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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 10:14

 

 

 

Le calme et la violence

Par Yéochoua SULTAN  

 © 2011 www.aschkel.info

 

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Qui ne connait pas cette phrase qui fait l'objet d'un consensus très large:

«On n'obtient rien avec la violence»?

Ce très élégant principe est invoqué surtout pour les notions de pacifisme, de démocratie, ou de tout ce qu'il y a de bon dans la société humaine. Il connaît de nombreuses variantes: «Oui au dialogue, non à la force», etc.

On aimerait que ce soit vrai, surtout lorsque l'on est vraiment réfractaire à toute forme de militarisme, et allergique au cliquetis des armes. Mais pourquoi pas, après tout! Il suffit de réécrire quelques années d'histoire.

La France était asservie à des rois. Le servage était fort pénible. Un jour, les va-nu-pieds et autres sans-culottes eurent une idée: pourquoi continuer à exploiter le sol et avoir tout juste de quoi manger, toute la récolte allant à un seigneur propriétaire terrien? Ils demandèrent donc gentiment au roi de bien vouloir se contenter d'une imposition raisonnable pour les travaux publics et la gestion de l'Etat, ainsi que de laisser le peuple choisir par des élections libres ses représentants. Le roi n'ayant pas répondu tout de suite, ils s'indignèrent et signèrent une pétition. Une chanson populaire fit fureur. On en fit l'hymne national. Bien sûr, il ne contenait aucune parole violente, «qu'une eau pure abreuve nos sillons et que chantent nos microsillons», anachronisme mis à part, ou quelque chose comme ça. Le roi essuya une larme et organisa lui-même les élections, avant de se retirer de la vie politique.

Aux Etats-Unis, l'esclavage était intenable. Comment y mettre fin et faire en sorte que tous les citoyens deviennent égaux devant la loi? Comme chacun sait et qu'on n'obtient rien avec la violence, les nordistes ont expliqué calmement aux sudistes qu'il fallait en finir avec l'esclavage. Ceux-ci, au lieu de s'organiser en Etats confédérés du Sud et d'engager une guerre de Sécession entendirent raison et approuvèrent Lincoln.

Cet exposé n'est pas exhaustif, mais il montre que cette belle évidence de l'infructueuse violence aurait dû être approuvée par les faits. Or, nous sommes bien obligés, que cela nous plaise ou non, d'admettre avec résignation que le pacifisme est un luxe dont n'ont pu se targuer que les héritiers de révolutions violentes, d'ancêtres oubliés qui se sont battus et souvent sacrifiés pour que la société puisse leur offrir les bienfaits dont ils profitent aujourd'hui. Mais cet oubli qui, même s'il ne réécrit pas l'histoire faute de s'y intéresser, fait comme si la situation connue était une constante.

D'aucuns diront: «Pourquoi retenir l'histoire, et peu importe ce qui a pu se passer, du moment qu'on est tranquilles aujourd'hui?» Pourtant, cette question n'implique pas seulement d'un devoir moral de mémoire, mais d'une volonté d'être ignorant pour être tranquille. Rien n'est moins trompeur, car celui qui veut se considérer comme né de la dernière pluie oublie que la pluie ne s'est pas arrêtée de tomber il y a deux mille ans. Cette immuabilité qu'il croit sentir sous ses pieds lui fait perdre de vue que les valeurs, pour être stables, doivent être défendues, et qu'il faut savoir s'il le faut se sacrifier pour elles car elles ne sont pas une réalité allant de soi.

L'égalité des droits, les acquis sociaux, la liberté d'expression, etc., ne représentent pas, contrairement à ce que semble admettre l'inconscient collectif, un équilibre stable qui se rétablit dès que les forces extrinsèques qui l'agitent s'estompent. Une mer agitée n'effraie pas le marin qui sent qu'elle se calmera, à condition que son embarcation soit suffisamment solide et à condition que les interactions qui la secoue ne soient pas incessantes. Si on peut considérer que la nature d'une eau qui ne s'écoule pas consiste à être calme, il n'en est pas de même pour les principes qui gèrent un Etat, et ce qui est pris pour une crise passagère, voire difficile, pourrait être en fait un revirement.

Seuls des repères solides et une vigilance sensible aux glissements qui font changer la réalité sans que l'on ne s'en rende compte peuvent garantir qu'un système perdure. Le bon droit ne suffit pas. La démocratie et les principes établis dans le monde libre après des siècles de luttes et de guerres doivent être défendus avec âpreté. On s'imagine à tort que seuls des régimes dictatoriaux peuvent sombrer dans une dictature encore plus sombre en cas de troubles. C'est encore une fois oublier que la féodalité puis la terreur ne remontent pas aux temps préhistoriques, même si on a tenté de faire table rase et de reprendre le décompte à zéro en 1789.

Un des facteurs prépondérants qui ajoute à la nonchalance collective consiste en la conviction d'être parvenu à un idéal irréversible de paix qui doit être défendu par le pacifisme désengagé. En France, notamment, depuis une bonne trentaine d'années au moins, des jeunes gens déterminés dans leur aversion pour toute forme de violence se disaient près à déserter et à changer de pays si le leur était attaqué. Ils auraient pu le cas échéant passer d'un pays libre à l'autre jusqu'à en terminer la liste, mais qu'ils avaient de beaux jours devant eux.

Cette déresponsabilisation face au devenir collectif de leur pays se retrouve aujourd'hui quand la guerre a changé de tactique, et que des idéologies incompatibles avec les valeurs républicaines se substituent à leur mode de vie. (Voir Une guerre sous anesthésiant). L'auto neutralisation quant à la défense des valeurs est provoquée par deux fronts: d'une part, le sol semble stable et inchangeable ; d'autre part, on a la conviction profonde d'être incapable d'assumer une responsabilité par rapport au devenir personnel et collectif de la société. On baigne donc dans une sorte de douce euphorie d'où tout paraît minime et sans conséquences, et d'où il est répréhensible de sortir. Toute attaque aux biens, personnes et valeurs qui ont mis des siècles à s'installer doit être minimisée. Il faut faire preuve de compréhension, de condescendance et d'empathie envers des agresseurs dont il faut considérer les difficultés du passé et de l'adaptation aux sociétés éclairées et modernes.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, sortir de cette torpeur ne consiste pas en un devoir rébarbatif remis à une date ultérieure hypothétique, mais en une faute grave. Il faut impérativement rester calme, se maîtriser, ne pas perdre ses moyens. «Si nous continuons à ne rien faire, la situation va nous échapper, et le réveil sera brutal!», préviennent ceux qui se font rasseoir par une poussée qui leur colle au passage le qualificatif d'alarmistes. S'ils n'arrivent pas à se calmer, on leur prescrira au besoin des calmants.

Cette douce torpeur touche aujourd'hui l'ensemble du monde démocratique, et Israël n'est pas épargné. Un verdict rendu hier par le tribunal de Tel-Aviv pour une grave affaire d'assassinat à caractère raciste antijuif, les assassins ayant roué de coups leur victime, un paisible citoyen de 59 ans, jusqu'à ce que mort s'ensuive, a conclu qu'il s'agissait d'un homicide involontaire: «Restez calmes, au besoin on vous administrera des calmants». Il est vrai que les juges ont eu maille à partir avec la défense qui a compliqué le procès dans le but de mettre hors de cause ses protégés, mais le tribunal s'est-il demandé ou a-t-il essayé de comprendre comment l'affaire aurait tourné, si la victime que les tueurs ne connaissaient pas avait été arabe comme eux? 

