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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 17:30

ANALYSE A LA UNE

 

Repli tactique : Kadhafi déclare un cessez-le-feu immédiat et compte sur la faiblesse des Occidentaux pour se maintenir au pouvoir

par Marc Brzustowski

 

 

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

Photo: AP

 

Le monde entier le dit fou et, chaque fois, Mouammar Kadhafi démontre, au contraire la finesse de son sens stratégique et la haute perception de ses intérêts immédiats. L’adjoint de son Ministre des Affaires étrangères, Khaled Kaïm, vient de faire savoir que la Libye était prête à se conformer positivement à toutes les contraintes imposées par le Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

Un peu plus tard, c’est Moussa Koussa, le redouté chef des services de renseignements libyen (alias Ministre des Affaires étrangères) qui a déclaré le cessez-le-feu unilatéral et l’arrêt immédiat de toutes les opérations militaires. Le Régime s’offre même le luxe d’inviter toutes les organisations gouvernementales et non-gouvernementales (ONG) à vérifier, par une commission d’enquête, « l’invalidité des prétentions » (selon Tripoli) de massacres perpétrés sur son territoire durant la répression du dernier mois. Il ouvre « tous les canaux de dialogue avec quiconque intéressé par l’unité territoriale de la Libye », façon de faire comprendre qu’il n’accordera aucune autonomie que ce soit à quelque bastion cyrénaïque qu’il n’aurait pas encore eu le temps d’exterminer.

 

Si la France et la Grande-Bretagne ont orchestré cette résolution, Washington a fait savoir que les Etats-Unis laisseraient les Européens mener la danse. Les raisons à cela sont que Washington ne semble pas avoir décelé, parmi les rebelles, d'aspirations particulièrement "démocratiques", qu'on se demande s'il ne s'agit pas de politiques irresponsables qui passent plus de temps à parler du conflit qu'à réellement combattre (par quoi ils ont pu trouver un interlocuteur en France). L'Amérique, après avoir évincé Moubarak du pouvoir, peine à trouver le soutien de la junte égyptienne. Aucun pays arabe important ne s'est joint à la coalition, à commencer par l'Arabie Saoudite, aux prises avec ses propres problèmes,mais surtout, tournant le dos à Obama depuis l'éviction d'un ami cher au Caire. 

L’Italie, la Norvège, le Danemark et la Belgique se sont portés volontaires pour assurer la logistique des bases aériennes nécessaires à l’intervention.

 

En offrant ce cessez-le-feu et en invitant une commission d’enquête, Kadhafi fait le pari de moyen-terme que l’Europe perdrait la justification de son intervention et que les désagréments internes, propres à chaque système politique, ne manqueront pas d’affaiblir encore leur détermination à l’attaquer, sur la base d’une résolution onusienne déjà faible. Il sait que ces Européens passent leur temps à renâcler aux demandes américaines de participation plus intensive en Afghanistan. Les partis politiques et la population ne soutiendront une réaction musclée que s’ils ont la preuve que les violations dont il est question sont majeures et flagrantes. Le contrecoup intérieur à une déclaration de « bonne volonté » de Kadhafi sera difficile à contourner pour les plus « va t-en-guerre » , comme Cameron et Sarkozy. C’est encore plus pertinent, puisque l’Allemagne, le plus important pays de l’Union, s’est contenté de s’abstenir, lors du passage de la résolution 1973.

 

Kadhafi peut donc confortablement évaluer qu’il a annihilé, à ce jour, suffisamment de rebelles et repris assez de leurs bastions pour instituer, à son avantage, une « drôle de guerre » et un jeu de « chat et de la souris » avec la surveillance internationale, tout en poursuivant des opérations de police dans les quartiers insoumis,  en s’en tenant à une guerre et une répression de « basse intensité », sous les « radars » de ses adversaires.

 

Le but est de préserver l’essentiel de ses forces et, au final, de renforcer ses positions autour de Benghazi, pour le moment où le niveau de distraction des forces internationales sera devenue la norme.

 

Parallèlement, il laisse aussi du temps aux avions des alliés de se déployer pour organiser un maillage de la zone d’exclusion aérienne plus difficilement franchissable.

 

Les Européens et leurs alliés pourraient continuer d’exiger le retrait de Kadhafi -ce que vient de lui intimer Hillary Clinton - et de sa clique du pouvoir et des principales villes classées « rebelles », à l'Est et y compris dans l’Ouest, comme Misrata, Zawiya, en assurant une autonomie territoriale à la recherche d’un statut spécial pour la Cyrénaïque, autour de Benghazi. Mais un découpage territorial en "principautés" est-il judicieux? Aucune de ces exigences n'est explicitement incluse dans la résolution de l'ONU, sinon qu'il faudra, là encore ramener au Cnoseil de Sécurité la "preuve" que c'est la seule solution viable pour la protection des populations...

 

Plus le temps passera et plus l’intervention directe contre Kadhafi deviendra difficile à déclencher, lui laissant le temps de reconstituer ses domaines et d’y faire circuler ses agents… Un vrai profil de bête politique prêt à tous les stratagèmes pour survivre et se maîntenir en haut de l'affiche...

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commentaires

Chaibane 19/03/2011 19:06



 Bien lire "Il aurait été farouchement contre la Ligue arabe" Merci



Chaibane 19/03/2011 18:57



Oui, Kadhafi est son pétrole sont des forces malfaisante. Mais à mon avis son maintien au pouvoir pourrait être le déclencheur de conflits armés inter-arabes. Tous les hommes épris de liberté
n'éprouvent que du dédain pour ce personnage qui n'a jamais hésité à soutenir le terrorisme international et surtout palestinien. Cela dit, son sort est probablement scellé d'autant qu'il a tenté
d'utiliser le pétrole comme arme stratégique en favorisant la Chine, l'Inde et la Russie contre la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Par ailleurs, s'il devait rester à la tête de la
Lybie, ce qui est moins sûr à présent, il aurait farouchement contre la ligue arabe, et ce que j'ai souhaité. Parce que les régimes arabes quoique s'impliquant à l'avenir dans des
réformes vers une démocratie déguisée chercheront toujours l'Unité. Mais s'uniront-ils dans le cadre d'un marché économique commun méditerranéen y incluant par la force de la géographie et de la
mondialisation Eretz Israël? Ou alors ces nouveaux dirigeants arabes vont-ils encore nous ressortir de derrière les fagots la fable qu'ils savent bien narrer et selon laquelle, c'est les peuples
qui seraient hostiles à l'adhésion d'Eretz Israël? En outre, si Kadhafi devait survivre à cet épreuve, il devindrait inconsciemment un instrument du sionisme. Il faut bien souligner qu'un monde
arabe divisé représente un atout pour Jérusalem et que les sentiments lorsqu'il s'agit de défendre le mouvement sioniste n'ont pas de place dans ce contexte.



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