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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 11:05

 

 

 

Inutile de jeter de l'huile sur le feu, l'exclusion "de 3 mois" de Sammy Ghozlan du Bureau du CRIF, en tant que "coopté" fait le bonheur d'Euro-Palestine et signe une recherche d'exclusive, notamment dans l'affaire de l'ENS, où Madame Monique Canto-Sperber se voit assignée d'une "plainte" pour censure, là où elle n'a pas voulu se laisser instrumentaliser par les antisionistes radicaux.

Au lieu de rassembler, de coordonner ou de, simplement, se démarquer de J-Call, le CRIF fait le jeu de la division partisane.

 

 

Pourquoi le Crif sanctionne-t-il Sammy Ghozlan ?

vendredi 4 mars 2011

jforum

 

A la fin février, Richard Prasquier a fait savoir à Sammy Ghozlan qu’il le suspendait du Crif pour trois mois. Visiblement, le Président du Conseil représentatif des institutions juives de France reproche au Président du BNVCA (Bureau de vigilance contre l’antisémitisme), qui est également membre du Comité directeur du Crif, de trop nombreuses prises de position sans concertation, qui empiètent sur le domaine d’action du Crif.

Sammy Ghozlan, parmi les nombreuses actions concrètes qu’il mène au sein du BNVCA pour lutter contre l’antisémitisme, a notamment porté plainte contre Stéphane Hessel. Voilà un exemple de ce que lui reproche Richard Prasquier, d’avoir pris cette position sans se concerter avec le Crif.

Richard Prasquier ne s’en cache pas lui-même. Le conflit d’intérêt est parfaitement explicite. Ainsi il déclare que des actions menées par Sammy Ghozlan se situent « dans un périmètre qui est celui du Crif ou celui du Service de Protection de la Communauté Juive (SPCJ) ».

A quelques distances de cette rivalité affichée, on comprend très vite que tout cela nuit considérablement à la communauté juive de France. On a reproché au Crif et aux juifs de tirer les ficelles lorsque la conférence de Stéphane Hessel a été annulé à l’ENS. Tous les détracteurs avides ont pu alimenter le discours anti-juif et en nourrir les badauds...

Raphaël Draï en parlait déjà si récemment... La « communauté spectacle » semble avoir encore de longs jours devant elle... (extrait : )

 

 

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LES DANGERS DE LA « COMMUNAUTE – SPECTACLE », Raphaël DRAÏ

 

Depuis l’année 2000, la communauté juive de France est affrontée aux manifestations constantes et récurrentes d’un mélange persécutoire d’antisionisme et d’antisémitisme. Elle y fait face avec courage, constance et détermination. Et parfois se produisent des pataquès comme celui qui a suivi l’interdiction, par la direction de l’Ecole Normale Supérieure, du meeting que se proposait d’y tenir le mouvement de boycott contre Israël. Alors, qui dit vrai s’agissant de la mesure d’interdiction de ce meeting, lequel s’est finalement reporté place du Panthéon où le CRIF s’est  fait  conspuer ? A lire le communiqué  du CRIF sur ce sujet  rien n’établit que son président soit personnellement intervenu pour  provoquer ce qui est présenté désormais comme un «  acte de censure ».

Continuer la lecture 

Ce n’est pas en sanctionnant Sammy Ghozlan, qu’il le fera partir du devant de la scène médiatique, la preuve. Ce n’est pas en cherchant à interdire la conférence de Stéphane Hessel qu’il l’empêchera de parler. Ce n’est pas en se vantant publiquement d’avoir eu une certaine influence sur Madame Monique Canto-Sperber Directrice de l’ENS, qu’il se sera grandit bien au contraire. Les initiatives personnelles de cette nature semblent toutes se retourner contre leur auteur et tout cela est regrettable. Monsieur Richard Prasquier devrait consulter plus son Comité Directeur.

Sammy Ghozlan est un militant communautaire de longue date. Il est souvent seul à aider les victimes d’agression antisémite, et présent sur le terrain. C’est un professionnel et c’est ce qui fait la différence avec le SPCJ.

A voire les félicitations adressées au CRIF par CAPJPO-Europalestine à la suite de cette initiative on peut se demander jusqu’où iront les méfaits de la de cette soif médiatique.

L’alfa et l’oméga de l’action communautaire ne se résume plus qu’à la "COM", alors qu’on ferait mieux de s’occuper des vrais problèmes de la Communauté.

=================
Lettre de Richard Prasquier adressée à Sammy Gozlan

Mon cher Sammy,

Nous avons eu beaucoup de discussions sur les actions que tu mènes de façon indépendante, sans prendre l’avis du CRIF, sur les sujets les plus divers, touchant à la situation en France comme celle de l’étranger.

Comme je te I’ai dit à de nombreuses reprises, il n’a jamais été de mon intention de vouloir « détruire » le BNVCA, et tu m’accorderas que j’ai été parmi ceux qui t’ont exprimé de la façon la plus continue leur admiration pour ton travail, et le désir que ce travail soit reconnu par l’ensemble des institutions communautaires officielles.

Nous en sommes actuellement à un moment où tes différentes appartenances rendent tes initiatives mal lisibles par les pouvoirs publics. Dans la mesure où tu es connu comme membre du comité directeur du CRIF, elles suggèrent que le CRIF est derrière tes actions. Or cela, tu ne l’ignores pas, n’a pas toujours été le cas, et il est arrivé que je te demande de ne pas effectuer des actes, à la suite desquels tu n’as pas jugé utile, de façon spontanée ou sur la demande du bureau du BNVCA, de suivre mes conseils.

Dans ces conditions, j’ai décidé de te retirer la fonction de membre coopté du comité directeur. J’ajoute que je le conçois comme une période de suspension de 3 mois, pendant lesquels je m’engage de ne pas nommer d’autre personne à ta place, sur un total de cinq membres cooptés. A la suite de cette période de 3 mois., nous referons le point ensemble, et j’espère alors qu’une meilleure articulation de tes initiatives vis-à-vis du CRIF pemettra de reprendre une coopération à laquelle à titre personnel, j’attache grand prix.

Je te prie de croire, Mon cher Sammy, en I’expression de ma persistante et profonde amitié.

Richard Prasquier,

Président

Paris, le 24 février 2011

Pourquoi le Crif sanctionne-t-il Sammy Gozlan ? 3/3

=================
Réaction de Roger Pinto

Le Président de Siona et membre du Comité directeur du Crif. Il prend la défense de Sammy Gozlan et signale que cette décision a été prise sans que le Comité directeur soit concerté...

Je suis consterné d’apprendre que Sammy GHOZLAN est, par décision du Président du Crif, suspendu pour 3 mois de ses fonctions au Comité Directeur.

Je considère que cette décision est absurde et infondée. Elle est en plus humiliante pour un militant dont le travail sur le terrain est connu de tous.

Notre Communauté qui doit faire face à tant de problèmes et à de nombreux défis aurait pu se passer d’une querelle aussi dérisoire.

Je propose que le Comité Directeur du Crif se réunisse d’urgence pour analyser une décision qui est de sa seule compétence.

Roger Pinto

Pourquoi le Crif sanctionne-t-il Sammy Gozlan ? 2/3

Par JForum.fr

 

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 08:56

 

 

 


 

A venir une interview exclusive de Catherine Pederzoli réalisée par Michaëla Benhaïm de le Météor vous retrouverez dans les prochaines heures. Nous remercions également notre amie Véronique mazaltop pour avoir fait aussi la publication de ce cher Crifouillard

Aschkel

 

 

Le Crif se rebiffe…, par Le Crifouillard 

 

Pour 

 

© 2011 aschkel.info 

 

Précédente chronique

 

Le CRIF ? Chuttt, laissez dormir la vieille dame...


 


 


Je pensais pouvoir partir quelques semaines aux Bahamas après ma première chronique, c’était sans compter sur le réveil de la vieille dame.

Sa Majesté Richard Prasquier, soi-même, a donc pris sa plume pour me répondre (sans jamais me citer, c’est ainsi qu’il procède).

Décryptage « crifiens » de l’article « Le CRIF » du 20 janvier 2011:

En guise d’apéritif un petit rappel du prochain pince-fesse auquel notre Richard va se livrer : rien de moins qu’une petite bouffe avec notre Président Sarkozy et son Premier Ministre. On ne change pas les vieilles habitudes et les petits fours sont si bons… On appelle ça « le diner du CRIF ».

Ce bon Richard nous rappelle, comme je l’écrivais, que le CRIF n’est pas une organisation « de masse » et qu’il ne représente que les institutions adhérentes, autant dire pas grand-chose… en clair il ne représente que lui-même.

Notre Richard considère que je cite : « une organisation intervenant dans le domaine politique et rassemblant des personnes définies par leur judéité serait une étape fatale vers une recomposition communautariste de notre pays ».

Et si vous aviez tort Monsieur Prasquier ? Et si une majorité de la communauté pensait différemment de vous ? Quelle serait votre légitimité à parler au nom d’une communauté juive qui ne partage pas votre point de vue ???

Là évidemment notre Prasquier ne répond pas bien trop occupé à garder son pouvoir de représentativité sans en avoir aucune légitimité.

Au contraire, une association réunissant directement des adhérents juifs aurait une réelle légitimité à parler au nom d’une majorité. Cela éviterait surement les rencontres intempestives avec un terroriste tel que Mahmoud Abbas désavouées par une grande partie de la communauté juive.

Une telle association, à l’image de l’AIPAC (le fameux lobby juif américain), pourrait influer sur le pouvoir politique en lui signifiant son désaccord si besoin en était.

Cette association éviterait, comme l’a fait trop rapidement le CRIF, de condamner l’arraisonnement par Tsahal des futurs bateaux tel que le Mavi Marmara, rempli d’islamo-terroristes. Une telle association aurait surement un langage clair vis-à-vis du pouvoir en place en n’hésitant pas à montrer son soutien à Israël, contrairement au positionnement parfois douteux du CRIF.

Cette association n‘hésiterait pas à organiser des manifestations de soutien à l’Etat d’Israël pendant que le CRIF frileux se terrerait de peur.

N’oublions pas qu’à l’occasion de l’arraisonnement du Mavi Marmara le CRIFn’a pas organisé de manifestation pour soutenir Israël attaquée et condamnée de toutes parts. Il s’est fait prier pour organiser un rassemblement le 22 juin 2010 pour Guilad Shalit, omettant volontairement de mentionner le soutien à Israël.

Continuons le décryptage du langage crifien… Là Richard Prasquier se lance dans une grande tirade passant du rejet du totalitarisme au radicalisme islamique. Quelques timides mots sur Israël et Jérusalem « sa capitale immémoriale ».

Notre Richard soutient du bout des lèvres Israël et Jérusalem, mais ce n’est pas cela que la communauté juive attend d’une organisation prétendant la représenter.

La communauté, comme Israël, a besoin d’hommes qui n’ont pas honte ou peur d’affirmer leur soutien à Israël, un soutien inconditionnel (ce qui n’interdit pas la critique du gouvernement israélien). La communauté juive a besoin d’hommes capables d’affirmer haut et fort que Jérusalem est la capitale d’Israël une et indivisible.

Désolé cher Richard mais votre discours ne passe plus… lisez les commentaires sur les réseaux sociaux, les juifs de France inquiets tant de leur situation ici que du sort d’Israël veulent qu’une voix forte et audible s’élève pour affirmer à la fois le soutien à Israël face à l’entreprise mondiale de délégitimation mais aussi une voix qui s’élève contre l’antisémitisme islamo-gauchiste en France.

