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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 12:26

Par Dominique Bloch


Après avoir concrétisé son rêve maltais au travers de ses deux expositions de 2005, Michel s'attèle à présent à un nouveau projet : ouvrir son art à la calligraphie hébraïque. Il s'agit encore une fois de rendre hommage à la branche maternelle de sa famille, juive séfarade chassée d’Espagne en 1492 avant de s’installer sur l’île de Gozo (archipel Maltais).

Visitez le Magnifique site de MICHEL D'ANASTASIO
http://www.script-sign.com/expositions/afa/exposition-calligraphie-hebraique.php


alphabet hébreu Elohim



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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 11:13


Gilles nous fait découvrir cette semaine un poême du Grand Chagall...





Découvrez les 105 tableaux de Marc Chagall sur
 http://www.ricci-art.net/fr/Marc-Chagall-21.htm

Marc Chagall, (1912), 00001358-Z

M.Chagall 1912 - 



Aux artistes martyrs
« Les ai-je tous connus ? Suis-je venu 
Dans leur atelier ? Ai-je vu leur art 
De près ou de loin ?
Et maintenant je sors de moi, de mes années, 
Je vais vers leur tombe inconnue, 
Ils m’appellent, ils m’entraînent au fond
De leur trou - moi l’innocent - moi le coupable. 
Ils demandent « Où étais tu ? » Je me suis enfui,
On les conduisait, eux, vers le bain de leur mort
Et c’est là qu’ils goûtaient à leur propre sueur
C’est alors qu’ils ont entrevu la lumière 
De leurs toiles non peintes. 
Ils ont compté les années non vécues 
Qu’ils veillaient et qu’ils attendaient.
[...] Les mains de leur mère, ses yeux 
Les escortaient jusqu’au train vers la lointaine gloire. 
Je les vois maintenant, ils se traînent en haillons, 
Pieds nus sur les chemins muets,
Les frères d’Israël, de Pissarro et de 
Modigliani, nos frères que conduisent 
Avec des cordes les enfants de Dürer, de Cranach
Et d’Holbein vers la mort et les crématoires. 
Comment puis-je, comment dois-je verser des larmes.
Je vois le feu, la fumée et le gaz 
Qui montent vers le bleu nuage et qui 
Le rendent noir. 
Je vois les dents, les cheveux arrachés, 
Ils projettent sur moi, déchaînée, 
Ma couleur. 
Je suis dans le désert, face à des monceaux de souliers,
De vêtements, ordure et cendre je murmure 
Mon Kaddish.
Et tandis que je reste ainsi, de mes tableaux 
Descend vers moi le David peint. Il vient avec 
Sa harpe à la main, 
M’aider à pleurer, à jouer des versets de psaumes.
Et après lui descend notre Moïse. 
Il dit : « N’ayez peur de personne ».
Il vous prescrit de reposer en paix 
Jusqu’à ce qu’une fois encore, il ait gravé 
De nouvelles Tables pour un nouveau monde. 
L’ultime étincelle s’éteint, 
Le dernier corps s’évanouit. 
Tout se fait comme avant un nouveau déluge, 
Je me lève et vous dis adieu, 
Et je prends le chemin qui mène au nouveau 
Temple 
Et là j’allume une bougie pour votre image. »

Poême de Marc Chagall 1950 

 Marc Chagall, (1917), 00001445-Z
M
.Chagall 1917


Marc Chagall, (1933), 00001349-Z M.Chagall 1933

Marc Chagall, (1966), 00001391-Z
M.Chagall 1966

Marc Chagall, 00001426-Z
M.Chagall 

 
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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 22:31
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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 14:55

Michel Jonasz ou le rare talent

 

http://www.theatrorama.com/wp-content/uploads/Abraham-1.jpg


Par Gilles Raphel

pour aschkel.blog.com et lessakele.over-blog.fr

 

Il est rare Jonasz, chante le jazz encore sur les ondes, réapparaît parfois au détour d’un film intimiste, et réapparaît ici en toute timidité et simplicité sur la scène du Petit Montparnasse.

Il nous parvient dans la pénombre, celle des vestiaires où les juifs, les tziganes et tant d’autres se dévêtaient avant de passer « sous la douche ».

Jonasz interprète le rôle de son grand-père Abraham, Abraham raflé qui, sachant sa vie finie s’en remémore des instants d’amour, de tendresse, de drôlerie et d’humour.

Abraham à 20 ans quitte la Pologne, le « pays le plus triste du monde », pour rejoindre la Hongrie et offrir à sa famille une vie meilleure, rattrapé par la folle histoire c’est dans un camp de Pologne que son existence se terminera.

