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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 07:55

 

 

 

 

 

 

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Du meurtre du lieutenant-Colonel Dov Harari z 'l au dédain anti-américain d'Elias Murr,

 

ou : comment Ahmadinedjad a suborné* Assad, Abdallah et Obama en annexant le 9è bataillon libanais au Hezbollah.

 

Par Marc Brzustowski

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

      ECOUTER ICI-copie-1

(*captation, corruption)

 

 

« Le Liban, l'Irak et l'Afghanistan forment la ceinture de sécurité de l'Iran » a déclaré Mahmoud Ahmadinedjad, le lundi 9 août, en délégant son directeur de la sécurité nationale, Saeed Jalili auprès d'Hassan Nasrallah. L'annonce récente que le Tribunal international pour le Liban allait probablement inculper plusieurs hauts-gradés du renseignement du groupe chi'ite dans l'assassinat de Rafic Hariri, a résonné comme un signal, pour tous les dirigeants régionaux, que la donne pouvait changer au Moyen-Orient.

 

La rencontre à Beyrouth d'Abdallah, roi d'Arabie Saoudite, avec Bachar al-Assad, a été perçue, à juste titre, comme une tentative arabe de rallier la Syrie, en lui demandant de réduire son soutien au « Parti de Dieu » compromis. Dès le 3 août, un accrochage éclatait, à la frontière, entre Tsahal et le 9è bataillon libanais, avec l'assassinat délibéré d'un officier supérieur israélien par un sniper en embuscade. On n'a guère besoin d'être grand clerc pour lire un enchaînement entre ces deux évènements. Le terme « d'incident » est d'autant plus inapproprié, que tous les supérieurs de l'assassin, jusqu'à son Président, Michel Souleiman, ont, non seulement couvert cet acte, plutôt que de l'isoler, mais assuré qu'il obéissait aux ordres.

 

Que les choses soient bien claires : le Liban a ordonné un acte suffisamment grave à la frontière pour que s'y déclenche une guerre l'instant d'après. Le Pays du Cèdre ne doit qu'à l'intervention de Nicolas Sarkozy et d'Hilary Clinton auprès d'Ehud Barak d'avoir échappé à une opération de grande envergure, devant lui rappeler les règles d'engagement. Le 5, selon le site Debkafile, un groupe de commandos et agents du renseignement des Gardiens de la Révolution iranienne inspectait la ligne de front, de façon assez ostensible pour être vu par les observateurs israéliens, de l'autre côté de la frontière. Il aurait alors s'agit de signifier clairement que Téhéran avait pris les choses en mains. Les mêmes agents seraient toujours présents dans un des postes avancés du Hezbollah du secteur. Le bras droit du Guide Suprême, Ali Akhbar Velayati, serait, aussi, présent à Beyrouth depuis la même période.

 

Il est plus que probable que ces démonstrations ont moins pour but de tenter d'impressionner Israël que de mettre la classe dirigeante libanaise au pas, à commencer par la majorité du gouvernement, autour du fils de Rafik, Saad Hariri. D'autre part, cette mise en mouvement vise à rappeler à l'ordre Bachar al-Assad au cas où il serait tout près de se laisser charmer par les sirènes du camp arabe modéré, lui vantant les avantages substantiels de l'entente sur certains points, avec l'Occident.

 

L'armée libanaise a franchi bien d'autres seuils de provocation, en se servant de l'agression contre Israël, pour mieux défier l'influence occidentale sur le pays dont elle a la charge : évidemment, côté américain, l'acte de guerre ne pouvait rester sans conséquence, eu égard aux liens organiques qui lient la sécurité d'Israël et celle de la présence de l'Armée US en Orient et en Asie centrale. Le député démocrate, Howard Berman, président de la commission des relations extérieures du Congrès, a usé de ses prérogatives pour suspendre le programme d’aides américaines destinées aux forces libanaises, au motif que les armes fournies par Washington sont utilisées contre Israël, et que Hezbollah, classé comme terroriste par le Département d'Etat, jouit d’un grand pouvoir au sein de l’armée. L'Amérique a fourni pour 720 millions de $ d'armement au Liban, depuis la guerre de 2006. De quoi, sans doute, se sentir des ailes.

 

Le Liban, par le truchement de son Ministre de la Défense, Elias Murr, a su avoir les mots délicats et pleins de gratitude envers l'Oncle Sam, si généreux durant ces 4 ans. Par là, il a affirmé, à qui refusait encore de l'entendre, avoir choisi son camp : « Que les pays qui veulent émettre des conditions à leur donation à l'armée d'un pays qui protège ses habitants et ses frontières contre « l'ennemi israélien », qu'ils gardent leur argent et l'offrent à Israël. Nous affronterons Israël avec les moyens dont nous disposons ». Lors d’une rencontre, lundi dernier, entre le chef d’état-major de l’armée libanaise Jean Kahwaji et l’ambassadeur iranien au Liban, ce dernier a indiqué que Téhéran était « prêt à coopérer avec les forces militaires du pays ».En d'autres termes, le Liban, qui n'a aucun destin propre, est à acheter par le plus offrant.

