le dispute à l’indécence, il est des paranoïas ravageuses qui pourraient, en effet, mériter un traitement de choc !


b) Suite, et non fin, des tensions épisodiques turco-israéliennes


A propos de « séisme », symbolique et diplomatique, celui-là, le torchon s’est, un peu plus, consumé, entre la Turquie et Israël. Cette dramaturgie semble faire « boule de neige », malgré les démarches répétées, après incidents réitérés, pour tenter, une fois encore, de combler le fossé. Sans minimiser aucun d’entre eux, il faut pouvoir interpréter correctement les risques de glissement de la Turquie vers ses voisins de l’Est (Iran, Syrie), tout en tenant compte de l’ancrage dans des alliances consolidées avec l’Occident, aussi bien qu’avec Israël, au-delà des tentatives, d’ailleurs infructueuses, d’ingérence d’un autre démagogue populiste : l’islamiste antisioniste Recep Tayyip Erdogan, qui tire sa légitimité des frustrations populaires et des images d’Epinal diffusées sur le petit écran. Les orientations que celui-ci donne à son pays nourrissent la suspicion d’un retournement stratégique progressif qui se ferait au détriment de l’OTAN, en tout premier lieu et qu’on voit peu réagir ; sur le plan régional, par une propagande anti-israélienne qui ne manque jamais une occasion de créer le « scandale » (Davos, soutien inconditionnel à la bombe d’Ahmadinedjad, exercices militaires conjoints avec la Syrie, plutôt que traditionnels avec Israël…).


Elles visent deux choses : par son nationalisme baignant dans un islamisme, de plus en plus étriqué, tel qu’il est parfaitement incarné dans les séries « b » de la télévision turque, et ses héros primaires, antisémites et anti-américains, Erdogan et ses services de presse et de divertissement, donnent à manifester tout le mécontentement qu’il sent poindre dans les frustrations économiques et sociales populaires. Il exploite la fibre  susceptible, suite à la mise à l’index de l’Europe de ce pays situé au Levant asiatique, qui, comme il le démontre un peu plus chaque jour, par son soutien aux dictatures locales, a peu de points communs avec les valeurs défendues sur le vieux continent, en matière de droits de l’homme. Cette réactivité sert surtout d’aiguillon à la diffusion de la séduction maligne et fielleuse de positions islamiques « modérément radicales », se présentant sous la forme de l’anti-américanisme et de l’antisémitisme primaire.


Il serait grand temps que les Etats-Unis et l’Europe fassent clairement comprendre à Erdogan que ce n’est pas en présentant le portrait d’un pays mal éduqué, frustre et assoiffé de légendes le mettant en valeur, mais dont chacun sait qu’il  est prompt à recourir, depuis des décennies, au racisme contre ses propres minorités (Arméniens exterminés, Kurdes culturellement opprimés), puis lorsqu’il veut les apaiser, se tourne dans l’excès contre l’Amérique, les Juifs ou, demain, l’Europe, que la Turquie se rendra plus aimable aux yeux des chancelleries de l’Ouest, en faisant luire ses canines de prédateur. Il revient aux franges éclairées de la population, en Turquie,  qui accomplissent un travail réflexif sur leur propre histoire, en dehors des thèses officielles, de faire le départ entre les déclarations et les émissions qui la représentent et servent son devenir, ; ou qui, à force de vouloir salir l’image d’autrui, la cantonnent comme une sous-région encore peu irriguée par les lumières de la modernité et des valeurs qui la sous-tendent.


Ehoud Barak, ce dimanche, s’est donc livré à la gymnastique diplomatique, en se rendant à Ankara pour faire le point régional, maintenir les ponts entre les blocs, assortis de clarifications à propos d’un contrat de livraison de drones (10 engins sans pilote), promis par Ehud Olmert, à l’époque où la Turquie se faisait forte d’assurer la liaison entre Israël et la Syrie. « L’Orient compliqué »n’en devient que plus complexe, sans doute, par manque d’homogénéité, de fermeté et d’actes en conséquence, de la part d’un « Occident » qui apparaît indécis et dont la vision de l’histoire se limite à l’intérêt bien compris de chacun des partenaires qui le composent. La Turquie, militairement et stratégiquement, est devenue le point de rencontre où les ennemis et les amis se croisent et se défont ; tout comme le Qatar peut aussi bien être le banquier des Mollahs que l’hôte des entreprises occidentales exportatrices, dans un esprit bien compris du négoce de bazar.