 Dans la pénombre, dans un noir et blanc devenu gris, dans le bruit des bottes et les aboiements des chiens, Abraham en appelle à D.ieu, il se désole de ce monde où « les vivants sont plus morts que les morts », il pleure les êtres qu’il aime et ose espérer « qu’il ne reste plus rien d’autre dans le ciel noir des cendres de nos morts qu’une étoile jaune ».

Ensuite, dans un second tableau, Abraham est sur un banc dans son petit village hongrois en compagnie de son ami Yankele. Là, dans la douce lumière hongroise et sous la musique tzigane, Jonasz nous présente seul les échanges entre un Abraham sage et un Yankele loufoque et décalé.

Abraham est épicier, mais « l’épicerie ne nourrissant pas son homme, il est aussi Cantor à la synagogue ». Quand Yankele, petit tailleur, demande un prêt à Abraham, ce dernier le rassure en lui annonçant qu’il est le porte-parole d’extra-terrestres géants qui vont lui commander des milliers de costumes. Après quoi, Yankele nous présente le poulet cacher comme un poulet ayant effectué sa bar mitzva. Les anecdotes de la vie se succèdent ainsi, dans le tendre bonheur et la presque insouciance du quotidien où Abraham aura immensément aimé sa Rose, généreusement élevé ses sept enfants, tenu son épicerie et été Cantor à la shulle du village.

 

 http://image.radio-france.fr/franceinter/_media/diff/490034081.jpg

Dans la vie réelle, Abraham et Rose ont permis à cinq de leurs enfants de venir poursuivre leurs études ou travailler en France, dont la maman de Michel. La famille d’Abraham a été décimée par la barbarie nazie, seule la mère de Michel et l’une de ses sœurs y ont échappé.

Quand Michel demandait à sa mère s’il chantait bien, elle lui répondait : « Oui, mon fils, tu chantes bien, mais pas aussi bien que ton grand-père Abraham ».

Au-delà de la sombre histoire, au-delà de l’hommage émouvant à son grand-père et à la musique tzigane, c’est un véritable appel à l’humanité que Jonasz nous lance, un appel où « aucune vie n'est plus importante qu'une autre. Chaque vie est sacrée. ».

Allez pleurer et rire, allez écouter Jonasz parler et chanter au Petit Montparnasse, 31 rue de la Gaîté Paris 14e du mardi au samedi à 21h, dimanche 17h30. Jusqu’au 25 octobre.

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 10:07
ALLEZ ON VA FAIRE UNE PETITE TOUCHE D'HUMOUR !!!!!!



Sourcehttp://www.slate.fr/story/10931/les-russes-maitres-de-l’echiquier






mardi 29 septembre 2009

La semaine dernière, deux maîtres absolus des échecs, Garry Kasparov et Anatoli Karpov, se sont affrontés dans un tournoi en 12 parties à Valence (Espagne). Selon le classement mensuel des 20 meilleurs joueurs du monde, plus de la moitié d'entre eux proviennent de Russie ou d'une autre république de l'Ex-URSS. (L'actuel numéro un mondial est bulgare.) Mais pourquoi les Russes et leurs voisins sont-ils si forts aux échecs?

Il faut d'abord savoir que les soviétiques ont subventionné ce jeu. Il y a longtemps que ce sport intellectuel est populaire en Russie — on dit même que le tsar Ivan IV est décédé au milieu d'une partie, en 1584. Les échecs furent introduits en Russie vers le XVIIe siècle, acheminés le long des routes commerciales qui partaient de Perse et d'Inde. A mesure de l'évolution du jeu, la Russie développa des règles particulières: au XVIIIe  siècle, par exemple, la reine pouvait se déplacer à la manière d'un cavalier (par un saut en L) en plus de ses mouvements latéraux et diagonaux classiques. Ce n'est qu'au milieu du XIXe  siècle, lorsque les premiers tournois furent organisés, que la version moderne du jeu commença à s'imposer et à se répandre. Après l'arrivée au pouvoir des bolchéviques, en 1917, l'affrontement entre les armées blanches et noires est devenu le sport national de l'Union soviétique. Peu après la révolution, Nikolaï Krylenko, le commandant en chef de l'armée soviétique sous Lénine, a jeté les bases d'un système de subventions publiques destinées aux professionnels de l'échiquier: il a fait ouvrir des écoles, organisé des tournois et fait de ce jeu un moyen d'asseoir le leadership international de l'URSS.

