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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 22:50




Une tradition bien établie exige que toute personnalité officielle étrangère débute sa visite en Israël par un moment de recueillement au Mémorial de la Shoah de « Yad Vashem ». Dernier exemple en date, le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, visiblement très ému.
Nul ne nie l’importance capitale de ce moment fort pour aider à la compréhension de ce qui se joue dans cette partie du monde, et il est clair que chaque hôte étranger verra son séjour en Israël d’une autre façon une fois s’être arrêté devant les images de l’indicible ou avoir parcouru le Mémorial des Enfants.
Mais en Israël, de plus en plus de personnes se demandent s’il ne faudrait pas aborder une nouvelle réflexion sur ce thème, non pas dans le but d’annuler la visite à Yad Vashem, mais pour la mettre en perspective avec d’autres éléments forts de l’Histoire juive, notamment en Erets Israël, et l’insérer dans un cadre didactique plus judicieux et authentique. Selon ces personnes, la visite à Yad Vashem serait devenue une sorte de « carte de visite de l’Etat d’Israël », une justification unique et exclusive du droit d’Israël à exister.
En voulant bien faire et évoquer avec les hôtes étrangers le souvenir ineffable des 6 millions de Juifs exterminés par la barbarie nazie, l’éthos israélien a imprimé dans l’esprit des dirigeants de ce monde que l’Etat d’Israël ne doit sa création et son droit d’exister qu’à cette catastrophe vécue par le peuple juif il y a sept décennies. Une sorte de compensation à la souffrance juive. Cette vision des choses n’est pas seulement nocive pour la perception d’Israël à l’étranger. Elle fausse également le sentiment national en Israël même, en faisant croire qu’il a fallu la Shoah et l’engloutissement de tout un monde juif pour que naisse cet Etat.
Les arguments en boomerang sont alors très faciles et destructeurs : le monde arabe, et surtout les Arabes palestiniens, s’indignent du fait de devoir « payer pour les fautes et les méfaits commis sur le sol européen », et la communauté internationale, dédouanée de sa responsabilité, peut allégrement exiger d’Israël d’être « payée en retour pour la faveur accordée au peuple juif en 1948 », par le biais de concessions en direction de ces « nouvelles victimes par ricochet de la Shoah » que seraient les Palestiniens. Sans parler des odieuses comparaisons entre l’attitude de Tsahal et les crimes nazis. La formule récurrente « Sécurité pour Israël, justice pour les Palestiniens » découle directement de ce schéma de pensée : les Palestiniens ont des droits, et les Juifs doivent être « protégés » car ils ont trop souffert. Ce qui n’implique pas la même chose pour les deux populations.
La Shoah et la création de l’Etat d’Israël sont ainsi devenues un binôme pratiquement inséparable. Le Président Obama en a fait clairement allusion dans son discours au Caire en direction du monde musulman, et le Premier ministre israélien, Binyamin Netanyahou a évoqué ce lien lors de son « discours de Bar Ilan » ou plus récemment à Auschwitz. Que ce soit lors des différentes manifestations annuelles en Pologne, dans les cérémonies officielles de Yom Hashoah dans les communautés du monde, et dans les programmes scolaires des écoles juives, ce lien est rappelé de manière permanente, non sans une certaine justification d’ailleurs, du fait de la proximité chronologique de ces deux événements phares du 20e siècle.
Mais il y a l’envers de la médaille soulevé aujourd’hui par des chercheurs, historiens, enseignants, hommes politiques ou rabbins : à une époque où le Sionisme est tant honni, il serait bon de rappeler de manière forte que le mouvement national juif est né bien avant la Shoah, et qu’il se base non pas sur la martyrologie juive mais sur le Droit historique et biblique du Peuple juif sur sa terre. La Shoah a certes donné un coup de pouce au Mouvement national juif, en poussant la communauté internationale à soutenir plus aisément la création de l’Etat, mais elle ne l’a pas généré. Même Herzl, qui s’est lancé dans le sionisme politique après avoir entendu les cris de « Mort aux Juifs » lors de la dégradation d’Alfred Dreyfus, ne fut pas le créateur de l’aspiration à Sion. Celle-ci remonte à 20 siècles, depuis que les légions de Titus incendièrent le Temple et déportèrent la population dans l’Empire romain. « L’an prochain à Jérusalem » n’a pas été introduit dans nos prières en 1945.
Certains évoquent alors aujourd’hui l’idée de faire débuter le séjour des personnalités étrangères en Israël non pas par la visite de « Yad Vashem », mais par des lieux qui expliquent le lien ancien et indestructible entre le Peuple juif et sa terre. On pourrait imaginer la visite du Caveau des Patriarches à Hevron, celle de la Ville de David, des Tunnels du Kotel, et des différents vestiges du Temple de Jérusalem.
Cela afin de modifier une fois pour toutes le message transmis au monde entier à travers ses dirigeants qui foulent le pays : Israël n’est pas un Etat-refuge, ni une compensation à la souffrance juive. Il est la continuité d’une histoire ancienne et réalise les retrouvailles d’un peuple dispersé avec ses racines et son Histoire.

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