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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 19:48

Par Aschkel

 

 

A LIRE

De Kaifeng au kibboutz… Qui sont les juifs chinois -Tribu perdue ?

 

 

Le gouverneur de la province du Heilongjiang en Chine très impressionné par Israël

Danny Ayalon

Ayalon et le gouverneur de la province du Heilongjiang qui se situe dans le nord de la Chine, ont signé un accord de coopération agricole aujourd’hui à Jérusalem.

Le Vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon a rencontré hier le gouverneur de la province du Heilongjiang, M. Du Jiahao.

Israël entretien une vaste coopération agricole avec la province du Heilongjiang, et au cours de la réunion, un accord de coopération agricole entre MASHAV  et la province du Heilongjiang a été signé. L’accord porte essentiellement sur l’assistance dans la construction de fermes laitières.
Heilongjiang est une province importante dans le nord de la Chine. Sa capitale, Harbin, a offert un refuge à des dizaines de milliers de Juifs fuyant la Russie à l’époque de la Révolution Blanche au début du XXe siècle.

Au début de la réunion, Ayalon a souligné la relation spéciale entre Israël et la Chine, et a déclaré que « les relations amicales entre les deux pays, et l’appréciation mutuelle des deux nations, se fonde sur le fait qu’ils ont tous les deux des cultures anciennes avec une conscience historique ».
Ayalon a déclaré que « Les économies des deux pays se complètent mutuellement »

Israël a la technologie de pointe en développement  adaptée au marché chinois et de l’expérience dans des domaines prioritaires pour les chinois, tels que l’agriculture et la technologie. » Le vice-ministre des Affaires étrangères a également mentionné la participation d’Israël à l’Expo de Shanghai qui possédait un  pavillon indépendant pour la première fois de son histoire.

Le  gouverneur Jiahao  a remercié Danny Ayalon pour sa chaleureuse hospitalité et a dit qu’il était très impressionné par Israël. Le gouverneur a ajouté que lors de sa visite à Emek Hefer, il a rencontré un groupe d’enfants israéliens qui chantait en chinois.

Cela lui a tellement fait plaisir  qu’il a décidé de les inviter à visiter la Chine. Le gouverneur a ajouté qu’il avait l’intention d’ériger un monument, en pierre de Jérusalem à la mémoire des Juifs qui ont trouvé refuge dans la province du Heilongjiang au cours de la Révolution blanche

 

 

ISRAËL CHINE – LE MINISTRE DE L'INDUSTRIE, DU COMMERCE ET DE L'EMPLOI, PARTICIPE EN CHINE À LA RÉUNION DU FORUM ÉCONOMIQUE MONDIAL. LE COMMERCE BILATÉRAL SINO-ISRAÉLIEN A FAIT UN BOND DE 50% AU PREMIER SEMESTRE 2010.

israelvalley

 

chineLa session d’été du Forum économique mondial se tient à Tianjin en Chine. La réunion se prolongera durant trois jours, du 13 au 15 septembre. A cette occasion, Benyamin Ben Eliezer, le ministre israélien de l’Industrie, du Commerce et de l’Emploi, effectue un séjour en Chine où il rencontrera différentes personnalités du monde de l’économie et des affaires. Cette réunion économique, qui se déroule traditionnellement dans un pays d’Asie, se tient cette année sous le signe de la croissance durable. Plus de 1.300 personnalités en provenance de 85 pays différents participent à ce Forum. Côté israélien, on remarque aussi la présence de l’homme d’affaires Shaï Agassi, fondateur de “Better Place” qui lancera bientôt en Israël la première voiture électrique.

A la veille de son départ pour la Chine, Benyamin Ben Eliezer a déclaré vouloir « accroître les échanges entre les deux pays et améliorer les structures commerciales d’Israël avec la Chine ». Au cours des sept premiers mois de 2010 (janvier-juillet), le commerce entre Israël et la Chine s’est monté à 3,6 milliards de dollars; c’est une progression de 50% par rapport à la même période de l’année précédente.

Le carnet de rendez-vous du ministre israélien est déjà bien rempli. Il rencontrera notamment trois ministres chinois qui sont responsables de domaines importants pour les relations bilatérales: Science et Technologie; Commerce; Coopération internationale. Hier, Benyamin Ben Eliezer a signé un premier accord de coopération avec le ministre de la Planification. Par ailleurs, il signera un protocole d’accord dans le domaine de l’eau avec le maire de la ville de Tianjin qui accueille le Forum mondial.

Depuis quelques années, les relations commerciales, industrielles et technologiques, entre les deux pays connaissent un regain d’intérêt. Régulièrement, de nombreuses délégations israéliennes effectuent des séjours d’affaires en Chine. Les domaines de la coopération bilatérale concernent principalement l’électronique, les communications, l’eau, l’informatique, etc.—

Jacques Bendelac (Jérusalem)

israelvalley

 


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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 20:58

 

Bienvenue chez vous! par Martine SROUSSI, feminin.co.il

 

 

Martine Sroussi rend hommage aux olim hadashim venus de France fin juillet, à travers une vidéo relatant des retrouvailles très émouvantes.

A cette occasion, aschkel.info et Lessakel sont heureux de vous annoncer la naissance d'un nouveau partenariat avec le magazine en ligne, http://blog.feminin.co.il

 

 

Une vidéo très émouvante et pleine d’espoir!

Le peuple d’Israël revient sur sa Terre et cela ne peut pas ne pas tirer des larmes à ceux qui regardent cette vidéo. Be hatsla’ha à tous ceux qui ont fait le pas malgré toutes les difficultés et surtout malgré la peine de laisser une partie de ses proches là bas. Fasse D. qu’ils soient, comme la dit une jeune maman, les exemples pour leurs familles et les nôtres aussi.

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 13:22

 

 

Je remercie mon ami Gilles de nous avoir signalé ce documentaire hors-normes, qui aurait pu passer inaperçu, à l'heure où l'on s'interroge sur la présence et les missions de l'USS Harry S. Truman dans le Golfe Persique. La force des armées, c'est leur mental, leur esprit (Fichte), la volonté qui les anime. Tout le reste n'est que basse politique et stratégie d'Etat-Major. Pour mémoire :

 


Qu'y a t-il à bord du porte-avions Harry S. Truman?

 

What's on board the carrier Harry S Truman?

http://one-village.spaces.live.com/blog/cns!BC643D0EE3B38628!12132.entry?sa=160674445

 

Adaptation Marc Brzustowski

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

 

Le Porte Avion USS Truman à Marseille

Porte-avionsHarry S. Truman-

 

 

Le Capitaine Herman Shelanski, l'officier commandant l'ensemble de la force de frappe conduite par le porte-avions Harry S. Truman, est le premier capitaine de porte-avions à être assuré d'un minyan les vendredi soirs. On peut le voir allumer les bougies pour Hanoukah, à bord en décembre, tout comme entendre son adjudant chanter Maoz Tzur, avec, entre les mains, un Siddour rédigé dans un authentique rouleau.


Sous cette photo, on peut voir encore bien d'autres informations fascinantes sur l'activité à bord de ce porte-avions.



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Torah historique dédiée au navire américain de la Marine.
Source: US  Navy - Photos: US Navy


 

Norfolk (Virginie) – Un rouleau de la Torah rescapé de Lithuanie a trouvé un abri plus sûr à bord du porte-avions Harry S. Truman de la Marine des Etats-Unis.
 

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 070624-N-5345W-072 NORFOLK , Va. (24 Juin 2007)


-A gauche, le capitaine Herman Shelanski, officier commandant l'USS Harry S. Truman (CVN 75), avec le Sénateur du Michigan, le Sénateur Carl Levin (Démocrate), Président des services armés du Sénat.

Le Comité, en prière au début de la cérémonie de don de la Torah dans le hangar du quai du porte-avions Nimitz. La Sainte Torah juive à l'arrière-plan, est l'un des rares rouleaux de Lithuanie à avoir été sauvé de l'enfer de la Shoah. Elle a été présentée à Truman par l'Union des Fédérations juives de Tidewater et sera prêtée au Truman et exposée à bord durant une période de 41 ans, soit la durée prévue pour le service de ce navire.


La Torah de taille plus petite au premier plan, connue sous le nom de Torah de Truman, fut présentée au Président Harry S. Truman par le premier Président de l'état d'Israël, Chaïm Weizmann, en remerciements pour la reconnaissance diplomatique, par l'Amérique, de l'Etat d'Israël en 1948.