Le fait est que la série télévisée, au centre de la dernière dispute, vise autant les soldats Israéliens, présentés comme des bourreaux d’enfants, que les troupes américaines en Irak,  à qui est faite la même réputation, assortie, pour les deux protagonistes principaux de ces caricatures, d’accusations de tortures diverses et de trafic d’organes. Il y a fort à parier que la « bonne conscience » turque, jamais inquiétée, au sujet du Génocide arménien, ni des brutalités de l’armée turque contre les enfants kurdes, pourtant condamnées par la commission des droits de l’enfant de l’ONU (http://lessakele.over-blog.fr/article-droits-des-enfants-bafoues-en-turquie-43075419.html : La résolution du Comité des droits de l’enfant de l'ONU adopté le 29 octobre 2009), ses années de dictature sanguinaire et tortionnaire, trouve dans les « crimes » imputés à bon compte à Tsahal ou aux G’I.s américains, matière à se refaire une virginité, des points de rassemblement électoral, tout en élargissant ses alliances à l’Est (Iran, Syrie) et auprès des populations arabes. Mais on note le peu d’empressement, de la part de l’Administration Obama, lui-même opposé à la guerre en Irak, de défendre, aux côtés d’Israël, l’honneur bafoué par la Turquie officielle, membre de l’OTAN ( !), de ses propres soldats venus défendre le peuple irakien contre l’une des plus sordides dictatures de la planète.


c) L’incapacité des grands de ce monde à construire une réaction homogène aux provocations de l’Iran


On ne peut percevoir les opportunités saisies par la Turquie, dans ce qui ressemble fort à un retournement d’alliances, qu’à la lumière du désir inextinguible, affiché par les Occidentaux, rétifs à déterminer tout agenda qui se tienne et se respecte,  de négocier. En contrepoint, ce don pour l'argutie indéfinie donne libre cours aux spéculations régionales consistant à faire monter les enchères à l’intention des plus offrants. Et, d’autre part, il relance les grandes manœuvres de retour en force de la Chine et de la Russie comme grandes puissances incontournables, en vue de tout « règlement » futur. La distribution des cartes qui se dessine, passe aussi directement par le tracé des oléoducs gaziers et pétroliers, en direction de l’Europe, contrôlés par l’entreprise russe d’Etat, Gazprom, et débouchant sur le Bosphore.


D’autre part, la volonté européenne et américaine de détourner Damas de son alliance indéfectible avec les Mollahs de Téhéran et son rôle d’entremetteur ou « plaque tournante » pour les Pasdaran avec le Hezbollah, a eu l’effet inverse de celui escompté. Tout au contraire, il a pu servir de cheval de bataille diplomatique à l’AKP de Recep Tayyip Erdogan pour lancer ses opérations de charme en direction des « Etats-voyous » (terme qui a disparu du vocabulaire de Washington) de la Région, sur fond de prévision du retrait américain d’Irak et de messages ambigus d’accommodation à l’imminence d’une bombe nucléaire iranienne. Ces assurances d’impunité à l’égard de Damas se soldent par la mise en sommeil d’un fameux « Tribunal de la Haye pour le Liban », un magnifique contrat européen de 35 millions d’€, cette même semaine, alors que les informations affluent à propos du fait que l’armée syrienne accueille dans ses bases les milices du Hezbollah, afin de les entraîner à la guerre anti-aérienne. Des missiles sol-sol d’une portée de 250 kms et sol-air ont ainsi été mis à la disposition de la milice chi’ite sous parrainage irano-syrien. Le Liban, qu’on prétendait, en 2005, libéré de cette même tutelle, n’en finit pas de voir ses dirigeants, druzes, sunnites, venir, ventre à terre, faire allégeance à la Grande Syrie des Alaouites.


