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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 16:26

 

Emmanuel-NAVON.jpg

 

 

L’idéologie politique de la délégitimation d’Israël, par Emmanuel Navon

 


Merci au Dr Emmanuel Navon

 


 

 

Journée nationale du crif à Toulouse, 28 novembre 2010
 
Le fait que nous parlions de la délégitimation d’Israël constitue en soi une anomalie.  Y-a-t-il un autre pays au monde dont la légitimité est remise en cause ?  Et y-a-t-il un autre pays au monde dont la légitimité est évoquée dans les relations diplomatiques ?  En février 2004, par exemple, le porte-parole de l’Élysée publia un communiqué confirmant l’attachement de la France à la légitimité de l’État d’Israël (lors de la visite officielle du Président israélien en France).
 
L’Élysée a-t-il jamais publié un communiqué confirmant l’attachement de la France à la légitimité de la Norvège, de la Tunisie, ou du Pakistan ?  Non.  Donc il y a bien là une anomalie, un cas à part.  Le communiqué de l’Élysée que j’ai cité partait d’une bonne intention. Mais, en réalité, ce communiqué prouve que la légitimité d’Israël ne va pas de soi.
 
Il y a certes dans le monde de nombreux peuples dont le droit à disposer d’eux-mêmes est contesté.  Par exemple, la Chine conteste le droit du Tibet et de Taïwan à devenir indépendants, de même que le Maroc s’oppose à l’indépendance du Sahara occidental ; que la Turquie, l’Iran et l’Iraq s’opposent à l’indépendance du Kurdistan ; que la Géorgie s’oppose à l’indépendance de l’Ossétie du Sud ; que le Sri Lanka s’oppose à l’indépendance des Tamouls ; que l’Espagne s’oppose à l’indépendance du Pays Basque et de la Catalogne.  La liste est plus longue, mais vous remarquerez qu’il y a deux points communs entre les cas que j’ai cités.
 
Premier point commun : il ne s’agit pas là de pays souverains et internationalement reconnus, mais de peuples qui aspirent à une indépendance qui leur est refusée. Deuxième point commun : ces peuples ne sont pas dépourvus de leur droit à disposer d’eux-mêmes pour des raisons idéologiques, mais pour des raisons de pouvoir. 
 
Le seul cas sensiblement à part est le Kosovo, puisqu’il s’agit d’un État indépendant dont la légitimité est contestée par des pays comme la Russie et la Serbie.  Mais la Serbie s’oppose à l’indépendance du Kosovo pour des raisons de pouvoir.  Et la légitimité du Kosovo n’intéresse que les Serbes et les Russes.  Le reste du monde s’en moque éperdument.  Imaginez-vous une conférence du CRIF à Toulouse intitulée : « L’idéologie politique de la délégitimation du Kosovo ? » Croyez-moi qu’avec un tel titre, vous auriez fait salle vide.
 
Israël, en revanche, est un État souverain, et sa légitimité est remise en cause pour des raisons idéologiques.
 
C’est pour des raisons idéologiques que Mahmoud Ahmadinejad dit qu’Israël doit disparaître (le douzième Imam ne reviendra que lorsqu’Israël aura été vaincu). 
 
C’est pour des raisons idéologiques que les Islamistes disent qu’Israël est une abomination (seule une souveraineté musulmane peut être tolérée en Terre d’Islam).
 
C’est pour des raisons idéologiques que l’extrême gauche européenne s’oppose à l’existence d’Israël même dans sa configuration d’avant 1967 (le sionisme est un avatar du colonialisme européen).
 
C’est pour des raisons idéologiques que certains ultra-orthodoxes juifs s’opposent à l’existence de l’État d’Israël (le sionisme constitue une révolte contre la volonté divine).
 
Et c’est pour des raisons idéologiques que les post-sionistes en Israël remettent en cause la nécessité et la légitimité de l’État juif (les Juifs ne constituent pas une nation et donc ils ne méritent pas leur auto-détermination dans le cadre d’un État-nation).
 
Parmi ceux qui remettent en cause la légitimité d’Israël, beaucoup affirment que leur opposition au sionisme n’est pas idéologique, mais découle uniquement des actions d’Israël.  Ils citent l’occupation, le statut privilégié dont jouissent les Juifs, les guerres engendrées par l’existence d’Israël, et le côté artificiel et inauthentique du nationalisme juif.  Mais, clairement, toutes ses accusations, qu’elles soient fondées ou non, s’appliquent à beaucoup d’autres pays dont la légitimité n’est pourtant pas remise en cause par les accusateurs d’Israël. 
 
L’occupation du Chypre par la Turquie ne vaut pas à ce pays la remise en cause de son droit à exister.  Le statut privilégié dont jouissent les ethnies dominantes dans tous les États-nation du monde (dont les États-nation européens) ne transforme pas ces pays en la cible d’attaques idéologiques.  Personne ne propose de démanteler le Rwanda à cause de la deuxième guerre du Congo.  La Jordanie est un pays artificiel créé par le colonialisme britannique, mais la légitimité du Royaume hachémite n’est pas remise en cause.
 
Donc, oui, la délégitimation d’Israël est un phénomène à part.  Comment s’explique-t-il ?
 
J’affirme que la cause ultime de la délégitimation d’Israël découle du fait que le sionisme dérange.  Et il dérange des personnes qui ont de telles différences idéologiques entres elles, que la seule chose qui les unit est leur opposition au sionisme.
 
Songez-y.  Lorsque Théodore Herzl publia Der Judenstaat en 1896, il suscita des oppositions de tous bords.  Pour les Juifs européens bien intégrés dans les démocraties occidentales, le sionisme était non seulement inutile, mais constituait également une régression historique.  Pourquoi rétablir un État juif après l’émancipation ?  Pour Herzl, les Juifs émancipés de France, d’Angleterre et d’Allemagne se fourvoyaient.  L’Affaire Dreyfus le convainquit que l’émancipation était un leurre et que, même assimilés et déjudaïsés, les Juifs ne seraient jamais acceptés comme citoyens à part entière.
 
Ce désaccord entre Herzl et les Juifs occidentaux portait sur la question de l’émancipation : faillait-il oui ou non croire que l’émancipation allait tenir ses promesses ?  Mais il y avait aussi un débat, plus théorique et plus philosophique, sur la question de savoir si le nationalisme juif n’était pas incompatible avec le judaïsme.  Telle était la ligne de pensée des philosophes Juifs allemands comme Herman Cohen, Franz Rosenzweig et Martin Buber.  Pour eux, les Juifs ont une mission civilisatrice incompatible avec le pouvoir politique.  On ne peut pas prêcher l’éthique et servir d’exemple moral à l’humanité tout en pratiquant le machiavélisme et en maniant les armes.
 
On aurait pu penser que la Shoah avait clôt ces deux débats.  Les doutes de Herzl sur l’émancipation furent tragiquement confirmés par le génocide des Juifs perpétué en Europe.  Quant à Herman Cohen, le prophète de la symbiose intellectuelle et culturelle entre l’Allemagne et les Juifs, sa femme périt à Auschwitz.
 
Je dis bien « on aurait pu penser » parce que les Juifs antisionistes n’ont jamais désarmé en dépit de ce que la Shoah a prouvé au-delà de tout doute.  Certes, la Shoah rallia la plupart des Juifs et une partie du monde à la cause sioniste.  Mais la nécessité et la légitimité d’un État juif continuèrent d’être contestées par les Juifs eux-mêmes.
 
Je ne parle pas de l’opposition théologique de certains groupes Juifs ultra-orthodoxes comme les Nétourei-Karta.  Je parle de l’opposition idéologique des Juifs idéalistes.  Martin Buber a attendu cinq ans avant de quitter l’Allemagne nazie.  Il ne voulait pas croire que l’Allemagne était en train de sombrer dans la barbarie, mais d’un autre côté il fallait bien sauver sa peau.  Il s’installa à Jérusalem, où il devint professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, mais il ne vint pas par sionisme.  Il était opposé à l’établissement d’un État juif et plaidait pour un État binational entre Juifs et Arabes.
 
Pourquoi ?  Parce que, comme Herman Cohen et le reste des idéalistes juifs kantiens, Buber pensait que les Juifs doivent constituer un exemple de moralité et que le pouvoir étatique est incompatible avec cette moralité.  Évidemment, Buber n’était pas sans ignorer les conséquences tragiques du manque de pouvoir étatique pour les Juifs, puisqu’il a été témoin de la Shoah.  Mais sa réponse, qui est également celle des Juifs post-sionistes ou antisionistes contemporains, est que la Shoah fut un événement unique qui ne peut pas se reproduire et qui par conséquent ne justifie pas l’établissement d’un État juif.
 
Buber s’opposait au leadership sioniste, celui de Herzl puis de Ben-Gourion.  Herzl et Ben-Gourion pensaient que le pouvoir était une nécessité et qu’il n’était pas nécessairement corrupteur.  Au contraire : c’est justement dans le cadre de son pays souverain que le peuple juif pourra faire renaître sa civilisation et sa culture, et contribuer pleinement à l’humanité.  Mais la justification du sionisme était partiellement négative : il fallait un État juif pour mettre fin à l’antisémitisme ; il fallait un État juif pour que les Juifs puissent vivre en sécurité dans un monde cruel ; il fallait un État juif pour que les Juifs cessent d’être un peuple anormal et aient un pays comme tout le monde.
 
Or c’est justement cette justification négative du sionisme qui contribue partiellement à la délégitimation de l’État d’Israël.  L’État d’Israël a-t-il mit fin à l’antisémitisme ?  Non, il n’a fait qu’en devenir l’alibi politiquement correct.  L’État d’Israël a-t-il mit fin à la précarité du peuple juif ?  Non plus : un Juif américain vit plus en sécurité qu’un Juif israélien victime de terrorisme, de tirs de roquettes et menacé par un Iran nucléaire.  Et les Juifs ne sont pas devenus plus normaux depuis qu’ils ont leur État : Israël est l’obsession du monde, et c’est un pays qui n’a toujours pas de frontières reconnues et dont la légitimité même est de plus en plus remise en cause.
 
Et parce que le sionisme n’a pas réussi à mettre fin à l’antisémitisme, à la vulnérabilité des Juifs et à leur statut à part parmi les nations, que les idées de Buber refont surface aujourd’hui.  Finalement, le jeu en valait-il la chandelle ?  Quel est l’intérêt de vivre en état de guerre permanent et d’être empêtré dans un conflit insoluble si de toute façon on vit mieux et en sécurité à Los Angeles ou à Paris ?  Et n’est-il pas dommage d’avoir remplacé le Juif intellectuel, polyglotte et cultivé par l’Israélien rustre, guerrier et provincial ?
 
Certes, Buber et ses acolytes étaient considérés comme des universitaires rêveurs dans la Palestine britannique des années 1930.  C’est avec son ami Yehuda Magnes, qui était à l’époque Président de l’Université hébraïque, que Buber fonda le mouvement Brit Shalom qui militait pour un État binational.  À l’époque, la plupart des Juifs s’étaient ralliés au sionisme à cause de la Shoah.  Buber et Magnes étaient minoritaires.  Mais ils eurent une grande influence sur la fabrique intellectuelle de l’Université hébraïque de Jérusalem.  Et de plus en plus de voix en Israël aujourd’hui se font entendre pour dire que, finalement, c’est peut-être eux qui avaient raison.
 
Par exemple, Avraham Burg, ancien Président de la Knesset et de l’Agence juive, en appelle à mettre fin à la définition d’Israël comme État juif et à annuler la Loi du Retour. 
 
Comment expliquer qu’Avraham Burg soit devenu post, ou antisioniste ?  Sans entrer dans la polémique sur le personnage, je pense que sa mutation est due au fait qu’il n’est pas prêt à rester sioniste si le pouvoir acquis par les Juifs s’avère incompatible avec le niveau de moralité qu’il exige du peuple juif. Tant qu’il y avait des perspectives de paix et de normalisation, les sionistes platoniques étaient prêts à accepter ce mal nécessaire d’un État-nation juif.  Mais puisque le conflit semble insoluble, puisque la violence perdure, et puisqu’Israël est condamné à utiliser la force et à faire des victimes pour survivre, alors les idéalistes retirent leur soutient au sionisme et en appellent à rétablir la pureté morale juive en s’émancipant du pouvoir étatique.
 
On retrouve cet antisionisme chez de nombreux intellectuels juifs contemporains, tels que Noam Chomsky, Norman Finkelstein, Georges Steiner, ou Mike Marqusee.  Que disent-ils, en somme ?  Que le sionisme a dégradé la morale juive et est devenu un facteur de violence et de haine.
 
Donc l’idéologie politique de la délégitimation d’Israël est avant tout une idéologie juive.  C’est une idéologie qui considère que la moralité et le pouvoir sont potentiellement incompatibles et que, quand cette incompatibilité devient patente et insoluble, il faut préférer la moralité au pouvoir.
 
Personnellement, je préfère être moral à 80% et vivant, que moral à 100% et mort.  C’est entre autres pour cela que je suis sioniste.  Et je ne vois pas pourquoi les Juifs doivent être le seule peuple au monde à être exempts du dilemme entre pouvoir et valeurs.
 
Ce dilemme existe pour tous les peuples qui prônent certaines valeurs.  Les États-Unis ont été fondés sur des idéaux de liberté et de valeurs judéo-chrétiennes, mais quand la liberté du monde était menacée, l’Amérique a rasé Dresde et fait exploser deux bombes atomiques sur le Japon. Cela signifie t-il que les États-Unis aient perdu leur légitimité ?  Non, cela signifie que les États-Unis ont fait face et continuent de faire face aux dilemmes d’une démocratie en guerre.  Exiger que seuls les Juifs soient déchus de leur droit à l’autodétermination lorsqu’ils sont confrontés à de tels dilemmes consiste à appliquer une politique de deux poids-deux mesures à Israël et au reste des pays démocratiques.
 
Un deuxième élément de l’idéologie politique de la dé-légitimation d’Israël consiste à nier l’existence du peuple juif.  On ne peut pas remettre en cause la légitimité de l’État-nation juif sans remettre en cause la légitimité de l’État-nation en général.  Donc ceux qui veulent délégitimer Israël parce qu’Israël est un État-nation se trouvent piégés s’ils ne veulent pas que la légitimité de leur propre État-nation soit elle-même remise en cause.  D’où la tentative d’affirmer que les Juifs ne constituent pas une nation et donc qu’ils n’ont pas droit à un État-nation.
 
Bien entendu, la définition d’une nation n’est pas une science exacte.  C’est même un sujet polémique et idéologique.  Je me souviens d’un article publié il y a plusieurs années de cela par l’ancien député Azmi Bishara dans la revue israélienne Théorie et Critique.  Dans cet article, Bishara (un Arabe israélien de formation universitaire) construit tout un argumentaire sur la base d’auteurs qui nient l’authenticité du nationalisme, pour dire que l’identité nationale et une chimère et que la nation est toujours une invention sans bases historiques et ethniques réelles.
 
Et donc, bien entendu, si le nationalisme n’est qu’une idéologie artificielle, cela est vrai également du sionisme, le nationalisme juif.  Or Bishara se garde bien d’appliquer ce raisonnement au nationalisme arabe en général et au nationalisme palestinien en particulier.  Au contraire : il se déclare lui-même comme un nationaliste arabe.  Donc les théories marxistes et postmodernes qui remettent en cause l’authenticité et la légitimité de l’identité nationale et du nationalisme ne valent que pour délégitimer le nationalisme juif, mais pas pour délégitimer le nationalisme arabe.
 
De la même manière que l’historien israélien Shlomo Sand affirme qu’il n’y a pas de peuple juif, mais il se garde bien d’affirmer qu’il n’y a pas de peuple palestinien.  
 
Clairement, les gens « décident » à qui discerner le pédigrée de peuple en fonction de qui les arrange idéologiquement et politiquement.
 
Si les Juifs ont une culture, une histoire, une langue, une terre et une religion communes, ils constituent bien un peuple.  Quoi que disent les théories politiques et anthropologiques sur ce qui constitue un peuple (et ces théories sont nombreuses), lorsqu’un groupe d’individus se considère comme peuple, nier un tel sentiment d’appartenance collective relève de l’arrogance et souvent de l’hypocrisie –comme dans le cas d’Azmi Bishara par exemple.
 
Mais parce que les Juifs constituent à la fois un peuple et une religion, cela sert d’argument à certains pour tenter de délégitimer l’État juif.  Un État, nous dit-on, ne peut pas être à la fois juif et démocratique.  Il doit cesser d’être un État juif pour devenir un État de tous ces citoyens.
 
Ironiquement, cette affirmation est l’une des formules favorites des députés arabes à la Knesset.  Le fait que l’État juif soit le seul pays du Proche-Orient dans lequel les citoyens arabes jouissent de droits civiques et d’une entière liberté d’expression, ne leur empêche pas d’avoir le culot d’accuser Israël de discrimination à leur égard.
 
Par ailleurs, ils veulent qu’Israël devienne ce qu’ils appellent un État de tous ses citoyens, mais l’État palestinien qu’ils disent vouloir établir n’est pas appelé, lui, a être un État de tous ses citoyens.  Ce sera un État-nation arabe avec l’Islam comme religion officielle.  Cet État ne tolèrera pas de minorité juive et continuera de maltraiter sa minorité chrétienne.  Bien que théoriquement un État puisse être à la fois arabe et démocratique, une telle entité politique n’a jamais existé dans les faits. 
 
Comme tous les autres États-nations démocratiques, Israël octroie un statut culturel privilégié à la nation dominante, et honore les droits civiques des minorités.  La France est à la fois l’État nation du peuple français et une démocratie dans laquelle tous les citoyens jouissent des mêmes droits civiques et sont égaux devant la loi.  Il en va de même de pays comme la Suède, le Japon ou Israël.  La langue nationale de la  Suède est le Suédois, l’hymne national suédois chante la gloire de la Suède, et les enfants suédois apprennent l’histoire de la Suède à l’école.  L’enfant d’un immigrant turc ne se reconnaît pas dans cette culture qui n’est pas la sienne, mais il jouit des mêmes droits que ses concitoyens.
 
Il en va de même en Israël.  La langue nationale est l’Hébreu, l’hymne national chante le retour à Sion et la liberté du peuple juif, et les enfants apprennent l’histoire juive à l’école.  Les citoyens arabes d’Israël ne se reconnaissent pas dans cette culture dominante, mais ils jouissent des mêmes droits civiques que la majorité juive.
 