 

-Photo de la Marine américaine par le 2nde classe Kristopher Wilson, spécialiste de communication grand public.-


Le porte-avions est l'un des rares vaisseaux de la marine américaine à disposer de sa propre Torah. Peu de navires sont, d'ailleurs, assez vastes pour avoir besoin d'en avoir une, explique Sam Werbel, un des organisateurs de la cérémonie de don à laquelle a assisté une foule d'environ 500 personnes, parmi laquelle des survivants de la Shoah.

 

 

« Ce n'est pas une simple cérémonie », raconte Mark E. Talisman, fondateur et Président de la Fondation du Projet Judaïca. « Il s'agit de l'humanité, ou plutôt du manque d'humanité en son sein. Il s'agit de nous tous, pour comprendre la dignité de la vie humaine. » Plusieurs membres d'équipage juifs ont célébré l'évènement, prenant des photos durant le port du rouleau haut de 72 cm, qui renferme les paroles de la biblique hébraïque.


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Jesse Kopelman, équipier machiniste de 3ème classe sur l'USS Harry S. Truman (CVN 75), et dirigeant laïc juif, porte une sainte Torah juive, l'un des rares rouleaux de Lithuanie à avoir survécu à la Shoah, et qui fut présentée à Truman.

 

Environ 5%, voire moins, de la population juive de Lithuanie a survécu à la Shoah. D'après les organisateurs, on pense qu'aucun objet de culte religieux, autre que cette Torah, ne subsiste de la population juive de ce pays. « Je suis très fier de nos hommes d'équipage qui servent ici, et je suis très fier qu'ils aient vus comme un honneur de recevoir une Torah à bord du navire », raconte Julius Marcus de Portsmouth, qui a assisté avec sa femme, Jeanne.


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Le 14 mai 1948, le Président Truman était le premier dirigeant mondial à offrir la reconnaissance diplomatique au jeune Etat d'Israël renaissant. Le premier Président d'Israël, Chaïm Weizmann, remercia Truman par le don d'un rouleau de la Torah, qui appartient désormais à la bibliothèque présidentielle du (porte-avions) Harry S. Truman. Cette Torah a été prêtée au porte-avions et exposée près de la Torah qui a été consacrée.

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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 05:24

 

Merci à Serge pour cette saine réflexion

 

Les juifs de diaspora - leur lien et leur rôle face à Israël

Par Serge Mazouz

Pour aschkel.info et lessakele

 

 

 

Tous ceux qui sont concernés par le sort d’Israël auront été marqués en ce printemps 2010 par deux évènements consécutifs : la publication de l’appel Jcall , le 1er mai suivi un mois plus tard le 1er juin par l’arraisonnement de la pseudo-flotille humanitaire au large de Gaza;

Deux incidents à priori sans lien apparent mais qui reflètent la même réalité.

L’affaire du Mavi-Marmara a quelque peu fait passé au second plan JCall : certains ont pu s’en réjouir , je ne suis pas de cet avis.

Le manifeste de Bruxelles est un incident grave qui dénote un vrai malaise et va laisser des traces .

Il conduit à des raidissements , à des prises de positions dictées par l’émotion et non par la réflexion , ce qui est toujours dommageable.

C’est ainsi que nous avons pu assister ces derniers jours à des polémiques qui ne servent pas la cause que leurs initiateurs croient défendre: des attaques personnelles mesquines , le dénigrement et la déformation de certains propos ne peuvent tenir lieu de débat..

Ces controverses ont toutefois le mérite de souligner les problématiques du rôle des juifs de diaspora et de l’image d’Israël dans l’opinion européenne :

Les juifs de diaspora et leur lien à Israël

Je suis Juif de Diaspora et n'ai pas fait mon alyah , je n'ai pas l'intention de m'en excuser d'ailleurs . Cependant je n'autorise personne à nier mon attachement à l‘Etat hébreu (comme Juif et pas comme israélien...)

Ai-je le droit d'avoir un avis , une opinion sur ce qui se passe en Israël? à mon sens, oui .

Dois-je exprimer cette opinion comme n'importe quelle autre opinion? non!

En tant que juif vivant en diaspora , non soumis aux obligations militaires pour moi ou mes enfants ni au stress permanent engendré par la situation , un DEVOIR DE RESERVE s'impose à moi , je dois faire attention à ce que je dis et écrit et surtout essayer de comprendre la situation de ceux qui vivent là-bas , en Eretz Israël .

C'est ce que n'ont pas compris les signataires de JCall mais ce devoir de réserve ne signifie pas l 'indifférence , le suivisme ou la passivité . Il existe bien d’autres façon d’exprimer un avis que de signer un texte ou apparait le terme inqualifiable de « faute morale ». Mais Marek Halter a déjà brillamment répondu aux signataires.(1)

Pour autant , ce serait une erreur de considérer comme l’ont fait certains que des figures comme Alain Finkielkraut , Bernard-Henri Lévy ou Georges Bensoussan soient devenus des adversaires: leur attachement à Israël ne peut être nié par quiconque . Je considère que leur signature au bas de ce texte est une erreur mais leur conserve mon respect.

Nous devons garder toute notre énergie , toute notre opiniâtreté à l’encontre de nos adversaires, les vrais .

 

2) le rôle des juifs en diaspora face à Israël

Dans la mesure où ils ne sont pas citoyens israéliens , ne votent pas et ne font pas l’armée, leur rôle en Israël est nul. Croire le contraire serait dérisoire et méprisant pour les israéliens.

Mais en diaspora? A une époque où la politique des Etats se fait plus dans les médias et l'opinion que dans les chancelleries , devons nous rester muets ou passifs?

Il nous appartient de défendre l'image de l'Etat Juif et l‘aider dans son combat indépendamment du choix de ses gouvernants qui est du ressort de la démocratie israélienne .

Comment ?

Certainement pas avec des arguments polémiques ou insultants : ce genre de rhétorique fait peut-être plaisir à une partie de la communauté juive en diaspora ( a t’elle besoin d'être convaincue?) mais est inaudible par le public français voire européen.

Inaudible.

c'est en parlant le langage commun , en développant des arguments clairs qui peuvent éveiller l'attention de nos interlocuteurs sans les renvoyer à une dialectique de combat ou de mysticisme que nous réussirons à modifier leur perception de la situation.

D’aucun me répondront que cela ne sert à rien , que nos ennemis sont irréductibles : je ne suis pas d'accord .

Peut-être pêcherai-je par optimisme mais je continue de penser que le dialogue et l'information quand ils sont bien conduits peuvent faire des merveilles .

Et concernant la communication, il n'est qu'à constater comment les palestiniens ont réussi au delà de leurs espérances à transformer leur image dans l'opinion.

L’épisode du Marmara nous montre l’impact majeur sur l’opinion des images véhiculées par la télévision ou Internet . Les sous-estimer serait une grave erreur. Nous assistons à ce que j’ai déjà qualifié d’Intifada médiatique.

Le discours , la teneur des propos utilisés par les amis d’Israël doivent changer.

Assez de slogans futiles , assez d‘incantations.

La défense d’Israël est une noble cause : elle doit passer par une argumentation claire , précise, documentée et il est toujours possible de réfuter une thèse sans tomber systématiquement dans l’invective surtout vis-à-vis de son propre camp….

Notre combat est bon , notre combat est juste , nous devons le défendre par la communication qu’il mérite.

 

Serge Mazouz

 

« la Guerre des juifs » par Marek Halter - le Monde du 20/05/2010
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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 17:47

 

La persécutions des Juifs de Syrie.


Reut R. Cohen


Article original : The Persecution of Jews in Syria

 

Traduit par Sacha Bergheim avec l'aimable autorisation de l'auteur.

aschkel.info lessakele contrecourant

 

 

 

Il est important de remarquer que des pays comme l'Arabie Saoudite, le Yemen, Oman, la Jordanie, la Syrie, le Liban, l'Iraq et le Koweit n'existaient pas aux débuts du 20e siècle. La Syrie, par exemple, a été constituée en avril 1946, le Liban le 26 novembre 1941, même s'il n'a été reconnu que le 22 novembre 1943.

Israel, souvent désigné comme Palestine (un terme qui remonte aux colonies de l'Empire romain plutôt qu'à l'histoire des Arabes) a une existence attestée dans l'histoire comme Royaume juif.


L'essentiel du Proche-Orient a été dominé par l'Empire ottoman, puis les Britanniques ont plus tard pris le contrôle de la région et ont créé de nouveaux pays, installé des royaumes, tel que le Royaume hachémite de Jordanie qui n'avait jamais auparavant existé. De nombreux peuples non-musulmans vivaient dans ces régions et représentaient une part significative de la population de villes comme Bagdad, le Caire, Damas, avant l'émergence du mouvement nationaliste arabe. Les Juifs étaient ceux, parmi ces peuples, qui ont eu une présence continue de Jérusalem à Hébron, jusqu'au Yémen et à l'Iraq d'aujourd'hui.

