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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 10:56
Discours plagié d'un ouvrage de Bachelard pour classes terminale, absence de méthode et vacuité des sources, en comparaison de celles, étayées, des historiens du Sionisme, art de dire la même chose et son contraire... et, finalement, des conclusions ethnoracialistes, qui ramènent le projet -qui se torpille lui-même- de Shlomo Sand, aux positions les plus ultras des plus radicaux des orthodoxes. N.Weill met à plat le prétendu travail déconstructiviste de l'icône intellectuelle des partisans d'un Etat binational, auquel Sand ne croit pas lui-même. Un ouvrage de poche, totalement creux, sans la moindre épaisseur scientifique, mais dont la visée est purement dictée par des impératifs partisans,  qui se contente de reprendre quelques mythes dont celui, romanesque, suggéré par Arthur Koestler, à propos d'un royaume khazar tout aussi évanoui  dans les sables de Sand, sans traces linguistiques ni archéologiques. L'écrivaillon improvisé "néo-historien" bon marché ne pourra jamais convaincre de nouveaux adeptes que ceux, déjà convaincus, de la secte antisioniste. Pour celle-ci, le seul intérêt de la science consiste à faire du bruit... En attendant, ce piêtre élève des Universités telaviviennes aura donné un piteux exemple de ce que sont capables de produire les auto-proclamés "nouveaux-historiens", grands amateurs de falsifications de bazar...
Gad 
Pour 
lessakele et aschkel.info

Critique

"Comment le peuple juif fut inventé. De la Bible au sionisme", de Shlomo Sand : à fiction, fiction et demie

LE MONDE DES LIVRES | 11.02.10 | 12h34  •  Mis à jour le 11.02.10 | 12h34

lemonde.fr


Par Nicolas Weill

U
n an et demi après sa première parution, voici l'essai-pamphlet de Shlomo Sand, spécialiste dans l'histoire de la Belle Epoque et du cinéma français, en format poche. Depuis lors, la polémique n'a pas faibli. Mais on se demande si cette réception tumultueuse n'est pas d'abord l'effet d'un titre provocateur. Car le contenu de l'ouvrage lui-même, entièrement de seconde main, a de quoi laisser perplexe. Y compris celui qui adhérerait aux partis pris de l'auteur.

Imprégné du jargon d'une sociologie critique apparemment très en vogue à Tel-Aviv, le livre ne fait, malgré son épaisseur, que ressasser une proposition unique : le "peuple juif", loin d'être une réalité dont on peut suivre les pérégrinations, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, n'est qu'une "invention" des historiens juifs du XIXe siècle, en particulier de l'Allemand Heinrich Graetz (1817-1891). La méthodologie de Sand, qui se réclame des penseurs contemporains de la nation comme processus de modernisation (Ernst Gellner) et comme imaginaire organisé (Benedict Anderson) se résume, sous sa plume, à du Bachelard pour classe de terminale : "Rien n'est donné, tout est construit"...


Pour Shlomo Sand, les historiens jouent un rôle décisif dans le processus de création de la nation (en l'occurrence d'une nation juive moderne), en prétendant asseoir sur des bases ethniques, voire raciales, une continuité entre les Hébreux de l'ancien Israël et les juifs d'aujourd'hui. Conséquence : au nom de cette "fiction" érudite, qui a transformé la Bible en roman national et en titre de propriété, un "viol" aurait été commis contre les seuls véritables autochtones, les Palestiniens. Conclusion : Israël doit choisir : soit demeurer une "ethnocratie" juive, soit devenir un Etat vraiment démocratique, celui de tous les Israéliens, quelle que soit leur religion.


Ce qui est problématique dans cette entreprise, c'est moins cette prise de position idéologique que la prétention de l'étayer par l'autorité de la recherche et l'administration de la preuve. Car Sand le reconnaît lui-même : les historiens sionistes ou nationalistes auxquels il s'en prend, tous formés à l'érudition allemande, ont excellé dans leur travail sur les sources. Or dans ce registre-là, c'est peu de dire que son livre à lui déçoit.


