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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 21:08

Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier

Par MYRIEM ALNET 
27.01.10

On ne peut nier le fait que la guerre et les conquêtes militaires ont lourdement fait souffrir les populations civiles. Réactions morales et affectives ont été altérées, la population française, préoccupée par ses propres problèmes, n'a pas toujours fait preuve de compassion envers les Juifs promis aux déportations nazies.

Jean Deffaugt, un Juste parmi les nations français, plante un arbre dans l’Allée des Justes à Yad Vashem, le 24 février 1968. 
PHOTO: YAD VASHEM , JPOST

Pour beaucoup, l'attitude générale variait de l'indifférence à l'hostilité. Nombreux furent ceux qui regardèrent leurs voisins se faire encercler puis tuer, certains collaborèrent, d'autres récupérèrent les propriétés. Dans ce sombre paysage, de belles exceptions se sont pourtant - et heureusement ! - démarquées. Des résistants politiques ou hommes d'Eglise s'engageront dans des missions de sauvetage. Pour n'en citer que quelques-uns : le réseau Zagota qui verra ainsi le jour en Pologne. Ou l'opération d'envergure menée au Danemark : aider les Juifs à s'enfuir vers la Suède pour ne pas les livrer aux forces allemandes.

Lorsque la question est posée aux générations qui n'ont pas connu la guerre, la réponse est souvent : "bien sûr, j'aurais aidé !" Les anciens se défendront - et ils n'ont pas tort, si on recontextualise les faits : la situation pour les simples citoyens n'était pas facile, loin de là. Temps bien sombres, restrictions alimentaires drastiques, libertés de mouvement limitées, climat permanent d'inquiétude, on ne pouvait plus faire confiance à personne. La moindre querelle de voisinage était une raison suffisante pour dénoncer l'autre à la police et l'accuser d'un quelconque méfait... Alors aider, en plus de cela, les Juifs, fallait-il être fou ! Cette guerre d'invasion a miné les faibles esprits révoltés, tout espoir, tout patriotisme s'est envolé pour la majorité, les hommes sont devenus individualistes et aigris.

Cependant, certains réussissent à éclairer l'obscurité. Ils étaient Mme X. et M. Y., des gens ordinaires, menant la même vie ardue que le reste de la population. Pourtant, par conviction politique, idéologique, religieuse ou simplement humaine, ils ont tendu la main, tantôt faible et tremblante, tantôt forte d'assurance. Dans la majorité des cas, la décision fut prise sur le coup : quelqu'un frappe à la porte, demande de l'aide, que faire ? Le refouler (et l'envoyer à la mort) ? L'aider mais prendre alors autant de risques que celui qu'on sauve ? Ils n'avaient jamais prévu de jouer ce rôle, ils n'avaient jamais été préparés à une telle situation. Mais ils ont décidé d'agir, et, par conséquent, sacrifier la "normalité" quotidienne pour passer dans la clandestinité.

L'aide providentielle...mais tardive...

L'aide variait. Certains nourrissaient simplement : une pomme volée, cachée dans la poche, était apportée le matin, sur le chemin du travail, aux Juifs cachés. D'autres indiquaient les personnes à qui s'adresser, quelques-unes offraient le gîte pour une nuit avec la consigne de repartir le matin suivant.

Plus rares étaient ceux qui ont assumé l'entière responsabilité de la survie des Juifs. Ceux-ci les cachaient dans leurs maisons ou propriétés, fournissaient de faux papiers ou fausses identités, organisaient et aidaient à l'exil vers des zones non concernées par la déportation (en Suisse où vers quelques régions d'Italie par exemple), prenaient sous tutelle les enfants, confiés à ces gens de confiance par des parents rongés d'inquiétude. Vivant dans une angoisse permanente, ils ont pris le risque d'éveiller les suspicions chez les occupants et leurs voisins, d'être épiés sans relâche, eux et leur famille.
Souvent simples campagnards ou diplomates, hommes d'Eglise ou fonctionnaires, ils se sont engagés dans le sauvetage des Juifs, tout en prenant leurs propres risques.

L'archevêque de Toulouse, Mgr Saliège, fit lire dans ses paroisses, par un calme dimanche d'août 1942, une lettre pastorale qui n'était autre qu'un véritable cri de révolte au nom de la morale chrétienne pour s'insurger contre les violations des droits des Juifs, "nos frères". Ce document contribua entre autres, par sa diffusion massive en France, à informer et alerter l'opinion. Citons aussi pour exemple, le sauveur de Juifs le plus connu, Oscar Schindler, qui sauva 1 200 Juifs pour "l'effort de guerre", déclarant cette main-d'œuvre indispensable au fonctionnement de son usine de Brinnitz et les arrachant aux chambres à gaz.

