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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 07:59

 

 

Grande-Bretagne : des musulmans lancent une campagne "Noël est diabolique"

postedeveille

Si des chrétiens britanniques lançaient une campagne "l'islam est diabolique", ils seraient immédiatement arrêtés par la police et traduits devant les tribunaux criminels.

Christmas-is-evil
__________________________________________

Des fanatiques d’un groupe islamique haineux ont lancé samedi une campagne nationale d’affichage dénonçant Noël comme étant diabolique.

Les organisateurs projettent de poser à travers le Royaume-Uni des milliers d’affiches affirmant que la saison des fêtes favorise les viols, les grossesses précoces, les avortements, la promiscuité, la criminalité et la pédophilie. Ils espèrent que la campagne aidera à «détruire Noël» dans le pays et incitera les Britanniques à se convertir à l’islam.

Le député travailliste et militant anti-raciste Jim Fitzpatrick a qualifié les affiches d’«extrêmement choquantes» et réclamé leur enlèvement immédiat. Les affiches, qui sont déjà installées dans certains quartiers de Londres, montrent un arbre de Noël surmonté d’une étoile de Bethléem. Au bas de l’affiche, un message sur «les maux de Noël» tourne en dérision les paroles de la chanson Les 12 jours de Noël, ainsi: «Le premier jour de Noël, mon amour m'a donné une MST (maladie sexuellement transmissible) ;  le 2e jour, des dettes ; le 3e jour, un viol ; le 4e jour, une grossesse adolescente ; puis il y a eu l’avortement.»  

Les affiches disent que Noël favorise aussi le paganisme, la violence, l’itinérance, le vandalisme, l’alcool et la drogue et que cette fête est offensante parce qu’elle «affirme que Dieu a un fils». Le bas de l'affiche se lit : «Dans l’islam, nous sommes protégés contre tous ces maux. Nous avons le mariage, la famille, l'honneur, la dignité, la sécurité, les droits de l'homme, de la femme et de l'enfant. »

La campagne est orchestrée par un musulman de 27 ans, Abou Rumaysah, qui a  déjà demandé l'application de la charia en Grande-Bretagne lors d'une conférence de presse du prêcheur de haine Anjem Choudary, le chef du groupe militant Islam4UK. M. Rumaysah a déclaré au Mailqu'offenser les chrétiens lui était indifférent : «Noël est un mensonge et comme musulmans, il est de notre devoir de l'attaquer. Mais nous ciblons en premier lieu les conséquences de Noël comme l'abus d'alcool et la promiscuité qui augmentent pendant les fêtes, ainsi que tous les autres maux qui en découlent comme l’avortement, la violence domestique et la criminalité. Nous espérons que cette campagne amènera les gens à réaliser que l'islam est la seule façon d’éviter ces maux, et qu’ils se convertiront.

M. Rumaysah dit que sa campagne n'est liée à aucun groupe et il annonce fièrement qu’il y aura des affiches dans plusieurs villes à travers le pays, y compris Londres, Birmingham et Cardiff.

Source : 'Christmas is evil': Muslim group launches poster campaign against festive period, Mail, 22 décembre 2010. Traduction partielle

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 19:56

 

Merci à Thomas

 

Lettre à l'humanité par Ali Sina (mouvement des ex-musulmans)

 

faithfreedom

 

Cher ami

La folie s’est emparée d’une partie de l’humanité et ce qu’il font n’est pas a court d’insanité morale.

Nous perdons notre bataille contre le terrorisme parce que nous manquons notre cible.

Nous devons atteindre tout le monde et leur faire savoir que le terrorisme n’est que le symptôme du vrai problème qui est l’idéologie qui se trouve derrière.

Nous avons besoin de votre aide. Lisez la “lettre a l’humanité” qui suit et si vous êtes d’accord, envoyez la a tout le monde dans votre carnet d’adresse en leur demandant de faire de même.

Envoyez aussi une copie à vos politiciens et aux journalistes de votre pays. Tout le monde doit entendre ce message.

Sincèrement votre,

Ali Sina

 


Une lettre à l’humanité

Cher compagnon humain,

Aujourd’hui, l’humanité fait face à un défi. Des atrocités sans nom sont commises tous les jours. Il y a une force du mal qui s’emploie à nous détruire. Les agents de ce mal ne respectent rien; pas même la vie des enfants. Chaque jour, il y a des bombardements, chaque jour, des innocents sont tués. Nous pensons être impuissants face à ce mal, mais en réalité nous ne le sommes pas!

Sun Zi, un ancien sage chinois disait “Connais ton ennemi et tu seras victorieux” Connaissons-nous notre ennemi? Si ce n’est pas le cas, nous sommes condamnés.

Le terrorisme n’est pas une idéologie, c’est une arme; mais les terroristes tuent pour une idéologie qu’ils appellent l’Islam.

Le monde entier, musulman et non-musulman clame que les terroristes ont détourné une “religion de la paix” et que l’Islam n’appelle pas à la violence.

Qui a raison? Est-ce que les terroristes comprennent mieux l’Islam ou est-ce ceux qui prétendent que l’Islam est une religion de paix? La réponse à cette question est la clé de notre victoire, et ne pas trouver cette clé fera notre perte. La clé est dans le Coran et dans l’histoire de l’Islam

Ceux d’entre nous qui connaissent l’Islam savent que la connaissance de l’Islam par les terroristes est correcte. Ils ne font rien que leur prophète n’ait pas fait ou encouragé ses fidèles à faire. Le meurtre, le viol, l’assassinat, la décapitation, le massacre et le sacrilège de la mort “pour réjouir le coeur des croyants” étaient tous pratiqués et enseignés par Mohammed et observés par les musulmans à travers l’histoire.

Si la vérité a toujours été importante, elle l’est d’autant plus maintenant! Il est temps pour nous de trouver la racine du problème et de l’éradiquer. La racine du terrorisme islamiste est l’Islam. La preuve en est le Coran.

Nous sommes un groupe d’ex-musulmans qui avons vu le mal et nous nous sommes levés pour avertir le monde. Quelque soit la douleur que la vérité nous inflige, seule la vérité peut nous sauver. Pourquoi tant de déni? Pourquoi tant d’obstination? Combien de vies innocentes doivent être perdues avant que VOUS n’ouvriez les yeux? Un désastre nucléaire nous attend. Cela arrivera, ce n’est pas une question de “si” mais de “quand”. Inconscient de cela, le monde persiste de plus belle dans sa politique de l’autruche.

Nous demandons aux musulmans de quitter l’Islam. Arrêtez avec les excuses, les justifications et les rationalisations. Arrêtez de diviser l’humanité entre “nous” et “eux” (musulmans vs Kafirs). Nous sommes Un people, Une humanité! Mohammed n’était pas un messager de Dieu. Il est temps d’arrêter cette folie et de faire face à la vérité. Les terroristes puisent leur soutien moral et la validation de leurs actions en vous. Votre simple adhésion à ce culte de la mort est un signe d’assentiment à leurs crimes contre l’humanité.

Nous demandons aussi aux non musulmans d’arrêter le politiquement correct de peur de heurter la sensibilité des musulmans. Au diable leur sensibilité! Nous devons sauver des vies, les vies de millions d’innocents. 

Des millions, si ce n’est des milliards, de vies seront perdues si nous ne faisons rien. Le temps passe! “La seule chose nécessaire pour que le mal triomphe est que les gens bien ne fassent rien” Faites quelque chose! Envoyez ce message à toutes les personnes dans votre carnet d’adresse et demandez leur de faire de même. Arrêtez l’Islam et le terrorisme. C’est votre monde, sauvez le.  

Le mouvement d’ex musulmans    


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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 19:00

 

 

 

"Ce sont les immigrés et non les Australiens qui doivent s'adapter.

C'est à prendre ou à laisser"

 

Par Julia Gillard, 1er ministre d'Australie

Le 08/12/12

Adapté par Albert Soued, http://soued.chez.com  pour www.nuitdorient.com

 

Le 1er ministre d'Australie Julia Gillard s'est exprimée ainsi le 8 décembre 2010 sur l'Islam, la sharia'h et l'immigration. "Les Musulmans qui veulent vivre sous la loi islamique peuvent partir". Le gouvernement australien vise les éléments radicaux  et cherche à décourager toute velléité d'attaque terroriste. J Gillard a inquiété des Australiens musulmans quand elle a dit qu'elle soutenait les agences qui surveillaient les mosquées du pays.

"Je suis fatiguée de ces gens qui se préoccupent de savoir si nous avons offensé un individu ou sa culture. Depuis les attaques terroristes de Bali, nous avons assisté à une recrudescence du patriotisme chez la majorité des Australiens. Notre culture s'est développée à travers 2 siècles de luttes, d'épreuves et de victoires menées par des millions d'hommes et de femmes qui cherchaient la liberté.

Nous parlons surtout l'Anglais, pas l'espagnol, ni l'arabe, ni le chinois, ni le japonais, ni le russe, ni aucun autre langage. C'est pourquoi, si vous voulez faire partie de notre société, apprenez notre langue !

La plupart de Australiens sont croyants  -- pas moi. Il ne s'agit pas d'une offensive politique de la droite chrétienne, mais un fait, la réalité, car ce sont des Chrétiens et des Chrétiennes, se basant sur des principes chrétiens, qui ont construit cette nation, et cela est très clairement établi. Et il est certainement très approprié de l'afficher sur les murs de nos écoles. Si notre Dieu vous offense, je vous suggère d'aller chercher ailleurs dans le monde un nouveau foyer, car notre Dieu fait partie de notre culture.

Nous acceptons vos croyances sans nous poser des questions. Tout ce que nous demandons, c'est que vous acceptiez les nôtres, pour vivre en harmonie et jouir de la paix ensemble.

C'est cela notre pays, notre terre et notre mode de vie, et nous vous permettons de jouir  de tout cela, en toute occasion. Mais si vous continuez à vous plaindre, à maugréer et à râler à propos de notre drapeau, de notre serment, de nos croyances chrétiennes, de notre façon de voir la vie, je vous encourage vivement de saisir l'opportunité de la grande liberté que nous avons en Australie, celle du "droit de partir". Si vous n'êtes pas heureux ici, alors partez ! Nous ne vous avons pas obligés de venir ici. Vous avez demandé à venir. Alors acceptez le pays qui vous a accepté"

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 14:23

 

Profanation du tombeau de Josué par les arabes - Qui Condamne ?

 

 

http://www.ynet.co.il/articles/0,7340,L-4000552,00.html - israel7.

 

Par Shrga BLUM

Sur une mosquée, cela aurait enflammé les Musulmans du pays et entraîné des excuses de la part des officiels israéliens et de quelques Rabbins. Mais quelle importance si la Tombe de Josué a été couverte de graffitis antisémites en arabe ?

Plus d’une millier de personnes venues de tout le pays, religieux comme non religieux, s’est rendu jeudi auprès de la Tombe de Josué fils de Noun, successeur de Moïse. Le caveau se trouve à Tamnat Haras, entre Ariel et Barkan, en Samarie. Caleb Ben Yefouné, celui qui avec Josué avait refusé de décourager le peuple lors de l’épisode des Explorateurs, est également enterré au même endroit.

En arrivant sur les lieux, les pèlerins ont eu la mauvaise surprise de voir les profanations en arabe, faites de slogans nationalistes et antisémites. Autre anomalie, quelques dizaines d’Arabes palestiniens qui se trouvaient là, ont exigé des soldats de Tsahal qu’ils empêchent des jeunes de chanter et danser !!! Mais lorsque les soldats ont demandé aux jeunes d’obtempérer, ces derniers ont catégoriquement refusé.

Le Président du Conseil Régional de Samarie, Gershon Messika, a eu du mal à cacher sa colère : « Seuls des barbares sont capables de faire de telles choses. Ce ne sont pas des gens civilisés. Si nous, Juifs, avions fait une chose pareille à un lieu musulman, le monde entier serait en train de nous condamner ! » Mais il a aussi exprimé « sa joie devant le symbolisme fort de voir réunis laïcs, orthodoxes, sionistes-religieux et traditionnalistes pour se recueillir devant la tombe de celui qui fut le premier à conquérir Eretz Israël ». « Nous ne céderons pas », a-t-il conclu, « car comme Josué et Caleb, nous sommes convaincus et forts ».

La montée au Tombeau de Josué se fait généralement le 10 Tévet, qui est aussi appelé « le jour du Kaddish Hakelali », car c’est ce jour où l’on récite le Kaddish pour tous ceux dont on ne connaît pas la date de décès, ce qui est le cas pour Caleb Ben Yefouné.


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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 18:03

 

Un texte d'une rare tonalité juste, même si l'on est bien d'accord avec la nécessité d'un électrochoc républicain quant aux dérives islamisatrices et décivilisatrices du coeur même de l'Europe, actuellement. 

Il se résume en une phrase limpide : Le dynamisme et la capacité d’attraction ne se décrètent pas.

 


Brèves considérations sur l’Islam et l’Europe aujourd’hui – par Guy Millière

 

http://www.drzz.fr/breves-considerations-sur-lislam-et-leurope-aujourdhui-par-guy-milliere/

Il m’a été demandé plusieurs fois si je m’associerais aux assises internationales sur l’islamisation. J’ai répondu par la négative. Je n’ai aucune hostilité en soi contre Riposte laïque et contre les organisateurs de ces assises, mais j’ai des divergences fondamentales avec eux, que je pense utile d’expliciter.