Enfin, dans sa conclusion ce bon Richard nous rappelle clairement ses compromissions avec le pouvoir en place. Et l’on apprend que c’est uniquement grâce à lui que Mme Pederzoli a été réintégrée, que les procédures judicaires contre les boycotteurs c’est encore lui et qu’enfin le meeting d’Hessel c’est toujours lui…

Gloups ! Richard tu y vas fort !

Revenons sur ces affirmations gratuites de notre Richard :

Dans une interview à Météor (à paraitre dans les jours qui viennent), cette professeure d’histoire, mise à pied pour avoir trop enseigné la Shoah, remercie ceux qui ont réellement agi pour sa réintégration dont Richard Prasquier mais celui-ci n’est pas le seul.

Beaucoup de gens se sont mobilisés autour de Catherine Pederzoli à commencer par Etienne Heymann président de la communauté juive de Nancy et la liste est longue :
Le maire de Nancy, Mr André Rossinot, des députés, Goasguen, Brard, Laurent Hénard, Guy Konopnicki porte-parole du comité de soutien, Michel Zerbib de Radio J, Aschkel…

Il n’y a pas lieu cher Richard de tirer la couverture à vous seul…

Est-ce que la réintégration de Catherine Pederzoli dans un autre lycée est une victoire ? N’aurait-elle pas été une vraie victoire si on l’avait réintégrée dans son lycée au lieu de la muter ailleurs ?

Prasquier, qui n’a honte rien, tente maladroitement de s’enorgueillir. En tout état de cause, ce n’est ni une victoire et encore moins la vôtre cher Richard.

  • Les procédures contre les boycotteurs :

Si j’étais à la place de Samy Gozlan et du BNVCA je ferais des bonds au plafond !

En effet, lire que Prasquier et le CRIF sont derrière « les succès judiciaires » contre les boycotteurs alors que tout le monde sait que c’est Samy Gozlan qui était à la manœuvre et qu’il en a subi des menaces personnelles est fort de café.

Stop Richard tu te ridiculises ! Et surtout tu dévalorises Samy Gozlan pour son admirable travail !

Tiens Samy Gozlan voilà un homme qui est à la hauteur et qui n’a pas peur de s’engager dans le combat !

  • Enfin le meeting d’Hessel à l’ENS annulé :

On lit que « le CRIF a agit sans gesticuler »… Tellement sans gesticuler que tout le monde croyait qu’il dormait… Que nenni ! Notre bon CRIF agissait.

Dans l’affaire d’Hessel Richard Prasquier assassin n’hésite pas à glisser une peau de banane à « certain » : « D’autres s’en attribuent parfois les mérites: la défaite est orpheline, mais la victoire a plusieurs pères. » écrit-il.

Décryptage : « d’autres » c’est qui ?

 

Cherchons un peu et nous tombons sur une association qui commence à faire beaucoup de bruit par ses nombreuses actions qui visiblement gène le CRIF qui a trop peur du politiquement incorrect : Europe Israël.

Ces gens là n’ont pas froid aux yeux et n’hésitent pas depuis quelques mois à être sur le terrain, à chatouiller les désinformateurs, à mener des actions de terrain, des pétitions pour soutenir Israël.

Seulement aux yeux du CRIF ils ne sont pas politiquement corrects.Pensez donc cette association n’est pas juive mais réunit juifs et non juifs dans le soutien à Israël. De plus ils n’hésitent pas à s’afficher parfois dans des actions communes avec la Ligue de Défense Juive. Enfin ils soulèvent des lièvres qui ont échappé au CRIF (voir l'affaire de Maimonide  

 

qu’Aschkel.info/Lessakele et Europe-Israël ont révélée 

et  

la pétition envoyée a ce sujet à Madame Bukova) 

. Je vous conseille d’aller faire un tour sur leur site et vous verrez qu’ils bougent : www.europe-israel.org

 

 

Donc Prasquier prétend que « d’autres » s’attribuent les mérites et que lui seul a agi en téléphonant à Valérie Pécresse.

Manque de pot Richard, la Valérie dément votre appel et pire dément être intervenue auprès de la Directrice de l’ENS. (Voir l’interview de Valérie Pécresse : Vidéo: mise au point de Valérie Pécresse sur l’annulation du colloque Hessel à l’ENS

Quant à Madame Canto-Sperber elle indique clairement avoir pris seule sa décision d’annuler ce meeting. (Voir son article « Pourquoi j’ai annulé un meeting propalestinien » Pourquoi j’ai annulé un meeting propalestinien – LeMonde.fr)

Les « d’autres » auxquels s’attaque malhonnêtement Richard Prasquier ont été beaucoup plus dignes après cette victoire de l’annulation du meeting à l’ENS d’Hessel :

« Le 12 janvier au matin Europe Israël a lancé une action massive afin d’une part que le maximum de personnes se mobilisent pour écrire à Mme Monique Canto-Sperber, Directrice de l’Ecole Normale Supérieure, ainsi qu’au Ministère de l’Education Nationale et d’autre part appeler à un grandrassemblement avec distribution de nos tracts sur Gaza et sur l’illégalité du boycott d’Israël.
Dans le même temps, tous leurs sites amis ont relayé leur action ainsi que tous les groupes sur les principaux réseaux sociaux (sur Facebook notamment c’est plus de 25 000 personnes qui ont reçu leur email).
Des centaines de sympathisants d’Europe Israël ont aussitôt écrit tant à la Direction de l’ENS qu’au Ministère de l’Education Nationale.
Europe Israël n’a cessé d’écrire partout tant dans les divers Ministères qu’auprès des personnes susceptibles de faire pression pour faire annuler cette conférence.
Ils ont également envoyé un communiqué de presse à plus de 200 journalistes. »

D’ailleurs, communiqué d’Europe Israël :

« Europe Israël remercie tous les adhérents  et sympathisants qui n’ont pas hésité à s’investir très rapidement.
Nous remercions également tous les sites amis qui ont relayés immédiatement notre action tels que Aschkel.info, Lessakele, Drzz.info, UPJF, Desinfos.com, France-Israël, etc…
Nous remercions enfin tous nos amis des réseaux sociaux qui nous ont massivement suivis.
Au nom de toute l’équipe d’Europe Israël, qui s’est mobilisée sans répit pour faire interdire cette mascarade de débat, nous vous remercions tous, chers adhérents et sympathisants, de votre mobilisation et de votre soutien ainsi que de vos très nombreux témoignages de sympathie.
Notre succès est le vôtre !
Grâce à vous, tous ensemble, nous avons obtenu que l’ENS interdise ce meeting anti-israélien dans ses locaux. Encore une fois, Europe Israël a prouvé qu’une mobilisation rapide et ciblée permet d’obtenir des résultats. »


Voilà ce que nous aurions aimé lire de votre plume cher Richard « grâce à vous, tous ensembles, nous avons obtenu que l’ENS interdise ce meeting »…

Malheureusement, votre mégalomanie ou votre souci de tenter de redorer le blason du CRIF vous pousse à vous accaparer les réussites que rien ne démontre qu’elles sont les vôtres.

Cher Richard Prasquier s’il vous plaît rendormez-vous. Et laissons dormir la vieille dame du CRIF.

Rendez vous à une prochaine chronique…

Le Crifouillard.

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 15:45

Publié tel quel, pour donner une idée de la façon dont les évènements en France sont perçus à l'étranger. Mais ce Monsieur Zaretsky reste sommairement informé...

 

BANNER-SENTINELLE.jpg

 

 

La France contre la France


 


Jerusalem Post 24/


http://www.jpost.com/Opinion/Op-EdContributors/Article.aspx?id=205057


Adaptation française de Sentinelle 5771 ©


L’auteur d’une récente publication à sensation, « Indignez vous », est parvenu à opposer des valeurs françaises sur les questions de religion et de race.

  
Pendant l’affaire Dreyfus, des intellectuels français se sont affrontés sur la définition de la France républicaine. Etait-ce une nation, comme le croyait Emile Zola, dont la grandeur était fondée sur les valeurs universelles de justice et de raison ? Ou bien, comme le lui opposait Maurice Barrès, était-ce une nation dont l’identité était enracinée dans son passé et son peuple – « le sol et les morts » ?

Une peu plus d’un siècle plus tard, la France revisite ce débat, dont les implications pour la communauté juive peuvent bien être tout aussi capitales.

Le protagoniste improbable du drame actuel, Stéphane Hessel, n’est pas étranger aux tempêtes de l’histoire. Né à Berlin d’un père juif et d’une mère non juive, Hessel est devenu Français par naturalisation en 1937. Après l’effondrement de la France, il rejoignit les Forces Françaises Libres à Londres et en mars 1944, fut envoyé en France pour préparer la résistance à l’invasion alliée imminente. Pris par la Gestapo, Hessel fut torturé et envoyé à Buchenwald puis à Dora – le camp où des dizaines de milliers de travailleurs esclaves assemblaient des fusées V-1 et V-2.
 
 Hessel s’échappa dans le chaos de l’effondrement de l’Allemagne nazie et revint en France. Il entra au ministère des affaires étrangères et fut envoyé aux Nations Unies naissantes où il assista au projet de Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. L’emphase du document sur les impératifs de la justice et de la loi n’est pas seulement profondément dreyfusarde, mais aussi imprégnée de l’expérience de Hessel dans la résistance.

Pour Hessel, l’acte de résistance – suscité par l’indignation morale – implique non seulement la défense de la vie d’un individu, mais aussi les valeurs qui insufflent une signification à cette vie. Au cours des 50 dernières années, cette conviction l’a conduit à combattre au nom des déshérités et des sans voix en France : les travailleurs illégaux et les sans toit, les communautés de Roms et les occupants Nord Africains sans droits diabolisés par des gouvernements conservateurs.

Aujourd’hui âgé de 93 ans, Hessel s’est emparé de la cause des Palestiniens. Critique déclaré des actions d’Israël, en particulier de l’incursion de 2008 à Gaza, il a ajouté son nom à l’appel pour le boycott des produits en provenance des ‘territoires occupés’. Dans sa récente publication ‘Indignez vous !’ Hessel déclare son soutien à la Commission Goldstone. Tout en condamnant les actions du Hamas, il s’est surtout concentré sur la politique israélienne : « Que les juifs se commettent eux-mêmes dans des crimes de guerre est intolérable. Hélas, l’histoire offre peu d’exemples de nations qui ont tiré les leçons de leur propre histoire ».

Longtemps avocat de la résistance non violente, Hessel insiste cependant sur la relation insidieuse entre la sombre réalité à Gaza et le terrorisme. La violence pratiquée par le Hamas, argumente-t-il, est « compréhensible » comme symptôme de « l’exaspération » collective de son peuple.

‘INDIGNEZ-VOUS!’ a stupéfié l’industrie de l’édition française. Depuis novembre 2010, l’ouvrage a été vendu à plus de 500.000 exemplaires [et même 700.000 à ce jour, NdT] – soit l’équivalent de 2.500.000 copies aux USA. Le succès sans précédent du livre a attiré l’attention des organisations juives françaises, en particulier le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France), dont la réponse a été immédiate et hostile.

Il en a été de même de la réaction de certains intellectuels de premier plan, le plus notable étant Pierre-André Taguieff. Historien reconnu, spécialisé dans l’histoire de l’antisémitisme français, l’œuvre la plus récente de Taguieff, La Nouvelle Propagande Anti-Juive, met en avant qu’un courant important de l’antisémitisme français actuel, autrefois associé avec la Gauche politique, n’est pas mort. A sa place, il a gagné un nouveau droit de cité en tant que « antisionisme radical ».