Le premier tournoi d'échecs sponsorisé par l'Etat fut organisé à Moscou en 1921. Six ans plus tard, le prodige Alexandre Alekhine était le premier Russe à remporter un tournoi international. En 1934, 500.000 amateurs d'échecs s'étaient inscrits au programme de l'État. En 1948, Mickaïl Botvinnik accéda au titre de champion du monde; sa grande victoire marqua le début d'une longue domination soviétique (interrompue par Bobby Fischer pendant quatre petites années) qui dura jusqu'à la chute du bloc de l'Est.

L'Union soviétique semblait avoir un penchant naturel pour les échecs. D'une part, de nombreux intellectuels et leaders communistes s'étaient pris de passion pour les 64 cases bicolores. Lénine était un joueur redoutable même si, selon l'auteur russe Maxime Gorki, il se fâchait quand on le battait. On raconte par ailleurs que Léon Trotski allait jouer à Paris et à Vienne. Quant à Staline, il tenait tellement à sa réputation de maître des échecs qu'il a fait beaucoup de bruit autour d'une partie fictive dans laquelle il prétendait avoir battu un fidèle de son parti, le futur chef de la police secrète Nikolaï Ezhov. (Qui fut ensuite exécuté par le « Petit père des peuples ».)

D'autre part, les soviétiques ont toujours considéré que les échecs incarnaient leurs idéaux révolutionnaires. Ce jeu de stratégie permettait à l'URSS de faire valoir son patrimoine intellectuel national. C'était, en outre, un loisir bon marché et accessible à tout le monde. Et aux yeux des dirigeants du bloc communiste, sa dynamique de va-et-vient reflétait la conception dialectique de l'histoire, qui se trouve au cœur du marxisme. L'ironie induite par la manipulation de reines et de rois, symboles de l'impérialisme, n'avait aucune importance.

Aux échecs, les Russes ont ainsi bâti une réputation de réflexion collective. On forçait parfois des concurrents à faire exprès de perdre dans les tournois pour laisser la place à de meilleurs joueurs. Au fameux match qui opposa Bobby Fischer à Boris Spassky en 1972, des dizaines de grands maîtres soviétiques se regroupaient également pendant les pauses pour discuter et prévoir le prochain coup de Spassky. Fisher, lui, n'avait qu'un seul assistant.

Bien qu'ils ne bénéficient plus du même soutien de étatique que par le passé, les échecs demeurent un jeu très populaire en Europe de l'Est. Pour preuve, Garry Kasparov, l'ancien champion du monde, est aujourd'hui un membre de l'opposition russe.

Christopher Beam

Taduit de l'anglais par Micha Cziffra 
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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 10:05

Par ELANA ESTRIN 
22.09.09
http://fr.jpost.com/


Cette semaine dans notre rendez-vous artistique je vous invite à un voyage musical....

Dominique BLOCH



La prédilection pour le violon a toujours fait partie de l'identité culturelle juive. En revanche, personne n'avait encore jamais émis l'hypothèse que cet instrument ait pu être inventé par des Juifs. Depuis Le Violon sur le toit jusqu'à l'omniprésent violoniste des tableaux de Chagall, en passant par le mondialement célèbre Isaac Perlman, le violon a longtemps été associé au peuple juif.

Le violoniste vert, détail du tableau de Marc Chagall. 
PHOTO: DR , JPOST

D'où provient ce lien privilégié ? La question n'a pas encore été tranchée. Mais les historiens reviennent sur la piste des débuts de l'instrument : "Il ne semble pas que le violon soit d'origine italienne, mais plutôt juive", explique Monica Huggett, violoniste et directrice artistique à New York au sein de l'Historical Performance Program (programme de performance historique) de la Juilliard School.

L'origine du violon reste encore floue. Selon certains historiens, la viole, son ancêtre, est née en Espagne lors de la seconde moitié du XVe siècle, c'est-à-dire avant l'expulsion des Juifs. Elle a ensuite refait surface en Italie, où elle s'est vite transformée pour devenir le violon que nous connaissons.

La viole a suivi le parcours de l'exil

Mais qui est l'artisan de cette métamorphose ? Cette question est restée sans réponse jusqu'à ces dernières décennies. Certains universitaires sont parvenus à la conclusion que des musiciens juifs se trouvaient derrière ce chef d-œuvre.

Ainsi le violon serait-il né en Italie durant la première moitié du XVIe siècle, soit à l'époque où de nombreux Juifs expulsés d'Espagne se sont installés dans ce pays. Selon toute probabilité, la viole aurait suivi le même parcours à la même période. Si peu de chercheurs ont publié des articles à l'appui de cette théorie, l'idée ne commence pas moins à faire son chemin dans le monde de la musique.