Ceux qui exigent qu’Israël abandonne son identité nationale pour que la minorité arabe ne se sente pas brimée culturellement doivent exiger la même chose de tous les États-nations démocratiques.  Que la France, par exemple, reconnaisse l’Arabe comme langue officielle, que la Marseillaise soit remplacée par un hymne qui s’excuse du passé colonial de la France, et que le drapeau français ajoute une bande de couleur verte pour que les Musulmans de France se reconnaissent dans ce drapeau.
 
Pourquoi seule Israël devrait-elle abandonner ses symboles nationaux pour accommoder les sensibilités de ses minorités ?  Ceux qui n’exigent une telle renonciation uniquement d’Israël et d’aucun autre État-nation démocratique prouvent bien qu’ils n’ont rien contre l’État nation en tant que tel.  Ils ont uniquement un problème avec l’État-nation juif.
 
Confrontés à un cas aussi flagrant d’hypocrisie et de double standard, les détracteurs d’Israël ont un contre-argument.  Les Juifs ne sont pas une nation mais une religion et donc leur État n’est pas un État nation.  Mais, comme je viens de le montrer, cet argument ne tient pas la route parce que les Juifs constituent bien une nation et que nier l’existence d’une nation découle toujours de motivations idéologiques et politiques.  À cela, les antisionistes répliquent que, même en admettant qu’il y ait une nation juive, cette nation est intrinsèquement liée à la religion juive, ce qui invalide de facto l’État-nation juif.
 
Il est vrai que les Juifs constituent un cas assez exceptionnel, puisque leur identité nationale est liée à leur religion.  Mais pourquoi cela devrait-il invalider leur droit à disposer d’eux-mêmes ?
 
La religion Shinto est propre au Japon.  Le catholicisme fait partie intégrante de l’identité nationale dans des pays tels que l’Italie, la Pologne et l’Irlande.  La Reine d’Angleterre est à la fois Chef de l’État et Chef de l’Église anglicane.  Le Pakistan, l’Iran, l’Afghanistan et la Mauritanie sont des Républiques islamiques.  L’Islam est la religion officielle des pays arabes.  Le Bouddhisme a un statut quasi-officiel en Thaïlande.  Dans tous les cas cités, la religion occupe un rôle central dans l’identité nationale.  Cela porte-il atteinte à la légitimité de ces pays ?
 
Chaque peuple a le droit de définir son identité comme il l’entend.  L’identité nationale américaine est fondée sur les valeurs de la Constitution, sur l’idéal de liberté, et sur le double héritage judéo-chrétien et gréco-romain.  L’identité nationale française est essentiellement culturelle.  L’identité nationale japonaise est purement ethnique.  On devient américain en adoptant les valeurs de l’Amérique et on devient Français en intégrant la culture française, mais on ne devient pas Japonais.
 
Et, en vérité, la définition juive de l’identité nationale est plus proche de la définition américaine ou française que de la définition japonaise.  Il n’y a pas d’ethnie juive.  Qu’il soit blond aux yeux bleus, Éthiopien ou Indien, un Juif est un Juif.  C’est par la conversion religieuse qu’on devient juif.  Mais on n’a pas besoins d’être religieux pour être juif.  C’est bien par l’adhésion à une culture, à des valeurs et à une histoire commune que se définit l’identité nationale juive.
 
Donc l’idéologie politique de la délégitimation d’Israël a une double origine.  La première consiste à exiger des Juifs un niveau de morale supérieur à celui des autres peuples et à nier le droit des Juifs à l’autodétermination lorsque qu’ils ne parviennent pas à concilier cette morale supérieure à la réalité du pouvoir politique.  La deuxième origine consiste à nier l’authenticité de la nation juive et à disqualifier le droit des Juifs à l’auto-détermination sur la base du fait que l’identité juive est partiellement liée à la religion.
 
Comme je l’ai montré, ces deux idées sont discriminatoires, puisqu’on exige des Juifs ce que l’on exige d’aucun autre peuple, et que l’on nie au Juifs ce que l’on nie à aucun autre peuple. 
 
L’ironie, bien sûr, est que les penseurs les plus authentiques et les avocats les plus convaincus des idées antisionistes sont des Juifs.  L’antisionisme des non-Juifs est en réalité plus banal et moins intéressant.  Les musulmans ne supportent pas que les anciens dhimmis puissent être souverain en terre d’Islam.  Les athées ne souffrent pas que le peuple de la Bible refuse de témoigner de la mort de Dieu.  Les chrétiens (à l’exception des évangélistes) ont du mal à digérer la renaissance du peuple banni.  Les marxistes ne pardonnent pas aux sionistes socialistes d’avoir abandonné le socialisme mais d’être restés sionistes. 
 
Nous connaissons ces idées, et ce ne sont pas elles qui menacent Israël.  La vraie menace vient de l’intérieur.  Elle vient de Juifs qui, sous prétexte de moralité et d’universalisme, mettent leur peuple en danger.
 
Pour répondre à ce danger, il faut redéfinir le sionisme en termes positifs et pas en termes négatifs.  Le but du sionisme n’est pas seulement d’offrir un refuge aux Juifs menacés.  Il est de faire renaître et de faire fleurir une civilisation trois fois millénaire et de faire contribuer cette civilisation exceptionnelle au progrès de l’humanité.
 
Et il faut bien comprendre que cette civilisation ne pourra pas survivre et contribuer à l’humanité sans pouvoir étatique.  C’est là que les post-sionistes se trompent.  En exigeant trop des Juifs, ils jettent le bébé avec l’eau du bain.  Certes, il est plus facile de s’adonner à la pensée, à la morale et à la culture lorsqu’on n’a pas à gérer un pouvoir temporel.  Mais, comme l’a prouvé la Shoah, notre culture et notre vie sont à la merci des nations quand nous n’avons pas notre propre pouvoir étatique et militaire.
 
C’est un dilemme qui est vieux comme le judaïsme lui-même.  La Bible se penche sur ce problème dès le Livre de la Genèse.  Les frères jumeaux Jacob et Esaü représentent deux extrêmes.  Jacob est l’intellectuel coupé du monde, une homme qui aime les livres et déteste le pouvoir.  Esaü est un homme de pouvoir, mais un pouvoir qui est une fin en soi, un pouvoir sans contenu.  Ni l’un ni l’autre ne peuvent faire perdurer l’héritage spirituel de leur grand-père Abraham et de leur père Isaac.  Esaü parce qu’il est une brute, Jacob parce qu’il est une mauviette.
 
C’est pourquoi leur mère, Rebecca, pousse Jacob à s’affronter au monde réel.  Elle lui apprend les subterfuges de la politique en trompant un Isaac aveugle pour obtenir la bénédiction d’Esaü.  Elle l’envoie chez son frère Laban pour qu’il travaille et apprenne à se battre.  Et c’est après vingt ans de travail acharné et d’exploitation par son oncle que Jacob finit par se révolter contre Laban et à revenir chez lui pour affronter Esaü.  Et c’est avant cet affrontement qu’apparaît au milieu de la nuit un ange mystérieux qui lutte contre Jacob pour tester s’il est effectivement prêt à se battre physiquement dans le monde réel.  Jacob passe le test et c’est à ce moment là qu’il reçoit son nouveau nom : Israël.
 
Quelle est la signification de cette histoire ?  Que d’un côté le pouvoir corrompt quand il devient une fin en soi, mais que d’un autre côté le peuple juif ne peut pas apporter sa contribution à l’humanité sans un tel pouvoir, tout simplement parce que l’humanité est violente et sans merci.  L’équilibre entre valeurs et pouvoir est un défi qui n’est pas simple mais qui est nécessaire.  Se laisser tenter par l’un des deux extrêmes n’est pas une solution.
 
Ni la tentation des post-sionistes de la moralité sans pouvoir, ni la tentation des sionistes matérialistes du pouvoir coupé du judaïsme.  Ne nombreux penseurs israéliens en appellent à se couper du judaïsme et à redéfinir l’identité juive en termes purement laïcs.  Telle est l’idée de juristes éminents tels que Menachem Mautner ou Amnon Rubinstein, par exemple. 
 
Dans son livre Droit et Culture en Israël au seuil du 20e siècle, Mautner explique que les sionistes ashkénazes et antireligieux ont perdu leur monopole politique en Israël depuis la fin des années 1970s, mais qu’ils continuent d’imposer leurs valeurs à la société israélienne par le biais de la Cour suprême, des universités et des médias.  Sauf que, se lamente Mautner, la société israélienne, qui est majoritairement conservatrice, commence à montrer des signes de révolte contre ses élites déjudaïsées.  Il faut donc trouver une réplique, explique Mautner.  Puisque le peuple commence à se révolter contre l’activisme judiciaire de ses juges non-élus, il faut le convaincre patiemment de se couper de ses racines juives pour créer une nation purement hébraïque.
 
De même qu’Amnon Rubinstein, qui est lui aussi professeur de droit, en appelle dans un article qu’il a publié récemment, à redéfinir l’identité nationale israélienne en termes purement laïcs.  Comme cela, nous serons enfin débarrassés de la complexité de la définition de l’identité nationale juive.  Les Israéliens se définiront comme tel tout comme les Européens, à savoir sur la base de leur langue, de leur territoire et de leur histoire.
 
Je pense que Rubinstein commet une erreur.  Un Israël coupé de son passé n’a pas d’avenir.  Les jeunes Israéliens seront-ils prêts à sacrifier leur vie uniquement pour préserver la langue hébraïque et les sociétés high-tech de Herzliyah ?  Non : ce sacrifice n’a de sens que si l’on porte sur ses épaules quatre mille ans d’histoire juive et si on va au front pour tout le peuple juif.
 
Et l’histoire a déjà prouvé que l’idée de Rubinstein est vouée à l’échec.  De la même manière que l’assimilation des Juifs en Europe ne parvint pas à les affranchir de l’antisémitisme, la restauration de la souveraineté juive n’a pas mis fin au statut des Juifs comme nation à part.  En dépit de leurs efforts pour se couper de leur héritage et de leur identité, les Juifs d’Europe continuèrent d’être considérés (et haïs) comme Juifs par leur entourage.  Et bien que l’État d’Israël fut proclamé en 1948 comme État laïc, le Vatican et les pays musulmans refusèrent de le reconnaître pour des raisons religieuses.
 
Il semble que la rationalité juive ne soit pas en mesure de mettre fin à l’irrationalité du monde.
 
Même si Israël en venait à se déclarer officiellement comme État laïc et même si Israël se retirait aux lignes d’armistice de 1949, elle continuerait de faire l’objet de la fixation obsessionnelle de zélotes de tous bords –qu’ils fussent fondamentalistes musulmans ou Européens postmodernes.
 
C’est quelque chose que Rubinstein, pour brillant qu’il fût, ne semble pas comprendre.  Ce qui me mène à ma conclusion.
 
Il est écrit dans le Deutéronome: “Et parmi ces nations, tu ne trouveras pas de repos pour la plante de ton pied.”  L’exégète biblique Yitzhak Arama en déduit dans son livre Akedat Yitzhak que ce verset nous enseigne que les Juifs ne parviendront jamais à s’assimiler parmi les nations, et que celles-ci ne laisseront jamais les Juifs oublier qui ils sont.  Le Midrash (la compilation des commentaires homilétiques de la Bible hébraïque) affirme qu’il y a une relation entre ce verset et celui du Livre de la Genèse décrivant le retour de la colombe à l’Arche de Noé (« La colombe ne trouva pas de repos pour la plante de son pied, et donc revint vers l’Arche »). 
 
Ce que le Midrash veut nous dire est qu’il est possible de transformer la malédiction de “Tu ne trouveras pas de repos pour la plante de ton pied” en bénédiction.  Car si les Juifs avaient trouvé un reposoir pour la plante de leur pied en exil, ils ne seraient pas revenus vers l’Arche qu’est leur pays.
 
Les post-sionistes veulent mettre fin au retour physique.  Les sionistes laïques veulent arrêter le retour identitaire. 
 
La délégitimation d’Israël découle bien d’une idéologie politique, comme je l’ai expliqué.  Et c’est parce que cette idéologie est à la fois irrationnelle et insatiable, quels que soient les faits et gestes d’Israël, qu’elle nous empêche, en tant que Juifs, de trouver du repos pour la plante de notre pied.
 
Le paradoxe, et peut-être la tragédie, et que si Israël en tant qu’État juif ne trouve pas de reposoir pour la plante de son pied, c’est moins du fait des nations que du fait des Juifs eux-mêmes.
 
Et donc c’est à nous de transformer la malédiction en bénédiction.  Comment ?  En comprenant qu’il faut aspirer à un équilibre délicat entre valeurs et pouvoir.  Que sans pouvoir temporel, nous ne pouvons préserver et protéger ce pour quoi nous existons, mais que ce pouvoir temporel est voué à l’échec si nous oublions pourquoi nous en avons besoin.
 
Si la délégitimation d’Israël peut nous aider à comprendre cela, alors elle aura joué un rôle important.  Mais encore faut-ils que nous comprenions qui sont aujourd’hui les véritables adversaires de l’État juif, que nous sachions répondre à leurs arguments, et que nous ayons une vision à offrir aux jeunes générations.
 
Si nous relevons ce défi, nous pourrons enfin réaliser la prophétie de Herzl : « Le monde sera libéré par notre liberté, enrichi par notre richesse, grandi par notre grandeur. »
 
Photo : D.R.
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ANALYSE A LA UNE

 

Les analystes unanimes : Wikileaks signe l’enterrement d’un quelconque lien entre processus de paix et crise iranienne.

 

 Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


De Sever Plocker (Ynet) à Barry Rubin (IDC Herzlyia/ ICI) jusqu’à Herb Keinon (Jerusalem Post), en passant par Jennifer Rubin (Commentary) ou le New York Times, la vaste majorité des observateurs du Moyen-Orient accorde ses violons sur une note claire comme le crystal :

 

Les fameuses « révélations » de Wikileaks, ce dimanche 28 novembre, hormis que leur contenu informatif tient du secret de Polichinelle, mettent fin à l’ère de l’hypocrisie, au sujet d’un Orient, finalement, pas si « compliqué » que cela :

 

elles font voler en éclats la fiction qu’il puisse exister un lien quelconque entre les impératifs du « processus de paix » et la hantise arabe d’un Iran nucléaire. Surtout, la seule intonation qui « frappe » tient du concert des leaders arabes, qui se tordent les mains d’angoisse, face à l’absence de dissuasion américaine. S’ils ne peuvent le dire publiquement, ils ne se gênent absolument pas pour employer les comparaisons les plus crues afin de définir leur ennemi commun : le dictateur Ahmadinedjad. Contrairement à la doxa antisiono-palestiniste ayant cours en Europe, le « nazi », pour le monde arabe, n’est pas israélien, mais perse.

 

Ce hiatus entretenu marque pourtant le point de départ du fossé grandissant qui s’est, artificiellement, creusé entre la nouvelle Administration, défaite aux mid-terms, et le Gouvernement Netanyahou, dès l’arrivée aux affaires de Barack Hussein Obama :

 

Celui-ci n’a eu de cesse d’arguer que la création d’un « front uni » des régimes arabes modérés et des préoccupations occidentales et israéliennes contre l’Iran dépendait essentiellement de la formule adoptée pour s’entendre sur la question palestinienne.

 

A l’inverse, pour le Cabinet Netanyahou, il ne fait aucun doute que le Hezbollah et le Hamas conservent une force de nuisance déterminant l’avenir de toute discussion, tant que la menace iranienne ne sera pas neutralisée. Dès lors, la question du nucléaire occupait le sommet des priorités israéliennes et toute résolution sur un autre champ n’en serait que la conséquence.

 

Or, ce qui apparaît clairement, dans ces documents, c’est que les dirigeants des régimes sunnites n’ont absolument pas besoin de se faire prier pour embarquer au sein d’une coalition avec l’objectif de réduire l’impact du danger iranien. Au contraire, ce sont eux, au-delà des mises en gardes israéliennes adressées aux diplomates américains, qui  exigent de l’Amérique qu’elle prenne le « taureau par les cornes ». Ce que se garde bien de faire Obama, flanqué de son Ministre attentiste de la Défense, Robert Gates, persuadé, depuis toujours, qu’il faut « négocier ». Ou qu'une frappe ne donnerait "que 3 ans de sursis" : allez demander à Abdallah ou aux opposants iraniens si ce n'est pas toujours "ça de pris"...

 

Ces publications citent l’envoyé du Roi saoudien Adbdallah, dès 2008 : il exhortait les Etats-Unis de frapper l’Iran, et rédigeait, noir sur blanc, sur un de ces messages télégraphiés : « il est absolument nécessaire de trancher la tête du serpent » !

 

Mohammed Ben Zayied, tête couronnée d’Abu Dhabi, presse Obama en 2009 de cesser « d’apaiser Ahmadinedjad », en le comparant à « Hitler », espérant, sans doute, que cette référence influerait sur la politique « munichoise », à son goût, de l’Administration.

 

Le Général-Major égyptien, Mohammed al-Assar, rappelle encore en 2010, que « l’Egypte perçoit l’Iran comme le danger principal dans la région ».

 

Pire, ces régimes redoutent à mots à peine couverts, une entente entre Washington et Téhéran, qui réduirait leur influence au rang de « vaches à lait » énergétiques et les soumettrait à la pression pro-iranienne de la rue et des « Frères musulmans », donc du Jihad global.

 

Rien n’y fait et le « discours du Caire » peaufiné par Obama reste gravé dans le marbre, comme l'oeuvre majeure du "Prix Nobel de la Paix", mention littérature appliquée aux affaires du Monde. Ce qui occupe le devant de la scène diplomatique, tout au long de ces deux années perdues, tient en une seule injonction magique : « il faut geler les implantations », « obstacle majeur au processus de paix ». Les crises se multiplient, on parle de nouvelles pressions ou d’offres généreuses compensatoires. Par contre, une ligne unique pour aborder l’Iran nucléaire : « négocier ».

 

De nouvelles sanctions permettent encore de laisser croire que le régime de Téhéran va s’effondrer de l’intérieur sans coup férir. Et, lorsqu’elles n’y suffiraient pas, on ressort du chapeau le gag « Stuxnet » à grand tirage médiatique, pour démontrer que la Cyberguerre est la solution sans frais à tous les problèmes « techniques » de l’humanité.

 

Durant ce temps - cela a largement été exposé, par ailleurs-, l’axe irano-syrien n’a fait qu’intégrer de nouveaux membres à son club. Damas multiplie les pieds de nez aux mains tendues de ses courtisans français et américains. Le Liban est plus qu’au bord du précipice et s’accroche à la rambarde du Tribunal spécial. La Turquie capitalise ses alliances islamistes à l’Est, couverte par le voile de candeur de l’OTAN. Abbas n’a aucune motivation à négocier que de s’accrocher aux cadeaux idéologiques de son mentor de la Maison Blanche… Et les régimes sunnites ont dû passer la main en Irak, sous les coups de semonce de l’axe adverse.