Ainsi, radicalisant des hypothèses récentes, Sand veut-t-il montrer que les "Judéens"(la population juive vivant sur le territoire d'Israël) n'ont jamais été "exilés" ni "expulsés" après la destruction de leur Temple par les troupes romaines commandées par Titus en 70 après J.-C. Et donc qu'ils n'ont aucune consanguinité avec la diaspora. A la suite de l'historien Israel Yuval, Sand voit dans ce "mythe" de l'exil une pure et simple intériorisation juive d'une conception chrétienne : l'errance comme punition pour la Crucifixion.


Soit. Mais, dès lors, d'où peuvent bien provenir les juifs d'Europe et d'Afrique du Nord ?Pour Shlomo Sand, essentiellement des conversions résultant d'un prosélytisme juif fort actif dans l'Antiquité - avant le repli imposé par le christianisme triomphant au IVesiècle. Autres réservoirs évoqués : les royaumes berbères, yéménite, etc., passés par le judaïsme à diverses époques. Là où le bât blesse, c'est qu'aucun argument convaincant n'est apporté à l'appui de cette audacieuse théorie censée révoquer en doute le grand récit "sioniste". Il faut attendre la moitié du livre pour obtenir une évaluation - des plus vagues - sur l'ampleur du mouvement de conversion supposé avoir entraîné dans l'Antiquité la formation d'une population "de centaines de milliers voire de millions de juifs sur l'aire sud-orientale du bassin méditerranéen". Pour appuyer cette assertion, pourtant essentielle à son raisonnement, Sand se rabat sur quelques piques d'écrivains romains se plaignant de l'influence juive. Il a pourtant, quelques pages plus tôt, dénoncé la tendance grecque et latine à l'exagération quand il s'agissait de reprocher à Flavius Josèphe d'avoir chiffré à plus d'un million le nombre des juifs jetés sur les routes en 70... 


Mystérieux royaume khazar


Autre exemple : Shlomo Sand reprend à son compte la fameuse thèse défendue parArthur Koestler dans La Treizième Tribu (Calmann-Lévy, 1976), selon laquelle la plus grande partie des juifs ashkénazes descendraient du mystérieux royaume khazar, converti au judaïsme aux alentours du IXe siècle. Mais en l'absence de documents et de traces laissés par ces cavaliers nomadisant entre le Caucase et la Volga, dont on ignore partiellement la langue, aucun indice n'a apporté de l'eau au moulin koestlérien. La contorsion intellectuelle qui consiste à voir dans le yiddish une langue slave par la syntaxe (donc peut-être aussi khazare), alors qu'elle est composée à 80 % de mots d'origine allemande, suggérée par Sand, est plus romanesque que convaincante.


Finalement, la méthode même de l'auteur torpille son projet. N'est-il pas obligé de s'adosser à ce qu'il entend rejeter, l'idée d'une "authenticité juive", pour réfuter celle qu'ont imaginée les historiens "sionistes" ? Pour Sand, une telle identité devrait être fluide et limitée aux valeurs religieuses. A le suivre, il pourrait y avoir des juifs laïques qui se sentent tels en tant qu'individus, mais une collectivité juive séculière, en Israël comme en diaspora, est soit impensable soit nécessairement "ethnoraciste". Sa définition crée donc de l'exclusion et, paradoxalement, rejoint les positions des orthodoxes les plus ultras... Encore un effort, a-t-on envie de lui dire, pour sortir de l'identité !


COMMENT LE PEUPLE JUIF FUT INVENTÉ. DE LA BIBLE AU SIONISME de Shlomo Sand. Traduit de l'hébreu par Sivan Cohen-Wiesenfeld et Levana Frenk. Flammarion, "Champs Essais", 606 p., 12 €.

Nicolas Weill

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commentaires

Aschkel 16/02/2010 22:26


Oui c'est bien cela J.L le texte est bien au dessus de la thèse de Sand, bien au dessus,

pourquoi parce que Sand s'est aventuré dans un domaine qu'il ne connait pas et qui demande ne serai-ce qu'un minimum de sérieux et de références.
Ici en Israel, il est considéré comme un chalot fantaisiste, et non titulaire de quelque formation historique.