En regroupant Sionisme et nazisme, cette école de pensée « légitime le projet politique raciste de destruction d’Israël. C’est aujourd’hui, prévient Taguieff, la seule idéologie raciste qui n’est pas seulement légitime, mais encore intellectuellement respectable ».

La déclaration de Taguieff dérange pour des raisons attendues et inattendues. Il y a incontestablement une tendance troublante de la Gauche européenne à juger Israël beaucoup plus sévèrement que le Hamas et le Hezbollah. Mais aussi troublant, le syllogisme persistant dans l’analyse de Taguieff : à savoir que si tous les critiques d’Israël sont des antisionistes, et les antisionistes des antisémites, alors tous les critiques d’Israël sont des antisémites.  

A ce raisonnement douteux, Taguieff ajouta une présentation peu ragoûtante, en tous lieux, de sa page ‘Facebook’. Paraphrasant Voltaire – un penseur qui ironiquement, méprisait le judaïsme et les Juifs – Taguieff déclara : « quand un serpent venimeux se voit donner bonne conscience, comme avec Hessel, le désir de lui écraser la tête est compréhensible ».

Cette position disparut bientôt, remplacée par une phrase moins haineuse mais tout aussi malheureuse : « Il aurait pu au moins finir ses jours d’une manière plus digne au lieu d’inciter à la haine contre Israël et de joindre sa voix à celles des pires anti-Juifs ».

Le plus gros du débat s’est depuis reflété dans des attaques et des contre-attaques des camps opposés. Plutôt que de débattre des vraies questions soulevées – par exemple, qu’est-ce qui constitue une critique illégitime d’Israël ? Comment apprécions-nous les découvertes de la Commission Goldstone ? – la question la plus souvent posée a trait aux antécédents religieux des protagonistes. Malgré l’hypothèse courante que Taguieff soit juif, ses parents immigrants étaient en fait des catholiques polonais et lithuaniens. (Un fait qui n’a pas empêché Tariq Ramadan par exemple, d’agréger Taguieff avec « d’autres apologistes juifs » d’Israël).

De même pour Hessel, personne, y compris Hessel lui-même, n’est vraiment sûr s’il est ou non juif. Il déclare simplement qu’il n’est pas juif dans ‘Danse avec le siècle’ – les parents de son père s’étaient convertis au protestantisme – mais il a depuis affirmé ses racines juives. (Ajoutant à la confusion, il y a des comptes-rendus, comme le rapport de Gil Shefler dans le N° du 4 janvier du Jerusalem Post, décrivant Hessel comme un survivant de l’Holocauste alors qu’en réalité il était un déporté politique).

Qu’auraient fait les défenseurs de Dreyfus dans la confusion actuelle ? Pour eux, la question de la religion (ou de la race) était sans importance : tout ce qui comptait c’étaient la justice et la vérité. Dans l’affaire actuelle avec Hessel cependant, la religion (et la race) menacent de devenir de nouveau absolument centraux, alors que la justice et la vérité sont mises de côté.

La semaine dernière, l’abyme entre les partisans de Hessel et les organisations juives françaises s’est encore creusé. Un débat public sur le boycott des produits fabriqués dans les implantations dans les ‘territoires occupés’, prévu pour se dérouler à la prestigieuse École Normale Supérieure de Paris, a été annulé sous la pression du CRIF, quand on apprit que Hessel se joindrait à d’autres intellectuels comme Gisèle Halimi et l’ancienne ministre de la justice Elisabeth Guigou.

 

Dans une lettre ouverte à Maurice Barrès – ‘Facebook’ heureusement n’a pas encore remplacé les journaux comme moyen de discussion publique – le dreyfusard Lucien Herr déclarait qu’il écrivait au nom de ses concitoyens, individus de « bonne volonté… qui ont mis la loi et l’idéal de justice au-dessus de leurs propres intérêts, de leurs propres instincts et de leurs revendications sectaires ».

 

Où sont passés ces individus de bonne volonté aujourd’hui ?
 
L’auteur est un historien à l’Université de Houston, auteur deAlbert Camus: Eléments d’une Vie (Cornell 2010) et coauteur de ‘La France et son Empire depuis 1870’ (Oxford 2010).

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 17:40

 

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LES DANGERS DE LA « COMMUNAUTE – SPECTACLE », Raphaël DRAÏ

 

Depuis l’année 2000, la communauté juive de France est affrontée aux manifestations constantes et récurrentes d’un mélange persécutoire d’antisionisme et d’antisémitisme. Elle y fait face avec courage, constance et détermination. Et parfois se produisent des pataquès comme celui qui a suivi l’interdiction, par la direction de l’Ecole Normale Supérieure, du meeting que se proposait d’y tenir le mouvement de boycott contre Israël. Alors, qui dit vrai s’agissant de la mesure d’interdiction de ce meeting, lequel s’est finalement reporté place du Panthéon où le CRIF s’est  fait  conspuer ? A lire le communiqué  du CRIF sur ce sujet  rien n’établit que son président soit personnellement intervenu pour  provoquer ce qui est présenté désormais comme un «  acte de censure ».

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 12:06

dimanche 23 janvier 2011

Quel avenir pour les Juifs en France ?
Par Véronique Chemla
Le 12 décembre 2010, s’est tenu à Paris lecolloque éponyme annuel de l’UPJF (Union des patrons et professionnels juifs de France). Une après-midi de tables-rondes animées par Michel Zerbib, directeur de la rédaction de Radio J, devant un public réactif.

Dans l’Espace Pierre Cardin bien rempli - plus de 500 spectateurs, au premier rang desquels Dominique Lunel, qui assure l'interface entre la communauté juive française et le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, Christine Boutin, Ferhat Mehenni, président en France du Gouvernement provisoire kabyle, et Hassen Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy -, intellectuels, religieux et politiques ont brossé un portrait de la situation des Juifs en France dix ans après le déclenchement de l’Intifada II par Arafat.

Avec en filigrane la question : que doivent faire les Juifs français : partir ou rester ? Le consensus demeurait : « Il va falloir lutter » et vraisemblablement forger des alliances autour des valeurs françaises, républicaines, et avec d’autres groupes ou communautés.

Des analyses protéiformes

La France traverse une crise économique – effets de la mondialisation et du marché unique -, politique - l’intégration européenne a réduit la souveraineté nationale d’une France marquée par le centralisme étatique -, sociale et d’identité. Le terme « crise » est-il adéquat pour désigner un phénomène durable, structurel et qui s’approfondit ?

La France affronte « le problème de la non-intégration de l’islam dans le schéma républicain », a précisé Shmuel Trigano, professeur à l'université Paris X. A la différence du judaïsme qui s’est réformé au début du XIXe siècle (Sanhedrin, Consistoire) sous la férule de l’empereur Napoléon 1er, et du christianisme, l’islam aspire à un « statut de religion la plus favorisée sans s’intégrer dans l’Etat » et sans avoir renoncé à ses ambitions politiques.

Un « discours sur la réalité qui fait écran à la réalité » ou un « politiquement correct » souvent dénoncé.

Des groupes revendiquent des avantages fondés sur des critères distincts du mérite républicain : discrimination positive pour les « minorités visibles », c’est-à-dire ceux issus de l’immigration, essentiellement africaine, dans un pays refusant les statistiques « ethniques ».

Certains réclament l’exercice de pratiques, souvent religieuses, au sein de services publics, en contradiction avec la laïcité : port du foulard islamique, etc.

Testée par ces revendications, la république française, qui renégocie son pacte social brisé, adresse des réponses parfois claires et fermes, souvent timorées et confuses.

Les Juifs ? « Un consensus né après la Shoah pour leur accorder un minimum de considération dans la société française a volé en éclat. La diabolisation d’Israël est commune. Un « phénomène Dieudonné » et apparu. Aux Juifs incombent la charge de la preuve dans les débats », a résumé le journaliste-écrivain Michel Gurfinkiel.

« Dans les années 200, un antisémitisme nouveau, moral est apparu dans l’immigration et les médias. Il s’est développé dans le silence de l’Etat et de la presse », a renchéri Shmuel Trigano, sociologue, qui a souligné le danger pour les Juifs dans des zones de non-droit ou dans des établissements scolaires publics.

« Antisionisme et antisémitisme sont deux mots synonymes », affirmait Guy Konopnicki, journaliste-écrivain. Une opinion partagée par Claude Goasguen, maire du XVIe arrondissement de Paris.

A ceux qui s’indignaient des propos de Marine Le Pen évoquant l’occupation dans sa diatribe contre les prières de musulmans sur les trottoirs et chaussées,Me Gilles-William Goldnadel, président de l'association France-Israël, rappelaient les amalgames avec l’occupation et exhortait à la vigilance à l’égard de tous les extrêmes, de droite et de gauche et l’islamo-gauchisme. Des mouvements d’extrême-gauche n’hésitant pas à s’allier à des islamistes et à défiler dans des manifestations anti-israéliennes.

Cet antisémitisme actuel a été nié par Robert Ménard, journaliste à I-Télé, qui n’a présenté ni argument ni statistique à l’appui de ses allégations qui ont suscité l’ire d’un public qui l’a invectivé. La directrice de Causeur.fr, Elisabeth Lévy, qui a défendu la liberté d’expression de son collègue, a rappelé que les « musulmans ne sont pas les Juifs des années 1930 ».

Très applaudi comme François d’Orcival de Valeurs actuellesIvan Rioufol a « donné raison aux Juifs pour leur inquiétude ».

Et Laurent Cathala et François Pupponi, maires socialistes respectivement de Créteil (Val-de-Marne, banlieue Sud-est de Paris) et Sarcelles (Seine-Saint-Denis, banlieue Nord de Paris), ont attesté de leurs efforts pour que les Juifs puissent « vivre leur judaïsme en sécurité » dans ces deux villes importantes. Ont aussi été évoquées les migrations des Juifs franciliens quittant, quand ils en ont les moyens financiers, des quartiers ou cités où leur vie est devenue difficile pour d’autres quartiers ou villes. Sarcelles a cédé récemment à Créteil son rang de ville accueillant la communauté juive la plus importante en Ile-de-France.

Prônant le vivre-ensemble avec les Juifs, Hassen Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy (Seine-Saint-Denis) a exhorté à un « imam de France » et souhaité que les musulmans soient libérés en France des influences étrangères (saoudiennes, algériennes, etc.) et des « fanatiques » sur leurs mosquées.

Le rabbin Olivier Kauffmann a déploré l’insuffisance d’actions dirigées vers les jeunes Juifs, notamment l’absence d’éducation sur Sion, sur le sionisme, sur l’histoire juive au sein de mouvements de jeunesse juive.

Optimistes, Armand Laferrère, ancien conseiller du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, et le père Patrick Desbois, directeur du Service national des évêques de France pour les relations avec le judaïsme et président de l’association Yahad In Unum, ont rappelé « la force de vie » représentée par la Bible.

Remettant le Prix de l’UPJF 2010 de la lutte contre l’antisémitisme au père Patrick Desbois, Dominique Lunel a annoncé une décision prochaine afin de résoudre l’affaire liée à la sanction – suspension de quatre mois - ayant frappé fin août 2010 Catherine Péderzoli, professeur d’histoire organisatrice à Nancy de voyages scolaires de la Mémoire de la Shoah à Auschwitz (1). Elle a rappelé l’attention du Président Nicolas Sarkozy à l’enseignement de la Shoah.