La première de ces divergences tient à ce que je pense contre-productif de s’en prendre à l’islam comme tel. Je sais qu’il y a des dimensions totalitaires dans l’islam. Je sais que c’est bien davantage qu’une religion : un système de soumission global impliquant des dimensions juridiques, économiques et politiques. Je sais que la charia est incompatible avec les principes du droit naturel qui fondent les sociétés ouvertes. Je pense que le Coran pris au pied de la lettre implique un glissement vers le grand djihad et le petit djihad, Mais je sais aussi, pour avoir bien connu certains d’entre eux, que des penseurs musulmans cherchent à trouver le chemin permettant l’émergence au vingt-et-unième siècle d’un islam modéré. Je sais que nombre de musulmans vivant en Europe n’ont jamais lu le Coran et se disent musulmans simplement parce que cela fait partie de leurs origines familiales, et constitue un fragment de ce qu’ils considèrent comme leur héritage culturel. Je m’en tiens en ces conditions à la formule de mon ami Daniel Pipes : l’islam radical est le problème, et l’islam modéré est la solution. Cette formule ouvre la porte à des musulmans de bonne foi, et ne les condamne pas a priori, en les renvoyant vers un islam considéré comme mauvais en soi et à jeter en bloc. Elle n’empêche aucune fermeté, aucun rappel des principes fondateurs des sociétés ouvertes. Elle fonde au contraire la possibilité d’une fermeté conforme à ces principes fondateurs.  

La deuxième divergence est que je pense précisément que, pour répondre au danger bien réel constitué par l’islam radical, et par le fait que, comme je l’ai écrit à de nombreuses reprises, les cloisons entre islam et islam radical sont poreuses, il faut garder à l’esprit ce que sont les principes dont je viens de parler. L’idée de république me semble avoir des contours flous, et renvoyer à un patrimoine intellectuel né avec la Révolution française, que je considère, dans la lignée d’Edmund Burke, comme une révolution ratée, qui a empêché jusqu’à ce jour la France d’être un état de Droit stable. L’idée de laïcité militante me paraît elle-même très lacunaire, voire délétère : elle s’est déployée, en France, depuis et par une lutte contre la religion. Je me définis comme agnostique, mais je ne puis ignorer que la civilisation occidentale doit ses principes éthiques essentiels au christianisme, et en deçà de lui, matriciellement au judaïsme. Et je ne puis ignorer non plus qu’une société où se perd le rapport à la transcendance, est une société sans repères profonds. Intégrer des musulmans à une société où le rapport à la transcendance existe est possible. Les sommer de respecter la laïcité, qui n’est pas un principe renvoyant à un rapport à la transcendance est quasiment impossible.

L’idée d’identité nationale chère à une certaine droite me semble aussi une idée peu porteuse, en ce début de vingt-et-unième siècle, d’une obsolescence accélérée. Nous sommes dans une ère où les êtres humains sont appelés à être pluriels, et à s’inscrire sur un horizon planétaire. Toute identité qui entend survivre se devra être une identité compatible avec la planétarisation. Toute identité qui entend survivre se devra non pas de sommer les autres de la reconnaître, mais d’exister par son propre dynamisme et sa capacité d’attraction. Le dynamisme et la capacité d’attraction ne se décrètent pas.

Il y a, dans les démarches engagées aujourd’hui, une dimension défensive et une tentation du repli sur un noyau dur, censé être menacé, qui me semblent ne guère avoir de futur.  

La troisième divergence tient à ce qui me semble être, chez ceux dont je parle, une inaptitude à voir que la situation de l’Europe est ce qu’elle est, non pas tant en raison d’une invasion musulmane, que d’un déclin profond de l’Europe. Ce déclin est démographique, et se traduit par un vieillissement accéléré des populations européennes. Il est économique : les économies européennes pour la plupart sont essoufflées, asthéniques, incapables de produire de la croissance, de la créativité, et des perspectives de prospérité. Il est politique : quasiment aucun parti politique en Europe n’est à la hauteur des enjeux de la globalisation, de la dématérialisation et du post-capitalisme, qui constituent pourtant le cœur battant du monde contemporain. Il est culturel : le projet européen en lui-même est, depuis le départ, constructiviste au sens que Friedrich Hayek a donné à ce terme, et est venu dissoudre les anciennes évolutions, pour les remplacer par des projets abstraits, tombés du haut de structures verticales absolutistes.  

Un remède éventuel au déclin impliquerait d’en traiter tous les aspects, et pour cela, de remettre en avant ce que la civilisation occidentale a produit de plus fécond, et que Michael Novak a appelé le capitalisme démocratique. Je serais prêt à m’associer à une initiative allant dans ce sens. Pour l’heure, je ne vois rien venir. Et j’ai tendance à penser que je ne verrai rien venir. Les accents anti-américains que je perçois chez certains adeptes du laïcisme ou du nationalisme ne me semblent, en tout cas, pas marqués par la lucidité et par une capacité d’analyse très subtile. Certains accents proches de l’antisémitisme me semblent, eux, strictement impossibles à admettre. 

En observant la situation d’ensemble, je vois une Europe qui ne fait pas rêver, et ne donne pas à ceux qui y viennent le désir de s’intégrer à elle. Je vois une grande masse de gens qui se paupérisent dans la passivité créée par des Etats providence, qui n’ont plus les moyens d’exister. Je vois la grande majorité de ces gens résider mentalement dans l’aveuglement. Je vois une minorité d’entre eux se crisper sur les lambeaux d’idéologies et de dogmes naufragés. Et je vois des musulmans chez qui certains, les islamistes, cultivent le ressentiment, tandis que d’autres brandissent symétriquement le rejet de tout ce qui porte en soi le mot « islam ».  

Que certains de ces musulmans se radicalisent, et adoptent une attitude véhémente ou violente me semble tristement logique. Que les gens qui se crispent aujourd’hui puissent se crisper encore davantage demain me semble tout aussi logique. Que ceux qui se paupérisent, et résident mentalement dans l’aveuglement, continuent à se paupériser, et persistent dans l’aveuglement, me semble extrêmement logique : tous les dispositifs du prêt-à-penser ambiant leur délivrent quotidiennement les doses d’opium requises pour qu’ils puissent s’endormir.  

Les logiques enclenchées me semblent mener vers un avenir assez sombre. J’entends me situer ailleurs. Le travail de celui qui pense, me disait un ami philosophe aujourd’hui disparu, est de donner à comprendre, pas de s’accommoder du tumulte et de la tourmente. Je m’en tiens à ce travail.

Guy Millière
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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 14:57

 

 

affaire a suivre

 

Dans affaires à suivre - les fondations de l'Islam

 

LE CORAN : SORTIR DU CERCLE ? 

Rémi BRAGUE
Université Paris 1

Qui est Rémi Brague ICI

(Texte paru dansCritique, avril 2003, n° 671, p.232-251)

Compte rendu de :
LUXENBERG, Christoph. Die syro-aramâische Lesart des Koran. Ein Beitrag zur Entschlûsselung der Koransprache. Berlin : Das Arabische Buch, 2000, IX-311 p. ;
PRÉMARE, Alfred-Louis de . Les Fondations de l'Islam.. Entre écriture et histoire. Paris : Le Seuil, 2000, 535 p.


Un livre récent, dû au savant allemand Christoph Luxenberg [1], a peut-être effectué une véritable percée dans le domaine des études coraniques. C'est pourquoi il m'a semblé valoir la peine de le présenter au public français, qui risquerait de passer à côté [2]. Je suis conscient de n'avoir pour ce faire qu'une légitimité bien légère : si j'ai appris l'allemand, je suis moins arabisant que frotté d'arabe, et j'ignore le syriaque. En conséquence, mon rôle ne peut être ici que provisoire, en attendant mieux.

Au XIXe siècle, on disait par plaisanterie que la première langue sémitique était l'allemand, tant les auteurs allemands ou de langue allemande (qu'on pense au hongrois I. Goldziher) avaient une position dominante dans les études bibliques et islamologiques. Depuis lors, l'anglais a pris le dessus comme dans bien d'autres domaines, et pour les mêmes raisons.

Cependant, il n'est guère possible de ne pas utiliser les travaux des auteurs de langue allemande. Mais que dis-je, on y arrive très bien ! Dans bien des travaux, il suffit de parcourir la bibliographie pour s'en convaincre...

Quant aux vraies langues sémitiques, il faudrait être aussi savant que Luxenberg en arabe (littéral et dialectal) et en syriaque pour discuter de façon efficace les résultats de ce livre de pure philologie, et de lecture ardue. C'est très loin d'être mon cas. Je ne puis donc prétendre ici que présenter ses résultats, sans pouvoir m'engager dans la discussion critique approfondie qu'ils méritent et exigent [3].

En effet, nous sommes peut-être en présence d'une révolution, d'une révolution tranquille, et opérée sans jamais enfler le ton. Pour comprendre à quel point, il faut esquisser un panorama de la situation actuelle. 


Le problème

Nous croyons disposer aujourd'hui de bien des traductions du Coran. Il y en a de tous les genres, du « scientifique » ennuyeux au poétique supposé « à l'orientale », en passant par l'édifiant ou l'étymologico-fumiste. Et les libraires, dit-on, ont été surpris de voir les ventes s'enfler subitement, après le 11 septembre. Il est de fait que le Coran se vend bien. De là à soutenir qu'on lirait ce que l'on a acheté, il y a un pas, car l'entreprise est ingrate et demande de la part du lecteur non spécialiste un exceptionnel sens du devoir [4]...

Reste à savoir si c'est bien le Coran que l'on lit à travers ces traductions. Et déjà, si c'est bien le Coran que les traducteurs on traduit. Outre les difficultés que doit affronter tout traducteur, il en est en effet une spécifique, préalable, et la plupart du temps invisible. C'est, pour le dire en un mot, de ne traduire que le Coran. Et non pas l'interprétation que la tradition des commentateurs médiévaux a donnée de certains mots ou passages difficiles -- et ils ne manquent. De ce point de vue il est d’ailleurs ironique de constater que le musulman arabophone qui lit « son » Coran, qui l'écoute réciter, ou qui le récite lui-même, est exactement logé à la même enseigne que le philologue occidental.

On croit lire écouter, traduire le Coran. En réalité, on ne fait que répéter les interprétations des commentateurs qui à partir de la fin du IXe siècle, en particulier à partir de Tabari (m. 923) ont cherché tout simplement à venir à bout du tissu d’obscurités qui constitue le « Livre clair. » C'est déjà un grand mérite, de la part d’un traducteur de ne pas en dissimuler l’existence derrière de beaux effets de style, vernis lisse, miroir qui ne renvoie que l’image de l’interprète lui-même et interdit de pénétrer jusqu’au sens.

Les traducteurs sérieux sont partis d'une décision de principe, qui es d'éviter l'anachronisme en tentant de n'expliquer le Coran qu'à partir de lui-même et de l'état de la langue arabe telle quelle était au w siècle. On peut en nommer trois, par ordre chronologique : vers l'anglais, Richard Bell [5], vers le français, Régis Blachère [6], vers l'allemand, Rudi Paret [7]. Des travaux consciencieux de ce genre sont les seuls qui méritent le nom de traductions du Coran. Mais ils infestent le texte de toutes sortes de parasites graphiques : parenthèses explicatives, points d’interrogation avouant le caractère hasardeux d’une interprétation, crochets indiquant ce que l'on a ajouté au texte pour le rendre intelligible. D'où chez le lecteur un découragement certain et la tentation de se rabattre sur des rendus plus lisibles, au besoin en dissimulant sa paresse derrière une invocation au génie poétique des « orientaux ».


Origine et date du Coran

Par ailleurs, nous ne savons pas quand le texte coranique l'on cherche ainsi à comprendre, puis à traduire a pris sa forme définitive.

La tradition musulmane raconte la belle histoire d'un texte noté sur des supports de fortune - les omoplates de chameau ont fait rêver bien des savants. Les divergences entre lecteur voire le risque de disparition violente de ceux-ci pendant les guerres de conquête auraient rendu nécessaire une fixation par écrit. Une commission réunie par le calife Uthman aura établi un texte définitif envoyé aux principales bases des conquérants, les autres textes étant alors brûlés.

Les chercheurs occidentaux s'écartent de cette tradition, dans deux directions contraires. Deux livres anglais parus la même année 1977 représentent deux tendances extrêmes.

Pour John Wansbrough, le Coran n'aurait atteint sa forme canonique que deux siècles après la mort de Mahomet [8]. à l'inverse, selon John Burton, il aurait été rassemblé du vivant même de celui-ci [9].

Pourquoi ne pas en rester à la tradition, telle qu'on vient de l'esquisser ? Parce qu'elle ne rend compte que d'une partie des témoignages, qui se contredisent les uns les autres. Le livre de A.-L. de Prémare [10] nous aide à démêler cet écheveau. Il a en particulier le mérite de réunir et de présenter en traduction, dans un appendice, le matériau brut des textes sur lesquels il se fonde (P, 395-468), dont ceux qui rapportent la collection du Coran (P, 444-468). Ces données sont «étonnamment contradictoires» (P, 282) quant à l'identité des personnes qui ont effectué la collecte des textes, de celles chez qui il étaient en dépôt, ainsi que sur la nature de ceux-ci, recueil ou feuilles séparées (P, 285).

Il semble que la distinction entre le Coran comme Livre de Dieu d'une part, et d'autre part les propos attribués à Mahomet (hadith) ne se soit mise en place que progressivement. Le Coran et certains hadiths seraient comme deux cristallisations d'un même magma. Le Livre de Dieu n'était considéré à l'origine « que comme une sélection des propos de Muhammad » (P, 283). « Le Coran est un ensemble de hadîth sélectionnés pour la récitation publique, et qui est destiné à représenter le livre de Dieu. La constitution d'un Coran semble avoir constitué pour une grande part en cette composition sélective. Ce fut l'une des tâches assumées par les clercs de l'islam tout au long du r siècle de l'hégire » (P, 318).

C'est cette « indécision initiale » (P, 319) qui explique par exemple que l'on retrouve dans le Coran des prescriptions figurant dans le hadith, mais sous une forme telle qu'elles ne sont compréhensibles que dans un contexte postérieur à la vie de Mahomet. Ainsi, les déclarations tardives de celui-ci, qui ont été regroupées dans ce qu'on appelle les Discours de l'adieu, recommandent d'observer une trêve rigoureuse pendant les mois sacrés ; ces dispositions sont atténuées dans le Coran lui-même car le contexte nouveau des guerres de conquête aurait rendu absurde le respect de cette trêve (P, 320).