 

Sous le joug islamique les Juifs vivaient en Syrie en tant de dhimmis et avaient de ce fait des droits sociaux et juridiques moindres que les musulmans. La situation des Juifs dans les années 1940 s'est détériorée en raison du mouvement national arabe. Des émeutes eurent lieu à plusieurs reprises à Damas. Le pillage des maisons et le viol des femmes juives étaient courants. Ma grand-mère maternelle qui vivait à Damas s'est enfuie de Syrie au milieu des années 1940. Ses parents étaient décédés et elle était contrainte de vivre avec une soeur aînée. Ma grand-mère était consciente que la vie pour les Juifs devenait dans les années 1940 plus difficile. Sous le joug colonial français, les Juifs étaient un peu plus acceptés en Syrie, mais l'avènement du nationalisme arabe a vu la situation des Juifs se dégrader rapidement.

 

À l'âge de 16 ans, ma courageuse grand-mère a décidé de faire un long et pénible voyage pour rejoindre Israel, en payant un homme druze avec l'or que sa mère lui avait laissé.

 

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Reut Cohen avec sa grand-mère en 1998

Ma grand-mère et d'autres Juifs qui partaient de Syrie vers Israel devaient marcher la nuit car les autorités syriennes incarcéraient tout Juif fuyant en direction d'Israel. Pour beaucoup de Juifs, il était donc presque impossible de s'enfuir. Les derniers Juifs de Syrie ont pu s'échapper au début des années 1990. Nos proches parents, qui sont arrivés en Israel à ce moment, nous ont reconnu ce qu'ils ont vécu. Ils avaient été arrêtés par les autorités syriennes, torturés pendant des années et subissant des crimes innommables, perpétrés par la police syrienne.

 

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Une famille juive dans leur ancienne maison en 1901 à Damas alors sous domination turque. 

 

Avant 1947, il y avait plus de 30 000 Juifs vivant en Syrie. Les trois principaux groupes étaient composés des Juifs Mizrahi de Damas, des Juifs kurdophones de Kamishli, et des Juifs d'Alep liés à l'Espagne.

 

L'histoire de la présence juive en Syrie peut être retracée jusqu'avant même l'introduction du christianisme et de l'islam. À certains moments, la situation des Juifs en Syrie fut relativement bonne. Par exemple, Menashe Ibrahim el Kazzaz dirigea l'administration syrienne et garantit aux Juifs la possibilité de tenir des positions au gouvernement.

 

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Mariage juive à Alep en Syrie, 1914.

 

À la suite de l'indépendance syrienne en 1946, les attaques contre les Juifs et leurs biens s'accentuèrent et culminèrent à plusieurs reprises dans des pogromes sanglants. Le pogrome de 1947, par exemple, laissa tous les magasins et les synagogues d'Alep en ruine. Les Juifs furent déclarés « ennemis du gouvernement ». Des milliers de Juifs fuirent alors le pays en dépit des menaces du gouvernement syrien d'incarcération et d'assassinat contre tous ceux qui oseraient s'échapper. Les maisons et les biens des Juifs furent saisis par les musulmans locaux et les autorités.

 

Le Juifs de Syrie qui restaient se trouvèrent dans l'impossibilité de s'échapper. Ils étaient otages d'un régime fasciste. On leur disait qu'ils ne pourraient quitter la Syrie qu'à la condition d'abandonner des membres de leur famille. C'est pourquoi la communauté vécut alors enfermée et sous la peur, surveillée par la police secrète.

 

Le dernier exode des Juifs syriens a eu lieu aux environs d'octobre 1994 lorsque des Juifs s'en allèrent avec leur grand rabbin. 1 262 Juifs syriens ont été sauvé et conduit en Israel. Rabbi Avraham Hamra, leader spirituel de la communauté juive syrienne, fit parti de ceux qui quittèrent le pays et immigrèrent à New York. Il vit aujourd'hui en Israel.

 

Il reste aujourd'hui moins de 100 Juifs en Syrie. Les Juifs y sont la seule minorité avec des passeports et des cartes d'identité indiquant leur religion.

 

 

Sources:

"Country Reports on Human Rights Practices." U.S. Department of State. 4 Mar. 2002. US Department of State. 19 Jan. 2009 .

Frankel, Jonathan. The Damascus Affair. Cambridge: Cambridge University Press, 1997

Singer, David and Lawrence Grossman. American Jewish Year Book 2003. American Jewish Committee, 2003.

Stillman, Norman. The Jews of Arab Lands in Modern Times. Philadelphia: The Jewish Publication Society, 1991.

Yadin, Yigael. Bar-Kokhba; the Rediscovery of the Legendary Hero of the Last Jewish Revolt against Imperial Rome. London: Weidenfeld and Nicolson, 1971.

Ye'or, Bat et.al. Islam and Dhimmitude. Madison: Fairleigh Dickinson University Press, 2002.

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 06:58

 

 

La Corse n'est pas juste une île mais une île "juste"
jpost
09.06.10

Affirmations et démentis se succèdent depuis maintenant près d'un mois à propos du dossier corse. Quand Maxime Cohen, président de l'ACCI de Bastia - Association cultuelle et culturelle israélite - déclare que l'obtention du titre est en bonne voie, Paul Shaffer, président du comité Yad Vashem en France, qualifie ces propos d'"absurdes". Du moins, c'est ce que l'on a pu lire dans les journaux français.

Village d’Asco. 
PHOTO: JPOST

Quiproquo ou malentendu, le sujet est des plus confus. Joint par téléphone, Maxime Cohen a eu l'occasion d'éclaircir la situation et de revenir sur certains de ses propos, mal interprétés, selon lui. Première information, qui a son importance : aucun dossier n'a encore été déposé auprès du mémorial de la Shoah à Jérusalem, le démenti de Yad Vashem est donc logique.
L'idée d'une île "Juste parmi les nations" ne date pas d'hier, la fédération des associations corses de Paris en avait déjà rêvé. Des associations que Maxime Cohen connaît bien, pour les avoir rencontrées lors d'un Gala pour la mémoire des Justes.

A la tête de l'ACCI depuis deux ans, Maxime Cohen est très attaché à cette reconnaissance et y consacre beaucoup de temps, "l'idée de l'île juste est venue de moi en pensant à tous ceux qui ne voulaient pas témoigner, parce qu'ils estimaient que ce qu'ils avaient fait était normal". L'essentiel de son activité consiste donc aujourd'hui à monter un dossier susceptible d'être considéré par Yad Vashem. A savoir : recueillir des preuves et des témoignages.

Quand les langues corses se délient

Des témoignages, Maxime Cohen en reçoit en nombre. Dernier en date : celui d'une célèbre famille de Cargèse, qui affirme avoir caché des Juifs entre 1941 et 1945, les Ergas, qui fuyaient l'occupation allemande et le régime de Vichy, alors moins répressifs en Corse que sur le continent. Jean-Pierre Ergas, le fils, est l'actuel PDG du groupe Péchiney USA, le géant français de l'industrie chimique. Ironie de l'histoire, Ergas faisait partie de la même promotion que Claude Erignac, ancien préfet de Corse, à l'Institut d'études politiques de Paris.
Les faits sont avérés : Jean-Pierre Ergas, comme les Corses de Cargèse qui ont accueilli sa famille, évoquent la même histoire.

Celle d'une vie faite de jours entiers confinés dans une cave qu'il fallait intégrer à chaque passage d'une patrouille allemande ou italienne, voire dans une cuve à vin dans les cas les plus critiques. Les récits ne manquent pas selon Maxime Cohen, quant aux preuves historiques, il y a débat. Le président de l'ACCI travaille avec un historien afin de réunir les documents permettant de prouver qu'aucun Juif n'a été ni déporté, ni exécuté en Corse. Ses détracteurs répondront qu'avant 1942, le régime de Vichy ne déportait pas encore ses Juifs et qu'après cette date, la Corse passe sous occupation italienne, pays qui n'a jamais organisé de déportation.

Vu sous cet angle la Corse et ses habitants n'auraient donc eu que peu d'influence sur le sort de la communauté de l'île. Mais au-delà du débat d'historiens, difficile à trancher, rappelons que le village d'Asco en Haute Corse a abrité un camp d'internement, où 80 Juifs avaient été emprisonnés, sans qu'aucun d'entre eux ne soit ni déporté, ni exécuté. Et c'était les habitants d'Asco, eux-mêmes, qui venaient en aide aux Juifs internés dans leur village en leur apportant de la nourriture et de quoi vivre décemment.