Quant à Jacques Kupfer, il s’est montré critique à l’égard des médias français qui parlent de « mettre fin à la colonisation en Cisjordanie ou dans les territoires palestiniens » et évitent ainsi de dire qu’ils ne veulent pas de « Juifs en Judée et en Samarie ». La « Palestine » ? Existent déjà l’Autorité palestinienne, le Hamastan, et la Jordanie…

Les réactions du public ont démontrées sa sensibilité aux problèmes évoqués.

De ces réflexions pertinentes, de ces interrogations légitimes et de ces angoisses graves et actuelles de Juifs français, rien n’a filtré dans les médias nationaux non communautaires, privés ou publics.
*
Pire, France Télévisions a confié à Ego Productions, dirigée par Pascale Breugnot, la réalisation d’une sitcom sur « l'histoire d'une famille juive qui, à la mort du père de la tribu va découvrir que celui-ci avait de très nombreuses femmes qui vont toutes se battre pour l'héritage du défunt et face à ces querelles, la famille va exploser ».

On retrouve dans ce synopsis un mélange détonnant d'un stéréotype antisémite – l'appât du gain guide les Juifs -, et de clichés sur « la tribu » et une « polygamie » qui ne concernent pas les Juifs français. Et cette fin annoncée : la famille juive n’existera plus ! Sans famille juive, plus de Juifs.
 
La sitcom serait diffusée en 2011.

Après l’affaire al-Dura (2000), après des reportages biaisés notamment lors de la guerre israélienne Plomb durci contre le Hamas dans la bande de Gaza ou l’arraisonnement par Israël du navire turc Mavi Marmara, après la remise duGrand Prix France Télévisions du documentaire et du reportage méditerranéensà Samir Abdallah et de Kheridine Mabrouk, réalisateurs du partial « Gaza-Strophe, le jour d’après » (1er décembre 2010) lors d'une cérémonie aux discours anti-israéliens, France Télévisions inaugure ainsi 2011.

On peine à saisir la neutralité d'un service public français audiovisuel problématique.

(1) Le rectorat de l’académie de Nancy-Metz a annoncé début janvier 2011 que Mme Péderzoli était nommée au lycée Henri-Poincaré, lycée prestigieux de Nancy. Une sanction de niveau 2 dans l’échelle des sanctions qui en compte quatre.
 
Deux rendez-vous

Michel Zerbib et Guy Rozanowicz dirigeront sur Radio J, le dimanche 23 janvier 2011 à 15 h 30 l’émission spéciale La nouvelle donne du Front national de Marine Le Pen. Il y a invité diverses personnalités et experts dont Dominique Lunel et l’historien Pierre-André Taguieff.

L’UPJF organisera la table-ronde Attaques contre les chrétiens d'Orient : la réponse des démocraties face à l'intolérance islamiste animé par Michel Zerbib le mardi 25 janvier 2011, à 19 h, à la Mairie du XVIe arr. de Paris : Salle des Fêtes, 71, avenue Henri Martin, 75116 Paris. Tél : 06 25 30 72 10 ; e-mail : contact@upjf.org
 
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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 09:02

 

 

 

 

Ce billet est le témoignage d’un malaise qui concerne toute la définition de l’action institutionnelle et sa représentativité... : le CRIF est-il encore cette passerelle neutre entre les différents courants du Judaïsme hexagonal?
Ce point de contact entre la France et Israël où les choses se disent franchement et permettent authentiquement de faire la part des choses?
Ou est-il en voie de devenir une simple “courroie de transmission” de l’Elysée, dans le même rapport de déconnexion entre “les élites” et la “rue juive” que ce qu’on reproche, en général, au comportement appliqué des bons élèves de l’ENA qui ne sont jamais allés sur le terrain?
 
Finalement, les courants qui traversent la communauté juive ne sont pas si différents de tous ceux qui trahissent la perte de cohésion de l’action politique en France, quel que soit le sujet évoqué.
 
Loin de préconiser des solutions, nous estimons, ,néanmoins, le public de la communauté juive de France comme suffisamment adulte pour prendre ses responsabilités.

Les propos de l'auteur, bien évidemment, n'engagent que lui.

Aschkel&Gad

 


Le CRIF ? Chuttt, laissez dormir la vieille dame.
Par le Crifouillard 

J’entends, je lis de ci de là des commentaires sur les silences assourdissants du CRIF, Conseil Représentatif (à voir…) des Institutions Juives de France (tiens le J de Juif est passé à la trappe), sur ses positions critiquables, sur ses amitiés louches, sur ses « rencontres » avec d’éminents terroristes…
 
Bref, ça bouge dans le landernau de la communauté juive de France.
 
Beaucoup aimerait que ce fameux CRIF joue un rôle qu’il n’a pas, qu’il soit autre chose que ce qu’il est en réalité : une vieille institution, une vieille dame qui dort, qui ronfle parfois en grognant légèrement quand on la bouscule un peu mais qui aussitôt retombe dans son profond sommeil …

Mais au fait qu’est-ce que le CRIF ?

Comme son nom l’indique, il est une institution représentative des autres institutions juives de France et non comme certain l’imagine, à commencer par notre cher Président Sarkozy, une institution qui représenterait l’ensemble de la communauté juive de France.
En fait, le CRIF ne représente tout au plus que 70 associations et institutions juives.
 
« Représentation indirecte » scandent certains soutiens inconditionnels de la vieille dame !
 
Erreur messieurs les apparatchiks, quand on ne représente que 70 associations qui, en étant optimiste comptent tout au plus quelques centaines d’adhérents chacune, on ne peut prétendre à représenter une communauté juive forte d’environ 6 à 700 000 personnes.
 
Or donc le CRIF s’est auto-proclamé le représentant de l’ensemble de la communauté juive de France, arrangeant bien au passage notre cher Président Sarkozy qui adore n’avoir qu’une seul interlocuteur avec qui il est plus facile de négocier une rencontre cocktail d’un Mahmoud Abbas, ancien terroriste recyclé…
 
D’ailleurs c’est bien le CRIF qui l’a inspiré à vouloir créer une institution représentative de l’Islam en France. Notre cher Président n’avait pas vu le vent islamique radical souffler…
 
Donc, beaucoup prêtent au CRIF tantôt un rôle qu’il n’a pas, celui de représentatif de la communauté juive, tantôt un pouvoir qu’il n’a pas non plus.

C’est ainsi que l’on peut régulièrement lire sur les sites islamistes et pro-palestiniens que le CRIF manipule voir gouverne la France…(!)
 
Pauvres islamistes, pauvres pro-palestiniens (je sais c’est redondant), si vous saviez que le CRIF n’a aucun pouvoir en dehors de celui d’obéir à Nicolas Sarkozy…
 
Notre ami Nicolas ordonne au CRIF de « calmer le jeu » après l’arraisonnement du Mavi Marmara et les violentes manifestations anti-israéliennes et anti-juives en France ? Notre chère vielle dame s’exécute et c’est dans le plus parfait silence médiatique et la plus grande discrétion qu’une manifestation est organisée le 22 juin 2010 soit plus de 3 semaines après les incidents. Et comme par le plus grand hasard il n’est indiqué nulle part que l’on soutient Israël. Notons au passage que lors du « rassemblement » (au CRIF on appelle pas cela une manif) du 22 juin, pour surtout ne pas froisser notre cher Nicolas avec des positions pro-israélienne, on ne vit personne de Raison Garder sur la scène alors que deux éminents JCallistes, BHL et Finkelkraut, eurent l’occasion de s’exprimer longuement sous la hué d’une grande partie du public…
 
Notre ami Nicolas demande au CRIF d’organiser une rencontre avec le « bon » Mahmoud Abbas et notre vieille dame pas contrariante s’exécute. Elle fait même du zèle en déclarant que ce Mahmoud-là était un homme courageux !
 
Rappelons que le fameux « courage » de ce Mahmoud, encensé par Richard Prasquier soi-même, a consisté à organiser divers attentats dont celui en 1972 contre les athlètes israéliens aux jeux Olympiques. Il est vrai que notre Mahmoud s’appelait encore de son nom de guerre «Abbou Mazen ». [NDLR - ou encore le boucher de Maalot* comme nous le nommons ici en Israël ]
 
Voilà donc notre vieille dame pas contrariante du tout. Elle aurait pu le devenir différente, si lors de l’élection de son Président on avait élu « l’autre » candidat, vous savez celui qui gène car trop proche, parait-il, de Benjamin Netanyahu.
 
Cet « autre » candidat s’appelait Meyer Habib, d'origine tunisienne qui a fait une partie de ses études dans les universités israéliennes. Son particularisme : être l'ami personnel de premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou. Ce qui le classe carrément à droite de l'échiquier politique du CRIF. Certains même n'hésitent pas à le voir encore plus à droite !
 
Vous vous imaginez ? Un CRIF à droite, voir plus, qui défendrait bec et ongle Israël ? Quel scandale !!!
 
En revanche que tout ce que compte l’Islam de France d’associations et d’institutions soutiennent ouvertement les palestiniens ne soulève aucune question…
 
Je ne peux résister à l’envie de vous citer ces quelques lignes d’un article écrit par un certain Bernard Koch à l’occasion de l’élection du Président du CRIF. Peut-être pourrons-nous y lire un début d’explication des endormissements du CRIF :

    « Au  cas où il serait élu, le CRIF risque de prendre un sacré plomb dans l'aile et être ingérable de l'intérieur, et incrédible de l'extérieur. Dans une marche inexorable vers une radicalisation de la communauté juive de France, l'élection de Méïr Habib, ne fera que renforcer son isolement dans la société française.

Meir Habib est l'homme du repli, un jeune ultra-conservateur, porte-parole d'un Israël peu enclin aux compromis, pur et dur et sans perspective. Durant sa campagne électorale, Meïr Habib n'a pas ménagé son adversaire, Richard Prasquier, l'accusant de n'avoir pas été assez combatif face à la déferlante anti-israélienne qui a sévi après l'assaut par l'armée de l'Etat juif contre la « flottille humanitaire» pro-palestinienne programmée pour rompre le blocus de Gaza décrété par cet Etat.

Ce candidat de Netanyahou est un candidat opposé farouchement à l'avenir. Toute critique à l'égard de la politique du gouvernement israélien est blasphématoire pour l'Etat d'Israël.
 
Penchant plus vers l'extrême-droite française que vers l'extrême-gauche, trouvant celle-ci "plus dangereuse que l'extrême-droite" a-t-il dit, cette semaine, dans une interview accordée à une radio communautaire.
 
Or, une institution, qui a plus de 60 ans d'âge, face aux critiques qui pleuvent de toutes parts, face à la crise que traverse aujourd'hui le judaïsme français, crise comme il n'en a jamais connu, si elle veut résister aux pressions, continuer à exercer son pouvoir auprès des responsables politiques, ne doit pas faire l'économie d'une remise en question.
 
Elle a besoin d'une refonte, d'un ravalement, d'accepter de regarder la réalité en face. Et sortir de cette «inconditionnalité» qui lui fait perdre toute son aura et toute sa force de conviction, brouille en même temps son message.
 
Elle aura à se poser des questions-clé qui taraudent les esprits.
 
Les Juifs de France sont-ils plus juifs que français, citoyens à part, tournés exclusivement vers Israël, ou sont-ils des citoyens français, à part entière? Comme le sont, pour ne citer qu'eux, les Juifs américains, où même, plus près de nous, les Juifs de Grande-Bretagne?
 
