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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 05:05

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Dans le cadre des célébrations du 150ème anniversaire de l’AIU, deux nouveaux colloques du 
Collège des Etudes juives auront lieu en janvier et février 2010 :


Créée en 1860, l’Alliance Israélite Universelle est aujourd’hui l’une des principales organisations internationales dans le domaine de l’enseignement et de la culture juive. Son objectif demeure la diffusion d’un judaïsme fidèle à la tradition, tolérant et ouvert sur le monde moderne.

L’Alliance concourt également à promouvoir la langue et la culture françaises à l’étranger. Elle intervient aussi comme un partenaire majeur dans le combat pour la défense des droits de l’homme et dans le dialogue inter-religieux.

Son action s’appuie sur son réseau d’écoles en France et l’étranger, la Section Normale des Etudes Juives, le Collège des Etudes juives, la Bibliothèque et ses publications.



Fondée à Paris en 1860 par un groupe de six personnalités juives autour du juriste Adolphe Crémieux, l’Alliance Israélite Universelle répondait surtout à l’indignation soulevée par l’Affaire de Damas (juifs accusés du crime rituel d’un père franciscain et de son serviteur arabe en 1840) et l’Affaire Mortara (enfant juif converti en secret par une servante catholique et enlevé en 1858).

A l'issue de cette rencontre, six d'entre eux rédigent l'Appel de l'Alliance, texte fondateur de la nouvelle institution : Pour lire le texte de l’Appel de 1860, cliquez sur l’image

"Rassembler tous les cœurs généreux pour lutter contre la haine et les préjugés. Créer une société de jeunes israélites idéalistes et militants qui se sentiraient solidaires de tous ceux qui souffrent par leur condition de juifs ou tous ceux qui sont victimes de préjugés quelle que soit leur religion. Faire enfin que la culture supplante l'ignorance de quelques fanatiques, pour le bien de tous. [...] Si vous croyez que ce serait un honneur pour votre religion, une leçon pour les peuples, un progrès pour l'humanité, un triomphe pour la vérité et pour la raison universelle de voir se concentrer toutes les forces vives du judaïsme, petit par le nombre, grand par l'amour et la volonté du bien, venez à nous, nous fondons , nous fondons l'Alliance israélite universelle." 

Résolus à poursuivre, contre les discriminations et les statuts de citoyens de 2e classe (la dhimmitude) dont était alors victimes les communautés juives d’Afrique du Nord et d’Orient, l’émancipation des juifs commencée en 1792 avec la Révolution française et étendue à une partie de l’Europe par les troupes napoléoniennes (avant le décretde 1870 initié justement par leur fondateur pour les indigènes – juifs comme musulmans – d’Algérie), ces derniers y voyaient une synthèse, fortement teintée de l’idée de “mission civilisatrice du ministre de l’Education et des colonies Jules Ferry (version elle-même laïcisée du missionarisme chrétien), des idéaux des Lumières et des principes du judaïsme.

Cependant, l’AIU ne se limita jamais, comme à la conférence de Berlin en 1878 suite à la guerre russo-turque, à la défense des minorités juives (de la Turquie d’Europe), mais intervint aussi, dès l’année de sa fondation en 1860, en faveur des chrétiens du Liban victimes d’émeutes populaires (de la part des Druzes) et, trois ans plus tard, des protestants d’Espagne emprisonnés pour prosélytisme.

Et surtout, au-delà des interventions auprès des Etats, elle préparait, dès sa première école en octobre 1862 à Tétouan au Maroc, les juifs à l’émancipation avec son réseau d’écoles, de l’Afrique du Nord aux Balkans et à la Perse …

Historique de l’Alliance

Le 17 mai 1860, dix-sept jeunes juifs français se réunissent au domicile parisien de l’un d’entre eux. Parmi eux, des médecins, des enseignants, des journalistes, des juristes, des hommes d’affaires… : autant de représentants de la bourgeoisie juive libérale de la fin du XIXe siècle, héritière des Lumières et de l’Emancipation, profondément patriote sans renier pour autant ses origines.

A l’issue de cette rencontre, six d’entre eux rédigent l’Appel de l’Alliance, texte fondateur de la nouvelle institution.