 Et comme pour cette parodie de réécriture de l'histoire précitée, on nous réécrit le présent: «La violence n'amène à rien. Il ne faut pas combattre ses ennemis, mais en faire des amis». On nous impose des modérés artificiels désignés arbitrairement, on nous dit que la haine provient de la pauvreté, comme si les agresseurs étaient pauvres et comme si tout pauvre était un assassin, et on fait des victimes de la haine les responsables des meurtres dont ils font l'objet.

Qu'un Juif se rende sur un des plus anciens lieux saints d'Israël, et on nous dira qu'il ne faut pas se rendre sur le tombeau de Yossef. Et ce jeu meurtrier ne s'arrête pas. Provoqué par un bourrage de crâne mensonger qui a duré jusqu'aux accords d'Oslo qui devaient mettre fin à cent ans de guerre, comme le dit alors la classe politique, et dont toutes les fausses notes ont été analysées (voir Le processus  de paix ou la guerre d'un Gog démagogue), il n'a plus besoin aujourd'hui de trouver des prétextes.

Si les attentats qui ont suivi les accords ont été «excusés» à l'Olp, c'est que les assassins étaient en dehors de l'autonomie, qu'ils faisaient partie d'une organisation opposée au processus dit de paix, ou qu'Israël devait s'accuser de ne pas céder suffisamment, ou suffisamment vite.

Moins de deux mois après la boucherie d'Itamar, alors que les tueurs de nouveau-nés vivaient dans l'autonomie et ne faisaient pas partie d'une faction dissidente, et moins d'une semaine après qu'un jeune père de famille a été tué par un policier du Fatah par pure haine contre le peuple juif, cette périlleuse distinction entre modérés et ennemis jurés continue de sévir, et de la façon la plus flagrante possible.

En effet, il se peut que l'aberrance de l'insistance d'Israël envers les terroristes du Fatah pour reprendre les pourparlers soit passée inaperçue, comme si de tels pourparlers pouvaient avoir quelque chose de salutaire, et sachant à quoi nous ont conduits tous les pourparlers avec les terroristes, depuis que la loi qui en préservait a été annulée. Mais là, le gouvernement avance avec fracas et sans rire que le Fatah doit choisir entre la paix avec le Hamas et la paix avec Israël. Nous servirait-on une version vécue du jeu des sept erreurs?

Le chef des occupants terroristes du cœur de la terre d'Israël est docteur en négation de la Shoah, fait traiter les Israéliens dans les programmes scolaires et télévisés de voleurs de la Palestine, sans aucune distinction territoriale entre l'avant et l'après guerre des Six jours, jouit d'une impunité ou immunité inhumaine pour les attentats de Munich et de Ma'aloth, etc.

Le sigle de l'aspiration nationaliste des autoproclamés Palestiniens représente la carte de l'Etat d'Israël surmontée d'armes. Hormis le fait que le sigle du Hamas se focalise davantage sur Jérusalem, quelle différence y aurait-il donc entre les deux organisations, pour faire semblant de s'imaginer qu'une entité qui porte plainte quasi quotidiennement contre Israël et organise des micros et macros boycotts doive choisir avec qui elle veut faire la paix, alors que c'est tout vu?

La réponse, c'est que cet «on n'obtient rien avec la violence», qui a abouti à des accords avec des assassins, a donné à ces mêmes assassins et à leurs ayants-droits le pouvoir pratiquement légal de tuer, ce qui n'a en revanche pas été obtenu par le Hamas. En effet, l'Olp n'a jamais renoncé à sa charte ni à ses symboles, pas plus qu'à la lutte armée, des tirs aux attentats-suicides.

Et ne n'est pas la mise en scène parisienne autour du mot «caduc» qui a abrogé cette charte, ou alors elle a repoussé, comme les feuilles du même nom. De la même façon, il a fallu plusieurs années pour établir que chaque attentat suicide donnait droit à la famille du terroriste une allocation de dix mille dollars versée par l'Olp.

La non-violence est devenue une valeur absolue. Un professeur féru de chimie a même été piégé il y a peu en admettant par raisonnement qu'il faudrait remettre tous les terroristes en liberté pour qu'ils comprennent qu'on n'a absolument rien contre eux, ce qui les inciterait à s'assagir instantanément. Or, la violence doit être neutralisée par la violence, même si c'est pénible à admettre. Les assassins du rabbin Meir Avshalom Haï, habitant de Shavé Shomron, fusillé au volant de sa voiture alors qu'il rentrait chez lui, en décembre 2009, ont été éliminés lors d'une opération spéciale.

Cette violence contre la violence a évité que ce genre d'attentat ne s'impose à nouveau dans le quotidien. Une autre fusillade, à Beth-Hagaï, près d'Hébron, qui a fait sept orphelins a été traitée avec rigueur, en septembre 2010. Par contre, les tueurs de la famille Vogel d'Itamar ont certes été attrapés, mais ils sont nourris trois fois par jour par le contribuable: soulagement chez les assassins, qui sentent qu'ils ne risquent pas leur vie, avec les événements qui n'ont pas tardé à suivre.

La violence a permis de faire respecter des valeurs humaines de base comme la liberté et le droit à la vie et à la dignité: les révolutions ne se sont pas faites avec des fleurs, sauf si, bien sûr, on réécrit l'histoire ; et c'est par la force qu'il faut mener une lutte implacable pour défendre ce qui a été acquis.

Poursuivre sans relâche les brûleurs de voitures et les racketteurs de l'Europe, obliger les paresseux pas idéologie à travailler, et proclamer haut et fort en Israël que les accords d'Oslo et autres sont nuls et non avenus, car il ne s'agissait en aucun cas de permettre au mouvement terroriste signataire qu'il aurait le droit de tuer des Juifs, et de s'atteler nuit et jour à l'asphyxie économique et politique de leur Etat. Tant qu'il n'y aura pas de gouvernement courageux et déterminé pour mettre fin à cette mascarade, l'impasse ne sera pas dépassée, et les aspirations nationalistes arabes ne chercheront pas à s'exprimer dans des pays identiques, identitairement parlant.  

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 09:21

 

 

 

 

La guerre d'un Gog démagogue

Par Yéochoua SULTAN  

 © 2011 www.aschkel.info


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Le titre fait allusion à la guerre annoncée dans les prophéties bibliques au sujet du roi qui tentera de s'opposer à la réalisation du plan divin de la restauration du royaume des exilés de Sion.

 Cet article excellent de Yéochoua date de Juillet 2009 - A ne pas rater

Abrégé de l'historique contemporain de la guerre d'un Gog démagogue.

      Gog est présenté dans la Bible comme le meneur des peuples qui déclareront la guerre à Israël à la fin des temps. Les textes répartis dans les psaumes et dans les différents versets, notamment de יחזקאל    (Ezéchiel) etישעיהו   (Isaïe), font état d'une agression sans précédant suivie d'une défaite à sa hauteur pour les agresseurs. En attendant d'assister à la réalisation de ces prophéties, différents peuples ou dirigeants tentent déjà d'intimider ou de déstabiliser Israël au regard de sa destinée et de son rétablissement  sur sa terre. La démagogie et la mauvaise foi se sont donné rendez-vous pour tenter d'annihiler la volonté de ce peuple et de substituer à sa pensée une réflexion qui n'est pas la sienne. Reprenons un interrogatoire à première vue anodin diffusé sur les ondes à la suite de l'expulsion des Juifs de Gaza. Un participant à une délégation israélienne représentant la ville de Sederot a été interrogé par la presse: "Selon vous, les bombardements que vous subissez sont-ils dus à l'expulsion des Juifs de Gaza?". "Non, a-t-il répondu, les bombardements avaient commencé bien avant". Il a raison, alors pourquoi ce propos est-il perçu par beaucoup comme révoltant?