 

Les Arabes du Golfe, d’Irak, du Liban, du Yémen, se perçoivent, désormais, comme la Tchécoslovaquie de 1938, pour le Maître passif de Washington.

 

La politique étrangère de l’Administration découle d’une doctrine idéologique dont se nourrit, entre deux canapés au caviar, l’upper-class des affaires autour du clan Obama (George Soros, financier de J-Street et d’autres). Mais, elle reste sans « lien » et sans effet sur le monde cruel du Moyen-Orient. Le véritable drame à la Maison Blanche est qu’Hilary Clinton et son patron ne soient pas même parvenus à convaincre les grands leaders arabes du bien-fondé de leur Evangile, distribué à toutes les chancelleries. Deux ans plus tard, le tableau est identique à lui-même, en pire : des territoires ont bien été échangés et perdus, mais il s’agit de l’Irak et du Liban, qui subissent désormais la tutelle de visiteurs comme Ahmadinedjad-« Hitler » (pour reprendre l’image courante à Abu-Dhabi), Moqtada Sadr et autres envoyés spéciaux du grand Ayatollah Khamenei.

 

La question subsidiaire consiste à envisager si un tel « groupe de choc » de conseillers à Washington, comme ceux qui ont déployé leurs talents à « noyer le poisson dans l’eau », autour de leur candidat à sa propre succession, dispose de la moindre « solution de rechange » (un "plan B") pour réviser ses principes inopérants. Et la réponse, à cette heure, risque de laisser pantois. Mieux vaut ne pas y penser…

 

Les câbles de Wikileaks valident les positions israéliennes qui s’appuient sur la connaissance du terrain et des attentes, en privé, de leurs voisins. Ils délégitiment un peu plus les effets de manche, les discours inconsistants que tient l’occupant de la Maison Blanche, depuis ses débuts en tant que chef d’orchestre. Même les « révélations » sur l’accent mis par Méir Dagan, des services extérieurs de Jérusalem, sur l’aide aux contestataires, politiques ou armés du régime de Téhéran, apparaissent dans la logique du renversement souhaitable d’une dictature. L’accusation de complot est, quoi qu’il en soit, régulièrement reprise par les représentants de la mollachie et l’exposer ne change fondamentalement rien à la donne. Au moins, Israël se tient moralement et logistiquement, aux côtés de la rébellion iranienne. Obama, quant à lui, s’est contenté de suivre les évènements en évitant toute ingérence officielle dans les affaires internes de Téhéran. C’est, à la fois, habile, sur le plan diplomatique, et démobilisant sur le plan des valeurs qu’est encore capable de soutenir l’Occident. Le Département du Trésor a joint à sa liste noire des "groupes terroristes", les Kurdes du PJAK en Iran, dès l'arrivée au pouvoir d'Obama. Et, récemment, le Jundallah baloutche qui détient actuellement un otage nucléaire d'Ispahan (lCl ).

 

A l’heure où Julian Assange rendait publics ses « scoops », deux savants nucléaires iraniens, les Professeurs Shahriari et Abbassi étaient pris pour cibles par deux motos en plein cœur des quartiers réservés et sécurisés de Téhéran. Al-Arabyia, journal saoudien, tient de sources iraniennes, que le « coup » double parfaitement coordonné n’aurait pu être exécuté que par les Gardiens de la Révolution eux-mêmes, étant donnée la configuration de l’opération. On a déjà vu les services claniques concurrents rivaliser les armes à la main en plein Téhéran. Cela dit, l’heure n’est pas à l’épuisement des ressources humaines et savantes, mais à l’hyper-productivité, quitte à menacer d’exécution les récalcitrants éventuels et leur famille. Quoi de plus enfantin?

 

L’avènement de Tamir Pardo à la tête des services secrets israéliens, le jour-même de ces « révélations », est salué comme la consécration de « l’homme qu’il faut à la bonne place ». Il est issu du rang, spécialiste des écoutes et des plongées photographiques dans les failles des dispositifs adverses, ancien « technicien » du Sayeret Matkhal et, en cela, proche de l’armée et de la famille Netanyahou depuis Entebbe, doté d’un « ego normal » (allusion à son prédécesseur?). Il n’est pas dit qu’il puisse faire des « miracles », si aucune impulsion ni résonance concrète ne provient de l’Administration autiste de Washington. L’avenir de la lutte anti-terroriste et contre la prolifération nucléaire irano-coréo-syrienne -qui, elles, sont bien liées, n'en doutons pas!- dépend aussi de la façon dont Obama accusera réception de ces deux revers publics que constituent :

 

- le démenti populaire, lors des récentes élections de mi-mandat.

- l’érosion sévère de la chape de plomb diplomatique. Les postures les mieux gardées du regard de l’opinion publique engagent, cette fois, les conditions réelles de la paix et les nécessités liées directement aux conflits en cours. 

 

Le Roi est nu. Il en paraît fort contrarié.

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 20:27

Prises d'otages et rançons : rien de nouveau sous le soleil...

A.Del Valle

blog.alexandredelvalle

 

Del-Vallle.jpgJeudi 18 novembre dernier, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a menacé la France, sommée de « retirer ses soldats d'Afghanistan" puis de traiter avec Oussama Ben Laden pour obtenir la libération des otages français. Un décryptage s’impose : En lançant ses menaces la veille du sommet de l'Otan de Lisbonne et en précisant que « toutes les négociations devront être conduites avec Oussama ben Laden et selon ses conditions", Aqmi a réussi un vrai coup médiatique. 


Ce changement de « com », consistant à lier le sort des 5 otages français enlevés le 16 septembre dernier au Niger, à la présence de troupes françaises en Afghanistan, vise à renforcer le sentiment de peur dans l’opinion et à jouer la carte du « franchising ». En effet, c’est la première fois en 7 ans qu’Aqmi, groupe issu de l’ancien GSPC algérien (Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat) replié dans le Sahel après avoir été chassé d’Algérie par les forces de sécurité algérienne, joue autant la carte Ben Laden, avec qui les liens sont en réalité presque inexistants. En déclarant n’être qu’« une partie d'un grand mouvement planétaire dirigé par Oussama ben Laden », lequel donnerait les ordres, Aqmi laisse entendre qu’elle est plus puissante qu’on ne le croit et fait ainsi monter les enchères. Elle tente aussi de semer le doute chez les services de sécurité pour pousser Paris à payer. Cela accrédite l’idée chère à de nombreux experts selon laquelle Al-Qaïda, (« La base », ancienne base de données des volontaires sunnites en Afghanistan venus faire le jihad contre les Russes communistes), est plus un « logo », une « marque », avec pléthores de « franchisés », qu’une organisation pyramidale réellement contrôlée par Oussama Ben Laden depuis les zones tribales pachtounes du Pakistan. Dans cette association, le « franchiseur » (Al Qaïda-Ben Laden) a autant besoin des « franchisés » (Aqmi, Aqpa et autres) que le contraire. Car chacun permet à l’autre de bluffer, d’augmenter sa visibilité et d’exagérer le nombre de ses troupes. De son côté, Ben Laden, affaibli dans son repère pakistanais face aux offensives américaines en zone « Af-Pak », a tout intérêt, lui aussi, à faire croire qu’il contrôle Aqmi et à lier les dossiers sahéliens et afghans, d’où son avertissement à la France qui « ne sera jamais en sécurité y compris en Afrique tant qu’elle restera en Afghanistan ». 



Terrorisme islamiste et criminalité 



Par ailleurs, on ne peut pas nier la dimension purement criminelle des prises d’otages et des activités des groupes comme Aqmi. L’enjeu financier est énorme pour les terroristes, qui ont tissé partout des liens avec les trafiquants et avec les clans criminels, à commencer par les Cartels de la drogue d’Asie ou d’Amérique latine. Au niveau mondial comme dans nos banlieues chaotiques, on constate partout une convergence d’intérêts entre, d’une part, les réseaux criminels et du trafic de drogue et, de l’autre, ceux de l’islamisme radical terroriste. Le Pakistan, l’Afghanistan, l’Iran, la vallée de la Ferghana en Asie centrale, où sévit le redoutable Mouvement islamique de l’Ouzbékistan (MIO), les montagnes turco-kurdes, le sud Caucase, les Balkans, dont l’Albanie, le Kosovo et la Bosnie, sont à la fois des zones d’expansion est-ouest de l’islamisme radical sunnite salafiste depuis la fin des années 80 et un ensemble de pays qui se partagent, le long de l’ancienne « route de la soie », les gains obtenus du trafic de drogue dure, principalement l’héroïne. De la même manière, en Afrique, les clans de trafiquants d’esclaves, d’immigration illégale et de drogue (cette fois-ci plutôt la cocaïne), puis les rebellions du désert spécialisées dans les prises d’otages, les razzias, les contrebandes et les pirateries, se rapprochent de plus en plus des jihadistes, notamment d’Aqmi, au Sahel. La figure emblématique qui illustre le mieux cette réalité est Ahmed Tarqui, dit « Abdelkrim Le Touareg », « l’émir » choisi pour représenter les intérêts de l’organisation terroriste islamiste auprès des cartels colombiens et mexicains de la cocaïne. On doit notamment à cet « émir » du Sahara l’assassinat de Michel Germaneau durant l’été 2010. Le défi est terrible pour les pays occidentaux comme pour les pays musulmans, premières victimes de la barbarie terroriste salafiste ou autre, car cette haute criminalité régionale associée au terrorisme islamisteconstitue un mélange explosif et une réalité en pleine expansion de l’Asie à l’Amérique latine (Bolivie, 2quateur, Vénézuéla, région de la « Triple frontière » entre l’Argentine et le Brésil, devenus foyer des bases-arrières des terroristes islamistes et des trafiquants en tout genre), en passant par l’Afrique sahélienne. Rien que dans cette région du monde située entre le Mali, le Niger, le Sud du Maroc, la Mauritanie, le Sahara occidental et le sud de l’Algérie, les preneurs d’otages ont considérablement multiplié leurs gains depuis quelques années, grâce au trafic et aux rançons. Depuis 2007, les rançons d’otages leur ont déjà rapporté plusieurs millions de dollars. 

C’est là qu’apparaît la vulnérabilité majeure des démocraties : certains Etats européens ont déjà cédé au chantage en payant à plusieurs reprises les ravisseurs jihadistes réfugiés dans le désert. Ceci n’a fait qu’augmenter l’appétit des prédateurs salafistes et de leurs alliés contrebandiers bédouins ou pirates. La spirale n’est pas prête de s’arrêter, car les ressources sont infinies d’après les preneurs d’otages qui trouvent dans la tradition islamiste salafiste des justifications théologiques pour commettre leurs crimes barbares. Leur force réside donc essentiellement dans la peur des Occidentaux, qui tiennent à leur vie plus que tout, contrairement aux kamikazes qui la méprisent et lui préfèrent la mort. Une peur qui rime avec panique généralisée et réactions en chaîne, comme on peut l’observer également dans un domaine fort éloigné comme la bourse, qui peut à tout moment s’écrouler à cause de simples rumeurs et de mouvements de paniques multipliés par les moyens de communication moderne. 



La peur et les médias : armes des terroristes 



On oublie trop souvent que les terroristes ne tuent pas pour tuer, contrairement aux apparences et à ce que laisse croire leur goût pour le sang. S’ils tuent des innocents, principalement, c’est justement afin que chacun d’entre nous puisse légitimement se sentir menacé ou menaçable, virtuellement, indépendamment même de ses idées ou choix. Cette absence de mobile et de rationalité, donc cette extrême imprévisibilité, pousse à céder par avance afin d’être « épargné ». D’où les phénomènes de soumission volontaire tels que le « syndrome de Stockholm », la « dhimmitude » de l’Europe, ou le pro-islamisme grandissant des « pacifistes » de gauche ou politiquement corrects, qui justifient leur compromission et leur reniement par des « politiques d’apaisement ». Ceci rappelle étrangement l’attitude de ceux qui se couchaient jadis devant les Nazis pour les mêmes raisons et prônaient le « dialogue » et les concessions. 

En réalité, les terroristes tuent surtout pour attirer l’attention des médias, leur meilleur allié, le grand amplificateur des peurs, puis pour semer - grâce aux caisses de résonnances médiatiques - des vents de panique. Ceci oblige par voie de conséquence les leaders politiques à céder aux pressions et mécontentements de « l’Opinion publique », elle-même largement fabriquée par les médias. 

La peur couplée avec la médiatisation et le goût du « sensationnel » est la pire faiblesse des démocraties. Il s’agit d’une nourriture vitale pour les terroristes. D’où la pertinence des propos du Président Nicolas Sarkozy, qui assure que « nous ne changerons pas d'un iota notre politique sous prétexte que nous sommes menacés» et qui recommande de ne pas se rendre en zone contrôlée par les ravisseurs. Nous devrions en effet réfléchir plus sérieusement aux conséquences de notre propension à payer les rançonneurs et donc à céder aux terroristes. Il ne s’agit pas d’abandonner nos ressortissants, tant au Sahel qu’ailleurs. Mais nous devons avoir le courage de poser ce terrible dilemme pour les démocraties : doit-on abandonner nos ressortissants kidnappés en zone « déconseillée » en ne cédant pas au chantage afin de décourager les terroristes, ou doit-on payer les ravisseurs, mais au risque de créer des précédents ? La question doit-être posée. Car en Israël comme ailleurs, l’otage est une des armes de guerre les plus terribles des barbares terroristes. On peut se demander si il est normal de libérer, comme cela s’est fait en Israël, des milliers de terroristes récidivistes en échange d’un ou deux hommes, certes, qui méritent d’être sauvés, mais à quel, prix ? 



Prises d’otages et pirateries : une vieille tradition 



Le phénomène des prises d’otages est tout sauf nouveau. En effet, ce qui se passe aujourd’hui, du désert du Mali ou du Niger aux côtes somaliennes, rappelle ou réactualise ce que l’on appelait les « pirateries barbaresques », ces terribles pirates du Maghreb, « jihadistes de l’époque », qui terrifièrent l’Europe jusqu’à la colonisation (1830), c’est-à-dire tant que l’Europe n’intervint pas. Au nom de leur lecture violente de la loi islamique, les pirates barbaresques, basés au Maghreb, pillaient régulièrement les côtes méditerranéennes et réclamaient des rançons, chaque fois plus élevées, en échange de la libération d’otages chrétiens capturés en Mer. Cette industrie du jihad, de l’époque, qui réunissait déjà pilleurs-bandits et fanatiques religieux, était parrainée par le Califat sunnite turc-ottoman d’alors, dont sont nostalgiques tant le « Guide » révolutionnaire libyen rouge-vert Muammar Kadhafi que le Premier Ministre turc israélophobe, pro-Hamas Recep Taiyyp Erdogan. Celui-ci vient d’ailleurs de demander d’ailleurs à ses alliés de l’OTAN - réunis à Lisbonne récemment - de retirer de la liste des Etats terroristes l’ami et voisin iranien… 

Rappelons que les pirates barbaresques, dont sont fiers les islamistes algériens d’Aqmi ou de l’ex-Front islamique du salut (voir discours de l’idéologue du FIS, Ali Bel Hadj), enrichissaient la Casbah d’Alger et le Maghreb et empoisonnaient la vie des marins dans toute l’Europe du Sud et la Méditerranée. Ils organisaient des pillages sur les côtes italiennes, maltaises, françaises, espagnoles, portugaises. La Sardaigne, la Corse et la Sicile en ont encore la mémoire vive jusque dans l’architecture des côtes ornées de postes de contrôles et de tourelles destinées à sonner l’alerte en cas de razzias. 

Comme l’explique très bien l’islamologue anglo-égyptienne Bat Yé’or, dans son livre, L’Europe et le spectre du Califat (éditions Les Provinciales), les choses n’ont pas changé depuis des siècles. Ce que nous connaissons aujourd’hui n’est que la continuité d’un phénomène belliciste qui a caractérisé les relations entre l’Europe et le monde islamique pendant des siècles : le jihad. La seule différence réside dans le fait que les démocraties européennes d’aujourd’hui nient la réalité des faits. Elles sont tentées par la compromission et préfèrent céder à la peur (« dhimmitude ») plutôt que d’accepter la perte des vies humaines ici ou là (Irak, Afghanistan, Sahel ) ou même la simple idée qu’une guerre de civilisation a été déclarée par jihadistes contre les sociétés ouvertes et les Musulmans modernes qui refusent la barbarie. La seule différence est dans ce déni de réalité et dans cette politique de l’autruche au nom du « dialogue des civilisations » et de la « politique d’apaisement ». Car les Chrétiens des monarchies européennes payaient déjà pour racheter à prix d’or les milliers d’esclaves détenus au Maghreb ou échoués à Istanbul. En effet, des ordres chrétiens aussi célèbres que celui de Saint Vincent de Paul collectaient en permanence des fonds pour racheter des captifs réduits à l’état d’esclaves à Alger ou Tripoli. Et il y avait déjà des penseurs européens turcophiles et islamistophiles pour vanter la « tolérance » et « l’humanité » des razzieurs ottomans. Il suffit de lire la littérature française surtout, l’Encyclopédie, les « turqueries » pour s’en rappeler. Mais à cette époque, le politiquement correct n’existait pas et les dirigeants ou les responsables chrétiens - pouvaient nommer sans représailles ou sanctions un chat un chat, une guerre une guerre et un bourreau un bourreau. La différence réside aujourd’hui dans le refus de constater les justifications théocratiques de ce phénomène qui est en partie criminel et en partie civilisationnel. 



L’Europe tentée par la dhimmitude volontaire 



Pour revenir aux otages et conclure sur ce point, il convient, certes, d’être solidaires des victimes françaises ou autres retenues captives. Rien n’est plus horrible que leur angoisse et leur souffrance. Mais il convient aussi de responsabiliser ceux qui séjournent en zone « déconseillée », puis surtout de jouer carte sur table avec les Etats soi-disant « amis » de l’Occident qui laissent les terroristes agir, du Niger au Pakistan, ou même simplement qui continuent d’enseigner officiellement ou de laisser enseigner des théologies de la haine et de l’intolérance religieuse qui donnent toujours des justifications aux terroristes et à leurs alliés de circonstances contrebandiers et trafiquants-rebelles... 

