LE BILLET D’HUMEUR DU NIGERIA
J’ai fait un rêve ou plutôt un cauchemar en cette journée mondiale de la femme. Le Shass venait de décider d’envoyer tous ses députés dans des yeshivot pour étudier la Thora puisque c’est la mission dévolue à tous les juifs : étudier pendant que les épouses travaillent. En contrepartie, il avait été décidé que des femmes remplaceraient automatiquement tous ces députés sur les bancs de la Knesset.
Des femmes officiers ont profité de l’absence aux Etats-Unis du chef d’Etat-major pour occuper son bureau dans l’attente de la nomination immédiate de l’une d’entre elles à la tête de Tsahal. Certains pays appellent cela une révolution de palais. Enfin Shimon Pérès a démissionné et Tsipi Livni l’a remplacé au pied levé à la tête de l’Etat. Je me voyais vivre tout à coup dans un monde de femmes, pacifique, voluptueux, baigné par des échanges courtois et des rêveries, axé sur le plaisir. Plus de guerre, plus de querelles. Le vrai cauchemar.
Mais enfin le réveil salutaire est intervenu et la vie de tous les jours s’est substituée à ce rêve d’un autre siècle. Les morts, les pleurs, le sang repeuplaient nos occupations habituelles. Les nouvelles machistes reprenaient enfin le dessus et, nous les hommes redevenions maitres de la situation
Ainsi 500 personnes ont été tuées dans des attaques au centre du Nigéria, régulièrement théâtre de violences meurtrières. Ces massacres à caractère ethnique, apparemment simultanés, ont été menés contre des chrétiens et de nombreuses victimes avaient été attaquées à la machette et brûlées par des plus misérables qu’eux. Les guerres de religion continuent et les pays pauvres sont toujours les victimes de ce genre de débordement comme si les intervenants étaient pressés de se partager les maigres ressources que les riches leur laissent. L’Histoire bégaie et les leçons du passé ne sont pas encore tirées, ce qui explique d’ailleurs que le ministre français de l’Education nationale veuille supprimer les cours d’histoire en terminale. A quoi cela sert-il que Mallet et Isaac, les auteurs de nos anciens livres, se décarcassent !
J’ai tout à coup envie de dormir à nouveau pour revivre dans ce monde de femmes qui m’avait perturbé. Et je me mettais à rêver qu’on les laissait dominer le monde.