 

    Transposition du débat.

 

   Si nous tentons de répliquer en nous attachant aux aspects superficiels de l'idée, nous ouvrirons la porte à un débat stérile autant qu'épuisant du genre: "la ville de Sederot reçoit forcément plus de bombes, puisque celles qui au départ devaient être lancées sur les Juifs de Gaza sont à présent envoyées sur Sederot." Ce à quoi on nous rétorquerait  que cette localité en aurait  de toute façon reçu autant vu l'augmentation de la production de l'armement. Et ainsi de suite. Le foyer du débat serait alors décentré et l'argumentation qui en découlerait conforterait dans leur position les coupables et les partisans de l'expulsion des Juifs. Ce n'est pas innocemment que les questions du type que nous venons de voir sont posées. Leur motivation est d'étouffer dans l'œuf l'approche des véritables problèmes tout en donnant l'impression de les avoir sinon traités du moins abordés. L'expulsion des Juifs passe alors inconsciemment pour un acte sans conséquence du moment qu'elle n'est pas la cause des bombardements, qui est, par une focalisation médiatique, placé au premier plan.

      On assiste à une inversion des données du problème: si A doit impliquer B, et que A n'a pas impliqué B, il serait par conséquent honnête d'annuler A. Ici, on n'annule pas A, en se disant tout simplement que la non obtention de B était déjà un fait ancien. A, c'est l'expulsion; B, c'est la paix et la tranquillité qui devaient résulter de l'expulsion; donc, l'annulation de A, c'est le retour des Juifs sur leur terre. Or, non seulement rien n'est réparé, mais de surcroît on considère A comme un événement banal et insignifiant sans incidence aucune sur la réalité. Alors si l'expulsion n'a rien à voir avec le problème, pourquoi a-t-elle été perpétrée?

     Prenons un exemple. Si un terroriste promet de libérer des otages qu'il détient en échange d'une rançon, et qu'il les maintienne prisonniers après avoir été payé, se demandera-t-on si le payement de cette rançon a provoqué l'emprisonnement des  victimes, et auquel cas on pourrait effectivement répondre que le payement n'est pas la cause de la prise d'otages et rassurer les payeurs en leur affirmant qu'ils n'y sont pour rien? Allons donc! Bien sûr que non, on leur reprocherait d'avoir fait un geste inconsidéré, irréfléchi, voire complaisant envers les terroristes!

     Autre exemple: en supposant qu'un médecin prescrive à un patient qui lui fait confiance l'ablation d'un organe pour en sauver un autre considéré comme plus vital, et que son avis s'avère après l'opération  avoir été une aberration,  n'allons-nous pas abhorrer et avoir en horreur ce docteur, et plus encore s'il tente de se déresponsabiliser en se défendant que l'ablation du dit organe est indépendante de la détérioration de celui qu'on considérait comme plus vital?

     La logique de ces suppositions est évidente. Ce qui l'est moins, c'est lorsque les données sont brouillées et que des solutions toutes faites sont proposées pour résoudre des problèmes mal posés. Dans les médias, l'effet est d'autant plus accentué qu'on nous les pose sous forme de "flashs" prétendus spéciaux mais répétitifs suivis de préférence d'un générique tapageur destiné à neutraliser toute éventualité d'un réveil de notre esprit critique. Tout journal télévisé est nécessairement précédé d'un tapage plus bruyant qu'un roulement de tambour. C'est ainsi qu'on nous fait avaler des couleuvres de plus en plus imposantes sans que nous ne nous en rendions compte.

 

     Persuasion et dissuasion.

 

     L'instabilité à laquelle est en proie le pays d'Israël est la résultante d'une campagne de démagogie qui remonte sous sa forme actuelle au lendemain de la guerre des six jours. Si en Israël on sensibilise le public en lui parlant de concessions douloureuses qui, préférables à la guerre, ne remettent pas en cause la légitimité de son lien à sa terre, en revanche, en Europe on utilise un autre langage: les Israéliens doivent libérer des territoires qui ne leur appartiennent pas. D'où leur incompréhension lorsque les nations unies condamnent un État juif contraint de reconquérir des terres cédées à ses ennemis afin de parer aux attentats contre ses citoyens. "Vous n'avez pas échangé ces territoires contre la paix, vous les avez simplement rendus. Nous ne vous y reconnaissons aucun droit de domination", semblent-ils leur dire.

 

      Bien évidemment, il a fallu  mettre au point une dialectique pour convaincre les Israéliens de voter de leur plein gré pour un gouvernement à même de les affaiblir. L'adage des "territoires contre la paix" sévit de manière latente jusqu'aux accords d'Oslo. Des intellectuels circonstanciels viennent montrer sur les plateaux des émissions de télévision l'importance suprême de l'homme, Adam, au regard de la petitesse de la terre, Adama. Celui qui voudrait soutenir contre eux que, sans terre, la valeur de l'homme devient dérisoire n'a pas de place sur ces plateaux, et encore moins s'il souhaite rappeler la valeur insignifiante d'un Juif apatride en vigueur jusqu'à une époque encore récente. On essayera par contre de lui faire dire que, pour lui, la terre a davantage d'importance que la vie humaine. Des années durant, nous avons été gavés du principe des concessions territoriales salvatrices. Des grands rabbins ont même été engagés pour convaincre leurs fidèles que le maintien de notre pouvoir en terre sainte, aussi important soit-il, ne saurait supplanter la valeur de la vie humaine. Or, malgré les résultats malheureusement prévisibles alors –"ne leur donnez pas d'armes", préconisait une affiche- et tangibles aujourd'hui, la démagogie continue à sévir et à se servir des mêmes motifs.

 Concrétisation.

     C'est à la suite de la première guerre du Golfe que le mensonge latent se réveille peu à peu de sa torpeur. Un nouvel argument vient s'ajouter à l'arsenal des négateurs du droit d'Israël sur sa terre: à l'ère des missiles, la détention du terrain physique n'a guère d'importance. Là encore, le foyer du débat est décentré. Au lieu de débattre du lien indéfectible qui unit le peuple juif à sa terre, ou de la centralité de cette relation, on doit se concentrer sur les méthodes et les avantages qu'elle peut donner ou non dans le cadre d'une guerre. Au lieu de poser franchement la question aux journalistes et de leur demander pour qui ils travaillent, ce sont eux qui nous font dire qu'il faut du terrain même si les missiles sont de longue portée ou que l'expulsion des Juifs a provoqué le bombardement de la localité de Sedéroth. Ils nous imposent notre place dans le débat pour qu'ils puissent toujours en sortir vainqueurs. Ils se réservent le meilleur terrain et nous placent pour ainsi dire le dos à la fenêtre dans une contrée où on est précisément susceptible de se faire tirer dans le dos.

 

     La démagogie modifie et adapte son argumentation: "les territoires contre la paix" sont remplacés par une autre expression: "c'est avec ses ennemis qu'on fait la paix". Expression brillante ou mot d'auteur à priori, elle ne renferme pas moins qu'un défi au bon sens le plus élémentaire. Là encore, nous nous appuierons sur des parallèles: qu'adviendrait-il si de dangereux criminels organisés se verraient non seulement amnistiés mais de surcroît octroyer des armes et une zone de non droit? Ce serait bien sûr ridicule. Aucune personne censée ne voudrait tenter une expérience aussi démentielle.