Malgré les démentis et les critiques qu'il essuie, Maxime Cohen poursuit sa quête de reconnaissance. Et il n'est pas tout seul : à ses côtés, le Consistoire de France et son président Joël Mergui qui participent au montage du dossier.

Quand l'union fait la force

La réconciliation devrait également intervenir avec le comité Yad Vashem en France, dont le président avait violemment réprouvé les propos de Maxime Cohen. "Je l'ai eu au téléphone depuis (Paul Shaffer), nous sommes presque devenus des amis, je ne voulais pas que les journaux pensent que deux Juifs se disputent", s'est expliqué le président de l'ACCI.

Dernière bonne nouvelle : il a été décidé que Robert Mizrahi, délégué du comité Yad Vashem français pour la région Sud, allait collaborer avec Maxime Cohen afin de construire un éventuel dossier de candidature. Quant à la rencontre prévue le 20 mai dernier entre le président de l'ACCI et le comité français du Mémorial, elle a dû être reportée pour raisons d'organisation : Maxime Cohen souhaitait être accompagné par un représentant du Consistoire juif de France. Selon lui, ce n'est que partie remise.

Autre sujet controversé, la venue ou non du Président de la communauté juive de Corse à Jérusalem pour plaider sa cause. Il y quelques semaines, Paul Shaffer répondait catégoriquement : "Personne ne connaît Maxime Cohen à Jérusalem". Des propos aberrants selon l'intéressé, qui affirme s'être rendu à Jérusalem à deux reprises déjà. Deux séjours au cours desquels il dit avoir rencontré des députés de la Knesset pour leur exposer son projet. Sans résultats pour l'instant.

Désormais méfiant à l'égard des journalistes, Maxime Cohen affirme détenir une preuve de ses visites en Israël, une copie d'un reportage télévisé, réalisé en 2009 par la journaliste Jackie Poggioli de FR3 Corse. "Abrei Corsi", documentaire en trois volets en langue corse consacré à l'histoire de la communauté juive de l'île, est disponible sur Internet. Et aborde entre autres le travail de Maxime Cohen et son passage par Jérusalem.

Le président de l'ACCI envisage d'ailleurs un nouveau séjour de deux semaines en juin prochain dans la capitale israélienne. Objectif : "taper à des portes auxquelles je n'ai pas encore frappé", poursuit-il. Et il pourrait bien, cette fois, être accompagné d'un député français acquis à sa cause. L'information est invérifiable : refroidi par les démentis, Maxime Cohen refusera de communiquer le nom du parlementaire.

Une communauté en perte de vitesse

Très attaché à la Corse et à sa communauté juive, Maxime Cohen l'est tout autant à Israël. "J'adore mon pays", s'exclame celui qui y a combattu lors de la guerre de Kippour en 1973. Obtenir cette reconnaissance serait pour lui un moyen d'établir un lien entre deux régions auxquelles il tient énormément.

Au-delà de son obstination pour la reconnaissance de l'île "Juste parmi les nations", Maxime Cohen tente de faire revivre la communauté insulaire déclinante, du fait du départ des jeunes pour le continent. Une communauté qui n'excède pas une cinquantaine de foyers. Il est donc fier d'avoir fait revenir certaines familles vers l'unique synagogue de l'île, à Bastia. La communauté juive de Corse a pourtant connu ses heures de gloire, au terme de plusieurs vagues d'immigration. La plus importante d'entre elles intervient dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, sous la République de Pascal Paoli, qui incite alors plusieurs milliers de Juifs italiens à venir s'installer sur l'île. Objectif : revitaliser une société affaiblie par quatre siècles d'occupation génoise.

Au-delà de son obstination pour la reconnaissance de l'île "Juste parmi les nations", Maxime Cohen tente de faire revivre la communauté insulaire déclinante, du fait du départ des jeunes pour le continent. Une communauté qui n'excède pas une cinquantaine de foyers. Il est donc fier d'avoir fait revenir certaines familles vers l'unique synagogue de l'île, à Bastia. La communauté juive de Corse a pourtant connu ses heures de gloire, au terme de plusieurs vagues d'immigration. La plus importante d'entre elles intervient dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, sous la République de Pascal Paoli, qui incite alors plusieurs milliers de Juifs italiens à venir s'installer sur l'île. Objectif : revitaliser une société affaiblie par quatre siècles d'occupation génoise.
Certains Corses ont d'ores et déjà obtenu la reconnaissance de Yad Vashem. Certaines familles pourraient y prétendre. Et le village d'Asco pourrait également avoir ses chances et rejoindre le Chambon sur Lignon, village de Haute Loire figurant déjà au mémorial de la Shoah. De là à obtenir le titre de "Juste parmi les nations" pour une région entière, ce serait une première. Reste à espérer que le dossier de Maxime Cohen sera suffisamment convaincant.
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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 10:48

 

La persécution des Juifs d'Iraq.


Reut R. Cohen.


Article original : The Persecution of Jews in Iraq

 

 

Traduit par Sacha Bergheim avec l'aimable autorisation de l'auteur.

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sacha bergheim

 

« La déshumanisation de l'identité juive, provenant de tourments et d'humiliations incessants, nous a réduit au plus bas niveau de nos facultés physiques et mentales et nous ont privé de notre pouvoir de guérir. » Max Sawadayee, Juif d'Iraq,  « All waiting to be Hanged » (Tous dans l'attente d'être pendus)


Mon grand-père paternel se souvenait nettement de son vécu de Juif à Bagdad et du Fahrud de 1941 qui eut lieu durant la fête juive de Shavouot. Il m'a appris que Farhud en arabe signifie littéralement « pogrome » ou « dépossession violente ». Il s'agissait d'un pogrome nazi, coordonné par des leaders génocidaires comme le Mufti Haj Amin al-Husseini et Rashi Ali. Pendant deux jours, la foule arabe s'est déchaînée à Bagdad et dans d'autres villes d'Iraq. Près de 150 Juifs ont été tués et plus de 2 000 blessés ; quelques 900 maisons juives ont été détruites et pillées, et des centaines de magasins tenus par des Juifs ont été volés et détruits.

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Reut R. Cohen et son grand père en 1987.


Les plus anciens membres de ma famille se souviennent avoir été témoins de la façon dont les soldats iraqiens ont arraché des enfants à leurs familles, arraché les bras de jeunes filles pour leur voler leurs bracelets ; des femmes enceintes ont été violées et éventrées. Mon grand-père a caché son bébé sous sa chemise lorsque les violences ont commencé et il s'est enfui de sa maison. Mon arrière-grand-père a sauvé toute sa famille durant les émeutes qui avait éclaté à Bagdad en affirmant être un Musulman lorsque les troupes iraqiennes sont entrées dans les maisons dans le but de piller, violer et tuer. Malheureusement, les Britanniques ne sont pas intervenus et ne semblent pas s'être inquiétés de ce qui arrivait à la communauté juive. À la fin, alors qu'être Juif était concrètement synonyme de condamnation, la famille de mon père s'est échappée jusqu'en Israel avec leurs vêtements pour seul bien – ces derniers avaient été confisqués – laissant derrière eux tout ce qu'il connaissait. Ce vécu n'est pas unique et a été partagé par plusieurs milliers de Juifs bagdadi.


Jusqu'à nos jours, les Juifs d'Iraq tirent fierté de leurs rites spécifiques. La communauté juive d'Iraq est parmi les plus anciennes dans le monde, et a une histoire incroyablement riche dans l'enseignement et l'érudition. Abraham, le père du peuple juif, était né à Ur en Chaldée, dans l'Iraq du sud. Les Juifs prospéraient dans ce qui était alors la Babylonie, 1 200 ans avant la conquête musulmane en 634.


Sous le joug islamique, les Juifs ont découvert qu'ils vivent à la merci de leurs maîtres. Au 9e siècle, les Juifs se sont retrouvés citoyens de seconde classe, autrement appelés Dhimmis. La sharia imposait le port d'insignes jaunes, et les Juifs étaient contraints de payer de lourdes taxes pour survivre. Les restrictions concernant l'habitat se sont également renforcées. L'oppression extrême de certains califes arabes autour de l'an mille alla jusqu'au point où le montant des taxations imposées aux Juifs revint à les exproprier. En 1333, les persécutions contre les Juifs culminèrent dans le pillage et la destruction du Sanctuaire de Bagdad. 1776 est connue parmi les Juifs babyloniens comme le massacre des Juifs de Bassora. De nombreux Juifs s'enfuirent en Inde notamment, en raison des mesures anti-juives prises par les dirigeants turcs au 18e siècle.


Pendant toute leur présence en Babylonie, les Juifs ont maintenu des liens forts avec la Terre d'Israel. Avec l'aide de rabbins venant d'Israel, ils ont réussi à établir de nombreuses académies rabbiniques de premier plan.

