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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 12:54

Message de P.Karsenty - appel à manifester ce Dimanche 26 Juin

 

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Chers amis,

 


J’interviendrai à la manifestation qui aura lieu ce dimanche 26 juin à 14h rue de Rivoli au métro Saint-Paul, où je prendrai la parole vers 14h 30-15h.

.
L’objet de ce regroupement est de s’opposer au soutien que la France souhaite apporter à la déclaration unilatérale d’un Etat palestinien à l’ONU en septembre prochain.

La campagne électorale se poursuit avec son lot de controverses auxquelles, comme je vous l’ai indiqué récemment, je ne participerai plus.

Ainsi, deux candidats s’affrontent ici.

Le site Rue89.com - principal média en ligne français - vient de publier la première analyse de la campagne électorale :

-         Combat sans merci à droite pour le vote des Français d'Israël (cet article se trouve aussi en version intégrale en pièce jointe).

Je n’y suis pas bien traité mais je pense qu’il est important de savoir ce que pensent de cette campagne certains médias non communautaires.

Daniel Rouach commente avec pertinence l’article de Rue89.com ici.

Pour sa part, Emmanuel Navon a été contraint de répondre aux attaques subies pour m’avoir confirmé son soutien. 
Sur un tout autre sujet, je vous invite à le voir débattre avec intelligence sur Guysen TV.

J’ai été auditionné au CRIF dans une atmosphère conviviale.
Je vous invite à lire le compte-rendu qui a été publié sur le site du CRIF.

Amitiés  et à bientôt,

 

Philippe Karsenty


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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 05:10

 

Merci à Emmanuel Navon

 

 

Chers amis,  

  

Dans l’email ci-dessous, je vous avais annoncé deux choses :

 

1.       Que je maintenais mon soutien à Philippe Karsenty pour sa campagne électorale sauf si les propos tenus contre lui par certains de ses concurrents se révélaient exacts ;

2.       Que je me dissociais et me désolidarisais de la campagne électorale pour la 8e circonscription à cause des attaques personnelles proférées dans cette campagne.

 

Depuis, il y a eu deux évolutions dont je me félicite :

 

1.       Philippe Karsenty a publiquement regretté par écrit l’email qu’il avait envoyé le 3 juin 2011 et il s’est engagé à ne plus répondre aux attaques personnelles ;

2.       Après m’être renseigné auprès de sources fiables, il s’avère que les propos tenus contre Philippe Karsenty sont infondés et diffamatoires.

 

Par conséquent, je me suis rendu la semaine dernière à une réunion d’appartement organisée pour Philippe à Jérusalem, et j’ai constaté par moi-même que cette réunion s’est déroulée dans une atmosphère cordiale, qu’elle a été exempte de toute animosité, et qu’aucune phrase n’a été prononcée qui aurait pu porter atteinte à la réputation des autres candidats.  

 

J’ai quant à moi ai été la cible d’une attaque personnelle, publique et gratuite à la suite de ma participation à cette réunion.  Je ne répondrai pas aux attaques personnelles par des attaques personnelles.  Je me contenterai d’un court Dvar Torah. 

 

La Parasha de cette semaine est Korach, du nom de la personne qui avait organisé une rébellion contre Moshe.  Korach n’avait pas organisé cette rébellion parce qu’il pensait que Moshe avait abusé de son pouvoir ou qu’il n’était pas digne de diriger son peuple.  Korach était motivé par la jalousie.  Et comme il n’avait pas d’arguments valables pour convaincre les gens de le suivre, il eut recours à la médisance et aux attaques personnelles pour salir la réputation de Moshe.  Le Traité de Pères (« Pirkei Avot ») fait référence à Korach pour distinguer entre deux types de discordes : celles qui sont motivées par la recherche de la vérité (« Makhloket Leshem Shamayim ») et celles qui ne le sont pas (« Makhloket Shelo Leshem Shamayim »).  La discorde entre Shamaï et Hillel appartient à la première catégorie ; celle déclenchée par Korach contre Moshe appartient à la seconde.  La gravité de la faute de Korach n’est pas seulement d’avoir ouvert une discorde motivée par la jalousie.  Elle est surtout d’avoir humilié Moshe en public.  Tant le Shoulkhan Aroukh que le Rambam dans le Mishne Torah stipulent qu’humilier son prochain en public est comparable à un meurtre.  D’où l’expression utilisée dans ces deux ouvrages pour désigner une humiliation publique : « halbanat panim » ce qui signifie littéralement « blanchiment du visage. »  Le visage de la personne humiliée en publique se blanchit parce qu’elle se vide de son sang –d’où la comparaison de l’humiliation publique à un meurtre.

 

Puissions-nous nous montrer à la hauteur de ces enseignements afin d’avoir le privilège d’être les témoins et les acteurs, de notre vivant, de la rédemption pleine et entière du Peuple juif.

 

Shavua Tov,

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 12:49

 

 

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Enquête sur la sexualité du clergé de l’Église catholique — Carmelo Abbate

Par Alexis Adrianis

Carmelo Abbate est rédacteur en chef de la rubrique “actualité” de Panorama, l’un des journaux d’investigation les plus prescripteurs en Italie. Après avoir infiltré le milieu très fermé du Vatican, il en dévoile les abus, preuves à l’appui.



Pour documenter mes journées romaines en compagnie des prêtres, les soirées homos, les escorts et les célébrations religieuses, j’ai travaillé en caméra cachée. J’avais besoin de preuves certaines et irréfutables. Sans quoi, je risquais de me faire massacrer.


Nous sommes le 23 juillet 2010. Panorama, le magazine pour lequel je travaille, publie une partie de l’enquête et des photos en ma possession. En couverture, sur fond noir, un prêtre aux mains jointes serre un chapelet entre ses doigts. Il a les ongles laqués de rouge. Titre: “Les belles nuits des prêtres gays”.


La première réaction de l’Église de Rome est diffusée par l’agence de presse Ansa. “Des sources anonymes du Vatican” stigmatisent une enquête “dépourvue d’informations concrètes et circonstanciées”; elles n’y voient qu’une “tentative de trouver à tout prix de sujets assez forts pour réveiller les lecteurs endorm

is sous leurs parasols”.


Réponse de Giorgio Mulè, directeur de Panorama: “Je souhaite rassurer les sources anonymes du Vatican en les invitant à se rendre dans un kiosque à journaux et à lire l’enquête. Si la chose se révélait impossible je serai heureux, en accord avec la direction du journal, de fournir les prénoms, les noms, les adresses des prêtres qui ont pratiqué des actes sexuels, le tout agrémenté de vidéos incontestables.”


Quelques heures plus tard, paraît une déclaration officielle du cardinal Agostino Vallini, vicaire du pape Benoît XVI: “Le but de l’article est évident: créer le scandale, diffamer tous les prêtres en s’appuyant sur les déclarations d’une des personnes interviewées, d’après laquelle 98% des prêtres de sa connaissance sont homosexuels; discréditer l’Église et faire pression sur cette partie de l’Église qu’ils réputent intransigeante, et qui refuse de regarder la réalité des prêtres homosexuels.”



Un clergé au-dessus de tout soupçon


Les faits rapportés ne devaient plus faire débat au sein du Vatican. Vallini continue: «Les faits relatés ne peuvent pas ne pas susciter douleur et désarroi dans la communauté ecclésiale de Rome, qui connaît bien ses prêtres et ne les considère pas comme ayant une “double vie” mais une “vie solitaire”, heureuse, pleine de joie, en harmonie avec leur vocation, vouée à Dieu et au service des hommes, consacrée à la vie et au témoignage de l’Évangile, modèle de moralité pour tous.


«Ils sont plus de 1300, répartis dans nos 336 paroisses, ceux des oratoires, des multiples œuvres de charité, des établissements consacrés et autres réalités ecclésiales présentes dans l’université, dans le monde de la culture, dans les hôpitaux, aux frontières de la pauvreté et de la dégradation humaine, non seulement dans notre ville mais aussi dans des pays lointains et dans des conditions passablement difficiles.


«Qui connaît l’Église de Rome, où vivent également plusieurs centaines de prêtres venus du monde entier pour étudier à l’université, sans appartenir au clergé romain ni être impliqués dans des activités pastorales, ne peut se reconnaître le moins du monde dans la conduite de ceux qui mènent cette “double vie”. Ceux-ci n’ont pas compris ce qu’est le “sacerdoce catholique” et n’auraient pas dû devenir prêtres. Ils savent que personne ne les oblige à rester prêtres, si c’est seulement pour en tirer des bénéfices. La cohérence voudrait qu’ils se montrent au grand jour. Nous ne leur voulons aucun mal, mais nous ne pouvons accepter que leur comportement salisse l’honorabilité de tous les autres.»


En substance, le Vatican reconnaît que le problème mis au jour par l’enquête existe. Sur ce point, au moins, le doute n’est plus permis.