Allons-nous vers un durcissement du judaïsme à la française pris de panique ? Vers une «ghettoïsation» de la pensée juive en France, comme le souhaiteraient certains? C'est face à ses défis de l'intérieur qu'aura à répondre le nouveau Président du C. R. I. F. pour être à nouveau, un partenaire authentique à tous les niveaux de la société française.
 
Richard Prasquier, pour son second mandat, pourrait être ce Président-là.. Encore faut-il qu'il soit plus à l'écoute du terrain que de ses conseillers. Qu'il soit plus pragmatique, plus en cohésion avec l'ensemble de la Nation. Un juif parmi les Nations et non un juif hors des Nations. » (psss Bernard Koch, j’ai corrigé les fautes…)
 
Ce brave Monsieur Koch nous donne peut-être quelques clés de lecture sur l’attitude générale du CRIF et sur le choix (télécommandé par l’Elysée ?) de Richard Prasquier…
 
Dommage, je gage qu’une large majorité de la communauté juive aurait certainement préféré le « style » de Meyer Habib en ce qu’il aurait défendu bec et ongle Israël au lieu de voir une vieille dame poussiéreuse animée par quelques béni-oui-oui et apparatchiks timorés.
 
Tiens un petit mot sur les apparatchiks « crifiens »!
 
En dehors de son Président, roi des crifiens Richard Prasquier, on ne peut parler des apparatchiks sans évoquer quelques noms.
 
Haïm Musicant, directeur général du CRIF, la voix de son maître Richard et donc indirectement du Grand Maître Nicolas qui, pour le remercier d’être aussi « aux ordres » le promeut au grade d’officier de l’ordre du mérite National… c’est pas beau ça ? Haîm a eu son « bon point » par tonton Nicolas…

Le dévouement de Haïm le pousse parfois à être un peu « facho » disent certaines mauvaises langues, mais il parait que c’est pour la bonne cause.
 
Bernard Musicant, le frère du premier, pas grand-chose à en dire si ce n’est que c’est un idiot inutile qui n’a d’autres arguments que de répéter mot à mot ce que le CRIF publie…
 
Notre Gil Taïeb National ! A voilà une personnalité qu’elle est belle ! Notre Gilou est de tous les combats et sur tous les fronts. Sauf que…

Sauf qu’avec ses allures de présentateur d’émission de TV et sa façon d’être toujours consensuel, il finit par ressembler à un homme politique en campagne électorale.

Jamais un mot plus haut que l’autre, jamais une position qui risquerai de froisser quelqu’un au CRIF ou ailleurs…
 
Notre Gilou national semble manquer quelque peu de personnalité… Et surtout ne jamais critiqué le CRIF. J’ai pour ma part l’idée que le voilà notre futur Président du CRIF quand le Prasquier de service prendra sa retraite.
 
Voilà donc note vieille dame de qui une partie de la communauté juive attend des positions fermes…
 
Laissons-la plutôt dormir gentiment.
 
Quant à la communauté juive, elle ferait mieux de créer une vraie structure de représentation directe afin de faire entendre sa voix en élisant à sa tête un homme intelligent et déterminé à ne pas s’en laisser compter par le pouvoir politique quel qu’il soit.

La communauté juive compte beaucoup d’intellectuels brillants qui ne caressent pas dans le sens du poil notre Nicolas. Elle compte aussi des hommes courageux tel que Sammy Ghozlan qui n’ont pas peur de prendre tous les risques, tant pour combattre l’antisémitisme que pour défendre Israël.
 
Il est temps que ces hommes, non crifiens pour la plupart, se regroupent pour fonder une représentation directe de l’ensemble de la communauté juive.
 
Bon d’accord c’est mon avis, mais je le partage volontiers…
 
Le Crifouillard  - Chronique que vous n’entendrez pas sur radio J (tient le voilà le J qu’il manque dans CRIF)


Maalot - Le massacre de Ma’alot fut un acte terroriste, des plus terribles et que la mémoire israélienne n’est pas prête d’oublier. Des terroristes palestiniens prirent pour cible l’école de la ville de Ma’alot (en Haute Galilée) Le matin du 15 mai 1974, un groupe de terroristes de l’organisation de Narif Hawatmé entra en Israël par la frontière libanaise. En arrivant dans la ville de Ma’alot, ils blessèrent un employé de nettoyage qu’ils croisèrent, puis forcèrent la porte d’un des appartements de la ville, et tuèrent le père, la mère et le fils de la même famille.

A 4 heures du matin ils prirent l’école « Nativ Méïr » où il y avait 105 élèves et dix enseignants, résidents de Safed, présents dans le cadre d’une excursion d’adolescents qui faisaient une préparation militaire.
Quelques uns de ceux qui étaient dans l’école, - parmi eux quelques enseignants et le responsable de l’excursion qui, plus tard, seront interrogés sur cette fuite - réussirent à s’enfuir. Quant aux autres, ils furent pris en otages. Les terroristes laissèrent toutefois partir une jeune fille pour qu’elle transmette leurs exigences, qui comprenaient, parmi d’autres choses, la libération de 26 terroristes emprisonnés en Israël.

Les forces de la sécurité encerclèrent l’école et entamèrent des négociations avec les terroristes, tout en se préparant parallèlement à libérer les otages par la force. Les négociations durèrent de longues heures, pendant lesquelles quelques coups de feu furent tirés et un soldat de Tsahal tué. Finalement un groupe d’élite de l’armée israélienne fonça dans l’école causant de lourdes pertes : 21 enfants et 3 adultes furent tués, 68 otages et soldats furent blessés.

Le nombre des victimes amena par la suite une bataille d’accusations parmi les participants à cette action. Certains pensaient que l’action de libération avait duré trop longtemps et qu’ainsi les terroristes avaient pu blesser des otages. D’autres disaient que les négociations avaient trop traîné et permis aux terroristes de mieux se préparer à l’attaque.

Le combat entre les différentes positions n’a pas faibli, mais les résultats de cette terrible affaire amenèrent à des changements chez les forces de la sécurité dans la façon de traiter les actions terroristes et, spécialement, les négociations.un-echo-israel

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 05:25

 

 

 

Indonésie - Ces familles qui redécouvrent leurs racines juives

http://directmatin.directmedia.fr/pages-presse/archives-telechargement.aspx

 

A Manado, des Indonésiens se convertissent au judaïsme hérité de leurs ancêtres, des colons hollandais. Une foi longtemps refoulée qui désormais émerge fièrement avec la bénédiction des autorités, observe le New York Times.

14.12.2010 | Norimitsu Onishi | The New York TimesLa menora de Manado, Indonésie

 

 

 

Cadeau des autorités locales, une nouvelle menora de plus de 18 mètres de haut – peut-être la plus grande au monde – se dresse au sommet d’une montagne, au-dessus de Manado. Dans la ville, des drapeaux israéliens flottent sur les stations de motos-taxis et les autorités locales ont achevé le ravalement d’une synagogue construite il y a presque six ans, et de son plafond, orné d’une grande étoile de David. 

Longtemps bastion du christianisme et plus récemment de mouvements évangéliques et chrétiens charismatiques, cette région du nord de l’Indonésie est devenue l’improbable foyer d’un sentiment projuif au moment où plusieurs habitants embrassent la foi de leurs ancêtres juifs hollandais. Ayant reçu la bénédiction des autorités locales, les nouveaux convertis se font une petite place dans l’étrange paysage religieux indonésien, foyer de la plus grande population musulmane au monde. 

Cette tendance est apparue quand des extrémistes islamistes se radicalisaient, attaquant les minorités chrétienne et autres en Indonésie, et le gouvernement central – craignant de les offenser – ne faisait rien pour les en empêcher. En novembre 2009, des extrémistes, dénonçant les opérations militaires à Gaza entre 2008 et 2009, avaient fait fermer une synagogue vieille d’un siècle à Surabaya, deuxième plus grande ville du pays. Il s’agissait du plus important vestige historique de la discrète communauté juive indonésienne. La synagogue des faubourgs de Manado, financée par des Indonésiens découvrant à peine le judaïsme, est désormais le seul lieu de culte pour les Juifs d’Indonésie."Nous essayons seulement d’être de bons Juifs", explique Toar Palilingan, 27 ans, qui porte le long manteau noir et le chapeau à large bord des juifs ultraorthodoxes. 

L’Indonésie et Israël n’ont pas de relations diplomatiques mais tissent discrètement des liens économiques et militaires depuis plusieurs dizaines d’années. Les hommes d’affaires juifs, d’Israël ou d’ailleurs, viennent de plus en plus régulièrement en Indonésie, à la recherche d’opportunités économiques. Né au Salvador, Moshe Kotel, 47 ans, possède la double nationalité israélienne et américaine. Il vient à Manado tous les ans depuis 2003 et travaille dans le secteur des œufs biologiques. Marié à une femme de la région, Kotel reconnaît qu’il ne s’était jamais senti aussi nerveux que lorsqu'il est arrivé à l’aéroport la première fois. "Mais quand j’ai vu les drapeaux israéliens sur les taxis, je me suis tout de suite senti le bienvenu", ajoute-t-il. 

Denny Wowiling, chrétien pentecôtiste, fait observer que les chrétiens et les musulmans ont toujours vécu en paix dans cette région du nord de l’île de Célèbes. Il reconnaît toutefois que "certains craignent d’être pris pour cibles par des gens de l’extérieur". "Le sentiment antijuif a réellement commencé à émerger dans les années 1980 et 1990 à cause du conflit israélo-palestinien", analyse Anthony Reid, spécialiste de l’Asie du Sud-Est à l’Université nationale australienne. A Manado, les descendants de colons juifs hollandais pratiquaient leur foi publiquement avant l’indépendance de l’Indonésie, en 1949. Après cela, ils se sont convertis au christianisme ou à l’islam pour leur sécurité personnelle. "Nous avons demandé à nos enfants de ne jamais parler de nos origines juives, explique Leo van Beugen, 70 ans, éduqué dans la foi catholique. Nos petits-enfants n’en savent rien." Leo van Beugen est le grand-oncle de Toar Paliligan. 

C’est seulement dix ans plus tôt, lors d’une discussion agitée sur la Bible et Moïse, que la grand-tante maternelle de Toar Palilingan a laissé échapper le secret des origines juives de la famille. C’est ainsi que Toar Palilingan, maître de conférences en droit à l’université Sam Ratulangi et né d’un père chrétien et d’une mère musulmane – également professeur à l’université –, a appris que sa famille maternelle descendait d’un émigré juif hollandais du XIXe siècle, Elias van Beugen. 

Toar Palilingan a pris contact avec le rabbin le plus proche, Mordechai Abergel, émissaire à Singapour du mouvement Chabad Lubavitch de Brooklyn. Toar Palilingan a fait d’"énormes progrès" pour renouer avec ses racines juives, explique le rabbin Abergel, même s’il lui faut encore se convertir pleinement. Membre de ce qu’il appelle le judaïsme "pur" ultraorthodoxe, Toar Palilingan porte parfois l’habit noir et blanc de ses adeptes."La plupart des Indonésiens n’ont jamais rencontré de Juifs, ils croient que je viens d’Iran ou d’ailleurs",explique-t-il. 