 

A-Baghdadi-rabbi-with-Hasidic-students-and-Syrian-Jews-at-a.jpgUn rabbin bagdadi avec des étudiants hassid et des Juifs syriens

lors d'une cérémonie de mariage à Jérusalem en 1904.


À partir du 3e siècle, la Babylonie est devenue le centre de l'enseignement juif. Le rayonnement de la communauté vient aussi du Talmud de Babylone.

talmud1523.jpg

 

 

Alors que la situation de la communauté juive fluctuait sous le joug islamique, certains de ses dirigeants faisaient preuve de clémence. Dans certains cas, des Juifs purent tenir de hautes positions dans le gouvernement, ou prospérer dans le commerce. En même temps, les Juifs étaient sujets à des taxations spécifiques, des restrictions dans leurs activités professionnelles, et à des provocations anti-juives parmi la populace. La situation des Juifs a changé sous l'administration britannique, qui commença en 1917. La situation économique des Juifs s'est améliorée et beaucoup furent élus à des postes gouvernementaux. La communauté traditionnellement pratiquante fut également autorisée à fonder des organisations sionistes et à poursuivre des études d'hébreu.


Tous ces progrès prirent fin à l'indépendance iraqienne en 1932. La propagande nazie et l'antisémitisme devient omniprésent sur les ondes de la radio iraqienne. Mein Kampf venait d'être traduit en arabe par Younis al Sab'awi, et d'être publié par un journal local, al Alam al Arabi (le Monde arabe) à Bagdad entre 1933 et 1934. Younis al Sab'awi était également à la tête de la Futtuwa, un mouvement de jeunesse paramilitaire, inspiré de la Hitlerjugend allemande. Al Sab'awi devient par la suite ministre dans le nouveau gouvernement irakien.


En juin 1941, un coup d'état pro-nazi, inspiré par Haj Amin al Husseini et orchestré par Rashi Ali, déclencha l'un des pogromes les plus sanglants de l'histoire des Juifs d'Iraq. Ce pogrome, connu sous le nom de Fahrud, est comparable à la Nuit de Cristal menée par les Nazis en 1938. Des foules iraqiennes armées, avec la complicité de la police et de l'armée, ont assassiné des centaines de Juifs et blessés beaucoup d'autres.


Bien que l'émigration était interdite, beaucoup de Juifs rejoignirent Israel durant cette période. Beaucoup en étaient venus à l'idée que l'Iraq n'était plus un pays sûr.


En 1950, le parlement iraqien a finalement légalisé l'émigration en Israel : entre mai 1950 et août 1951, l'Agence juive et le gouvernement israélien ont mené avec succès les opérations Ezra et Nehemiah  assurant par avion l'arrivée de 110 000 Juifs, incluant 18 000 Juifs kurdes qui avaient leurs propres traditions et coutumes. Près de 20 000 étaient passés clandestinement par l'Iran.

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Réfugiés juifs ayant fui l'Iraq en 1951 enregistrés à leur arrivée en Israel.

[Photo Babylonian Heritage Center]


En 1952, le gouvernement iraqien a interdit aux Juifs d'émigrer et a pendu en place publique deux Juifs accusés, sur des charges montés de toute pièce, d'avoir jeté une bombe dans les bureaux à Bagdad de l'agence de renseignement américaine.


Avec l'essor de la lutte intestine entre les différentes factions du parti Ba'ath en 1963, des restrictions supplémentaires ont été imposées aux Juifs qui restaient. La vente de propriété leur était interdite et ils étaient forcés d'avoir des cartes d'identité jaunes. Après la Guerre des Six Jours, des mesures encore plus répressives furent prises : les Juifs étaient expropriés, leurs comptes bancaires gelés, ils étaient déchus de leurs emplois de fonctionnaire, leurs commerces fermés, les permis de commerce annulés, leurs téléphones déconnectés. Les Juifs furent placés dans des maisons d'arrêt durant de longues périodes et interdit de quitter les villes.


Les persécutions reprirent à la fin de 1968. Quatorze hommes, dont onze Juifs, furent condamnés à mort durant des procès truqués et pendant dans les places publiques de Bagdad, et d'autres moururent de torture; le 27 janvier 1969, Radio Bagdad appela les Iraqiens à « venir et fêter ». 500 000 hommes, femmes et enfants, se rassemblèrent et dansèrent autour des échafauds où pendaient les corps des Juifs condamnés. La foule chantait ironiquement « Mort à Israel », « Mort à tous les traîtres ». Le spectacle suscita une condamnation mondiale que Radio Bagdad rejeta en déclarant : « Nous avons pendu des traîtres, les Juifs ont crucifié le Christ. »


La population juive d'Iraq comptait 150 000 individus en 1947. Aujourd'hui, il reste 7 Juifs qui vivent en Iraq, cachent leur identité juive et vivent dans la peur. Ce nettoyage ethnique a complètement détruit la communauté juive d'Iraq.


Sources:

Bard, Mitchell. "The Mufti and the Fuhrer." Jewish Virtual Library. 26 Jan. 2009

Ben-Porat, Mordechai. To Baghdad and Back. Gefen Publishing House, Ltd, 1998.

Farrell, Stephen. "Baghdad Jews Have Become a Fearful Few." 1 June 2008. New York Times. 26 Jan. 2009 .

Laqueur, Walter and Barry Rubin. The Israel-Arab Reader: a Documentary History of the Middle East Conflict. Penguin, 2008.

Lewis, Bernard. The Jews of Islam. Princeton: Princeton University Press, 1984.

Mylroie, Laurie, Judith Miller. Saddam Hussein and the Crisis in the Gulf. City: Ballantine Books Inc, 1990.

Roumani, Maurice et.al. The Case of the Jews from Arab Countries: a Neglected Issue. WOJAC Books, 1983.

Ye'or, Bat et.al. Islam and Dhimmitude. Madison: Fairleigh Dickinson University Press, 2002.

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 20:24

 

 

Erdogan, Qaradawi, Ramadan, le Hamas, et Obama

 

Par Stephen Schwartz, journaliste

The Weekly Standard blog- 03/06/10

http://www,weeklystandard.com/blogs/erdogan-qaradawi-ramadan-hamas-obama
Traduction par Albert Soued – pour 
www.nuitdorient.com 

 

A l'issue de la tentative des activistes pro-Hamas de faire une brèche dans le blocus de Gaza, on doit se poser un peu plus de questions sur les relations entre la Turquie et le groupe terroriste Hamas – et surtout sur l'attitude américaine à l'égard de la Turquie et ses alliés pro-Hamas. Un point est d'ores et déjà évident: le 1er ministre turc RecepTayip Erdogan, président du parti AKP de la Justice et du Développement, est un soutien indéfectible de la campagne anti-blocus. Cette campagne a été organisée par une ONG turque "de charité", connue sous le nom de IHH (İnsan hakları ve HürriyetleriVakfı) et considérée par Israël et les Etats-Unis comme un soutien du Hamas. IHH est elle-même soutenue par le sheikh fondamentaliste Youssef al Qaradawi, dont le partenaire est Tariq Ramadan, petit fils du fondateur des Frères Musulmans Hassan el Banna.

Dans son effort de définir une politique nouvelle à l'égard des pays Musulmans, le président B H Obamaa fait de son mieux pour se faire aimer aussi bien d'Erdogan que de Ramadan. Obama a mis un point d'honneur à visiter en 1er lieu la Turquie, en avril 2009, avant d'aller au Caire prêcher la bonne parole. Il a rencontré Erdogan, s'est adressé au Parlement turc et s'est rapproché plus étroitement du régime turc. De même l'administration Obama a levé à Ramadan l'interdiction d'entrer aux Etats-Unis – interdiction liée à ses contributions financières au Hamas –et l'a accueilli à Washington en avril 2010 par des discours obséquieux de Farah Pandith, la représentante des communautés musulmanes auprès de Hillary Clinton, secrétaire d'Etat, et de RashadHussein, le représentant américain à l'OCI (Organisation de la Conférence Islamique) basée en Arabie. On se demande si cette administration a fait attention aux nombreux avertissements liés à la politique de plus en plus franchement anti-israélienne du gouvernement d'Erdogan et des points de vue antisémites des chefs de l'AKP, non moins que ceux extrêmes de Ramadan. Négligeant tous ces faits, cette administration a pris la décision d'abandonner son allié Israël à l'Onu, votant au Conseil de Sécurité un texte condamnant les actes d'Israël au large de Gaza.