“Rassembler tous les cœurs généreux pour lutter contre la haine et les préjugés. Créer une société de jeunes israélites idéalistes et militants qui se sentiraient solidaires de tous ceux qui souffrent par leur condition de juifs ou tous ceux qui sont victimes de préjugés quelle que soit leur religion. Faire enfin que la culture supplante l’ignorance de quelques fanatiques, pour le bien de tous. [...] Si vous croyez que ce serait un honneur pour votre religion, une leçon pour les peuples, un progrès pour l’humanité, un triomphe pour la vérité et pour la raison universelle de voir se concentrer toutes les forces vives du judaïsme, petit par le nombre, grand par l’amour et la volonté du bien, venez à nous, nous fondons, nous fondons l’Alliance israélite universelle.”

Une synthèse des principes du judaïsme et des idéaux de 1789

L’historien Michaël Graetz commente justement : Les fondateurs préconisèrent dans leur manifeste de 1860 une synthèse des idées de 1789, d’égalité, de justice et des droits de l’homme, et des principes du judaïsme, de sa conception d’un Dieu unique et de sa foi en une rédemption universelle au temps du Messie. Il est bon de rappeler les noms de ces six fondateurs, jeunes (la moyenne d’âge est de trente-trois ans) et enthousiastes :
- Charles Netter, fils d’une longue lignée de rabbins, lui-même homme d’affaires fortuné, depuis toujours attentif au sort des communautés d’Europe ;
- Narcisse Leven, avocat, collaborateur d’Adolphe Crémieux, déjà actif dans diverses œuvres de bienfaisance ;
- Isidore Cahen, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, professeur de philosophie, partisan affirmé de la liberté de l’enseignement et du principe de la séparation des Eglises et de l’Etat ;
- Eugène Manuel, lui aussi normalien, poète et homme de lettres ;
- Aristide Astruc, rabbin d’origine portugaise (sa famille s’est installée à Bayonne sous Louis XIII), adversaire déclaré des excès de l’assimilationnisme ;
- Jules Carvallo, enfin, le doyen, âgé de quarante-et-un ans, ingénieur des Ponts et Chaussées, pionnier des chemins de fer, président-fondateur d’un journal, L’Opinion Nationale, de tendance plutôt favorable à l’Empire.
Il y a, bien sûr, un grand absent : Adolphe Crémieux. Profondément déstabilisé par la récente conversion de ses enfants au catholicisme – à l’initiative de son épouse -, l’avocat nîmois, véritable instigateur de la fondation de l’AIU, n’a pas voulu apparaître au premier plan de ceux qui lançaient le projet. Mais trois ans plus tard, en 1863, il allait être porté à la présidence de l’institution.

La protection des minorités

Le combat pour l’égalité des droits – non seulement pour les juifs, mais pour toutes les minorités religieuses – figure parmi les priorités de l’Alliance.
Dès 1860, l’année même de sa fondation, elle intervient en faveur des chrétiens du Liban victimes d’émeutes populaires. En 1863, elle intercède auprès du ministre de la Justice espagnol pour des protestants emprisonnés auxquels on reproche leur propagande en faveur de leur religion. Dans la plupart des pays d’Europe, elle tente ainsi d’obtenir la grâce ou le sursis pour des malheureux condamnés injustement parce qu’ils n’étaient protégés par aucune juridiction, par aucune puissance.
A l’issue de la guerre russo-turque de 1877, une réunion des principales puissances est convoquée à Berlin, en juin 1878. Considérant que cette réunion internationale peut fournir l’occasion d’aborder en particulier la question des minorités juives dans toute la Turquie d’Europe, l’Alliance décide d’envoyer une délégation à Berlin. Ainsi la question juive est-elle introduite dans un ordre du jour qui n’en prévoyait pas le règlement. C’est une véritable “première” en matière de relations internationales.
Le succès est inespéré : sur proposition de la délégation française, soutenue par l’Allemagne et l’Angleterre, les conclusions suivantes sont adoptées : “La distinction des croyances religieuses et des confessions ne pourra être opposée à personne comme un motif d’exclusion ou d’incapacité en ce qui concerne la jouissance des droits civils et politiques, l’admission aux emplois publics, fonctions et honneurs ou l’exercice des différentes professions et industries, dans quelque localité que ce soit. La liberté et la pratique extérieure de tous les cultes sont assurées à tous les ressortissants nationaux aussi bien qu’aux étrangers ; et aucune entrave ne pourra être apportée soit à l’organisation hiérarchique des différentes confessions, soit à leurs rapports avec leurs chefs spirituels.”

