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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 20:58
Le fonctionnement totalitaire de type paranoïaque des groupes terroristes islamistes

Ruth Ollivier Psychologue Clinicienne | Info’Sion, Jérusalem-capitale (Israël ), Pierre Caïn

mercredi 4 novembre 2009

 


mercredi 4 novembre 2009


PSYCHOLOGIE ET POLITIQUE
 « Rien n’est plus proche de la Vérité que l’apparence de la vérité ».

Cet article se propose de montrer comment le fonctionnement psychique individuel peut également s’appliquer à des groupes humains et comment une pathologie individuelle comme la paranoïa peut parfaitement illustrer le fonctionnement des groupes terroristes.



A - DESCRIPTIF


En psychologie on définit la paranoïa comme une maladie mentale chronique du groupe des psychoses. 

Le paranoïaque se  caractérise par : 


une perversité mise au service de son intelligence. Il est capable d’un discours argumenté, d'apparence logique, mais cependant délirant. 

Il possède une forte volonté de puissance et cherche à prendre le pouvoir par tous les moyens : la persuasion ou la violence. 

Il se caractérise également par une absence de doute le concernant  et par conséquent il ne se remettra jamais en cause parce qu’il estime être dans la vérité et avoir raison.

Le paranoïaque est soupçonneux : il croit que les autres complotent contre lui pour le tromper ou parce qu’ils en veulent à sa réputation. 

Il interprète négativement des remarques inoffensives. 

Comme son entourage est un ennemi potentiel il peut devenir très agressif.

Ces personnes pensent être de grands personnages, de grands réformateurs, de grands leaders. 

Quand l’illusion qui l’anime est religieuse il croit, par exemple, qu'il est le messager de Dieu et qu’il a été envoyé au monde pour propager une certaine religion.


Au niveau des groupes terroristes nous retrouvons ce même fonctionnement totalitaire. Prenons comme exemple  la Charte du Hamas : 


Une perversité mise au service d’une intelligence : 


« Le Mouvement de Résistance Islamique est un mouvement de combat qui envisage la vie avec moralité et clarté dans la manière dont il doit coopérer avec les autres mouvements comme ailleurs. Il déteste l'opportunisme et désire uniquement le bien du peuple, des individus et des groupes de la même façon. Il ne recherche pas les profits matériels et la gloire individuelle. Il ne recherche pas non plus de récompenses pour les individus. Il travaille avec ses propres ressources et, quels que soient ses moyens, "et tire d'eux toute l'énergie possible", pour l'épanouissement du devoir, et pour gagner les faveurs d'Allah. Le Mouvement n'a pas d'autre désir que celui-là. »


Il possède une forte volonté de puissance et cherche à prendre le pouvoir par des moyens interprétatifs très personnels. 

« Le Mouvement de la Résistance Islamique considère que la terre de Palestine est une terre islamique «  waqf » pour toutes les générations de musulmans jusqu'au jour de la résurrection. Il est illicite d'y renoncer en tout ou en partie, de s'en séparer en tout ou en partie. » (Article 11). »

« La Palestine est un territoire islamique consacré aux générations musulmanes jusqu'au jour du jugement. Pour cette raison, qui pourrait prétendre avoir le droit de représenter les générations musulmanes jusqu'au jour du jugement ? La loi gouvernant la terre de Palestine est celle de la Sharia Islamique (Loi) et la même loi est valable pour toutes les terres que les Musulmans ont conquis par la force, parce que durant la période des conquêtes (Islamiques), les Musulmans ont consacré ces terres aux générations musulmanes jusqu'au jour du Jugement. ».

Il se caractérise également par une absence de doute le concernant car il est animé par les meilleures intentions et par conséquent il ne se remettra jamais en cause car il a toujours raison. 


 « Comme le Mouvement de Résistance Islamique ouvre la voie, il aidera les opprimés et soutiendra de tout son pouvoir ceux qui ont commis des erreurs. Il n'épargnera aucun effort pour amener la justice et mettre en échec l'injustice, en paroles et en actions, là et partout où il peut intervenir et avoir une influence. »


Le paranoïaque est soupçonneux : il croit que les autres complotent contre lui pour le tromper ou parce qu’ils en veulent à sa réputation. 

