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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 17:14

Mardi, 26 janvier 2010

Après plusieurs années de négociations qui ont permis à Téhéran de gagner du temps, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont lancé un ultimatum qui expire à la fin du mois. L’Iran pourrait se voir imposer des sanctions renforcées. Mais....  


L’attentat mortel perpétré contre un scientifique iranien Massoud Ali Mohammadi, le 12 janvier dernier, est survenu dans le contexte tendu des répressions de manifestants antigouvernementaux puis des négociations entre Téhéran, les Six et l’Agence internationale de l’énergie atomique autour du nucléaire iranien. Rappelons que Mohammadi enseignait à l’université de Téhéran, point de ralliement des jeunes dénonçant la réélection frauduleuse du président Ahmadinejad en juin dernier et son nom figurait sur la liste des 240 universitaires soutenant le leader de l’opposition, Mir Hossein Moussavi. L’attribution de l’attentat à l’opposition « liée à Israël et aux Etats-Unis » est selon Téhéran d’autant plus absurde que le scientifique n’était pas un pilier du programme nucléaire militaire iranien. Mais pour Téhéran, qui refuse d’y renoncer, l’attribution de l’attentat à l’opposition permet de présenter cette dernière comme complice des Occidentaux « complotant contre l’Iran ». 

Introuvables sanctions 
Après plusieurs années de négociations qui ont permis à Téhéran (et à la Corée du Nord avant lui) de gagner du temps, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne (« groupe des volontaires ») ont lancé fin décembre un ultimatum (expirant fin janvier) menaçant l’Iran de sanctions renforcées en cas de refus du plan prévoyant la livraison du stock d’uranium iranien en échange de l’enrichissement à 20 % à des fins civiles par la France via la Russie. 

En guise de réponse, Ahmadinejad a lancé un ultimatum à l’Occident, sommé de « rectifier son approche », avertissant que l’Iran enrichirait l’uranium sur son sol. A la suite de cela, le président américain, Barack Obama, et le président français, Nicolas Sarkozy, ont menacé Téhéran de nouvelles sanctions indépendamment de la future décision des Six, paralysée par la division entre, d’une part, la ligne russo-chinoise favorable au dialogue et réticente aux sanctions et, de l’autre, la ligne des « volontaires » (France, Etats-Unis, Angleterre, Allemagne) favorable aux sanctions renforcées. 

Embargo sur l’essence 
Ceux-ci se sont d’ailleurs réunis avant la rencontre officielle des Six à New York samedi, peu après que la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a envisagé des sanctions contre l’élite dirigeante iranienne. Les sanctions concernent les secteurs nucléaire et balistique iraniens et elles pourraient s’élargir au secteur bancaire, aux transports, aux visas et à un embargo sur l’essence. 

La récente loi américaine sanctionnant les entreprises investissant dans le secteur énergétique iranien va dans le même sens, mais implique une action en dehors des Nations unies, dont les dernières sanctions votées contre Téhéran remontent à mars 2008. En fait, tout nouveau vote de sanctions par l’ONU est rendu difficile par la Chine, qui veut préserver son allié et fournisseur de pétrole iranien, vital pour sa croissance. Certes, lors de la rencontre des Six, samedi dernier, des nouvelles sanctions ont bien été évoquées. Et la France entend faire accepter leur renforcement en février, lorsqu’elle présidera le Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui favoriserait aussi une décision des 27 lors d’un Conseil européen de mars. 

Parallèlement, Moscou, qui se rapproche de l’Occident, n’exclut plus les sanctions renforcées, tout en défendant la doctrine officielle des Six, jusqu’à présent fondée sur le « deux voies », c’est-à-dire l’alliance de menaces de sanctions et du dialogue avec Téhéran. Mais la Chine fait tout pour retarder la réunion des directeurs politiques des Six, prévue fin janvier. Soutenue par la majorité des pays du tiers-monde – groupe des non-alignés et Organisation de la conférence islamique (OCI) –, elle s’oppose aux sanctions et n’appliquerait pas un embargo sur l’essence pour ne pas compromettre son alliance vitale avec Téhéran. 
Frappes militaires 

D’ailleurs, le fait que Pékin ait envoyé un diplomate de second rang à New York (Kang Yong) samedi, alors que les autres pays y ont mandaté des diplomates de haut rang, est riche d’enseignements. Ainsi, en absence de frappes militaires – certes non exclues par les Etats-Unis et Israël si l’Iran acquiert l’arme atomique –, tout semble confirmer l’inévitable accès de l’Iran à cette arme stratégique dans moins de deux ans. Ce qui annonce une prolifération nucléaire dans toute la région, à commencer par les pays inquiets des agissements iraniens chiites (Arabie saoudite, Egypte), mais aussi ses complices comme la Turquie ou la Syrie…
Alexandre del Valle est géopolitologue, auteur de nombreux articles et ouvrages dont "Le Totalitarisme Islamiste" et "Le Dilemme Turc" parus aux éditions des Syrtes.

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