L’accès à la culture française et à la modernité

Aux yeux des dirigeants de l’Alliance, l’accès à la culture est aussi une condition sine qua non de l’émancipation et participe du processus de “régénération” – terme compris dans l’acception de l’époque – qui a pour but de faire des juifs des citoyens modernes et éclairés, partout à travers le monde. La création d’écoles s’impose donc d’emblée comme corollaire indispensable à l’action d’aide et de soutien aux juifs opprimés. Ce projet est déjà inscrit dans l’Appel de l’Alliance de 1860: “Si vous croyez qu’un grand nombre de vos coreligionnaires, encore accablés par vingt siècles de misère, d’outrages et de proscriptions, peuvent retrouver leur dignité d’hommes, conquérir leur dignité de citoyens ; si vous croyez qu’il faut moraliser ceux qui sont corrompus, et non les condamner ; éclairer ceux qui sont aveuglés, et non les délaisser ; relever ceux qui sont abattus, et non se contenter de les plaindre ; défendre ceux qui sont calomniés, et non se taire [...], israélites du monde entier, venez, écoutez notre appel, accordez-nous votre adhésion, votre concours.”

En octobre 1862, l’Alliance ouvre sa première école à Tétouan, au Maroc. La première pierre est posée de ce qui va peu à peu devenir un réseau scolaire intense et rayonnant.
Ainsi l’Alliance est-elle parvenue à articuler sous une forme moderne la tradition de solidarité juive.

Voir aussi le dossier de presse du livre d’Elisabeth Antébi (“Les Missionnaires Juifs de la France”, 1999):

Dans cet ouvrage remarquable, l’auteur retrace et documente une partie de l’histoire de l’Alliance israélite universelle, véritable saga pédagogique et humaniste dont l’influence fut énorme. Fondée en 1860 à Paris, on sait qu’elle créa des écoles de plusieurs types dans tout le bassin méditerranéen et bien au-delà afin d’offrir aux jeunes juifs toutes les possibilités d’éducation intégrée dans les valeurs universelles de la République. L’extrême richesse de ce livre réside dans le très large usage des archives longuement citées, surtout de la correspondance de ces missi dominici de la culture. Dans des conditions de précarité inimaginables et avec un enthousiasme incroyable, ces véritables consuls juifs mirent sur pied des écoles primaires, secondaires et professionnelles fondées sur les valeurs d’un judaïsme ouvert sur le monde. Des milliers d’enfants sont entrés par l’AIU dans le monde moderne en même temps qu’ils s’affirmaient comme des juifs à part entière. De Mogador à Ispahan, de Sofia au Caire et bien sûr en Palestine, des hommes et des femmes se dévouèrent sans compter.[…] Trois établissements scolarisent en 1865 dans tout le réseau de l’AIU 680 élèves. Ils seront près de 48 000 répartis dans 127 institutions en 1939. Au milieu du démantèlement de l’Empire ottoman, des guerres européennes, la foi de ces hommes et de ces femmes dans les nécessités de l’éducation ne faiblira pas. Ce livre est la chronique inspirée d’une réussite évidente et capitale dans l’histoire du judaïsme. On éprouve beaucoup d’émotion à la lecture de ces documents parfaitement replacés dans leurs contextes, inoubliables souvenirs d’une splendeur passée. » Dominique Bourel, Culture de France en Israël, revue de l’ambassade de France, mars-avril 2000.