« Les conférences internationales  débouchent uniquement sur l'installation d'infidèles sur la terre des Musulmans comme médiateurs. Depuis quand les infidèles rendent-ils justice à ceux qui croient ? Il n'y a pas de solution à la question palestinienne si ce n'est à travers la Jihad. Les initiatives, les propositions et les conférences internationales sont toutes une perte de temps et de vaines tentatives. Le peuple palestinien sait ce qu'il lui convient et ne doit pas accepter que son futur, ses droits et son destin soient manipulés. »


Il interprète négativement tout ce qui va à l’encontre de son idéologie

« Le jour où les ennemis usurpent une partie de la terre musulmane, la Jihad devient le devoir individuel de chaque musulman. »


Comme son entourage est un ennemi potentiel il peut devenir très agressif.

« La Jihad est son chemin et la mort pour la cause d'Allah est le plus grand de ses vœux ».


Ces personnes pensent être de grands personnages, de grands réformateurs, de grands leaders. 

« Le Mouvement est universel. Il est parfaitement adapté pour cela en raison de la clarté de son idéologie, de la noblesse de ses causes et de la hauteur de ses objectifs. »

Quand l’illusion qui l’anime est religieuse il croit, par exemple, qu'il est le messager de Dieu et qu’il doit diffuser ses croyances à tous.

« Il est nécessaire d'insuffler aux esprits des générations musulmanes que le problème palestinien est un problème religieux et qu'il doit être envisagé comme tel. La Palestine renferme des lieux islamiques sacrés. Il s'y trouve la mosquée al-Aqsa, qui est à un pas de la grande mosquée de la Mecque et qui en est inséparable aussi longtemps que la terre et le paradis parlent de Isma' (le voyage de minuit de Mohammed aux sept paradis) et de Mi'raj (l'ascension de Mohammed de Jérusalem aux sept paradis). »

« La nature islamique de la Palestine fait partie de notre religion et quiconque prend sa religion avec légèreté est un perdant. "Celui qui sera opposé à la religion d'Abraham mais dont l'esprit est infatué ? (la Vache - Verset 130). »

  Le fonctionnement paranoïaque empêche l’accès à l’altérité, c’est-à-dire à la remise en cause des idées par le dialogue avec l’autre.  Puisque l’autre est l’ennemi du paranoïaque, il lui faut s’en protéger. Puisque l’autre est censé lui nuire il se doit d’être  le plus fort et d’avoir le pouvoir. 


Cette position psychique amène le paranoïaque à croire qu’il a obligatoirement raison contre tous même si son discours n’a, pour tout autre que lui,  aucun lien avec la réalité objective. La réalité objective ne l’intéresse pas car il a besoin, avant tout, d’avoir raison pour se sentir exister et il interprètera donc les faits de manière à justifier ses priorités subjectives


Extrait d’un discours de Muammar al-Kadhafi à Nouakchott en Mauritanie : 

«L’Islam régnera sur la planète, comme Allah l’a promis, les religions qui l’ont précédé ayant expirées, selon la version du prophète Mahomet, dernier messager de Dieu ». 

Fort de cette certitude, il a lancé un appel à l’humanité toute entière à rendre justice au prophète Mahomet en reconnaissant sa religion comme la finalité de celles révélées par ses prédécesseurs que sont Moïse et Jésus. Selon le président libyen : « Le Coran démontre qu’il n’existe pas de divergences entre l’Islam et Moïse ainsi que ses proches fidèles, parce qu’ils étaient des musulmans. S’ils avaient vécu du temps deMahomet, ils auraient cru en lui, tout comme il n’existe pas de problème avec Jésus et les autres prophètes, étant tous des musulmans et Mahomet le sceau des prophètes. » 


Ce fonctionnement délirant : « je parle au nom des autres » empêche d’ouvrir la porte à des considérations autres principalement quand ces considérations autres se placent sur le terrain du dialogue politique. Nous sommes là en présence d’un discours fermé sur lui-même, qui permet au paranoïaque d’asseoir  son pouvoir sur une autojustification. Et qui dénie de ce fait même tout vis-à-vis, tout « autre ».