Du coup, la question de l'auteur du Coran n'est pas close. Pour l'islam officiel, cet auteur est Dieu et lui seul, en aucun cas Mahomet, qui n'a fait que recevoir passivement une dictée surnaturelle. Les non-Musulmans ont coutume de parler de Mahomet comme de l'auteur réel, éventuellement inspiré, des textes coraniques. Les traditions anciennes contiennent cependant de quoi suggérer un travail collectif, non seulement de recueil, mais dans la rédaction de certains passages. Dans cette rédaction, un grand rôle semble avoir été joué par le futur calife Omar, dont le fils aurait dit : « aucun événement ne se produisait, opposant l'opinion des gens à celle de Omar, sans que le Coran ne soit révélé selon l'opinion de Omar » (P, 313-316).


Faits nouveaux

Une science s'est élaborée dans l'Europe de la Renaissance, puis des Lumières, enfin dans le cadre de l'historicisme du XIXe siècle, la philologie. Elle a été appliquée d'abord aux textes des classiques grecs et latins, puis généralisée à tout texte, même moderne ou contemporain, profane ou sacré. L'Ancien et le Nouveau Testament sont disponibles dans des éditions critiques qui se fondent sur la prise en compte systématique des variantes contenues dans tous les manuscrits anciens et témoignages indirects connus. Or, pour le Coran, nous ne possédons rien de ce genre. Les travaux de T. Nöldeke et de ses élèves ont abouti à une monumentale Histoire du Coran, mais l'édition qui devait en sortir n'a pas vu le jour.

Certains manuscrits sont connus, mais dispersés, et encore peu exploités. D'autres n'ont été découverts que récemment. C'est en particulier le cas d'une trouvaille effectuée en 1972 lors de la reconstruction de la grande mosquée de Sanaa, au Yémen. Une grande quantité de manuscrits de corans ont été découverts. Certains sont très anciens, probablement de la fin du Vile siècle. Des échantillons des résultats commencent à être publiés, bien timidement [11]. Les versions de ces manuscrits présentent des particularités intéressantes par rapport au texte aujourd'hui officiel. Cela concerne l'ordre des sourates, mais aussi certaines graphies.

La tradition musulmane connaît depuis longtemps l'idée selon laquelle le Coran aurait été révélé selon plusieurs - on dit le plus souvent « sept » - façons de lire. Le mot dont on se sert (ahruf] est l'un des pluriels ambigus d'un mot lui-même ambigu, et il est difficile de préciser de quoi il s'agit exactement. S'agirait-il de voyelles ? Les auteurs musulmans ont recueilli des volumes entiers de « lectures » possibles de certains mots. Ce n'est que par exception qu'ils modifient le sens. En tout cas, les manuscrits de Sanaa présentent des variantes qui ne coïncident pas toujours avec celles que la tradition accepte.

Par exemple, le même signe peut y noter les deux voyelles longues a et i. Rien n'empêche donc de prononcer certains noms propres coraniques de la même façon que leurs équivalents bibliques : Abraham, comme lisait déjà Ibn Mas ùd (P, 304 n. 8) et Satan, et non plus Ibrahim et Shaytan. On comprend aussi pourquoi le nom arabe de la Torah (Tawrâh) s'écrit d'une façon telle qu'il faudrait prononcer tawriyah [12]


Vaincu par sa conquête

II importe aussi de se représenter la distance qui sépare le contexte dans lequel écrivaient historiens et commentateurs et celui dans lequel le Coran a été écrit. Entre le vif et le IXe siècle, la situation des arabes a en effet changé de façon radicale, et avant tout grâce à l'islam. Unifiant les tribus en une force unique, celui-ci a permis en un siècle la conquête arabe. Celle-ci est le plus ancien fait historique que nous puissions constater sur la base de témoignages contemporains des faits. De cette conquête, nous ignorons les causes, et les ignorerons peut-être toujours [13]. Mais les résultats sont là : moins rapide que celle d'Alexandre le Grand, elle fut plus vaste et surtout plus durable. Elle est sans cesse remémorée comme une success-storymiraculeuse, propulsant des bédouins faméliques d'une vie misérable « de sable et de poux (raml waqaml) à une opulence fantastique [14]. Elle soumit les rivages méridionaux de la Méditerranée, et tout le Moyen Orient, y compris des régions de très vieille culture comme la Perse ou la Mésopotamie.

Or, un paradoxe se présente. Ce qui fut une bénédiction pour ceux qui firent l'histoire devient le malheur de ceux qui l'écrivent. Le monde des débuts de l'islam fut oublié par ceux qui bénéficièrent de son succès [15]. En effet, les musulmans ne se penchèrent sur leur passé qu'à partir du vin' siècle, soit deux siècles après les événements. Et surtout, après des changements d'une ampleur énorme. Politiquement, d'abord : deux révolutions, celles qui mirent au pouvoir les deux dynasties omeyyade (661), puis abbasside (750). Sans compter le passage, à l'intérieur de la première, des Sufyanides au Marwanides (685), qui fut l'occasion d'un coup de barre capital : l'empire fut désormais administré en arabe, et non plus dans la langue des peuples conquis et par les familles de fonctionnaires déjà en place. Il eut sa monnaie propre, sans image et avec une inscription islamique. Il revendiqua une identité religieuse propre, symbolisée par le Dôme du rocher, à Jérusalem (691) (P, 298-301). Ce sont d'ailleurs les inscriptions sur ce monument qui représentent les plus anciens textes en style coranique que nous puissions dater - « en style coranique », car ils ne coïncident pas toujours exactement avec les lectures du Coran que nous possédons actuellement.

Toutes ces évolutions historiques ont arraché les musulmans au contexte d'origine dans lequel le Coran avait été écrit. En particulier, les grammairiens et commentateurs ne sont pas des Arabes du Hedjaz, mais des Persans vivant à Bagdad. Ils n'ont aucune idée de la société et du système juridique de l'Arabie d'avant l'islam. Et ils ne connaissent pas d'autre langue sémitique que l'arabe. Leurs interprétations continuent à guider celles des contemporains. C'est donc faire un grand pas en avant que de dessiner une image précise de leur univers intellectuel, afin de voir de quel point de vue ils considèrent le texte qu'ils commentent [16].

Mais un fait massif reste là, qui excuse bien des soupçons : les plus anciennes sources musulmanes datées que nous possédions sur l'histoire des débuts de l'islam ne remontent pas à moins de deux siècles des événements qu'ils prétendent raconter. En revanche, les quelques sources non-musulmanes contemporaines des faits nous en présentent une vue assez différente. Ces sources sont depuis peu commodément accessibles, grâce à un gros volume qui les recueille et en donne une traduction anglaise [17].


Le cercle

Quant au Coran, ses plus anciens manuscrits présentent un texte réduit à un simple ductus, qui ne note que les consonnes. Encore est-il dépourvu des points diacritiques que l'arabe écrit comporte aujourd'hui, nul ne sait exactement depuis quand. L'ajout de ceux-ci, seuls ou par deux ou trois, au-dessus ou en dessous de la ligne, permet de distinguer des consonnes à l'écriture identique. Par exemple, les cinq consonnes b, t, th, n, et y sont représentées par un simple décrochage qui indente une ligne continue. Les signes indiquant les voyelles brèves ne seront ajoutés que bien après.

« On ne sait pas vraiment sur l'initiative de qui, quand et dans quelles circonstances précises furent établies les règles de ponctuation et de vocalisation car plusieurs traditions contradictoires existent sur ce sujet, et l'on parle d'autres personnes qui furent les premières à introduire les points et les voyelles au-dessus et au-dessous des caractères » (P, 296, 458-460). A haute époque, ceux qui indiquent les deux voyelles longues a et i sont encore, soit omis, soit remplacés par une simple indentation. L'ambiguïté qui en résulte est extrême.

On suppose à l'accoutumée qu'une tradition orale continue permettait de la dissiper. Luxenberg montre qu'il n'en est rien : l'existence d'une tradition de ce genre rendrait incompréhensibles bien des récits dans lesquels Mahomet se déclare incapable d'expliquer certains versets, ou donne son aval à plusieurs lectures différentes (L, 19s., 61, 63, 226). Prémare aboutit à la même conclusion : le contexte de la formation du Coran est celui d'une culture de l'écrit : « nous ne sommes pas ici dans un univers de traditions orales, mais dans un univers de scribes compositeurs » (P, 312 et cf. 322, 337).

Les commentateurs prétendent éclairer les versets à partir du contexte dans lequel ils auraient été révélés (asbâb al-nuzûl). Or, nous ne savons rien, ce qui s'appelle savoir, des circonstances en question. Il se peut fort bien qu'elles aient été inventées justement pour rendre compte de textes devenus incompréhensibles : les ouvrages islamiques « pour une large part, bâtirent cette biographie [de Mahomet] en vue d'expliquer différents passages du Coran » (P, 10). De la sorte, ce sont les bizarreries du texte coranique qui expliquent les récits qui sont venus les enrober, plutôt que l'inverse.

Les œuvres des poètes antérieurs à l'islam constituent une autre référence des commentateurs. Ceux-ci essayent d'expliquer des termes coraniques par leur usage chez les anciens poètes païens ou chrétiens. Il faut d'abord accorder que ces textes remontent bien à haute époque, ce qui est loin d'être démontré (P, 251). C'est ce qu'a rappelé Taha Hussein dans un essai qui fit scandale en son temps, Sur la poésie antéislamique (1927). Ensuite, il arrive souvent qu'on explique ainsi l'obscur par le plus obscur : on interprète un passage d'un poème anté-islamique à la lumière du texte du Coran que l'on veut élucider (L, 13s., 210).

Le recours aux lexicographes et grammairiens arabes nous entraîne dans un nouveau cercle. Ceux-ci font entrer dans leurs compilations des acceptions tirées d'interprétations du Coran. Les dictionnaires arabes comportent encore des entrées qui ne font que consacrer un contresens (L, 88, 113, 153, 170).


Sortir du cercle

La méthode de C. Luxenberg est purement philologique, Elle consiste à expliquer les passages obscurs du Coran sans faire confiance aux commentateurs, grammairiens et lexicographes. Cela ne veut pas dire qu'il les ignore, car il y renvoie constamment. Cela veut dire qu'il les utilise à rebrousse-poil.

Tout dépend en effet de savoir en quelle langue le Coran est écrit. En arabe, comme il le dit lui-même ? Certes. Mais quel arabe? La discussion est déjà ancienne. S'agit-il de la langue commune qui rendait possible les joutes littéraires des poètes anté-islamiques (Nöldeke) ? Ou d'une langue métisse avec une forte proportion d'éléments du dialecte mekkois (Vollers, P. Kahle) [18] ?

Pour Luxenberg, l'arabe du Coran n'est certainement pas l'arabe officiel, tel qu'il sera constitué par les grammairiens des siècles suivants (L, 101). Il s'agit d'une langue intermédiaire, résultat d'un mélange entre l'arabe et le syriaque qui, depuis plusieurs siècles, constituait la langue de culture dans l’espace syro-irakien (L, 299). À tel point que jusqu'au toponyme la Mekke a une étymologie araméenne : la ville basse [L, 300).

Les grammairiens raisonnaient à partir de l'arabe classique dont le Coran était d'ailleurs supposé constituer le chef d’œuvre inimitable. Ils cherchaient donc à expliquer des tournures qui sont en fait, non pas du mauvais arabe, mais du bon syriaque (L, 41, 118). Luxenberg se reconnaît dans ce domaine un précurseur en la personne d'Alphonse Mingana, lui-même chrétien oriental, qui avait attiré l'attention sur les tournures syriaques dans le Coran dans un article qui semble ne pas avoir attiré l'attention [19].

Luxenberg propose donc une méthode en plusieurs étapes [L, 10-15). On ne passe à la suivante que si la précédente n'a pas permis d'élucider un passage obscur. Face à un tel passage, on cherchera successivement : 1) chez les commentateurs musulmans, des interprétations non retenues par les traducteurs occidentaux; 2) dans les dictionnaires arabes classiques, des sens négligés par les commentateurs ; 3) des racines syro-araméennes homonymes aux racines arabes mais dont le sens est différent de celles-ci. 4) On examine ensuite le ductus sans tenir compte des points diacritiques en restant dans le registre arabe; 5) on applique la même méthode, mais en cherchant une racine syro-araméenne ; 6) on retraduit l'arabe en araméen et examine la sémantique au niveau de celui-ci; 7) on cherche des sens méconnus de l’arabe dans les dictionnaires syriaque-arabe du xi° siècle. Enfin, 8) on cherche si de l'arabe authentique n'aurait pas été orthographié à la syriaque.


Les résultats

L'application de cette méthode confère aux textes un sens plus convaincant. Les phrases se coulent plus harmonieusement dans leur contexte. Bien des détails bizarres venant comme des cheveux sur la soupe, s'évanouissent. Il me faut en donner ici quelques exemples. Je ne puis fournir que les résultats, sans présenter le raisonnement toujours érudit et souvent subtil qui y mène et qui seul les rend plausibles. Le danger de ce procédé est de donner une impression d'arbitraire. On sera bien inspiré de ne pas se hâter de réfuter Luxenberg en se fondant sur ma présentation nécessairement mutilée.

Je présenterai d'abord la traduction française la plus sérieuse, celle de Régis Blachère, puis je traduirai de l'allemand celle de Luxenberg, en mettant en italique les mots dont il restitue le sens à partir du syro-araméen.

Abraham est sur le point de sacrifier son fils (XXXVII, 103-104) :

Or quand ils eurent prononcé le
salam et qu'il eut placé l'enfant 
front contre terre...

Quand ils eurent fini (de préparer 
le bûcher) et qu'il (Abraham) l'(son
fils) eut (placé) attaché sur le
bûcher
 (L, 148).