Jusqu'ici, on a largement considéré l'Islam radical de Turquie comme se situant à un niveau un peu plus élevé que le fondamentalisme "soft" musulman, loin des exemples d'al Qaeda, du jihadisme pakistanais, du mouvement Deobandi du Pakistan ou du cléricalisme khomeiniste. Mais aujourd'hui ce qui est vraiment inquiétant, c'est le franc éloignement de la Turquie de son alliance avec Israël et son nouvel alignement avec l'axe Iran-Syrie. Le parti AKP a comme ambition de faire renaître l'hégémonie turque dans la région, pour retrouver l'ancien empire ottoman et le califat. Cet empire allait des Balkans et de Libye jusqu'aux côtes orientales de la péninsule arabique et en Irak. De plus 5 pays de l'ancienne URSS sont turcophones -- Azerbaijan, Kazakhstan,TurkmenistanUzbekistan, and Kyrgyzia – et la majorité musulmane de la Chine occidentale est aussi de culture turque.

 

L'alliance du parti AKP avec le Hamas peut être vue comme une des expressions de ces prétentions impériales qui ressuscitent, ayant commencé bien avant l'élection d'Erdogan en 2002. En effet, alors que la Turquie était gouvernée par le CHP, parti républicain du peuple, parti fanatiquement laïc, l'opposition islamique a pénétré la société et le pouvoir, à travers le soufisme comme couverture. Des membres de groupes soufis sont devenus des personnages éminents dans l'establishment des nouveaux partis islamiques, incluant Necmetine Erbakan, ex 1er ministre.

 

En 1995, les élections turques ont amené au pouvoir une coalition entre des laïcs conservateurs du parti "le Vrai Chemin", avec des Islamistes du parti de la Bienfaisance, dirigé par Erbakan. Nommé 1er ministre, celui-ci s'est empressé d'orienter sa politique en dehors des alliances avec l'Occident et Israël, en direction des pays arabes, en attisant un certain antisémitisme. Il fut éloigné du pouvoir en 1997 et son parti interdit. Mais il devint le mentor politique d'Erdogan et le parti "le Vrai Chemin" s'est transformé en parti AKP d'Erdogan. Aujourd'hui Erbakan a une influence considérable à travers un organe transnational appelé Milli Gorus (MG) ou "Vision Nationale" qui coopère avec al Qaradawi et avec Ramadan, à travers le Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche (ECFR) dirigé par Al Qaradawi.

On ne peut pas exagérer la crudité de la haine d'Erbakan à l'égard des Juifs. En 2007

le Middle East Media Research Institute a retransmis une interview télévisée d'Erbakan où il affirmait que les Juifs cherchaient à dominer le monde, avec la Torah. Selon lui, "la sécurité d'Israël" signifie que "ce pays doit gouverner 28 pays du Maroc jusqu'en Indonésie…et toutes les croisades ont été incitées par des Sionistes". Or il y a 8 siècles d'écart au moins entre les Croisades et le mouvement sioniste et les Juifs étaient les premières victimes des Croisades. Mais Erbakan insiste que "le sionisme raciste et impérialiste a organisé 19 croisades pour atteindre ses objectifs, utilisant des Chrétiens"

Erbakan traitait les Juifs de "bactéries", affirmant qu'ils avaient créé le Protestantisme. Dans un accès particulier de paranoïa, il a déclaré qu'un Juif nomme "Qabala" avait inventé un système pour dominer le monde. Cette dernière litanie, répétée à l'infini par lui, est tirée du précédent tsariste russe diffamatoire "les protocoles des Sages de Sion".

Erbakan est un pionnier dans le désir d'alliance avec l'Iran et son mouvement MilliGorus (MG) a une influence considérable auprès des 3 millions de turcs vivant en Allemagne. MG y a 200 000 membres et contrôle 400/600 salles de prière. De même aux Pays Bas et dans l'administration Erdogan. Par le biais du bureau Diyanet, le service d'état religieux, celle-ci exerce un pouvoir extra-territorial et contrôle 900 mosquées importantes en Allemagne. Autrefois le prêche était modéré et les mosquées étaient un lieu de surveillance politique des fidèles d'Allemagne. Aujourd'hui le prêche se radicalise. Erdogan est lié à Erbakan, à al Qaradawi, à Ramadan et au Hamas. Aujourd'hui la Turquie représente un atout majeur dans le panorama global de l'Islam radical.

La réponse d'Obama à cette réalité est une véritable faillite – son administration fantasmant que l'idéologie extrême de l'Islam proviendrait de problèmes socio-économiques plutôt que du soutien officiel de l'Arabie wahabite, du Pakistan et de la Turquie et pas moins que du soutien obtenu de l'Iran et de la Syrie.

 

 

Erdoğan, Qaradawi, Ramadan, Hamas, and Obama
By Stephen Schwartz, The Weekly Standard Blog, June 3, 2010

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 12:47
Les juifs soviétiques dans la guerre - Témoignage

 

 

ICI

 


Pour le 60eme anniversaire de la  Victoire sur le nazisme, j'ai choisi ce trés beau témoignage !

col.fr

 

Le 9 mai 2005, le monde commémore le 60e anniversaire de la Victoire sur le nazisme. "Il nous faut une seule et même victoire pour tous, et nous l’obtiendrons quel qu’en soit le prix", dit une des chansons de guerre les plus populaires en Russie. Personne n’a jamais cherché à déterminer lequel des peuples de l’ancienne Union Soviétique a le plus contribué à la victoire sur le fascisme. A malheur commun, victoire commune. Seulement l’après-guerre a été si tragique en URSS que les exploits de nombreux héros et des faits historiques ont été passés sous silence. C’est pourquoi les générations qui n’ont pas connu la guerre en ont souvent une perception dénaturée.

Beaucoup de mythes sur la guerre ont trait aux Juifs, dont on dit qu’ils n’auraient que peu participé aux combats. Les historiens et les combattants ont toujours su la vérité, mais les mythes ont la vie dure...

Selon l’historien Ilia Altman, qui copréside la fondation Holocauste, pendant la guerre quelque 450 000 soldats et officiers juifs ont combattu dans les rangs de l’Armée Rouge. Ce qui représentait à peu près, à l’époque, un dixième de la population juive de l’URSS. Un pourcentage d’autant plus exceptionnel qu’une grande partie des Juifs vivaient dans les territoires occupés et ne pouvaient donc pas être mobilisés.

Il y avait mon grand-père parmi ces combattants, le lieutenant Semion Bravy, né en 1920. Il a combattu aux côtés du Héros de l’Union soviétique Nikolaï Kamanine (futur instructeur du premier groupe de cosmonautes soviétiques). Pendant près de la moitié de la guerre, les deux hommes ont volé à bord du même appareil : Kamanine aux commandes, mon grand-père en qualité de mitrailleur-radio. En mai 1945, l’avion de mon grand-père fut abattu - pour la deuxième fois depuis le début de la guerre - non loin de la frontière austro-hongroise, près du lac Balaton. Il en réchappa par miracle.

De 160 à 200 000 combattants juifs de l’Armée Rouge, selon les diverses estimations, ne sont pas revenus de la guerre.

Pour ce qui est du nombre de décorations militaires, les Juifs arrivent en quatrième position parmi les peuples de l’URSS, derrière les Russes, les Ukrainiens et les Biélorusses. Pour le nombre de Héros de l’Union Soviétique (150 combattants environ), ils sont cinquièmes, derrière les Tatars.

Parmi ceux à qui l’Etoile d’or de Héros de l’Union Soviétique a été décernée à deux reprises il y a David Dragounski, devenu par la suite général de corps d’armée. Le 22 juin 1941, date du début de la guerre, il se trouvait sur la frontière occidentale de l’URSS. En 1943, alors qu’il était hospitalisé après avoir été grièvement blessé, il apprit que les fascistes avaient fusillé son père, sa mère et ses deux soeurs. Ses deux frères sont tombés au front. Le 30 avril 1945, la brigade blindée du Juif David Dragounski opéra la jonction avec le corps blindé du Juif Semion Krivocheine. Berlin était encerclé. C’est pour ces combats que Dragounski reçut sa deuxième Etoile d’or et Krivocheine sa première. David Dragounski prit part au défilé de la Victoire le 24 juin 1945.

Les premières données concernant les Juifs ayant combattu sur le front pendant la Grande Guerre patriotique ont été publiées par le professeur Fiodor Sverdlov* au début des années 1990, après l’éclatement de l’URSS.

Selon Ilia Altman, les statistiques mettent à mal le mythe selon lequel, pendant la Grande Guerre patriotique, on aurait veillé à décorer le moins possible de Juifs tout comme l’idée que "les généraux juifs ne décoraient que leurs coreligionnaires". Bien que certains journalistes et anciens combattants continuent d’affirmer qu’en 1943 des instructions secrètes, le plus souvent orales, avaient été données pour écarter les Juifs des postes de commandement et limiter le nombre de Juifs proposés à des distinctions.