La déclaration du vicariat s’achève ainsi: “Devant de tels faits, nous adhérons avec conviction à ce que le Saint-Père Benoît XVI a répété à plusieurs reprises ces derniers mois: les péchés des prêtres renvoient tous à la conversion des cœurs et de la vie, et à veiller à ne pas souiller la foi et la vie chrétiennes en entamant l’intégrité de l’Église, en affaiblissant sa capacité prophétique et testimoniale, en ternissant la beauté de son visage. Ce vicariat s’emploie à poursuivre vigoureusement, dans le respect des règles de l’Église, tout comportement indigne de la vie sacerdotale.”


On peut toujours discuter de la forme et, si l’on veut, de la cruauté de l’enquête, mais la matière des faits existe bel et bien. Au point que le vicariat exhorte fermement les prêtres homosexuels à se dévoiler, à enlever leur soutane et à quitter l’Église.

 

Deuxième point très important. La déclaration officielle du Vatican se résume ainsi: c’est une affaire classique de brebis galeuses comme il y en a dans toutes les bonnes familles. Pour le reste, l’Église est peuplée de prêtres menant une vie conforme à leur vocation et assumant leur tâche. Des prêtres au service de Dieu et des hommes, des témoins de l’Évangile, des modèles de moralité pour tous.


Personne ne veut mettre tout le monde dans le même sac. Je n’ai jamais eu, et je n’ai toujours pas à l’heure actuelle, le moindre doute quant à l’existence de prêtres qui, tous les jours, se consacrent à la messe, viennent en aide aux ados et aux exclus, qui se brisent l’échine dans les oratoires, de missionnaires qui passent leur vie au service des autres dans des endroits où les gens comme nous ne tiendraient pas plus de vingt-quatre heures.

 

Là n’est pas la question. Si tu as un ami qui a un problème d’alcool ou de drogue, tu ne lui feras sûrement pas du bien en le plaignant et en mettant la cause de son mal-être sur le dos des autres: sa fiancée qui l’a trompé, son patron qui est un con, la société qui est corrompue et travaille seulement à sa propre chute. Si tu veux vraiment rendre service à cet ami, ton devoir est d’être franc, direct, cruel. Tu ne restes pas les bras ballants pendant qu’il s’éteint doucement. Si son sort te tient vraiment à cœur, tu lui dis ce qu’il en est vraiment. Que le problème est en lui, dans son ventre, dans sa tête. Qu’il faut qu’il se soigne. Tu restes auprès de lui, tu l’accompagnes; mais tu ne lui donnes pas de petites tapes sur l’épaule. Tu l’obliges à regarder son problème en face, tu le persuades de le résoudre en allant à la racine du mal.




Des ecclésiastiques qui ont une double vies


Ils sont très nombreux, les prêtres qui ont une sphère sexuelle cachée, une double vie. Peu importe qu’il s’agisse d’homosexualité ou d’hétérosexualité. Car personne ici ne songe à établir une distinction entre les prêtres qui aiment une femme et ceux qui aiment un homme. Au terme de cette enquête, le problème se révèle comme étant exactement le même.


Ça n’a pas été une entreprise facile que d’établir des chiffres susceptibles d’aider à circonscrire le phénomène. En effet, comme on s’en doute, il n’existe pas d’études ni de données officielles. Il faut se contenter d’estimations officieuses, partielles, contestables, qui n’auront certes pas la prétention d’affirmer une vérité scientifique, mais peuvent aider à saisir l’étendue du terrain sur lequel nous avançons.



Quelques statistiques


Les tentatives les plus probantes viennent des États-Unis. Selon lesinnombrables études du psychiatre Richard Siper, ex-moine bénédictin, ex-prêtre, 25% des prêtres américains ont eu des relations avec des femmes après leur ordination. 20% encore sont impliqués dans des relations homosexuelles, ou ont eu un conflit en rapport avec une activité sexuelle régulière, ou se sont sentis attirés par une activité homosexuelle, ou se sont identifiés comme homosexuels, ou ont eu au moins des doutes quant à leur orientation sexuelle. Richard Sipe a déclaré au Boston Globe: “S’il fallait éliminer tous ces prêtres qui ont des tendances homosexuelles, leur nombre serait tellement grand que ça aurait l’effet d’une bombe atomique. Cela signifierait la démission d’un tiers des évêques de par le monde.”

 

Le sociologue et écrivain James G. Wolfe a également mené des études, par le biais de questionnaires adressés à des prêtres. Il estime que 48% des prêtres américains sont gays. Ses conclusions sont les suivantes: 58% d’entre eux pensent que le célibat est un idéal plus qu’une loi à laquelle obéir. Ils sont 35% à le considérer comme un engagement à ne pas se marier, plutôt qu’à n’avoir aucune activité sexuelle. Et 41% à séparer leur vie sexuelle et leur vie de prêtre.


À l’automne 1999, le Kansas City Star a adressé un questionnaire à 3000 prêtres aux quatre coins des États-Unis. 801 réponses ont été recueillies: 75% des prêtres interrogés ont déclaré avoir une tendance homosexuelle, 15% se sont ouvertement déclarés homosexuels, et 5% bisexuels.


En 1990, un franciscain, le révérend Thomas Crangle, a envoyé 500 lettres à autant de prêtres sélectionnés au hasard; 398 ont répondu: 45% d’entre eux ont affirmé être gays.


Au Brésil, le Centro de Estatísticas Religiosas e Investigações Sociais, le Ceris, a mené une enquête anonyme sur un échantillon de 758 prêtres catholiques brésiliens: 41% ont admis avoir eu des rapports sexuels; la moitié d’entre eux s’affirment opposés au célibat.


La situation est comparable en Europe. Eugen Drewermann – ex-prêtre, écrivain, critique, théologien – soutient, études à l’appui, qu’en Allemagne, sur un total de 18.000 prêtres, 6000 au moins vivent avec une femme.


  

Le théologien Paul Zulehner a présidé de 2000 à 2007 la faculté de théologie de l’université de Vienne. Il a déclaré dans le journal autrichien Österreich que 22% des prêtres autrichiens évoquaient des relations avec des femmes. Il approuve par ailleurs d’autres études dans lesquelles le chiffre est de 50%. Il fait également référence à une enquête récente, effectuée sur un échantillon de 500 prêtres: 81% des prêtres interrogés prédisent l’abolition du célibat, et 51% se disent favorables à l’ordination des femmes. En outre, d’après un sondage effectué par des chercheurs de l’université Kepler de Linz sur 406 prêtres catholiques, il ressort que 59% des prêtres autrichiens réclament l’abolition du célibat obligatoire.

 

Le Guardian a avancé le chiffre de 1000 enfants nés de prêtres en Grande-Bretagne.


Selon Pat Buckley, évêque irlandais qui a créé un groupe de soutien aux femmes maîtresses de prêtres, 500 Irlandaises au moins ont une relation avec un prêtre catholique, sur un total de 1900 prêtres en activité.


La revue chrétienne espagnole 21rs a mené une étude, intitulée “Radiographie du clergé diocésain espagnol”, et conclut que 52% du clergé espagnol souhaitent que le célibat devienne facultatif.

 

Et en Italie? Rien de rien. Personne n’a jamais tenté d’ébaucher la moindre étude de ce type. Quant à entrer en contact avec des prêtres psychiatres en charge des cas les plus difficiles de religieux impliqués dans des affaires sexuelles, sûrement pas! Ils fuient les questions comme la peste. Ils ont peur. On peut parler de tout, sauf de sexe.


Extraits de “Sexe au Vatican – Enquête sur la face cachée de l’Église” –

document par Carmelo Abbate, éditions Michel Lafon, 2011

Photos: Google Images

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 20:19

Merci Guitel et à notre infatigable Mordé'hai !

 

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A lire de Mordé'haiL'acceptation d'un Etat juif par les arabes "palestiniens" est-elle possible ?

Lire aussi Un nouveau Moyen-Orient

 

Interview de Mordehaï Kedar

Par Guitel Ben-Ishay

du leptithebdo et pour © 2011 www.aschkel.info

 

Cette semaine, nous avons décidé de vous faire connaître un universitaire israélien original. Il s'agit du Docteur Mordehaï Kedar, politologue, spécialiste du Proche-Orient et professeur au sein du département arabe de l'université de Bar-Ilan. Il est reconnu comme un expert de la population arabe israélienne. Il a servi pendant de longues années dans les renseignements militaires où il s'est spécialisé dans les groupes islamiques, les discours politiques des pays arabes, la presse arabe, les médias de masse ainsi que la politique syrienne.

Ses idées sont réputées de droite. Il combat Shalom A'hshav et tous les mouvements populaires et médiatiques qui tendent à légitimer les revendications palestiniennes.

 

Il attache une importance particulière à la défense d'Israël dans les médias. En effet, il n'hésite pas à prendre la parole sur toutes les chaines de télévision internationales et notamment arabes puisqu'il s'exprime dans un arabe parfait.