Dans la sourate de Marie, Jésus à peine né s'adresse à sa mère pour la consoler (XIX, 24) :

Mais l'enfant qui était à ses pieds
lui parla : ne t'attriste pas ! Ton
Seigneur a mis à tes pieds un 
ruisseau.

II l'appela dès après son accou-
chement
 : ne t'attriste pas ! Ton
Seigneur a rendu ton accouche-
ment légitime 
(L, 120).

Enfin, une meilleure compréhension des outils syntaxiques permet de restituer dans son articulation logique une période entière. En voici une, qui figure en XII, 116-117 :

Parmi les générations qui furent 
avant vous, pourquoi les gens de
piété qui interdirent le scandale
sur la terre et que Nous sau-
vâmes, ne furent-ils que peu
nombreux, alors que les injustes
suivirent le luxe où ils vivaient et
furent coupables ? Ton Seigneur 
n'était pas capable de faire injus-
tement périr ces cités alors que
leurs habitants pratiquaient la
sainteté,

Si, parmi les générations qu
furent avant vous, il n'y avait pas
eu que peu d'(hommes) vertueux-
desquels nous avons sauvé
quelques-uns - afin de résister au
mal sur la terre, de sorte que ceux
qui prévariquaient persévérèrent
dans leurs débordements et
furent pécheurs, alors, toi
Seigneur ne serait pas venu pour
anéantir les villes, si leurs habi-
tants avaient été justes (L, 189).

De la sorte, l'allusion au récit biblique devient plus claire Abraham marchande avec YHWH (Genèse, 18, 23-32), il s'avère que Sodome n'abritait même pas dix justes, ce pour quoi YHWH la détruit (ib., 19, 24s.), mais épargne Lot et sa famille (ib., 19, 16) (L, 190).


Adieu aux houris

Luxenberg examine à fond un exemple particulièrement intéressant, quoique le résultat de son enquête soit négatif.

Tout le monde connaît les houris, les vierges du paradis qui alimentent tant de fantasmes. Leur existence n'est d'ailleurs pas sans poser quelques difficultés. Les textes eux-mêmes ne sont pas clairs, à commencer par le mot « houri » lui-même. Il vient de hùr in, communément compris comme signifiant « blanches "quant aux" yeux». Or, de beaux yeux ne sauraient être blancs. Seuls ceux des aveugles le sont (XII, 84). Les commentateurs expliquent que le blanc des globes fait ressortir le noir des iris (L, 232). Avec cette logique, on dira que Marilyn Monroe était brune, quand sa peau bronzée faisait ressortir le blond de ses cheveux... Quant à la cohérence du texte, il est dit que les croyants entreront au paradis avec leurs épouses (XXXVI, 56; XLIII, 70), des épouses terrestres, donc. Les pauvres devraient-elles tenir la chandelle pendant que leurs maris s'ébattent avec les houris ? (L, 229).

Les chrétiens tirent souvent argument des houris pour reprocher aux musulmans leur paradis grossièrement matérialiste. Certains musulmans s'en tirent en allégorisant discrètement. D'autres, comme Avicenne, rétorquent que le paradis promis aux chrétiens - la vision de Dieu - pourrait certes convenir à un peuple de philosophes, mais qu'il est trop pâle pour motiver des guerriers et qu'il faut au peuple du tangible [20].

Luxenberg ne craint pas de désespérer Billancourt et nettoie le Coran de ce qu'il considère comme indigne de lui. À propos d'un passage communément compris comme signifiant que personne n'a défloré les houris, on lit un des très rares passages qui, dans ce livre froid, trahissent une émotion : « quiconque lit le Coran en y comprenant un tant soit peu quelque chose ne peut s'empêcher, à ce passage, de se prendre la tête dans les mains. Ce n'est pas la seule ignorance qui est ici responsable. Il faut déjà une bonne dose de culot, dans un livre saint, ce qu'est le Coran, pour s'imaginer quelque chose de tel et pour le prêter au Coran. Nous voulons donc nous efforcer de restituer sa dignité au Coran » (L, 249 et voir aussi 225, 259, 275).

Sous le traitement philologique de Luxenberg, les prétendues houris s'évanouissent. Les passages que l'on Interprétait en ce sens s'avèrent parler non de femmes, mais de... raisins blancs.

Mettons une fois de plus en parallèle les traductions reçues et celles de Luxenberg. Ainsi, XLIV, 54 et LU, 20 :

Nous les aurons mariés à des
Houris aux grands yeux.

Nous les installerons confortable-
ment
 sous des (raisins) blancs,
(clairs) comme le cristal (L, 226).

Ce passage me permet de donner un exemple pas trop technique de la méthode de Luxenberg. « Nous les avons mariés » traduit zawwajnâhum. Luxenberg suppose rawwahnâhum, dont le ductus ne se distingue de celui du premier mot que par des points diacritiques absents des manuscrits. Le mot fut lu à partir de la conjonction (bi-) qui suit, et suggéra le verbe « marier », lequel régit cette conjonction. Mais la même conjonction, en syriaque, signifie entre autres « parmi, sous. »

Ou encore II, 35 :

[Dans ces jardins, ils auront] des
épouses purifiées.

[...] toutes espèces de (fruits) purs
(L, 242).

XXXVII, 48-49 :

Près d'eux seront des [vierges]
aux regards modestes, aux [yeux]
grands et beaux et qui seront
comme perles cachées,

Pour eux (seront à leur disposi-
tion) (pour qu'ils les cueillent) des
fruits pendants
 (des raisins), (tels)
des joyaux, comme s'ils étaient
des perles(encore) enfermées
dans la coquille (L, 243).

En fait de joies paradisiaques, le Coran ne connaît donc que le boire et le manger, rien de plus (L, 247). Il ne s'écarte pas sur ce point de la symbolique du banquet eschatologique, présent dans les Écritures antérieures. Voire, il reprend avec Précision une imagerie courante en Orient chrétien, en particulier dans les hymnes sur le paradis d'un auteur qui était très lu dans le milieu d'origine du Coran, le père de l’Èglise syriaque s. Ephrem de Nisibe (L, 234s.).


Des heures arabes

On a depuis longtemps mis en rapport le Coran ave monachisme, tel qu'il existait à l'époque de Mahomet et dans son milieu. La légende musulmane a parlé du moine Bahira qui aurait découvert les signes d'une mission prophétique chez Mahomet encore enfant [21]. La contre-histoire chrétienne, dès Jean Damascène (vers 650-750), a fait valoir que Mahomet aurait fréquenté un moine arien, qu'il ne nomme pas, et qui lui aurait tout soufflé [22]. On a pu interpréter comme l’aveu d’un emprunt le passage suivant « Certes nous savons que [les infidèles] disent : « Cet homme a seulement pour maître un mortel ! » Mais la langue de celui auquel ils pensent est [une langue] barbare, alors que cette prédication est [en] claire langue arabe» (XVI, 105). Luxenberg garde une tradition analogue, mais en se fondant sur un verbe syriaque (L, 87-90).

En tout état de cause, le Coran contient, outre des critiques envers les moines (IX, 31) des mentions qui leur sont favorables (V, 82). Il semble enfin que le fameux verset de la lumière (XXIV, 35-37) décrive une lampe de couvent, selon une thématique familière aux poètes antéislamiques [23].

Le Coran tel que le restitue Luxenberg s'avère contenir des allusions à des prières chrétiennes, pour ne pas dire des citations de celles-ci. Il convient de signaler que l'hypothèse avait déjà été avancée par un autre savant allemand auquel, curieusement, Luxenberg ne fait pas la moindre allusion, Günter Lüling. Le livre de cet outsider avait été publié à compte d'auteur, et n'avait que peu attiré l'attention [24]. Reste qu'il proposait de voir dans plusieurs sourates des hymnes chrétiennes antérieures à Mahomet, et « islamisées » ensuite par des rédacteurs plus tardifs. Parmi celles-ci, il en est que Luxenberg n'examine pas, comme la LV ou la LXXX. Mais il y a aussi la XCVI, qu'il examine. Et l'hypothèse philologique sous-jacente - ne pas tenir compte des points diacritiques - est analogue chez les deux auteurs.

Voici en tout cas la courte sourate 108, selon la traduction de R. Blachère, puis selon celle de Luxenberg.

En vérité, nous t'avons donné 
l'abondance. Prie donc en l'hon-
neur de ton Seigneur et sacrifie ! 
En vérité, celui qui te hait se
trouve être le déshérité !

Nous t'avons donné la (vertu de)
constance. Prie donc ton Seigneur
et persévère (dans la prière) ! Ton
adversaire (Satan) est alors le
vaincu (L, 275).

On reconnaît une adaptation d'un passage du Nouveau Testament, la première épître de s. Pierre : «[...] Votre partie adverse, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez lui, fermes dans la foi [...] » (5, 8s.). Le verset est d'autant plus intéressant qu'il a été repris dans le livre de prière des moines, dans l'office du soir, les Compiles.

Selon la tradition musulmane, la sourate 96 fut la première à avoir été révélée par l'ange Gabriel. Voici à nouveau la traduction de Blachère [25] et celle de Luxenberg.

Prêche au nom de ton Seigneur
qui créa
qui créa l'homme d'une adhérence
Prêche !, ton Seigneur étant le
Très Généreux qui enseigna par le
Calame
Et enseigna à l'Homme ce qu'il
ignorait. Prenez garde ! L'Homme
en vérité est rebelle parce qu'il se passe de tous. 
A ton Seigneur pourtant tu retourneras. Penses-tu que celui qui défend
à un serviteur [d'Allah] de prier,
Penses-tu qu'il soit dans la Direction
ou qu'il ordonne la piété ?
Penses-tu [au contraire] qu'il crie au mensonge et se détourne [de la vole droite] ? Ne sait-il pas
qu'Allah le voit ?
Qu'il prenne garde ! S'il ne s'arrête, en vérité, Nous le traînerons [en Enfer] par le toupet de son front,
Toupet menteur et pécheur !
Qu'il appelle son clan !
Nous appellerons les Archanges.
Prends garde ! Ne lui obéis pas !
Prosterne-tol et rapproche-toi [d'AIlah] !

Invoque le nom de ton Seigneur, qui a créé, qui a créé l'homme
(d'argile) collanteInvoque ton Seigneur digne qu'on l'honore, qui
a enseigné par le calame (l'Écriture)
à l'homme ce qu'il ne savait pas du tout. Certes, l'homme oublie,
quand
 il voit qu'il s'est enrichi,
que
 (cela) se ramène à ton Seigneur.
Quand
 tu en vois un, qui (veut) empêcher (de prier)
un serviteur (de Dieu), quand il prie,
crois-tu qu'il est sur le droit chemin
voire
 qu'il a de pieuses pensées ?
(Mais) situ crois qu'il renie (Dieu)
et se détourne (de Lui),
Ne sait-il pas que Dieu voit tout ?
S'il ne cesse pas, nous punirons l'adversaire, l'adversaire qui renie et pèche !
Invoque-t-il ses idoles,
c'est un (dieu) passager qu'il invoquera !
Tu ne dois pas du tout l'écouter, mais rends ton culte et communie

(L, 293-296).

D'autres sourates, comme LXXIII et LXXIV, rendent un son analogue. On peut les lire comme des exhortations à la prière, en particulier à la prière du soir, qui constitueraient ainsi une sorte de règle monastique (L, 276).


La nature du Coran

II s'ensuit une conséquence capitale quant à la nature même du Coran, pris dans son ensemble.

Le Coran était ce que son nom dit très précisément, une fois qu'on le comprend à partir du syriaque : un lectionnaire(L, 56, 79), c'est-à-dire une anthologie de passages tirés de livres saints préexistants et adaptés en langue vernaculaire, anthologie faite pour la lecture liturgique (L. 275). C'est ce qu'affirme le début de la sourate XII, qui raconte l'histoire de Joseph (Genèse, 37-50), si on la traduit comme le fait Luxenberg : « Voici les versets de l'Écriture expliquée ; nous l'avons fait descendre comme un lectionnaire arabe, afin que vous puissiez comprendre. » (XII, 1-2) (L, 80s.) Ou encore XLI, 3 : « Écriture que nous avons traduite comme un lectionnairearabe » (L, 96). Ou enfin LXXV, 17- 18 : « il nous incombe de le (le Coran, le lectionnaire) compiler (à partir d'extraits de l'Écriture) et de l'exposer (en enseignant). Si nous l'avons exposé (en enseignant), suis son exposé (c'est-à-dire la façon dont il t'a été enseigné) » (L, 97).

« Si Coran signifie à proprement parler lectionnaire, on est autorisé à admettre que le Coran ne voulait être compris comme rien d'autre qu'un livre liturgique avec des textes choisis de l'Écriture (Ancien et Nouveau Testaments), et nullement comme un succédané de l'Écriture elle-même, c'est-à-dire comme une Écriture indépendante. D'où les nombreuses allusions à l'Ecriture, sans la connaissance de laquelle le Coran pourrait sembler à son lecteur être un livre scellé de sept sceaux » (L, 79).

Le Livre par excellence dont il est question bien des fois, la « mère du livre » (III, 7 ; XIII, 39 ; XLIII, 4), c'est-à-dire le texte original, n'est autre que la Bible elle-même. Luxenberg traduit ainsi III, 7 : « C'est Lui qui a fait descendre sur toi le livre. Une de ses parties consiste en versets précis, qui (sont quasiment) l'Écriture originale (elle-même), et (une partie) en d'autres (versets) de même sens. » (L, 82) II se peut que ce qui est vise ici soit l'Écriture canonique et ce qui lui ressemble, a savoir les textes apocryphes (L, 83).