      Supposons à présent qu'un candidat à un poste de caissier dans une banque soit un braqueur repenti, s'étant amendé et ayant purgé une peine de prison. Même dans le cas où il voudrait réellement devenir un honnête citoyen, aucun directeur ne serait prêt à l'engager ne serait-ce que pour une période d'essai. Quel que soit l'emploi proposé, le candidat doit présenter un C.V. élogieux et des références solides; son casier judiciaire doit être absolument vierge. Pareillement, le port d'armes est interdit ici à toute personne ayant été mêlée à une bagarre de rue. S'il en est ainsi au niveau individuel, il devrait en être de même à plus forte raison à un niveau collectif, régional ou national.

    

 Le salaire du crime.

 

     Or précisément, l'absurde décline le bon sens. Ici, le criminel par excellence, l'auteur et le commanditaire des attentats de Munich et de Maalot, -la liste n'est pas exhaustive- celui qui a transformé la Suisse du Moyen Orient en poudrière sept ans avant l'opération "paix en Galilée", est désigné pour transformer cent ans de guerre en paix durable. Moralité: le crime paie. Pour prendre part au partenariat de la paix, il faut avant tout faire ses preuves en tant que bon criminel. Selon cette dialectique, il aurait fallu parler avec les nazis pour arriver à la paix. Qui oserait prétendre qu'il faut exterminer ses ennemis pour atteindre la tranquillité?

     Le résultat ne s'est pas fait attendre. Lors du carnage du carrefour de Beit-Lid, près de la ville de Nataniya, dû à l'un des premiers attentats-suicides directement provoqués par la signature et la mise en application des prétendus accords de paix, il a été diffusé sur les ondes que les enquêteurs ne parvenaient pas à retrouver les restes de la voiture piégée. Il s'est par la suite avéré que le piège pouvait se passer de voiture. Or, si l'on a cherché des traces semblables à celles qu'ont laissées de par le passé les attentats-suicides du sud du Liban, agissements émanant du même ennemi changé en partenaire de la paix, c'est qu'on s'attendait visiblement à ce qu'il perpètre à nouveau le même type d'actes criminels une fois installé au cœur de notre terre. Là encore, un nouvel argument est édicté: pour parvenir à la paix, des accords signés ne suffisent pas, il fait passer par des sacrifices. Des sacrifices humains, juchés sur l'échafaud de la paix. 

 

  La suprématie du pouvoir médiatique sur le pouvoir démocratique.

 

     La dialectique de la paix impose ses axiomes: c'est pour elle notre reconquête du centre de la terre sainte qui a réveillé l'animosité bestiale de nos ennemis. L'ennemi peut et doit être changé en allié. Céder des terres implique la paix et la métamorphose de l'ennemi en ami pour ainsi dire de longue date. Celui qui admettra de jouer avec ces axiomes sera introduit dans le camp des partisans de la paix et de la vie. Par contre, ceux qui, admettront ces principes mais objecteront qu'ils ne sont pas réalisables ou applicables, et à plus forte raison ceux qui voudront les rejeter, se verront étiquetés et qualifiés respectivement de pessimistes et de dangereux extrémistes.

      En principe, le langage des médias est dérivé du pouvoir et lui sert d'outil pour asseoir sa légitimité. Un chef d'état et son gouvernement, avant d'opérer des changements au sein de leur pays, y prépareront  préalablement leurs citoyens; qu'il s'agisse de l'octroi ou de la restriction de certains budgets ou subventions, il faudra d'abord créer un besoin. Le pouvoir étant démocratiquement élu, l'utilisation des médias l'est en principe également.

      Ici, cas probablement unique dans l'histoire contemporaine, la radio et la télévision ne sont pas subordonnées au pouvoir; c'est bien au contraire le pouvoir qui leur est assujetti, d'autant plus que les radios libres sont interdites. Les médias mettront par conséquent sous pression le dirigeant ou le cas échéant les électeurs afin de parvenir à leurs fins.

 

     Considérons à présent les méthodes lancinantes propres aux médias: comme il a été cité plus haut, c'est à la suite de la guerre du Golfe que la propagande a atteint ses premiers résultats concrets. Le premier ministre s'est vu affubler toutes sortes d'étiquettes: intransigeant, borné, faucon, bref un obstacle à la paix. Allait-il œuvrer pour que son pays puisse enfin accéder au bonheur? En d'autres termes, allait-il s'associer à  de dangereux criminels qui allaient obtenir rétrospectivement la justification de leurs méfaits. Toute démarche en ce sens bénéficie du qualificatif de progrès dans le processus de paix, tandis que toute réticence est considérée comme une entrave.

     Le dirigeant cède et accepte le principe des pourparlers de Madrid, à condition toutefois que n'y soient pas admis de véritables criminels. Une première victoire est obtenue pour le camp de la démagogie. Bien que la condition exigée semble être respectée, les véritables terroristes seront dans les coulisses et aucun avis ne sera émis de la part des négociateurs sans effectuer un va et vient incessant de la table des négociations aux coulisses et vice et versa.

     Le dirigeant ayant cédé, il faut se rabattre sur les électeurs. Pour commencer, on suscite et on entretient une sorte d'euphorie à l'aide d'émissions mettant en présence un Juif et un Arabe habitant Jérusalem et fabulant sur l'avenir. Comprenant malgré tout qu'on s'est joué de lui, le premier ministre jure qu'il ne cédera jamais la moindre parcelle de la terre d'Israël à des étrangers, alors que tant de générations de Juifs ont prié et œuvré sans relâche pour s'y établir à nouveau.

     Le public est à point pour la seconde étape: élire un autre dirigeant prêt à faire siens les principes cités plus haut. Il lui suffira de déclarer qu'il aura le courage de négocier sans ambages ni ambiguïté, et cela directement avec les véritables dirigeants du camp adverse. Le résultat ne se fait pas attendre: il est élu. Le tour est joué, ouvrir la porte aux catastrophes devient un acte de courage.

     

  Explications rétrospectives.

 

     Les faits sont connus, la mauvaise foi, elle, pas toujours perçue. Et c'est là qu'elle intervient en venant à la rescousse de la démagogie: si un Juif est assassiné dans une serre par un Arabe la veille de la signature des accords d'Oslo, c'est justement dû au fait que les accords n'ont pas encore été signés, mais ce sera assurément la dernière victime; si l'attentat a lieu après la signature, c'est que l'assassin ne vient pas des territoires autonomes; s'il vient des territoires autonomes, c'est qu'il fait partie d'une faction opposée à la paix et que les dirigeants de l'autonomie ont du mal à contenir; s'il est ressortissant de la faction dirigeante, il s'agit d'une bavure désavouée par le dirigeant qui fait brandir au premier ministre israélien un petit morceau de papier sur lequel le chef de l'autonomie aurait exprimé par écrit sa condamnation du crime; et si l'armée de l'autonomie fait quatorze victimes parmi les rangs de Tsahal, la faute en incombe au gouvernement d'Israël qui s'est laissé aller à la provocation en faisant des travaux dans le tunnel du mur occidental. Nous sommes entraînés dans une ronde effrénée, rebondissant tel le récit de l'agneau de la Haggada, cet agneau, Israël, qui survit au milieu de soixante dix loups.

 

  Quand les arguments ne suffisent plus.