Ainsi, on peut l'entendre sur Al-Jazeera défendre sans détours la centralité de Jérusalem. Cette intervention, diffusée en 2008, est restée célèbre en raison d'un passage où le journaliste d'Al-Jazeera l'enjoint de ne pas « effacer Al-Qods du Coran », ce à quoi Mordehaï Kedar répondra : « Al-Qods n'est mentionnée nulle part dans le Coran ». Le journaliste arabe en est resté sans voix. Ce professeur ose donc dire tout haut et sur un terrain hostile les vérités que nos ennemis cherchent à cacher.

 

Nous l'avons interrogé sur sa vision de la période que nous traversons : révolutions arabes, projet de déclaration unilatérale d'un Etat palestinien et cela dans un contexte de délégitimation croissante d'Israël.

 

 

Le P'tit Hebdo : Vous parlez l'arabe couramment. Pourquoi avoir choisi cette spécialité ?

Mordehai Kedar : J'ai eu un excellent professeur, Dov Yiron z''l. Il a su transmettre à ses élèves l'amour de la langue arabe. Nous étions un groupe de douze étudiants. Nous avions décidé de nous intéresser à l'étude approfondie du Proche-Orient. Dans cette perspective, les cours de ce professeur ont répondu à nos attentes et nous ont donné envie de poursuivre. Nous avons gardé de très bons acquis de cette expérience universitaire.

 

Lph : Vous êtes souvent interviewé par des chaînes arabes, notamment Al-Jazeera. Ne craignez-vous pas d'exprimer vos opinions dans de tels médias ?

M.K : Non, je ne vois pas pourquoi. Je ne crains que Hakadoch Barou'hou.

 

Lph : Vous avez fait votre thèse sur Hafez-El-Assad. Etes-vous surpris par la manière dont  son fils Bachar  gère la crise syrienne   ?

M.K : Pas du tout. En 1963, le parti Baas a pris le pouvoir. A partir de cette date, le régime syrien n'avait plus aucune légitimité et il ne l'a pas gagnée depuis. Comme toute structure imposée par la force, le régime Al-Assad a toujours gouverné sa population avec l'épée. Donc, les évènements actuels s'inscrivent dans cette logique et n'ont rien de surprenant.

 

Lph : Que vous inspirent toutes ces révolutions arabes ? Bientôt la démocratie ou plutôt l’islam extrémiste ?

M.K : Je suis certain que ces révolutions n'amèneront pas la démocratie. Il est envisageable que des dirigeants moins totalitaires remplaceront leurs prédécesseurs. Cependant, il faut être conscient qu'il ne s'agira jamais d'une démocratie au sens occidental du terme. Cette acception occidentale sous-entend des libertés politiques, des droits de l'homme et des minorités. Le traitement de ces droits et libertés restera inchangé. Il en ira de même en ce qui concerne les droits des femmes

Pour qu'il y ait démocratie, il faut percevoir un changement social. Celui-ci s'opère principalement par le développement d'outils sociaux permettant de gérer les conflits de manière non-violente. De plus, des préalables doivent être garantis : l'éducation et le changement de mentalité.

Le Moyen-Orient est encore atteint de tribalisme et de fanatisme religieux, empêchant le développement des mécanismes sociaux modernes permettant de gérer les conflits par des voies légitimes, c'est-à-dire, pacifiquement. L'Islam radical se développe, en général, dans le chaos, la confusion, dans un Etat de « non droit ».

Concernant nos voisins directs, j'ai déjà évoqué le cas syrien plus haut. Au Liban, il n'est pas impossible que l'on assiste à un scénario à l'iranienne sous l'influence du Hezbollah.

Pour ce qui est de l'Egypte, dans un proche avenir, « les Frères Musulmans » auront un rôle politique important, mais ils ne seront pas les seuls à jouer dans l'arène : ils se battront probablement contre l'armée pour obtenir le pouvoir dans le pays.

 

Lph : Qu'avez-vous pensé de l'attitude de Netanyahou lors de son dernier voyage aux Etats-Unis ? A-t-il été trop loin dans ses promesses ?

M.K : Selon moi, Netanyahou a adopté une stratégie qui consiste à « faire confiance » aux Arabes pour tout ruiner.

Il pense ainsi qu'il pourra apparaître tel un saint aux yeux d'Obama. Il laisse les Arabes se charger du travail de sabotage. Il pourra donc les désigner comme ceux qui bloquent toute avancée.

 

Lph : Dans quel sens devrait se faire la « hasbara » (défense d'Israël dans les médias) pour être efficace ? Y a-t-il vraiment encore besoin de « hasbara » ?

M.K : Cela ne fait pas l'ombre d'un doute !

L'idéal serait qu'Israël réussisse à mettre en place une chaîne de télévision par satellite, qui émettrait en anglais et en arabe, et, si possible, en français, en espagnol et en persan, afin d'atteindre directement le spectateur assis dans son salon. Nos positions doivent être clairement défendues et le développement d'un média multilinguistique permettrait d'éviter toute ambiguïté.

 

Lph : Comment voyez-vous la situation en septembre ? Le simple fait de montrer notre appréhension n’est-il pas le début de la défaite ?

M.K : Je ne pense pas.

Dans l'hypothèse où, au mois de septembre prochain, l'ONU voterait en faveur de la création d'un Etat palestinien, cela n'engagerait en rien Israël. Le monde ne pourra pas lui imposer l'existence de cet Etat.

Au final, les Palestiniens auront certes obtenu une déclaration mais n'auront toujours pas d'Etat.

 

Lph : Si vous aviez beaucoup d’argent quel beau cadeau offririez-vous à votre pays ?

M.K : Deux chaînes de télévision par satellite : une en arabe et une en anglais et en français.

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 09:19

 

 

Un grand merci à Guy Millière

 

Merci Gisèle, Merci Avraham

 

Émeute à Jérusalem pour la conférence de Guy Millière

Par Gisèle NINIO-GRYNBERG

pour © 2011 leptithebdo et © 2011 www.aschkel.info

 

 

Le P'tit Hebdo organisait, dimanche 22 mai, une conférence exceptionnelle avec Guy Millière. Grand défenseur d'Israël, il a attiré la foule pour ce rendez-vous. « C'était l'émeute! », nous décrit Avraham Azoulay. Et pour cause, la salle du centre Frankforter où se tenait la conférence, contenait 120 places, or ce ne sont pas moins de 200 personnes qui se sont présentées !! Après avoir réussi à rajouter les chaises manquantes, l'exposé pouvait commencer. Mais Guy Millière n'était, lui, toujours pas arrivé !Quelle émotion, juste un léger retard, il sera tout excusé!

S'il défend Israël « c’est, nous dit-il, parce que je défends la vérité et la justice et cela me vaut de nombreux ennemis et l’impossibilité de publier mes articles dans la presse française. Je ne peux donc m’exprimer librement que dans mes livres. Mon dernier ouvrage au titre provocateur intentionnellement « Comme si se préparait une seconde Shoah » a été totalement occulté par tous les médias français. ».

Après ce préambule, l’orateur nous a dressé un tableau plutôt noir et angoissant de la situation planétaire et plus particulièrement de celle des Etats-Unis d’Obama. Ce que certains appellent « le printemps arabe »  serait plutôt pour lui un « hiver islamique ». La phase de mutation que connait la planète a son centre à Washington et la politique intérieure américaine d’Obama a des répercussions mondiales incalculables. En effet, Obama est en train de transformer l’Amérique et surtout son économie. Il a déjà étatisé 16% de l’économie. La dette a augmenté et a été multipliée par 3 depuis son arrivée à la Présidence. Pire : il a opté pour une réduction des armements ce qui entraîne une baisse de la crédibilité internationale américaine. Sa politique environnementale n’est guère meilleure : il a imposé un moratoire aux sociétés pétrolières ce qui a entraîné une augmentation du chômage dans cette branche.

La conséquence de cette politique intérieure est la montée en puissance de pays qui vendent des matières premières comme le Brésil et l’Iran.

Pourquoi cette politique ? C’est pour mettre les Etats-Unis en état de dépendance. Entouré de conseillers comme Farid Zaccaria et Thomas Friedman, tous deux anti-israéliens, Obama a épousé leur thèse selon laquelle les Etats-Unis ne doivent plus être LA grande puissance mondiale. Ils doivent s’effacer. Nos deux « penseurs » croient que si ça va mal dans le monde c’est parce que les Etats-Unis sont trop puissants et, par conséquent, qu’il faut donner plus de pouvoir à l’ONU. Obama est pour un monde multipolaire : chaque civilisation a son propre mode de fonctionnement, ce qui l’amène à accepter les dictatures (Chine, Iran, Syrie). Ce qui est contraire à la doctrine traditionnelle des Etats-Unis. De plus, Zaccaria soutient qu’on peut s’entendre avec l’Islam radical. Cette philosophie politique explique qu’Obama a laissé l’Iran avancer et devenir une puissance régionale et hégémonique, qu’il ne s’est pas opposé au virage de la Turquie qui a basculé dans le camp de l’Iran en restant toutefois membre de l’OTAN ( !), que l’Arabie Saoudite, mécontente, se rapproche elle aussi de l’Iran. Car la vision de l’administration américaine aujourd’hui repose sur le principe que pour avoir un Moyen-Orient stable, il faut un Iran hégémonique et les Frères Musulmans au pouvoir dans les pays environnants.