On notera une conséquence capitale : si Luxenberg a raison, le Coran ne prétendait pas remplacer la Bible, mais en fournir une version intelligible aux arabes de l'époque. Il ne se présentait donc pas comme une révélation immédiate (L, 100). De la sorte, la doctrine de la dogmatique islamique postérieure selon laquelle une révélation serait «abrogée» (naskh) et « remplacée » (tabdîl) par une révélation postérieure (l'Évangile remplaçant la Torah), jusqu'à la révélation définitive coïncidant avec l'islam, perdrait son fondement.


Le milieu d'origine

La question qui se fait jour est alors celle du rapport des textes coraniques avec la personne de Mahomet et les événements racontés dans sa biographie traditionnelle. Ce rapport, qui semble massif, a dans le Coran lui-même des bases textuelles fort ténues. Rappelons par exemple que les noms autour desquels tourne la biographie de Mahomet n'y figurent que rarement : la Mecque une seule fois (XLVIII, 24) - et non pas jamais, comme A.-L. de Prémare l'écrit par distraction

(P, 101 n. 42), Yathrib (plus tard Médine) une seule fois (XXXIII, 13s.), les Quraysh une seule fois (CVI, 1) (P, 69), le nom même de Muhammad deux fois (III, 144 ; XLVII, 2). Toutes les autres identifications relèvent de la tradition postérieure. On a formulé à ce propos des soupçons qui peuvent paraître relever de l'hypercritique, mais qui ne sont pas totalement en l'air.

Ainsi, le cadre même de l'histoire de l'islam primitif ne va pas de soi. Par exemple, en ce qui concerne la base de départ des conquêtes, Yathrib (P, 99-104). La biographie de Mahomet nous parle des trois tribus juives de Médine (nom postérieur de Yathrib) avec lesquelles il dut composer avant de les chasser ou de les massacrer. Or, aucune source juive ne signale la présence d'une communauté dans cette ville. Le centre de gravité réel de cette histoire aurait-il été les confins Nord du désert d'Arabie ? Et ce ne serait qu'en un second temps qu'il aurait été comme « descendu » vers le Sud[26]. Certains indices le suggèrent. Par exemple, les trois déesses païennes mentionnées dans les fameux « versets sataniques » sont bien attestées dans l'épigraphie jordano-syrienne, alors que nous n'avons rien de tel dans le Hedjaz (P, 234 n. 20).

Le personnage central de la geste n'est pas non plus si clair. Jusqu'au nom de celui que nous appelons Mahomet : le mot muhammad est pour la grammaire un participe passif à sens d'adjectif : « loué ». Ne serait-il qu'une épithète qui aurait fait oublier le vrai nom du chef des conquérants [27]?

Il se pourrait que certains textes soient en fait antérieurs au prophète, qui les aurait simplement repris comme des citations. On l'a déjà soupçonné pour certains textes brefs, comme les deux dernières sourates, qui sont des formules magiques (P, 271). En serait-il de même pour les textes liturgiques dégagés par Luxenberg ?

S'il en était ainsi, la question du cadre concret (Sitz im Leben) du Coran se reposerait à nouveaux frais. Quelle communauté faut-il supposer comme milieu de la rédaction de tout ou partie du Coran ? Luxenberg mentionne la possibilité d'une origine judéo-chrétienne à titre d'hypothèse (L, 296), mais il se refuse à franchir les bornes de la pure philologie.

L'hypothèse n'est pas nouvelle. Il semble qu'elle ait été lancée au début du XXe siècle par le grand historien protestant des dogmes chrétiens A. von Harnack. Elle fut entre autres reprise par Hans-Joachim Schoeps, l'historien juif du judéo-christianisme, qui conclut un paragraphe sur « Les éléments ébionites dans l'islam », et avec lui tout son livre, par une phrase soulignée : « il résulte de cela un paradoxe d'une envergure vraiment à la mesure de l'histoire du monde : le fait que le judéo-christianisme, s'il a bien disparu de l'Église chrétienne, s'est maintenu dans l'islam et se prolonge dans certaines de ses impulsions directrices jusqu'à nos jours [28]. » Je rappelle ici que le savant israélien S. Pinès a cru retrouver les traces de milieux judéo-chrétiens qui auraient survécu jusqu'au IXe siècle en terre d'islam [29].

Quant au contenu doctrinal, la conception que le Coran se fait du Christ rappelle en effet la christologie des judéo-chrétiens. En revanche, il reste une grosse difficulté : nous n'avons pas de traces d'un lien direct entre le groupe judéo-chrétien expulsé de Jérusalem vers 66 et les événements situés six siècles plus tard.

Quoiqu'il en soit de ces spéculations, les livres de A.-L. de Prémare et de C. Luxenberg se complètent. Le premier redonne toute son épaisseur chronologique et humaine au processus de formation des textes fondateurs de l'islam. Le second propose une méthode de lecture desdits textes, et la rend plausible par des résultats parfois spectaculaires. Je suis bien incapable de prédire ce qui, du livre de Luxenberg, sera l'objet du consensus des savants et ce qu'il faudra en rejeter comme trop aventureux. Il se pourrait en tout cas qu'un pas en avant capital ait été réalisé.

[*] NDLR : Rémi Brague rend ici compte d'un ouvrage signé de Christoph Luxenberg. Il nous a paru intéressant par les problèmes de langue (et de traduction) qui intéressent la compréhension et l'interprétation du Coran. Il a connu un retentissement mondial qui se signale tant par des débats internes aux Études coraniques que par des répercussions idéologiques dont la présentation et a fortiori la synthèse excéderaient l'objet comme les objectifs de Texto!.


NOTES

1 Je cite : L, suivi du numéro de la page.

2 Mon moteur de recherche sur Internet ne connaît aucune page en français dans laquelle le nom de C. Luxenberg soit mentionné, contre plusieurs dizaines en allemand et anglais. Je dois moi-même la connaissance du livre à une mention rapide dans un article de C. Gilliot paru dans Notre Histoire, 195 : « L'islam dans son texte. Le Coran », 2002, p.25.

3 Pour un premier compte rendu, voir R. Nabielek, « Weintrauben statt Jungfrauen aïs paradiesische Freude : zu einer neuen Lesart des Korans und ihrem Stellenwert innerhalb der modemen Koranforschung », IriformationsprojektNa.herundMittlererOsten., 23-24, 2000, p. 66-72.

4 Voir Carlyle, On Heroes. Hero-Worship, and the Heroic in History (1843), ch. 2, éd. Everyman, 1908, p. 299.

5 The Qur’an. Translated, with a critical rearrangement of the Surahs, Edimbourg, 1937 et 1939, 2 vol.

6 R. Blachère, Le Coron. Traduction selon un essai de reclassement des sourates, Paris, Maisonneuve, 1949-1950, 3 vol. XV-1240 p.

7 7. Der Koran. Übersetzung, Stuttgart et al., Kohlhammer, 1962, 524 p.

8 John E. Wansbrough, Quranic Studies. Sources and Methods of Scriptural Interpretation, Oxford, Oxford University Press, 1977, XXVI-256p.

9 John Burton, The Collection of the Quran, Cambridge, Cambridge University Press, 1977, VII-273 p.

10 Je cite : P, suivi du numéro de la page.

11 Gerd R. Puin, « Observations on Early Qur'an Manuscripts in San'a », S. Wild (éd.), The Qur'an. as a Text, Leyde, Brill, 1996, p. 107-111 ; H.-C. Graf von Bothmer, K.-H. Ohlig, G.-R. Puin, « Neue Wege der Koranforschung », Magazin Forschung (Universität des Saarlandes) 1, 1999, p. 33-46.

12 Puin, dans op. cit., p. 40a.

13 Voir Fred McGraw Donner, The Early Islamic Conquests, Princeton, Princeton University Press, 1981, p. 267-271.

14 Al-Amiri, al-Iclàm, p. 173s., cité dans T. Nagel, Stoat und Glaùbensgemeinschaft im Islam. Geschichte der politischen Ordnungsvorstellungen der Muslime, Zurich et Munich, Artemis, t. 1 : Von den Anfängen bis ins 13. Jahrhundert, 1981, p. 57-58 ; P. Crone et M. Hinds, God's Caliph. Religious Authority in the first centuries of Islam, Cambridge U.P., 1986, p. 105.

15 Voir les réflexions de méthode de P. Crone, Slaves on Horses : the evolution of the Islamic Polity, Cambridge U.P., 1980, p. 3-17.

16 Voir C. Gilllot, Exégèse, langue et théologie en islam : l'exégèse coranique de Tabari (m. 311 /923), Paris, Vrin, 1990, 320 p.

17 Voir Robert G. Hoyland, Seeing Islam As Others Saw It. A Survey and Evaluation of Christian, Jewish and Zoroastrian Writings On Early Islam, Princeton, The Darwin Press, 1997, XVIII-872 p.

18 Voir Nabielek, loc. cit. , p. 70b.

19 A. Mingana, Syriac influence on the style of the Kur'an », Bulletin of the John Rylands Library, 2, 1927, p. 77-98.

20 Avicenne, Epistola sulla vita futura, éd. F. Lucchetta, Padoue, Antenore, 1969, p. 94-96.

21 Voir Encyclopaedia of Islam, s.v. Bahira, t. 1, 922a-923;

22 Jean Damascène, Sur les hérésies, 100 [PG, 94, 764a] éd. B. Kotter, Die Schriften des Johannes v. Damaskos, Berlin et al. De Gruyter, t. 4, p. 60 ; français R. Le Coz dans Écrits sur l'islam Cerf, 1992, p. 210s.

23 Voir Encyclopaedia of Islam, s.v. Rahbaniyya, t. 8, 397a.

24 24. G. Lûling, Ûber den Ur-Qur'an. Ansàtze zur Rekonstruktion vorislamischer christlicher Strophenlieder im Qur'an, Erlangen, H. Lûling, 1974, XII-542 p. Pour des recensions en français, voir M. Rodinson, Der Islam, 54, 1977, p. 321-325 et C. Gilliot, Arabica, 30, 1983, p. 16-37.

25 25. Blachère divise la sourate en deux morceaux, les cinq premiers verset et la suite ; voir p. 9s. et 91s.

26 Hypothèse de M. Cook et P. Crone, Hagarism. The Making of the Islamic Empire, Cambridge University Press, 1977, p. 24s.

27 Hypothèse de A. Cheikh Moussa rapportée dans J. Chabbi, Le Seigneur des tribus. L'islam de Mahomet, Paris, Noêsis, 1997, p. 572 n. 400.

28 A. v. Hamack, Lehrbuch der Dogmengeschichte, vol. 2 : Die Entwicklung des christlichen Dogmas, I, 4, Tùbingen, 1909, p. 537 ; H.-J. Schoeps, Théologie und Geschichte des Judenchristentums, Tùbingen, Mohr, 1949, « Ebionitische Elemente im Islam », p. 334-342, cit. p. 342 ; voir aussi l'article touffu de M. P. Roncaglia, « Éléments ébionites et elkasaïtes dans le Coran », Proche-Orient chrétien, 21, Jérusalem, 1971,p.101-126.

29 Voir les articles recueillis dans le t. 4 de ses Collected Works : Studies on the History of Religions, Jérusalem, Magnes Press, 1996, p. 211-486.

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 14:50

 

affaire a suivre

 

Les origines de l’islam : loin des falsifications historiques

par Hélios d'Alexandrie

postedeveille


HeliosQue diriez-vous si l’histoire de la révolution française et des guerres napoléoniennes n’était connue que par ouï-dire deux siècles après le déroulement des évènements et en l’absence de documents écrits et de preuves matérielles ? Comment jugeriez-vous une telle histoire si elle reposait exclusivement sur les récits contradictoires des descendants des témoins oculaires deux siècles après les faits ? Quelle serait votre réaction si on vous disait que l’histoire en question est érigée en vérité absolue, que plus d’un milliard d’êtres humains y croient dur comme fer et que le moindre doute émis sur sa véracité devient un crime passible de la peine de mort ? Vous diriez probablement que les gens qui ont rédigé cette histoire induisent intentionnellement le public en erreur ou que l’autorité qui les emploie cherche, pour des raisons politiques, à transformer le mythe en réalité.

Il en est ainsi de l’islam. Tout ce qui est dit officiellement à propos de ses débuts et de ses textes sacrés repose sur des bases semblables. Voilà pourquoi il y a lieu, non seulement de mettre en doute l’histoire officielle de l’islam des origines et l’authenticité des textes sacrés, mais, prenant appui sur les divers éléments objectifs, d’essayer de tracer de lui un portrait approximatif.

Ce que disent les spécialistes

En 1995 à l’Université de Cambridge en Angleterre, Jay Smith, un islamologue de renom, dans un débat rendu fameux dans les cercles académiques a déclaré ceci :

«La plupart des Occidentaux ont pris pour de l’argent comptant les allégations des docteurs musulmans, ils ne les ont jamais remises en question dans la mesure où elles tiraient leur origine du coran. Ils ont fait preuve de réticence à examiner avec un œil critique le coran et les propos du prophète par crainte des réactions violentes, par conséquent ils se sont contentés de penser que les musulmans possédaient quelques preuves tangibles pour soutenir leurs croyances.»  

Plus loin dans son exposé, il a cité les travaux de chercheurs bien connus comme John Wansbrough (université de Londres), Joseph Schacht, Andrew Rippin (Canada), Michael Cook et Patricia Crone (Oxford et Cambridge), Yehuda Nevo (université de Jérusalem) et Humphreys :

«L’immense majorité des chercheurs indépendants qui ont étudié le coran et les hadiths ont conclu que les écritures islamiques n’ont pas été révélées, mais qu’elles sont le résultat d’une compilation de textes tardifs et d’éditions réalisées par des groupes de personnes au cours de quelques centaines d’années. Le coran que nous lisons aujourd’hui, loin d’être identique à celui du milieu du septième siècle, est plutôt un produit du huitième et du neuvième siècle. Il n’a pas été conçu à la Mecque ou à Médine mais à Baghdad. C’est à cet endroit et en ce temps là que l’islam a acquis sa propre identité et qu’il est devenu une religion. Par conséquent la genèse de l’islam n’a pas eu lieu durant la vie de Mahomet mais a été le résultat d’une élaboration graduelle durant une période de 300 ans.»