 Et Nasrallah, en grande conférence avec les dirigeants du Hamas, hôtes de la Syrie, Meshaal et Marzouk, de braver encore Washington et les pays arabes engagés dans le « processus de paix », en attestant qu’il mettra toutes ses forces à le faire dérailler. A preuve, le refus entêté de Mahmoud Abbas, qui, finalement, vient certifier son alignement, au moins par prudence, sur ce même front du refus dirigé, de main de maître, par Bachar al-Assad. Le dirigeant palestinien déclare, sans ambage, que c’est à l’Amérique de proclamer que la « partie est terminée » et de régler toutes les questions afférant aux « réfugiés », à « Jérusalem » et aux frontières. En recourant à cette politique d’assistanat, le gouvernorat palestinien fait preuve d’immaturité, s’en remet totalement aux puissances qui l’ont fait sortir de terre, il y a 17 ans et assume son inexistence autre qu’artificielle. Dans ce cadre, l'échéance des 10 mois de gel proposée par Netanyahou a, au moins, le mérite de fixer des échéances, à partir desquelles, on peut ou non, "jouer la partie". Abbas, dans la défroque du petit homme qui ne marquera pas l'histoire, mais la défera, se contente paresseusement de déclarer forfait avant le premier coup de sifflet.


  Le « fiasco »diplomatique de Danny Ayalon, la semaine passée, n’apparaît plus, ici, que comme épiphénomène, illustration maladroite de l’exaspération israélienne, comptabilisant la somme de toutes les concessions accordées aux ennemis de la paix, au fur et à mesure des tergiversations des Occidentaux : depuis  les élections palestiniennes de 2007, voulues par GW Bush, sacrant le Hamas, Doha, renforçant le contrôle du Hezbollah sur le Liban, au printemps 2008, jusqu’au progressif retournement de tendance d’Ankara, saisissant l’opportunité de la campagne « Plomb Durci » et des faux témoignages de la Commission Goldstone, pour prendre la tête d’un mouvement antisioniste, de Caracas à Téhéran, en passant par El Arish ou Rafah aux portes de Gaza...


  Pendant ce temps, malgré des déboires électoraux conséquents, se traduisant par une opposition grandissante aux Mollahs radicaux en Iran, et par le reflux du Hezbollah dans les urnes, alors que sa victoire paraissait assurée, l’hégémonie iranienne n’a fait que se renforcer contre la volonté des peuples, brandissant la menace nucléaire et fragilisant les courants pro-occidentaux du 14 mars à Beyrouth, pour les conduire à faire l’impasse sur l’armement du mouvement chi’ite et, dans la foulée, sur celui des groupes affiliés, comme le Hamas palestinien, en parfaite violation de toute résolution 1701.  C’est ainsi qu’une explosion a eu lieu en plein Beyrouth, il y a deux semaines, dans laquelle au moins deux membres du Hamas ont trouvé la mort, auxquels s’ajoutent les blessures des nervis du Hezbollah tentant, semble t-il, de la désamorcer. Le propos n’est pas tant de savoir « qui », que de comprendre que tout est possible, lorsqu’on établit ses campements sur une poudrière.


Dans ce contexte, à Téhéran cette fois, un physicien nucléaire, Massoud Ali Mohammadi, trouve la mort dans l’explosion d’un engin piégé, à la sortie de son domicile. Le Régime et les opposants se disputent son affiliation, ces derniers accusant le pouvoir d’avoir fait disparaître le savant. Cette disparition paraît fort opportune pour tenter de ressouder les rangs contre l’ennemi extérieur, « les américains-sionistes ». Beaucoup d’éléments troublants viennent discréditer la thèse officielle, comme l’empressement à passer les lieux au kärcher ou à remettre d’aplomb l’architecture de l'endroit avant enquête d’une quelconque police scientifique. "Mais" le Régime a des "preuves"... Les photos prises quelques minutes après l’explosion, laissent entrevoir la présence de membres bassidjis ou pasdaran spécialisés dans la répression, six minutes à peine, après les faits. Mais, contre les sites radicaux qui accusent le régime, leur égérie, Mir Hossein Moussavi fait connaître son alignement sur la thèse officielle, coupant court aux spéculations, dans ses propres rangs.