 

     Quand les paroles ne suffisent plus et que le peuple est las d'être dupe, qu'il n'y a plus, d'après les sondages, à l'automne 5756, que vingt pour cent de soutient au parti au pouvoir, et que les discours n'ont plus aucun effet, la démagogie n'aura de recours qu'à l'aide d'un événement dramatique: l'assassinat du premier ministre, énigme qui n'a pas été élucidée officiellement à ce jour. Alors que depuis les dernières concessions territoriales, comme promis, douloureuses, les passations de pouvoir ont été suspendues, la peau de chagrin rétrécit à nouveau et le parti au pouvoir peut alors atteindre,( toujours d'après les sondages), quatre- vingt pour cent de côte de popularité. Le pays, pendant un moment, deviendra le théâtre d'une chasse aux sorcières dont les sabbats sont devenus intolérables. Le juif traditionaliste, fidèle à sa thora et à sa terre sera considéré comme un incitateur au crime. L'assassin présumé du premier ministre (tué selon les informations de deux balles dans la colonne vertébrale alors qu'il a continué à marcher jusqu'à sa voiture) exprimera les idées de la droite ou de la tradition sans être interrompu: Hébron est le berceau du peuple juif à qui revient la Judée d'où il est originaire. Nul n'est besoin de contre argumenter puisque ce langage est celui du crime; entre temps les villes du nord de la Samarie et la ville natale du roi David sont livrées dans le silence aux organisations terroristes. Là non plus, le résultat ne se fait pas attendre et l'effet de l'assassinat n'est plus estimé à la veille des élections qu'à 54 ou 57 pour cent de soutien au parti au pouvoir. Le pouvoir médiatique se défend et les attaques verbales envers le candidat de l'opposition se multiplient. S'il n'est pas immanquablement accusé d'être l'assassin de son prédécesseur, il est toutefois considéré comme responsable. On pourrait même ajouter: responsable et coupable.

      La citation biblique: "tu as assassiné puis dépossédé" est rappelée à son égard sans relâche.

    Occasion manquée.

 

     C'est alors qu'on passe à côté d'une occasion sans précédent de balayer la suprématie du pouvoir médiatique sur le pouvoir démocratique: la campagne de désinformation échoue en même temps que son candidat, tandis que les principaux journalistes commencent à préparer leurs valises. Le nouvel élu, pas assez blindé probablement, ou en proie à l'euphorie de son pouvoir tout neuf, les prend en pitié et cherche à les flatter et à leur montrer qu'ils avaient tord de ne pas l'aimer et, pour leur montrer sa bonne foi, remet la ville de Hébron aux mains de l'organisation dont l'essence même est la purification ethnique  de la présence juive en Palestine.  Les journalistes se ressaisissent et  qualifient les électeurs du parti vainqueur d'extrémistes marginaux.

     De la même façon, les premiers ministres suivants, victimes de la pression médiatique directe ou par le biais d'un électorat préparé, fuiront le Liban et expulseront les Juifs de Gaza pour être bien vus des journalistes et d'un mouvement de mères de soldats surmédiatisé, prétendant avoir pour but que nos enfants n'aient plus à apprendre la guerre, et qui concrètement engendreront la deuxième guerre du Liban et assureront la mainmise des terroristes et leur contrôle sans entraves de la bande de Gaza.

    L'erreur de la droiture humaine.

     

  Les gens de bonne foi se sont dit:" à tout chose malheur est bon; quand les accords auront été signés, qu'on aura écouté nos ennemis au lieu de les combattre, alors seulement les médias, les tribunaux et les gouvernements de tous bords, ainsi que l'opinion, comprendront à quel point l'erreur aura engendré l'horreur, et alors ils feront tout pour réparer les dégâts. La motivation première de l'état d'Israël n'est-elle pas de pouvoir combattre ses ennemis jusqu'à l'anéantissement et d'assurer de la sorte que des persécutions semblables à celles de la seconde guerre mondiale ne soient plus jamais notre lot? Combien aurions-nous donné pour pouvoir faire la guerre aux nazis sans attendre une intervention des autres nations?"

     C'est compter sans la prodigieuse immunité de la démagogie associée à la mauvaise foi. Les fouilles et les files d'attente interminables devant les gares, les stations et autres lieus publiques ne les toucheront pas (quelqu'un se souvient-il aujourd'hui qu'à l'époque antérieure à la paix on pouvait directement entrer ou sortir des marchés et centres commerciaux?), ni l'expression moderne de la mort frappant  non plus dans des fourgons mais dans des bus crématoires.

     Quand le mensonge contenu dans ses arguments et ses axiomes sera connu de tous, la démagogie en inventera de nouveaux, car attention, un mensonge peut en cacher un autre. A moins qu'elle ne réemploie les mêmes, comme si rien ne s'était passé! Le président américain de service n'a-t-il pas exigé la reprise du "processus de paix"?

      Le nouveau cheval de bataille, quant à lui, consiste en la distinction entre bons et mauvais terroristes; mais déjà, à l'étranger, des voix se font entendre pour considérer les mauvais comme des bons: c'est logique, puisque c'est avec ses ennemis qu'il faut traiter. Ce qui signifie que même si on a réellement réussi à obtenir d'un ennemi qu'il se calme, il en viendra un autre pour le supplanter et être à son tour considéré comme partenaire de négociations, à condition au préalable qu'il prouve également qu'il fait un bon criminel. Et à l'instar des négociateurs "modérés" -ou rendus comme tels- choisis lors de la conférence de Madrid qui ont bien vite fait de céder leur place à des négociateurs plus adaptés et conformes, les criminels considérés comme usés ou plus assez virulents dans cette inquisition du terrorisme médiatique cèdent leur place à d'autres, et ainsi de suite. C'est le serpent qui se mord la queue et on n'a pas fini d'avaler des couleuvres.

     C'est par conséquent à nous qu'il revient d'amoindrir l'impact médiatique de ce pouvoir absolu qui est au service de la démagogie et de la mauvaise foi. L'enjeu en vaut certainement la chandelle, et il faut diminuer leur importance.

   

     Certains soutiennent que mon propos ne tient pas compte de la réalité, que l'Amérique, qui semble imposer son ordre du monde, pourrait paralyser notre économie en décrétant, par exemple, que nous n'ayons plus d'essence pendant une période déterminée selon leur bon plaisir, histoire de nous donner une bonne leçon, et que, par conséquent, la bonne ou mauvaise volonté de nos dirigeants n'y change rien. Eh bien, à moins que nous ayons tous été victimes d'une machination, l'initiative des accords d'Oslo ainsi que celle du "désengagement" sont le fait de l'initiative, officiellement du moins, de deux premiers ministres israéliens.

     D'autre part, en termes d'intérêts et de politique internationale, Israël reste le seul allié des E-U. Le Liban pacifique ainsi que l'Iran du Shah ont rejoint aujourd'hui les annales de l'histoire. De plus, Israël a permis aux Américains de combler un retard considérable sur l'armement soviétique et à la suite de la guerre des six jours, et chaque fois qu'un "déserteur" syrien ou autre venait trouver refuge en Israël, quelle coïncidence, avec un matériel, avion notamment, des plus sophistiqués. Il serait temps de cesser d'accomplir ce travail comme des esclaves mais d'y imposer un prix, et surtout de cesser de saborder notre pays. La seule différence existant entre l'exil et la délivrance, nous disent nos sages, c'est la soumission aux autres nations. Nous sommes rassemblés sur notre terre selon un programme divin scellé d'avance, qui doit aboutir, d'après une tradition qui a survécu et qui survivra à toutes les autres, au rétablissement du trône de David et à la reconstruction du Temple que nous attendons et pour laquelle nous œuvrons depuis 1939 ans.