Quant aux risques encourus, ils dépendaient de l'aide apportée et des pays : en Europe de l'Est, les sauveurs démasqués étaient tués, suivis de leur famille. En Europe de l'Ouest, les lois étaient moins dures - même si certains se sont retrouvés avec ceux qu'ils hébergeaient dans les camps ou exécutés.

Ces individus, ordinaires à la base, sont honorés du titre de "Justes parmi les nations" et gratifiés par les Juifs sauvés et leurs familles à travers les générations.

Suis-je le gardien de mon frère ?

La question s'est toujours posée de savoir qui étaient ces sauveurs ? Etres exceptionnels ayant consacré leurs vies à l'accomplissement de tâches essentielles ? Croyants dont la personnalité a fortement été forgée par la foi ? Ou simples opposants à la déshumanisation orchestrée par les nazis ? Quoi qu'il en soit, c'est grâce à eux qu'a été conservé, de justesse, le germe de la dignité humaine.

Ce sont ces hommes et femmes qu'Israël et les Juifs du monde entier ont voulu remercier, par la voie de Yad Vashem. Car leur geste est un signe d'espoir et une leçon exemplaire pour l'avenir.
Le concept de Justes parmi les Nations est emprunté à la littérature talmudique (traité Baba Batra, 15 b). Il désigne toute personne non juive ayant manifesté une relation positive et amicale envers les Juifs. Ce titre est décerné sur la foi de témoignages des personnes sauvées ou de témoins oculaires et de documents fiables. En 1953, la Knesset adopte une loi sur la mémoire de la Shoah et la Résistance. La décision est prise d'édifier sur la Colline du Souvenir à Jérusalem, le Mémorial Yad Vashem. Une commission de 35 membres (juristes, historiens, et autres, souvent rescapés de la Shoah) est constituée pour la nomination des Justes parmi les Nations en 1962. Le titre sera décerné en fonction de la jurisprudence des cas passés.

Le nouvel honoré se voit remettre une médaille avec, inscrite, la maxime du Talmud : "Quiconque sauve une vie, sauve l'univers tout entier" et un diplôme d'honneur. Son nom est ensuite gravé sur le mur d'honneur du Mémorial (depuis que l'allée des Justes est remplie d'arbres plantés par les concernés). En 2007, 22 000 personnes, issues de 44 pays, ont été honorées de ce titre.
Outre cette cérémonie, la direction de Yad Vashem a jugé obligatoire la publication d'une encyclopédie complète présentant l'histoire de chaque Juste. Un volume distinct est dédié à chacun des pays. Porteuses d'un message universel, ces histoires sont celles d'individus qui se sont entièrement dédiés à leur prochain.

Jean Deffaugt, un Juste parmi les nations français, plante un arbre dans l’Allée des Justes à Yad Vashem, le 24 février 1968. 
PHOTO: YAD VASHEM , JPOST

"Des héros silencieux" car des Justes inconnus, anonymes, il y a en a plusieurs milliers, ne serait-ce qu'en France. Leurs rôles multiples, comme on l'a dit précédemment, floue leur trace. Les retrouver est une longue et laborieuse tâche que les rescapés de la Shoah se sont pourtant évertués et s'évertuent toujours à accomplir. Souvent, en vain. Et, mêlée à cette première barrière : l'impossibilité de les localiser (les rescapés se sont dispersés à travers le monde après la guerre) ou le fait que certains sauveurs aient décidé de garder l'anonymat. Car nombreux sont ceux qui considèrent ne pas mériter une telle gratification. Ceux qui représentent l'humanité d'un homme et l'essence de sa liberté à choisir le bien en face du mal se caractérisent aussi par leur grande modestie.

A l'exemple du Hongrois Imre Bathory qui expliquait que "lorsque je me tiendrai devant Dieu au Jour du Jugement dernier, on ne me posera pas la question faite à Caïn 'où étais-tu lorsque le sang de ton frère appelait à Dieu ?'." Lorsqu'il rencontre Martin Wiesel, qu'il hébergera ensuite avec quatre autres Juifs, il lui dit simplement "je crois que tu as besoin d'aide". Souvent revient aussi ce : "Ce que j'ai fait allait de soi. N'importe qui à ma place aurait fait la même chose." Si seulement c'était vrai... C'est pourquoi il est nécessaire de mettre en avant des histoires exemplaires, notamment au moment où la génération des témoins directs est en train de s'éteindre. Et ce, dans un moment où l'antisémitisme et le négationnisme semblent être revenus à l'ordre du jour...
N'oublions pas les Justes, ni nos valeurs humanistes, défendons-les jusqu'au bout - car autrement, de quoi s'agit-il ? - et veillons à répondre toujours, de tous temps, de façon exemplaire à la question biblique : "Suis-je le gardien de mon frère ?"

