Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 18:13


Publié avec l'autorisation de l'auteur
 :



del-valle.jpgQuelques jours après la visite du président iranien Ahmadinejad à Damas. A peine élu, le président américain Barack Obama a inauguré une politique de réconciliation et de dialogue avec le monde musulman, pour améliorer l’image ternie des Etats-Unis.

Dans ce contexte, Obama avait « tendu la main » à l’Iran et s’était adressé avec respect au « leader du peuple et de la République islamique iranienne », invitant son homologue iranien à « un nouveau départ ». En guise réponse, Ahmadinejad intensifia ses attaques verbales et menaces à l’encontre des Etats-Unis, de l’Occident et d’Israël. En effet, après avoir gagné du temps dans les négociations sur le dossier nucléaire engagées depuis 2006 avec le groupe des « 5 + 1 » (
Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne), le président iranien a catégoriquement refusé l’accord des 6 pays chargés des pourparlers visant à faire enrichir le stock d’uranium iranien par la France et la Russie, afin de garantir la promesse iranienne de poursuite d’un programme nucléaire civil et non militaire, ce dont la communauté internationale doute fort.

Ainsi, prenant acte du fait que la main tendue d’Obama n’a profité qu’à la dictature islamique et que Téhéran n’a pas renoncé à acquérir un arsenal nucléaire qui menacerait autant les pays arabes qu’Israël, la Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, qui espère que le Conseil de sécurité de l’ONU approuvera des sanctions renforcées contre Téhéran d’ici deux mois, a tenté la semaine dernière de convaincre la Syrie de s’éloigner de Téhéran. Ceci en échange d’une promesse non dite d’un retour progressif de la Syrie dans le concert des nations, comme cela a été fait avec la Libye depuis 2006 (
afin de la convaincre d’abandonner son programme nucléaire militaire et dans le cadre de la lutte contre al-Qaida).

Il est vrai que la Syrie, dirigée par un président, Bachar al-Assad, issu de la minorité chiite alaouite, détestée par les islamistes, et qui est à la tête du parti nationaliste laïc Baas, aurait apparemment tout intérêt à coopérer avec l’Occident contre al-Qaida, qui déteste le régime des Assad. La Syrie apparaît ainsi aux yeux des dirigeants américains mais aussi de la France, comme un pays incontournable sans lequel toute solution de paix au Proche-Orient est vouée à l’échec. Car, bien qu’étant anti-islamiste à l’intérieur, le régime syrien soutient à l’extérieur, comme son allié iranien, les deux mouvements terroristes qui embrasent le Proche-Orient et agressent continuellement Israël : le Hamas à Gaza et le Hezbollah au Liban.

Le deal que proposent la France et l’Amérique à la Syrie impliquerait par conséquent que Damas s’éloigne de l’Iran islamiste et de ses deux protégés islamo-terroristes Hamas et Hezbollah, en échange de la restitution du plateau du Golan, occupé par Israël, à la Syrie, qui le réclame et en fait un casus belli, au point de participer au chaos régional et d’accueillir sur son sol les dirigeants en exil du Hamas et de protéger le Hezbollah. Théoriquement, la proposition est rationnelle. Mais la visite du président iranien Ahmadinejad à Damas la semaine dernière à l’invitation de son « ami » et allié stratégique Bachar al-Assad a déçu les derniers espoirs occidentaux allant dans ce sens. Pouvant difficilement être plus clair, les deux présidents les plus anti-israéliens de la région ont non seulement réitéré leur alliance stratégique, signant en passant un accord sur les visas, mais ils ont dénoncé fort violemment l’Etat « sioniste » israélien et « l’arrogance américaine » concernant le programme nucléaire iranien totalement soutenu par la Syrie.

En fait, la gifle infligée par ces déclarations à Clinton et Obama s’explique par le fait que la Syrie, dirigée par la minorité musulmane « hérétique » alaouite, issue du chiisme, honnie par les sunnites et donc par les capitales arabes voisines, a besoin de façon existentielle de l’allié iranien chiite, lui aussi issu d’un courant de l’islam honni par les sunnites, mais détenteur d’énergies fossiles, dont est dépourvue la Syrie. Par ailleurs, le régime de Damas, dont l’idéologie officielle est la cause anti-juive, anti-sioniste et nationaliste arabe, ne veut pas réveiller la rébellion sunnite interne des islamistes des Frères musulmans honnis, qui attendent leur heure et qui sont eux aussi existentiellement anti-sionistes.

Toute paix avec Israël, même en échange du Golan, signifierait ainsi l’explosion d’une guerre civile et la mort du régime baasiste de Bachar al-Assad, qui ne veut pas finir assassiné par les Frères musulmans, comme l’ancien président égyptien Anouar al-Sadate qui, lui, accepta courageusement de signer un accord de paix avec l’Etat juif diabolisé, considéré par les masses arabes comme la cause de tous les maux de la Terre…

Alexandre Del Valle pour France Soir le 01er mars 2010

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Traducteur/translator

 

 

France  ISREAL  English

Recherche

logo-lien-aschkel-copie-1.jpg

 

France  ISREAL  English
Traduire la page:
By
retour à l'acueil

------------------------------------- 

 

Communication and Information

 

Vous souhaitez 

- proposer un article ?
 - communiquer une info ?

Contactez la rédaction

bOITE-a-mail.jpg

-------------------------------

 

Nous remercions par avance tous ceux

qui soutiendront le site Aschkel.info

par un don

icone paypal

Paiement sécurisé


Consultez les dossiers

Archives

Mon livre d'or

 

 Livre_dor

 


 

Visites depuis la création du site


visitors counter

Catégories