Absence de documents historiques

Il n’existe aucun document historique attestant l’existence de l’islam en tant que religion avant le neuvième siècle, soit deux cents ans après Mahomet (mort en 632). Il y a bien eu une biographie de Mahomet rédigée par Ibn Ishaq vers 750, c'est-à-dire 118 ans après la mort du prophète, mais le texte original est perdu et il n’est que partiellement restitué dans des versions revues et modifiées par des historiens ultérieurs comme Ibn Hisham (mort en 834) et surtout Al Tabari (mort en 923). Ce dernier a reconnu avoir censuré le texte d’Ibn Ishaq parce qu’il donnait une image défavorable de Mahomet, or les éléments non-censurés retenus par Al Tabari sont loin de brosser un portrait sympathique du prophète (brigandage, rapines, assassinats, génocides, pédophilie etc.) et il est difficile d’imaginer comment le vrai Mahomet pouvait être pire que celui qui nous est présenté dans l’histoire officielle de l’islam.

Biographie-mahomet

Mais écoutons ce que Jay Smith a dit à propos du coran et des hadiths :  

«… afin de réaliser l’examen critique des textes sacrés de l’islam nous devons amorcer un retour aux origines, c’est-à-dire aux sources premières, dans le but d’obtenir des indices probants quant à leur authenticité. Cette tâche à priori devrait être facile vu qu’il s’agit d’écrits relativement récents supposément apparus sur la scène il y a 1400 ans. Mais les sources les plus précoces  se situent entre 150 et 300 ans après les évènements, pour cette raison elles doivent être considérées comme des sources secondaires. La première question qui nous vient à l’esprit est celle-ci : pourquoi ces traditions (orales) ont-elles été mises par écrit à une époque si tardive ?

Aucun document ne peut être retracé durant les 150 années qui séparent les premières conquêtes islamiques et les publications de la biographie de Mahomet et des hadiths par Ishaq, Tabari et Bukhary. Comme historiens, nous étions en droit de nous attendre à découvrir à tous le moins quelques fragments de texte comme preuve du développement de l’islam, mais nous n’avons rien trouvé et cela signifie que la totalité des conquêtes islamiques de l’Espagne jusqu’à l’Inde a eu lieu avant que le premier verset des textes sacrés islamiques n’ait été mis par écrit. »

Selon Schimmel, Gilchrist, Ling et Safadi, il n’existe absolument aucune trace matérielle du coran original, aucun fragment n’a survécu des quatre exemplaires supposément transcrits sur l’ordre d’Osman, le troisième calife, vingt ans après la mort de Mahomet en 632, pour servir de référence à la Mecque, à Médine, à Bassora et à Damas. À la fin du septième siècle, les conquêtes islamiques s’étendaient du Maghreb à l’ouest jusqu’à l’Inde à l’est, le coran était supposément l’élément central qui alimentait la foi des conquérants, pourtant aucun fragment du coran datant de cette époque n’a été découvert dans tout cet espace géographique. Le contraste avec le christianisme est frappant si l’on considère que pas moins de vingt-cinq mille manuscrits du nouveau testament ont été découverts ou conservés dès le premier siècle, soit à peine quelques dizaines d’années après le début de la mission évangélique.

Les hadiths : Allah et Mahomet n'y sont pour rien

Joseph-schachtJoseph Schacht a étudié les documents juridiques et les compte-rendus des procès du début du neuvième siècle, soit 170 ans après la mort de Mahomet. À cette époque, les Hadiths n’étaient pas utilisés comme référence dans les jugements, bien qu’ils constituent la base sur laquelle repose la loi islamique (la charia). Schacht par conséquent date la création des Hadiths à partir du moment où ils ont été utilisés dans les jugements des tribunaux, soit plus de 200 ans après la mort de Mahomet. Il a fait également une autre découverte : les Hadiths dont l’authenticité reçoit les meilleurs appuis sont paradoxalement ceux qui sont les plus suspects. En effet, les appuis authentifiant les premiers hadiths étaient approximatifs et peu détaillés malgré qu’ils fussent moins éloignés de Mahomet dans le temps, par contre les hadiths tardifs, ceux qui sont apparus comme par magie à la fin du neuvième siècle ou au dixième, bénéficient de témoignages d’authenticité très élaborés.

La première publication des hadiths coïncide avec l’apparition de la charia, la loi islamique. Il existe dans l’islam quatre écoles juridiques, elles ont vu le jour au neuvième et au dixième siècle. La première a été l’école shaféite dont le fondateur est le juriste islamique Al Shafei mort en 820, elle se base exclusivement sur les hadiths et non sur la jurisprudence acquise au cours des deux siècles précédents. Pour introduire une nouvelle provision de loi il suffisait alors de la justifier en prenant pour référence une parole que le prophète Mahomet avait supposément prononcée, un grand nombre de hadiths ont ainsi été créés en appui à la charia. Selon Schacht : « un nombre élevé de traditions légales invoquant l’autorité de Mahomet a vu le jour du vivant d’Al Shafei et dans les décennies suivantes. Par conséquent elles reflètent les doctrines abbassides d’Irak et non celles plus anciennes d’Arabie (du temps du prophète et de ses successeurs) ou de Syrie (du temps des omeyades). L’agenda légal et politique des califes qu’impose chacune des quatre écoles juridiques de l’islam démontre que les hadiths ont été fabriqués en Irak au neuvième et au dixième siècle, Allah et Mahomet n’y sont pour rien.

Une gigantesque supercherie

Une seule conclusion s’offre à l’historien objectif, l’absence de fragments du coran et des hadiths datant des premiers siècles de l’islam et la coïncidence entre la publication des hadiths et la promulgation des lois islamiques qui en dépendent, sont une indication que ces textes sacrés n’existaient pas et qu’ils ont été créés de toutes pièces à une date tardive, soit au cours du neuvième et du dixième siècle sous le califat abbasside. Autrement dit, toute «l’histoire sainte » islamique, soit la sunna du prophète, n’est qu’une gigantesque supercherie.

L’étude objective des textes porte un coup mortel à la thèse des islamistes, les hadiths et la charia qui en découle sont le produit d’une époque précise, l’ère abbasside, ils ne possèdent par conséquent aucun caractère sacré, l’imposition de la charia aux masses musulmanes relève de l’obscurantisme et de la tyrannie.

Le coran

La  chronique ci-dessous traitera du coran. Les musulmans affirment qu’il a été dicté par l’ange Gabriel à Mahomet et que le texte coranique n’a jamais été altéré, le livre saint que les musulmans lisent ou récitent aujourd’hui serait une copie en tous points conforme à celui qui a été révélé. Cette affirmation est fausse, le texte du coran comme nous le verrons témoigne d’une longue élaboration, ses sources sont légion. Les rares témoignages archéologiques et les fragments les plus anciens du texte coranique confirment que son contenu a été modifié au cours des trois premiers siècles de l’islam.

 

L’histoire des débuts de l’islam présente des difficultés en apparence insurmontables, elles découlent en grande partie de ce qu’il convient d’appeler l’histoire officielle des origines de l’islam telle qu’elle a été définitivement établie au neuvième et au dixième siècles par les califes abbassides. Ces derniers, bien assis sur l’immense empire que leur ont légué les omeyades, se sont montrés particulièrement soucieux d’en assurer la stabilité interne.

Les millions de sujets assujettis à leur pouvoir n’étaient pas tous musulmans, ils étaient même majoritairement chrétiens zoroastriens et juifs. Contrairement à l’islam, leurs religions, anciennes et  intimement liées aux grandes civilisations du monde antique, bénéficiaient d’un avantage intellectuel majeur. Bien qu’ils fussent soumis et humiliés par les conquérants arabes, les vaincus ne se privaient pas de polémiquer avec les vainqueurs, leur démontrant le caractère primitif et l’indigence intellectuelle de l’islam.

L’échec des moutazilites

Les vaincus sans le savoir ont bien failli conquérir leurs conquérants, le mouvement des moutazilites est venu à un cheveu de changer le cours de l’histoire. Professant un coran créé et nullement éternel ou immuable comme Allah, ces arabes, plutôt sceptiques et curieux, se sont laissés imprégner par la philosophie classique, celle de Platon et d’Aristote et ont placé la raison et le libre arbitre au même rang que la foi. Le mouvement des moutazilites n’aurait pas vu le jour n’eût été de la pauvreté de l’islam sur le plan doctrinal et de l’emprise intellectuelle exercée par les chrétiens. Pour les tenants du pouvoir, il était évident que l’islam en tant que croyance courait à sa perte s’il persistait à déclarer forfait dans l’arène des idées.

MutazilitesDe la même façon que le néant sur le plan juridique a été comblé par le corpus de lois islamiques, le vide sur le plan doctrinal se devait d’être rempli, la stabilité de l’empire l’exigeait. Les moutazilites avaient quelques raisons de croire à un coran créé, donc contingent et soumis comme les humains au besoin de s’adapter. Contemporains de son élaboration, témoins de ses innombrables versions ou écritures et tout à fait conscients de ses déficiences, ils ne pouvaient soutenir en toute honnêteté une  longue argumentation avec leurs interlocuteurs juifs et chrétiens.

Ils prirent donc acte de la faiblesse de leurs textes sacrés et, faisant preuve de courage intellectuel, ils décidèrent de dépasser la lettre du coran et de permettre à la raison humaine de compléter la parole divine. Mais le mouvement des moutazilites, bien que d’avant-garde, restait par l’action violente intimement lié à l’islam; au pouvoir durant un bon moment sous des califes acquis à sa cause, il entreprit une répression violente des tenants de l’islam traditionnel. Il a donc suffi qu’un nouveau calife hostile au mouvement prenne le pouvoir pour que les moutazilites se retrouvent à leur tour victimes de persécution religieuse violente. Leurs idées ne leur ont malheureusement pas survécus.

La critique des chrétiens

Les polémiques ont débuté au huitième siècle, soit cent ans après Mahomet. Jusque là les nombreux manuscrits chrétiens traitant de la religion des nouveaux conquérants ne faisaient référence à aucun texte sacré. L’islam à ses débuts n’avait aucune assise scripturaire, le contenu de la foi n’était pas défini, il comprenait essentiellement des éléments empruntés au judaïsme auxquels se mêlaient des traditions arabes païennes.

Al-KindiAbd el Masih al Kindi, (à ne pas confondre avec le philosophe mutazilite Abou Youssuf al Kindi) est un arabe du royaume de Kinda, il est le mieux connu des polémistes chrétiens; vers 820 sa critique a porté sur la façon dont le texte du coran a été fixé et sur son contenu. Elle se résume ainsi : après la mort de Mahomet, les querelles entre Abu Bakr et Ali ont amené ce dernier à défendre son droit à la succession, pour asseoir sa légitimité, il entreprit d’assembler les nombreux fragments de la révélation en un seul codex. Cependant d’autres compagnons de Mahomet avaient, chacun de son côté, assemblé sa propre version du coran.

Pour faire échec à la concurrence, Ali s’adressa à Osman, son prédécesseur au califat, avec l’espoir que le calife ferait disparaître les versions des autres compagnons. Osman alla plus loin, il demanda qu’une version définitive du coran soit produite en quatre exemplaires et brûla tous les versions originales incluant celle d’Ali. À la fin du septième siècle, sous le règne du calife omeyade Abd-el-Malik, le gouverneur de l’Irak, Hajjaj ibn Yousuf, homme puissant et sanguinaire, voulant mettre fin aux querelles doctrinales entre musulmans, choisit de retirer toutes les copies du coran et les brûla, non sans avoir au préalable changé à son gré de nombreux passages, produisant ainsi une nouvelle version dont il fit six copies. Comment dans ces conditions faire la différence entre le contenu original et les ajouts subséquents, et comment retracer le contenu original qui a été détruit ?

Mais la critique d’al Kindi ne s’arrêta pas là. Le contenu du coran ne fut pas épargné, écoutons les propos qu’il a tenus au calife Al Maamoun, un mutazilite :

« Tout ce que j’ai dit (au sujet du coran) est conforme aux faits et à l’évidence tels qu’ils sont admis par vous. Pour preuve nous nous référons au texte du coran lequel porte à confusion par absence d’ordre et de logique. Les différents  passages se contredisent et bien souvent n’ont aucun sens. Comment, sans trahir son ignorance, peut-on présenter un tel écrit comme un message à l’appui d’une mission prophétique et le placer à égalité avec les miracles de Moïse et de Jésus ? Assurément aucune personne ayant un grain de bon sens ne pourrait penser une telle chose, encore moins nous-mêmes qui, versés en histoire et en philosophie, ne pouvons nous laisser émouvoir par un raisonnement aussi trompeur. »

Presque douze siècles plus tard, la critique d’al Kindi n’a pas pris une ride.

L’histoire du coran

Al Kindi ne croyait pas si bien dire, le coran dont le texte définitif n’a été fixé que bien après sa mort était alors illisible. Dans les faits, il pouvait être lus de quatorze manières différentes et pour cause, l’arabe s’écrivait alors sans voyelles et certaines consonnes n’étaient pas définies. En effet, il est pratiquement impossible de distinguer des lettres telles que le R et le Z, le T le B le TH et le N, le S le SH, les formes gutturales du T et du Z, du S et du D, du H du G et du KH. Les voyelles dites courtes modifiant profondément le sens étaient également absentes.

On peut imaginer le défi que représentait la lecture du coran et des disputes que les différentes lectures pouvaient engendrer même sans altération du texte. Dans les faits, différentes versions du coran  sont utilisées par les musulmans jusqu’à nos jours. Il n’y a donc pas eu de véritable fixation du texte coranique et il s’est avéré impossible d’établir définitivement le texte sans engendrer des disputes sans fin. Il n’existe par ailleurs aucun critère permettant de donner la préférence à une lecture par rapport aux autres. Face au dilemme, les savants musulmans se sont donnés une échappatoire commode, ils ont fait dire à Mahomet que toutes les lectures étaient valables, même celles qui conduisent à des divergences et à des contresens.