Toute action pouvant freiner le programme iranien peut avoir une importance variable, sans lui porter une atteinte majeure : ici, pourquoi un théoricien serait-il visé, plutôt qu’un ingénieur ? Ses prises de position pour Moussavi, lors des élections et ses accointances scientifiques israéliennes et américaines, laissent penser qu’il aurait pu être tenté d’aller poursuivre ses recherches en Occident, comme d'autres transfuges l'ont fait, depuis la Turquie ( Ali Reza Ashgari) ou l'Arabie Saoudite (Sharham Amiri), encore dernièrement.


On ne connaîtra, sans doute, jamais les dessous de l’intrigue et l’on ne peut que suivre le fil de ses conséquences, à l’intérieur de l’Iran aussi bien qu’à l’extérieur. Ainsi, fait suffisamment rare pour le mentionner, un journal officiel égyptien, al-Ahram, profite de l’occasion pour faire l’éloge du directeur du renseignement extérieur israélien, Méïr Dagan. Façon de profiler cet acte dans une longue série, allant de l’élimination d’Imad Moughniyeh, en passant par le raid contre le réacteur nucléaire syrien ou contre les convois d’armes au Soudan, la mort d'un cacique du régime alaouite lié au Hezbollah ou d’autres membres influents du même mouvement islamiste chi'ite…


Entre la campagne pro-palestinienne que subit de plein-fouet le régime de Moubarak, à propos du mur d’acier à sa frontière avec Gaza, et ce type d’éloge, sans parler d’alliance sans ombrage, contrairement à ce qui se passe avec la Turquie, l’Egypte tend aussi à affirmer ses positions à l’égard de ses alliés arabes, Jordanie et surtout Arabie Saoudite. Le Royaume wahhabite tente aujourd’hui le grand écart, en souhaitant réconcilier les frères ennemis palestiniens, de la même façon que la cogestion du Liban a fini par être cédée à une coalition hétéroclite constituée du Hezbollah, maître du jeu, et des fameux « courants pro-occidentaux » dont la victoire électorale est bradée par leur manque de résolution à faire front aux diktats du « Parti de Dieu ». L’Egypte reste défiante à l’égard de ces chassés-croisés saoudiens, cherchant, de concert avec les Occidentaux, à réintégrer la Syrie dans le camp « arabe », tout en trouvant un « modus vivendi » à l’endroit des aspirations iraniennes.


En même temps, ces aspirations, l’Arabie saoudite en éprouve chaque jour un peu plus l’haleine fétide, à sa frontière avec le Yémen, fréquemment violée par les milices houties, formées par l’Iran et le même Hezbollah… Les trois tableaux montrent assez les failles des attitudes conciliatrices. En s’y engageant, l’Arabie du Roi Abdallah démontre surtout qu’elle perd confiance dans les alliés américains et européens, qui semblent s’accommoder du statuquo à l’égard de l’Iran. L’allié jordanien est aussi sur la sellette, devant faire face à des risques accrus d’attentats à partir de son territoire, soit contre ses propres intérêts, depuis l’affaire de l’attaque d’al Qaeda contre une base de la CIA en Afghanistan, révélant sa propre implication dans l’anti-terrorisme. Soit contre des ressortissants diplomatiques israéliens, sans qu’on sache, à cette heure, s’il s’agit d’une action de la mouvance islamiste sunnite ou du Hezbollah, toujours à la recherche d’une vengeance, depuis l’élmination d’Imad Moughniyeh.