En mai dernier, lors du symposium biannuel de violonistes de la Julliard School, qui réunit les plus grands virtuoses du monde, Monica Huggett a présenté un exposé vivifiant de l'histoire du violon. Pleine d'enthousiasme, elle a annoncé à la centaine de musiciens présents qu'elle attendait désormais que d'autres recherches soient conduites. Et ainsi pouvoir placer définitivement le violon sur la liste des inventions juives.

Roger Prior, 73 ans, est le premier à avoir évoqué cette théorie. Ce professeur retraité de l'université de Belfast a écrit deux articles et un ouvrage sur les musiciens juifs à l'époque de l'invention du violon. "Saviez-vous que l'on ne trouve aucune référence au violon en Espagne au XVIe siècle ? Lorsque les Juifs ont été expulsés de ce pays, l'une des destinations naturelles a été pour eux l'Italie. Or, c'est précisément dans ce pays que le violon semble avoir vu le jour. Voici la raison qui permet de relier les Juifs à cet instrument. Et je pense que les preuves ne manquent pas", précise Prior.

Des violonistes juifs à la cour d'Henri VIII

Le professeur a élucidé ce mystère par le plus grand des hasards alors qu'il faisait des recherches sur un sujet aux antipodes du violon : la cour du roi d'Angleterre Henry VIII. Objectif : découvrir l'identité de la célèbre "Dark Lady", cette dame mystérieuse que Shakespeare mentionne dans beaucoup de ses sonnets.

Le célèbre historien A.L. Rowse avait déjà émis une hypothèse : selon lui, la Dark Lady s'appelait en réalité Emilia Bassano. Prior a alors entrepris d'étudier sa biographie. Il a remarqué de fortes similitudes dans le vocabulaire utilisé par Shakespeare pour décrire cette femme et pour parler de Shylock, l'usurier du Marchand de Venise.

L'historien a alors conclu qu'Emilia devait être juive. Aussi a-t-il commencé à rassembler des preuves en ce sens, pour s'apercevoir bientôt que plusieurs membres de la famille Bassano faisaient partie de la formation d'instruments à vent de la cour du roi Henry VIII.

Et voici donc l'histoire reconstituée : au début du XVIe siècle, le roi Henry VIII lance une campagne en vue d'accroître le prestige de la cour d'Angleterre. Pour y parvenir, il engage d'augustes musiciens italiens.

En 1540, un groupe de six joueurs de viole se présente à lui. Selon Prior, tous étaient probablement des Juifs espagnols ou portugais qui avaient fui vers l'Italie à la suite de l'expulsion d'Espagne en 1492. En ce temps-là, les Juifs semblent avoir été les principaux joueurs de viole, à l'époque même où l'instrument se transforme peu à peu en violon.

D'où leur rôle décisif dans la création de ce dernier : "Je n'ai pas de preuve indiscutable mais de nombreux indices montrent bien que les joueurs de viole étaient juifs", précise Prior.

L'une des pièces du puzzle est un mystérieux épisode de l'histoire anglaise. En 1541, Henry VIII apprend que des Marranes vivent à Londres - des Juifs portugais, officiellement convertis au christianisme, mais qui continuent de pratiquer le judaïsme en secret.

Il fait aussitôt emprisonner ces crypto-Juifs. Une décision muée par des intérêts politiques. Selon Prior, Henry VIII se souciait fort peu de punir les crypto-Juifs. Sauf en cas de circonstances exceptionnelles : à l'époque, le roi tente de gagner les faveurs de Charles V. Avec ces arrestations, il pense prouver qu'il est un bon catholique.

L'ambassadeur de Charles V en Angleterre, Eustace Chapuys, salue en effet ce geste. Mais aussitôt, la sœur de Charles V, ainsi que le roi et la reine du Portugal en personne, prennent la défense des prisonniers.

Ainsi les crypto-Juifs ont-ils fini par être libérés. Si cette histoire est connue depuis longtemps, l'identité de ces Juifs portugais est restée un mystère, jusqu'à ce que Prior établisse un lien entre cet épisode et ses propres recherches sur la formation de violes d'Henry VIII.

Prior s'est intéressé à une foule de documents historiques. En premier lieu, les documents de l'arrestation, qui provenaient de Milan, où vivaient beaucoup de ces violistes avant leur arrivée en Angleterre.

