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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 18:00

Tous les chemins ne mènent pas à Jérusalem

Par JONNY PAUL 
22.12.09

http://fr.jpost.com/ 



Un des historiens les plus éminents de Grande-Bretagne, Andrew Roberts, a récemment posé la question qui fâche : pourquoi la reine Elisabeth II s'est-elle rendue lors de voyages officiels dans des pays les plus despotiques tout en évitant soigneusement la Terre promise ?

La reine Elisabeth II dans son carosse. 
PHOTO: AP , JPOST

Cette interrogation a été formulée à haute voix durant le dîner pour célébrer le 60e anniversaire de l'AIA (la plus vieille organisation d'amitié anglo-israélienne en Grande-Bretagne). La liste des 400 invités comprenait ambassadeurs, diplomates, chefs de file chrétiens..., réunis dans la prestigieuse résidence du gouverneur sur Park Lane.

Selon l'historien, le ministère des Affaires étrangères britannique a, de facto, banni les visites royales en Israël : "Cette interdiction raisonne encore plus fort car elle n'est pas reconnue, écrite noir sur blanc", a-t-il expliqué avant de poursuivre : "Cet acte revient à délégitimer Israël aussi efficacement que le boycott académique dans les universités. Et on le doit aux pro-Arabes de la diplomatie anglaise."

Andrew Roberts, le biographe des hommes qui ont fait l'Histoire - Churchill, Chamberlain, Hitler, Roosevelt - a délivré son diagnostic : la Grande-Bretagne a été dans le meilleur des cas "l'ami des beaux jours d'Israël". L'historien a profité de l'occasion pour défaire tous les mythes qui entourent les relations diplomatiques entre Israël et l'Angleterre. Avec en premier lieu un constat : la reine Elisabeth II a fait plus de 250 visites officielles à l'étranger dans 129 pays différents et pas un seul membre de la famille royale n'a un jour mis les pieds en Israël de manière officielle. Pourtant, Sa majesté aurait une raison toute personnelle de se rendre régulièrement à Jérusalem. La princesse Alice de Grèce, la mère du prince Philip, est enterrée sur le mont des Oliviers en tant que Juste parmi les nations. Pendant la Shoah, elle avait caché une famille juive dans sa résidence athénienne. Son fils a pourtant attendu 1994 pour se rendre sur sa tombe lors d'un voyage "à titre privé", se sont empressés de clarifier les représentants de la Couronne.

Géographie limitée pour le ministère des Affaires étrangères

Derrière ce "black-out" royal, Roberts met en cause directement le ministère des Affaires étrangères car ce sont ses bureaux qui ont la charge d'organiser les voyages officiels de Buckingham Palace. Les diplomates anglais ont répondu immédiatement qu'Israël n'était pas le seul Etat dans ce cas : "C'est peut-être vrai pour le Burkina Faso ou le Tchad, mais à travers les années, la reine a été envoyée en Libye, en Iran, au Soudan, en Arabie Saoudite, dans les Etats du Maghreb, en Jordanie et en Turquie. Sa majesté ne peut donc pas dire qu'elle n'est pas coutumière du Moyen-Orient", explique Roberts avant d'ajouter sur le ton de l'ironie : "Peut-être que pour le ministère des Affaires étrangères, la reine n'est pas assise sur le trône depuis suffisamment longtemps, soit 57 ans, pour se rendre dans la seule réelle démocratie de la région."

Pourtant, selon l'historien, Elisabeth II serait assurée de recevoir un accueil chaleureux à Jérusalem contrairement à sa dernière expérience marocaine : elle avait attendu 3 heures dans une chaleur à couper le souffle avant de rencontrer le roi du Maroc. Ou encore lorsqu'elle a été obligée en Ouganda d'élire domicile dans les bureaux du Commonwealth parce que les autorités locales n'avaient pas terminé de construire son hôtel.

Celui dont l'actuel ouvrage, The Storm of War : A New History of the Second World War, caracole sur la deuxième marche des best-sellers du prestigieux Sunday Times, a aussi attaqué ceux qui accusent l'Etat hébreu de répondre de "manière disproportionnée" aux provocations : "Le député conservateur, William Hague, a demandé à Israël d'adopter une réponse proportionnée lors de la guerre du Liban contre le Hezbollah en 2006. Comme si les actions mesurées avaient remporté la moindre victoire contre les fascistes", explique-t-il.

Un sens des proportions pour le moins arbitraire

Et l'historien peut s'appuyer sur des exemples concrets : "Durant la Seconde Guerre mondiale, l'aviation allemande (Luftwaffe) a tué 50 000 Anglais lors du Blitz et les Alliés ont répondu en tuant 600 000 Allemands, soit 12 fois le nombre de leurs pertes civiles. On peut difficilement parler d'une réponse proportionnée mais une chose est certaine : elle a permis de remporter la victoire finale. Alors qui sommes-nous pour faire la morale aux Israéliens sur les bienfaits de la violence proportionnée ?"

Ce constat amène Roberts à s'interroger sur l'attitude britannique dans l'hypothèse où le royaume serait la cible de provocations identiques à celles que connaît Israël. L'historien fait alors un calcul mathématique : "La Grande-Bretagne compte 63 millions d'habitants, soit neuf fois la population israélienne. En juillet 2006, pour prendre un exemple au hasard, le Hezbollah a franchi la frontière pour tuer huit soldats en patrouille et en capturer deux autres, avant de lancer 4 000 roquettes Katiousha sur Israël et tuer 43 civils supplémentaires. Mettons ces chiffres à l'échelle anglaise. Si vous les multipliez par neuf pour obtenir l'équivalence, cela signifierait qu'une organisation terroriste basée à Calais, par exemple, aurait lancé sur la région du Sussex et du Kent 36 000 roquettes, tuant 387 civils et 72 soldats britanniques tout en capturant 18 militaires supplémentaires."
L'historien en met sa main à couper : le gouvernement anglais aurait fait tout son possible pour protéger ses habitants, et il aurait eu raison. Alors pourquoi demander à l'Etat hébreu d'agir différemment ?

Autre cible des critiques d'Andrew Roberts : Barack Obama : "Le président américain est le moins pro-Israël depuis Dwight Eisenhower et c'est justement à une période où les Juifs doivent faire face à la pire menace existentielle depuis Adolf Hitler : Ahmadinejad et ses ambitions nucléaires. Et Barak Obama n'a pas les moyens pour l'empêcher", assure-t-il. Son discours s'est achevé sous une salve d'applaudissements. Pour Roberts, Israël et seulement Israël sait ce qu'il faut faire pour protéger les intérêts du peuple juif. En d'autres termes, empêcher à tout prix que la Shoah termine sa macabre mission.

Les ouvrages historiques d'Andrew Roberts ont été traduits en allemand, finlandais, français, hébreu, hongrois, japonais, chinois, polonais, russe, et en espagnol.

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