La menora de Manado

REPÈRE Religion

Sur les 237 millions d’habitants que compte l’archipel, les Juifs indonésiens ne forment qu’une minuscule communauté composée d’une poignée de fidèles. Durant la colonisation hollandaise, les communautés juives en Indonésie étaient implantées dans les grands cités commerciales, où elles travaillaient souvent dans le secteur immobilier.
Estimé à 2 000 avant la Seconde Guerre mondiale, la                           

communauté juive du pays a chuté à une cinquantaine de membres dans les années 1960. Aujourd’hui, elle compterait à peine une à deux dizaines de personnes. Néanmoins, une tendance projuive a émergé en Indonésie au cours de la dernière décennie, dans la foulée des mouvements chrétiens évangéliques et charismatiques.

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 08:44

 

 

J'ai trouvé cet article très très interessant, nous remerions d'ailleurs A.K.NIASSE pour ses recherches.

 

 

Les juifs et l'Afrique - JUDAISME, ARTISANAT ET CASTES Selon Ahmed Khalifa NIASSE

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JUDAISME, ARTISANAT ET CASTES Selon Ahmed Khalifa NIASSE

Hormis le cas des Falachas d’Ethiopie, l’on a toujours eu tendance à considérer que l’histoire du peuple juif et celle du peuple noir suivaient des cours parallèles destinés à ne jamais se croiser et que le monothéisme abrahamique n’avait fait son apparition en Afrique subsaharienne qu’à la faveur de l’expansion de l’Islam au VIIe siècle, qui en aurait été la seule manifestation dans le monde noir, du moins jusqu’à la colonisation et le processus de christianisation qui l’a accompagnée. Pourtant, il nous semble que, dans cet espace saharo-méditerranéen si propice aux échanges, des relations et des faits aujourd’hui oubliés du fait de l’oralité ont bel et bien existé entre l’Afrique noire et le judaïsme, et que celui-ci a laissé des empreintes visibles aujourd’hui encore dans notre civilisation. 

Encore une fois, cette étude ne se veut point un essai scientifique au sens habituel du terme, bien loin de nous cette prétention. Néanmoins, ayant eu l’occasion, dans le cadre d’un ouvrage autobiographique, de réfléchir au problème du rejet des castes dans la société sénégalaise, nous nous sommes intéressé à cette hypothèse déjà énoncée par ailleurs dans les travaux de Cheikh Moussa Camara ou Delafosse. Les quelques indications qui suivent ne sont qu’un modeste clin d’œil aux chercheurs et linguistes, pour les inciter à se pencher davantage sur cette hypothèse, et à découvrir dans l’étude de la langue même, les traces d’un monothéisme juif ancien présent en Afrique Noire. 


Pour se représenter la possibilité d’une telle rencontre entre l’Afrique noire et le peuple juif, il est primordial de se remémorer les liens de l’Afrique subsaharienne avec l’Ethiopie, prolongement de la zone soudanienne dont le Sahara constitue une sorte de réplique occidentale. En d’autres termes, on peut considérer la zone soudanienne comme un ensemble constitué de trois parties : une partie orientale, une centrale et une partie occidentale, qui forment trois cercles juxtaposés, et présentent des similitudes tant sur le plan climatique qu’au niveau morphologique de leurs populations. 

La légende dit que lors de l’Exode, la treizième tribu d’Israël se serait égarée dans le désert…si elle a vraiment existé. On peut supposer qu’elle (ou du moins une partie de ses membres) ait remonté le cours du Nil ou traversé le désert libyen, et put ainsi s’introduire en Afrique, en se fixant d’abord dans les oasis du Sahara, avant de pénétrer plus avant dans le Sahel. Qui sait si, confiante en la promesse de Yahvé, cette communauté juive n’a pas cru trouver la Terre Promise dans cet espace, dont le nom, souvent rapproché de l’arabe sahil "rivage", pourrait alors être compris comme Sah-El "territoire de El (Dieu)". Les fleuves Niger et Sénégal lui seraient alors apparus comme un nouveau Jourdain. Nombreux d’ailleurs sont les ruisseaux du Saloum qui portent le nom de Bani Israël, souvent abrégé en Bani. Dans une telle perspective, il s’en est fallu de peu que le Fouta Toro ne prît des allures de Mont Sinaï. On retrouve en tout cas le même nom de Tor pour évoquer la montagne. En s’installant dans cette nouvelle Terre Promise, cette communauté judaïsée édifia également des cités dont celle de Urosogi, littéralement, "Cité de Ségui", où Uro pourrait être rapprochée de l’antique Ur chaldéenne, racine sémitique que l’on retrouve encore de nos jours dans le nom de Jérusalem, ville de la paix. Sans même aller jusqu’à faire remonter cette présence juive à l’Exode, les migrations parties d’Egypte et de Libye, et dont a fait état Cheikh Anta Diop dans ses travaux, ont pu comporter également des éléments d’origine juive quand on connaît l’étroitesse des liens qui unissent le peuple juif à cette région. 

Il faut aussi garder à l’esprit que d’autres foyers de peuplements juifs plus tardifs ont pu contribuer plus tard à ce rapprochement avec l’Afrique subsaharienne. Ainsi, en Afrique du Nord, la synagogue de Gariba, aujourd’hui connue sous le nom de Djerba, est vieille de 3000 ans. Elle constitue donc un lieu de culte ancien et une source possible pour le rayonnement des influences judaïques. En Algérie, le royaume de Massinissa est historiquement lié au judaïsme. Après les premiers pogroms perpétrés par les Romains, les communautés juives ont été contraintes de fuir vers le désert, se réfugiant dans les oasis avec lesquelles le commerce avait fini de les familiariser. Enfin, à une date plus tardive encore, les effets de la Reconquista ont généré une importante migration des populations juives et musulmanes expulsées d’Espagne vers l’Afrique du Nord. Cette migration a d’ailleurs pu se prolonger vers les zones situées plus au Sud. 

Comme on le voit, aussi bien au Nord qu’à l’Est, l’Afrique subsaharienne est parsemée depuis longtemps de nombreux foyers de peuplements juifs qui sont autant de sources possibles de diffusion de la civilisation hébraïque dans le Monde Noir. Mais un tel phénomène, aussi important qu’il fut, finit fatalement par s’effacer des mémoires,d’autant plus qu’aucun vestige, ni aucun document écrit, n’ont subsisté pour en attester l’existence ancienne. Dans de telles conditions, la seule piste d’investigation possible reste alors celle de la langue qui, ainsi que nous l’avons expliqué dans notre étude sur le wolof, est constituée de différentes strates, portant chacune la trace des brassages culturels qui ont eu lieu dans la région à une époque donnée. 

Tout comme en géologie, plus la strate est ancienne, plus il est difficile d’y accéder, et cela est d’autant plus prévisible ici qu’avec la dynamique évolutive de la langue, les apports étrangers s’y trouvent progressivement assimilés au point de fondre, au fil du temps, dans le fonds propre de la langue. Néanmoins, un examen attentif permet d’entrevoir maints indices disséminés dans la langue, qui attestent la réalité de cette présence juive ancienne en Afrique Noire. La première série d’indices est assez significative car elle concerne directement la désignation des groupes ethniques que nous supposons être les dépositaires de cet héritage juif, à savoir les Peuls. 

Prenons tout d’abord le nom de falacha que nous avons évoqué en introduction. Il est à rapprocher de l’appellation que les Arabes donnent aux Peuls, à savoir fallata. Eux-mêmes, dans les diverses dénominations qu’ils se donnent, soulignent toujours une origine non indigène, étrangère. 

Vient ensuite le terme fowul. En arabe, ce terme dénote des groupuscules, des restes de troupes décimées pourrait-on dire. Cela implique là encore la migration de groupes nomades détachés d’un ensemble plus vaste. Les Saraxole, anciens habitants de l’empire du Ghana, se considèrent comme des hommes blancs, ce qui semblerait surprenant pour une population aussi anciennement installée dans cet espace. Mais cela pourrait étayer l’hypothèse d’une communauté juive ancienne vivant dans cet environnement subsaharien. Par ailleurs, les Peuls se définissent aussi comme des hudaabe, mais il s’agit en réalité de yahudaabe, la prononciation usuelle tendant à escamoter le mot en tronquant la syllabe initiale. Il serait même difficile de ne pas soupçonner par là une certaine parenté de yahodaabe avec le terme yahud "juif ". L’on doit également noter que ce nom se décline aussi en wadaabe, dont la forme diminutive est le nom de famille Wàdd . Nous aurons l’occasion d’y revenir plus loin dans la partie consacrée à l’étude des noms de famille. 


Revenons un instant à notre hypothèse de départ. Elle pose donc qu’à une date plus ancienne, une population d’origine juive aurait traversé le Sahara pour s’installer en Afrique Noire, c’est-à-dire dans un espace culturellement très différent, tant au niveau des croyances que des coutumes. Dans ce contexte de culture orale et païenne, cette communauté se distinguait en tant que Peuple du Livre, lisant et récitant la parole divine, et affirmant à chaque génération son adhésion au pacte d’Abraham par la pratique de la circoncision. Ce n’est pas un hasard si en wolof, les termes renvoyant à cette dimension religieuse ont la même racine : 

jàng "lire, étudier" mais aussi "psalmodier", a donné jàngu "le lieu de culte, le temple". Il est aussi apparenté à jong qui signifie "circoncire". C’est également un nom de famille, ou plus précisément, d’une caste. Tout comme Tow qui n’est pas sans évoquer la Towrah ou encore Bitey où l’on peut reconnaître beytil "la maison d’El, Dieu". Les noms de famille Kane, Ka, Kone ou Kanuté sont à quant à eux du nom de famille sacerdotal Kohen et de l’arabe kahin qui désigne le prêtre païen, voire le devin, kahana signifiant "désignation". 

Dans le même ordre d’idées, xam-xam, ainsi que les mots de la même famille, exprimant la connaissance (xam, xamle, etc.), viendrait selon notre hypothèse de hakham, Ce mot hébreu qui désigne le religieux juif dérive d’une ancienne racine sémitique que l’on retrouve aussi en arabe : il signifie "détenir entre ses mains", notamment détenir le pouvoir hâkim , ou le savoir hakîm. 

Au-delà de la langue, on relève plusieurs pratiques culturelles dont l’origine hébraïque semble très plausible. Nous citerons deux exemples : d’une part, celui de la danse collective toucouleur du nom de yeela où l’on retrouverait la racine El- Dieu, qui rappelle nettement les danses collectives juives. Et d’autre part, la superstition des bergers peuls qui ne se risquent jamais à sortir une bête du troupeau le samedi, de crainte de voir une calamité s’abattre sur l’ensemble du troupeau. Cela nous apparaît comme une survivance lointaine du Sabbath. Nous signalerons au passage l’appellation peul de la girafe qui, tout africaine qu’elle est, est identifiée au chameau et reçoit le nom hébreu de chamala, autre indice de l’origine étrangère, orientale de cette ethnie. 

Ces quelque éléments nous donnent donc déjà l’image d’une communauté juive caractérisée par son savoir et sa croyance monothéiste, bien antérieure aux musulmans qui n’apparaîtront qu’au VIIe siècle de l’ère commune. On peut du reste supposer que le nom de jullit "nomades", donné à ces derniers est en vérité un héritage de leurs prédécesseurs juifs qui les premiers avaient emprunté les routes du désert. Le nom Jàllo justement, qui signifie "passant", est l’exacte traduction du terme hébreu, compris comme un peuple d’éternels nomades. La différence entre les deux groupes, juifs et musulmans, ne devait pas être très flagrante au départ, tant ceux-ci se ressemblaient de par leur origine sémite et leur croyance commune en un Dieu unique. Ce n’est que peu à peu, lorsque le souvenir de cette ancienne migration juive se fut estompé, que l’islam s’imposa comme première référence du monothéisme en Afrique noire. 