Puis sur une lettre alarmante écrite par Chapuys en 1542, qui évoquait les Juifs portugais emprisonnés : "Quelle que soit la façon admirable dont ils chantent, ils ne pourront pas s'envoler sans laisser quelques plumes derrière eux."

A en croire Prior, cette phrase énigmatique n'est désormais plus un mystère : les "oiseaux" auxquels Chapuys fait référence doivent être une métaphore des musiciens, à savoir, ceux de la formation des violes du roi Henry VIII.

Néanmoins, que veut dire Chapuys lorsqu'il écrit que les prisonniers ne peuvent s'échapper "sans laisser de plumes derrière eux" ? Pour Prior, l'ambassadeur fait sans doute allusion à la mort de deux des musiciens en prison. Une autre pièce du puzzle a trouvé sa place. John Anthony, joueur juif de saquebutte (l'ancêtre du trombone) et Romano de Milan, joueur de viole, sont en effet décédés derrière les barreaux.

Juste avant sa mort, Anthony fait un testament, prenant comme témoins quatre membres de la formation royale de viole. Le document officiel, établi deux jours après sa mort, contient de curieuses informations : le nom d'Anthony devient tout à coup "Anthonii Moyses" et celui d'un des témoins, Ambrose of Milan, se transforme en "Ambrosius deolmaleyex".

Selon Prior, Anthony était donc juif, car "Moyses" signifie "fils de Moïse". Le nom très énigmatique de deolmaleyex lui a donné plus de fil à retordre. Mais Prior a également trouvé une explication : un employé anglais incompétent aurait bâclé son travail en essayant de retranscrire le nom "de Olmaliah" ou "de Almaliah", version espagnole de "Elmaleh".

Prior présume que ces deux personnages avaient préféré se faire appeler John Antony et Ambrose de Milan afin de dissimuler leurs origines juives. Mais qu'une fois en prison, cet artifice n'était plus nécessaire : ils avaient été arrêtés précisément parce qu'ils étaient juifs. Sur son lit de mort, John Anthony n'avait plus rien à perdre. Dans l'histoire, il n'y a jamais de coïncidence.

Henry VIII a choisi des musiciens juifs pour une raison bien précise : aucun risque d'allégeance à l'Eglise catholique ou luthérienne. De parfaits serviteurs de la Couronne anglaise.

Autre hypothèse : à l'époque en Angleterre, les Juifs sont réputés être d'excellents musiciens. Par ailleurs, ces derniers voient dans cette île une terre d'accueil idéale après le traumatisme de l'Inquisition.

La sémantique des noms au secours de l'Histoire

D'autres indices permettent d'attribuer au violon une origine juive. La famille Amati, célèbre aujourd'hui pour avoir fabriqué les premiers violons modernes, et enseigné cet art à Antonio Stradivari, universellement connu comme le meilleur fabricant de violons de l'Histoire, était juive.

Preuve supplémentaire que le violon est bel et bien de source juive. Pour déterminer l'origine des Amati, Prior a analysé leur nom de famille. Son outil : la Bibliografia Ebraica, le dictionnaire des noms juifs italiens établi par Carlo Barduzzi, selon lequel, le nom de famille hébraïque "Haviv", qui signifie adorable ou aimable en hébreu, est l'équivalent du nom "amato", bien-aimé en italien (amati étant le pluriel d'amato).

"Ce nom pourrait bien être la preuve du lien qui existe entre les Juifs et le violon. Bien sûr, les Amati ont pu choisir leur nom. C'est une habitude juive d'emprunter des noms à consonance positive, censés porter chance", explique le chercheur qui reconnaît malgré tout que ces hypothèses ne suffisent pas à certifier que les Amati étaient bien juifs.

Jusqu'à présent, les explications de Prior en restent au stade des théories. Parmi les sceptiques, figure le professeur Alexander Knapp, ethnomusicologue de l'université de Londres, spécialisé en musique juive.

Pour lui, nul n'a encore apporté la preuve que le violon était bien une invention juive. "D'après ce que je sais, la viole se trouvait en Italie et dans de nombreux autres pays d'Europe. Mais on ne peut affirmer qu'elle ait existé en Espagne avant d'être exportée en Italie. Et même dans cette hypothèse, cela ne signifie pas pour autant que les Juifs aient été les seuls à en jouer.

Il est donc possible que le violon ait été inventé par d'autres, puis que les Juifs l'ont emporté dans leurs valises. Cependant, de nombreux peuples voyageaient à l'époque : à commencer par les Tziganes. Vous voyez bien ! Je pense donc qu'une telle affirmation n'est pas réaliste", démontre-t-il.