d) L’improbable alignement russo-chinois sur le régime de sanction et l’échec des différents plans américains


La communauté internationale n’en finit pas de piétiner, au sujet d’un nouveau train de sanctions contre l’Iran et l’unité de façade se disloque, aussi du fait des réticences, surtout chinoises,qui va prendre la tête du Conseil de Sécurité, mais également russes, à accéder à de telles mesures de rétorsion, quand bien même toutes les preuves d’une accélération de ce programme nucléaire sont sur la table. De tels signes de l’affaiblissement de l’influence américaine n’ont pu que renforcer Erdogan dans sa volonté de rejoindre le camp de l’Axe qui étend ses réseaux sur Levant. Si on pouvait, déjà, relever des signes inquiétants de cet alignement turc, au moins, par sa neutralité au moment de l’invasion de l’Irak, ils n’ont jamais été aussi virulents que depuis l’accession au pouvoir de Barack Hussein Obama, dont la politique est entièrement rivée au processus de négociation, pour lequel il lui faut bien promouvoir des entremetteurs. Les attentats se multiplient en Irak, dont le gouvernement accuse ouvertement la Syrie de jouer de son contrôle de la frontière pour permettre l’afflux de Jihadistes vers Mossoul ou Bagdad. Qu’est-ce qui viendrait le dissuader de faire double-jeu, puisque les nations les plus démocratiques de la planète, France et Allemagne en tête, l’assurent de leur coopération économique la moins regardante possible quant à son implication terroriste dans la région ?


Le clan de la fermeté et des sanctions est dans l’impasse, du fait, surtout, que la Chine, au-delà de ses intérêts commerciaux en Iran, redoute, tout simplement, de favoriser le rapprochement de certains états-tampons, comme la Corée du Nord et l’Iran avec les Etats-Unis. Dans ces jeux d’influence trouble, « l’Empire du Milieu » craint l’empathie de l’opposition iranienne pour plus de conciliation à l’égard des inquiétudes occidentales (un de ses pères spirituels, l’Ayatollah Montazeri, récemment décédé, avait émis une fatwa contre la course à l’armement nucléaire). La sympathie que provoque, dans les rangs de ses propres opposants chinois, la « révolution de velours » téhéranaise, n’est pas absente de ses préoccupations. Si cette opposition chinoise n’est, actuellement, pas dangereuse pour Pékin, pas plus que les séparatistes Ouïghours, ou encore, les manifestations tibétaines vite réprimées, les caciques du parti communiste sont d’une susceptibilité paranoïaque, quant à une quelconque émulation qui pourrait les conduire à de nouveaux Tien-An-Men, dans un contexte de modernisation sous contrôle autoritaire. Ainsi, selon le Wall Street Journal (http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704500104574649762717035296.html) une récente campagne de dissidents chinois, intitulée « CN4 Iran » via les réseaux internet Twitter, fustigeait l’envoi d’engins blindés chinois à l’intention des Bassidjis, qui répriment violemment l’opposition iranienne, et affichait son total soutien à la « révolution » dite « verte ». L’un des intervenants déclarait même, triomphaliste : « Aujourd’hui, nous libérons Téhéran, demain nous prendrons Pékin ! ». D’autre part, une compagnie chinoise, LIMMT Economic and Trade Co. se trouve mise en examen à New York, pour l’envoi de composants de missiles à l’armée iranienne.  Ainsi, la Chine nourrit dans sa main toute une panoplie d’Etats-voyous, susceptibles de dresser une muraille de sécurité contre l’influence occidentale : en Asie, avec la Birmanie, la Corée du Nord, l’Iran, en Afrique avec le Soudan, le Zimbabwe, en Amérique du Sud avec Cuba et le Venezuela.


