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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 18:37

 

 

pour aschkel.info et lessakele

Benilou 

 

 

 



LE LIBAN A DEFINITIVEMENT CHOISI SON CAMP
Par Jacques Benillouche

Israël attribue à un sentiment suicidaire poussé la volonté de certains pays arabes de faire capoter toute tentative de réanimer le processus de paix, à chaque fois qu’une situation stable s’instaure ou que des prémices de négociations sont annoncées. Les israéliens finissent par croire qu’ils représentent le ferment d’une politique volontairement négative illustrée par les dernières actions au nord d’Israël.


Pourtant une communauté de pensée, d’intérêts et de destin avait de tous temps relié le Liban et Israël. Les convergences étaient nombreuses entre deux petits pays représentant des ilots de minorités dans la masse arabe environnante. Ils n’ont pas de pétrole mais beaucoup de volonté pour créer dans un espace réduit, un havre de démocratie et un paradis de vie. Leur sens inné du commerce, l’amour de la vie et leur goût du progrès auraient pu leur permettre de se battre ensemble dans la seule guerre où les morts et les cadavres seraient des entités économiques.

L’occasion avortée
Le départ des troupes syriennes en 2005 avait généré un optimisme raisonné pour la restitution aux libanais de leur autonomie de pensée et d’action mais les troubles qui ont suivi ont prouvé que la chape syrienne ne s’était jamais relâchée.Marouan Hamadé a été le premier, le 1er octobre 2004, à inaugurer le cycle violent des attentats puis ce fut au tour d’un journaliste, de députés, d’un premier ministre, de ministres, de vedettes de la télévision et d’un ancien membre du parti communiste ; bref tous ceux qui ont osé dire non à la Syrie, ont vu l’élan de leurs critiques brisé par la force. L’intelligentsia avait été neutralisée.
Les syriens ont abandonné le Liban en fanfare mais dans l’illusion car ils avaient laissé sur place leurs agents de renseignements et leurs pions qui agissaient directement au sein du gouvernement, par Hezbollah interposé qui représente le seul parti politique au Liban à disposer d’un arsenal plus important que celui de l’armée elle-même.

Le Liban souffre surtout de la division du camp chrétien qui n’a jamais réussi à s’imposer comme une force unie efficace. Le général Aoun, qui avait été expulsé du Liban par les Syriens, avait cherché à jouer le rôle d’un Général de Gaulle mais s’était converti en Maréchal Pétain à son arrivée dans son fief en collaborant avec ceux qui l’avaient mis à l’index quand il vivait en France sous la protection de la police. L’alliance de la Syrie avec l’Iran, qui s’impose depuis 2006 comme un acteur incontournable au Proche-Orient, a fait basculer le Liban au rôle de satellite des chiites. 

Présence chrétienne

La Syrie cherche à devenir l’instigatrice d’une nouvelle guerre afin d’apparaître comme un recours tout en appuyant une politique masquée visant à favoriser le départ en masse des Chrétiens vers l’étranger pour mieux islamiser le Liban. Le nombre de Chrétiens atteint à présent à peine 30% de la population du pays du Cèdre. Tous ceux parmi eux qui ont prôné la rupture des liens avec une Syrie omniprésente l’ont payé de leur vie. La volonté du président syrien de cloner son régime avec celui du Liban lui impose d’amoindrir une communauté dont on doit favoriser les départs par la menace sinon par la mort.

Les Druzes, pourtant alliés historiques des Chrétiens, ont basculé eux-aussi dans le clan syrien parce qu’ils ont compris que les autorités internationales avaient soutenu, favorisé et légitimé cette mise sous tutelle du Liban. Lassé par les guerres civiles, l’occident s’était défaussé sur les syriens dans le cadre d’une solution à moindre risque.
Le Hezbollah, bras armé de l’Iran, a pour stratégie de porter le combat jusqu’à la prise du pouvoir à Beyrouth pour réussir la révolution jusqu’à Jérusalem. Judith Palmer-Harik, professeur de sciences politiques à l’Université Américaine, certifie que les islamistes ont réussi à modifier leur image de marque en la rendant plus lisse car l’objectif principal est la prise du pouvoir au Liban. «Le Hezbollah a travaillé depuis des années pour devenir un membre légitime de la communauté libanaise et en particulier il a fait des pas vers les Chrétiens et vers les syndicats. Il cherche à gommer son soutien étranger en se donnant l’image d’un mouvement de résistance libanaise ».