Les petites actions de la grande Histoire

Par HELENE JAFFIOL 
27.01.10

"Cette histoire ne me laissait pas en paix." Victor Gecel se souvient parfaitement de cette nuit de juillet 1944 : le saut dans l'obscurité, la marche dans les bois le ventre vide jusqu'à l'arrivée dans une ferme isolée. Il ne sait pas où il est. Il a marché deux heures un peu au hasard vers le sud. Seule compte la destination : la maison familiale de Roanne (près de Lyon).

Victor Gecel se recueille devant la tombe de sa bienfaitrice, Germaine Maillot. 
PHOTO: VICTOR GECEL , JPOST

Mais là, il n'en peut plus. Durant des jours, il a vécu entassé avec d'autres malheureux dans un wagon à bestiaux après avoir été forcé à monter à coups de crosse dans un convoi en Avignon. Direction Drancy, l'antichambre des camps de la mort.

Sa fuite, il l'avait mûrie depuis plusieurs jours. Le wagon est vétuste et grimper jusqu'au toit n'est pas une entreprise impossible pour ce jeune homme vif de 19 ans. Plusieurs autres hommes avaient déjà tenté leur chance. Certains sans succès. Si tu réfléchis trop, tu es perdu", se souvient Victor Gecel aujourd'hui âgé de 84 ans. "Alors j'ai sauté."

Une fois dehors, commence une marche de la survie à l'aveugle. Mais le sort est de son côté. Il trouve sur son chemin une ferme dans laquelle habite une femme seule. A la vue du fugitif, elle fait un signe de croix ponctué d'un "doux Jésus" effrayé. Le jeune homme s'explique : il n'est pas un voleur, il a juste fui le STO (Service de travail obligatoire).
La femme reprend ses esprits : "Vous avez plus de chance que mon mari. Il est prisonnier en Allemagne depuis 1940." Victor ne se souvient pas des traits de son visage : "Je n'avais d'yeux que pour la table de la cuisine. J'étais affamé." Il mange et aucun des deux n'échange un mot. Victor reste sur ses gardes. Et préfère dormir dehors à la belle étoile plutôt que de loger dans la chambre d'ami. Le lendemain matin, pourtant, il revient, et la femme le nourrit à nouveau. Personne n'est venu le chercher, elle ne l'a pas dénoncé. Alors le jeune homme se livre : il ne fuit pas le STO, il est juif et pourchassé. Il veut rejoindre Roanne et rentrer chez lui. La femme ne se démonte pas : "Je suis d'autant plus contente de vous avoir aidé". Elle se lève, va chercher des provisions et quelques sous pour qu'il prenne le train à la gare la plus proche, celle d'Arfeuilles (Bourbonnais, Auvergne).

Victor est désarmé par cette gentillesse désintéressée mais son périple n'est pas terminé, il doit filer. Il ne lui demande ni son nom, ni celui du hameau où se trouve la ferme. "Je l'ai toujours regretté. Après la guerre, j'ai tenté de refaire le chemin plusieurs fois mais je n'ai jamais retrouvé l'endroit." Comme si la ferme n'avait jamais existé.

Convocation fatale au STO

Ce souvenir, à lui seul, est presque aussi vivace que tous les autres. Son enfance à Lodz, ville polonaise reine du textile, ses premières confrontations à l'antisémitisme face à ces enfants qui tirent sur les barbes, puis son arrivée en France, à Roanne à 60 km de Vichy, à l'âge de 10 ans dans les années 1930 avec ses six frères et sœurs. Le jeune garçon ne parle pas un mot de français, baragouine le polonais et ne s'exprime qu'en yiddish.

Pourtant, il s'acclimate à la vitesse grand V et saute des classes. Il parvient au certificat d'études en trois ans au lieu des six années réglementaires. A 15 ans, Victor est marqué par l'image de la débâcle de l'armée française : "Un jour de 1940, mes parents nous ont consignés dans les chambres car les Allemands se trouvaient aux portes de Roanne. Mais moi, je voulais voir. J'ai couru vers le pont. Là j'ai aperçu deux soldats français abandonner leurs mitraillettes et prendre leurs jambes à leur cou." Puis s'en suivent les années d'occupation dans la "France de Vichy". Victor rejoint les troupes des Eclaireurs israélites de France, se fabrique lui-même de faux papiers et apprend le métier d'ébéniste dans le camp des EIF à Moissac. C'est l'appel au STO au printemps 1944 qui lui est fatal. Comme d'autres jeunes hommes de Roanne, il est convoqué à une visite médicale. Se pose alors un dilemme : donner sa vraie ou sa fausse carte d'identité ? "J'avais les deux dans ma poche. J'ai eu peur de me pendre une balle dans la tête sur le champ si je me hasardais à montrer la fausse et qu'ils le découvrent. C'était la roulette russe. J'ai donné mes vrais papiers."