Ce type de fonctionnement psychique a besoin d’une idéologie politique ou religieuse ou un mélange des deux pour se convaincre d’exister et d’avoir une valeur à exister. Si l’idéologie venait à se craqueler des sentiments de dévalorisation profonds apparaîtraient et ce n’est en aucun cas envisageable. Le paranoïaque préfèrera la mort à la vérité sur lui-même. 


L’idéologie est la structure extérieure qui vient se mettre en lieu et place de  l’impossibilité pour le paranoïaque de s’ajuster à la réalité. L’idéologie lui tient lieu de colonne vertébrale. Sans idéologie il n’existe pas car il ne sait pas qu’on peut penser par soi-même et être en relation constructive avec d’autres. L’idéologie quant à elle est sans faille, avec elle on ne prend pas le risque de se tromper ni d’être déstabilisé dans ses croyances par un point de vue différent. 


Prenons une nouvelle fois comme exemple un passage de la charte du Hamas : LeNationalisme, du point de vue du Mouvement de Résistance Islamique, fait partie ducredo religieux. Rien dans le nationalisme n'est plus signifiant ou plus grave qu'un ennemi qui menace la terre musulmane. Résister et réprimer l'ennemi devient le devoir individuel de chaque Musulman, homme ou femme.


Quand ceux qui veulent entamer le dialogue se placent sur le plan religieux ou politique, ils sont voués à l’échec quoiqu’ils fassent car il ne s’agit pas d’opinions différentes obéissant à la soi-disante « liberté d’expression » mais bien de structure psychique inatteignable. (A moins d’être fou soi-même !...) 



B - FACE A CETTE REALITE PATHOLOGIQUE, QUE FAIRE 


Par quels critères allez-vous démontrer au paranoïaque qu’il a tort puisqu’il ne tient pas compte de la réalité objective et mélange allégrement politique et religion, objectivité et subjectivité ?  Quand il s’agit d’un problème anecdotique cela n’a que peu de conséquences et vous pouvez vous détourner et passer à autre chose, mais quand nous sommes dans le domaine public, dans le domaine de la politique  et que vos interlocuteurs fonctionnent selon ce mode, comment faire, comment se comporter ? 


Comment faire valoir une position « juste » (c’est-à-dire ajustée –en toute relativité- à la réalité objective) par rapport à une position de principe dictée par des considérations d’ordre subjectif : « Allah est son point d'ancrage, le Prophète est son modèle, et le Coran, sa constitution : la Jihad est son chemin et la mort pour la cause d'Allah est le plus grand de ses vœux, » et dont on sait qu’elle  conduira inévitablement à la violence ? 


Comment faire prévaloir les valeurs démocratiques face à la dictature d’une idéologie religieuse ?


Comment faire pour ne pas imposer son point de vue par la force, alors que nous savons que la logique mise en place conduira à l’échec des négociations ? 


Comment faire pour ne pas imposer son point de vue par la manipulation mentalela manipulation de l’image, comme le fait notre interlocuteur ? 


Comment faire pour éviter de se battre avec les mêmes armes que l’adversaire : le mensonge, la falsification de la vérité, la réécriture de l’histoire, l’oubli de l’objectivité des faits, etc…


Comment faire pour se poser dans sa vérité face à la pathologie du vis-à-vis ? Cet autre qui fait de la vérité une valeur absolue ? Ou vous faites partie du même absolu ou vous êtes un infidèle…

 

Comment prouver que le paranoïaque ce n’est pas vous ? 


Comment faire reconnaître le bien fondé de votre position alors que l’apparence est contre vous ? Exemple : « je suis agressée ⇒ je me défends ⇒ je suis accusée d’agressivité. Prenons l’exemple de la guerre de Gaza : Israël se fait attaquer durant huit années avant de réagir et c’est Israël qui est accusé d’avoir « commis un crime contre l’humanité »….