Dans ce tableau catastrophiste, où se place l’Europe ? Selon Guy Millière, elle est en déliquescence économique et morale ce qui la rend très vulnérable. Elle est munichoise dans le cœur. De ce fait, elle fait la cour aux plus forts. En Europe, il y a une « obamalâtrie » et en parallèle, une diabolisation obligatoire d’Israël.  Cette diabolisation d’Israël est devenue une accoutumance et comme l’explique l’historien de l’antisémitisme Léon Poliakof, l’accoutumance facilite les choses. C’est ainsi qu’en Europe, on s’est accoutumé à l’idée que si Israël disparaissait, tout irait mieux.

Pour Israël, c’est une situation d’orage. Mais Israël a les moyens de résister : son économie est florissante, il détient un certain leadership dans le domaine des hautes technologies alors qu’autour de lui, le monde arabe s’effondre sur le plan économique.

Israël doit surtout changer de discours. Il faut qu’il passe à l’offensive et qu’il explique ses positions avec force et conviction.

Les auditeurs et les organisateurs, les journalistes de israel7 et infolive .tv, ont été enthousiasmés par cette soirée qui a prouvé que les Justes existent encore. Le P'tit Hebdo continuera à les encourager! 

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 04:36

 

 

Merci Guitel

 

Interview de Guy Millière

 Par Avraham Azoulay

pour leptithebdo et  © 2011 www.aschkel.info


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Guy Millière est un écrivain français, éditorialiste pour Israël Magazine et chroniqueur pour  des sites d'informations, tels que drzz.info. Il est un de ces « nouveaux Justes », qui bien que non-Juif, ne craint pas de s'engager dans la voie minoritaire de la défense d'Israël. Il sera en Israël, du 18 au 24 mai, pour une série de conférences. A cette occasion, il nous a expliqué les raisons de son engagement, de son attachement au peuple juif et sa vision des événements qui secouent notre époque.

 

Le P'tit Hebdo : Qu'est-ce qui vous a amené à vous impliquer autant pour la cause israélienne plus que pour une autre?

Guy Millière : Je trouve que ce que le peuple d’Israël a accompli en soixante-trois ans est admirable à de nombreux égards. Je pense que quiconque est imprégné d’amour pour l’humanité ne peut qu’aimer Israël. Au vu de toutes les falsifications et de toutes les incitations à la haine subies par Israël, c’est un pays que, pour des raisons éthiques, je dois défendre. Je fais un travail intellectuel pour dire la vérité et la faire avancer. Je dis la vérité. Je pense avoir une responsabilité particulière en continuant à la dire dans un contexte où  le mensonge est omniprésent. Israël est victime du mensonge. Mon rôle est de combattre le mensonge et de le faire reculer, autant que faire se peut.

                                             

Lph : Ne regrettez-vous jamais ce choix lorsque vous faites l'objet d'attaques ?

G.M : Non. Je regrette, bien sûr, ces attaques et je les trouve déplorables et nauséabondes. Voir que l’on peut dire que je suis d’extrême-droite parce que je défends Israël et que je lutte contre l’antisémitisme sans faire la moindre concession me semble particulièrement répugnant. Mais subir des attaques déplorables, nauséabondes et parfois répugnantes ne m’incite pas à courber la tête, au contraire. Et, connaissant l’histoire de l’antisémitisme, connaissant la façon dont le peuple juif a été si souvent traité dans l’histoire, cela me permet de comprendre un peu mieux encore ce que c’est qu’être détesté et traîné dans la boue sans la moindre raison.  J’en déduis qu’il existe une pathologie mentale chez ceux qui m’attaquent. Mes valeurs ont toujours été la défense des droits de l’être humain, de la liberté individuelle et de la liberté de penser, me trouver confronté à la bêtise et à la méchanceté ne me fera pas changer mes valeurs.

 

Lph : Votre dernier ouvrage, « Comme si se préparait une seconde Shoa », porte un titre que certains ont jugé choquant. Pourquoi l'avez-vous choisi ?

G.M : J’ai voulu que le titre soit choquant car la situation présente est choquante. J’ai rédigé ce livre en observant la remontée de l’antisémitisme en Europe et la montée parallèle d’une diabolisation d’Israël. Je relis souvent Léon Poliakov, et je pense que ce qu’il a écrit sur la façon dont la shoah avait été rendue possible par une accoutumance des peuples européens à la haine des Juifs est très pertinent. Je veux que les non-Juifs en Europe aient conscience de ce qui est en train de se passer, et ce livre leur est adressé. C’est une façon pour moi de leur dire : vous rendez-vous compte de la monstruosité vers laquelle vous vous laissez entraîner ? Je dis aussi à mes amis Juifs dans le livre qu’il n’y aura pas de seconde shoah parce que le peuple juif est debout, parce qu’Israël existe, et que le peuple d’Israël ne laissera pas le mal triompher une seconde fois. Le livre explique les engrenages qui conduisent l’Europe à renouer avec l’antisémitisme et à se conduire d’une façon de plus en plus vile, lâche, vis-à-vis d’Israël. Il explique aussi, et cela me semble important, que le peuple américain, lui, ne tournera jamais le dos à Israël, quand bien même toute une gauche universitaire et médiatique américaine, elle, se trouve contaminée par l’antisémitisme et l’ « antisionisme » européens.

 

Lph : Où se trouvent les lacunes de la diplomatie israélienne lorsqu'il s'agit de justifier les actions de son Etat?

G.M : Je pense qu’Israël, depuis les accords d’Oslo, est dans une position trop défensive. Je pense qu’il serait nécessaire de davantage rappeler l’histoire et de souligner bien plus certains faits. Un Etat arabe a été créé sur 80% des terres du Mandat palestinien. Il y a donc déjà un Etat arabe palestinien, la Jordanie. Ni l’Autorité Palestinienne ni le Hamas n’ont de légitimité : ce sont des organisations essentiellement terroristes. Les médias palestiniens regorgent de propagande haineuse. Le préalable à tout dialogue devrait être la transformation des médias palestiniens en des médias dignes de ce nom et le changement des programmes scolaires palestiniens. Il faudrait demander aux dirigeants européens et américains ce qu’ils pensent à ce sujet, et le faire ouvertement et explicitement.

 

Lph : Ce n'est pas la première fois que vous venez en Israël. Que préférez-vous dans ce pays ?

G.M : Il est difficile de faire une réponse brève. J’aime la diversité, la liberté, la tolérance, le dynamisme qu’on ressent partout en Israël. J’aime le peuple israélien. Partout où je suis allé, j’ai toujours rencontré en Israël de la gentillesse et de la générosité.

 

Lph : Qu'est-ce que vous inspire la situation politique française qui voit monter le Front National d'une part et les courants islamiques d'autre part ?

G.M : La France me semble être présentement un pays très malade. La population française ressent un déclin et ne trouve des réponses dans aucun discours politique : cela conduit à des crispations et à des tentations de repli. Le Front National est porteur de ces tentations de repli. C’est un parti nationaliste, protectionniste, socialiste dans son programme économique, et très profondément xénophobe. Jean-Marie Le Pen est antisémite. Je ne pense pas que sa fille le soit, mais il y a toujours au sein du Front National de nombreux antisémites. Les courants islamiques n’ont pas de représentation politique, mais la montée de l’islam fait peur à de nombreux Français, et dès lors que la gauche pratique l’aveuglement volontaire devant la montée de l’islam et que l’UMP pratique une forme d’apaisement, il ne reste à ceux qui entendent exprimer leur crainte qu’à se tourner vers des mouvements de repli identitaire tels que le Front National. En 2007, il a été possible d’avoir un espoir en Nicolas Sarkozy : cet espoir s’est largement dissipé. La situation est très triste : il n’existe aucun mouvement politique en France aujourd’hui qui soit porteur d’un esprit de liberté économique, d’ouverture à la mondialisation, et d’amitié envers Israël et les Etats-Unis.

 

Lph : Les Juifs de France sont partagés : pour certains, la France est un pays franchement hostile à Israël, pour d'autres un pays franchement ami. Sont-ils paranoïaques ou naïfs?