 

Si l'on remonte le cours des 4 années écoulées, on s'aperçoit que toute illusion, née des traités de cesser-le-feu et de l'application erratique de la résolution 1701, a fait long feu, d'un coup d'un seul. Les Occidentaux, Américains et Français en tête, se sont investis, par le renforcement de la FINUL au Sud-Liban, la protection diplomatique du « camp du 14 mars » anti-syrien et la fourniture de matériaux sophistiqués aux services libanais et à leur armée, à tenter de désamorcer l'influence du Hezbollah. C'était sans compter avec le fait que les moyens fournis par les grandes puissances, loin d'éloigner le Liban de la tentation de l'alignement sur Téhéran et Damas, n'allaient que l'accentuer. Puisqu'il s'agit de « prévenir les guerres civiles » et d'offrir un semblant de souveraineté à Beyrouth, la seule solution qui s'offre à lui, du fait de chaos politique endémique qui y règne, est de focaliser contre « l'ennemi désigné ». L'armée a mûrement préparé, jusqu'à susciter la confrontation. Il n'a suffit que de l'ordre donné par le commandant du 9è bataillon, proche des dirigeants locaux de la milice pro-iranienne, pour que tous les cercles dirigeants lui emboîtent le pas.

 

Cette « iranisation » du Liban ne saurait poursuivre son cours indolent aussi ouvertement, si l'armée libanaise risquait d'affronter seule Israël, à partir de provocations aussi grossières et vite démasquées. L'absentéisme politique de l'Administration américaine et l'étalage de faiblesse mêlée de largesses, de la part d'Obama, ont précipité une autre défection de marque : celle de la Turquie. Là encore, il a fallu une « provocation délibérée », la flottille pour Gaza, pour qu'un double-jeu, resté en clair-obscur, prenne tout son sens. La nomination de Hakan Fidan, un pro-iranien notoire au renseignement extérieur, le MIT, a rendu plus transparente l'alliance stratégique entre Ankara et Téhéran. Le Corriere della Sera, quotidien italien révèle que :  la Turquie « enverra des armes sophistiquées, des roquettes et des pistolets à la Syrie. L'arsenal sera ensuite transféré au Liban », où l'armée iranienne s'assurerade l'approvisionnement au Hezbollah. Les Gardiens de la Révolution « faciliteront le transfert, assureront la sécurité, surveilleront les transports routiers et apporteront un soutien à la frontière ».

 

Comme en attestent ces indications, si jamais la visite du roi saoudien avait bien pour mission de proposer un marché à Assad, et de réfréner ses tendances naturelles de protecteur du Hezbollah, force est de constater qu'il y a belle lurette que le problème ne se pose plus en ces termes. Bien d'autres dispositions ont été prises, en coulisse, depuis un certain temps, pour organiser les guerres préventives iraniennes. La Syrie, comme le Liban, n'est jamais plus qu'un couloir de transit. Si Assad rechignait à faire office, les réseaux des Pasdaran dans la région, implantés jusqu'au centre nerveux d'Ankara, sont suffisamment développés pour veiller à « assurer » que les tâches se réalisent conformément aux instructions impulsées depuis Téhéran.

 

Empêtrés dans des justifications internationales à fournir, suite à de sombres accrochages organisés sur des flottilles, les dirigeants israéliens semblent révéler leur talon d'Achille, plutôt que d'affirmer les moyens de leur dissuasion face à ces préparatifs doublés d'actes de guerre.

 

Les Etats-Unis renforcent leurs alliés arabes par l'envoi de batteries anti-missiles Patriot au Koweit, de F-15 à l'Arabie Saoudite, ou font patrouiller l'USS-Harry Truman dans le Détroit d'Ormuz, avec 6000 marine's et hommes d'équipage à bord. A leur intention, l'Iran dédicace spécialement des sorties de sous-marins de poche de type Ghadir ou d'embarcations rapides de type Bladerunner, dotées de torpilles russes Shkval, d'une propulsion de 360 noeuds, les plus rapides actuellement en service.

Et, pour marquer les esprits, le Général Hossein Kan'ani Moghadam a fait creuser des fosses communes à perte de vue dans le sud-ouest iranien, pas loin de la zone où pourraient débarquer les Marine's, si la nécessité s'en faisait sentir. Pour ne pas être en reste, la Russie a dépêché des S-300, non pas à l'Iran qu'elle se refuse à fournir, mais en Abkhazie. Comme pour rassurer Téhéran, en cas de départ d'une escadrille américaine ou israélienne, depuis les bases bulgares et roumaines. Là même où 6 pilotes israéliens et leur accompagnateur roumain ont trouvé la mort, alors que leur Yasour CH-53 s'entraînait à des percées longue distance, dans des sites escarpés, similaires à ceux où se sont enterrés les tunnels du programme nucléaire de Téhéran.

 

Dans ce contexte, James Jones, le conseiller américain à la Sécurité Nationale a « estimé qu'il n'était pas nécessaire de lancer une offensive contre l'Iran ». Est-il, pourtant, nécessaire d'attendre que Téhéran ait fini de boucler sa « ceinture de sécurité  : au Liban, en Irak et en Afghanistan »?

 

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