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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 06:22

 

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Raison Garder : les Juifs (de/en) France ?

Josiane Sberro

© Primo, 09-10-2010


Le déferlement d’adhésions spontanées au message de Raison Garder exige d’être pris au sérieux et d’y donner réponse.

Mais quelles réponses et à quel titre ? 

Raison Garder est une réponse cinglante à J Call ou, «appel à la raison ».


Mais qui donc avait perdu la raison ?

Cet appel péremptoire jeté à la cantonade à grand renfort de soutiens publicitaires est une mise en cause généralisée de l’intégrité morale du public concerné par la guerre israélo- arabe.

Il se double d’un appel aux grandes puissances à faire pression unilatéralement sur Israël, dans la résolution du conflit.

Raison Garder n’est pas une institution supplémentaire et encore moins une association. 

C’est une plate forme de réflexion qui met en évidence le profond désaccord d’un large public, juif ou pas, face aux solutions proposées par J’ Call au conflit du Proche Orient, et à la lutte contre les relents naissants d’antisémitisme.

Adhésion massive de 11 300 signatures parmi lesquelles celles nombreuses, de citoyens israéliens en prise directe du problème et d’amis non juifs de toutes origines.

Pour ce qui est des signataires de la diaspora juive française, ces adhésions sont autant le reflet d’un désaccord sur le fond, que l’expression d’un malaise, d’un mal-être identitaire des juifs de France. 

Avant de réfléchir aux solutions possibles et efficaces, il faut tenter de faire un état des lieux : Comment en est-on arrivé là ?

Comment en est-on arrivé à ce niveau de délitement de dispersion, de confusion des rôles pour un groupe humain diversifié et parfaitement intégré au tissu national jusque-là ?


Où en est ce que l’on a coutume d’appeler la « communauté juive » ?

Depuis des siècles, on a fait payer à l’homme juif sa fidélité à une foi, à une loi. Fidélité désignée désormais dans le vocabulaire actuel du terme ambigu et sectaire «d’allégeance»

Allégeance à une Nation, à une terre.

L’horreur de la Shoah a pour un temps, interdit les manifestations de haine antisémite. La création de l’Etat d’Israël y a ajouté un semblant de respectabilité.
Israël pays de pionniers et de Kibboutzim, pays de Gauche et modèle de l’Internationale Socialiste qui y a même tenu l’un de ses Congrès. 


En France :

En 1974
 Giscard d’Estaing décrète le rapprochement des familles. Rapprochement massif et généreux dans une impréparation totale.

C’est aussi Khomeiny à Neauphles. Le travail de sape souterrain est entrepris sous l’œil indifférent de Français sereins et peu concernés. Le visage et le mental de la France en seront peu à peu définitivement transformés.


Mais juifs et arabes vivent encore harmonieusement dans les tours de Sarcelles.


En 1982 l’invasion du Liban et le massacre de Sabra et Chatila, faussement attribué à Tsahal comme les enquêtes l’ont prouvé depuis, mettent fin à cet état de respect et d’amitié.

La parole post shoatique est libérée. 

La toute première violation émane du SNI, syndicat des enseignants tendance communiste U.A. 

Les tracts et feuillets syndicaux sont systématiquement barrés d’un énorme « Plus jamais ça ! », cri de douleur symbolique des survivants de cette même Shoa. C’est la première déviation volontaire de langage.

En Val d’Oise, démission collective de nombreux responsables syndicaux chefs d’établissements ; juifs rapatriés pour nombre d’entre eux. Le désengagement de la vie publique est entamé pour les citoyens juifs, à leur insu. 

A la même période, les Universités Russes déversent les escouades de l’élite palestinienne formées à l’aune des Universités trotskystes. 

Ces derniers se répandent avec une redoutable habileté professionnelle dans l’espace médiatique et deviennent le fer de lance de l’idéologie et des méthodes marxistes (assener des contre-vérités sans relâche, créer un vocabulaire de substitution). 

Une série d’attentats en Europe vient brouiller les pistes et crée des unions sacrées gauchisantes.


En Israel, naissance du mouvement des « Nouveaux historiens » 


Ces derniers fourbissent les arguments pour délégitimer Israel. Benny Morris s’est rétracté depuis. Mais Pappe, quasi inconnu en Israël, reste un repère, surtout en Europe, malgré les preuves de ses sources totalement erronées. Pappe, ébauche du « Post sionisme » et naissance des Alterjuifs (cf. Controverses n°4)

Partout en Occident, décolonisation et écroulement des idéologies mènent la jeunesse en quête d’idéal, vers un concept innovant .La nouvelle gauche en effet ne se réfère plus au modèle soviétique mais aux victimes de l’histoire, ce que les juifs israéliens ne sont plus. 

Les Droits de l’Homme prennent le pas sur toutes les idéologies, sans reconnaître pour autant le véritable Droit à la différence.

Les victimes sont toutes trouvées :

- Sur le territoire national : l’étranger décolonisé et ghettoïsé dans sa banlieue.
- Au Proche Orient la victime devenue bourreau : Israël pays colonisateur de ce même arabe que désormais l’on veut protéger à tout prix. 

Le but : se refaire une virginité pour l’ancien pays colonisateur qu’est la France. 

Le tableau est brossé ; les conditions sont établies, pour la mise à l’écart de la communauté juive ira crescendo dès après l’échec d’Oslo.

Arafat refuse toutes les conditions de paix qui lui sont faites. Clinton l’affirme dans une lettre restée fameuse. Mais c’est la visite de Sharon au Mont du Temple qui, dit-on, allume l’incendie.