Il fait même la risée des plus virulents détracteurs, par son manque de sérieux.

Alors evidemment quoi de plus simple pour améliorer lorsque l'on a pau de talent ses fins de mois que d'aller en Europe pour propager des thèses abracadabrantesques qui font la joie de ceux qui
souhaite surfer sur la vague de la délégitimation d'un peuple quatre fois millénaire qui a vu s'effondrer les plus grandes civilisations et empires.

thèse génante, vous dites, ce qui est surtout génant c'est d'avoir a faire à un peuple témoin qui a su justement préserver son identité et le savoir de ses origines.

Monsieur sérieusement !!! ne vous faites pas d'affront


Gad 16/02/2010 20:36


Qu'on vous dise que Sand ne réalise qu'un essai idéologique et non un travail historique, basé sur des sources vérifiables et des méthodes (comme l'ont fait les historiens plus classiquement
"sionistes"), et non tirées d'un roman de Koestler semble vous laisser sans arguments.
Le travail de Sand est tout sauf une thèse, car en ce cas, il ne l'obtiendrait pas, face aux critères minimaux de la communauté scientifique. C'est ce qu'établit Nicolas Weill.
La "thèse" des Khazars ne tient pas, ni celle de l'assimilation de tous les Juifs restés en terre "palestinisée"par Rome.
On estime, en effet, que la population juive répartie autour de la Méditerranée, à l'époque du second Temple, était proche de 8 millions d'âmes, vivant autour de marchés et de comptoirs maritimes
comme l'impressionnante diaspora d'Alexandrie, ou de la future Carthage (actuelle Tunisie), en "Irak" (Babylone), au Yémen (le langage yéménite contient des accents hébraïques très proches du
parler des Ashkénazes, n'ayant rien à voir avec l'Arabe, par ex.) fondant des cités jusque dans l'actuel Sahara qui ne seront détruites que par l'avancée des razzias islamiques, autour du 9è
siècle.

Ce qui tendrait à démontrer, preuves archéologiques et linguistiques à l'appui, que les Juifs du Maghreb ou d'Orient, de façon plus générale, même si certains groupes locaux, comme les berbères ont
très bien pu se convertir et les rejoindre, existaient et existent encore comme une continuité de cette vie marchande tournée vers l'extérieur, mais focalisée sur un centre spirituel et étatique en
Eretz.
Quant à la diffusion et à la préservation des Ashkénazes, elle tient au fait de l'insistance rabbinique pour l'abandon des métiers manuels, liés à la Terre, après la perte et la destruction du
Second Temple, et au renforcement de l'attrait des métiers intellectuels, abstraits, fondés sur l'étude comme centre de la vie, l'éducation des enfants dès le plus jeune âge.
Des centres de vie juive existaient sur le Rhin bien avant l'arrivée des Germains, d'où le terme, du reste. Cette diaspora du Nord et de l'Est contenait bien plus d'individus que les seuls résidus
du Royaume Khazar aurait jamais pu en fournir.
Là encore, les études génétiques trouvent des corrélations fortes entre la constitution patrimoniale moyenne des groupes Ashkénazes et les Juifs d'Irak, alors que ces groupes sont censés ne s'être
jamais croisés.

Bref, si l'on voulait refaire toute l'histoire globale des trajets des diasporas, il faudrait mobiliser les compétences inter-disciplinaires de l'archéologie, de la linguistique, de la génétique,
de la connaissance précise des évènements et des cultures,
toutes compétences dont ne dispose pas l'histrion Sand, qui retournera à la poussière.


LAUGIER Jacques 16/02/2010 18:44


Je suis réellement désolé mais en matière de vacuité je trouve ce commentaire bien au dessus du bouquin documenté de Shlomo Sand... Je comprends très bien que la thèse de Sand soit gênante, mais
j'aimerais trouver pour la contredire une vraie argumentation et non des affirmations à la limite de l'insulte...


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