Les plus grands virtuoses sont juifs

Que les Juifs soient ou non intervenus dans la création du violon, certains des plus grands violonistes actuels possèdent leur propre théorie. Inutile de le préciser, ces violonistes sont juifs eux aussi. "Le violon a toujours été un instrument juif", affirme le violoniste russo-israélien Vadim Gluzman.

"J'espère ne pas passer pour un chauvin, mais c'est un fait : les plus grands violonistes de l'histoire étaient juifs. Et j'ai l'impression que je suis le prochain maillon de la chaîne. Je porte en moi la tradition, dans la mesure de mes capacités, bien sûr. Je sens le poids des générations sur mes épaules."

La tradition en question comprend le virtuose du XVIIe siècle, Salamone Rossi (que l'on considère comme l'un des premiers compositeurs de musique pour violons) et trois des plus grands violonistes du XIXe siècle : Joseph Joachim, à qui Brahms a dédié son concerto pour violon, Ferdinand David, à qui Mendelssohn a dédié le sien, et Henryk Wieniawski, violoniste virtuose et compositeur d'œuvres qui ont marqué l'histoire de l'instrument.

La liste des violonistes célèbres du XXe siècle est aussi dominée par des noms juifs, tous considérés comme des virtuoses : Jascha Heifetz, Isaac Stern, Yehudi Menuhin, David Oistrakh, Nathan Milstein et Mischa Elman. Pour ne citer qu'eux. Aujourd'hui, d'autres ont repris le flambeau : Itzhak Perlman, Shlomo Mintz, Pinchas Zukerman, Gil Shaham, Joshua Bell, Hagaï Shaham ou Vadim Gluzman...

Le violon : instrument idéal pour un exil

Comment expliquer ce phénomène ? Il existe à peu près autant de théories que de violonistes juifs. L'une des plus populaires est la suivante : de tout temps, les Juifs ont été un peuple nomade, et ont dû opter pour un instrument facile à transporter. Mais, selon cette hypothèse, pourquoi n'existe-t-il pas de lien particulier entre le peuple juif et la flûte, par exemple ?

"La flûte n'a pas captivé l'imagination juive comme l'a fait le violon", confirme Knapp. "Les instruments à cordes ont une certaine intensité, une passion, et ils capturent les émotions du cœur d'une façon immédiate et intense."

Le violoniste israélien Hagaï Shaham suggère de son côté que "l'intensité et la passion" du violon conviennent parfaitement à la sensibilité juive. Il a sa propre théorie pour expliquer pourquoi la clarinette, aussi facile à transporter, n'a pas été adoptée par autant de musiciens juifs.

"La musique juive en général est beaucoup plus expressive", affirme-t-il. "Or, le violon est un instrument nettement plus complexe que la clarinette : il renferme bien plus de possibilités musicales. Enfin, un violoniste a davantage d'opportunités d'emplois, car un orchestre compte beaucoup plus de violons que de clarinettes."

Au cours des XIXe et XXe siècles, alors que les possibilités professionnelles sont limitées pour les Juifs, ces débouchés potentiels constituent un argument de poids en faveur du violon. "Pour les Juifs russes, du moins, il s'agit de la seule façon d'échapper à la vie à la campagne", souligne Gluzman.

"Aussitôt entrés au conservatoire, nous avions notre passeport pour la grande ville. Le violon est ainsi devenu l'instrument de l'espoir, parce qu'il présentait un avantage concret. Et Mischa Elman, Jascha Heifetz, David Oistrakh et Nathan Milstein, par exemple, ont été les enfants de l'espoir. Grâce à eux, leurs familles ont pu quitter les villages pour des villes."

Le violon ou le goût de l'excellence

De telles ouvertures conduisent inévitablement à des conflits dans les foyers : "Chaque mère juive voulait que son fils joue du violon. Dans le cas contraire, elle perdait la face devant ses voisines..."

Et Shaham de renchérir : les familles juives étaient prêtes à se battre pour arriver au sommet.

"La société juive est très compétitive. Elle recherche l'excellence. Dans cette culture, les petits enfants, dès l'âge de trois ans, sont envoyés au Heder (école juive) pour apprendre. L'éducation, la discipline et le perfectionnisme passent avant tout. Cela produit de bons résultats. Cette recette s'applique aussi à l'étude de la musique. Cela fait partie de la culture juive : tout le monde, chez nous, étudie le violon", indique encore Shaham.