      Toute tentative de remplacement du programme divin par un autre ne peut qu'apporter chaos et instabilité dans la région: si D. a promis de rassembler les exilés du peuple juif et de lui donné la terre qu'Il a promise aux patriarches, ce n'est pas pour qu'on la lui confisque vers la fin des temps de l'exil, quand le rassemblement de la diaspora s'accélère, pour la donner à un tiers dont la nationalité a été créée de toutes pièces pour les besoins de la cause. Toute tentative d'imposture est irrémédiablement vouée à l'échec à plus ou moins brève échéance. Il n'y a pas et il ne peut pas y avoir de "nouveau Moyen-Orient", car l'ancien n'a pas dit son dernier mot, de la même façon qu'il ne peut pas y avoir de nouveau testament (comme nous l'avons vu dans un précédent article). La démagogie et son associée, la mauvaise foi, ne perdent rien pour attendre.     

 

     Concluons cet exposé par une discussion anecdotique entre un habitant de Bet-El et un Parisien du dix-neuvième arrondissement:

   "Est-ce que tu peux me parler du processus de paix d'un point de vue objectif, sans m'obliger à écouter tes idées que je connais déjà?  

   -C'est bien simple; avant qu'il ne soit question de paix, on pouvait, en rentrant à Beit-El depuis Jérusalem, s'arrêter à Ramallah pour y faire des courses ou y prendre un café. Quand les pourparlers ont commencé, il valait mieux ne plus s'arrêter. Quand il y a eu de véritables progrès dans le processus de paix, pour ne reprendre que des expressions objectives pour toi, il a fallu remplacer toutes les vitres des voitures par des vitres en plexiglas. Maintenant, quand les accords de paix ont été signés, on a commencé à ne plus pouvoir du tout passer par Ramallah. Depuis, il faut la contourner et, si possible, se déplacer dans des véhicules par- balles.

   -Mais alors, ce n'est pas la paix!

   -Je ne te le fais pas dire. Mais depuis, l'armée, la nôtre, a repris en partie le contrôle de la situation et on peut, en principe, avec l'aide de D., passer sans véhicule blindé."   

   Yéochoua Sultan, rédacteur et traducteur.   

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 13:05

 

L'initiative de paix par Mordéchaï KEDAR

Adapté de l'hébreu par Danilette

 

Précédent texte de Mordékhai Kédar

Sur le blog de Mordechai Kedar Si l'aspiration du monde est d'apporter au Moyen-Orient la stabilité et la paix, le seul choix est de laisser les états actuels, dont les frontières ont été établies par le colonialisme, s'effondrer et se diviser en petits états à la population homogène, sur la […]

 

Une initiative humiliante et sans substance
Al Zulfa a fait valoir avec insistance qu'Israël devrait accepter le plan mot par mot sans en retirer une seule lettre et c'est seulement après la mise en pratique du plan que les Arabes pourraient accepter de parler à Israël. Les Arabes ne négocieraient pas avec Israël sur quoi que ce soit avant la fin de la mise en place de ce plan. Al Zulfa a déclaré qu'il s'agissait d'une condition non négociable.

L'initiative de paix arabe (API) comprend à la fois des aspects positifs et des aspects négatifs sur lequel j'ai beaucoup de choses à dire. Mais je préfère décrire une expérience que j'ai eue et qui reflète je crois, l'objectif réel de l'API .

Il y a quelques années, j'ai participé à un débat sur l'API de la chaîne Al-Hurra, une chaîne satellitaire en arabe dirigé par le département d'État américain. Y participait également depuis Riyad en Arabie Saoudite, le Dr. Mohamed Al Zulfa, conseiller diplomatique du roi Abdallah. Je crois, non sans raison, qu'il a été à l'origine de l'initiative de paix arabe qui est connue du public comme l'initiative saoudienne présentée au sommet de la ligue Arabe en mars 2002 à Beyrouth.

Dans la discussion, j'ai dit que cette initiative avait des aspects positifs comme la reconnaissance d'Israël et un traité de paix global entre nous et les Arabes et que la ligue Arabe devrait engager des négociations avec Israël concernant les détails. Al Zulfa a fait valoir avec insistance qu'Israël devrait accepter le plan mot par mot sans en retirer une seule lettre et c'est seulement après la mise en pratique du plan que les Arabes pourraient accepter de parler à Israël. Les Arabes ne négocieraient pas avec Israël sur quoi que ce soit avant la fin de la mise en place de ce plan. Al Zulfa a déclaré qu'il s'agissait d'une condition non négociable.

J'ai alors dit ce que je pensais de cette approche en posant une question simple : est-ce que l'Arabie Saoudite accepterait et mettrait en pratique une proposition quelle qu'elle soit sur des sujets fondamentaux sans avoir participé à la rédaction et déterminé les conditions ? Est-ce qu'un autre État arabe accepterait d'obéir à des conditions dictées par une entité étrangère ? Comment peut-il être concevable qu'Israël accepte un document concernant sa sécurité nationale qui soit rédigée par un sommet arabe sans avoir le droit de changer le moindre mot ?

Ce projet, tel qu'il est présenté par un acteur très important de la politique étrangère saoudienne, révèle un sentiment de supériorité et de mépris et diffuse l'intention claire de mettre Israël à genoux, de lui dénier le droit à la sécurité et de le faire retourner aux frontières de 1948 absolument indéfendable (les frontières d'Auschwitz, selon Abba Eban). Le désir arabe de prendre le contrôle de la vieille ville de Jérusalem, capitale du peuple juif pendant 3000 ans, reflète clairement le refus musulman de reconnaître la légitimité de la religion juive (et de la religion chrétienne) et son refus de coexistence.

À mon sens, l'intention cachée de l'API telle que présentée dans cette discussion par son initiateur, est de créer une situation irréversible qui verrait tout d'abord Israël renoncer à ses atouts territoriaux puis l'ensemble des arabes ou une partie d'entre eux trouver des excuses pour ne pas mettre en application la partie de l'accord les concernant. Ils pourraient mettre en avant le non-retour de zones démilitarisées séparant Israël et la Syrie avant 1967 ou la terre au nord de Gaza sur laquelle se trouve le moshav Nativ HaAsara ou bien quelques aspects du problème des réfugiés qu'il est impossible de résoudre selon les exigences palestiniennes.

Al Zulfa sait bien que la ligue Arabe n'a pas la capacité d'imposer quoi que ce soit à ses membres car même les décisions  prises à l'unanimité du sommet par tous les pays arabes réunis ne peuvent être appliqués que si les gouvernements de chaque pays ont intérêt à les faire respecter. Par conséquent la décision de faire la paix avec Israël même si elle est prise à l'unanimité n'en garantit pas son application par les pays arabes.

En ce moment de plus en plus de voix se font entendre en Égypte appelant à l'annulation du traité de paix et Israël n'a aucune garantie à long terme que cette paix, même froide et partielle, survivra à la révolution. Le sort de la Jordanie est aussi incertain en raison de la vague de protestations qui souffle sur le monde arabe.

Israël aurait une attitude vraiment suicidaire s'il entrait aujourd'hui dans un processus qui permette l'établissement d'un autre État palestinien en Judée et Samarie après la mise en place d'un État terroriste à Gaza tourmentant Israël avec ses roquettes et ses missiles fabriqués sur place ou arrivés en contrebande d'Iran. Il n'y a aucun pays au monde qui puisse garantir que l'engagement de la ligue Arabe à reconnaître Israël sera honoré par un nouvel État palestinien, en particulier si le Hamas prend à nouveau le pouvoir par des élections comme en janvier 2006 ou par un coup d'état militaire comme en juin 2007. Est-ce que les armées d'Arabie Saoudite, du Yémen et de Libye interviendront sur le territoire d'un État palestinien pour disperser les brigades Izzedine al-Qassam ou confisquer les missiles et les mortiers du Jihad islamique ?