G.M : C’est un fait, la France a eu une attitude amicale envers Israël jusqu’au milieu des années 1960. Je ne sais à quel degré cette attitude était sincère : il y avait sans doute en elle une part de calcul politique.  Mais depuis les lendemains de la guerre d’Algérie, s’est mis en place ce qu’on a appelé la « politique arabe de la France » : la France s’est appuyée sur le monde arabe pour nouer avec lui des liens privilégiés lui permettant, espérait-elle, de se donner de la puissance en Europe. La France est devenue peu à peu prisonnière de sa politique arabe : il lui est quasiment impossible de revenir en arrière. La présence d’une population arabe nombreuse en France pèse désormais lourdement dans l’équation. Toute politique qui serait trop favorable à Israël serait porteuse de risques de ruptures de contrats avec des pays arabes et d’émeutes dans ce qu’on appelle les « banlieues de l’islam ». La France ne peut pas avoir une politique favorable à Israël. Cela irait à l’encontre de quarante années au moins de diplomatie française. Cela irait à l’encontre de la façon dont les esprits sont travaillés par les médias. En termes électoraux, un candidat à une élection en France doit tenir compte, en supplément, de l’électorat musulman, et celui-ci pèse beaucoup plus que l’électorat juif. La France ne peut pas être ouvertement hostile à Israël, car les souvenirs du pétainisme restent : mais la France se conduit comme un pays hostile à Israël, hypocritement, de biais, pour toutes les raisons que je viens d’indiquer. En ce moment, malgré le rapprochement entre l’Autorité Palestinienne et le Hamas, la France continue à parler de « processus de paix » et continue à dire officiellement que si le « processus de paix » ne redémarre pas d’ici là, elle votera aux Nations Unies au mois de septembre en faveur de la reconnaissance d’un Etat palestinien déclaré unilatéralement. Les Juifs de France qui voient tout cela ne sont pas paranoïaques : ils observent ce qui se passe autour d’eux. Ceux qui ne voient rien pratiquent l’aveuglement volontaire. Ceux qui, depuis Saint Germain des Prés critiquent le gouvernement israélien et s’obstinent à voir en des gens tels que Mahmoud Abbas des « partenaires pour la paix » se bercent d’illusions et viennent, par leurs attitudes et leurs propos, renforcer les rangs des ennemis d’Israël.

 

Lph : Quel est votre regard sur ces Juifs de France qui ont décidé de faire leur vie en Israël ?

G.M : Je pense qu’ils ont fait un choix fécond et juste. Je comprends que certains hésitent à franchir le pas. La situation en France, et plus largement en Europe, va empirer. Contribuer à faire qu’Israël soit un pays encore plus fort, plus dynamique et plus fécond est une attitude noble et juste. Je me reconnais moi-même de moins en moins dans ce que devient la France. C’est un constat que je fais avec tristesse, mais que je ne peux éviter de faire. Je crains que la vie pour les Juifs de France ne devienne plus difficile encore dans les années à venir. Les Juifs qui seront discrets ou qui vivront dans un repli communautaire pourront subsister et rester dans le pays. Les Juifs qui ne parleront jamais de leur identité juive pourront rester aussi. Les Juifs qui s’affirmeront Juifs et a fortiori les Juifs qui défendront Israël feront face à une hostilité croissante, tout comme les non-Juifs qui défendront Israël.

 

Conférences en Israël :

Ashdod, le mer 18 mai à 20h : Shavei Tsion, 25 rue Sinaï, quartier Alef (08 852 7362)

Natanya, le jeu 19 mai à 20h : Hôtel Palace, 33 rue Gad Machnès (0 507 507 896)

Jérusalem, avec le P'tit Hebdo, le dim 22 mai : Centre Frankforter, 80, Derekh Bethle'hem

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 04:32

Merci Abraham

 

 

Tout feu, tout flamme

 Par Avraham Azoulay

Editorial pour le leptithebdo et  © 2011 www.aschkel.info

 

Les Israéliens, toutes générations confondues, dans la catégorie "tout feu, tout flamme", sont les champions du monde… Après le traditionnel barbecue de Yom Haatsmaout, les adultes rassasiés passent le flambeau aux enfants, qui vont à leur tour éclairer le pays. Qui oserait les stopper dans leur course de ''feu folie'' à la recherche de chaque ''lingot'' de bois ? Pleins d'enthousiasme et de frénésie, ils ramassent tout ce qui peut brûler, nous réchauffer de leurs brasiers crépitants et chaleureux...

Aucune comparaison avec la tête en feu de nos voisins ! Un feu ravageur –  celui de la haine, de la violence, de la mort. Ce qui se passe ces jours-ci à nos frontières doit être pris au sérieux ; être interprété comme un signe de D. qui nous dirait : ''Regardez, enfants d'Israël, vous qui voulez distribuer votre terre, capituler face à votre histoire ... Plus les frontières rétrécissent, à coup de bluff, de sourires et de fausses signatures... plus le danger est proche, et le risque de brûlure important.'' Assad et Haniyeh ont voulu imiter leur idole Erdogan en nous envoyant leurs ''flottilles'' terrestres aux portes du Golan et de Gaza... Ainsi, pendant quelques jours, ils détournent l'attention et font basculer la pression sur Israël. Les Syriens ne veulent qu'une chose : mettre le feu ! Peu importe où, comment, à quoi et à quel prix. Tsahal, pleine de retenue et de maîtrise face à la violation de ses frontières, est bien moins dangereuse que le Baas, qui mitraille sans vergogne ses propres citoyens. Cette réserve, c'est la rançon exigée par un Occident qui s'est infiltré petit à petit dans nos têtes, et qui voudrait contrôler à présent nos soldats. S'il fallait encore une expérience pour nous éclairer, ce scénario en dit long sur ce qu'ils appellent "le droit au retour" des ''réfugiés''... Les pays occidentaux  traumatisés par les guerres et les problèmes d'une immigration qu'ils subissent sans comprendre ni réagir, observent sans en tirer aucune leçon, ces mouvements anarchistes de foules en furie. La volonté de paix rapide et sans discussion de l'Europe ne résout pas le conflit : au contraire elle ne fait que l'exacerber. Aujourd'hui, malgré toutes les questions en suspens, il y a une "paix" relative. L'économie pour les Arabes vivant en Judée-Samarie se porte plutôt bien, ils n'ont aucune inquiétude pour circuler librement, et ont plus d'autonomie qu'ils n'en n'ont jamais eue dans un quelconque pays arabe. Même dans la Bande de Gaza, sous le régime terroriste du 'Hamas, tant que ce dernier cesse ses attentats, les Gazaouis peuvent aspirer à une vie normale, avec l'électricité et le gaz d'Israël. En soutenant unilatéralement une fausse déclaration d'indépendance, l'Europe pourrait  anéantir ce fragile statu quo...

En attendant, nous, c'est dans le bonheur et l'espoir que nous allons fêter Lag Baomer, grâce à tous les enfants d’Israël rassemblés autour des feux de joie, du petit hassid de Méa Shéarim au collégien de Tel Aviv. Par l’union de leurs chants, de leurs danses,  de leur lumière et de leur foi, ils font venir la guéoula qu'on attend tous avec confiance.

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 19:08

 

Superbe analyse de Yéochoua

 

 

Etiquettes relatives ou absolues, sur humains et produits

Par Yéochoua SULTAN  

 © 2011 www.aschkel.info


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Article précédent : Monologue de "l'humaniste israélien"

 

Les étiquettes sont des appellations, flatteuses ou incriminantes, qui sont apposées aussi bien à des personnes, des groupes ou mouvements, politiques, professionnels, sportifs, etc., des distinctions, que sur des objets ou des produits. Les étiquettes comportent fréquemment, en dehors de la désignation, un adjectif.

Elles ont tendance à être trompeuses, incitent à aimer ou à se méfier, contrairement à des désignations neutres de quantités, ou de prix au volume ou au kilo.

Commençons par les produits de consommation courante, avant de passer aux êtres animés ; nous verrons cependant que les mêmes procédés s'appliquent aux deux catégories, celle de l'homme comme celle de l'objet.

Considérons au hasard un produit de consommation courante, le blé soufflé, qui sert principalement de goûter ou de petit-déjeuner pour les enfants. Il sera bien plus attrayant s'il est présenté dans un grand carton brillant et en couleur, avec le dessin d'un animal au grand sourire humanisé, pour l'enfant.

Pour le parent acheteur, ce qui le rendra attrayant et attirant, c'est une mention du type «enrichi en vitamines», avec au moins une lettre de l'alphabet, A ou E, mais pourquoi pas plusieurs: vitamines A, B, C, D, E etc.

De plus, le prix affiché peut donner l'illusion d'être à bien meilleur marché que ce que coûte le blé soufflé habituellement, induction renforcée par une mention trompeuse comme «prix de lancement». Puis, une fois à la maison, en peu de temps, le produit est entièrement consommé.

Dans la majorité des cas, les parents se fient à leur intuition qui les conduit là où les experts en publicité, présentation, étiquettes et tentation l'auront décidé pour eux: s'il n'y en a plus, c'est que le produit est bon, et qu'il faut courir en acheter un stock. Même si la méthode n'est pas infaillible à coup sûr, elle reste rentable.

Peu sont ceux qui feront attention à la petitesse du sachet renfermé par le grand carton, ni à l'indication du poids, de 750 g dans le meilleur des cas, qui relève d'un bon tiers le prix au kilo, sans aucun mensonge explicite, en comparaison de celui que le consommateur avait cru comprendre. Il est vrai que certaines grandes surfaces ont voulu jouer la transparence: pas de couleurs sur l'emballage, pas d'emballage démesuré, et surtout la mention du prix au kilo à côté de celle du prix du produit proposé.  