David Ortenberg, rédacteur en chef du grand quotidien militaire Krasnaïa zvezda (L’Etoile rouge) de 1941 à 1943 se souvient qu’au printemps de 1943 le chef du Département politique central de l’Armée Rouge, Alexandre Chtcherbakov, lui avait signifié : "Il y a beaucoup de Juifs dans votre rédaction... Il faut réduire ". Il lui avait alors répondu : "C’est déjà fait : les correspondants de guerre Lapine, Khatsrevine, Rozenfeld, Chouer, Vilkomir, Sloutski, Ich, Bernchtein et d’autres sont tombés au front. Je peux en licencier encore un : moi-même...". Le même mois il avait été démis de ses fonctions.

Sur le front, toutefois, les gens côtoyaient quotidiennement la mort et ne se préoccupaient généralement pas des questions ethniques. Le médecin juif Yakov Berchitski ramena de la guerre une épouse musulmane, la Tatare Raïssa. Ils avaient évacué ensemble les blessés, veillé la nuit dans les salles d’opération sans chercher à connaître l’appartenance ethnique de ceux qu’ils sauvaient. On leur avait proposé de les transférer à l’arrière, mais dans des endroits différents. Yakov et Raïssa avaient préféré rester en première ligne plutôt que d’être séparés.

A la fondation Holocauste, Ilia Altman a eu l’occasion de s’entretenir avec de nombreux anciens combattants, ce qui lui permet de dire que, dans l’ensemble, l’antisémitisme ne fut pas un phénomène de masse durant la guerre. La situation a quelque peu changé après 1944, avec la mobilisation d’hommes provenant de territoires précédemment occupés. Il s’agissait souvent de jeunes marqués par la propagande nazie. D’où leur hostilité vis-à-vis des Juifs.

Cependant, dans leur majorité les hommes restaient des hommes. "Même dans les camps de prisonniers, où la dénonciation d’un Juif pouvait faciliter l’existence, les hommes sauvaient leurs camarades, raconte Ilia Altman. Et quand un traître se manifestait, il était exécuté la nuit même. Grâce à ces personnes, beaucoup de Juifs ont survécu, sous une fausse identité, à l’enfer des camps". C’est à elles que, partout dans le monde, les Juifs adressent aujourd’hui leur reconnaissance.

Le 5 mai, comme tous les ans à Moscou, le titre de Juste parmi les Nations été décerné à quatre ressortissants russes. Ce titre est attribué par l’Institut israélien Yad Vashem à des personnes qui ont sauvé des Juifs pendant la guerre. Plusieurs milliers de personnes portent ce titre sur le territoire de l’ancienne URSS. La cérémonie coïncide avec la Journée du souvenir des victimes de l’Holocauste et des héros de la Résistance juive.

"Prétendre que les Juifs allaient à la mort comme les moutons à l’abattoir est un autre mythe", note encore Ilia Altman. "Tout le monde connaît l’histoire de l’insurrection du Ghetto de Varsovie, premier grand soulèvement armé dans l’Europe occupée par les nazis. A la même époque, dans pas moins de vingt localités de l’ancienne URSS, des Juifs en armes ou sans armes incendiaient leurs maisons, attaquaient les auxiliaires des Allemands, fuyaient les ghettos". En Biélorussie occidentale, des organisations clandestines opéraient dans plus de 70 % des ghettos, des caches d’armes avaient été constituées dans 40 % d’entre eux. "Seulement il n’a pas toujours été possible de les utiliser, souligne Ilia Altman. Beaucoup de jeunes gens hésitaient à déclencher une insurrection et à rejoindre les partisans pour ne pas livrer à une extermination immédiate leurs proches et les prisonniers du ghetto. Il n’était pas simple de passer à un acte de résistance".

Quoi qu’il en soit, une dizaine de détachements de partisans juifs opéraient sur le sol de l’ancienne Union Soviétique. Quelque 25 000 Juifs, dont beaucoup s’étaient échappés des ghettos, combattaient dans les détachements de partisans en Biélorussie, en Lituanie, en Ukraine et en Russie. Nombre d’entre eux dirigeaient des groupes de partisans. Le chef de la clandestinité, à Minsk, était Issaï Kazintsev. Une bonne centaine de sabotages ont été effectués sous sa direction. Le 7 janvier 1942, Issaï Kazintsev a été pendu dans un square de Minsk. Mais c’est en 1965, seulement, que le titre de Héros de l’Union Soviétique lui a été décerné à titre posthume.

Macha Brouskina, dix-sept ans, est considérée comme le symbole de la résistance des Juifs de l’ancienne Union Soviétique. Elle a été la première résistante exécutée en public par les fascistes en territoire soviétique occupé. Macha travaillait dans une infirmerie accueillant les prisonniers de guerre soviétiques et elle aidait à s’évader ceux qui étaient remis sur pied. Un des fuyards fut repris et dénonça la jeune fille et ses camarades. Le 26 octobre 1941, Maria et ses camarades furent exécutés dans le centre de Minsk. Une photo prise par les nazis pendant le supplice figure dans de nombreux livres d’histoire. Cependant, jusqu’à la fin des années 1960, le nom de cette jeune fille est resté inconnu. Des journalistes ont fini par l’identifier, mais son nom n’est mentionné que depuis peu. La mère de Macha est morte dans le Ghetto de Minsk, un mois après son exécution.

Selon Ilia Altman, près de 2 825 000 Juifs ont trouvé la mort, sur les quelque 3 000 000 qui habitaient les territoires occupés de l’Union Soviétique.

"Les personnes que vous recherchez ne sont plus en vie", stipule un certificat délivré par l’administration de la ville d’Ossipovitchi, en Biélorussie. Que la soeur de ma grand-mère a conservé jusqu’à sa mort. Dans notre famille on n’évoquait presque jamais ceux qui, à la veille de la guerre, étaient restés en Biélorussie et en Ukraine (à l’intérieur du périmètre des anciennes régions juives de la Russie tsariste, puis dans les zones d’occupation nazies). Aucun d’entre eux n’avait survécu.

"Cher ami Moïsseï Markovitch et chère soeur. Le 14 novembre 1941, ma regrettée mère mourait des mains des criminels allemands. Ce jour-là, à cinq heures du matin, ils avaient commencé à exterminer la population juive de notre ville. Le soir venu, neuf mille personnes avaient été massacrées : hommes, femmes, enfants... J’ai toujours devant les yeux l’image de ma mère morte, qui jusqu’à son dernier souffle avait évoqué ses enfants. Une de nos connaissances, qui avait réussi à s’enfuir au dernier moment, a raconté que sur le chemin conduisant au supplice, ma mère n’avait pas cessé un seul instant de parler de nous. Ses dernières paroles ont été : "Grâce à Dieu mes enfants sont restés en vie. Ils ne sont pas ici".

Ces lignes ont été écrites le 14 novembre 1944 par Vladimir Chteinberg, qui avait pu fuir un des nombreux ghettos aménagés en Biélorussie. En 1942, il avait rejoint les partisans avec un groupe de jeunes Juifs. Sous-lieutenant, chef d’une section d’éclaireurs, il a pris part à la libération des Républiques baltes. Il a été tué en 1945. A l’âge de vingt ans. 
Cette lettre et bien d’autres encore, écrites par des Juifs durant la guerre, seront prochainement publiées par le Centre russe Holocauste. Ces dix dernières années, des anciens combattants ou leurs familles ont fait parvenir au centre quelque 400 lettres écrites sur le front, à l’arrière, en évacuation, dans Leningrad assiégé, les ghettos, les détachements de partisans. Un recueil inédit dans lequel on pourra lire des lettres datées du 22 juin, jour du début de la Grande Guerre patriotique, et du 9 mai, jour de la Victoire. Beaucoup de leurs auteurs sont morts ou ont été portés disparus. Certaines lettres ont été rédigées en yiddish, langue maternelle des Juifs d’Europe orientale.

A l’époque de l’URSS, il était fréquent d’éditer des recueils de lettres d’anciens combattants, , mais aucun n’avait encore jamais été entièrement consacré aux Juifs. "Chaque peuple a droit au souvenir, a droit de s’enorgueillir de ses héros", souligne Ilia Altman.

Marianna Belenkaïa

* Fiodor Sverdlov est né en 1921, à Kharkov (Ukraine). Après ses études secondaires, il entre dans une école d’artillerie et terminera, par la suite, l’Ecole d’artillerie de Leningrad. Pendant la guerre il commande une batterie, puis un bataillon d’artillerie. Il est blessé à trois reprises. Après la guerre, il suit les cours de l’Académie militaire Frounze et en devient l’un des enseignants. La plupart de ses livres sont consacrés aux exploits accomplis par des combattants juifs pendant la Grande Guerre patriotique de 1941-1945. On lui doit notamment Des téméraires dans les rangs (sur les Juifs Héros de l’Union Soviétique), Les généraux juifs, Les exploits des combattants juifs.