Comment faire pour réinscrire un événement dans une histoire face à un vis-à-vis qui a un intérêt psychique à ne prendre en compte que votre réaction face à l’action qu’il aura intentée pour la provoquer ? 


Voici l’histoire suivante. Deux voisins se rencontrent : l’un des deux possède une bague de grand prix et l’autre convoite cette bague. Il cherche alors un moyen de l’obtenir. Il dit  à son ami : - « J’ai acheté aujourd’hui une bague sertie d’un diamant et je ne sais pas si elle vaut le prix qu’on m’en a demandé ». Le propriétaire de la bague la retire alors de son doigt, la lui tend et lui dit : - « Regarde cette bague, je l’ai payée 10 000 Dirhams, ainsi tu pourras comparer». L’homme prend la bague la regarde attentivement et la met dans sa poche. 

- « Que fais-tu » lui dit son ami ?

- « Eh bien je remets la bague dans ma poche » lui répond le voleur, avec toupet. 

- « Mais c’est ma bague ! » s’écrie l’homme

- « Pas du tout ! ta bague je te l’ai rendue, celle-ci c’est la bague que je me suis achetée ce matin ! »

La dispute s’envenime entre les deux hommes jusqu’à ce que l’homme qui a été volé exige d’aller devant le juge. 

- « Non, je ne peux pas aller avec toi devant le juge car je n’ai pas d’habit suffisamment correct à me mettre. » lui répond le voleur.

- « Ce n’est pas un problème, prend mon manteau et allons-y ! » lui répond l’autre. 

- « Mais je n’ai pas la force de faire tout ce chemin à pied. » objecte le voleur. 

- « Monte sur mon âne, et pressons-nous ! »

Ils arrivent devant le juge et là le propriétaire de la bague raconte ce qui vient de lui arriver.

Le juge interroge alors le voleur : - « Qu’as-tu à répondre à cela ? »

Le voleur répond : - « Monsieur le juge, que puis-je bien vous dire ? Mon voisin est un grand menteur et je peux le prouver : il prétend que cette bague lui appartient mais il peut aussi très bien, sans aucune honte, vous dire que le manteau que je porte est le sien ! » 

- « Bien sûr que ce manteau est le mien ! » répond l’homme

- « N’avais-je pas raison !  Et il va aussi prétendre que l’âne sur lequel je suis venu lui appartient également. »

Le volé, très en colère, s’écria : - « Mais bien évidemment que cet âne aussi m’appartient ! »

Le juge était maintenant certain que l’homme qui était venu se plaindre était un menteur et décréta que c’était le voleur qui avait raison : celui-ci s’en retourna donc, revêtu du manteau de son voisin, sur son âne, avec à son doigt la bague tant convoitée. 


Ce conte est significatif à plus d’un titre : il nous montre comment la ruse vient  à bout de l’honnêteté ; en quoi elle constitue une stratégie et comment elle anticipe les réactions spontanées du vis-à-vis. Face à de tels procédés la seule arme à notre disposition : notre discernement.


C - LA SOLUTION 


 הבחנה vient de la racine החנ qui signifie : épreuve, test, examiner, scruter.

Le discernement s’accompagne toujours d’une épreuve, à savoir : construire son  identité. Car il faut le préciser, le discernement  n’est pas l’objectivité ou encore, le discernement ce n’est pas « seulement » rester objectif face à une situation. 

Le discernement est lié à un ressenti. On éprouve une situation comme étant juste ou fausse à partir du moment où l’on ressent un malaise. Et c’est à partir de ce ressenti que la réflexion va s’exercer. 


Face à la manipulation, à la confusion, l’individu, le groupe ou l’état concerné vit une épreuve exemplaire qui va l’obliger à analyser, à séparer, à discerner, en un mot à sortir de la confusion. Contraint à  se construire ou à mourir. 

