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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 20:06

 

 

 

Les menaces terroristes en Occident seraient-elles syro-iraniennes ?

Le dissident Syrien Mohammed Zouhair Al-Seddik soutient cette hypothèse

lundi 4 octobre 2010 - 17h22, par Khaled Asmar - Beyrouth

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Alors que la pression terroriste s’accroit sur l’Europe en général et sur la France en particulier, depuis le mois de septembre, avec notamment plusieurs fausses alertes à la bombe enregistrées à Paris, l’ancien agent des renseignements syrien, Mohammed Zouhair Al-Seddik, affirme que ce terrorisme est manipulé et commandité par Damas.

Al-Seddik, accusé par le régime syrien d’être un faux témoin dans l’assassinat de Rafic Hariri, est poursuivi par Damas. Il s’est réfugié pendant plusieurs mois en France, où il affirme avoir échappé à plusieurs tentatives d’assassinat menées, selon lui par, son ancien employeur. Il a quitté la France pour disparaitre pendant de longs mois, avant de refaire surface aux Emirats arabes unis. Il serait actuellement en Australie, en attendant de témoigner devant le Tribunal international pour le Liban.

Al-Seddik affirme « détenir les preuves de la culpabilité de la Syrie et du Hezbollah dans l’assassinat de Hariri », en février 2005, et à ce titre, il vient de faire l’objet d’un « mandat d’arrêt » délivré par la justice syrienne, le 03 octobre 2010. Damas poursuit en effet 33 personnes, dont 26 Libanais parmi lesquels figurent des députés et anciens députés, des journalistes, des officiers et des juges, ainsi que des proches conseillers du Premier ministre Saad Hariri. Figurent également sur la liste le magistrat allemand Detlev Mehlis, deux journalistes koweïtiens et l’ancien ambassadeur du Liban en France, Johny Abdo...

En riposte, Mohammed Zouhair Al-Seddik réagit en affirmant vouloir porter plainte devant les justices belge et américaine contre « le président syrien Bachar Al-Assad, son vice-président Farouk Chareh, ainsi que plusieurs officiers syriens et libanais ». Il profite d’une interview accordée ce lundi 04 octobre au site libanais « Beirut Observer » pour enfoncer le clou et « accuser l’axe syro-irano-hezbollahi d’être à l’origine des menaces terroristes en Europe ».

A ce stade, l’hypothèse développée par Al-Seddik semble peu probable. Mais, à y regarder de plus près, il devient aisé de conclure que rien n’empêche l’Iran, la Syrie et le Hezbollah, menacés par la justice internationale, d’exploiter le réseau Al-Qaïda, au du moins son nom devenu un « label », pour menacer l’Europe et la contraindre à abandonner le Tribunal spécial pour le Liban. D’autant plus que Téhéran et Damas ont longtemps manipulé les islamistes d’Al-Qaïda, fussent-ils Sunnites, pour déstabiliser l’Irak (où 90% des kamikazes transitaient par le territoire syrien), le Yémen et l’Arabie saoudite. La République islamique d’Iran a également soutenu, armé et financé les Taliban en Afghanistan pour empêcher les Américains de stabiliser le pays. Les Gardiens de la Révolution ont également hébergé et protégé plusieurs membres de la famille Ben Laden depuis leur fuite de Tora Bora.

Ce scénario devient de plus en plus plausible à la lecture de l’évolution des relations entre Damas et Téhéran et des déclarations des présidents Ahmadinedjad et Assad, réunis à Téhéran samedi 2 octobre, ainsi que des propos du Guide de la révolution, l’Ayatollah Khamenaï. Les trois dirigeants ont confirmé le renforcement de leur alliance et insisté sur leur détermination à poursuivre la politique de « résistance ». De ce fait, ils n’entendent rien céder devant la justice. Et à défaut de bloquer le Tribunal international par des voies légales, ils pourraient chercher à terroriser l’Occident, directement (pression sur la FINUL) ou indirectement (par Al-Qaïda) pour lui arracher de nouvelles concessions, après avoir extorqué les monarchies du Golfe.

En effet, pour « acheter la paix » avec les rebelles d’Al-Houthi, actifs dans le nord du Yémen et soutenus par l’Iran, l’Arabie saoudite a cédé à la Syrie en exerçant des pressions sur ses alliés libanais (les souverainistes)et fait des concessions à Damas tant politiques qu’économiques. En contrepartie, Riyad comptait sur un soutien syrien au candidat Allawi en Irak, face à Al-Maliki, soutenu par Téhéran. Les Saoudiens espéraient également que Damas prenne ses distances avec Téhéran. Mais fidèle à ses traditions, le régime syrien a engrangé les bénéfices sans rien céder, ni au Liban, ni en Irak. Aujourd’hui, il va encore plus loin en exerçant le chantage au terrorisme sur l’Europe et plus particulièrement sur la France. Une façon bien syrienne de remercier Nicolas Sarkozy, qui avait brisé l’isolement de la Syrie et invité Assad au défilé du 14 juillet 2008. 

Khaled Asmar

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