De la même manière, il serait temps que l’Europe introduise une notion aussi juste que simple dans les relations avec le monde arabo-islamique : la réciprocité et le respect mutuel, et non des relations à sens unique. L’Union européenne a heureusement chassé ses démons totalitaires et fait son autocritique. Elle est même tombée dans le travers opposé, l’auto-flagellation permanente. Mais elle doit également savoir exiger des autres ce qu’elle a exigé et obtenu d’elle-même. On attend de la part des pays musulmans une autocritique, un bilan de leur histoire, une reconnaissance de leur colonialisme passé, de leur impérialisme califal, dont ils demeurent hélas collectivement fiers. On serait en droit d’exiger d’eux une repentance et même, comme l’a dit un jour José Maria Aznar, l’expression d’un « regret » pour avoir razzié, colonisé l’Europe et la Méditerranée des siècles durant, ce que continuent de faire les jihadistes. Le jour où les pays musulmans « amis » reconnaîtront ces fautes passées comme l’Europe a reconnu les siennes, le jour où les jihadistes et les nouveaux pirates ne pourront plus s’appuyer sur une fierté impérialiste néo-califale, toujours de vigueur et même enseignée dans ces pays qui pleurent tous « l’Andalousie arabe», en fait colonisée et occupée 8 siècles durant, le jour où la dignité de l’Europe sera prise en considération par ceux qui exigent que l’on considère leur « humiliation » permanente, alors le dialogue euro-arabe et euro-méditerranéen sera réellement assis sur des bases saines. 

Alexandre del Valle est géopolitologue, auteur de nombreux articles et ouvrages dont "Le Totalitarisme Islamiste" et "Le Dilemme Turc" parus aux éditions des Syrtes.

 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 17:48

 

 

 

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Two Cheers For Wikileaks!

http://rubinreports.blogspot.com/2010/11/two-cheers-for-wikileaks.html


29/11/2010

Deux Hourras pour Wikileaks !

 

Par Barry Rubin

Adaptation : Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

Les publications de Wikileaks pourraient bien être une révélation salutaire, un tournant, initiant un changement des perceptions occidentales sur le Moyen-Orient.

 Après tout, la seule fuite des documents secrets américains force –finalement!- les mass-media à reconnaître que le modèle entier conçu à propos du Moyen-Orient était faux. Depuis des années, on nous a asséné que la région tournait autour du conflit arabo-israélien.

Et c’était vrai jusqu’à un certain point jusqu’à la fin des années 1980. Mais, actuellement, la question au Moyen-Orient tourne autour du combat entre les Islamistes et les nationalistes, et plus spécialement entre le bloc conduit par l’Iran (Iran, Syrie, Hezbollah, Hamas, Insurgés irakiens, gouvernement qui dirige la Turquie) contre la plupart des autres pays.

Voici de quelle façon le New York Times le présente dans un article :

 “Les messages télégraphiques révèlent à quel point l’ascension de l’hégémonie iranienne a unifié dans une cause commune, Israël et beaucoup de ses adversaires de longue date – essentiellement, les Saoudiens- Publiquement, ces états arabes savent tenir leur langue, par crainte de troubles intérieurs et des représailles d’un puissant voisin. En privé, ils n’ont de cesse de réclamer une action forte – mais réalisée par quelqu’un d’autre.

“S’ils apparaissent aussi obsédés par l’Iran, cependant, ils semblent profondément pris dans leurs contradictions sur la façon de gérer le problème – par la diplomatie, par des actions clandestines ou par la force. Dans un message tout-à-fait illustratif, un officier supérieur de l’armée d’Oman est décrit comme incapable de se décider sur ce qui serait la pire des solutions : une frappe contre les capacités nucléaire de l’Iran et le tumulte qui en résulterait dans le Golfe, ou l’inaction et de devoir vivre avec un Iran doté de capacités nucléaires”.

Voici ce qu’écrit Raymond Bonner, un ancien correspondant étranger du New York Times, à ce sujet :

“Pour sûr, nous savions que les gouvernements du Moyen-Orient étaient préoccupés par l’Iran. Mais nous ne savions pas jusqu’à quel point. L’impact cumulatif de ces messages télégraphiés est profond… C’est le même langage qui fait frémir, que le public américain est habitué d'entendre de la part de l’aile dure [concernant l’Iran] parmi les responsables israéliens. Mais d’entendre cela s’exprimer de la bouche-même des dirigeants musulmans du Moyen-Orient devrait avoir, désormais, un effet en profondeur sur l’opinion publique américaine ».

Et ce n’est pas tout. Jusqu’à maintenant, les médias occidentaux ont, par-dessus tout, cherché à blanchir le régime turc, comme étant une poignée de modérés nourris de bonnes intentions démocratiques. Les messages démontrent qu’on comprend mieux de quel genre d’islamistes il retourne, bien au-delà de ce qui était déjà devenu apparent.

Jusqu’à présent, l’Administration Obama a continué de négocier avec la Syrie, pour, croyait-on, tenter de la modérer et de la soustraire à l’influence iranienne – deux tentatives à la fois parfaitement futiles et contreproductives. Les messages télégraphiés démontrent le radicalisme de la Syrie, ses liens étroits entretenus avec Téhéran, et à quel point elle a pu mentir au Gouvernement américain, au point de rendre une image de l’Administration Obama comme totalement écervelée. Même le Président Hosni Moubarak a alerté les Etats-Unis sur le fait qu’on ne pouvait faire aucune confiance au régime syrien.

Et voici donc mon propre résumé de quelques-unes des plus importantes révélations –avec leurs liens :

Est-ce que cela pourrait vraiment constituer un tournant consistant à persuader les gouvernements occidentaux, les medias, les universitaires, de se confronter à la réalité telle qu’elle est?

Maintenant, si vous voulez vraiment comprendre le Moyen-Orient – et les tâches qui attendent le Gouvernement américain afin qu’il gère ses relations avec ce genre de Moyen-Orient-là – je plaide pour que vous lisiez  mon article : « La politique américaine au Moyen-Orient : trop de défis et juste une seule proposition ».

 Note 1: S’il vous plait, gardez bien à l’esprit que les messages sont constitués de deux sortes très différentes :

 

- Les matériaux de renseignement proviennent directement de sources qui peuvent être totalement erronées. Un rapport disant qu’un dirigeant iranien a le cancer, par exemple, ne signifie pas que c’est vrai, mais, tout simplement, que certaines sources l’affirment.

   Des rapports sur des réunions et discussions sont exacts, reflétant des positions                 politiques de certains responsables,

 

-  Note 2: Le concept de deux Hourras –au lieu de trois signifie que quelque chose eu un résultat intéressant, même malgré que l’on ne l’approuve pas complètement.

http://www.guardian.co.uk/world/us-embassy-cables-documents/240364 

http://www.msnbc.msn.com/id/40405218/ns/world_news-the_new_york_times/

http://www.guardian.co.uk/world/us-embassy-cables-documents/209599 
  
http://yidwithlid.blogspot.com/2010/11/wikileaks-bombshells-get-early-release.html 

http://www.israellycool.com/2010/11/28/wikileaks-israel-related-cables/

http://cablegate.wikileaks.org/

US Cables on Iran: 
http://www.guardian.co.uk/world/series/us-embassy-cables-the-documents+iran

Barry Rubin est directeur du Centre pour la Recherche Globale en affaires

internationales (GLORIA) et éditeur du journal : la revue des Affaires

Internationales et du Moyen-Orient (MERIA). Ses derniers ouvrages sont « le

lecteur israélo-arabe (7è édition), La longue guerre pour la liberté : la lutte arabe

pour la démocratie au Moyen-Orient (Wiley), ainsi que La vérité sur la Syrie

(Palgrave-McMillan). Le site internet du Centre GLORIA est à

l’adresse : http://www.gloria-center.org et celle de son blog, Rubin Reports,

à :http://www.rubinreports.blogspot.com.

 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 05:51

 

logo wikileaks

 

 

Des révélations qui ne révèlent rien

Guy Sorman

Le Futur c'est tout de suite

Ma PhotoFuites Wikileaks : on s'interroge sur le dispositif de sécurité US. Mais à lire ces révélations, elles ne révèlent rien que l'on ne savait déjà. Il n'existe pas ou plus , deux mondes distincts , celui du secret et celui du public . Depuis bien longtemps , il n'existe plus de secrets d'Etat: les diplomates et chefs d'Etat ne disent rien de plus  et rien d'autre que les journalistes et internautes. " Chavez est fou !" Ah, bon : on ne savait pas. "L' Iran fasciste" , "Sarkozy susceptible"  et "Merkel rigide "... ça alors ! Mais rien sur les dirigeants chinois  : c'est étrange cette discrétion. Hu Jintao est-il analysé comme génial ou dangereux par les diplomates américains ? Wikileaks ne s'en prend qu'aux people mais pas aux puissants.

Les lecteurs ne retiendront de ces  vrais faux secrets que les détails croustillants comme "l'infirmière" ukrainienne de Khadafi ou les relations d'affaires entre Poutine et Berlusconi.

Pour avoir moi-même passé quelques années dans un cabinet ministériel, j'en retins que les gouvernants ne savaient rien de plus que n'importe quel observateur bien informé mais, j'en conviens, ils le savaient cinq minutes plus tôt. Avec internet, ces cinq minutes ont disparu.

J'ajouterai, toujours sur la base de ma brève expérience, que les diplomates ne sont pas nécessairement des sources fiables : ils ne sont pas tous perspicaces et surtout, il leur faut ne pas déplaire aux gouvernants qui les ont nommé. Ainsi , bien des diplomates vont-ils refléter dans leurs analyses ce que l'on attend d'eux plus que ce qu'ils constatent sur place. Il y eut dans les annales françaises , un ambassadeur à Belgrade qui nia jusqu'à la dernière seconde avant la guerre civile qu'il y eut le moindre désaccord entre Serbes, Croates et autres Bosniaques ( "si la Yougoslavie explose , me dit-il en 1990 , ce sera de rire"). Ce diplomate disait ce que le Président Mitterrand voulait alors entendre. Autre grand écart pour les diplomates en place : comment ne pas être en contradiction avec les reportages et éditoriaux que lisent les chefs d'Etat? Il est périlleux pour un diplomate français de contredire Le Monde et pour un américain de s'écarter du New York Yimes.

Le plus difficile , en fin de compte , est de distinguer ce qui est anecdotique de ce qui est historique : certaines fuites de Wikileaks éclaireront peut-être les historiens - j'en doute . Cerains cables diplomatique marqués secret défense transpirent d'insignificiance ( j'en vis passer un qui décrivait le rhume du Président albanais ). Et ce qui est évident , en plein jour , Hitler hier, Ahmadinedjad aujourd'hui , on ne le voit pas parce qu'on ne veut pas le voir.

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 05:27

 

freds

 

Merci Frédéric pour l'envoi de ce texte

 

Qui se cache vraiment derrière la «cinquième colonne» qui menace l'existence d'Israël ?

 

Frédéric SROUSSI

A.KOYRE.gif


 
Il existe plusieurs types d’ennemis intérieurs qui menacent l’existence de l’État d’Israël.
Pour les identifier, il faut les distinguer afin de comprendre la menace qu’ils représentent. Pour nous aider dans cette tâche, nous utiliserons en grande partie les outils conceptuels glanés dans un court et passionnant essai du philosophe Alexandre Koyré à qui nous devons certainement le texte le plus décisif sur la question.

C’est donc dans son ouvrage La Cinquième Colonne paru en 1945 que Koyré se livre tout d’abord à une distinction essentielle entre les différents «ennemis intérieurs» existants. Ainsi, la «cinquième colonne» doit-être «soigneusement distinguée des autres types de l’«ennemi intérieur».

Tout particulièrement devons-nous éviter, dit le philosophe, de la confondre avec «l’«ennemi intérieur» constitué par des groupements de caractère national, animés d’un sentiment de solidarité nationale avec l’envahisseur, ou, du moins de celui de haine nationale contre l’État dans lequel ils sont englobés».

Nous pouvons dire que dans le contexte israélien, ce type d’ennemis intérieurs décrit par Koyré s’apparente en l’occurrence de façon évidente à une très large partie de la population arabe israélienne qui ne cesse de se radicaliser en s’identifiant de plus en plus à des «Palestiniens».
Quant à la «cinquième colonne», elle est un phénomène politico-social de «contre-révolution préventive» et surtout un phénomène de trahison.
Cette définition décrit en fait l’oligarchie qui craint avant tout de perdre ses possessions et/ou son statut social (nous pouvons dire que le statut social dont jouit un universitaire par exemple, est une «possession» symbolique de grande valeur).
Mais de quoi a donc peur l’oligarchie ? Pourquoi décide-t-elle de trahir sa patrie ? 
Les «autres» ennemis intérieurs, bien que dangereux et subversifs, ne trahissent pas l’État dans lequel ils habitent puisqu’ils représentent des corps étrangers au Tout de l’État. Ne s’identifiant pas à l’État (c' est le cas des Arabes israéliens), ces ennemis intérieurs ne peuvent être considérés comme des traîtres contrairement à la «cinquième colonne». 
En fait, ce que craint le pouvoir oligarchique c’est la révolution sous n’importe quelle forme! Il est très intéressant de noter que pour Alexandre Koyré cette révolution - tant crainte par l’oligarchie – n’a pas besoin d’être une «guerre sociale», une «guerre révolutionnaire» au sens où on l’entend communément.

En effet : «Non seulement une guerre perdue, mais même une guerre gagnée, malgré le prestige accru que l’issue favorable du conflit donne, normalement, au régime social et politique du pays victorieux, produit, dans la structure économique et sociale du pays qui en subit le poids, des transformations tellement profondes qu’elles équivalent, parfois, à une véritable révolution.» (A.Koyré; La Cinquième Colonne, éditions Allia)

Puis, Koyré cite l’enseignement de Platon pour qui le pouvoir oligarchique est nécessairement un pouvoir pacifique (et un État pacifique peut parfois même se transformer en État pacifiste, comme le suggère Koyré) ). 

Dès lors, on comprend mieux pourquoi Israël évite depuis des années de mener des guerres «sérieuses» (terme employé par Koyré) . C’est donc pour cela qu’Israël se limite depuis le début des années 1990 à conduire des guerres limitées (donc non efficaces) n’ayant pas pour fonction d’atteindre de réels buts de guerre et donc de «contraindre l'adversaire à exécuter notre volonté», comme l' écrivit Clausewitz) car l’oligarchie israélienne, qui s’est développée avec force depuis que la structure économique de l’État hébreu s’est transformée en un système socio-économique ultra-libéral, veille à ne pas perdre ses possessions (financières et/ou symboliques) par des actions militaires qui – bien que parfaitement nécessaires et totalement légitimes – pourraient engendrer une situation «révolutionnaire» au sens où Koyré l’entend. 

De toute façon toute société étatique est oligarchique puisque les vrais pouvoirs (politico-économico-médiatiques ) sont détenus par une classe dominante peu nombreuse.

Selon nous, c’est la morale, le sens éthique et patriotique de l’oligarchie qui transformera ou non cette dernière en «cinquième colonne». Cette précision, qui n’existe pas dans le texte du philosophe français, nous paraît pourtant déterminante pour pouvoir analyser et comprendre la différence du «comportement» entre une oligarchie qui trahira son pays et une autre qui lui restera fidèle. Si nous partons du principe que toute société est presque par définition oligarchique, alors seule cette distinction de type «moral» (choix entre sa fidélité à l’État ou à ses possessions) peut nous aider à comprendre le basculement ou non d’une oligarchie dans la collaboration avec l’ennemi extérieur. 
Israël est malheureusement gouverné par une oligarchie gauchisante sur le plan idéologique (la Gauche en Israël se définit depuis des années comme le camp de la «paix-à-tout-prix») et libérale à l’excès sur le plan économique. 

La société israélienne est l’une des plus inégalitaires du monde occidental. L’historien David Ohana avait publié un rapport, il y a quelques années, qui révélait que 10% des israéliens contrôlaient 80% des richesses du pays. De plus, il faut rappeler que les oligarques israéliens votent très majoritairement pour les partis de gauche (au sens israélien du terme, tel le parti travailliste par exemple) ou de centre-gauche (tel Kadima, qui soit dit en passant penche de plus en plus vers une gauche radicale), c'est-à-dire pour des partis qui sont prêts à brader la terre d’Israël, la sécurité nationale et l’indépendance du pays afin de continuer à faire tourner normalement les différents et lucratifs business des oligarques.

Il est évident que nous incluons dans cette oligarchie israélienne la grande majorité de l’Establishment politique, médiatique, industriel, judiciaire, universitaire, ainsi même qu’une partie de responsables (ou ex-responsables) militaires du pays qui auraient trop à perdre si un changement profond sociopolitique devait avoir lieu.

En particulier depuis les «Accords d’Oslo», nous assistons de plus en plus à la trahison de personnalités issues de l’oligarchie israélienne qui soutiennent ouvertement des prises de position sur le Proche-Orient émanant de pays dont les intérêts ne convergent absolument pas avec ceux de l’État d’Israël. Le personnel politique israélien est hélas bien souvent complice des oligarques car il partage avec eux de nombreux intérêts.

Que penser d’un Shimon Peres déclarant par exemple : «Il faut aider Obama dans le dossier du Proche-Orient», alors que les intentions du Président américain vis-à-vis d’Israël sont totalement néfastes pour sa sécurité et son indépendance. L'ancien premier ministre Ehud Olmert (poursuivi pour corruption) déclara lui aussi que l'État juif devait «faire ce que veut le Président Obama». A l’époque où il était en charge du gouvernement, Ehud Barak n’hésita jamais à faire passer en priorité les intérêts des États-Unis aux dépens de ceux d’Israël en se faisant le chantre le plus zélé du suicidaire «Plan Clinton». 
Comme le souligne encore Alexandre Koyré : «(la «cinquième colonne») apparaît lorsque la solidarité sociale, l’instinct de conservation sociale d’un groupe ou d’une classe de la Cité, en arrive à primer la solidarité qui le lie à la Cité toute entière…».

La Gauche israélienne est la représentante de l’oligarchie et cette oligarchie parvient à faire plier, avec l’aide puissante des ennemis extérieurs, tout gouvernement qui aurait la volonté de défendre les intérêts de la Cité toute entière. 

Une oligarchie bien organisée recherche avant tout la stabilité et n’est donc évidemment pas encline à mener des révolutions. Ce sont donc des «contre-révolutions préventives» , selon l’expression de Koyré, que la «cinquième colonne» livre en vue de protéger ses possessions.

Ajoutons que depuis les «Accords d’Oslo», les seuls vrais révolutionnaires se trouvent dans le camp de la Droite (mais d'une Droite réelle et souvent non institutionnelle). Nous trouvons ces révolutionnaires surtout parmi les habitants juifs de Judée-Samarie (Cisjordanie) qui en conséquence sont devenus les ennemis numéro un de l’oligarchie israélienne constituée en «cinquième colonne».