Puisque le vis-à-vis manipulateur est dans une position de pouvoir obligé, ce n’est pas en tentant de lui damer le point qu’on réussira à se libérer de son emprise. Bien au contraire. Le paranoïaque ne peut pas céder car ce serait alors toute sa fausse identité qui s’effondrerait. Le paranoïaque ne peut que tuer ou mourir. La personne, le groupe ou l’état qui est obligé, par les circonstances de la vie, de vivre dans l’ombre d’un paranoïaque ne peut se confronter à cette folie. Il lui faudra pourtant vivre à côté d’elle. Vivre avec. Comment rester sain, sain et sauf, saint, dans ce telles conditions ? 


Le paranoïaque sera le prétexte à la construction d’une identité. En aucun cas il ne devra être ou ne pourra être un interlocuteur. 

Un interlocuteur est une personne avec qui vous avez un intérêt commun qu’il convient de découvrir au-delà des divergences. Le paranoïaque, quant à lui n’a qu’un seul intérêt : vous détruire pour être conforté dans la « justesse de sa position folle ».

Le savoir permet de ne pas se leurrer et d’investir son énergie là où elle doit être investie à savoir dans la construction de son identité et dans l’affirmation de sa spécificité. 


Pratiquement en quoi cela consiste-t-il ? 


Cela consiste en des actions simples, dénuées de toute ambition de pouvoir : 


souligner les contradictions de l’adversaire ; non pas pour le faire changer car c’est impossible mais pour aider à la construction de sa propre personnalité. 

témoigner de son point de vue même si tout le monde le juge mensonger.

affirmer les valeurs qui sont les nôtres.


Le reste ne nous appartient pas. C’est un travail qui, jugé en apparence, est à fond perdu mais qui est le seul et le vrai chemin pour se protéger efficacement contre la violence car seule la conscience de ce qui Est nous protège en vérité. (Cette position psychique n’exclue évidemment pas des moyens de défense bien concrets ; indispensables).


Les pièges 


Dans cette épreuve de positionnement nous rencontrons de nombreux pièges dans lesquels il ne faut bien sûr pas tomber : 


les bons sentiments : la compassion, la compréhension de l’adversaire, la justification,

l’aveuglement quant à sa position réelle,

le fait de croire aux bonnes paroles sans prendre en compte l’intention qui les sous-tend ou l’absence d’actes qui les suivent,

se laisser influencer par ceux qui ne peuvent juger que sur l’apparence,

et savoir que l’apparence est toujours du côté du manipulateur ; celui qui est en vérité est toujours maladroit, pris de court, naïf, et à court d’arguments, 

s’identifier à l’agresseur, pour éviter de ressentir sa propre agressivité,

etc.

 

Le paranoïaque quant à lui, même et surtout s’il se présente comme une victime, est dans un système de pouvoir. Toute sa stratégie est mise en place dans le but d’obtenir la suprématie sur l’autre ou d’éradiquer l’autre purement et simplement, psychiquement et/ou physiquement. Son vis-à-vis est dans une position d’accusé et mis en demeure de se défendre alors même qu’il est innocent. Mais il ne faut pas oublier qu’aux yeux de ce manipulateur, l’autre, son vis-à-vis,  est coupable d’exister et de vivre là, à cet endroit précis où il se prend justement à vouloir être. Avant que la place ne soit occupée, le paranoïaque s’en désintéressait mais maintenant qu’elle est occupée il n’a plus qu’un seul désir en tête, en déloger celui qui, légitimement, est venu s’y installer. Pour arriver à ses fins il va chercher à se faire des alliés et le meilleur moyen qu’il ait trouvé pour y parvenir est de jouer la carte de la victime et de réinterpréter la situation  à son seul avantage, suscitant ainsi la compassion et les bons sentiments de ceux qui s’identifient à lui ou qui ont un intérêt quelconque à prendre son parti et à le croire. 

 

En cultivant ainsi sa position de victime, il attirera à lui tous ceux qui fonctionnent selon ce même mode : celui des croyances en l’apparence comme étant la seule et unique réalité, en un mot : la majorité des êtres humains ! Cette adhésion à l’apparence s’étaie sur la croyance en des valeurs dites « humaines » : de pitié, de compassion, et de haine de l’agresseur automatiquement désigné par la victime elle-même, bien évidemment.