Coran-sanaaLes corans les plus anciens datent du dixième siècle, ils sont à quelques variantes près semblables au texte actuel. Dans les années 70, lors de réparations dans les combles d’une ancienne mosquée de Sanaa au Yémen, les ouvriers découvrirent des manuscrits anciens du coran datant de la fin du septième siècle ou du début du huitième. Il a été possible pour des experts allemands de microfilmer ces manuscrits qui à bien des endroits ressemblent à des palimpsestes, le texte original ayant été effacé et remplacé par un autre. Les résultats de l’examen de ces textes est attendu mais d’ores et déjà les spécialistes disent avoir affaire à un coran très différent par le contenu et par l’ordre des chapitres et des versets.

Les spécialistes occidentaux du coran marchent sur des œufs, il faut dire qu’ils tiennent à la vie et qu'ils cherchent à préserver leurs relations avec les cercles académiques musulmans. Plusieurs d’entre eux voient leurs travaux soutenus financièrement par des fonds musulmans et cherchent par conséquent à maintenir leurs sources de financement. Dans le contexte actuel, toute hypothèse ou conclusion scientifique qui va à l’encontre du dogme établi provoque une levée de boucliers de la part des savants musulmans et des pressions d’ordre diplomatique de la part de certains gouvernements islamiques.

En l’an 2000, un savant allemand spécialiste des langues orientales anciennes a publié sous le pseudonyme de Christoph Luxenberg  le résultat de ses travaux sous forme d’un ouvrage intitulé : lecture syro-araméenne du coran : une contribution au décodage de la langue du coran. Les passages obscurs du coran, en particulier ceux où l’on trouve des mots d’origine étrangère, ont été comparés à des passages d’écrits chrétiens en langue syriaque. Des correspondances troublantes ont été identifiées qui ont permis à l’auteur de donner une interprétation radicalement différente de celles des docteurs musulmans du dixième siècle dont l’autorité est demeurée incontestée jusqu’à nos jours. Aux plagiats avérés de la bible, du talmud, des légendes perses et des évangiles apocryphes s’ajoutent des plagiats d’écrits liturgiques chrétiens, ce qui a fait dire à certains qu’Allah le créateur manquait de créativité !

La fabrication de l’islam

L’échec du mouvement moutazilite fut l’échec de la raison face au dogme, mais le dogme à cette époque n’était pas définitivement établi, l’empire islamique était alors un colosse dont les pieds doctrinaux étaient d’argile. Il a donc fallu renforcer les assises religieuses du pouvoir et « démontrer » à la majorité des sujets non-musulmans la supériorité de l’islam sur les autres religions. Cette « mission impossible » a été confiée aux savants religieux dont certains étaient des convertis de fraîche date ou des fils de convertis ; ils eurent la délicate tâche de fabriquer l’image de la nouvelle religion et lui donner un contenu.

Equipee_mahomet2Pour soutenir la comparaison avec le judaïsme et le christianisme, les savants musulmans se devaient de donner à l’islam des assises et des caractéristiques similaires, Mahomet, dont l’image était largement négative, a été élevé au rang de Moïse. La Hijra (l’émigration de Mahomet et de ses compagnons de la Mecque à Médine) est devenue l’équivalent de l’exode des hébreux, le mont Hira où Mahomet a été visité par l’ange Gabriel est devenu le pendant du mont Sinaï où Moïse a reçu les tables de la loi, le sanctuaire de la Mecque est devenu l’équivalent du temple de Jérusalem, le coran a été confirmé comme la parole incréée d’Allah à l’égal et encore plus que la Torah.

À l’égal de l’hébreu, la langue arabe s’est vu octroyer le statut de langue sacrée. De la même façon que les juifs furent le peuple choisi, les musulmans sont devenus le meilleur de l’humanité. Pour ce qui est des chrétiens qui croient en Jésus en tant que Verbe incarné, les savants musulmans ont opposé le coran, soit le verbe d’Allah, existant de tout temps, inaltérable et inaltéré depuis qu’il a été révélé. En guise de contre-attaque contre les polémistes des autres religions, les savants musulmans ont prétendu que juifs et chrétiens avaient intentionnellement corrompu la Torah et l’Évangile. Et afin d’assurer la suprématie de l’islam, les patriarches et les prophètes d’Abraham à Jésus ont été récupérés et qualifiés de musulmans. Quant à Mahomet, son statut d’homme parfait et de sceau des prophètes a autorisé les savants à l’associer à Allah dans la shahada, soit la profession de foi musulmane.

À défaut d’un concept original, l’islam s’est approprié des éléments tirés des autres religions pour les mettre au service de l’empire et ainsi assurer sa stabilité. Le dogme une fois établi, tous les sujets de l’empire devaient s’y soumettre sans discussion. Le temps des débats et des polémiques était révolu, les hérétiques et les contestataires devaient rentrer dans le rang ou se tenir tranquilles.

Les ressorts politiques de l’islam

Les savants musulmans du neuvième et du dixième siècle se sont fait l’instrument du pouvoir politique. Pour soutenir l’arbitraire et le despotisme, ils ont conçu une religion où l’arbitraire et le despotisme de la divinité sont sacralisés. Pour assurer la stabilité et la pérennité de l’empire, Allah et Mahomet ont été mis à contribution, en retour l’empire devait assurer la pérennité et la suprématie de la religion.

Ces savants musulmans savaient ce qu’ils faisaient, ce n’est pas la foi islamique qui les animait mais le besoin de consolider les bases juridiques et religieuses de l’empire. Ils étaient conscients de la fragilité de l’islam en tant que système de croyance, c’est pourquoi ils ont choisi d’écarter le libre arbitre et la conscience individuelle en tant qu’éléments constitutifs de la vraie foi, lui substituant la notion de soumission à l’arbitraire divin. En plagiant les anciennes religions, ils en ont délibérément éliminé l’esprit et déformé le message pour les délégitimer et justifier l’asservissement de leurs adeptes.

Mais les choix politiques de ces savants sont à l’origine du déclin de l’islam et de son ossification ultime. L’élimination du mouvement moutazilite a sonné le glas du progrès, douze siècles plus tard le monde musulman continue à en subir les conséquences.

Le puzzle historique

L’histoire officielle des origines de l’islam est une fabrication cohérente servant les intérêts de l’empire abbasside. Que s’est-il vraiment passé au temps de Mahomet et de ses successeurs et comment faire le tri entre le vrai, le vraisemblable et le faux dans ce qui est communément rapporté à leur sujet ? Quel rôle ont joué les arabes de la Mecque et de Médine dans la genèse de l’islam et son expansion ?  L’islam a-t-il joué un rôle déterminant dans les conquêtes ? Dans la troisième partie de cette chronique je tenterai de répondre à ces questions.

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 06:03

 

Averroès ? Un bien mauvais exemple !

 

Par Jeannot de bivouac

 

 

Il faudra revoir les classiques !

Pour donner un peu de crédit à la fable actuelle tentant de mettre sur un pied d’égalité les cultures européenne et arabo-musulmane, les médias courtisans ont pris pour habitude de citer un nom : Averroès.

Averroès est semble-t-il (avec Avicenne) l’un ses seuls noms à avoir surnagé du vide intellectuel de l’histoire arabo-musulmane. Au milieu d’une constellation de penseurs grecs, chrétiens ou européens qui ont marqué l’histoire de la pensée et des sciences, cette étoile solitaire brille d’un bien pâle éclat.

Cela n’empêche nullement les intellectuels télécrates de citer son nom dès qu’il leur faut illustrer les sommets supposés de la pensée musulmane et, dans un bel élan d’aplatventrisme,  justifier (c’est leur but) la présence en Europe d’un islam agressif et de musulmans toujours plus revendicatifs. Le nom de ce philosophe a d’ailleurs été repris dans ce but par le “Club Averroès”, organisme qui s’est donné pour mission la “représentation de la diversité”.

Pour peu que l’on creuse le sujet, ce philosophe correspond en réalité fort peu à ce qu’il est censé symboliser aujourd’hui : d’Averroès, philosophe arabe (1126-1198), on retient surtout que son “ouverture d’esprit” [les guillemets s’imposent, voir cet autre article] et sa “modernité” déplurent souverainement aux diverses autorités musulmanes de l’époque. Ses livres furent brûlés. Il fut emprisonné, puis exilé pour hérésie.

Averroes a en particulier tenté de distinguer la foi de la raison [pensez à Ratisbonne], un exercice fort mal vu par les musulmans il y a 800 ans. Un exercice qui ne semble d’ailleurs pas préoccuper beaucoup plus les mahométans d’aujourd’hui. En 8 siècles, la “pensée” islamique n’a pas bougé d’un millimètre [sur l’immobilisme de l’islam, écouter cette audio-vidéo]

L’importance — toute relative — des travaux d’Averroes n’a de fait jamais eu grand poids dans la sphère musulmane. Ses principaux travaux portent essentiellement sur la philosophie grecque, et ses écrits ont surtout marqué les philosophes chrétiens et juifs du Moyen-Age.

“Attribuer les mérites d’Averroes à l’islam, c’est comme attribuer les mérites de Galilée à l’Inquisition.”

A ce sujet, Ernest Renan déclarait en 1883 qu’attribuer les mérites d’Averroes à l’islam, c’était comme attribuer les mérites de Galilée à l’Inquisition.

Pour conclure, citons d’Averroes cette phrase exquise : « La religion judaïque est une loi d’enfants, la chrétienne une loi d’impossibilité et la mahométane une loi faite pour les pourceaux (1) »

Un exemple bien mal choisi, donc, pour nous vendre les (noires) lumières de l’islam…
______________
(1) Au sens d’Averroes, le christianisme était une religion impossible, à cause du mystère de l’Eucharistie; le judaïsme, une religion d’enfants, à cause de ses observances légales, et le mahométisme, qui ne regarde que le plaisir des sens, une religion de pourceaux

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 08:19

 

 

Les islamistes et la punition collective des non-musulmans - témoignage de Michelle rescapée du massacre de l'église en Irak

Traduction Marie pour postedeveille

 

Article associé

>Le Hamas appelle au meurtre des communistes ... en plus des chrétiens et des juifs, bien entendu.


Ce texte de Raymond Ibrahim traite du principe de responsabilité collective, et donc de punition collective, dirigée contre les non-musulmans dans le cas d'offense ou de transgression présumée. Cette notion suprémaciste découle du Pacte d'Omar régissant le statut de dhimmi des minorités religieuses en pays musulmans, et elle est encore appliquée aujourd'hui.

Raymond Ibrahim est directeur associé du Middle East Forum, l'auteur de The Al Qaeda Reader et conférencier invité au National Defense Intelligence College.

 Copts
_________________________________

Les islamistes s'en prennent aux chrétiens « partout où ils peuvent les trouver »

En 2006, lorsque le Pape Benoît XVI avait cité une phrase historique qui fut considérée comme diffamatoire pour l’islam, les chrétiens dans le monde entier en ont payé le prix : des émeutes anti chrétiens avaient suivi, des églises brûlées et une nonne assassinée en Somalie.

Récemment, en Egypte, un chrétien a été accusé de fréquenter une femme musulmane, et vingt-deux maisons de chrétiens ont disparu en fumée aux cris d’Allah Akbar. Nombreux sont les exemples de chrétiens dans le monde musulman qui sont « punis » en réponse à des actes commis par d’autres chrétiens.

En fait, le récent carnage de Bagdad, où des islamistes ont investi une église pendant la messe, tuant plus de cinquante personnes, était une « réponse » à une Église Copte d’Egypte accusée de kidnapper et de torturer des femmes égyptiennes converties au christianisme (bien que les témoignages confirment qu’en réalité, ce sont les musulmans qui kidnappent les femmes chrétiennes et les obligent à se convertir à l’islam : ces accusations font partie de la nouvelle tendance des islamistes de projeter leurs propres crimes sur les Coptes). Par ailleurs, les islamistes affiliés à Al-Qaïda ayant perpétré le massacre de l’église de Bagdad ont menacé tous les chrétiens dans le monde entier :

Tous les centres chrétiens, institutions et organisations, dirigeants et adeptes, sont des cibles légitimes pour les Moudjahidins (guerriers saints)partout où ils peuvent les atteindre…Ces idolâtres [chrétiens du monde entier] et par-dessus tout ce tyran hallucinant du Vatican (le Pape Benoît XVI), doivent savoir que l’épée ne sera jamais levée de la  tête de leurs adeptes, jusqu’à ce qu’ils ne se déclarent innocents de ce que cette chienne d’Église égyptienne a commis.

Evidemment, la clause « partout où vous les trouverez » est un indice que ce sont les chrétiens du monde musulman qui sont spécialement visés – car ils sont plus faciles à atteindre.

Ce phénomène, attaquer dans son ensemble un  groupe de chrétiens, ou de non musulmans en général, en réponse aux actes de quelques-uns – a sa source dans la loi islamique. Le Pacte d’Omar, un texte fondamental pour le traitement des dhimmis (soit les non musulmans qui refusent de se convertir après la conquête de leur pays par l’islam) est très clair. Les conséquences du fait de briser l’une des conditions débilitantes et humiliantes imposées par l’islam aux chrétiens, et qu’ils durent accepter en échange d’une petite garantie de sûreté par l’état islamique – incluant des contraintes comme celle de céder sa place à un musulman, comme preuve de « respect » - étaient sévères :

« Si nous, d’une façon ou d’une autre, violons l’une de ces obligations en échange desquelles nous sommes protégés et en sûreté, nous rompons les accords de la dhimma et devenons, de ce fait, susceptibles d’encourir des représailles pour sédition [cela signifie qu’ils deviennent des infidèles « non protégés », et donc par la suite, exposés aux mêmes traitements que les autres « non protégés » : esclavage, pillage et mort].»