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 12:51

 

Juifs français : une communauté en danger ?
Par ISI LEIBLER 
07.04.10

 

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1268045719835&pagename=JFrench/JPArticle/ShowFull

 

 

La communauté juive française est la troisième plus grande au monde. Et pourtant, depuis dix ans, la situation des 500 000 à 600 000 Juifs français n'a cessé de se détériorer. Tous reconnaissent la même évolution : la montée inéluctable de l'antisémitisme. L'agressivité est devenue si prononcée que les Juifs redoutent aujourd'hui de porter leur kippa en public même au cœur de Paris, dans la rue la plus touristique du pays, l'avenue des Champs Elysées. On peut l'attribuer à une combinaison de facteurs dont la montée en puissance de l'islamisme radical, la renaissance d'un antisémitisme quotidien, et sur la scène internationale, le soutien traditionnel de la diplomatie française aux pays arabes depuis les années De Gaulle.

La boulangerie casher Murciano, dans le quartier du Marais, rue des Rosiers. 
PHOTO: DR , JPOST

L'antisémitisme en France est multiforme. Ces dernières années, la haine des Musulmans radicaux s'est d'abord exprimée dans la profanation des lieux du judaïsme français comme les synagogues. Puis, elle s'est emparée des banlieues jusqu'à l'impensable : l'enlèvement, la torture et la mise à mort d'Ilan Halimi, un jeune Juif parisien de 23 ans. Une descente aux enfers dans laquelle les médias ont joué un grand rôle. Inutile de rappeler qu'ils sont dans leur ensemble clairement hostiles à l'Etat d'Israël. C'est une chaîne française qui avait diffusé, en 2000, un reportage truqué sur la mort en direct du jeune Mohammed al-Dura sous les balles supposées de Tsahal. Des images qui avaient suscité une vague d'hostilité à l'encontre de l'Etat juif.

Sarkozy : "Je vais ralentir avec Israël"

Quel est le rapport des Juifs de l'Hexagone à la politique ? Bien que traditionnellement orientés à gauche, ils ont soutenu massivement la candidature de Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles de 2007, qu'ils perçoivent comme un soutien de poids à leur communauté. Lors de son passage place Beauvau au ministère de l'Intérieur, il avait introduit une politique de tolérance zéro à l'égard des crimes antisémites. Bien que baptisé selon le rituel catholique, le locataire de l'Elysée a des origines juives. Sa mère est la descendante de Juifs sépharades de Salonique. Mais il a fallu attendre deux générations pour que la famille retrouve ses traditions juives. L'un des deux fils du président, Jean Sarkozy, marié à la fille du clan Darty, vient de faire circonscrire son premier-né.

Pour la grande majorité de la communauté juive, l'élection de Nicolas Sarkozy signifiait une nouvelle ère. Les espoirs s'étaient concrétisés peu de temps après le scrutin, lorsque le nouveau président avait été l'invité d'honneur du dîner annuel du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France). Il avait alors chaleureusement évoqué Israël assurant qu'il ne serrerait jamais la main d'un leader qui refuse de reconnaître l'Etat juif. Il avait, par ailleurs, appelé à l'introduction de cours obligatoires sur la Shoah dans les écoles. Mais l'euphorie s'est vite envolée. Certes, Nicolas Sarkozy a pris dans un premier temps ses distances avec l'ère Chirac et son soutien affiché au monde arabe. Mais sa politique étrangère est vite revenue dans le giron du gaullisme.

Le nouveau ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, tout comme son homologue britannique, a des origines juives, mais n'est clairement pas l'ami d'Israël. Durant la dernière Assemblée générale de l'ONU, la France a voté en faveur de la résolution Goldstone. Et plus récemment, même Sarkozy s'est fait plus dur à l'égard de l'Etat juif en qualifiant l'opération de Dubaï de "meurtre" avant de glisser cette autre petite phrase : "Je vais ralentir avec Israël".

Plus de 100 restaurants casher dans la capitale

Mais certains leaders juifs hésitent à rayer le nom de Nicolas Sarkozy de leur carnet d'adresses car le président français présente encore des atouts de poids : il entretient d'excellentes relations avec le Premier ministre Binyamin Netanyahou et a joué parfaitement le jeu contre l'Iran. Pour les plus optimistes, le navire a déjà quitté le port. En d'autres termes, Sarkozy ne peut plus, après tout ce qu'il a dit, trahir Israël. Néanmoins, contrairement à leurs homologues britanniques, les leaders de la communauté juive française n'ont jamais hésité à monter au créneau lorsque leur gouvernement accusait injustement Israël. L'ancien responsable du CRIF, Roger Cukierman, avait ouvert la voie en organisant une impressionnante manifestation dans les rues de Paris contre la politique de Chirac au cours de la dernière Intifada.

Certains attribuent les positions courageuses des organisations juives à l'intense travail de mémoire sur la Shoah en France. Mais pour d'autres, les origines ethniques de la communauté restent le facteur le plus probable. Avec la plupart des Juifs ashkénazes fondus dans la population, la communauté est composée aujourd'hui à 70 % de Juifs originaires d'Afrique du Nord. Des Juifs sépharades qui affichent clairement leurs racines et, même quand ils ne sont pas pratiquants, continuent néanmoins de suivre certaines traditions de leurs parents. Résultat : Paris compte plus de 100 restaurants qui respectent les lois de cacheroute et vous y verrez des clients qui ne portent même pas de kippa. Il y a 30 ans, il était extrêmement difficile de trouver un restaurant casher dans la capitale.

Mais surtout l'attachement des Juifs français à Israël est sans faille. Près de 300 000 personnes, soit la moitié de la communauté, se rendent en Israël au moins une fois par an. Tout est dit. Pour des raisons sentimentales, nombreux sont ceux qui achètent des appartements en Terre promise qui, malheureusement, restent vides la plupart de l'année.

Rester ou faire son aliya ?

Durant l'une de mes dernières visites à Paris, j'ai croisé Richard Prasquier, l'actuel président du CRIF. Tout comme son prédécesseur Cukierman, il est l'un des derniers survivants ashkénazes de la Shoah. Tous les deux ont des enfants résidant en Israël et représentent cette catégorie de leaders dont l'espèce est en danger. Prasquier s'est fait lyrique lors de l'impressionnant dîner du CRIF marquant le 25e anniversaire de l'organisation. Autour de lui 800 invités, dont le président Nicolas Sarkozy, et 23 ministres. Mais aussi des leaders politiques, des ambassadeurs et des représentants de l'Eglise catholique et de l'islam. On a surtout entendu ce soir-là le Premier ministre, François Fillon : antisémitisme, extrémisme islamique, relations avec Israël, menace iranienne. Tous les sujets ont été abordés et diffusés en prime-time sur les écrans de télévision français.

 

Prasquier s'est beaucoup investi dans le dialogue entre Juifs et Musulmans français, qui, contrairement aux extravagances américaines, n'a jamais été conditionné à un "compromis" sur Israël. L'opération Plomb durci a compliqué la tâche de Prasquier. Il l'assure : la France n'est pas un pays antisémite et la majorité de ses dirigeants s'échinent à combattre les racines de la haine traditionnelle vouée aux Juifs. Selon le leader du CRIF, la grande majorité de la communauté n'est pas prête à faire son aliya dans un futur immédiat. Ainsi, la tâche pour l'organisme est rude : maintenir à flot la troisième plus grande communauté du monde dans un environnement délicat.

La boulangerie casher Murciano, dans le quartier du Marais, rue des Rosiers. 
PHOTO: DR , JPOST

Le problème, c'est qu'elle contient également quelques montons noirs : certains Juifs antisionistes très bavards dans les médias. Heureusement, ils ont été mis au ban de la communauté qui, elle, se sent liée à l'Etat juif. Surtout que l'avenir n'est pas rose en France. La majorité des Juifs ont une vision assez pessimiste.

Malgré l'interdiction du voile intégral et les efforts pour endiguer l'extrémisme islamique, l'intégration des Musulmans dans la société française est un échec cuisant. Par ailleurs, si la courbe des naissances continue sur sa lancée dans l'Hexagone, la France deviendra dans les 50 prochaines années une nation à majorité musulmane. Dans cet environnement délicat, la communauté juive française pourrait revoir son avenir et Israël devrait davantage s'y intéresser.

ileibler@leibler.com

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