Nous retrouvons ce mode de fonctionnement à tous les niveaux du tissu social et pour ceux qui sont englués dans de telles problématiques, le chemin pour s’en libérer est long et semé d’embûches.  


Pour un observateur extérieur quels sont les critères qui vont nous permettre de faire la différence entre une position fausse et une position juste ? 


On pourrait penser que le fait, l’acte, l’événement, non en tant que tel mais réinscrit dans une dimension historique et mis en perspective dans un contexte précis peut prétendre à un statut d’objectivité, et par conséquent faire l’unanimité. Or, nous remarquons que ce n’est pas le cas, loin s’en faut. Il existe des situations où l’a priori subjectif est tel que l’objectivité est invalidée au profit de la croyance qui lui préexiste. C’est pourtant la réinscription d’un fait dans une histoire qui permet d’entrevoir la motivation qui le sous-tend. L’interprétation qui en est alors donnée ne peut plus être le fait d’une projection subjective et par conséquent manipulatoire, mais bien l’objectivité d’une logique mise en place qui témoigne alors d’une réalité à prendre en compte. 


Prenons un exemple : 


C’est l’aspiration du peuple juif à revenir sur sa terre qui a permis que durant les 20 siècles d’exil l’intégrité du peuple soit restée intact. C’est Jérusalem qui  symbolisa cette intention du retour. 

On peut aisément comprendre que les nations, par définition non juives, ne souscrivent pas à ce projet puisqu’il ne leur appartient pas. Et l’on peut également comprendre qu’elles entravent par tous les moyens à leur disposition la réalisation d’un tel projet car depuis l’exil des juifs de leur terre les nations se sont construit des histoires, des idéologies, qu’elles veulent en lien avec le judaïsme tout en invalidant cette origine afin de se créer une origine spécifique. 

Ainsi, pour elles, reconnaître un sens à l’Histoire leur est impossible et elles préfèrent mettre en balance, en parallèle, l’histoire d’un peuple avec les événements séparés jalonnant l’histoire. Ainsi les musulmans prétendent que cette terre leur appartient parce qu’ils l’ont conquise en…. Mais les chrétiens pourraient prétendre la même chose. Des combats, des conquêtes, ne peuvent être comparés à l’Histoire d’un peuple ni être mis en parallèle.  


A nous donc de développer notre discernement afin de ne pas être piégé dans ces manipulations du langage et de la pensée car  l’impossibilité des nations à reconnaître la spécificité juive ne doit pas influer sur notre destin, sur notre identité ni sur la construction de notre devenir.  


En conclusion je dirai qu’il n’existe pas de position juste ou de position fausse. Il existe un mouvement, un devenir, une Histoire et un peuple, héros de cette Histoire. Comme dans toutes les  histoires le héros  rencontre la perversité, la méchanceté, la jalousie, la violence, non pas pour en être détruit mais bien pour que ces expériences de confrontation au mal lui permettent d’accoucher de son identité. 


Si la pathologie paranoïaque observable chez un individu peut s’appliquer à un groupe dirigeant, le devenir d’un sujet avec toutes ses vicissitudes peut également s’appliquer à un groupe. Et ce groupe, précisément, est illustré par le peuple juif. 

Israël est une démocratie. Sa terre lui a été octroyée par l’ONU. Le judaïsme n’est pas une religion mais un mode de vie. Le juif pense par lui-même et n’est jamais soumis à un mot d’ordre. 

Le Judaïsme n’est pas prosélyte et adhérer au Judaïsme est un véritable parcours du combattant…. Combat mené avec soi-même et non orienté vers la destruction de l’autre au nom de….

L’éternité du peuple juif ne s’explique pas par une idéologie meilleure qu’une autre mais bien plutôt par l’élaboration d’une expérience de vie millénaire qui fait de lui un peuple « en vérité » et non pas un peuple « dans la Vérité ». 

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