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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 14:36
Iran : la fin n'est pas proche

Dans le Régime des Mollahs, le calme ne semble pas à l'ordre du jour. Une nouvelle vague contestataire devrait se lever le
11 février prochain, à l'occasion du
31e anniversaire de la révolution islamique. Avant cela, les 7e et 40e jours suivant la mort, cette semaine, de plusieurs manifestants sont tout autant susceptibles de fournir des images dramatiques.

Une manifestante iranienne brandit un poster de l’ayatollah Ali Khameini, au cours d’un rassemblement pro-gouvernemental à Téhéran mercredi 30 décembre. 
PHOTO: AP , JPOST

Mais il ne faut pas s'emballer. Les expertises surchauffées de la dernière semaine, oracles d'une mort imminente du régime, annonciateurs du début de la fin pour les ayatollahs et autres "point de rupture", sont trompeuses et devraient être révisées.

Deux mouvements parallèles existent en Iran, chacun désireux de changer la République islamique dans son intégralité.
Le premier s'est largement fait remarquer cette semaine, au cours des protestations et manifestations qui ont ébranlé Téhéran et d'autres villes du pays. Il se nomme le "Mouvement vert". Mais derrière la profonde insatisfaction qui le meut, on ne lui trouve pas d'idéologie revendiquée. Dans ses rangs : des partisans de la branche réformiste, dont, pour les plus connus, les anciens candidats aux présidentielles Mir-Hossein Moussavi et Mehdi Karroubi, ainsi que l'ancien président Mohammed Khatami. Mais aussi des individus et groupes dont l'agenda est bien plus déterminé et radical : ils veulent tout simplement la mort du régime.
Pour autant, aucun leadership révolutionnaire crédible et organisé ne peut être identifié, pour le moment, au sein de cette imposante masse contestataire.

Le second "mouvement" existe au sein du régime lui-même. La tendance dont le représentant le plus visible n'est autre que... le président iranien lui-même. La coalition d'associations politiques fondamentalistes qui ont conduit à la victoire de Mahmoud Ahmadinejad et au pouvoir des Gardiens de la Révolution, a, au cours des cinq dernières années, progressivement pris le contrôle des institutions de la république islamique.
A la différence de ses opposants verts, ce groupe possède une liste très claire et consolidée d'idées et objectifs. En ligne de mire : une "seconde révolution islamique" qui ravivera le feu originel de 1979. Ses partisans veulent remplacer la loi cléricale par un Etat simplifié, brutal et sécurisé par la police, sous l'étendard de l'Islam. Un Etat qui sera dévoué à la construction d'une hégémonie régionale, via l'option nucléaire et le soutien aux mouvements radicaux et terroristes.

Un bilan en demi-teinte pour les fondamentalistes

Toutefois, cette année a été mitigée pour les fondamentalistes iraniens. D'un côté, la "victoire" électorale d'Ahmadinejad et le soutien ultérieur du leader suprême Ali Khamenei a été leur plus grand triomphe. Le président réélu s'est renforcé en formant un cabinet constitué de conservateurs et Gardiens de la Révolution. C'est ce cabinet qui administre actuellement l'Iran. Les victoires ont aussi eu lieu un peu plus loin. Leur allié régional le plus proche - le Hezbollah - a été consacré force gouvernante au Liban. Et le Hamas, le client palestinien de l'Iran, maintient toujours sa main de fer sur la bande de Gaza.
D'un autre côté, c'est aussi en 2009 que les limitations de cette idéologie sont devenues apparentes.

Certes, les émeutes qui traversent actuellement le pays ne constituent pas un danger immédiat pour le régime. Mais elles indiquent qu'un grand nombre d'Iraniens refusent de voir son pays devenir l'instrument permanent d'une révolution et d'une "résistance" islamiques, voulues par les fondamentalistes. Ces agitations remettent donc incontestablement en cause leur légitimité et leur habilité à promouvoir le régime comme modèle de gouvernance pour le monde arabe voire musulman.
La défaite des conservateurs iraniens est en particulier palpable dans leur domaine de prédilection : à savoir, la pratique de la violence politique.
Leur modèle de résistance a ainsi échoué dans une bataille rangée contre Tsahal, au début de l'année dernière. Les destructions près de Gaza ont fait souffrir les 100 hommes de l'"unité iranienne" du Hamas. Le mouvement islamique, lui, n'est parvenu qu'à tuer six soldats israéliens, sur toute la durée de Plomb durci. Un échec. Et c'est ainsi que l'ont analysé tous les observateurs régionaux.

Ajouté à cela, il semblerait que les Iraniens commencent à comprendre que l'utilisation du terrorisme en tant qu'instrument politique est une voie à double sens. Pour preuve : le bombardement près de la frontière avec le Balouchistan, en octobre dernier, qui a provoqué la mort de 29 Gardiens de la Révolution. Ou, le mois dernier, la mystérieuse explosion qui a ôté la vie, à Damas, à des pèlerins iraniens.

Patience et longueur de temps font plus que force et que rage

Il s'agit-là de sérieux revers. Bien sûr, tant que les Islamistes pourront s'assurer la loyauté des Gardes révolutionnaires, de la milice Basiji et du patronage de Khameini, leur mainmise sur le pouvoir ne sera pas en danger. Et, en cas de contestation, on aurait tendance à davantage pronostiquer un prolongement des conflits civils que le départ précipité de ces fondamentalistes.

Car, à l'inverse de l'élite communiste de 1989 des pays d'Europe de l'Est, celle-ci n'est ni fatiguée, ni décomposée. Ces Iraniens et leurs alliés se voient en réalité comme la vague du futur. Et, selon eux, leur ascendance vers les cimes du pouvoir ne fait que commencer.
La partie ne sera, cependant, pas des plus aisées. Les perspectives font état de longues rixes en Iran. La population, quant à elle, ne sera pas le deus ex machina. Son entrée sur scène ne détruira pas miraculeusement le régime islamiste ni ne résoudra le problème agonisant du nucléaire iranien.

Mais à force de persévérance, la manœuvre pourrait s'avérer payante. Le probable échec des fondamentalistes acerbes est une certitude proche. Parce qu'ils ont de grandes chances d'échouer dans la construction des réelles bases - politiques, sociales, économiques, militaires - qui supporteront leur ambition démesurée.

Mais, même à ce moment, le destin dépendra aussi des ennemis au régime, occidentaux et régionaux, et de leur volonté à se confronter au régime des ayatollahs.


De fait, contrairement à quelques-unes des opinions les plus excitées de la semaine dernière, il ne faut pas croire que tout est joué. La fin est loin d'être à portée de main. 
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