L’Iran s’affiche au Liban Sud
Les libanais, dans leur majorité, refusent que la guerre soit déclenchée sans un consensus général et dans le seul intérêt d’une petite minorité qui cherche à s’approprier le pays. Ils sentent que ces milices armées, loin de diriger leurs fusils vers Israël, pointeront un jour les canons vers l’armée libanaise pour s’emparer d’un pouvoir qu’elles estiment à portée de main. Les Forces libanaises de Samir Geagea considèrent d’ailleurs que les derniers accrochages avec Tsahal ne sont pas «spontanés » mais calculés.
Les israéliens ont analysé les récents incidents à la frontière nord qu’ils attribuent à une provocation évidente. Ils ont choisi la modération parce que les tirs, qui ont tué un lieutenant-colonel, provenaient de l’armée libanaise et non du Hezbollah. Par ailleurs, ils n’aiment pas se faire dicter le calendrier d’une éventuelle guerre et ils n’ont pas décidé d’actions de représailles d’ordinaire immédiates. Ils ne veulent pas entrer dans le jeu du Hezbollah parce que le Liban doit exister par lui-même, hors de la bataille par procuration entre l’axe syro-iranien et l’axe occidental à bout de souffle depuis l’échec américain en Afghanistan.
La mise en cause du Hezbollah dans l’assassinat de Rafik Hariri risque en revanche d’agir comme un coup de tonnerre pouvant faire exploser le Liban parce que les islamistes reprendraient leur liberté le jour où ils seront contraints de quitter la coalition hétéroclite libanaise. Nabil Qaouq, haut responsable du Hezbollah au Sud Liban a déjà annoncé le programme lors d’une interview à Al-Alam TV le 26 juillet 2010 : « La résistance profite de cette période de trêve pour s´entraîner et se renforcer, dans la perspective d´une grande confrontation ».
Les libanais semblent jouer avec le feu. En effet, les israéliens ont révélé que, le 6 août, des officiers iraniens et des membres de leurs services de renseignement ont inspecté les forces de Tsahal à la frontière où s’était déroulé l’incident, accompagnés du commandant du 9ème bataillon responsable des tirs. Ces visiteurs en civil ont même foulé des parties israéliennes de la frontière du Liban, au sud de la ligne bleue occupée par la Finul mais Tsahal n’a pas voulu réagir.
Les israéliens croient savoir qu’il s’agit d’une délégation iranienne de haut rang, envoyée le 5 août par l'ayatollah Ali Khamenei pour s’entretenir à Beyrouth avec Hassan Nasrallah du clash avec les israéliens. Le conseiller pour les affaires internationales du Guide suprême de la Révolution islamique, Ali-Akbar Velayati, a ainsi évoqué les risques encourus par des militants importants du Hezbollah accusés d’être impliqués dans l’assassinat de Rafik Hariri. Durant sa visite le conseiller a totalement ignoré le gouvernement libanais, confirmant ainsi l’influence des miliciens qui agissent comme un Etat dans l’Etat.
La volonté de l’armée libanaise d’inviter les iraniens à la frontière avec Israël tend à démontrer qu’ils cherchent à discuter avec eux de la tactique militaire à suivre face aux soldats de Tsahal. Les israéliens y voient ainsi une implication de plus en plus visible des militaires iraniens dans la structure étatique libanaise car Velayati a étudié avec le chef du Hezbollah du Sud Liban, cheikh Nabil Qauq, les éventuelles prochaines étapes de la confrontation avec Israël. Mais le double-jeu de l’armée libanaise les inquiète. D’une part elle collabore avec les pays occidentaux et l’Onu pour réduire la tension à la frontière et maintenir la paix. D’autre part, elle se tourne vers les experts militaires iraniens pour obtenir des conseils en stratégie sur la manière de se comporter face à Tsahal.
Le Liban semble avoir choisi la voie qui mènera certainement à la guerre souhaitée et planifiée par la Syrie.



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