Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 20:31

 

 

 

 

Syrie : trente ans après le génocide, Hama prend sa revanche (en vidéo)

Plus de 450.000 manifestants à Hama et 150.000 à Deir Ezzor, font trembler le régime. Assad rapatrie son trésor au Liban

samedi 9 juillet 2011 - 03h34, par Mediarabe.info - Rome

Logo MédiArabe.Info

Le peuple syrien insiste sur son slogan : la chute du régime. Pour y parvenir, la mobilisation a encore été à son comble, ce vendredi, endeuillé par au moins 17 morts et des dizaines de blessés. Malgré le terrorisme étatique exercé depuis le 15 mars dernier, et les 1.600 morts, la détermination des Syriens ne faiblit pas.


Vendredi dernier, 1er juillet, Ibrahim Kachouche, menant la manifestation pacifique de Hama, manifestation qui a précipité le limogeage du préfet, s’était distingué par une chanson révolutionnaire particulièrement critique - mais vraie - sur Bachar Al-Assad, son frère Maher et leur clan. Dimanche matin, Kachouche a été enlevé par les hommes du régime, qui lui ont arraché ses cordes vocales avant de le jeter, mardi, dans l’Oronte. Les images de son cadavre ont fait l’effet d’une bombe en Syrie ; ses vidéos se sont répandues dans le pays ; et sa chanson est devenue l’hymne de la Révolution et le carburant des révolutionnaires.

Voir ci dessous la vidéo de l’assassinat d’Ibrahim Kachouche, dont la gorge a été tranchée. Âmes sensibles s’abstenir

Voir ici comment Kachouche a fait trembler le régime, vendredi dernier, avant de mourir dimanche :

Ibrahim Kachouche a ainsi été assassiné par le régime après avoir dit, en chanson, les quatre vérités. Ce comportement rappelle les techniques du Baath au Liban, quand, au lendemain de la tentative d’assassinat de Marwane Hamadé, en octobre 2004, accusé d’être l’initiateur, avec Rafic Hariri et Walid Joumblatt, de la résolution 1559 du Conseil de sécurité, exigeant le retrait syrien du Liban et l’organisation d’élections présidentielles dans le respect de la Constitution. Hamadé a échappé à la mort, mais son garde de corps, Ghazi Abou Kroum, a été tué. Le surlendemain de ses obsèques, sa famille a reçu, dans une enveloppe, la langue de la victime en guise d’avertissement. La Syrie et ses alliés au Liban (Hezbollah, auquel se sont ajoutés d’autres formations) voulaient ainsi faire taire les souverainistes. Ces méthodes sont courantes dans les pays dictatoriaux : déjà en 1980, les Syriens avaient enlevé le journaliste libanais Salim Al-Lawzi, l’ont torturé, plongé sa mains droite dans l’acide (pour avoir écrit contre la politique de Hafez Al-Assad), et certaines sources affirment que sa langue a été coupée (pour se venger de ses paroles). Il a été retrouvé mutilé dans une montagne au sud-est de Beyrouth. De la même façon, et après avoir animé la révolution avec sa chanson (la deuxième vidéo), Ibrahim Kachouche a été sanctionné. Le régime lui a arraché sa seule arme : ses cordes vocales !

Mais au lieu de faire taire le peuple, ces agissements hérités de l’époque stalinienne, a alimenté la colère de la population comme l’ont prouvé les manifestations de ce vendredi, notamment à Hama, mais aussi à Homs, à Lattaquié, à Damas et à Deir Ezzor. Les vidéos ci-dessous prouvent que la révolution syrienne a atteint désormais sa vitesse de croisière, et elle est irréversible.

Manifestations impressionnantes à Hama - 8 juillet 2011

Grande mobilisation à Lattaquié - 8 juillet 2011

A Hama, des banderoles ont été brandies ce vendredi, pour rappeler le régime que ses crimes commis depuis les années 1970 jusqu’à nos jours ne sont et ne seront pas oubliés. Des enfants ont en effet déployé des slogans : « Je suis doublement orphelin. Hafez Al-Assad a assassiné mon grand-père. Bachar a tué mon père. Je ne veut pas que le petit Hafez achève mes enfants », affirmant ainsi que la transmission dynastique du régime de Bachar à son fils Hafez relève de l’impossible.

Le Liban : nouveau terrain de confrontation ?