« Portraits de croisés du judaïsme : Dans son huitième ouvrage, Les missionnaires juifs de la France, E. Antébi fait corps avec ses héros, elle enrichit la galerie des portraits et fournit les clefs du monde que nous avons perdu. Vous mesurerez combien cette perte est cruelle, combien elle contribue, avec d’autres, à l’amenuisement de la France. […) Elizabeth Antébi a voulu en exergue cette confidence d’une ancienne élève de l’AIU (mai 1956), Thérèse Mitrani : ‘Rentré à la maison, mon père nous lisait les articles de Zola et disait : La France, mes enfants, seul pays au monde dont le peuple pouvait se passionner et se déchirer pour défendre un juif (Dreyfus) innocent. Il me semblait que toute la beauté du monde, toute la justice de la terre s’étaient réfugiées dans ce pays qui portait le nom de France et que je rêvais de connaître un jour.’ […] Les Alsaciens furent nombreux …[…] Ajoutez ceux de Smyrne, Andrinople, Salonique, Constantinople, de Turquie et des Balkans, l’élite, en première ligne, suivie de l’axe Livourne-Salonique, l’axe séfarade pur qui entraîne juifs italiens et tunisiens suivis de loin par les piétailles, Afrique du Nord, puis déclassés, Syrie, feu Eretz Israël devenue Palestine malgré Jérusalem ou ce qu’il en reste, Mésopotamie et les égarés de l’Asie et de l’Afrique profonde, sans oublier les juifs ‘russes’ difficiles à vivre, que poussent les pogroms, terreau pour les commentateurs de Marx.[…] Rien n’échappe à Elizabeth Antébi. Autour de vingt-quatre portraits en pied, hommes et femmes, croqués en peu de mots, elle balaie un siècle et, de New York à l’Asie centrale, une moitié de la planète. » Pierre Chaunu de l’Institut, Le Figaro, mardi 28 décembre 1999.

« L’auteur offre des portraits saisissants et vrais de personnages qui pourraient tous nourrir des scénarios inoubliables. Parfois la grande Histoire les attend au tournant de leur lutte modeste et courageuse. Voilà David Sasson confronté au massacre des Arméniens ; voilà Joseph Néhama (1880-1971) à Salonique, durant l’horreur absolue incarnée par le monstrueux Aloïs Brunner. Leurs témoignages, leurs écrits, rapportés ici, constituent des documents inestimables. » L’Arche, janvier 2000.

« La République avait ses ‘hussards noirs’, l’Alliance israélite universelle eut les siens. Ces missi dominici du judaïsme libéral voyaient dans la culture française issue des Lumières et de l’esprit révolutionnaire un puissant facteur de progrès. Parfois au péril de leur vie, ils s’acharnèrent à développer l’enseignement de notre langue dans les Balkans, au Maghreb et même au Moyen-Orient. A travers vingt portraits, E. Antébi leur rend un hommage très engagé. Pour autant, elle n’occulte en rien la violence des conflits qui opposèrent ces hommes aux juifs orthodoxes, souvent influencés par l’Allemagne, comme aux militants sionistes, résolus à pourfendre ces hérauts de l’assimilation. » Rémi Kauffer, Le Figaro Magazine, Samedi 13 novembre 1999.

Source : http://jcdurbant.wordpress.com/ 

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commentaires

Harbon Esther Eva 05/10/2010 02:13



Bonjour,


Je sais que ce commentaire ne paraîtra pas, mais je tenais à vous faire savoir qu'à cause de l'AIU je suis dans une grande précarité. J'ai été licenciée pour faute grave de ne pas avoir voulu
démissionner à tout juste 50 ans, après un très long harcèlement. J'avais plus de 15 ans d'ancienneté, je vivais seule avec mon enfant, et mon salaire n'augmentait jamais. C'était en 2004, j'ai
obtenu en 2008 par la Cour d'appel de Paris 8000€ nets, maintenant j'attends que la Cour européenne des droits de l'Homme se décide à traiter ma requête...


Merci pour votre attention, mais je n'en peux plus de lire autant de louanges, l'on m'avait même refusé comme alternative une formation alors que je n'avais pas de diplôme, et que mon travail
bien spécifique sur le judaïsme ne pouvait être pratiqué dans une bibliothèque municipale. L'AIU savait qu'elle me condamnait. Pourquoi ?


Cordialement


E. E. Harbon



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