Depuis ces désastreux «Accords» les Juifs sionistes véritables sont pourchassés, méprisés et discrédités par l’oligarchie via leurs puissants moyens politico-juridico-médiatiques. Une vraie chasse aux sorcières est entreprise contre ceux qui refusent de voir Israël tomber aux mains des ennemis extérieurs (ou faux alliés !) de l’État juif. Dès lors, La puissance de la résistance révolutionnaire de droite est pour le moment fortement étouffée par la dureté de la répression de la «contre-révolution préventive» menée par la «cinquième colonne» et ses sbires. Inversement, nous sommes témoins du traitement plus que laxiste des autorités de l’État d’Israël vis-à-vis des exactions et trahisons des gauchistes israéliens de toutes sortes soutenant la «contre-révolution préventive» souhaitée par la «cinquième colonne».
N’est-il pas alors temps que le peuple méprisé se révolte pour défendre sa vie et son avenir ?

Chaque compromission, petits ou grands cas de lâcheté dont font preuves les différents gouvernements sous la pression intensive de la «cinquième colonne» mettent un peu plus en danger l'existence de l’État d’Israël.

Mais nous pouvons dire - et c’est là son talon d’Achille – que la «cinquième colonne» ne comprend pas que sa trahison affaiblit de facto le pays dans lequel elle règne et scie par conséquent la branche sur laquelle elle est assise. En effet, en s’associant aux ennemis extérieurs de l’Etat, elle se soumet à des alliés plus puissants qu’elle qui feront en sorte de remplacer l’oligarchie (devenue «cinquième colonne») indigène par celle des nouveaux maîtres du pays.

Le risque existe aussi que la trahison de la «cinquième colonne» n’engendre avec encore plus de force et de rapidité que prévue la fameuse «révolution» tant redoutée par la classe dirigeante qui s’était alliée avec les ennemis extérieurs du pays pour éviter justement un tel aléa. 
La «cinquième colonne» n’est pas invincible et peut donc être renversée avec fracas par un peuple méprisé et aux abois. 

 

 

Pour © 2010 aschkel.info et © 2010 lessakele

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 15:08

 

 

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Autodétermination

Par Alain Rubin

Pour aschkel.info et lessakele.

 


L’autodétermination est une des dimensions nécessaires du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce droit inclus, bien entendu, les moyens pratiques pour décider de son avenir.

Pour certains, la décision est emportée par l’érection d’un parti ou d’un « front de libération», en qualité d’interlocuteur unique et exclusif de l’autorité « coloniale » ou étrangère. Les populations du Vietnam et d’Algérie connaîtront cela, avec les effets délétères que l’ont a vu. L’indépendance n’y débouchant pas sur la souveraineté populaire, mais sur des chaînes « nationales » nettement plus lourdes que les chaînes coloniales.

Aux Comores, au grand dam des « anticolonialistes » de métier et d’officines de l’ONU, une des îles (Mayotte) refusera, à une écrasante majorité, de cesser d’être un bout océanien de la république française. Les nationalistes locaux fulmineront, ulcérés par l’inconscience des votants et par le fait que l’on tiendra compte de leur vote. Leurs alliés « internationalistes » dénonceront l’impérialisme et le néocolonialisme français. Consulté une seconde fois, vingt deux ans plus tard, pour savoir s’ils voulaient devenir pleinement français, les habitants de Mayotte confirmeront à une majorité plus écrasante encore (98%) leur choix de 1977. On entendra encore les sirènes de l’anti-impérialisme dénoncer avec des trémolos dans la voix, le « néocolonialisme » français.

Et au Liban sud...

Depuis ces dernières semaines, l’angoisse étreint le cœur des habitants du village de Ghajar au Liban sud. En effet, ces centaines « d’arabes », compatriotes des Alaouites de Syrie, habitant une bourgade incorporée au Liban, vivent sous souveraineté israélienne depuis presque un quart de siècle. Israël a accepté de restituer au Liban ces quelques arpents. Mais, les habitants ne sont pas d’accord, les ingrats. Ils veulent rester « colonisés »...

A la rédaction du quotidien « le monde », à la direction du PCF, du NPA et de toutes ces petites boutiques politiques frénétiques, on dit : à Ghajar, ils sont occupés ! Sous-entendu, « ils sont séquestrés par ces horribles sionistes ».

Mais, répétons-le, la population alaouite du village libanais n’est pas d’accord, ni avec l’ONU, ni avec la cohorte des boycotteurs d’Israël. Elle ne veut pas que ses maisons et ses terrains deviennent « libanais ».

Devenir libanais, pour ces gens modestes, ce serait, aujourd’hui, devenir sujet sans droits du hezbollah, ce serait devenir des massacrés en sursis, une libération ?

La milice politico-religieuse, financée, encadrée, équipée de A à Z par le fascisme iranien, -qui vient de menacer d’amener jusqu’aux pieds de la potence cent mille iraniens, si nécessaire, pour « défendre la révolution islamique »-, et qui pour impressionner et intimider les Libanais fait régulièrement défiler ses hommes au pas de l’oie en tendant le bras façon hitlérienne ou les fait courir dans les rues de Beyrouth à la façon des chemises brunes du Duce Benito Mussolini, la milice armée injurie les villageois de Ghajar, modestes paysans cultivant leurs lopins ou ouvriers travaillant en Israël. Ce sont : des « traî-tres », éructent Nasrallah et ses hommes de mains, ainsi que les comparses antisionistes du genre Hessel et tutti quanti.

Pensez, ces salauds de villageois de Ghajar se sont autodéterminés eux-mêmes.

Pensez, ils ont voté avec leurs pieds. Pensez, ils ont demandé et obtenu la nationalité israélienne... quels ignobles traîtres à la botte de l’entité sioniste que ces Alaouites, ils préfèrent l’entité coloniale sioniste à la Oumma arabo-islamique ?? Hou ! Hou !!! répondent en échos les organisateurs de boycott, ainsi que les Lefort et autres dépités face au suffrage démocratiques, souvent des enthousiastes orphelins de la défunte dictature stalinienne.

Un accident le choix, l’autodétermination spontanée, des villageois de Ghajar ?

Le 15 juin 1936, trois notables syriens alaouites, écrivaient au Président du conseil français, le socialiste SFIO Léon Blum, qui se trouvait depuis deux mois à la tête du gouvernement du Front Populaire. Que lui disaient-ils au nom de tous les leurs, nos Alaouites ?

Lui demandaient-ils que la France renonce au mandat confié par la Société des Nations (la SDN), comme il lui était très fortement conseillé par certains, les partisans du mufti Husseini notamment ?

Relisons ce passage très significatif de leur courrier adressé à Léon Blum.

« (...) ces braves Juifs ont apporté la civilisation et la paix aux Arabes musulmans, et ils ont dispensé l’or et la prospérité sur la Palestine, sans dommage à quiconque, et sans rien prendre par la force. Malgré cela, les musulmans ont déclaré la guerre sainte contre eux et n’ont pas hésité à massacrer leurs enfants et leurs femmes (...) ainsi un destin terrible attend les Juifs et les autres minorités dans le cas ou les mandats seront annulés et ou la Syrie musulmane sera réunie avec la Palestine musulmane. »

(Lettre du 15 juin 1936 de Baddaoui Al Sabal, Ibrahim Al Kinj et Soliman Al Assad).

Le courrier envoyé au chef du gouvernement français est intéressant, à plus d’un titre. Il montre que la peur panique des Alaouites de Ghajar n’est pas sans cause. Elle a eu un précédent, celle des Alaouites de Syrie. Il montre aussi que la cause de ces craintes lourdes étaient les mêmes : à savoir le caractère meurtrier du djihad. Il réfute les assertions qui sont colportés, telle la rumeur moyenâgeuse, selon laquelle Israël opprime ses voisins et impose un apartheid à ses habitants et citoyens non juifs.

Les habitants de Ghajar n’auraient pas droit à l’autodétermination ?

Les habitants de Ghajar n’auraient droit qu’au tranchant effilé des poignards des hommes de mains du Hezbollah ?

C’est ce qui ressort des pressions exercées sur Israël, plus particulièrement par la bureaucratie du quai d’Orsay dont le futur ex chef de pacotille, l’ancien fringuant « french doctor », s’en est allé aux frais du contribuable, remettre la Légion d’honneur à un fanatique qui ne rêve que d’une chose, réaliser les objectifs inassouvis de la guerre déclenchée par la Ligue arabe à l’automne 1947, à savoir : jeter à la mer les rares Juifs d’Israël survivants du djihad.

Pour l’anecdote, un des trois signataires de la lettre envoyée au Président Léon Blum le 15 juin 1936 n’est autre que l’arrière-grand-père d’un des commanditaires du führer du Hezbollah, en l’occurrence le chef actuel de la dictature baathiste en Syrie.

Alain Rubin

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 03:10

      

 

 

 

 

 

Dernières publications

du Dr Bard

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Exclusif - Le lobby arabe : 
Sa composante américaine


Dr Mitchell Bard 


Traduction par Fabien Mikol


Avec autorisation  pour aschkel.info et lessakele.


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Abdul Aziz ibn Saud (center), founding monarch of Saudi Arabia who laid the foundations of the desert kingdom's influential position in Washington, here with U.S. president Franklin D. Roosevelt (right), was a religious zealot who believed that "for a Muslim to kill a Jew, or for him to be killed by a Jew, ensures him an immediate entry into heaven."

 


Pour © 2010 aschkel.info et © 2010 lessakele

 

http://www.meforum.org/2773/arab-lobby

 

Mitchell Bard« Il s’agit du lobby le mieux organisé ; vous ne devriez pas sous-estimer son emprise sur la politique américaine – que ce soit sur les Républicains ou les Démocrates » (1). Ce récent commentaire du commissaire au commerce de l’Union Européenne et ancien premier ministre belge, Karel de Gucht, résume la croyance dominante qu’un lobby juif/israélien/sioniste exercerait une influence indue sur la politique moyen-orientale des Etats-Unis.

 

Cette idée précède la création de l’Etat d’Israël. Pour la plus grande part, ces opinions n’étaient évoquées que dans les couloirs et limitées avant tout aux arabistes du Département d’Etat, mais elles sont progressivement devenues populaires parmi ceux qui entretiennent une certaine rancune (tel le député Paul Findley, qui a blâmé le lobby pour l’échec de sa tentative de réélection en 1982 (2)) ou qui sont ouvertement des ennemis d’Israël (Pat Buchanan (3) par exemple). La récente publication de Stephen Walt et John Mearsheimer, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine (4), toutefois, a donné un vernis académique légitimant des récriminations longtemps chuchotées dans les milieux anti-israéliens.

 

Walt et Mearsheimer écartent cavalièrement la possibilité que la politique américaine puisse être sujette à des influences contraires de la part de ceux qui pensent que l’intérêt national serait mieux servi en mettant Israël à distance et en cultivant des liens avec les Etats arabes. Ils ne sont pas les seuls. Beaucoup d’analystes ont ignoré ou minoré l’idée qu’un lobby arabe puisse exister ou avoir quelque influence (5). Pourtant il suffit d’observer la première année d’administration Obama pour rejeter la perspective de Walt et Mearsheimer. Comment la politique de sollicitation des Arabes et d’hostilité à l’égard d’Israël pourrait-elle être compréhensible si le lobby pro-israélien est si omnipotent ou si les forces pro-arabes sont inexistantes ? Alors que Le lobby pro-israélien a paru avant la victoire d’Obama, on pouvait tout aussi aisément observer l’hostilité déployée à l’encontre d’Israël par l’administration Eisenhower après la guerre de Suez de 1956 pour voir le caractère fallacieux de leur hypothèse.

 

En réalité, le lobby pro-israélien n’a jamais été seul sur le champ de bataille du lobbying. Alors que les détracteurs d’Israël voient un sioniste derrière chaque décision de politique moyen-orientale, ils ignorent tous ceux qui se sont agités dans les coulisses pour l’adoption de politiques favorables aux Arabes et hostiles à Israël. Ainsi, s’il est vrai que Louis Brandeis s’est efforcé de pousser Woodrow Wilson à soutenir la déclaration Balfour, néanmoins le conseiller le plus proche du président, le « colonel » Edward House, s’y est vigoureusement opposé (6). Eddie Jacobson, ami d’Harry Truman, a demandé au président de soutenir Israël, mais son secrétaire d’Etat, George Marshall, a menacé de voter contre Truman s’il reconnaissait le nouvel Etat (7). D’autres exemples similaires sont faciles à trouver dans l’histoire de chaque administration américaine.


Qu’est-ce que le lobby arabe ?

L’expression « lobby arabe » peut d’une certaine manière nous égarer car il suggère que ses principaux membres sont des Arabes et qu’ils se focalisent sur le monde arabe, alors qu’en réalité les Américains arabes ne sont qu’une petite partie et plutôt inefficace du lobby global. Plus encore, alors qu’on pourrait penser que le lobby arabe reflète les intérêts des divers Etats arabes et des Palestiniens, il n’a historiquement montré que peu d’intérêt soutenu pour les autres pays arabes ou pour leurs problèmes. Le lobby ne fait pas campagne pour les droits humains ou pour une meilleure gouvernance dans aucun de ces pays ; il ne défend pas les femmes, les chrétiens ou autre minorité des pays arabes ; et il n’essaie même pas d’obtenir de l’aide pour les gouvernements arabes. Les seules fois où quelque intérêt est montré pour un pays arabe sont les cas où Israël est impliqué, comme lors de la récente guerre israélo-libanaise, le lobby exprimant sa grande inquiétude pour le peuple du Liban. Avant ces événements, le lobby n’avait jamais mentionné les problèmes tels que l’occupation syrienne, la mainmise du Hezbollah sur les organes de gouvernement, les entreprises pour saper la démocratie, ou les massacres mutuels perpétrés par les factions libanaises.

 

La plupart des lobbies se focalisent de manière prédominante sur un unique problème – par exemple, l’Organisation Nationale des Femmes sur les droits à l’avortement et au choix, la National Rifle Association sur les droits garantis par le second amendement et le contrôle des armes – mais le lobby arabe est en fait orienté par deux questions qui parfois se recoupent. L’une d’elles concerne le pétrole, il s’agit de la composante pro-saoudienne, représentée avant tout par des membres du gouvernement saoudien ou par des corporations ayant des intérêts commerciaux dans le royaume, incluant les firmes d’armement. Avant même qu’un lobby pro-israélien soit organisé, un lobby arabe incluant des missionnaires américains, des arabistes du Département d’Etat, et des petites organisations d’Arabes et non-Arabes a entrepris de tisser des liens avec le monde arabe et, à la suite de la découverte de pétrole dans la région, de sécuriser l’accès à cette ressource.

 

L’autre question qui anime le lobby arabe est la question palestinienne, qui est l’exception à la règle du manque d’intérêt pour les problèmes arabes. La question palestinienne est un point focal pour les Américains arabes qui ne semblent pas, toutefois, travailler ensemble activement, et dont l’approche est d’abord négative, visant à critiquer Israël afin d’enfoncer un coin entre les Etats-Unis et l’Etat juif. Ces groupes sont appuyés par les chrétiens antisionistes tels que les Mennonites, les Quakers et une variété d’églises, et occasionnellement par d’autres éléments du lobby tels que les arabistes du Département d’Etat, qui soutiennent que le problème palestinien doit être résolu pour le bien des relations américano-arabes.

 

L’une des caractéristiques les plus importantes du lobby arabe est qu’il n’a pas de soutien populaire. Alors que le lobby pro-israélien a des centaines de milliers de membres actifs, et que l’opinion publique américaine révèle constamment à travers les sondages un large fossé entre son soutien d’Israël et son soutien des nations arabes ou des Palestiniens, le lobby arabe pour sa plus grande part n’a pas de « soldat sur le terrain » ou de sympathie de la part du public. D’un autre côté, alors que le lobby pro-israélien est principalement extra-gouvernemental, une composante significative du lobby arabe peut faire partie de la structure de pouvoir du gouvernement américain. Les arabistes, en particulier, ont été une force dont les actions sont restées inconnues pendant des décennies jusqu’à ce que le Département d’Etat déclassifie ses correspondances, et même alors, il est impossible de savoir quelle part de leur activité restera secrète pour des raisons de sécurité nationale, dissimulée pour éviter l’embarras, détruite volontairement ou par accident, ou simplement omise parce que les historiens ne peuvent publier qu’une minuscule fraction de la correspondance produite chaque année.

Le facteur saoudien

La composante la plus puissante du lobby arabe est représentée presque exclusivement par l’Arabie Saoudite et les intérêts corporatistes – en particulier les compagnies du pétrole – et diplomatiques qui voient le bien-être des Saoudiens comme un des fondamentaux pour l’économie et la sécurité américaines. Aucun autre Etat arabe n’a des représentants avec une influence analogue, même marginale ; en fait, le Comité Américano-Israélien des Affaires Publiques (AIPAC) est souvent le lobby le plus efficace pour promouvoir un partenariat diplomatique avec la Jordanie et l’Egypte, soutenant les demandes d’aide de ces deux gouvernements et approuvant au moins tacitement les transferts d’armes américaines dans ces pays.

 

Les Saoudiens défendent prioritairement leurs propres intérêts, même si ceux-ci sont en conflit direct avec les intérêts nationaux américains. L’inquiétude primordiale de l’Arabie Saoudite a toujours été la survie de la maison des Saoud. Tout le reste – l’affaiblissement d’Israël, la diffusion de l’islam radical – est secondaire. Depuis les années 1930, les Saoudiens sont parvenus à convaincre Washington que son accès au pétrole serait mis en péril si le gouvernement américain ne contribuait pas au bonheur des Saoud. Au cours des années, les menaces venues de Riyad ont changé. Avant la Seconde Guerre Mondiale, les Saoudiens ont joué sur les craintes américaines que les Britanniques n’empiètent sur leurs concessions pétrolières ; après la guerre, ils ont manipulé la Guerre froide à leur avantage ; aujourd’hui, ils utilisent la menace iranienne.

 

Etant en possession des plus larges réserves de pétrole au monde et disposant de vastes ressources financières, il est facile de comprendre pourquoi les Saoudiens ont une telle influence politique. L’aspect le plus remarquable de la relation américano-saoudienne, toutefois, est de constater combien les décideurs de Washington se sont courbés devant les Saoudiens depuis la découverte de pétrole dans le royaume en 1938 et pendant près de quarante ans par la suite, alors que les Etats-Unis n'avaient nullement besoin de ce pétrole pour leurs besoins domestiques. Au cours de cette période, tout comme aujourd’hui, il semble qu’il ne soit venu à l’idée de personne au Département d’Etat de demander aux Saoudiens de coopérer pour soutenir les intérêts américains, qu’il s’agisse de démocratie, de droits de l’homme ou de l’établissement d’un Etat juif, en échange du parapluie sécuritaire américain. Ainsi que le conseiller politique du président Truman, Clark Clifford, l’a noté avec frustration en 1948, les « Etats arabes manqueront d’argent s’ils n’ont pas leurs royalties pétrolières …. Ils ont plus besoin des Etats-Unis que nous n’avons besoin d’eux » (8).