Selon les opposants syriens, aucun retour en arrière n’est désormais possible. Les choses devront se compliquer le mois prochain, pendant le mois de Ramadan. Les activistes promettent que la mobilisation sera quotidienne : « tous les jours seront des vendredis », estiment-ils, avant d’ajouter que « l’économie est asphyxiée, le tourisme est mort, la Livre a perdu plus de 20% de sa valeur, les transactions commerciales sont au point mort, le régime est soumis aux sanctions, la Suisse a saisi 32 millions de dollars sur des comptes appartenant à Assad et à ses proches... ». Autant de signes qui donnent de la crédibilité aux informations, publiées cette semaine par « The Economist », selon lesquelles près de 20 milliards de dollars ont été transférés par le régime vers des banques libanaises. Mais ce vendredi, Joseph Torbay, président de l’Association des Banques libanaises et président du Crédit libanais, a démenti, affirmant que « les banques libanaises refusent les fonds dont l’origine est douteuse ». Pourtant, Damas a reconnu la semaine dernière que la Banque centrale de Syrie a bien ouvert un compte à la Banque centrale du Liban. Une manœuvre destinée à contourner les sanctions et qui, conjuguée à la nature du gouvernement de Najib Mikati, l’un des associés de Bachar Al-Assad en affaires, confirment que la Syrie cherche à prendre le Liban en otage, pour s’en servir comme la dernière porte économique vers l’extérieur, et pour exercer son traditionnel chantage à l’Occident.

Mais les pays occidentaux semblent conscients du jeu de la Syrie et de ses tentatives de contourner les sanctions. Outre les banques libanaises soupçonnées de financer le Hezbollah et la Syrie (Banque Libano-Canadienne, reprise récemment par la Société Général, mais également deux autres établissements), Damas bénéficie de relais importants en Europe, à travers lesquels le régime parvient à limiter les effets des sanctions. Parmi ces « tuyaux », des sources bancaires européennes affirment que « des soupçons planent sur des banques arabes à Paris dont l’une est dirigée par un ressortissant syrien et qui bénéficie d’une ligne de crédit de plus d’un milliard de dollars pour financer des activités commerciales avec son pays d’origine ». Mais à Paris, on affirme que depuis la crise en Syrie, « une banque française qui détient la plus grande part du capital de la banque arabe, a exigé que toutes les opérations soient vérifiées ».

Mais le renforcement des ces mesures ne servira à rien tant que le Liban n’est pas intégré dans ce processus. Car, comme l’a dit l’ancien premier ministre français Laurent Fabius, lundi 4 juillet lors d’un meeting à Paris en faveur de la démocratie en Syrie - transmis en direct sur la télévision Orient (proche de l’opposition syrienne qui émet depuis les Emirats Arabes Unis) - « la communauté internationale doit élargir les sanctions pour frapper les entreprises syriennes, mais aussi libanaises et iraniennes qui aident la dictature de Damas ». « En élargissant le terrain de confrontation sur le Liban, la Syrie fait de ce pays une arme. Automatiquement, le Liban doit aussi servir d’arme pour affaiblir le dictateur », renchérit un diplomate arabe en poste à Rome.

Or, la corruption mise en place par la Syrie durant son occupation du Liban, et qui lui a longtemps bénéficié, et le pillage du pays du Cèdre par l’occupant et ses alliés libanais, ont généré des fonds disponibles. Une source suisse bien informée affirme en effet que « l’une des plus hautes personnalités de l’Etat libanais, installée à son poste par les Syriens depuis les années 1990, et qui contrôle plusieurs secteurs économiques, dont un Fonds destiné à aider une région libanaise spécifique, pauvre et victime de plusieurs guerres (OLP, Israël...), se rend régulièrement dans la Confédération helvétique pour compter ses sous ». Ce haut responsable y disposerait de plus de deux milliards de dollars, alors qu’au Liban, il dénonce toujours la marginalisation de sa communauté !

Après le refus du Hezbollah de coopérer avec le Tribunal international, et après l’installation du nouveau gouvernement, imposé par la Syrie et le Hezbollah, le Liban entre, les pieds joints, en confrontation avec la communauté internationale, pour sauver Assad. Il est temps qu’il soit boycotté, que les pays du Golfe retirent les fonds généreusement déposés à la Banque centrale pour soutenir sa Livre et son économie. En l’absence de telles mesures, le Liban continuera à servir le dictateur, et l’opposition syrienne continuera à dénoncer le silence douteux du monde libre, qui assiste à un génocide sans réagir.

Mediarabe.info

© Nos informations, analyses et articles sont à la disposition des lecteurs. Pour toute utilisation, merci de toujours mentionner la source« MediArabe.info »

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Traducteur/translator

 

 

France  ISREAL  English

Recherche

logo-lien-aschkel-copie-1.jpg

 

France  ISREAL  English
Traduire la page:
By
retour à l'acueil

------------------------------------- 

 

Communication and Information

 

Vous souhaitez 

- proposer un article ?
 - communiquer une info ?

Contactez la rédaction

bOITE-a-mail.jpg

-------------------------------

 

Nous remercions par avance tous ceux

qui soutiendront le site Aschkel.info

par un don

icone paypal

Paiement sécurisé


Consultez les dossiers

Archives

Mon livre d'or

 

 Livre_dor

 


 

Visites depuis la création du site


visitors counter

Catégories