Outre la présentation d'un produit, et la méthode qui joue sur les dimensions et la flamboyance de la façade, le client a besoin de connaître la taille de ce qu'il achète. Le poids pouvant rester une notion trop abstraite, il doit savoir directement s'il s'agit du petit, du moyen ou du grand paquet. Il n'ira pas acheter un tube de dentifrice de 125 ml ni un paquet de lessive de 5;8 kg, mais grand tube ou un paquet moyen.

C'est d'ailleurs la mention qu'il recherchera sur le paquet. L'étalage lui vient en aide, les différentes quantités étant classées par ordre de grandeur à hauteur de charriot, quand ce dernier devra, soit dit en passant, pour la commodité du vendeur, être le plus grand possible, pour que le client n'ait pas l'impression de s'être déplacé pour un petit achat s'il ne le remplit pas assez. Oubliant ou ignorant toute notion de volume ou de poids, les seuls repères qui permettront au consommateur de se retrouver consistent dans les positionnements relatifs de la gamme des quantités d'un produit donné, ce qui veut dire qu'un client qui veut un paquet moyen, qui durera suffisamment longtemps mais qui n'encombrera pas trop l'espace de son logement, le prendra toujours en considérant le petit et le grand paquets présentés de part et d'autre de l'objet visé.   Donc, peu importe s'il prend une boîte de cinquante ou de cinq cents sparadraps, du moment qu'il sera rassuré par la vue de boîtes de trente et soixante-dix sparadraps dans le premier cas et de trois cents et sept cents dans le second.

Un autre phénomène, en matière de consommation, consiste en la déflation du langage, qui fait que grand paraît petit. Il est fort probable que la perte de l'importance du langage soit aussi due à un effet du commerce.

En supposant que la lessive était vendue à un moment donné dans des sacs d'un, de deux et de trois kilos, ce dernier était donc le grand format. Si on a ensuite vendu de la lessive dans des emballages de cinq kilos, sans supprimer celui d'un kilo, le grand n'est pas devenu mezzo pour que le nouveau soit le grand, mais on a ajouté un adjectif plus fort pour le nouveau paquet: géant, par exemple.

Il en va de la qualité de la même façon que pour la quantité. Donc, si un produit lavait de façon satisfaisante, on disait qu'il lavait bien. En le perfectionnant, il a fallu passer à super hyper extra, quand bien ne voulait plus dire grand-chose. Parfois, le produit ne change ni en qualité ni en quantité, ce sont simplement les clients trop sollicités qui deviennent blasés. Par conséquent, le même produit présenté jadis comme bon, avec l'érosion de la portée du sens, a été présenté par la suite comme excellent, génial, fantastique, puis par tous les adjectifs en une seule tirade.

Apparemment, le genre humain n'apprécie guère les valeurs par trop absolues, peut-être parce qu'il est lui-même en évolution permanente vers sa décrépitude qu'accentue l'inaltérabilité relative de l'inerte, supérieur à lui par son immuabilité. Il n'aime pas le poids, la hauteur ou le volume, ni même des appellations pour lui trop figées, trop rigides.

Il aime que le grand devienne petit, pour que le géant devienne moyen et le fantastique grand. Il n'aime pas non plus le magnum, le jéroboam et le réhoboam. Ces contenants de liquides, qui représentent en volume deux, quatre et six bouteilles de 3/4 litre, ne permettent ni de jouer, ni de relativiser.

Et il n'est pas question non plus de rendre le réhoboam plus grand, de sorte que le magnum fasse du coup six bouteilles. D'autres formats existent déjà: le mathusalem, le salmanazar et le balthazar ; ils font respectivement huit, douze et seize bouteilles. Ces termes, pour parler de la taille de bouteilles, sont tellement rébarbatifs, soulants voire, qu'ils ont tendance à être oubliés de la langue commune. (J'avoue que j'ai dû avoir recours à de la doc.) L'homme n'aime pas l'étiquette absolue, mais relative, se relativisant lui-même au regard de son milieu.

Pourtant, dans d'autres cas, quand il est lui-même attitré, et pour ne pas remettre en question son prestige, il affectionne au contraire les valeurs rendues absolues. Ne dites pas que les titulaires du brevet ou même du bac ont le niveau d'un certificat d'études de la génération précédente, ou de deux générations en arrière. Ils ont le bac, point final. Ne demandez pas non plus pourquoi des diplômés d'écoles de journalisme écrivent souvent moins bien que leur grand-mère. On affectionne à relativiser son entourage, matériel ou moral, mais on se pose en valeur absolue.

Dans la société, les mêmes principes régissent les mentalités. Une société laïque ne parlera pas des gens religieux, quand ils sont censés la déranger, mais des orthodoxes. Dévaluation du langage aidant, ils deviendront peu à peu ultra-orthodoxe, super-hyper-extra-ultra-orthodoxes… pas encore, me signale-t-on depuis les coulisses?

Peut-être, mais ça viendra. Mais que faire alors si, en dehors des gens religieux qui ne font de tort à personne, on avait d'un seul coup à se mesurer à d'autres religions qui chercheraient à imposer sans «charrier» leur loi? Pas de panique, la langue n'est pas si pauvre, et on parlerait alors de fondamentalisme ou d'intégrisme. Nous voilà donc rassurés.

En politique, tout se classe également sous des étiquettes: extrême-gauche, gauche, centre, droite, extrême-droite. Si vous êtes politicien et que vous défendiez une idée juste, vos opposants, s'ils ne trouvent pas d'arguments, dirons: «Attentions, c'est de la politique d'extrême-gauche, gauche, centre, droite, extrême-droite (biffez les mentions inutiles), et ils ne réussiront jamais à nous entraîner, car nous ne pactiserons jamais avec l'extrême-gauche, gauche, centre, droite, extrême-droite (idem)».

Ces temps-ci, on parle surtout du dernier mouvement de cette liste. Le communisme ne fait plus peur depuis l'effondrement de l'ex Union soviétique et du rideau de fer. Mais, si on parle de la France, par exemple, on peut se poser la question suivante: l'extrême-droite s'est-elle dépréciée, tout comme la licence de lettre d'aujourd'hui vaut un bac de français d'avant la réforme Haby, auquel cas, elle ne fait plus peur, ou est-elle au contraire restée la même, et alors c'est le public qui s'endort et qui devrait à juste titre réactualiser la portée de son appellation, avec des superlatifs à n'en plus finir?

L'extrême droite est-elle une constance ou est-elle tout simplement le parti le plus à droite de l'échiquier, de la même façon que la boîte de trente pansements devient la plus grande quand il n'y a plus que des boîtes de dix ou de vingt, pour reprendre l'image citée plus haut, ou de la même façon qu'un homme d'un mètre cinquante est grand chez les pygmées et petit chez les globe-trotters?

C'est un peu la question que se posent les Juifs de France. Ils sentent que leurs droits et leur sécurité ne sont plus garantis, qu'ils sont souvent pris à partie par le type même de l'antisémitisme qui les a poussés à quitter les pays du sud de la Méditerranée. Ils sont en proie non plus à l'indifférence mais au cynisme des autorités qui approuvent les brimades dont ils font l'objet, n'y voyant que de l'antisionisme, et faisant mine de ne pas comprendre que les Juifs s'entêtent à soutenir Israël, ce qui se voit sur leur visage sans qu'ils n'aient besoin de le dire, si on se fie, encore une fois, à la nonchalance des autorités.

Sept cents zones de non-droit, où les autorités n'interviennent plus, sont recensées en France selon des études américaines dont les résultats sont dissimulés ailleurs, et l'insécurité grandissante dans les transports, rendent pour eux le sol incertain, d'où ils se sentent peu à peu contraints de partir.

D'un autre côté, ce qui est communément désigné comme l'extrême droite leur fait miroiter la fin du laxisme. Or, il se pourrait qu'ils se retrouvent alors en train de faire un choix entre le marteau du rétablissement d'un ordre qui pourrait les exclure et l'enclume d'un changement inexorable de l'identité du pays. L'un des plus infaillibles moyens de le savoir avant le fait accompli et analysable, c'est de laisser s'exprimer la principale intéressée, c'est-à-dire la direction féminisée d'un parti trentenaire. Bien entendu, des réserves s'imposent, le langage des politiciens n'est jamais le même avant et après les élections, «ils paraissent aimer, mais ils ignorent celui qui s'est fait connaître d'eux à l'heure de sa souffrance» (Pirké Aboth, chapitre II).

De surcroît, une direction nouvelle, même sincère, peut cacher un noyau dur indéfectible. Une occasion de découvrir se qui se cache sous cette façade a été manquée, quand une pression-panique a fait annuler une émission sur une radio judaïque de Paris, Radio-J, mais elle s'est représentée quand un autre rendez-vous a été fixé sur une autre radio, israélienne d'expression française, la radio 90 FM, le 30 mars dernier.

Après les déclarations rassurantes prévisibles, affirmant que le FN n'est ni xénophobe, ni raciste ou antisémite, la patronne de la formation n'a pas jugé bon de défendre les droits d'Israël sur sa terre et sa capitale éternelle, contrairement aux prises de position qu'il faut malheureusement considérer comme engagées dans le contexte actuel d'un Wilders aux Pays-Bas.