Une mentalité qui rappelle celle des Asiatiques. "Ces dernières années, nous avons vu l'afflux de violonistes asiatiques car les enfants étudient cet instrument dans leurs pays."

Autre piste à explorer : la tradition musicale hassidique. "Le hassidisme a pour habitude de tout célébrer en musique. Le violon a été l'instrument privilégié avec la clarinette et la grosse caisse. Dans le village, on jouait de la musique dès qu'il y avait quelque chose à fêter, des naissances aux mariages", raconte Gluzman.

La tradition musicale à la synagogue est également à prendre en compte. "Il est possible que le violon touche particulièrement l'âme juive en raison de l'intensité de ses sonorités. Peut-être parvient-il à reproduire l'intensité de la voix du Hazan", suggère Knapp.

Les historiens continuent de plancher sur les origines du violon et sa remarquable affinité avec le peuple juif. Toutefois, il existe une théorie supplémentaire, proposée par un simple laitier nommé Touviah : "Un violon sur le toit : ça paraît fou, non ?", déclare Touviah en guise d'ouverture de la célèbre comédie musicale devenue synonyme du shtetl juif.

"Mais ici, dans notre petit village d'Anatevka, chacun d'entre nous est un violoniste juché sur un toit, qui essaie de tirer de son instrument un son simple et agréable sans se briser le cou. Ce n'est pas très facile... Et comment fait-on pour garder l'équilibre ? Je peux vous le dire en un seul mot : la tradition ! Sans elle, nos vies seraient aussi chancelantes... qu'un violon sur le toit !"

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 12:58

Chers Lecteurs,

Je souhaite vous inviter chaque Dimanche à découvrir un artiste juif ou israelien contemporain.

Aujourd'hui ABEL PANN

Dominique BLOCH pour Aschkel.blog






ABEL PANN

Abel PANN est né en Lettonie en 1883, dans le même "schtetel" que Marc Chagall. Il est issu d'une famille de rabbins. Mais seul le dessin l'intéresse... A l'âge de 13 ans, avec cinq roubles en poche, il quitte le toit familial pour entreprendre des études d'art. 

Après Vilna, Odessa, Vienne et maintes péripéties, il arrive dans le Paris de la "Belle Epoque". Il a vingt ans. Travailleur acharné, il y connaît une vie de privations, dans sa passion à trouver son style propre. Son sens de l'observation et sa propension naturelle à l'humour lui apportent ses premiers succès, dans la caricature, Il collabore à plusieurs hebdomadaires. Il séjourne à Paris de 1903 à 1917 et il considère la France comme son pays d'adoption.

Il n'a pas oublié les vexations et les violences subies, en tant que Juif, dans la Russie de son enfance. Solidaire de ses frères en danger, il expose aux U.S.A. une longue série de dessins pour s'insurger, à sa manière, contre les pogroms...

Invité en 1913 par Boris Schatz, fondateur de "Betzalel", la jeune Académie d'art de Jérusalem, pour y enseigner, Pann fait en Terre d'lsraël un premier voyage qui le marquera profondément. Il s'y installe en 1920, tout en revenant régulièrement en France. Il choisira Strasbourg pour y vivre et y travailler quelques années, et exposera dans la grande salle de I'Aubette. 

La lumière de Jérusalem a transformé sa palette. Ses pastels deviennent éclatants de couleurs. Il s'est fixé une tâche : "peindre les scènes de la Bible en prenant pour modèle les descendants vivants de ces personnages bibliques". Il s'y consacrera jusqu'à sa mort, en 1963. 


Les fils de Noé



Sarah
 
Rébecca


Abraham, Isaac et Jacob


 
Rachel
 
Shulamith

 
 

 

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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 19:54
ASCHKEL RECOIT UN CADEAU D'EDEN CHOURAQKI QUE JE REMERCIE.

MERCI POUR CE MAGNIFIQUE MOMENT
l'amour d'Israël,lekh lekha par Ilan et Gabriel Chouraki 2008 INSTANT MAGIQUE !


 
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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 15:15

Les peintres juifs de l’Ecole de Paris décrits par Nadine Nieszawer



Dans la première moitié du XX
e siècle Paris représentait très certainement le foyer de la création artistique. C’est grâce à des artistes venus de l’étranger s’installer dans la capitale française et constituant ainsi « l’Ecole de Paris », que la peinture connut un véritable essor.