Juif, naturalisé français et originaire de Pologne, la réaction est immédiate, Victor est amené dans une pièce à côté. Il réussit à s'échapper mais est rattrapé alors qu'il franchit la porte de chez lui. Fait prisonnier, Victor erre de longs mois entre la Kommandantur de Roanne, la Gestapo de Lyon et la prison des Baumettes à Marseille. Toujours le même traitement face à son mutisme : des coups de crosse sur le visage, dans l'aine et dans les jambes. "J'étais leur ballon de football." Le jeune homme de 19 ans perdra l'usage de son œil gauche. Victor reste très pudique sur cet épisode. Une blessure de guerre minime par rapport aux souffrances de beaucoup d'autres. A la veille du débarquement, il préfère encore encaisser les coups plutôt que de monter dans des trains dont la destination est inconnue. Pourtant, le trajet qui devait le mener à Drancy a été celui de la liberté retrouvée.

A la recherche de l'inconnue de la ferme

Après la nuit passée dans la ferme, Victor rejoint Roanne mais la pression de la Gestapo devient de plus en plus forte. Alors, il prend la direction des Pyrénées et de l'Espagne. Et survit aux derniers jours de la guerre, comme ses six frères et sœurs cachés dans des orphelinats et ses parents, Israël et Glika, qui habitent à 150 mètres de la Kommandantur de Roanne. Installé en Israël depuis 1970, Victor Gecel vit aujourd'hui dans un appartement coquet de Ramat Aviv avec sa femme Mila, Polonaise elle aussi, et miraculée de cette époque sombre.

Plus de 65 ans après, l'homme aux multiples vies reste hanté par l'épisode de la ferme. Les allers-retours sur les traces de cette fameuse nuit n'ont jamais rien donné. Alors, il entreprend de publier un appel à témoin dans la presse. Les grands journaux déclinent mais le quotidien local La Montagne prend l'affaire en main et sort un numéro spécial dans le département en question, l'Allier, le 30 août 2008. Le jour même, Anne-Marie Marchandeau décroche son téléphone. Elle reconnaît les traits de sa tante, Germaine Mallot, "seule femme de la région à avoir eu un mari prisonnier en 1944" et les lieux de la ferme inconnue dans le lieu-dit de "La Vernière", près de la petite bourgade de Saint-Christophe.

Hospitalité désintéressée ou entreprise risquée ?


C'est par regroupement que sa nièce a mis en lumière l'action de son aïeule. Néanmoins, Anne-Marie Marchandeau révèle une information qui pourrait faire pencher la balance en faveur de la requête de Victor : les parents de Germaine Mallot ont été fusillés pour avoir hébergé un jeune homme fuyant le STO. Et ce, peu de temps avant l'arrivée du fugitif de 19 ans. Dans ce cas, la dame savait exactement les risques qu'elle encourrait en hébergeant Victor Gecel.Tous les événements du puzzle sont réunis. Victor Gecel a aujourd'hui un autre objectif : donner à sa bienfaitrice, décédée en 1988, le titre posthume de "Juste parmi les nations". Mais l'entreprise auprès du mémorial de Yad Vashem s'annonce difficile. Le titre répond, en effet, à des critères précis : le bienfaiteur non juif doit s'être mis consciemment en danger durant un laps de temps conséquent. Par ailleurs, il faut dans la mesure du possible corroborer les faits avec plusieurs preuves et témoignages. Germaine Mallot a porté secours à Victor Gecel durant une seule nuit. La ferme était isolée et il faisait nuit noire. Les patrouilles allemandes ou les milices ne risquaient donc pas, sauf malchance, de repérer le fugitif dans la ferme. Par ailleurs, Germaine ne savait pas au début que Victor était juif, et elle n'a jamais évoqué cet épisode devant son entourage.

Le petit Polonais de Lodz entend bien mener ce nouveau combat jusqu'au bout. Quelle qu'en soit l'issue, la générosité désintéressée de cette femme reste exemplaire en ces temps où l'"on vendait pères et mères".

 

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