 

Si ce principe avait été établi dès le début alors que les Saoudiens étaient dépendants des Etats-Unis, l’histoire de la région aurait pu être tout à fait différente. Au lieu de cela, Washington a systématiquement joué le jeu du chantage saoudien. Les officiels travaillant au Département d’Etat n’ont pas semblé troublés par les menaces, de la part de leurs supposés alliés saoudiens, de se tourner vers les ennemis de l’Amérique s’ils n’obtenaient pas ce qu’ils voulaient. Ceci était particulièrement ironique pendant la Guerre froide, lorsque les Saoudiens se décrivaient eux-mêmes comme des anti-communistes loyaux – en partie parce que Washington leur offrait des armes et un parapluie sécuritaire. Dans le même temps, les Saoudiens menaçaient souvent de se tourner vers les communistes si une administration ne satisfaisait pas leurs demandes. La menace est devenue réalité en 1987 quand les Saoudiens, irrités par un Congrès qui examinait scrupuleusement les ventes d’armes, ont secrètement acheté des missiles chinois(9). L’administration Reagan était furieuse mais répondit finalement en retirant l’ambassadeur américain qui protestait contre ce marché, et en offrant de nouvelles armes au royaume (10).

 

Ceci illustre une autre dimension de cette relation. Lorsque Washington cherche à obtenir de l’aide des Saoudiens, ceux-ci refusent. Dans ce cas, au lieu de punir de telles réticences, Washington se précipite pour faire amende honorable en suppliant Riyad avec plus de contrats d’armement. C’est ce qui arriva après que les Saoudiens aient imposé l’embargo pétrolier d’octobre 1973. Les Saoudiens ont régulièrement rejeté les demandes du Secrétaire d’Etat Henry Kissinger de mettre fin à cette guerre économique, et n’ont cessé l’embargo qu’en mars 1974 après que le président égyptien Anwar Sadate put convaincre le roi Fayçal de redevenir responsable. L’administration Nixon répondit un mois plus tard avec une vente d’armes (11).

 

Sous l’administration Carter, le président s’était fié aux Saoudiens pour qu’ils appuient les accords de Camp David, et leur manquement à cet égard pourrait bien avoir saboté le meilleur espoir d’une paix globale au Moyen-Orient, en ostracisant l’Egypte et en décourageant les autres Etats arabes de suivre les pas de Sadate. La réaction de Jimmy Carter ? Vendre aux Saoudiens l’avion de combat le plus sophistiqué de l’arsenal américain (12). Barack Obama continue sur le même modèle : après que sa requête personnelle envers le roi Abdullah pour qu’il soutienne son agenda israélo-arabe au printemps 2009 fût rejetée sans cérémonie, l’administration annonça des plans pour un nouveau contrat d’armement de plusieurs milliards de dollars durant l’été 2010 (13).

 

Il est intéressant de noter que le soutien d’Israël par Washington n’a jamais été une inquiétude centrale des Saoudiens. En fait, les archives révèlent qu’une réunion typique avec le roi commence généralement par une requête adressée à Washington pour qu’il cesse de soutenir l’Etat juif, puis le roi continue en lançant : « ce qui nous inquiète véritablement est… » en faisant référence à ceux qui sont vus à ce moment-là comme la menace la plus immédiate pour la survie du régime(14). Dans les années 1940 et le début des années 1950, cette menace était incarnée par les Hachémites, qu’Abdul Aziz ibn Saoud avait expulsés du Hijaz et dont les ambitions de revanche étaient constamment redoutés. Du milieu des années 1950 à 1967, la principale inquiétude des Saoudiens était le président égyptien Gamal Abdel Nasser, dont la quête d’une hégémonie panarabe était perçue comme déstabilisante pour les régimes arabes conservateurs. Elle fut suivi par la peur des Soviets, et depuis 1979, de la République Islamique d’Iran.

 

Dans le même temps, il y a un intérêt pro-palestinien bruyant, quoique feint au bout du compte. Les Saoudiens ont été des opposants verbaux au sionisme mais ont toujours évité de menacer directement Israël, n’envoyant combattre que des forces symboliques au cours des guerres israélo-arabes. Les Saoudiens ont affiché leur supposé engagement envers la cause palestinienne en supportant financièrement d’autres pays ainsi que des groupes terroristes tels que le Hamas dans leurs tentatives périodiques de « libérer la Palestine » (15). La disposition de Riyad envers Israël a moins à voir avec la sympathie pour les Palestiniens qu’avec une antipathie pour les Juifs et la ferme croyance qu’un Etat juif ne doit pas avoir sa place au milieu du monde islamique. Le fondateur de la dynastie, Abdul Aziz ibn Saoud, a par exemple déclaré : « Notre haine des Juifs date de leur condamnation par Dieu pour avoir persécuté et rejeté Isa [Jésus] et pour leur rejet ensuite de son Prophète [Muhammad] », ajoutant que « pour un musulman tuer un Juif, ou être tué par un Juif, lui assure une entrée immédiate au paradis et dans la présence auguste du Dieu tout-puissant » (16). Le fils d’ibn Saoud, le roi Faiçal, a répété cet appel au meurtre des Juifs en prétendant qu’ils utilisaient du sang de non-Juifs pour produire les matzos de Pâques, et en fournissant des copies du pamphlet antisémite Le Protocole des Sages de Sion à ses visiteurs (17). En 2004, le prince couronné (maintenant roi) Abdullah a blâmé les sionistes pour une attaque d’Al-Qaïda contre une usine pétrolière saoudienne (18) et, plus récemment, on a rapporté que le roi Abdullah avait déclaré au ministre français de la Défense Hervé Morin : « Il y a deux pays dans le monde qui ne méritent pas d’exister : l’Iran et Israël » (19).

 

La volonté d’apaiser les Saoudiens a conduit les présidents américains à négliger le fait que l’Arabie Saoudite est l’un des pires violateurs des droits de l’homme au monde. Même Carter, qui a fait des droits de l’homme une pièce centrale de sa politique étrangère, a détourné son attention du comportement saoudien et, en quittant le bureau ovale, est devenu un défenseur du régime ; sans que ce soit une coïncidence, le Centre Carter est devenu un bénéficiaire majeur des donations saoudiennes (20). Le seul président américain qui ait résisté aux Saoudiens fut John F. Kennedy qui a demandé au royaume de mettre fin à l’esclavage qui était toujours pratiqué en Arabie dans les années 1960 (21). Les Saoudiens s’y sont pliés, bien que de manière temporaire et inconsistante, mais cela démontrait par là qu’un président américain déterminé pouvait forcer les changements dans le royaume, même si cela signifiait de défier les normes culturelles du pays. Nous pouvons, dès lors, imaginer ce que la région aurait pu devenir si les administrations américaines avaient montré plus de détermination dans le passé.

 

Dans le passé, les Saoudiens ont beaucoup exercé leur lobbying à un niveau personnel, de leader à leader. Ainsi que l’a franchement expliqué le prince Bandar ibn Sultan, longtemps ambassadeur saoudien très influent aux Etats-Unis : « Si la réputation … est construite que les Saoudiens prennent soin de leurs amis quand ils quittent leurs fonctions, vous serez surpris combien vous avez d’emblée de meilleurs amis lorsqu’ils viennent d’entrer en fonction » (22).

 

Malgré leurs efforts, les Saoudiens demeurent mal-aimés par le peuple américain. Alors qu’ils s’attendaient à ce qu’Israël soit blâmé pour les effets paralysants de l’embargo du pétrole en 1973 sur l’économie américaine, le public a perçu les Saoudiens comme les coupables. Leur image publique n’a fait qu’empirer lorsqu’il fut démontré que quinze des dix-neuf des terroristes du 11-Septembre étaient des Saoudiens. Dans un sondage Gallup de février 2002, 64% des Américains ont déclaré avoir une vision défavorable des Saoudiens. L’antipathie envers le royaume a atteint le pic de 66% en 2004 et, en 2010, 58% ont toujours une opinion plutôt ou très défavorable de l’Arabie Saoudite (23). Peu de gens ont prêté attention au fait qu’après les attaques du 11-Septembre, les Saoudiens se sont embarqués dans une campagne de relations publiques, dépensant environ 100 millions de dollars pour engager des lobbyistes et des consultants (24) pour convaincre les Américains qu’ils étaient des alliés dans la guerre contre le terrorisme plutôt que l’un des principaux sponsors des djihadistes. Non pas que ce soit un phénomène nouveau : les tentatives saoudiennes d’influer sur les futurs décideurs en faisant la propagande de leur système éducatif renvoient jusqu’à la fin des années 1960, quand ils commencèrent à investir dans les universités américaines en créant des chaires, des centres et des programmes d’études arabes et islamiques, pour un montant de plus de 130 millions de dollars (réévalué depuis 1986), incluant 20 millions de dollars en contribution à Harvard et Georgetown en 2005 par le prince Waleed ibn Talal, le neveu du roi (25).

Les machinations de Foggy Bottom

Les Etats arabes ont bénéficié aux Etats-Unis d’un soutien des compagnies pétrolières, des contractants de la Défense et, peut-être plus que tout, des arabistes du Département d’Etat. Cela peut se remarquer facilement par l’antipathie régulière à l’encontre de l’Etat juif, telle qu’elle est exprimée par les diplomates de carrière à Foggy Bottom [siège du Département d’Etat].

 

Au cours des années 1930 et 1940, alors que des clameurs publiques croissantes suppliaient Washington de soutenir les visées des Sionistes en Palestine, les arabistes du Département d’Etat en devinrent des opposants audibles. Beaucoup crurent que les intérêts nationaux américains seraient mieux servis en se distançant des Juifs de Palestine et en travaillant étroitement avec les Etats arabes, quels que soient les aspects les plus contestables de leurs affaires intérieures.

 

Le débat autour de la partition et de la reconnaissance d’Israël en est un exemple typique. Bien qu’on le présente souvent comme une preuve du pouvoir du lobby juif, l’échec des arabistes à empêcher la création de l’Etat juif ne fut pas faute d’essayer. Dans un mémo de 1947, William Eddy, représentant américain en Arabie Saoudite, avait averti le Secrétaire d’Etat George Marshall que la partition signifierait l’approbation d’un « Etat souverain théocratique moyen-âgeux » (26). Lorsque la majorité de la Commission spéciale de l’ONU pour la Palestine (UNSCOP) proposa la partition de la Palestine en un Etat juif et un Etat arabe, les arabistes au sein de l’administration ont exercé un lobbying afin d’empêcher le soutien du plan. Quand cela échoua, ils tentèrent de réduire les frontières de l’Etat juif en défendant l’inclusion du Negev dans l’Etat arabe (27).

 

Alors que le Département d’Etat s’était plaint des pressions sionistes, il a rarement mentionné le lobbying des délégations arabes. Quand le ministre britannique des affaires étrangères résolument anti-juif Ernest Bevin se plaignit du lobbying américain aux Nations Unies, Marshall, lui-même sympathisant difficilement avec l’idée d’un Etat juif, nota que « les Arabes aussi ont exercé de lourdes pressions partout » (28). Loy Henderson, le directeur du bureau des affaires proche-orientales au Département d’Etat qui joua un rôle prédominant dans les tentatives de saboter le plan de partition de l’ONU, admit que « des plaintes ont été émises jusqu’à la Maison Blanche que nos délégués à New York s’asseyaient à ne rien faire pendant que les Arabes et leurs amis travaillaient » (29). Dans un effort pour affaiblir les Sionistes, en 1947, Henderson proposa un embargo régional sur les armes qui ne pouvait que difficilement affecter les Arabes armés et entraînés par les Britanniques. Une fois que l’embargo fut rédigé des les résolutions de trêve de l’ONU, le président Truman ne pouvait plus modifier sa politique sans apparaître comme sabotant les efforts pour mettre les combats sous contrôle (30), et ainsi il fut forcé d’implémenter une politique clairement pro-arabe. Contrairement à ceux qui prétendent qu’un lobby juif omnipotent avait étouffé tout débat avant la résolution de partage et pendant sa rédaction, une vigoureuse guerre de persuasion faisait rage entre les deux camps, et la vision du lobby arabe prévalut à certains moments. Par exemple, alors que le conseiller de Truman, Clark Clifford, empêcha les arabistes de miner la partition, il ne parvint pas à convaincre le président d’adopter des politiques actives, telles qu’armer les Juifs, créer une force internationale de volontaires pour maintenir la paix, ou obtenir des Nations Unies qu’elles désignent les Arabes comme les agresseurs (31).

 

L’établissement d’Israël, sa victoire dans la guerre de 1948, et sa reconnaissance par les Etats-Unis ont peu fait pour refroidir l’hostilité des arabistes, qui ont tenté avec persistance de défaire ce qu’ils percevaient comme des erreurs de l’administration Truman (32). Pour ce faire, ils articulèrent au cours des années un certain nombre de thèmes communs :

·  Le soutien à Israël affaiblit les liens américains avec le monde arabe.

·  Israël, le conflit israélo-arabe, et/ou le problème palestinien sont à la racine de tous les problèmes du Moyen-Orient.

·  Les Etats-Unis devraient poursuivre une politique « impartiale », se départir de son soutien pour Israël et appuyer plus fortement les Palestiniens et les Etats arabes.

·  La pression américaine peut changer la politique israélienne, et une telle puissance de levier devrait être pratiquée afin de forcer Israël à capituler devant les demandes arabes.

·  L’objectif le plus important de la politique américaine est de sécuriser l’approvisionnement en pétrole, et pour ce faire les Arabes doivent être apaisés.

·  Le soutien à Israël a permis à l’Union Soviétique (et, plus tard, aux extrémistes musulmans) de gagner de l’influence dans la région au détriment des intérêts américains.

·  Le soutien à Israël provoque un sentiment anti-américain parmi les peuples du Moyen-Orient, et est une cause du terrorisme visant les Américains.

·  Les Israéliens ne savent pas ce qui est le mieux pour eux, et Washington doit les sauver d’eux-mêmes en imposant des politiques qui viseront véritablement la satisfaction des intérêts américains dans le monde arabe.(33)


Un aspect remarquable du mode de pensée des arabistes est la défense systématique de politiques qui ne présentent aucun avantage évident pour les intérêts américains à part l’apaisement des Saoudiens ou d’autres Arabes. Par exemple, à la suite de la guerre de Suez en 1956, Israël insista pour défendre la liberté de navigation dans la Mer Rouge, vu que son empêchement par Nasser avait été un casus belli entraînant la guerre. Washington soutint cette position. Le roi saoudien Faiçal déclara, néanmoins, que le Golf d’Aqaba était « un des lieux sacrés de l’Islam », affirmant qu’il était prêt à défendre la zone contre les Juifs, dont il prétendait qu’ils menaçaient de « s’approcher des lieux saints » (34).

 

Ce problème était une diversion, puisque seule une petite fraction des pèlerins musulmans venaient en Arabie Saoudite par mer, et qu’Israël n’interférait pas contre leur voyage. Les accusations saoudiennes selon lesquelles Israël avait bombardé leur territoire n’étaient que des fabrications flagrantes. Pourtant le Département d’Etat pressa Israël de retenir ses navires de guerre à Eilat, et le chef des affaires proche-orientales, William Rountree, souhaita leur départ complet de la Mer Rouge. Lorsque les Israéliens demandèrent si la satisfaction de ces requêtes américaines influencerait l’attitude de Faiçal à l’encontre de l’Etat juif, Rountree répondit qu’il ne croyait pas que cela altèrerait la position saoudienne du tout, mais insista néanmoins sur le fait que l’obéissance israélienne contribuerait de quelque façon à la stabilité régionale (35).

 

Au cours de sa première année en poste, le président Obama pressa Israël d’imposer un gel des constructions juives avec l’idée que ceci conduirait les Saoudiens et les autres à faire des gestes positifs pour la paix et amènerait les Palestiniens à la table des négociations. Alors que les officiels ont peut-être cru sérieusement que ceci fonctionnerait quand ils en conçurent d’abord l’idée, il est rapidement devenu évident que la démarche israélienne n’apporterait pas le résultat attendu. Pourtant, l’administration continua d’insister sur le fait que ces constructions étaient un obstacle au progrès vers la paix.


Un jeu à somme nulle ?

Essentiellement, les arabistes de Washington ont vu la politique américaine au Moyen-Orient comme un jeu à somme nulle dans lequel les relations de Washington avec Jérusalem et avec les Etats arabes sont inversement corrélées. Les archives historiques, toutefois, montrent le contraire. Les efforts pour distancier les Etats-Unis d’Israël n’ont pas eu pour résultat l’amélioration des liens américano-arabes, alors que l’évolution d’une alliance israélo-américaine de facto a coïncidée avec le développement de meilleures relations avec la plupart des Etats arabes (36). Les meilleures illustrations de cela résident peut-être dans les actions prises par l’administration de Dwight D. Eisenhower.

 

Malgré les politiques initiales du président Eisenhower à l’encontre d’Israël qui étaient au mieux peu amènes, telles que garder l’Etat juif hors des alliances militaires, s’opposer à ses demandes d’armes et d’aide, et plus tard, pendant la crise de Suez, menacer de prendre une variété de mesures punitives si Israël ne se retirait pas du Sinaï (37), les relations avec la plupart des pays du monde arabe se sont aggravées. Les Soviétiques parvinrent à prendre pied dans la région en utilisant l’Egypte par procuration pour affaiblir les alliés des Etats-Unis à la fin des années 1950. Les Saoudiens échouèrent à émerger comme un contrepoids fiable pour promouvoir les intérêts américains ; les troupes américaines (et britanniques) furent forcées d’intervenir pour sauver les régimes pro-occidentaux au Liban et en Jordanie, alors que la monarchie irakienne pro-occidentale était renversée.

 

Vers la fin de son mandat, Eisenhower avait déchanté des Saoudiens et s’inquiétait des forces nationalistes et pan-arabes lâchées et entretenues par Nasser (38). Les compagnies pétrolières craignirent que les nassériens ne poussent à la nationalisation de leurs intérêts, et soutinrent l’insistance croissante de l’administration sur la consolidation des régimes et des leaders anti-communistes. Ceux qui au sein du lobby arabe conseillaient de chercher des amis parmi les régimes révolutionnaires perdirent de l’influence.