La spécialiste de l’Ecole de Paris pendant les années 1905 à 1939, Nadine Nieszawer explique que nombre de ces artistes étaient des Juifs d’Europe de l’Est à la recherche d’une terre d’asile où ils pourraient s’exprimer librement. Venus au début du XXe siècle, ces peintres s’installent essentiellement à Montparnasse où ils créent une sorte de « Shetl d’artistes ». Dans ces conditions, ils côtoient la richesse du monde intellectuel et artistique de Paris, mais aussi les écrivains et poètes yiddish de l’époque.

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Nadine Nieszawer, fille du marchand d’art Jacques Nieszawer, spécialisé dans les tableaux du XIXe siècle et collectionneur des peintres juifs, « les yid’n », a suivi la voie de son père en devenant experte de l’Ecole de Paris. Madame Nieszawer a écrit sur le sujet un dictionnaire, « Peintres juifs de l’Ecole de paris 1905-1939″, préfacé par Claude Lanzmann, édité chez Denoel en 2000.

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Mme Nieszawer explique que ce qui caractérise les peintres de cette époque c’est le sentiment de ”vivre comme D.ieu en France”, ou en yiddish d’être ”Heureux comme un Juif à Paris” (“Azoy gluckor wi a yid in Paris”). Durant l’entre-deux guerres, quelque 500 artistes juifs ont élu domicile à Paris. Leur peinture s’inscrit dans le mouvement d’émancipation de la première révolution russe de 1905.

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Ces artistes s’ouvrent sur le monde extérieur et exploitent tout ce qu’il promet. Ils apportent à la peinture un nouveau souffle privé de classicisme, mais souvent enrichi de leur arrachement au judaïsme de leurs pères. C’est ainsi que naît un expressionnisme d’une mélancolie vigoureuse, caractérisé par des artistes comme Chagall, Mané-Katz, Issachar Ryback, Jeséchiel Kirszenbaum, David Garfinkiel, Joachim Weingart, qui peignent des sujets juifs et expriment le choc de la rencontre entre Paris et le judaïsme qui les accompagne.

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Des artistes comme Chaïm Soutine, Amedeo Modigliani, Moise Kisling, Isaac Dobrinsky, Max Band, Lazare Volovick, Zygmunt Landau, Eugène Ebiche, Willy Eisenschitz ont au contraire épuré leur travail de toute référence à des archétypes juifs. Ils préfèrent s’attacher à la tradition française du paysage, de la nature morte et des portraits.

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Les peintres Abraham Mintchine, Michel Kikoïne, Pinchus Kremegne, Henri Epstein, Adolph Feder, Sigmund Menkés et Mela Muter cherchent quant à eux la simplification, sans jamais entrer tout à fait dans le moule des mouvements d’avant-garde. Ils empruntent la voie du cubisme ou de l’expressionnisme, tout en restant loin des spéculations abstraites et des détours formels au profit de l’expression.

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Mme Nieszawer cite également des artistes qui s’inscrivent avec force dans la modernité, tel Otto Freundlich, un des théoriciens de l’abstraction, “artiste engagé” par excellence sur tous les fronts de la recherche abstraite ou Grégoire Michonze, dont la peinture est marquée par sa rencontre puis sa prise de distance avec les surréalistes, et Henryk Berlerwi, acteur de l’avant garde allemande et précurseur de l’art cinétique.

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D’autres comme Philippe Hosiasson, Léon Zack, Sigismond Kolos-Vary et Felicia Pacanowska ont quant à eux été anéantis par la Shoah, où ils ont côtoyés l’inhumanité. Ils vont alors exprimer un refus total de la figuration et devenir radicalement abstraits.

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Mais notre experte a un faible pour Alexandre (Sandro) Fasini (de son vrai nom Saul Finesilber). Originaire d’Ukraine, il s’est installé en France en 1922. Sa peinture se trouve à la frontière de l’abstraction et du surréalisme. Ses œuvres sont marquées par un désir d’expériences nouvelles qui lui donnent une place unique au sein de l’Ecole de Paris. Il acquit une certaine notoriété dans les années 1920-1925 et ses œuvres furent exposées dans la galerie « d’Art Vavin » pendant deux ans aux côtés de Picasso et Klee. Fasini collectionnait l’art primitif et s’adonnait à la photographie et à la création de mobiliers.

Pour en savoir plus sur ces artistes de l’Ecole de Paris, contacter Mme Nieszawer.

Nadine Nieszawer a été nommée expert en 2001 par l’Union Française des Experts. Depuis 2002, elle est consultante et organise des ventes aux enchères d’œuvres des peintres juifs de l’Ecole de Paris.

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par Yael Ancri

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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 22:25
En attendant mon retour, je vous propose de découvrir un de mes amis qui est un artiste hors-pair


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