Quoiqu’il en soit, l’influence de cette communauté judaïsée ne se limita pas au domaine religieux, mais eut aussi d’importantes répercussions sur le plan des techniques. En s’installant en Afrique subsaharienne, elle apportait avec elle un certain savoir-faire dans le domaine de la tannerie, de la forge et du travail du tissu. 

A cet égard, le nom du tisserand en wolof, ràbb, est assez révélateur car il évoque de façon très transparente l’hébreu rabbi, et suggère l’origine hébraïque de cet art. Il est intéressant de constater que dans leur pratique même, les tisserands ont conservé des habitudes qui ne s’expliquent qu’une fois mises en relation avec les coutumes juives. Ainsi, les étoffes sont invariablement tissées en rouleaux de longues bandes étroites. L’usage qui en est fait aujourd’hui relève d’un style opposé à la tradition. En effet, afin de confectionner des pagnes, l’on a dû découper ces rouleaux en petites bandes pour les assembler, alors que leur forme originelle et leur dimension correspondaient exactement à celles des étoffes que les rabbins utilisaient pour orner leurs costumes. 

Par rapport à la cordonnerie, le nom wolof du cordonnier, uude, pourrait être tenu comme provenant d’une aphérèse de yahud. On pourrait en dire de autant de Mbow, nom totémique des tanneurs et cordonniers, qui est à rapprocher du nom et verbe servant à désigner en wolof l’activité du cordonnier, ëw, apparenté au pulaar ëwde. En supposant que mbow ou bow soit un préfixe qui a été ajouté à cette racine, cela aurait donné mbowëwde ; puis la seconde partie du mot aurait disparu suite à une apocope pour donner mboh en toucouleur. Là encore, tout porte à croire que la langue fait l’histoire même de l’implantation ou de l’acquisition des techniques artisanales de bases en Afrique Noire par le biais de maîtres juifs. 

Au vu de ces éléments, il serait aussi intéressant de s’interroger sur la signification originelle des castes qui constituent, disons le, une spécificité typiquement sahélienne en Afrique. Nous avons déjà eu l’occasion de voir à travers cet exposé que l’on retrouvait plusieurs noms castés parmi les noms évoquant vraisemblablement une origine juive : Jong, Je?, Tow, Hod, Mbow, etc. A cette liste, l’on peut encore ajouter d’autres noms comme Caam qui évoque le père légendaire des sémites, Sam ou encore [NDLR - Sem père des sémites et Cham père des chamites - Aschkel]


Cham, la grande Syrie, patrie d’origine des Hébreux. Le prénom très africain Samba serait lui-même une déformation de Sam abba, avec abba qui signifie "père", tandis dans Coumba, on trouve oum "la mère" en hébreu, réplique féminine de Samba dans le couple primordial. L’analyse donnée pour Samba vaut pour Samb, nom totémique qui donne Sambou, chez les Diolas. Pen quant à lui viendrait de Ben "fils de", et qui entre dans la composition des patronymes sémites. Il n’y a pas jusqu’à Soh, nom totémique, qui ne rappelle l’étymologie que nous avons donnée plus haut pour Sahel. 

La relation entre gens de castes et influence judaïque semble incontestable. Forte de ses croyances, de son savoir et de son savoir faire, cette communauté judaïsée constituait une véritable élite. Non seulement elle savait fabriquer des armes et des outils pour l’agriculture, travailler le cuir, elle maîtrisait aussi la musique, la diplomatie, la médecine des plantes, et les arts divinatoires, en tant que pratiques liées aux métiers de la forge. On peut d’ailleurs avancer comme preuve de ce prestige social la présence de prénoms hébraïques chez les rois de l’époque. On peut retenir par exemple, Yéli dans le Baol, à rapprocher de Yael, Salmon dans le Sine, à rapprocher de Salomon, sans oublier le fondateur mythique du Fouta, Daogo, qui aurait donné son nom aux Dia et Diaïté, et qui évoque l’hébreu David. Mais au sein d’un environnement majoritairement païen, cette communauté monothéiste était constamment menacée par le risque d’acculturation. Le meilleur rempart face à ce danger était alors la pratique stricte du mariage endogamique qui, au fil du temps, perdit sa signification originelle et devint la marque d’une dépréciation sociale, au terme d’un processus qu’il reste à élucider. 


Nous laissons aux chercheurs le soin de nous éclairer davantage sur les questions soulevées par ces faits de langues et les hypothèses émises par plusieurs auteurs dont Delafosse et Camara sur cette face cachée de l’histoire subsaharienne. 

Extraits de mon livre sur le Wolof 

Ahmed Khalifa NIASSE 

Président du Présidium du Front des Alliances Patriotiques
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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 20:10

 

 

DOCAS

 

 

 

 

Site israélien des juifs originaires d'Ouzbékistan

 

 

 

Le sionisme des Juifs de Bukhara

Par Sacha Bergheim

 

 

Pour © 2010 contrecourant © 2010 aschkel.info - © 2010 lessakele 

 

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Juifs de Samarcande

 

 

Une communauté d'exception

La tradition fait remonter l'origine des juifs de Bukhara aux Tribus de Naphtali et d'Issachar exilées durant la captivité en Assyrie à partir du 7e siècle avant JC. Une seconde vague de Juifs descendant aux mêmes des exilés en Babylonie aurait rejoint l'Asie centrale autour des 5-6e siècles av. JC.

On considère que les Juifs de Bukhara (בוכרים‎ یهودی بخارایی яҳудиёни бухороӣ / ya'hudioni by'horoï - Бухарские евреи) ont généralement vécu en marge du reste du monde juif pendant plus de deux millénaires et ont maintenu et préservé leur héritage juif, développant une culture propre avec l'influence des cultures environnantes de l'Asie Centrale. D'autres Juifs se sont toutefois joints ultérieurement à la communauté d'Asie centrale (Juifs de Perse, du Moyen-Orient suivant la route de la Soie). L'histoire des Juifs de Bukhara se sépare de la communauté iranophone de Perse à la suite de la prise de pouvoir des chiites Safévides au 16e siècle qui entrent en conflit avec les Emirs d'Asie Centrale d'obédience sunnite.

Les Juifs bukhariotes ont vécu tant dans le ghetto de la ville de Bukhara qu'à Merv, Khokand (Mayda Milat, Hact Kopruk), Samarkand, Penjikent, Marghelan, Dushanbe, Toshkent (quartier d'Okchi, Tsigatay, Khoji mailk), Andijan, Namangan, Sharisabz, Khojent, Kerki, Tchimkent, Ghambul. mais aussi jusqu'à Peshawar en région pathane. Ils parlent le Bu'hori (بخاری - бухорӣ – בוכארי), un dialecte perse proche du tajik avec l'influence de l'hébreu (et aussi du russe à partir du 19e siècle).

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Être Juif dans l'Emirat de Bukhara : la survie culturelle sous la dhimmitude

A Bukhara, le quartier juif se divise en trois portions nommés Ma'halla-i-kohme (le vieux quartier), Ma'halla-i-now (le nouveau quartier) construit dans la première moitié du 19e et Amirabad qui est son prolongement spatial.

La discrimination subie par les Juifs de Bukhara était celle des dhimmi, soumis à des règlements discriminatoires, cantonnés au commerce (chapelier, cordonnier, cardeur, tailleur) ou à l'orfèvre où ils excellaient, cultivant très rarement coton ou tabac, exerçant parfois le métier de teinturier ou de pharmacien.

Ils étaient obligés de payer des taxes exorbitantes dont la jizya (capitation pour obtenir le droit de rester en vie en tant que Juif) et le kharraj (impôt foncier pour éviter que les Juifs ne possède de terres), et contraints à porter des vêtements noirs distinctifs des Musulmans.

Les hommes juifs ne devaient jamais se tenir à égalité face à un Musulman et marchait toujours à pied en ville et sur un âne lors des voyage. Interdiction d'avoir une monture comme un cheval. Interdits de déplacement avant et après le coucher du soleil, ils demeuraient en ghetto (Ma'hallai Ya'hudion, sh'hunat habu'harim, quartier juif), par ordre de l'émir et pour éviter les déchaînements réguliers de la foule. Les femmes juives qui quittaient leurs maisons devaient se vêtir comme les Musulmanes de crainte d'être enlevée.

Le témoignage d'un Juif n'était pas admis devant un tribunal musulman, même s'il défendait un Musulman.

Le statut de dhimmi, hérité de la sharia, associé à l'adat, la loi coutumière, impliquait une organisation communautaire spécifique. Le nassi (kaluntar en judéo-tajik) est élu parmi les parnassim et confirmé par l'émir dans sa fonction. Assisté de deux aqsaqal (« barbe blanche » en uzbek) ils ont parfois assumé les fonctions de dayan et de rabbi. La jizya était régie par des contrôleurs, appelés kaluntarjizya, et s'appliquait à tout juif ayant fait sa bar mitsva, tous les trimestres en présence du premier ministre (le kuchbegi), et chaque Juif recevait deux gifles après le versement de la jizya en signe d'humiliation. Il était interdit d'acheter une maison, même du quartier juif, si elle appartenait à un musulman. À quelques exceptions près, il leur était interdit également d'acheter des propriétés, vergers, champs de coton, les terres arables étant réservées aux Musulmans. Les maisons juives devaient être signalées par un chiffon, l'entrée ne devait pas porter de mezouza, et le seuil était plus bas que celui des maisons musulmanes pour que le Juif se courbe en entrant chez lui et garde en mémoire sa condition précaire.

À la différence d'autres régions du monde musulman, les Juifs de Bukhara n'y pratiquait pas l'usure, cette pratique étant réservée aux changeurs afghans ou hindous. Exceptionnellement, les Juifs ont eu droit de rénover la seule synagogue de la ville en 1840 mais il a fallu attendre l'occupation russe pour qu'une seconde de plus petite taille soit autorisée. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale qu'une troisième synagogue sera construit. En réalité, les familles aisées disposaient d'une pièce réservées aux offices. Comme sous l'Ancien Régime en Europe, tant que l'émirat n'était pas abolie (il faut attendre 1920 par l'Armée rouge), le droit musulman prédomine et la juridiction islamique prend souvent le pas sur la halakhah dans des questions d'héritage

Les crypto-Juifs contraints à la conversion étaient appelés chela ou jedidiet formaient une communauté séparée. Il est intéressant que ces convertis de force revinrent souvent vers le judaïsme lorsqu'à l'arrivée des Russes ils purent quitter Bukhara vers le Turkestan, alors même que l'administration continuait à les considérer comme musulmans.

Entre le début du 20e siècle on recensait 8 000 Juifs au Turkestan, et 14 500 en 1908, mais les critères sont variés (langue, religion) et empêchent de disposer de statistiques précis. En 1926, seul la capacité à parler en judéo-tajik sera prise en compte : 18 000 Juifs seront recensés dont moins de 400 en zone rurale.

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Synagogue de Samarcande

 

 

Khalats de Boukhara, broderies dorées à motifs juifs sur velours bleu

La séphardisation et la sionisme des Juifs de Bukhara

L'histoire contemporaire de la communauté de Bukhara commence avec l'arrivée à Bukhara en 1793 de Rabbi Yossef Maimon, originaire de Tetouan.