Si la Ligue arabe, conduite par son sommet, veut convaincre Israël d'accepter l'API, elle doit traiter Israël comme un partenaire de négociations et s'engager dans des discussions sérieuses sur les conditions de la paix. Une fois parvenue à un accord sur les grandes lignes et les phases du processus de paix, il sera alors possible de discuter de la substance de la paix. Mais le discours de Mohammad Al Zulfa, adressé à la nation arabe, vise un résultat différent : les Saoudiens et le Sommet arabe n'ont pas renoncé à leur intention de vaincre Israël, cette fois sans combattre au moyen de fausses promesses sans engagement concret.

Compte tenu de l'état déplorable du monde arabe d'aujourd'hui, avec les principaux Etats arabes confrontés à des défis sans précédent, Israël et le monde doivent attendre patiemment jusqu'à ce que la fumée se dissipe. Ce n'est qu'alors, et pas avant, qu'il sera possible de discuter de négociations dans lesquelles Israël pourrait renoncer à des positions stratégiques. 

Mordechai Kedar est chargé de cours au département d'arabe et chercheur associé au Centre Begin-Sadate d'Etudes Stratégiques, Université Bar-Ilan.

Adapté de l'hébreu par Danilette


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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 15:31

 

http://www.juif.org

 

Le Hamas tire sur des civils pendant que Tsahal exclu 3 000 sites sensibles

Il y a 6 heures - Juif.org
Le Hamas tire sur des civils pendant que Tsahal exclu 3 000 sites sensibles - © Juif.org
L’armée a mis à jour ses cartes de la bande de Gaza depuis l’opération Plomb Durci, avec une augmentation massive et sans précèdent du nombre d’installations et de bâtiments sensibles marqués comme « hors limite » pour les attaques de Tsahal.
 
Au cours de l’opération Plomb Durci en janvier 2009, les cartes utilisées par les commandants opérant à Gaza mettaient en évidence quelques 1 800 bâtiments et infrastructures diverses qui ne devaient pas êtres attaqués, et à côté desquels les troupes devaient opérer avec une attention particulière.
 
La liste comprenait les hôpitaux, les installations des Nations Unies, les écoles, les réseaux électriques, les moulins à farine, les centres de stockages d’aliments, des maisons et des immeubles de bureaux, en fait, tout ce que ciblent les terroristes palestiniens en Israël.
 
Des officiers supérieurs de Tsahal ont confié que les nouvelles cartes en cours d’élaboration par la division de Gaza avant une éventuelle opération dans Gaza comprenaient désormais plus de 3 000 sites qui sont hors limite pour des attaques.
 
La liste est composé par l’administration de coordination et de liaison pour Gaza, qui reçoit la location et l’identification de chaque site, la plupart d’organisations non gouvernementales et de l’autorité palestinienne. Chaque site est ensuite examiné par les renseignements militaires et d’autres agences de sécurité.
 
« Cela fait partie de nos préparations pour un futur conflit à Gaza, » a déclaré un officier supérieur la semaine dernière. « Nous espérons que cela nous aidera à minimiser les pertes civiles et les dommages aux infrastructures civiles. »
 
Avec l’escalade des violences le long de la frontière de Gaza, la possibilité d’une offensive terrestre dans la bande semble plus probable alors que 150 roquettes et obus de mortier se sont abattus sur le Néguev occidental au cours du week-end.
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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 09:16

 

 

Merci Gad

 

       David Cameron British Prime Minister David Cameron (L) greets the Emir of Qatar, Sheikh Hamad bin Khalifa al Thani at 10 Downing Street on October 26, 2010 in London, England. The Sheikh is on a two day State visit to the UK, the first since his last in 1985, which is seen as important in strengthening already strongly established business links with one of the Gulf States most financially powerful nations.

« L’hirondelle » David Cameron : Les dirigeants arabes manipulent les Palestiniens comme un moyen de diversion

 

 

Nous voudrions rendre un très bref hommage à l’honnêteté et à la lucidité du Premier Ministre britannique, David Cameron. Son Ministre des Affaires étrangères, William Hague, a été plus prompt à condamner les massacres en Libye que les autres diplomaties, américaine surtout, française ensuite.

 

Surtout, Le Premier British s’est permis de déclarer l’inimaginable, il y a encore quelques semaines, et pas n’importe où, puisqu’il a fait cette déclaration au Qatar, pays interlope, qui joue de ses bonnes relations bancaires (notamment à la City :  Royal Bank of ScotlandLloyds Banking Group - côtée au NYSE: LYG, pour les dernières prises de parts de son Fonds Souverain) et gazières avec tous les acteurs régionaux : Iran, Arabie Saoudite, Occidentaux (base américaine sur son sol) et même Israël…


 

 

En effet, David Cameron a déclaré, mercredi que « certains dirigeants moyen-orientaux utilisent le conflit israélo-palestinien comme un moyen de diversion pour détourner l’attention de leurs régimes oppressifs. Dans trop de pays du Moyen-Orient, certains dirigeants disent à leur peuple : «  Soyez en colère à ce sujet –« La Palestine »- mais, surtout, ne vous mettez pas en colère contre le fait que vous viviez dans une société privée d’ouverture [et de perspectives] ».


 

 

Faire cette déclaration dans la cité-état-siège de la chaîne Al-Jazeera, qui souffle le chaud et le froid dans l’opinion des masses arabo-musulmanes, il faut un certain courage et une certaine élégance. D'autant, lorsque d'autres diplomaties sont devenues des agences du commerce extérieur VRP, s'interdisant toute prise de position sur les "droits de l'homme" qui pourrait entraver la bonne marche des affaires", pour une poignée de Rafales ou de centrales nucléaires civiles qu'on ne parvient, au final, même pas à fourguer.

 

D’autre part, tous les historiens s’accordent sur le rôle instigateur de la Grande-Bretagne dans les origines du conflit, que ce soit à l’égard d’Israël, en promettant tout et son contraire, un foyer national juif et un "livre blanc", des Saoudiens à ménager pour leur pétrole, mêmes double et parfois triple-discours en Iran, en Syrie, etc.

 

Une hirondelle n’annonce pas le printemps des diplomaties, mais dans le marasme général, dans lequel s’enfoncent certains, lors de dîners du CRIF, où l'on se plaît à marteler les mêmes doctrines ineptes devant un parterre béat, on ne peut que saluer l’anticonformisme britannique, en la circonstance.

 

Loin de nous l’idée que comme les repentances tardives à l’endroit du « multiculturalisme », peu à peu, l’idée ferait son chemin et serait dupliquée en cascade par d’autres décideurs-clés. Néanmoins, on aspire trop à un changement de narratif dans la région pour ne pas reconnaître une « bonne parole », lorsqu’elle advient.

 

Gad

Pour © 2011 lessakele  

 


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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 18:23

La Paix après Moubarak

 

Par José Maria Aznar, ancien 1er ministre d’Espagne, président de Friends of Israel Initiative Wall Street Journal. Traduit par Albert Soued, pourwww.nuitdorient.com

jeudi 17 février 2011

 

 

"Ceux parmi nous qui croient aux sociétés ouvertes, à la démocratie et à la liberté ont l’obligation d’aider à ce que les bouleversements qui se déroulent au Moyen Orient ne tournent pas l’aigre".