Des milliers de morts « innocents » dirait Raymond Barre; des Kamikazes mêlés aux cartables d’écoliers dans les bus d’Israël. Rien n’y Fait : SHARON !SHARON !


Nous sommes en 2000.

Année "bénie" de la dite mort en direct d’une icône du monde libre de Gauche : Al Dur’ ha.

Pour maître Szpiner, avocat du Président Chirac, Philippe Karsenty est le « Croisement de Faurisson et de Thierry Meyssan ». Propos infâmant tenu à la barre par un maître du barreau.

En France, les enfants juifs quittent peu à peu les cours de l’Éducation dite Nationale pour se réfugier dans des établissements privés et protecteurs.

Daniel Vaillant, Ministre de l’intérieur, ne voit nulle trace d’antisémitisme dans ces amoncellements d’actes de violence.

Les jeunes de banlieue, grâce aux bienfaits de certaines œuvres caritatives et religieuses, se voient offrir des vacances à Gaza d’où ils reviennent le cerveau embrigadé et une pierre à la main. 

Je l’ai vu, de mes yeux vu, dans mon établissement.

Ce nouvel antisémitisme est d’autant plus cruel qu’il atteint des enfants juifs de rescapés de la Shoah ou d’immigrés de terres arabes. 

Enfants de parents juifs qui n’ont pas choisi Israël après l’exode juif des pays arabes, mais la France pour accueil définitif.

Enfants donc qui sont nés français et n’ont qu’un vécu de jeunes français. Ils ne sont pas préparés à la haine et ne savent pas y faire face. La République laïque est censée protéger les siens

A l’Université Jussieu, le Président Beréziat offre une plateforme permanente à Mme Leila Shahid. Nos jeunes étudiants découvrent la période plaies et bosses des amphis.

Pite tient bon la Sorbonne, mais à son départ, le nouveau Président y autorise l’accueil du Hezbollah.

Ilan Halimi est assassiné. Maître Szpiner, toujours défenseur de la virginité républicaine, est mis à la disposition de la famille. Plaidera-t-on l’acte antisémite ? Les tergiversations donnent au procès une tournure totalement faussée.

Sur le plan collectif, les juifs n’ont jamais vécu en France comme un groupe monolithique. 

En tant que citoyens, ils se retrouvent soudain harcelés par des actes plus que malveillants, des agresseurs plus que fanatisés à cause de l’importation sur le territoire du conflit du Proche Orient. 


Le concept de « tensions communautaires » est né.


Afin d’éviter de dénoncer tout haut l’antisémitisme maghrébin, musulman ou ethnique comme l’on voudra, la République enferme ses juifs dans un cercle hermétique. 

Non-sens absolu : tous les juifs de France sont globalisés sous l’étiquette de « Communauté juive de France ».

Les juifs se retranchent dans leurs synagogues, caméras de surveillance et policiers à la porte des écoles et lieux culturels juifs. 

Ils se regroupent en certains quartiers créant des ghettos prospères et protecteurs mais une désertification juive sur les zones « multiculturelles » du territoire.


Ce mouvement démographique de fuite par la peur, favorise l’entrisme politique local de la fraction adverse.


Sur le plan politique, la déroute des juifs de gauche est amorcée par la fameuse note au PS de Boniface. En politique comme en grande surface désormais, la quantité prime sur la qualité. 

Entrisme forcené d’un côté, fuite et abandon de l’autre.

Le vocabulaire est totalement dévié. La Nakba attire plus de commentaires larmoyants que la Shoah. Le keffieh se fait signe de ralliement de la gauche bien pensante, nettoyée de ses contradicteurs. 

Combien de juifs militants de gauche convaincus et actifs ont alors abandonné leur carte du parti ou leur mandat électoral ? 

Le ministre Hortefeux devient Hortefeujs sur un sinistre site de gauche où un antisémitisme purulent est ouvertement permis. 

« L’honneur d’un juif ne valait pas la paix d’une Nation » disait-on durant l'affaire Dreyfus.

Désormais quoi que fasse Israël pour riposter aux agressions, la riposte est, terme délicat, ambigu et dévié, « disproportionnée». Médias et politiques dénigrent Israël d’un commun accord. 


Utilitarisme politique ou cynisme machiavélique ? 


Il faut y ajouter une bonne dose de flagornerie fondée sur une totale méconnaissance de l’Histoire d’une grande partie des faiseurs d’opinion.

Le « Juif fait vendre » se dit-on en catimini dans la presse. 

Les gros titres malfaisants des journaux le prouvent au-delà des discours. Le danger disait Luc Ferry ces derniers jours en parlant de certains problèmes de son parti, c’est « l’usage que l’on fait de ce qui est dit. Le danger c’est la médiatisation déviante. »

Oh que les idées sont claires quand il ne s’agit pas de juifs.

Par ce forcing constant, cette nécessité de se justifier en permanence, la « communauté juive » est déstabilisée, fragmentée, partagée entre le désir de se fondre dans le paysage et celui d’être reconnue.


La querelle entre les institutions juives en est le reflet.


L’Appel à la Raison en est la conséquence : rester du bon côté, être reconnu coûte que coûte.
La riposte "Raison Garder" en relève le défi : garder la tête froide et faire valoir ses convictions.
Des convictions fondées sur les faits, l’Histoire, le Droit et non sur la peur ou la honte de soi.


Josiane Sberro
© Primo, 09-10-2010

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Published by Primo - dans Raison Garder
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