Cet éminent kabbaliste, qui vivait à Safed, est envoyé comme émissaire religieux dans le but de revitaliser la communauté éloignée des principaux centres religieux.

À la différence des autres chlikhim, il décida de s'établir et de soutenir les juifs de Bukhara qui d'après les témoignages, ne disposaient plus que des trois premiers livres de la Bible, ne fêtaient plus véritablement shabbat et pratiquaient une cacherout incomplète.

Il devient leur leader spirituel jusqu'à son décès en 1823 (à Jérusalem), se chargeant de l'éducation juive et faisant revivre l'observance religieuse que les persécutions, la pauvreté et l'isolement avait amoindrie. La tradition persane jusqu'alors utilisée et remplacée par le minhag sépharade et des Juifs orientaux commencent à rejoindre Bukhara.

Maimon fonde par ailleurs Hibbat Tsion pour encourager le pélerinage en Israel.

En 1802 il entame un échange épistolaire avec la communauté juive de Shklov en Lituanie, en vue d'obtenir les objets de culte qui manquaient.

 

L'arrivée des Juifs de Bukhara en Erets précède le sionisme politique

Les premiers Juifs bukhariots à s'installer en Erets Israel arrivent dès 1827. Le renouveau spirituel juif de la communauté d'Asie Centrale, associé à la séphardisation de son rituel, s'illustre par l'aliyah qui prend son essor en dehors de toute considération politique.

La réactivation de la communauté de Bukhara s'opère précisément à la suite du soutien des Juifs de Palestine. Les contacts vont se faire de plus en plus nombreux (émissaires religieux, commerçants, voyageurs) et donnent au retour à Sion une aura qui persuade beaucoup à partir. Le mode initial est le pèlerinage, qui va être petit à petit supplanter par l'installation en Terre Sainte à mesure qu'une communauté bukhariote se constitue à Jérusalem.

 

L'annexion russe et les bouleversements sociaux pour la communauté juive

L'annexion par l'Empire russe du Turkestan accélère le phénomène. À partir de 1833, les Juifs de Bukhara ont l'autorisation de commecer en Russie, et dès 1844, de participer aux foires de Nizhni Novgorod ou Irkoutsk. Les Russes occupent Toshkent, le Ferghana et les vallées de l'Amou-Darya et du Syr-Darya en 1868. Mais la situation restent identiques puisque l'Emir de Bukhara accepte le protectorat de l'Empire tsariste. Les Juifs de Bukhara restent ainsi sous le joug de l'émir, subissant extorsions et persécutions, suscitant un départ de nombreuses familles vers d'autres villes comme Samarkand.

La période coloniale russe se caractérise par un statut juridique à trois niveaux pour les Juifs bukhariotes : la juridiction juive, la juridiction musulmane édictée dans les qazikhan (tribunaux islamiques), la juridiction russe puis soviétique qui ne parvint pas à supplanter la loi islamique et coutumière.

 

En 1888, les Russes décrètent l'expulsion des Juifs de la région de Transcaspienne, qu'ils n'appliqueront pas, et au même moment, décident que les Juifs natifs se verraient autorisés à pratiquer librement le judaïsme, faire des études si bien que de nombreux Juifs devinrent musiciens, artistes, hommes d'affaire, juristes... tandis que les Juifs arrivés après l'annexion russe devenaient des « Juifs étrangers » qui étaient contraints à s'installer à Osh, Kata Qurghan ou Petro-Alexandrovsk dans les cinq ans (le délai sera repoussé à 1910 suite au demande du Rav Shlomo Tajjer, subissant des lois restrictives antijuives.

 

Le pouvoir russe (infidèle) devenait de plus en plus impopulaire et dans la dernière décennie du 19e siècle, les autorités militaires se décidèrent à durcir les politiques à l'égard des Juifs, alors qu'ils les avaient relativement favorisés afin de trouver des relais. Pour atténuer l'animosité des Musulmans, l'idée d'un « pouvoir juif » est lancé. La presse musulmane naissante se fait alors le relais d'attaques contre les juifs et les arméniens dont la russicisation, l'abandon des vêtements traditionnels (imposés par le statut de dhimmi) illustraient la perte de souveraineté musulmane. Cet antisémitisme sera particulièrement virulent envers les Juifs forcés de s'installer à partir de 1926 dans les kholkhozes (en 1932, 3500 Juifs y résidaient, soit moins de 6%). Ces expériences de coopératives juives firent l'objet d'une hostilité des ruraux musulmans (quand bien même les terres étaient de qualité inférieure à celles des coopératives musulmanes) et furent abandonnées au cours des années 1930/

De nombreux juifs ashkénazes arrivent en Asie Centrale à la suite de la construction de la ligne de chemin de fer transcaspienne (1880-1905), fuyant les pogroms et l'antisémitisme. En 1911, le Général Samsanov ordonne à tous les Juifs du Turkestan de retourner au sein de l'émirat de Bukhara.

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La ligne transcaspienne : symbole du retour vers Sion

La ligne transcaspienne de chemin de fer réservait par ailleurs des wagons spéciaux à destination des pèlerins juifs et musulmans en route pour Jérusalem ou la Mecque. Au lieu de passer par Meched (donc la communauté avait été anéantie par le pouvoir perse) ou Balkh avant de rejoindre Baghdad, le retour passait par le désert du Karakum, la Caspienne, l'arrivée à Bakou et la traversée du Caucase jusqu'à Batumi où commençait le périple par mer jusqu'à Acre ou Jaffa en passant par Constantinople et Izmir. Le voyage était autorisé par les autorités turques pour 3 mois. Ce sera le même trajet de l'émigration officielle après la Révolution russe, tandis que l'émigration clandestine optait pour le trajet le plus dangereux via l'Afghanistan ou la Perse.

L'arrivée de la colonisation russe a eu pour effet la modification de la structure sociale et l'apparition d'une classe aisée, liée aux russes et aux arméniens, et un appauvrissement des artisans juifs qui échappent à l'emprise de l'émir en fuyant vers le Turkestan russe en dehors de l'émirat (qui subsistait comme protectorat). Les familles riches comme les Vodiayev profitent alors pour faire venir des professeurs d'hébreu venus directement de Jérusalem.

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De l'Asie Centrale à Jérusalem

Le sionisme des Juifs de Bukhara est avant tout religieux, émotionnel, avec une forte connotation messianique et affective et ne provient ni d'une réaction à l'assimilation (restaurer une identité collective juive) ni d'une défense contre l'antisémitisme ethno-biologique (disposer d'un pays refuge). Les aspirations communautaires, même des familles tournées vers la modernité, restaient orientées par les liens avec le Terre d'Israel, la préservation de l'héritage judéo-persan, et l'accomplissement de l'aliyah comme devoir religieux.

 

En 1890, Simon Khakham arrive à l'âge de 47 ans en Erets et fonde une maison d'édition judéo-persane. Traducteur du Pentateuque en judéo-tajik, traducteur de Ahavat Tsion, le roman en hébreu de Abraham Mapu diffusé à partir de 1908 au Turkestan, il contribue, avec l'appui de Shlomo Babajn Pinchasov, à la revitalisation de la culture juive bukhariote, en publiant plus de 200 volumes religieux et profanes.

 

Vers 1868 arrivent les premiers olim à Jérusalem et ils établissent dès 1889, soit 6 ans avant la publication par Herzl de l'Etat des Juifs, d'une « Société des Amants de Tsion » afin d'organiser l'aliyah des Juifs iranophones.

Le quartier des Bukharim (Rehovot ou Sh'hunat haBu'harim) de Jérusalem (fondé en dehors des murailles dans un lieu insalubre acquis à prix d'or auprès des autorités musulmanes) est alors fondé grâce aux efforts de l'élite religieuse et intellectuelle des Juifs bukhariotes. Six ans plus tard, il y avait 175 maisons, soit un peu moins de 200 familles.

La disposition des maisons est révélatrice de la situation de l'époque : les demeures étaient en effet hautes de deux étages, parfois trois, avec une cour intérieure donnant accès à une quinzaine d'appartements où logeaient les familles élargies et qui surtout pouvaient être défendues contre les attaques et les pillages venant des villages arabes.

L'installation à Jérusalem de ce quartier contribue à renforcer les liens entre Bukhara et Erets, puisque les enfants ne sont plus envoyés à Moscou pour étudier mais à Jérusalem, les livres ne viennent plus de Lituanie mais de Jérusalem. L'aliyah se poursuit jusqu'à la première guerre mondiale de façon intense avec une communauté qui atteint 1500 membres.

 

La seconde aliyah commencent dans les années 1920 jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale avec près de 4 000 olim. Les restrictions et l'antisémitisme (accusation de crimes de sang en 1926 à Kharjui) s'accrut à partir des années 1940 avec la tentative des soviétiques d'éradiquer la culture judéo-tajik (suppression des écoles, des librairies, des synagogues).

 

À partir de 1972 (8000 Juifs de 1972 à 1975), la communauté d'Uzbekistan émigre vers Israel ou les EtatsUnis, et cette émigration se poursuit jusqu'à l'éclatement de l'URSS. La montée du nationalisme uzbek (le Timurisme) et du fondamentalisme islamique ont conduit à une émigration massive de la communauté bukhariote et ashkénaze. Si bien qu'entre 1991 et aujourd'hui la communauté tajik a presque disparue (passant de 15 000 Juifs à une dizaine), et la communauté uzbek de 45 000 à moins d'un millier.

 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 06:44

 

 

Paris - Le Marais oublié , exposition de photos inédites

 

 

Jean-François Guthmann, Président de l’OSE, 
Roger Fajnzylberg, 
Directeur général  et les membres du Conseil d’administration
ont le plaisir de vous inviter au
 

vernissage de l’exposition de photographies
d’Alécio de Andrade

 

au profit du Café des Psaumes,
le mardi 14 décembre 2010 de 19h30 à 22h30  

Exposition et vente des œuvres, du 15 au 16 décembre 2010 de 10h à 19h
Artclub Gallery

172, rue de Rivoli – 75001 Paris
 (métro Palais Royal)

Vous connaissez l’OSE, son action médico- sociale historique, son engagement auprès des populations juives dans le besoin. Cette année, notre association s’est engagée à relever un nouveau défi : contribuer à préserver l’histoire de la rue des Rosiers avec la réouverture du Café des Psaumes.

A cette occasion,
 65 photographies d’Alécio de Andrade évoquant un Marais presque oublié seront exceptionnellement mises en vente. Les fruits de cette action sont destinés au financement des travaux et à l’aménagement du nouveau Café des Psaumes.

Fermé il y a une dizaine d’années, il a été emblématique de la mutation et de la disparition progressive de l’âme juive de la rue des Rosiers. Pour enrayer ce phénomène, le Maire de Paris a proposé à l’OSE de faire revivre ce lieu de sociabilité juive au cœur du Pletzl sous la forme d’un café associatif original.

Le café des Psaumes sera ouvert à tous, mais prioritairement aux personnes âgées, qui sont nombreuses à souffrir d’isolement. Ce café social et associatif sera avant tout un lieu de convivialité. Il sera également un lieu d’écoute et une porte d’entrée vers les services sociaux et médico-sociaux de l’OSE et de la communauté. Et enfin, le nouveau café contribuera à l’animation du quartier, en accueillant des conférenciers, des artistes en soirée et le dimanche en particulier.

OSE - 117 rue du Faubourg du Temple -75010 Paris – 01 53 38 20 20

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