 

Israël bénéficia de ce changement de perspective puisqu’il n’était plus perçu comme un obstacle à la politique américaine. En fait, Israël commença à être vu pour la première fois comme un atout potentiel après le coup de juillet 1958 qui mit fin à la dynastie hachémite en Irak et la menace croissante envers les régimes libanais et jordanien de la part des forces pan-arabes menées par Nasser. Quand le roi Hussein de Jordanie se sentit menacé par ses voisins, Eisenhower donna son accord pour le transfert maritime de matériels stratégiques vitaux vers le royaume, incluant du pétrole, ainsi que pour un pont aérien conjoint anglo-américain. L’Arabie Saoudite refusa d’autoriser aucun pays à utiliser son espace aérien, et n’autorisa même pas l’accès à la base aérienne américaine de Dhahran ; à la place, les ressources transitèrent par Israël, qui était heureux de coopérer (39).

 

La démonstration de la valeur d’Israël contribua à un changement de près de 180° dans l’attitude de l’administration. Ceci fut reflété dans un mémorandum soumis au Conseil National de Sécurité, le 19 août 1958, par son bureau de planification : « Il est douteux que quelque pression américaine sur Israël puisse le contraindre à faire des concessions susceptibles de faire beaucoup pour satisfaire les demandes arabes, lesquelles – en fin de compte – ne peuvent être satisfaites par moins que la destruction d’Israël. Plus encore, si nous décidons de combattre le nationalisme arabe radical et de conserver le pétrole du golfe persique si nécessaire par la force, alors le corollaire logique serait de soutenir Israël en tant qu’unique puissance pro-occidentale qu’il reste au Proche-Orient » (40).

 

L’influence des arabistes continua à diminuer avec la crise menant à la Guerre des Six Jours. En juin 1967, le Bureau pour les affaires proche-orientales au Département d’Etat et ses experts arabistes étaient contournés au profit du Bureau des affaires internationales, conduit par Joseph Sisco, lequel pris en charge la gestion de la crise. Ainsi que l’ambassadeur Alfred Atherton le rappelle :« L’impression que les gens avaient était qu’il s’agissait d’une lutte pour la vie ou la mort d’Israël. … Et par conséquent je suppose qu’on a pensé qu’il ne serait pas politique d’avoir, pour gérer la crise, un bureau du Département qui était perçu comme plus du côté arabe que du côté israélien » (41).

 

Selon Samuel Lewis, ancien ambassadeur en Israël du temps de l’administration Eisenhower jusqu’aux années Johnson, la vision dominante était que les intérêts primordiaux de Washington se trouvaient dans le monde arabe et qu’Israël était une nuisance. Mais, à partir de Kennedy, les présidents furent plus directement impliqués dans les problèmes du Moyen-Orient, qui, jusqu’alors, étaient la prérogative du Département d’Etat. Il y avait désormais une diversité de voix à l’intérieur de l’administration, incluant des défenseurs d’Israël. Lewis commente ainsi : « Lyndon Johnson étant le tout premier président qui voyait Israël comme un allié militaire – une idée renforcée par la Guerre des Six Jours. A partir de 1967, une alliance non écrite se concrétisa malgré les inquiétudes des arabistes » (42).


La « pétrolisation » de la cause arabe

Du président Truman jusqu’à la fin du premier mandat de Nixon, l’influence du lobby arabe avait été presque exclusivement exercé par les arabistes, les ambassades arabes, et les compagnies pétrolières. De son côté, le lobby pro-israélien, AIPAC, était esentiellement à ce moment un one-man show mené par Isaiah Kenen, qui focalisait toute son attention sur le Congrès afin de contrer les arabistes du Département d’Etat et d’essayer d’assurer l’assistance économique et militaire envers Israël. A la suite de la Guerre de Kippour d’octobre 1973, ces aides commencèrent à croître radicalement (43), mais la balance des puissances de lobbying commença aussi à bouger avec l’introduction de l’arme pétrolière de la part des Arabes du Golfe.

 

Contrairement aux affirmation de Walt et Mearsheimer (44), l’industrie pétrolière a toujours participé activement au lobby arabe. James Terry Duce par exemple, alors vice-président des opérations d’Aramco, rencontra des officiels du Département d’Etat le 4 novembre 1946 pour se plaindre du soutien de Truman à un Etat juif ; il adressa de terribles avertissements à propos de l’avenir des concessions pétrolière américaines, allant jusqu’à suggérer qu’Aramco pourrait avoir à « se convertir en une corporation britannique afin de sauver ses investissements » (45). Si les compagnies pétrolières ont effectivement exprimé des vues pro-arabes, elles étaient la plupart du temps neutres vis-à-vis du sionisme, admettant que le roi Ibn Séoud était plus dépendant des Etats-Unis que les seconds du premier (46). Abe Fortas, sous-secrétaire de l’Intérieur, avait dit à l’un des lobbyistes pro-sionistes :« même les compagnies pétrolières croient difficilement qu’un fort soutien américain au sionisme résulterait en une permanente mise en danger des intérêts américains » (47). Typiquement, les compagnies pétrolières ont exercé un lobbying discret dans les coulisses, attentives à ne pas laisser de traces écrites, mais devinrent plus visiblement actives dans le lobby arabe dans les années 1970 et le début des années 1980, sous pression des Saoudiens.

 

De façon plus spectaculaire, en mai 1973, les dirigeants pétroliers d’Aramco, de la Standard Oil of California, de Texaco, d’Exxon et de Mobil ont rencontré à Genève le roi Faiçal, lequel les avertit que s’ils ne prenaient pas des mesures pour informer le public et les officiels gouvernementaux des « véritables intérêts » américains au Moyen-Orient, ils « perdront tout » (48). Une semaine plus tard, les dirigeants des compagnies pétrolières s’envolèrent à Washington pour faire pression sur les officiels de la Maison Blanche, du Département d’Etat et du Pentagone. Leur message était simple est sans équivoque : si la politique américaine envers Israël ne change pas, « tous les intérêts américains dans le monde arabe en souffriront »(49). Lorsque l’embargo arabe fut imposé peu après, les compagnies pétrolières collaborèrent contre leur propre gouvernement en se pliant à l’embargo et en réduisant même plus que les 10 % demandés par les Arabes. Ils étaient aussi encouragés, par l’intermédiaire de l’ambassadeur américain en Arabie Saoudite, James Akins, de faire pression sur le gouvernement américain pour qu'il soutenienne la position arabe. Sans surprise, Akins fut renvoyé par le secrétaire d’Etat Kissinger (50), parce qu’il représentait plus le royaume saoudien que le gouvernement des Etats-Unis.

Divided We Stand [divisés nous demeurons]

Une composante du lobby arabe qui peut avoir quelque prétention à faire avancer les intérêts nationaux américains est l’industrie de la défense. Pendant près d’un demi-siècle, les Etats-Unis ont vendu aux Saoudiens des armes qui, pour la plupart, leur étaient inutiles et dont ils n’avaient pas besoin. Ainsi que l’ambassadeur Hume Horan l’a noté, les Saoudiens croient en un relation basique : Nous obtenons les armes ; vous obtenez le pétrole. Vos magasins d’armement continuent de produire, et à un bas prix unitaire. De temps en temps, nous dénoncerons al-Kiyaan al-Sahyouni, l’entité sioniste, mais tout le monde sait que nous ne sommes pas un facteur actif dans le conflit israélo-arabe. Vous devez faire comme si de rien n’était (51).

 

Les Saoudiens sauvegardent les apparences pour la cause palestinienne, en fournissant des fonds pour les campagnes pro-palestiniennes à l'intérieur des Etats-Unis et en supportant certaines organisations, comme Americans Near East Refugee Aid ou le Conseil des Relations américano-islamiques. Ce lobby arabe domestique, constitué principalement d"Américains arabes et musulmans, comprend aussi un petit nombre d’anciens officiels du gouvernement, d’arabistes retraités et de chrétiens antisionistes.

 

Cette composante du lobby est limitée par un certain nombre de facteurs. L’un de ceux-ci est l’impopularité de la cause palestinienne. Alors qu’aujourd’hui la plupart des Américains, comme la majorité des Israéliens, soutient la création d’un Etat palestinien, la sympathie du public penche massivement du côté d’Israël (63 % dans le sondage Gallup de février 2010, à comparer avec 15 % pour les Palestiniens) (52). Un deuxième facteur limitant leur influence est la division entre les Arabes et les Musulmans, qui se reproduit parmi leurs expatriés et leurs descendants aux Etats-Unis. Selon le recensement américain de 2000, 1,2 millions d’Américains ont des origines arabes. Contrairement au lobby pro-israélien, qui peut défendre le renforcement des relations américaines avec une seule nation, il est difficile, sinon impossible pour les Arabes américains de représenter tous les Arabes, parce que les Américains d’origine arabe viennent de rien moins que de 21 pays avec des intérêts différents et qui sont souvent en conflit mutuel. Comme Jawad George, secrétaire exécutif du Congrès nord-américain pour la Palestine, l’a dit : « Ce qui divise le monde arabe divise aussi le monde arabo-américain » (53).

 

Par exemple, il y a des Arabes américains qui, par vision nationalistes, sont critiques envers la politique américaine et soutiennent la cause palestinienne, mais il y en a aussi qui ont des tendances régionales ou religieuses les rendant apathiques ou même hostiles envers le lobby arabe. Plus d’un tiers de tous les Arabes américains sont libanais (54), et les chrétiens du Liban, en particulier, ont des approches des problèmes du Moyen-Orient très différentes des autres Arabes, du fait de leur amère expérience avec les organisations musulmanes et palestiniennes au Liban. Beaucoup de Maronites, par exemple, soutiennent la Ligue Libanaise Américaine (ALL), un groupe anti-palestinien qui pense que la politique américaine devrait être plus dure envers l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et la Syrie (55).

 

Puisqu’il est si difficile pour ces groupes intérieurs de s’accorder sur ce qu’ils soutiennent, ils focalisent la plus grande part de leur énergie sur ce qui les oppose. Plutôt que de soutenir une législation qui aide les Palestiniens ou améliore la vie des Arabes au Moyen-Orient, leur agenda se concentre sur l’idée d’affaiblir l’alliance israélo-américaine en réduisant l’aide à Israël ou en forçant Israël à capituler devant les demandes palestiniennes. Les musulmans américains sont devenus plus politiquement actifs et ont utilisé les mesures anti-terroristes prises après le 11-Septembre comme un point de ralliement pour défendre leurs droits, combattant des discriminations perçues, et obtenant un accès au système éducatif avec pour objectif d’influencer ce qu’on enseigne aux étudiants à propos du Moyen-Orient ou de l’Islam.

 

Au long des deux dernières décennies, ces groupes intérieurs ont obtenu des succès pour influencer les leaders d’opinion et les médias, mais n’ont pas eu d’impact visible sur la politique. Leurs initiatives législatives sont rejetées de façon régulière, et même l’un de leurs plus importants porte-parole, Hussein Ibish, a admis que si nombre d’organisations arabo-musulmanes ont été créées, « aucune de ces organisations ne dispose de représentants particulièrement forts ou efficaces de la communauté arabo-américaine » (56).

Conclusion

L’accusation de double loyauté, un "joker" dans la caricature antisémite de longue date des Juifs comme manquant de véritable patriotisme, est une accusation que les ennemis d’Israël ne se sont jamais lassés d’utiliser contre le « lobby pro-israélien » et plus généralement contre les Juifs américains (57)


. Les lobbyistes arabes n’ont pas fait exception à la règle. Il est bien plus facile, après tout, de blâmer une cabale juive mythique pour expliquer l’échec répété de leur agenda anti-israélien plutôt que de concéder que leurs arguments ne sont pas convaincants et, par conséquent, ont été rejetés par la majorité des Américains. En fin de compte, il semble que la plupart des Américains préfèrent soutenir leur allié le plus permanent et le plus loyal au Moyen-Orient – et le seul pays dans la région qui partage leur éthos démocratique et leurs idéaux – plutôt que tenir compte d’organisations qui se sont constamment opposées aux valeurs américaines telles que la liberté, la démocratie et les droits de l’homme, ou qui sont liées à des nations qui ont, ou sont perçues comme ayant saboté les intérêts sécuritaires américains.

 


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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 19:44

 

 

BANNER SENTINELLE

 

 

Par CAROLINE B. GLICK  
  
Jerusalem Post 19/11/2010
 
 
Adaptation française de Sentinelle 5771 ©
 
Il est vrai que le gouvernement Obama pourrait nous aider s’il le voulait. Mais il ne le veut pas. Heureusement, Israël a la capacité d’assurer son propre service.
La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton doit avoir réservé une drôle de réception au Premier Ministre Benyamin Netanyahou. Sinon, il est difficile de comprendre ce qui l’a saisi pour accepter l’accord qu’il a passé en la rencontrant la semaine dernière.
 
Selon l’arrangement, Netanyahou a accepté rétroactivement de prolonger l’interdiction de la construction juive achevée le 26 septembre et de la poursuivre encore 90 jours.
L’exigence de Clinton était « pas une brique de plus » pour les Juifs, signifiant qu’aucun Juif ne sera autorisé à poser même une brique de plus sur une maison qu’il construit légalement alors même que les USA financent massivement les projets de construction palestiniens. La magnitude de cette violation discriminatoire contre les droits de propriété de citoyens respectueux de la loi est à couper le souffle.
 
Le gel de 90 jours est supposé ouvrir la voie à une période d’intenses négociations entre Israël et le Fatah. Mais ces négociations ne décolleront pas parce que le chef de l’OLP Mahmoud Abbas n’a aucun intérêt à des pourparlers. Et n’acceptera jamais aucune offre de paix faite par Israël.
 
Mais les Américains s’en moquent. Ils ne se soucient pas que les Palestiniens acceptent un arrangement. Ce qu’ils veulent, c’est davantage de cession de territoires par les Israéliens.
 
Et Clinton a convaincu Netanyahou d’accepter que le prochain round de négociations soit consacré uniquement à une discussion sur la largeur et la profondeur des cessions de territoires israéliens.
 
Les Palestiniens n’auront pas à reconnaître le droit à l’existence d’Israël. Ils n’auront pas à démanteler leurs organisations terroristes. Ils n’auront pas à cesser d’enseigner à leurs enfants l’aspiration à devenir des islamikazes à la bombe. Ils n’auront pas à stopper leurs négociations en vue d’une réconciliation avec le Hamas.  
 
Netanyahou prétend que les Américains ont donné leur accord pour continuer de respecter les droits de propriété juive à Jerusalem. Le gouvernement Obama a refusé de confirmer cette déclaration. Pourtant, plutôt que l’utilisation de l’opposition polie des USA comme justification pour s’écarter d’un mauvais accord, des articles montrent que Netanyahou a demandé à ses juristes d’imaginer une formulation pour cacher ce refus américain.
 
Netanyahou se vante d’avoir reçu trois compensations majeures d’Obama en échange de son accord sur l’interdiction de la construction juive et de discuter des cessions de terres avec un partenaire de négociation qui refuse de coexister pacifiquement avec l’Etat juif.
 
Tout d’abord, il prétend qu’Obama a donné son accord pour ne pas renouveler son exigence de dénier aux Juifs leurs droits de propriété. Ensuite, il déclare que le gouvernement a donné son accord pour 20 avions F-35 de plus. Enfin, il dit qu’Obama a accepté d’attendre une année de plus avant de signer des résolutions anti-Israël au Conseil de Sécurité de l’ONU.
 
La première récompense n’est rien d’autre que l’équivalent en politique étrangère de l’achat répété du même canasson. Obama a conduit Netanyahou à croire qu’il avait abandonné son exigence de refuser les droits de propriété aux Juifs en novembre dernier, quand Netanyahou a annoncé le premier gel de la construction. Pourtant, Obama a répété ses exigences y compris avant la fin du premier gel de construction. Obama n’a aucune crédibilité sur cette question. En démontrant cela, Obama refuse maintenant de mettre sa promesse par écrit.
 
L’accord sur le F-35 est simplement bizarre. Israël a besoin des F-35 pour se défendre contre des ennemis comme l’Iran.
Pourtant le gouvernement US prétend que cet accord d’envoi des F-35 est conditionné à la signature par Israël d’un accord de paix avec les Palestiniens. En d’autres mots, le gouvernement Obama donne aujourd’hui à l’OLP la capacité de veto sur l’assistance militaire américaine à Israël en continuant de dire non à la paix.
Plus que tout, la compensation par le F-35 démontre le degré de mépris où Obama tient Israël.
 
Voilà un président qui se bat bec et ongles contre le Congrès pour faire passer un agrément de 60 milliards de $ avec l’Arabie saoudite. Le gouvernement met en avant que les armes sont nécessaires pour permettre à l’Arabie saoudite de dissuader l’Iran de l’attaquer.
 
Ce sera la même Arabie saoudite qui en dépit de son arsenal massif, n’a jamais eu le courage ou la compétence de mener ses propres batailles.
D’un autre côté il y a Israël – l’allié stratégique des USA le plus fiable, courageux et compétent de la région, et bien davantage la cible de l’agression iranienne que l’Arabie saoudite.
 
Plutôt que d’armer Israël de tous les moyens nécessaires pour combattre l’Iran, le gouvernement Obama diminue son assistance militaire en conditionnant son transfert de F-35 à un accord pour qu’Israël commette un suicide stratégique en cédant ses frontières défendables et sa capitale à ses ennemis jurés.  
 
Enfin, il y a la promesse du gouvernement de soutenir Israël à l’ONU pendant un an. Ce que signifie vraiment cette promesse, c’est que d’ici un an, le gouvernement Obama présentera l’accord comme une excuse pour abandonner ce qui a été la politique de tous les gouvernements américains depuis Lyndon Johnson et pour cesser de bloquer les résolutions anti-Israël au Conseil de Sécurité de l’ONU.
 
Selon des sources proches de Netanyahou, c’est la peur de l’abandon des USA au Conseil de Sécurité qui l’a convaincu de capituler aussi profondément face à un gouvernement US si faible qu’il n’a même pas pu obtenir la signature de la Corée du Sud sur un accord de liberté du commerce avec lui. Ce qui préoccupe le plus Netanyahou ces jours-ci, c’est que les USA ne parviendront pas à bloquer une tentative palestinienne d’obtenir la reconnaissance par le Conseil de Sécurité d’un Etat palestinien dans toute la Judée et la Samarie et de larges bandes de Jerusalem même si les Palestiniens refusent de signer un traité de paix avec Israël.
 
Puisque c’est ce que Netanyahou craint le plus, il est important de mesurer ce qui est en jeu. Bien que dure, la vérité n’est pas aussi mauvaise qu’il le pense.
 