Là, elle a chanté à l'unisson de la Ligue arabe, de l'Arabie Saoudite et des dirigeants d'Europe qui considèrent comme une chance, on ne sait comment, pour leur pays de voir les idéologies de ces dernières s'épandre chez eux.

En revanche, elle n'essaye pas d'étouffer Israël par l'anathème économique, et des clameurs exigeants la mort des Juifs n'ont pas été entendues dans des manifestations de son parti mais à gauche.

Donc, des éléments de réponse peuvent être apportés, sans grands risques d'erreur. Le langage «modéré», absurdement considéré comme tel, à savoir celui de la démarche visant à interdire aux Juifs l'accès à Jérusalem et au plus grand de ses lieux saints, l'esplanade du Temple, et à installer une autorité terroriste qui pourra bombarder leurs villes, se retrouve aussi bien chez le FN que chez le président français en poste actuellement.

Aussi, entre le marteau et l'enclume, ce sera toujours l'enclume du glissement d'identité nationale, et pour ce qui est des étiquettes relatives ou absolues, celle du FN semble bien s'être nettement relativisée.

Pour reprendre l'image des bouteilles, il ne reste plus en magasin que des mignonettes (5cc), des fillettes (37,5) et des clavelins.

Donc, la grande bouteille ne fait plus que soixante-deux centilitres. Et, à moins d'une manœuvre auprès de l'opinion, d'un mimétisme feint, dans un décor «modéré», l'extrême droite n'est plus que le plus grand des petits récipients.     

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 20:21

 

Merci Guitel

 

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Interview  de Michel Gurfinkiel

 

Par Guitel Ben-Ishay

pour leptithebdo et pour  © 2011 www.aschkel.info

 

Au milieu de toute la littérature pro-palestinienne, il se trouve certains auteurs et intellectuels qui osent défendre un autre point de vue. Michel Gurfinkiel est de ceux-là. Journaliste et écrivain, il exerce également des responsabilités aux Consistoires de France et de Paris. Il a publié récemment un ouvrage au titre provocateur :

Israël peut-il survivre ? La nouvelle règle du jeu.

Nous l'avons interrogé sur ce livre. Il nous a fait part de ses analyses sur de nombreux sujets qui nous touchent particulièrement.

 

Le P'tit Hebdo : Vous avez publié de nombreux ouvrages sur le thème d'Israël. Pourquoi ?

Michel Gurfinkiel : Je suis juif, et c’est une bonne raison, en soi, de s’intéresser à Israël. Mais je pense que je l’aurais fait si je ne l’avais pas été. L'histoire du peuple d'Israël et de la nation israélienne moderne est extraordinaire, singulière et unique. A ce titre elle a toujours fasciné l’ensemble de l'humanité. Avec d’ailleurs des conséquences diverses et multiples, qui vont de l'affection au rejet. 

Lph : Vous êtes le fondateur et le président de l'Institut européen de géopolitique Jean-Jacques Rousseau. Vos prises de position envers Israël vous ont-elles porté préjudice dans votre travail ?

M.G : Personne ne m’a ouvertement empêché de dire ou d'écrire ce que je pensais. Et si j’ai souvent été en butte à des formes feutrées de censure ou d’ostracisme dans certains médias ou dans certains milieux, mon « non-conformisme » m’a valu, dans d’autres médias et d’autres milieux, une curiosité ou une attention particulière, même ou surtout si l’on ne partageait pas mes idées. Ceci compense cela.

Lph : Venons-en à votre dernier livre. Pourquoi un tel titre ? Ne craignez-vous pas de faire le jeu de ceux qui pensent justement qu'Israël n'est pas viable ?

M.G : L’un des thèmes de mon livre est qu’Israël est beaucoup plus sain, performant, fonctionnel et donc viable que la plupart des autres pays du début du XXIe siècle. Mais il est aussi le seul Etat au monde que d’autres Etats ou des organisations militantes refusent de reconnaître ou veulent détruire. Israël vient d’être admis à l’unanimité à l’OCDE, le club des pays les plus riches, les plus développés et les plus libres du monde. Mais parallèlement, il fait l’objet de condamnations répétées et massives à l’Onu, une organisation dominée par des Etats sous-développés, dysfonctionnels et non-démocratiques. Dans un tel contexte, la question de sa survie à moyen ou long terme est donc pertinente et légitime. En tout cas, on me l’a posée si souvent que j’ai décidé d’y répondre méthodiquement.

Lph : Ce livre est très documenté et extrêmement précis dans les faits et les chiffres. A qui le destinez-vous en priorité ?

M.G : Aux Juifs, aux Israéliens, et aux non-Juifs pro-israéliens, en espérant qu’il les aidera à mieux cerner les enjeux et mieux défendre Israël. Mais aussi aux personnes qui ne connaissent pas Israël ou qui souhaitent, en toute bonne foi, s’informer sur le conflit qui oppose depuis si longtemps ce pays à ses voisins arabes ou islamiques. Et même à ceux qui sont a priori hostiles à Israël mais qui acceptent d’entrer dans un vrai débat. J’ai conçu et écrit ce livre de manière à ce qu’il soit accessible et utile à tous les lecteurs.

Lph : Avez-vous cherché à pallier les déficiences de la « hasbara », de la défense d’Israël auprès de l’opinion publique mondiale?

M.G : Tout n’a pas été négatif, loin de là, dans les efforts de « hasbara » des autorités israéliennes. Mais certains thèmes, porteurs, ont été en effet sous-estimés, pour des motifs idéologiques ou pragmatiques. Les Israéliens ont longtemps hésité, par exemple, à mettre en parallèle le problème des réfugiés juifs des pays islamiques et celui des réfugiés arabes palestiniens, ou à rappeler comment le problème des réfugiés arabes a été artificiellement grossi, au lendemain même de la guerre de 1948. Ils ont négligé des arguments importants en matière de droit international, notamment sur le droit du peuple juif à l’ensemble de la Terre d’Israël. Ils ont également minimisé l'aspect fondamentalement religieux du conflit. J’ai essayé de revenir sur ces questions et de les expliciter.

Lph : L'un des chapitres s'intitule : « Barack Hussein Obama ». Comment le jugez-vous par rapport à ses prédécesseurs?

M.G : Le peuple américain a toujours eu une grande empathie naturelle avec le peuple juif et Israël, fondée sur l’héritage biblique mais aussi sur ce que l’on a appelé « l’hébraïsme politique », une doctrine qui voit dans le judaïsme une des sources majeures de la démocratie moderne. Au niveau des dirigeants américains, les choses sont plus complexes. Depuis 1948, les présidents américains n'ont pas toujours apporté un soutien sans faille à Israël, loin de là. Certains d’entre eux ont été profondément hostiles à l’Etat juif, notamment Jimmy Carter ou George Bush père. Ronald Reagan, qui a été globalement pro-israélien tout au long de ses deux mandats, de 1981 à 1989, est passé lui-même par une brève phase anti-israélienne en 1982.

Dans ce contexte, le comportement distant et souvent négatif de Barack Obama, au moins dans les deux premières années de son mandat, n’a rien d’exceptionnel. La principale différence, c'est que le président actuel cherche à « désoccidentaliser » la nation américaine, à mettre fin à l’ancrage judéo-chrétien de l'Amérique, à ouvrir ce pays aux autres cultures ou religions, et notamment à l’islam. Une telle évolution  serait certainement très dangereuse pour Israël. Une Amérique qui cesserait de fonder son identité sur la Bible s’éloignerait nécessairement de l’Etat juif.

Lph : Qu'est-ce que la mort d'Oussama Ben-Laden va changer pour Barack Obama ?

M.G : Le président cherche à instrumentaliser cette exécution extrajudiciaire à des fins politiciennes. Il prétend qu’il a « donné l’ordre » en arrivant à la Maison Blanche, de retrouver Ben-Laden et de l’éliminer. En réalité, cet objectif était depuis 2001 le premier de la guerre contre le terrorisme déclenchée par son prédécesseur, George W. Bush. En termes stratégiques, la mort de Ben-Laden ne changera rien. Al-Qaïda n’est pas une organisation centralisée, mais une galaxie d’organisations autonomes, unies par une même idéologie mais capables d’opérer indépendamment les unes des autres.

Lph : Vous parlez aussi de la « rue arabe ». Quelle est votre analyse des révolutions arabes ?

M.G : Il n’y a pas une révolution arabe, mais plusieurs révolutions plus ou moins simultanées, avec des origines et des portées différentes. Jusqu’à présent, la plupart de ces mouvements restent enfermés dans le populisme unanimiste qui domine le processus politique arabe : l'ochlocratie (« pouvoir de la foule ») pour lui donner son nom savant. Les gouvernements tombent, mais la société ne change pas, et les blocages demeurent. A commencer par la détestation fantasmatique de l’Occident et d’Israël. La vraie révolution dont le monde arabe a besoin est d’ordre culturel : une conversion aux valeurs de diversité, de différence, de tolérance, de liberté individuelle sans lesquelles la démocratie politique n’est qu’un leurre. Nous n’y sommes pas encore.