De plus, les actes d’un seul individu peuvent concerner l’ensemble du groupe – d’où la situation d’« otage » (chacun est menacé afin d’assurer un auto contrôle collectif). Comme le souligne Mark Durie : « La transgression d’un seul individu dhimmi peut entraîner un djihad contre toute la communauté. Les juristes musulmans ont explicitement formulé ce principe, par exemple, le juriste yéménite Al-Murtada a écrit : « Ce pacte sera annulé si tous ou seulement quelques-uns d’entre eux l’ont rompu », et le Marocain al-Maghili enseigne ceci : « Le fait qu’un individu ou un groupe parmi eux ait rompu les statuts du pacte est suffisant pour l’invalider pour eux tous » (The Third Choice, p.160).

Cette règle, que les actes d’un seul affectent tout le groupe, est régulièrement appliquée en Egypte. Selon l’évêque Kyrillos : « Chaque fois qu’il y a une simple rumeur d’une relation entre un homme copte et une femme musulmane [relation interdite par la charia], toute la communauté copte va en payer le prix : C’est arrivé à Kom Ahmar (Farshout) où 86 maisons appartenant à des coptes ont été incendiées, à Nag Hammadi  où nous avons eu des morts, et où ils ont brûlé 43 maisons et boutiques, et maintenant c’est au village de Al-Nawahed, juste parce qu’une fille et un garçon ont marché côte à côte dans la rue, tout le village a été détruit ».

Plus grave encore, alors que le monde continue de se rétrécir, les minorités chrétiennes indigènes en terre d’islam deviennent associées à leurs coreligionnaires d’Occident, qui eux, sont libres : la perception de ceux-ci affecte le traitement subi par ceux-là, et ni la race ni la géographie n’ont alors de l’importance, leur religion partagée les rend coupables et responsables les uns pour les autres. Un dhimmi est un dhimmi est un dhimmi.

Par exemple, en dehors du massacre de l’église de Bagdad, les chrétiens irakiens sont depuis longtemps visés « à cause de leurs liens religieux avec l’Occident… les chrétiens sont spécifiquement visés, leurs églises bombardées, les assassinats sont dus à une soi-disant complicité avec les objectifs et intentions des forces d’occupation ». Pas étonnant alors, que la moitié de la population chrétienne d’Irak ait déjà émigré à l’étranger depuis le renversement du régime de Saddam Hussein par les Etats-Unis.

Il existe une pléthore de tels évènements historiques. Tandis que les Coptes sont accusés d’être la cause du massacre des chrétiens d’Irak, il y a mille ans environ, les Coptes furent massacrés à cause de leurs coreligionnaires d’Occident, les Croisés, qui avaient pénétré sur la terre d’islam. De nouveau, la logique était claire : nous punirons les chrétiens, parce que c’est en notre pouvoir, en réaction à ces autres chrétiens.

Notons que cette approche s’applique à tous les groupes non musulmans – Juifs, Hindous, Bouddhistes, etc. vivant dans les pays où l’islam est majoritaire. Cependant, parce que les chrétiens sont la minorité d’infidèles les plus visibles en terre d’islam, la plupart des exemples actuels les concernent. Les Coptes sont spécialement visés parce qu’ils constituent encore le plus grand bloc de chrétiens au Moyen-Orient. (Des siècles avant les conquêtes musulmanes, l’Egypte était le berceau de la chrétienté, et Alexandrie, dit-on, égalait Rome en influence. Le résultat est que malgré des siècles de persécution, il y a encore une minorité de chrétiens en Egypte – au grand dam des islamistes).

Traiter les minorités non musulmanes comme des otages peut même avoir des répercussions internationales. Selon l’écrivaine juive Vera Saeedpour, le gouvernement turc a exercé des pressions sur la politique d’Israël, en menaçant « les vies et les biens des 18 000 Juifs » de Turquie :

Au printemps de 1982, alors que des Juifs avait prévu une Conférence internationale sur le génocide à Tel Aviv, et qu’ils avaient invité des Arméniens à y participer, Ankara a protesté. Le gouvernement israélien a réagi rapidement en obligeant les organisateurs à annuler cette invitation, et en insistant sur le fait que la conférence telle que planifiée menacerait « l’intérêt humanitaire des Juifs ». Le New York Times a expliqué ce que signifiait cet « intérêt humanitaire ». Israël a expliqué aux organisateurs que la Turquie avait menacé de rompre les relations diplomatiques et avait menacé « le gagne-pain et la vie des 18 000 Juifs » dans le pays. (NYT 6 mars 82 et 6 avril 82). Pour faire passer le message, Ankara avait même envoyé une délégation de Juifs d’Istanbul, qui ont averti qu’ils auraient de gros problèmes en Turquie si les Arméniens étaient invités à cette Conférence. Le président de la Conférence, Elie Wiesel, a été cité comme ayant d'abord affirmé « Je refuse la discrimination contre les Arméniens, je refuse de les humilier », puis citant les menaces contre les Juifs de Turquie, il démissionna.

Tout ceci est un rappel qu’outre le djihad, la takiya, la wala wa bara, etc., un autre aspect du dogme et de l'histoire de l'islam est toujours actuel au 21ièmesiècle. Traiter les non musulmans comme des otages, les atttaquer en représailles aux actes de coreligionnaires - au pays ou au loin, seul ou collectivement - ne sont que des tactiques pour exercer des pressions sur les infidèles.

Source : Islamists Target Christians 'Wherever They Can Reach Them', par Raymond Ibrahim, Pajamas Media, 3 décembre 2010. Traduction par Marie pour Poste de veille

 

Traduction

Je suis Michelle, une des otages dans l’église de Bagdad. La messe a commencé à 5 heures. A 5 h15 on était en train de prier, et soudain  les terroristes ont fait irruption dans l’église. On a entendu quelques coups de feu dehors. Il n’y a pas eu de résistance. Ils sont entrés facilement dans l’église. Je ne connais pas leur nombre exact. On s’est éloignés de la porte d’entrée et rapprochés de l’autel. On s’est alors couchés par terre. Quatre hommes se sont approchés, ils avaient l’accent arabe, un seul avait l’accent irakien.

Ils ont fait irruption dans l’église et les gens se sont couchés sous les chaises. Ils ont commencé à tirer et à tuer beaucoup de personnes. Ils ont tué notre diacre. Alors, Frère Wassim est venu pour tenter de calmer la situation. Ils l’ont tué aussitôt. Ensuite, ils ont tué Frère Thaler, près de là où j’étais avec ma sœur avec Odaï mon frère martyr et son petit garçon martyr, Adam, et Martha et sa fille et tout le monde autour de nous.

Un grand groupe de paroissiens étaient rassemblés dans l’église. Ma mère était avec nous, mais elle a été déplacée plus loin. Elle ne voulait pas nous laisser, mais quand les terroristes sont venus, ils nous ont séparés. Ce fut si rapide, je ne comprends pas, ils étaient là tout d’un coup. Ils ont commencé à tirer dans tous les sens, les chaises sous lesquelles on se cachait tombaient, il y avait le gaz et la fumée des grenades, on sentait que tout tremblait autour de nous, nous étions sous les chaises. Ils tiraient partout. Ils ont vu la Croix. Ils ont hurlé : «Infidèles, Allah Akbar».

Un type était debout près de mes pieds. J’ai même senti un fusil contre mes pieds. Je pensais qu’il allait me tuer car j’étais la plus proche du type... J’étais à côté d’Odaï mon frère et de ma belle-sœur, mais le terroriste était tout proche de nous. Alors, ils ont lancé les grenades et le sol tremblait. Notre Sainte Mère Marie nous a protégées, mais les hommes jeunes ont été tués. Ils ont vu un homme chauve, le type a crié Allah Akbar et il l’a tué. Ils n’ont laissé aucun homme jeune,  tous les hommes jeunes ont été tués.

Dans l’endroit où était ma mère, dans la sacristie, ils sont entrés et ils ont lancé des grenades. J’ai pensé «Ma mère est morte, je ne la reverrai plus». Le type était près de moi, il a hurlé «Vous êtes des infidèles, vous irez tous en enfer, mais moi, j’irai au paradis». Ensuite, un Syrien a demandé que la femme avec le portable vienne, (ndlr : sa sœur) j’étais seule et je ne voulais pas laisser ma sœur y aller. Je me suis levée, mais je ne savais pas quoi faire. Il a hurlé : «Si tu n’avances pas, je vais te tuer». Je suis allée près du Syrien qui m’a donné une grenade. Puis il a exigé que j’appelle mon père sur mon portable.

Ils n’étaient pas masqués. Ils ont dit à la télé qu’ils étaient masqués, mais c’est faux, et ils venaient des pays arabes. Seul l’homme à côté de moi était un  Irakien. Il a exigé que je dise par téléphone qu’ils ne nous faisaient pas de mal. J’avais si peur que je ne pouvais pas parler, alors il a répété… tous ces morts, je voyais tous ces corps devant moi. Je voyais les morts, je n’arrivais pas à dire… qu’ils ne nous faisaient pas du mal. Il a dit «On ne vous laissera pas vivre, Chrétiens, vous êtes des infidèles, vous adorez la Croix, mais Allah est le dieu unique, et il ne faut pas adorer la Croix».

Ils ont tiré sur la statue du Christ qui est tombée sur le sol. Ils saccageaient tout. Le chandelier est tombé à côté et je ne sais pas comment je m’en suis sortie. Près de moi, le type a tué mon frère Odaï. Et son petit garçon criait : «Assez, assez». Son fils n’avait que 3 ans, il criait «assez, assez !» Je ne pouvais pas me lever et le prendre dans mes bras car le terroriste était à côté de moi. Adam criait «assez, assez ».

Avant que les forces anti terroristes arrivent, nous avons été retenus en otages pendant 5 heures. Je n’entendais plus le petit Adam. Mais avant, le type lui avait dit quelque chose. La main de mon frère saignait, je ne savais pas si c’était sa main. Puis il fut très silencieux. Alors, le type a hurlé : «Il y a un homme, là, parmi elles, tue-le». Il a tué mon frère. Il y avait aussi une femme à côté d’Odaï. Elle saignait abondamment. Elle a supplié le type : «S’il-vous plaît, achevez-moi, ne me laissez pas souffrir». Il lui a répondu : « Non, souffre, tu feras l’expérience de l’enfer sur terre, et ensuite celui de l’enfer après ta mort. Vous êtes des infidèles», et il hurlait Allah Akbar, Allah Akbar… ».

Mon Dieu, garde ma foi solide. Mon Dieu pardonne mes péchés. Je l’ai entendu hurler, mais je priais mon rosaire. Je priais, la tête baissée et regardant le sol. Il hurlait : «Vous êtes des infidèles ! Vous priez quoi ? Vous adorez quoi ? Vous adorez le Christ ?». Un détail important, le type était blessé, je l’ai entendu dire au Syrien qu’il était blessé et ne pouvait pas marcher. Le Syrien a dit : «Je vais soigner ton pied». Il a refusé et il a dit «Quand les Forces irakiennes vont pénétrer dans l’église, on se fera exploser, on va mourir avec les otages». On ne s’attendait plus à être sauvés. Tous les survivants pensaient qu’ils seraient tués. On voulait prier en mourant. On ne pensait pas sortir vivants de ce Tribunal. Notre Sainte Mère Marie nous a sauvés avec Sa force.

Ensuite, un type s’est fait exploser. Il y avait des grenades explosant de partout. On pensait que l’église allait s’effondrer sur nous. Ils avaient tellement de munitions. Aux premières heures, les balles sifflaient de partout. Je type s’est adressé au Syrien qui lui a répondu «Tant pis, utilise les grenades». Dans la sacristie où était ma mère, avec le Révérend Raphaël et un grand groupe de gens, environ  80 personnes dans cette petite pièce, ils ont jeté des grenades. Je pensais ne jamais revoir maman vivante, dans un tel chaos. Je ne pouvais plus parler, mais Adam criait, je ne pouvais pas le tirer vers moi et le type l’a tué. Adam était épuisé, puis il est resté tranquille. Il était épuisé, il avait crié «assez, assez», pendant 3 heures. Le terroriste était tout près de lui.

Traduction par Marie pour Poste de veille

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 08:00

 

Evidemment chacun ses traditions ! Je préfère de loin fêter la lumière !

 

Fête des mulsulmans chiites - l'Achoura

achoura

 

Joyeuse Achoura à nos amis musulmans ! Par Bivouac-id

 

 

Par MELBA - bivouac-id.

Alors que nous garnissons nos sapins de Noël ou allumons nos bougies de Hannouka dans la joie, les musulmans eux, préparent l’Achoura qui cette année  tombera le 16 décembre.

Voyant les juifs jeûner le jour de Yom Kippour pour se repentir, Mahomet jugea l’idée excellente et ordonna à ses compagnons non pas un, mais deux jours de jeûne.

En plus des deux jours de jeûne, les chiites s’auto-flagellent en public, avec des chaines au bout desquelles ils attachent des lames, en se faisant abondamment saigner (voir ici).

Ce rituel est connu sous le nom de Matam, et est en souvenir du massacre du petit fils de Mahomet l’imam Al-Hussayn ibn Ali et de sa famille.

 

En Iran, les kits pour les flagellations et les bannières sont déjà en vente dans les marchés.

 

Durant tout le mois qui précède l’Achoura, les iraniens rejouent la scène du martyre et de la mort de l’imam Hussayn et de son fils … et à cet effet des poupées sont vendues pour représenter le fils de l’imam.

 

 

D’autres fois ce sont de vrais nourrissons comme ci-dessous qui sont mis à contribution…

ashouraashoura

 

Une autre cérémonie de “Tazieh” qui est le genre théâtral particulier, où on retrace le martyre de l’imam Hussayn.

 tazieh

 

Festif !

Mur de photos (cliquer pour les agrandir)

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Merci à tnr.

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