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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 08:30

 

 

UN « CHANTAGE Á LA GUERRE » HABILEMENT TRAVESTI EN « NEGOCIATIONS DE PAIX »

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info


Ce 19 mai 2011, le Président des Etats-Unis Barak Obama a prononcé le discours d’orientation de la nouvelle politique américaine en direction du monde arabe. A cette occasion, il s’est clairement prononcé sur la création d’un Etat palestinien sur les lignes de démarcation de 1967 : « Les États-Unis estiment que les négociations doivent aboutir à une solution à deux États, avec des frontières palestiniennes permanentes avec Israël, la Jordanie et l'Égypte et des frontières israéliennes permanentes avec la Palestine. La frontière entre Israël et la Palestine doit se baser sur les lignes de démarcation de 1967, avec des échanges de territoires mutuels, afin d’établir des frontières sécurisées et reconnues par les deux États. ». Pour autant, et même si le Président américain qualifie systématiquement le « processus » de « négociations de paix », la question peut se poser de savoir s’il ne s’agit pas d’un abus de langage destiné à masquer une autre réalité : un « chantage à la guerre ».

Tout d’abord, il n’est jamais demandé à Israël de faire la paix avec les palestiniens mais simplement de renoncer à tout ou partie de ses territoires (dont sa capitale historique Jérusalem), faute de quoi, les palestiniens poursuivront leurs attaques. Il ne s’agit donc pas de négociations de paix entre entités en guerre mais d’une promesse supposée d’un arrêt des attaques palestiniennes si Israël se plie aux injonctions de ses voisins qui appellent à sa destruction. Israël a bien évidemment été en guerre : la coalition arabe (Liban, Syrie, Irak, Egypte et Jordanie) a déclenché les hostilités le 15 mai 1948 avant que n’intervienne le cessez le feu imposé par les américains le 7 janvier 1949. Lors de la nationalisation par l’Egypte du canal de Suez, Israël a envahi le Sinaï le 29 octobre 1956 avant que l’Onu n’impose un cessez le feu le 10 novembre 1956. Lors de la guerre des 6 jours, du 5 au 9 juin 1967, Israël a mis en déroute les armées égyptiennes, syriennes et jordaniennes. Le 6 octobre 1973, l’Egypte et la Syrie ont attaqué pendant la célébration du Yom Kippour, obligeant Israël à lancer une contre offensive interrompue par un cessez le feu le 22 octobre 1973 imposé par le Conseil des Nations Unies. Le 15 mars 1978, Israël a lancé l’opération Litani au sud Liban à la suite d’un attentat sanglant perpétré par des libanais. Le 5 juin 1982, Israël a mené l’opération Galilée pour se protéger des tirs libanais et a occupé le sud Liban avant de s’en retirer le 24 mai 2000. Enfin, la seconde guerre du Liban s’est déroulée du 12 juillet 2006 au 14 août 2006 suite à l’enlèvement de soldats israéliens. Contre les palestiniens, point de guerre.

En réalité, non seulement Israël n’est pas en guerre contre l’Autorité Palestinienne mais en outre, il entretient avec elle des relations, sinon chaleureuses, tout au moins courtoises. Ce qui est donc demandé à Israël, n’est pas de négocier la paix mais simplement de renoncer à une partie de lui-même contre une promesse d’un arrêt des attaques des terroristes palestiniens. Le principe qui devrait être appliqué est donc le suivant : « faute de guerre, nul besoin de négociations de paix ».

Bien évidemment, et en marge des pressions internationales exercées sur Israël pour qu’il se soumette, les demandes palestiniennes visant à une reprise des hostilités se poursuivent, tel l’appel lancé sur Facebook le 15 mars 2011, intitulé « troisième intifada » pour se rendre sur les frontières de « l’Etat palestinien » afin de libérer « son peuple » de l’oppression israélienne. Une première opération a été menée le 15 mai 2011 mais le vrai rendez vous est fixé le 15 juin 2011. De même, le 10 avril 2011, ce sont les égyptiens qui ont, devant l’ambassade d’Israël au Caire, appelé à lancer cette « troisième intifada ». Les palestiniens appellent également a commémorer l’occupation de la ville Al-Qods (Jérusalem) par les sionistes le 7 juin prochain, pour en faire une « journée d’allégeance à Al Qods » dans tous les pays du monde. Le communiqué précise que « le soulèvement est continu et la Palestine se rapproche de la libération. La sang des martyrs sèmera dignité et gloire ».