Lph : La volonté affichée de beaucoup d'États, dont la France, de reconnaître un État palestinien déclaré unilatéralement fait-elle partie de ce que  vous appelez le « scenario Zacharie » ?

M.G : Les évènements tels qu'ils se déroulent actuellement ne sont pas sans rappeler ce qui est décrit dans ce livre biblique : une coalition mondiale qui monte à l’assaut d’Israël. Même si cette épreuve ne fera, selon le prophète Zacharie, que précéder une intervention divine et la libération finale et complète du peuple juif, elle a de quoi inquiéter. L'Europe actuelle est très hostile à Israël. Je ne trouve aucune excuse aux dirigeants européens lorsqu'ils parlent de reconnaître un Etat palestinien dans les « frontières de 1967 ». Ces frontières « internationales » qu’ils prétendent octroyer aux Palestiniens, ils en privent, jusqu’à ce jour, les Israéliens, notamment en refusant d’installer leurs ambassades à « Jérusalem-Ouest ». Cette contradiction est un aveu : une partie des classes politiques européennes et une partie plus large encore des chancelleries européennes militent en fait pour le démantèlement d’Israël en tant qu’Etat.

Lph : Quel regard portez-vous sur les Juifs francophones qui ont décidé de s'installer en Israël ?

M.G : Israël peut-il survivre ? Oui. Je ne serai pas aussi affirmatif quant à l'avenir des communautés juives d'Europe. Je ne suis pas rassuré lorsque je vois l'évolution de la société française, par exemple.

Ceux qui ont fait le choix de l'Alya ont fait le bon choix. Pour eux. Et pour Israël. A travers son vécu et son expérience historique, le judaïsme français et francophone apporte beaucoup, me semble-t-il, à l'État juif.

 

« Israël peut-il survivre ? La Nouvelle règle du jeu ». Par Michel Gurfinkiel. Editions Hugo & Cie, 19,50 euros.

Points de vente : Librairie Vice-Versa à Jérusalem (1 rue Shimon ben Shatah)

                         Librairie du Foyer à Tel-Aviv (14 kikar Masaryk).

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 08:07

 

Merci Guitel,

 

 

Interview de Nicole Guedj – Présidente de la Fondation France-Israël - par Guitel Ben-Ishay

du leptithebdo 

pour  © 2011 www.aschkel.info

 

 

Nicole Guedj, née à Constantine, est une juriste et femme politique française. Elle est membre de l'UMP et a, notamment occupé le poste de secrétaire d'Etat en 2004. Elle est très engagée sur de nombreux terrains, surtout sociaux et humanitaires. Depuis deux ans, elle préside la Fondation France-Israël. Dans ce cadre, elle organise une visite de petits-enfants de Justes parmi les Nations, à Yad Vashem et dans tout le pays pour la deuxième année consécutive. Cette année, cette délégation était présente pour commémorer Yom Hashoa. A cette occasion, nous avons interrogé Nicole Guedj sur la Fondation France-Israël, ce voyage et sa vision de la politique française.

 

Le P'tit Hebdo : Qu'est-ce que la Fondation France-Israël ?

Nicole Guedj : Elle a été créée en 2005 par Jacques Chirac et Ariel Sharon. L'idée était de prolonger le réchauffement des relations entre la France et Israël au-delà des sphères politiques et diplomatiques et de promouvoir les échanges entre Français et Israéliens. Depuis sa création, la Fondation soutient ainsi les domaines scientifiques, culturels et économiques. Récemment, nous avons initié Isralink, un réseau social, principalement destiné aux entreprises françaises et israéliennes. L'objectif est d'agir sur tous les terrains où des échanges sont possibles.

 

Lph : Pourquoi faire venir des petits-enfants de Justes en Israël ?

N.G : Pour ces petits-enfants, qui ont entre 20 et 30 ans, il s'agit d'effectuer un double travail de mémoire : d'une part vis-à-vis de leurs grands-parents et d'autre part à l'égard des victimes de la Shoa.

Par ailleurs, ce voyage leur permet de porter un autre regard sur Israël que celui associé à un pays d'hommes armés, en conflit. Ils découvrent un Etat d'une grande richesse culturelle ainsi qu'une terre d'innovation. Ils rencontrent également des Israéliens et échangent avec de jeunes soldats.

Du point de vue israélien, ces rencontres sont également bénéfiques. Par la présence de ces descendants de Justes parmi les Nations, en Israël, la France présente ses héros et ses Justes. Ainsi, lorsque l'on parle de la France, ce n'est plus l'image du pays antisémite et ayant collaboré avec les nazis qui vient à  l'esprit.

Pour moi, il s'agit d'un projet très important puisqu'il permet au passé de continuer à exister et au présent et à l'avenir de s'exprimer ; tout ceci pour une meilleure compréhension entre nos deux pays.

Cet évènement, largement soutenu en France, a d'ailleurs reçu un chaleureux encouragement de la part du Président Sarkozy qui nous a félicités lors de son intervention au dîner du CRIF.

Le Président israélien, Shimon Peres soutient, lui aussi, avec force toutes nos actions. Il en va de même pour le gouvernement israélien, dans son ensemble. Ainsi, Avigdor Lieberman a souhaité me rencontrer lors de sa récente venue en France, pour me faire part des attentes qu'il plaçait dans notre fondation.

 

Lph : Et les participants quel souvenir en gardent-ils ?

N.G : Nous avons rencontré à la veille de notre départ pour Israël, les jeunes qui ont participé au projet l'an dernier. Lorsqu'ils évoquent leur voyage, l'émotion est palpable.

Pour ce qui est des 20 personnes que nous emmenons cette année, elles abordent ce voyage avec beaucoup d'impatience et de curiosité.

 

Lph : Vous avez occupé et occupez toujours diverses responsabilités politiques en France. Quelle est votre analyse de la politique française à l'égard d'Israël ?

N.G : Je tiens à souligner que Nicolas Sarkozy est un ami véritable d'Israël. Il le prouve à chaque fois qu'il en a l'occasion.

Dans le cadre de mes fonctions, je peux, chaque jour, mesurer l'appui de la France envers Israël. Parmi les membres du Conseil d'administration de la Fondation France-Israël figure, notamment, Christian Masset, un membre du Quai d'Orsay. Il est l'une des personnes les plus engagées, efficaces et actives de notre Fondation.

Nous devons nous méfier des raccourcis péjoratifs et peu constructifs concernant le ministère des affaires étrangères ou la politique française en général.

Ce que je veux dire, c'est que la France compte beaucoup d'amis d'Israël dans les rangs de ses diplomates et hommes et femmes politiques. Notre devoir est de les soutenir et de les encourager.

 

Lph : Vous avez été membre de la Commission Stasi (2002) relative à l'application du principe de laïcité en France. Que dire du débat qui secoue la France aujourd'hui autour de ce thème ?

N.G : Je pense qu'il est toujours bon de débattre. Mais permettez-moi de remarquer que les travaux de la Commission Stasi avaient déjà fait le tour de ces questions.

Il est fondamental qu'aucune communauté ne se sente stigmatisée.

De mon point de vue, il serait préférable de réaliser l'ensemble des recommandations émises par la Commission Stasi, et notamment la création d'un observatoire de la laïcité.

Celui-ci permettra, entre autres, de définir ce qu'est une transgression du principe de laïcité et l'ampleur des phénomènes posant problème. Par exemple, il est évident qu'il faut interdire la burqa mais nous devons être conscients de l'ampleur très limitée de ce phénomène religieux.

La France doit rester l'exception qu'elle est en matière de laïcité : un pays libre et tolérant.

 

Lph : Au mois de novembre 2012, seront élus des députés représentant les Français de l'étranger. Que pensez-vous de cette catégorie inédite de représentants ?

N.G : Je trouve cette démarche très importante. Nos compatriotes expatriés doivent être davantage associés au destin de notre Nation.

Israël est un pays qui compte beaucoup de francophones ; le député qui les représentera fera valoir les valeurs de la francophonie en Israël et fera le lien entre les deux pays, comme le fait la Fondation France-Israël.

Quelque soit le candidat qui sera élu, il aura tous mes encouragements, tout mon soutien et pourra compter sur ma collaboration sans faille.

 

Lph :  Un mot pour la communauté francophone d'Israël ?

N.G : Je veux lui témoigner ma profonde affection. Le choix que ces Français ont fait est le bon. Au sujet de l'Alya, ma position est claire depuis de nombreuses années : chaque homme et chaque femme doit pouvoir choisir son destin dans la liberté, par conviction et par passion, jamais par peur.

Notre vie en France est certes enviable, mais ceux qui ont choisi de vivre en Israël méritent toute mon affection.

Je m'intéresse, de longue date, au destin d'Israël et de ses habitants. Ma mission guide mes pas et mes pensées vers eux.

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