 Sur cette ligne de front, entrent, évidemment, mais de façon instrumentale, tous les intermédiaires qu’on peut imaginer, au Moyen-Orient, dans les attitudes conciliantes de la Chine, envers les mouvements qu’alimentent les Pasdaran (Hamas, Hezbollah notamment, pour ne pas les citer), qui tirent partie de cette orientation tactique, partout ailleurs dans le monde. Cette mise en exergue de l’influence chinoise, déterminante dans le blocage des solutions en Orient et ailleurs, n’a, évidemment pas vertu à masquer le battage des cartes réalisé par Moscou, dans le même temps, au détriment de « l‘hyper-puissance » américaine, l’un et l’autre de ces ex ou actuels pouvoirs communistes ayant toute raison de se réjouir des déboires de la diplomatie US et de son charmeur de serpents en poste au Bureau Ovale, bien empêtré dans ses circonvolutions. L’effondrement du Mur de Berlin et le ralliement de nombre d’anciens pays du bloc de l’Est à l’OTAN ont simplement servi d’avertissement à la Chine, au détriment de son voisin immédiat à l’Ouest, la Russie, ce « colosse aux pieds d’argile ». La Chine ne souhaite pas subir d’effet-domino et s’en préserve en agitant des régimes-épouvantails.


Israël n’est, a priori, l’ennemi ni de la Chine ni de la Russie, malgré un long passé de défiance et de règlements de compte clandestins, en Afrique ou ailleurs, et l’Etat hébreu, notant l’infléchissement des politiques américaines, a pris soin de diversifier ses sources d’échange avec les deux grands de l’Est. Ce fut le cas, lors des visites d’Avigdor Lieberman, Shimon Peres, en Russie, ou dans son arrière-cour, au Turkménistan, en Azerbaïdjan, Ouzbékistan. Des intérêts communs ont été découverts, dans l’aéronautique, l’aérospatiale, les équipements militaires, les nanotechnologies… Mais on est en droit de se demander si, à l’heure actuelle, tous ces accords partiels et techniques ne restent pas périphériques, face à des tendances lourdes qui concernent directement la géopolitique de ces grandes puissances résurgentes et leur façon de concevoir leurs chasses gardées. Ceci s’illustrait, en août 2008, par l’intervention russe en Géorgie, par exemple.


Ainsi, encore, la diplomatie chinoise est fortement impliquée au Pakistan. Et c’est devenu un secret de Polichinelle que d’apprendre que l’origine du passage d’information atomique à Abdul Kader Khan a été orchestrée en sous-main depuis Pékin. Très récemment, les carnets secrets d'Abdul Kader Kahn ont été dévoilés (nouvelobs, 29 novembre 2009 : http://globe.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/11/13/bombe-pakistanaise-le-rapport-secret-d-a-q-khan.html), expliquant comment la Chine lui avait elle-même fourni les ingrédients de la bombe pakistanaise pour contrer leur ennemi commun : l’Inde. Il ne restait au père de la bombe pakistanaise qu’à sous-traiter son savoir-faire en Iran pour programmer la crise que le monde affronte actuellement. Or l’Inde est, aujourd’hui, le principal importateur de technologies en provenance d’Israël, pour les mêmes raisons de sécurité commune, à l’heure où l’Amérique et l’OTAN peinent à réinstaurer un semblant d’état viable en Afghanistan, règlement qui passe par Islamabad, allié des Américains… comme ils sont tributaires des Chinois.


De fait, les règlements « multipolaires », tant souhaités par Chirac, sont devenus de véritables « casse-tête », qui se jouent à la marge de la diplomatie, et où toute alliance qu'on prétendait stable, semble capable de rebondir d’une minute sur l’autre. Dans ce contexte, le « grand jeu » diplomatique ne pourra s’éterniser en évitant de prendre ses responsabilités à l’encontre des phénomènes de prolifération qui ne la rendent que plus inflammatoire, compliquée et dangereuse. Obama l’a-t-il, en partie, compris, en dépêchant de nouvelles formes de dissuasion maritime, dont l’USS-Eisenhower, au large des côtes du Yémen et de l’Iran ? Ou en faisant  intervenir le discours technique du patron du CENTCOM, David Petraeus, étudiant les possibilités de frapper l’Iran ?

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