Certes, le 20 avril 2011, le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmud Abbas s’est exprimé sur la question en affirmant qu’il ne permettra pas ledéclenchement d'une troisième Intifada aussi longtemps qu’il sera à la tête de l'Autorité. Il n’a en réalité aucun pouvoir pour intervenir dans ce domaine. De très nombreux palestiniens se sont d’ailleurs immédiatement empressés de lui poser la question de savoir « qui » il était, « président illégitime d’une autorité qui l’est tout autant » pour dire au peuple palestinien ce qu’il devait faire pour sauver la Palestine. Une fois encore, le terme de « négociations de paix » apparait donc bien hypocrite alors que la détermination des palestiniens qui veulent en découdre, est intacte.

Plus grave, la référence, par le Président américain, aux frontières de 1967 ne vise qu’à donner un semblant de légitimité à la revendication palestinienne sur Jérusalem, réunifiée à l’occasion de la guerre des six jours et définitivement annexée à Israël par la Loi fondamentale du 30 juillet 1980. Il répond également aux aspirations du monde arabo musulman pour qui Jérusalem est le troisième lieu Saint de l’Islam. Aussi, et dans ce cadre du « chantage palestinien à la guerre », la demande américaine concernant le partage de Jérusalem pourrait être considéré comme une forme « d’extorsion internationale de la terre », qui n’est pas sans rappeler les méthodes violentes employées par certaines personnes qui « contre paiement », assurent la « sécurité des commerçants », c'est-à-dire s’engagent à ne pas faire exploser leur commerce, lorsqu’elles ne qualifient pas directement ces sommes « d’impôt » pour donner à leur versement un caractère légitime.

Toujours est-il que le discours de Barak Obama a donné des ailes à tous ceux qui aspirent à un calme régional. L’Union européenne, en parfait décalage avec la mentalité et le fonctionnement au Moyen orient, a salué l’annonce d’un Etat palestinien sur les frontières de 1967 (pour Angela Merkel, le Président américain a délivré un « message de paix très important »). Il en est de même du secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa. Bien évidemment, et pour convaincre de la justesse de son analyse, le Président américain a fait part de son inquiétude quant à la volonté « du Premier Ministre Benjamin Netanyahou de faire des concessions pour aboutir à un accord de paix », lui imputant par anticipation l’échec de l’entreprise…

Pour autant, il n’est pas interdit d’envisager une relation pacifiée entre les israéliens et les palestiniens qui jouissent déjà du droit à l’autodétermination. La bande de Gaza est sous le coup d’un embargo depuis sa prise de contrôle par le Hamas dont le programme politique, la philosophie et les objectifs militaires sont centrés sur l’éradication d’Israël. L’accord pourrait alors consister dans une levée de l’embargo contre renonciation des palestiniens de la bande de Gaza à la lutte armée contre Israël. De même, et concernant la Cisjordanie, l’armée israélienne contrôle les points de passage entre les villes palestiniennes. L’armée israélienne pourrait alors, dans le cadre d’un accord avec l’Autorité palestinienne, restituer aux palestiniens une parfaite liberté de mouvement sur les terres non contrôlées ou annexées par Israël, contre renonciation aux attaques terroristes.

L’inconvénient résulterait toutefois de leur mise en œuvre. Les palestiniens n’obéissent pas à une autorité centralisée s’ils ne l’ont pas personnellement désignée. Ainsi, il serait nécessaire de signer des accords de paix avec chaque palestinien pris séparément, pour ce qu’il en est de la sincérité de l’engagement, et encore, sans avoir la certitude que l’accord passé par le père soit respecté par le fils…

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