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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 18:45

 

 

 

 

La guerre d'Oslo - Par Ephraim Karsh et Joel Fishman - Un ouvrage essentiel pour comprendre -en ligne

Préface de Schmuel TRIGANO

 

 

 

 

"La guerre d'Oslo", la formule est aussi violente que celle de "processus de paix" qui a désigné cette guerre d'un type nouveau dans laquelle Israël s'est trouvé projeté depuis 1993. L'expression de "processus de pays", universellement employée encore aujourd'hui, impliquait bien en fait que "la paix", ici désignée, pouvait connaître des éclipses meurtrières. Mais que "la paix" ait pu être évoquée pour définir la stratégie de guerre révolutionnaire palestinienne, le cycle de terrorisme, la dissimulation des intentions, la mise en accusation systématique d'Israël, reste une des violences symboliques les plus grandes de ce début de XXIème siècle. La perception du conflit en est ressortie totalement brouillée sur la scène de l'opinion publique internationale. Les responsabilités ont été falsifiées, les catégories morales, perverties.

 

Une très étrange situation s'en est ensuivie où l'agresseur est devenu l'agressé, la légitime défense, un "terrorisme d'Etat", l'information, un jugement. La passion collective qui a enfiévré l'opinion européenne a connu un début d'analyse. Avec le recul du temps, son décalage par rapport à la réalité n'en apparaîtra que plus grand lorsque l'historien établira les faits réels. C'est cette démarche qu'entame ce livre.

 

Joël Fishman avait, dés 2000, frayé la voie à une reconsidération bouleversante du concept de "processus de paix", en discernant dans la guerre palestinienne la stratégie du "plan par étapes" visant à détruire Israël progressivement, à travers une pacification simulée. Il donne à cette perspective ses bases intellectuelles et son explication. Ephraim Karsh, quant à lui, en apporte la démonstration par les faits et les discours. Il prouve, de façon mathématique et avec une concision lapidaire, ce que fut l'intention guerrière de l'O.L.P et d'Arafat dès la signature des Accords d'Oslo et comment elle fut mise en œuvre sur le terrain, dans une guerre autant psychologique et symbolique que militaire.

 

Mais le comportement des Israéliens et du monde juif doit aussi être l'objet d'une investigation, ce à quoi Joël Fishman, consacre une étude extrêmement éclairante. Il faut prendre en effet la mesure de l'exception que représente la diplomatie israélienne des années d'Oslo dans l'histoire des relations internationales. Que l'on se représente bien les choses.

 

Où a-t-on vu un Etat vainqueur d'une guerre d'agression (guerres des Six Jours) décrétée contre lui, remettre les gages de sa victoire (au demeurant des territoires ridiculement exigus) a son ennemi le plus invétéré, alors dans une position de grande faiblesse stratégique, lui donner des armes pour qu'il lève une "police" avec pour seule demande la "prière" que cet ennemi daigne le reconnaître ?

 

N'est-on pas allé chercher Arafat et son armée exilés à Tunis, pour les installer comme puissance au cœur d'Israël, dans des territoires qui ne furent jamais palestinien sur le plan du droit international ?

 

Faut-il rappeler à l'amnésie ambiante que les Etats arabes avaient refusé le plan de partage de la Palestine du Mandat britannique – territoires autrefois ottomans où ne s'est jamais établie une entité politique spécifique – et que la Jordanie avait annexé la Judée-Samarie (devenue alors "Cisjordanie") et l'Egypte, Gaza, à l'issue de la guerre décrétée en 1948 par les Etats arabes contre le jeune Etat d'Israël ? La passation de territoires à l'O.L.P est une donne radicalement nouvelle sur le plan du droit international qui n'est en rien une "remise" de territoires à des propriétaires originels mais la création ex nihilo d'une nouvelle entité. Ceci ne fait qu'accentuer le caractère exceptionnel du comportement israélien et le cynisme de l'accusation universelle. Le comportement erratique d'Israël détonne au contraire dans l'assemblée des monstres froids que sont les Etats.

 

Ce qui se passe sur la scène internationale se trame aussi sur la scène interne au monde juif. Une société, en effet, ne ressort pas indemne, psychologiquement autant que politiquement, d'une telle aventure, au point où certains se demandent si la société israélienne ne s'est pas engouffrée dans une impasse qui pourrait remettre en question sa viabilité et sa continuité.

 

Les chancelleries européennes bruissent même goulûment de cette éventualité.

Les Israéliens se sont divisés et affrontés pour une paix qui couvrait vertueusement la poursuite des buts de guerre des Palestiniens : la Grande Palestine du Jourdain à la mer. Ils ont cru avec passion à la paix. Elle en est même devenue un messianisme qui a obscurci leur vision de la réalité et les a précipités dans une tragédie. On a beaucoup dénoncé le messianisme utopique du Gouch Emounim, mais l'utopie pacifiste sans laquelle on ne peut comprendre le syndrome d'Oslo s'est, jusqu'à présent, révélée aussi grave dans ses effets immédiats.

 

L'invocation de la paix est devenue un article de foi, un confort narcissique, comme s'il suffisait de psalmodier son air pour qu'elle se concrétise, avec le bénéfice secondaire de diaboliser ceux qui pensent différemment. Dans le contre-jour terrible de la période 2000-2004, les artisans d'Oslo s'avèrent n'avoir fait la paix qu'avec les palestiniens de leur imagination, au point de refuser d'accepter la réalité (le terrorisme et les discours contradictoires) qui pourtant les bousculait dès le premiers jours. La mystique des uns a fait écho à la ruse des autres. La "paix" palestinienne a parfaitement répondu en effet à la définition qu'en donnait la stratégie communiste du temps de la "coexistence pacifique" : une situation conflictuelle dans laquelle des armes et des méthodes non militaires sont employées sans dépasser le seuil d'intensité qui en ferait une guerre ouverte. Dans 1984, Orwell avait bien épinglé cette perversion calculée du vocabulaire, avec l'équivalence !

"Peace is war".

 

L'aventurisme messianique d'Oslo a irrémédiablement engagé Israël dans un avenir mouvementé. Comment la société israélienne se récupérera-t-elle au sortir d'une telle aventure dont on ne mesure pas encore les développements à venir et les conséquences ?

Des divisions et des clivages durables pourraient s'installer, minant la confiance réciproque des familles qui la constituent. Les termes de démocratie et de paix se sont usés, investis par les élites du pouvoir d'un sens subliminal plus en rapport avec le kulturkampf propre à la société israélienne qu'avec la paix réelle. L'assassinat d'Yitzhak Rabin fut le terrible sommet de ce divorce profond. C'est jusqu'au concept même de "démocratie" qui s'est trouvé frelaté au nom de "la paix", par des politiciens qui, à plusieurs reprises, se sont sentis autorisés à malmener la déontologie de la démocratie au profit de manœuvres parlementaires. Durant la décennie d'Oslo, la diplomatie secrète et la politique du fait accompli, à l'insu de l'électorat, ont fait office de règle de fonctionnement en matière de politique étrangère.

 

L'examen rétrospectif du "processus d'Oslo" est une nécessité pour libérer l'avenir.

 


 

La guerre d'Oslo par Ephraim KarshLire l'ouvrage en ligne

 

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