Si le Conseil de Sécurité reconnaît un Etat palestinien dans toute la Judée et la Samarie, à Jerusalem et Gaza, ce serait un coup diplomatique pour Israël. Mais ce ne serait qu’une mesure symbolique. La situation sur le terrain resterait inchangée.  
 
Ce qui est plus problématique, c’est ce qui pourrait advenir à la suite d’une telle résolution. Le scénario dans le pire des cas serait que le Conseil de Sécurité adopte une résolution consécutive déployant des forces en Judée et Samarie pour combattre Tsahal.
 
Etant donné le maelström politique qu’une telle déclaration de guerre réelle des USA contre Israël provoquerait contre lui à l’intérieur, il est très improbable qu’Obama soutienne une telle résolution. Il devrait y mettre son veto malgré le fait que Samantha Power, qui détient le portefeuille de l’ONU au conseil national de sécurité d’Obama, a invoqué dans le passé pour que des forces américaines soient déployées en Judée et Samarie pour combattre Tsahal.
 
Les deux autres possibilités sont qu’Israël deviendra la cible de sanctions économiques et que les citoyens israéliens qui vivent au-delà des lignes d’armistice d e1949 ou qui ont servi dans Tsahal risqueront l’arrestation sur des accusations de crimes de guerre si nous voyageons à l’étranger. L’objet de telles sanctions serait d’étrangler Israël lentement, d’une manière rappelant la guerre économique et politique qui fit tomber le régime d’apartheid en Afrique du Sud.
 
Dans ces deux cas aussi, il est improbable qu’Obama risque la révolte domestique que le soutien de son gouvernement à de telles résolutions provoquerait. Et même s’il permettait que ces résolutions passent, le Congrès bloquerait certainement la participation des USA à leur application. Ce n’est pas pour dire qu’Israël doit ignorer la menace. Mais une telle action hostile est mieux écartée en travaillant calmement avec les alliés d’Israël aux USA pour souligner les dangers d’une campagne incontrôlée à l’ONU contre une démocratie amie.
 
Dans le même temps, ces menaces de guerre économique et juridique devraient paraître familières, parce qu’elles sont déjà exécutées contre Israël. Les Palestiniens n’ont pas besoin d’une nouvelle résolution du Conseil de Sécurité pour faire progresser leur guerre politique et économique contre Israël.
 
Ils ont seulement besoin de l’Union Européenne. Et ils ont l’UE.
L’OLP a déjà convaincu plusieurs Etats membres de l’UE d’établir des boycotts commerciaux officieux ainsi que des boycotts universitaires et militaires d’Israël. On a demandé à Israël de reprendre des marchandises produites au-delà des lignes d’armistice de 1949 dans ses accords commerciaux avec l’Europe.
 
La guerre juridique est aussi en cours. Aujourd’hui, aucun commandant militaire ou politicien de haut rang n’est en mesure de voyager en Grande Bretagne, de crainte d’arrestation sous le couvert trompeur d’allégations de crimes de guerre. Des officiels israéliens ont été pareillement menacés en Espagne et ailleurs.
 
L’Autorité Palestinienne a déposé des plaintes pour crimes de guerre contre des dirigeants israéliens à la Cour Criminelle Internationale (CCI) de la Haye. Elle l’a fait en dépit du fait que le Statut de Rome qui préside à la CCI s’applique seulement aux Etats, et l’AP n’est pas un Etat. L’amour de l’Europe pour les institutions internationales et son inclinaison à accepter pratiquement toute agression diplomatique contre Israël, a fait voler en éclat la capacité critique européenne par cette perversion juridique, exactement comme elle a convaincu les Européens de soutenir diverses campagnes illégales d’organes de l’ONU contre l’Etat juif.  
 
Clairement, une résolution du Conseil de Sécurité n’est pas nécessaire aux Palestiniens pour les activités qui ont fait capituler Netanyahou, que l’administration Obama bloquerait.  
 
Tout ce que cela démontre, ce n’est pas que Netanyahou ait tort de craindre une telle résolution, mais qu’une résolution sera le symptôme d’un problème déjà existant, et la bloquer ne mettra pas fin au problème.
 
De façon pathétique, malgré le fait que cette campagne a été mise en oeuvre depuis plus d’une décennie, la seule stratégie de Netanyahou aujourd’hui pour la traiter est d’implorer la protection à court terme d’Obama. Evidemment, cela n’est pas constructif.
 
Une stratégie alternative sera fondée sur une approche à trois versants. D’abord, Israël doit s’attaquer à la source du problème : l’Europe.
 
Israël doit commencer à faire payer aux nations européennes le prix de l’engagement dans une guerre politique et économique contre lui. Par exemple, Israël doit suspendre la délivrance de visas diplomatiques aux officiels britanniques pendant que la Grande Bretagne « étudie » le statut de la juridiction universelle britannique. Il doit aussi adopter une loi permettant l’instruction de plaintes de juridiction universelle en Israël pour les citoyens d’Etats qui autorisent des poursuites contre des Israéliens, et encourager tranquillement ses partisans à déposer des plaintes pour crimes de guerre pour le type d’actes prétendument criminels s’ils sont réalisés par Israël, comme le soutien aux installations indiennes à Goa et le soutien russe aux implantations russes dans les îles Kouriles. Cela ne ferait pas que souligner le double-standard appliqué aux communautés israéliennes. Cela obligerait les Britanniques à corriger leur loi nauséabonde.  
 
La seconde chose qu’Israël doit faire est de renforcer ses partisans à l’étranger en discréditant activement l’ONU, la Cour Criminelle Internationale (CCI) et les avocats des boycotts et du désinvestissement en Israël. Il existe de profondes racines de soutien aux USA pour des actions contre la CCI, dont le statut attrape les soldats américains et les dirigeants politiques dans ses filets ; et contre l’ONU dont les membres cherchent à entraver la souveraineté et la puissance des USA.
 
Enfin, Israël doit activement approfondir ses liens économiques et diplomatiques avec des nations asiatiques comme l’Inde, la Chine, le Japon et la Corée du Sud.
Améliorer les relations avec ces Etats doit être la première priorité israélienne. Un tel projet diminuera la capacité de nuisance de l’Europe à l’économie d’Israël et réduira la dépendance israélienne à l’égard des USA au Conseil de Sécurité.
 
Netanyahou a passé un horrible arrangement avec Clinton.
 
Des dirigeants comme le Ministre des affaires stratégiques – et vice-premier ministre (NdT) – Moshe Ya’alon ont agi en patriotes en s’y opposant activement. Il est vrai que le gouvernement Obama pourrait nous aider s’il le voulait. Mais il ne le veut pas. Heureusement, Israël a la capacité d’assurer son propre service, s’il l’ose.
 
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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 13:22

 

Les textes de Y.SULTAN

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Entre pitié et cruauté, la distance ne tient qu'à un fil

 par Yéochoua SULTAN  

 Pour aschkel.info  et lessakele .

 

 

Texte précédent :L'insécurité grandissante dans les quartiers arabes de Jérusalem

 

 

Tout indulgent envers les inhumains finira inhumain envers les indulgents

Certes, la pitié est une valeur, et non pas un moyen ; du moins en principe.

Alors, comment une valeur, immuable, absolue, peut-elle être relativisée?

A moins qu'elle ne soit sélective, c'est-à-dire pas suffisamment riche pour être prodiguée largement et indistinctement?

Pourtant, nos sages nous prodiguent en une courte phrase une leçon de sagesse qui peut prendre des années à être apprise par l'expérience de la vie et pour laquelle un refus par a priori de la justesse pourrait entraîner bien des désillusions et des déboires.

Certains vont jusqu'à s'offusquer de cette affirmation et la contredisent, affirmant qu'ils pourront faire preuve de compassion envers tout être vivant, sans aucune distinction, et sans que personne n'ait à en souffrir, bien au contraire.

De là proviennent les fameuses vérités fumeuses édictées par certains courants de pensée, comme

«C'est avec ses ennemis qu'il faut faire la paix»,

ou

«S'ils n'étaient pas aussi pauvres, ils cesseraient de semer la guerre et la désolation».

Ces affirmations sont démenties pourtant par l'épreuve de la réalité, quand un certain pays a tenté de mettre en pratique la première, mettant en péril quasi existentiel sa propre survie, et quand un autre, qui est loin d'être dans la misère, avec le pétrole qui n'en finit pas d'être demandé, demeure pourtant le plus grand fournisseur d'idéologie et de ressortissants destructeurs.

Pourtant, dans des domaines de l'activité économique que ceux qui font fonctionner passent pour très simples, comme l'agriculture ou la pisciculture, le principe de la compassion sélective est appliqué à la lettre que l'on soit torturé par des questions d'ordre moral ou métaphysique. Toute plante indésirable qui prend racine dans un champ de blé ou dans un verger est impitoyablement arrachée. De même, des requins ne seraient pas introduits dans des élevages de dorades, ni des piranhas dans un aquarium de scalaires.

Au niveau du domaine privé aussi, ce qui est évident ne l'est plus dès que le cercle s'élargit. Une famille protège sa maison, place des verrous sur sa porte, une société privée installe des systèmes de surveillance, mais un pays laisse pénétrer sur son territoire des ressortissants de pays aux critères de vie en contradiction avec les siennes, livrant ses propres citoyens à des étrangers qui n'auront plus besoin de le vaincre pour les agresser.

Mais là encore, la pensée n'est pas libre, et pour ne pas choquer les bien-pensants, mieux vaut ne pas citer d'exemple, à moins de supposer qu'un groupe venu de Kopavogur ou d'Akureyri menace la population de Kabuga ou de Rugalika de devenir minoritaire dans sa propre localité, tout en s'attaquant au biens et aux personnes.

Bien entendu, le problème qui préoccupe les civilisations à l'heure actuelle se pose différemment, dans le sens inverse, puisqu'il est plus probant de voir des groupes d'Afrique s'imposer en Europe que le contraire, mais le signaler est considéré comme du racisme. Est-ce qu'en observant que l'émigration va toujours à sens unique, que le mouvement des Blancs vers les pays noirs n'atteint pas le millième du mouvement des Noirs vers les pays blancs, on devient raciste?

Il le faudrait, en suivant une certaine logique. N'affirme-t-on pas, en relevant cette constatation, que les pays noirs ne représentent aucun intérêt, au point que même leurs ressortissants les quittent en masse, alors que les pays blancs non seulement sont suffisamment attractifs pour que leurs citoyens y restent, mais qu'en plus ils attirent comme un aimant des millions de citoyens de bien d'autres pays?

Il vaut mieux donc le taire, pour ne pas choquer les bien-pensants, et formuler le constat différemment: l'Europe est riche de par son sol et son climat, et, si les Blancs en profitent, il n'y a pas de raison que les Noirs n'en profitent pas aussi.

Bien entendu, ce qui vient d'être posé est à prendre au second degré, ce n'est pas la couleur qui crée l'incident, mais la culture. Ce n'est pas parce qu'un homme est noir qu'il va poser des problèmes dans un pays d'hommes blancs. Tout dépend de la culture dont il est imbibé et qu'il véhicule. En Israël, il y a des Juifs d'Ethiopie, dont la couleur ne pose aucun problème de voisinage ni de société ; par contre, il y a une invasion piétonne de pays comme le Soudan, dont la culture, le moins que l'on puisse dire, n'est pas philosémite et très peu respectueuse des droits de l'homme et, bien qu'encore peu nombreux, ils se montrent en proportions inquiétantes déjà menaçant envers les Israéliens.

De même, il y a des Juifs de Russie, qui ont également trouvé leur place sans aucun problème ; par contre, il y a aussi des antisémites cosaques, aussi blancs que les Juifs, mais qui peuvent massacrer froidement et totalement une famille juive pour des broutilles, n'épargnant pas même les nourrissons, respectueux de la vieille tradition de leurs ancêtres, qui massacrèrent sans aucune pitié des communautés entières, dans l'un des endroits les plus durs qu'Israël ait connu en exil.

Nous l'avons vu à Rishon Le Zion ; et ils peuvent sans aucun problème profaner sauvagement une synagogue. Nous l'avons une fois de plus la semaine dernière à Petah-Tikva. Certaines cultures sont ingrates, et dénuées de sentiments humains. Les ressortissant cosaques comme les soudanais ont voulu profiter de la bonne foi d'Israël, à un moment où ils étaient dans la misère. Mais qui remercie Israël de s'être montré tolérant et indulgent?    

Par ailleurs, un autre aspect de la dialectique de la capacité d'empathie est susceptible d'heurter la conscience, et c'est quand elle est relativisée et dosée, ces réserves pouvant signifier que l'on remette en question, partiellement il est vrai, le droit à la vie ; car, de fil en aiguille, si des gens jugés inhumains n'ont pas droit à l'indulgence, il se pourrait aussi qu'on leur refuse ce droit.

Or, les sociétés dans leurs codes juridiques, moraux et sociaux, reconnaissent toutes le droit à la vie et préconisent la poursuite de ceux qui le bafouent. Elles prévoient l'interdiction de vivre libres en ville ou en société, ou dans la nature, en appliquant l'emprisonnement, mais aussi la peine de mort.

Et ce qui peut paraître étonnamment paradoxal, c'est précisément cette relation étroite qui lie l'interdiction du meurtre à la peine de mort. Comment peut-on, sous un certain angle, faire subir à un tiers ce qu'on lui reproche d'avoir perpétré? «Vous voulez donc, s'interrogerait un condamné, vous permettre de me tuer alors que vous me reprochez de l'avoir fait?! ». Et pourtant, l'interdiction de tuer, tout comme la condamnation à mort, s'inscrivent dans les commandements universel dits de Noé, exprimés ainsi dans le verset: «Du verseur du sang de l'homme (interdiction du meurtre), le sang par l'homme sera versé… (peine devant être instituée par les tribunaux)» (Genèse, IX, 6). Le verset poursuit: «…car l'homme a été créé à l'image de D.» Par conséquent, il apparaît clairement que l'assassin perdrait en quelque sorte cette image. Caïn l'avait compris, quand, devenu assassin, il établit ce constat: «Le premier qui me trouvera me tuera» (idem IV, 14). Aussi reçut-il un signe distinctif qui interdit de le tuer à son tour, sa peine ayant été commuée en exil.

Ce développement ne signifie pas nécessairement qu'il faille soutenir la peine de mort. En effet, cette notion ne doit pas être appliquée à la légère, un tribunal procédant à plus d'une exécution tous les sept ans, ou tous les soixante-dix ans, selon le Talmud, étant considéré comme ayant des tendances criminelles. En outre, dans le droit exposé dans le Talmud, aucune condamnation ne peut être déduite d'observations ou d'implications logiques, comme chez Colombo ; le meurtrier doit avoir été vu par deux témoins dont les dépositions doivent s'avérer identiques après enquête, et après avoir mis en garde le prévenu que le geste qu'il s'apprêtait à accomplir est condamnable.

Certains pays, comme la France, ont préféré aller jusqu'à renoncer à la peine de mort, et ceux qui continuent à la pratiquer ne sont pas les moins touchés par le crime. Quoi qu'il en soit, les criminels ne doivent pas bénéficier de la compassion des indulgents.

Un des éléments les plus trompeurs consiste en l'attitude d'un criminel en déconfiture. Il inspire l'indulgence, la revendique. Le plus endurci des assassins, quand il implore la pitié, peut déconcerter, par sa faiblesse trompeuse et momentanée, le plus blasé des juges.

Il peut en situation de défaite faire maintes promesses, signer des accords, des engagements, qui seront bien vite démentis dès qu'il aura obtenu la clémence et se sera ressaisi de ses émotions, qu'il ne peut ressentir qu'envers lui-même.

Reprenons l'exemple précité: imaginons que deux clans rivaux d'une incomparable cruauté de la ville islandaise de Kopavogur se soient entretués et que le groupe qui a eu le dessous se présente dans la paisible ville de Rugalika du Rwanda. Il ne fait aucun doute que ces réfugiés susciteront l'empathie chez leurs hôtes qui auront bien vite fait taire les réticents parmi eux, en insistant: «Mais enfin, vous voyez bien qu'ils ne feraient pas de mal à une mouche!» Mais bien vite, le naturel chassé reviendra au galop, et les habitudes de pillage et de guérilla reprendront le dessus, au grand désarroi de ces gens si accueillants.

Or, pour une pitié mal placée, un roi, voici près de trois mille ans, a été déchu. Le prophète Samuel est venu annoncer au roi Saül que sa lignée ne prendrait pas le flambeau du pouvoir. Saül devait en finir avec Agag, le roi d'Amalek, mais il eut pitié de lui, sous ses dehors pitoyables d'inoffensif vaincu.

On peut affirmer sans craindre de se tromper que l'Etat d'Israël a répété la même erreur que son ancêtre, en se laissant berner par l'attitude pitoyable des citoyens d'un des pays les plus sanguinaires à son égard, qui a dynamité les lieux saints de Jérusalem, s'est à nouveau insurgé de la reconstruction et de la ré inauguration récente de l'un d'eux – la synagogue de la Hourva – et a massacré les civils qui s'étaient cachés dans une cave dans le Goush Etzion en 48.

Ces neveux de l'Arabie, auxquels les Anglais ont fait cadeau des quatre cinquièmes du Foyer national juif promis avec la Déclaration Balfour, si humbles et si penauds le lendemain de leur défaite en 67, ont occis par dizaines des enfants d'Israël dans des cafés, des restaurants et des bus.

Certains ont essayé de trouver toutes sortes de circonstances atténuantes pour les uns et exténuantes pour les autres, comme si l'ennemi, auquel l'indulgence et la volonté de paix d'Israël ont rendu son caractère d'ennemi sous sa face la plus abominable qui soit, n'avait pas été assez contenté par le vainqueur, qui doit s'excuser de ne pas s'être laissé anéantir.

On a cherché aussi à désigner toutes sortes des prétextes, et d'en faire la raison profonde de l'animosité anti-israélienne, comme telle ou telle «occupation territoriale», au Sud-Liban ou à Gaza, par exemple.

Toutes ces mauvaises pitiés se sont retournées contre de paisibles citoyens, comme ce docteur attablé à la terrasse du café Hillel en compagnie de sa fille qu'il devait marier le lendemain,  ou cette famille du village d'Itamar dont les enfants, traqués dans leur appartement, ont été tués par balles à bout portant…

Accepter avec humilité les adages de nos Anciens, poser des questions pertinentes et honnêtes pour mieux comprendre une vérité évidente, pesée par les Sages d'Israël, et ne pas s'emporter puérilement, pour faire plaisir à on ne sait qui, contre cette phrase simple, est la garantie de la préservation et du respect de la vie:     

Tout indulgent envers les inhumains finira inhumain envers les indulgents.

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