Le choix entre la liberté et un dictateur autocratique se fait de lui-même, la liberté finit par l’emporter. C’est pourquoi nous n’avons pas besoin de verser de larmes pour la chute du chef égyptien Hosni Moubarak.

Cependant il serait erroné de penser que son départ apportera automatiquement la démocratie à l’Egypte, car une vraie démocratie ne se limite pas à des élections libres. Elle implique un réseau d’institutions publiques indépendantes et libres de toute ingérence gouvernementale, allant du judiciaire aux médias et profondément ancrées dans une culture de tolérance.

. La liberté dans le monde arabe n’est pas un rêve impossible, pourtant nombreux sont ceux qui souhaiteraient un statu quo, à commencer par les islamistes. Si nous voulons vraiment aider l’Egypte à vivre l’aube d’un régime de liberté d’expression et de tolérance religieuse, il est important pour nous de ne pas faire l’erreur d’accepter au nom de la "tolérance", la présence d’une composante intolérante dans les nouvelles institutions publiques. Et pour éviter que l’Egypte ne devienne un second Liban, les Frères Musulmans ne devraient pas approcher du pouvoir.

Pour commencer, la communauté internationale devrait demander à la nouvelle Egypte de réaffirmer son engagement de respecter ses obligations internationales, notamment le traité de paix avec Israël. Se conformer à ce traité évitera des dépenses militaires coûteuses et le risque d’une nouvelle confrontation dans la région.

En 1974, les dépenses pour la défense d’Israël représentaient 30% du Pnb, aujourd’hui ce pourcentage n’atteint pas les 8%, du fait d’une paix de 30 ans obtenue par les accords de Camp David en 1979. Pendant toutes ces années, aucun des 2 pays n’a eu à se préoccuper de problèmes de frontières.

La meilleure façon pour l’Egypte de se concentrer sur une plus grande prospérité, c’est de se conformer aux termes du traité de paix signé avec Israël.

La meilleure façon pour la Communauté Internationale de garantir la stabilité de la région, c’est de faire en sorte que l’Egypte comprenne juste cela.

En fin de compte, l’Egypte ne pourra jamais devenir une démocratie véritable et paisible si elle ne met pas un terme à la pratique de l’enseignement de la haine du peuple juif et de blâmer Israël pour ses propres erreurs. Comme il n’y a jamais eu à Sharm el Sheikh de requins entrainés par le Mossad, de même Israël n’a jamais été "une puissance impérialiste" cherchant la domination…

La démocratie n’est pas compatible avec la recherche continue d’un ennemi extérieur, qu’on blâme en toute occasion, pour faire diversion des vrais problèmes. Une Egypte démocratique n’est pas compatible avec une culture de la haine qui encourage la violence contre Israël et le peuple juif. La démocratie requiert un changement d’attitude à l’intérieur comme à l’extérieur, et, par conséquent une mentalité différente et une nouvelle approche de l’éducation.

Hosni Moubarak est tombé, mais cela ne signifie pas que l’Egypte aussi doive tomber nécessairement. Si nous voulons vraiment aider l’Egypte, la meilleure chose à faire est de lui montrer un chemin clair vers la démocratie, en lui montrant les ornières. La première étape est de montrer du respect à la seule démocratie stable de la région, Israël.

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 18:18

 

Terre juive, terre arabe :


la question de la propriété foncière

 

comme désinformation et propagande. (1/3)

 

Par Sacha Bergheim

Pour © 2011 contrecourant1© 2011 aschkel.info

 

 

Parmi l'ensemble des stéréotypes autour du conflit arabo-israélien, l'idée selon laquelle les sionistes auraient "volé" les terres possédées par les "Palestiniens" et auraient ainsi procédé à un "nettoyage ethnique" trouve dans la cartographie un des exemples les plus révélateurs de la guerre idéologique menée contre la présence juive en terre d'Israel.

 

JewishOwnedLandInPalestineAsOf1947.gif

 

Cette vision repose sur un paradoxe symptomatique :

  • - à la fois, on nous annonce que, suite aux achats de terres, les sionistes auraient procédé à des dépossessions massives expulsant les paysans palestiniens, ce qui donne l'impression d'une ampleur désastreuse due à l'impérialisme des propriétaires terriens juifs;

  • - à la fois, on apprend que les "statistiques" révèlere que les Juifs n'auraient eu de titres de propriété que sur 8% environ des terres de la Palestine mandataire en 1948. Autrement dit, plus de 90% des terres n'auraient pas été affectées par les acquisitions de terre.

 

Cette dialectique aboutit à deux conclusions:

  • - l'ONU aurait attribué des terres "arabes" au futur Etat juif (55% de la Palestine mandataire)

  • - l'Etat d'Israel aurait mené une expulsion systématique des populations arabes en vue de rendre irreversible la partition.

et permet de défendre deux des principales thèses de l'historiographie arabe:

  • - l'autochtonie du peuplement arabe à l'opposé de l'allochtonie des populations juives venues essentiellement d'Europe (ce qui fait l'impasse sur l'arrivée des Juifs orientaux, expulsés des pays arabes)

  • - l'illégitimité de la création d'un Etat juif autonome, et, à l'opposé, la revendication en faveur du "droit de retour" des réfugiés puisque l'essentiel d'Israel serait constitué de terres "volées".

 

D'une question cadastrale, nous passons à une revendication politique et une exclusion morale.

 

Or, que disent les archives à ce sujet ?

 

On remarquera tout d'abord que cette présentation biaisée de l'histoire, et notamment du Plan de partage de 1947, omet un élément fondamental: sur les 55% attribués à l'Etat juif, environ 40% sont constitués de terres désertiques du Negev, ce qui implique qu'en réalité, l'Etat juif disposerait de moins d'un tiers de terres non désertiques, donnant une toute autre perspective à l'attribution d'un territoire pour les populations arabes.

 

Une guerre de statistiques ?

 

Les chiffres et cartes des « pro-palestiniens » tendent à faire passer l'idée qu'il y aurait deux types hermétiques de propriété foncière, l'une juive, l'autre arabe.

De là proviennent les chiffres déterminant une part entre 6 et 10 % de propriété foncière juive selon les études. À l'inverse, plus entre 90 et 94% des terres seraient arabes. Or, cette catégorie regroupe terres publiques et privées, terres incultes et cultivées, tandis qu'on peut considérer que les terres acquises par les sionistes sont dans la grande majorité des cas cultivables.

 

Compte tenu de ces restrictions méthodologiques, l'Institut d'études palestiniennes (cité par exemple par wikipedia) annonce une part de 48% serait aux mains des « Arabes »la propriété dite juive couvrant 5,7%.


En ce qui concerne ces 48%, de qui s'agit-il au juste ? De propriétaires habitants en Palestine mandataire ou à Beirut ou au Caire ?

De plus, quelle est la proportion des grands propriétaires, parmi lesquels se recrutent le plus souvent les élites dirigeantes... et qui furent les premiers à vendre à des prix exorbitants des terres aux organisations juives?

 

Cette proprotion couvre-t-elle les villes, villages, routes?

 

Et qu'en est-il des biens religieux des institutions musulmans ou chrétiennes ?

 

Le district de Beersheba est alors censé occuper 46,3% des terres.

Le rapport de Sir John Hope-Simpson, qui s'était appuyé sur le relevé de Maurice Bennett, et qui est connu pour son opposition au sionisme, précisait au milieu des années 1930 que le district de Beersheba comptabilisait environ 1 160 000 dunams métriques, soit environ 116 000 ha de terres enregistrées comme propriété d'Etat, soit moins de 0,54% de la terre du district. En d'autres termes, moins de 1% du district ne relevait donc ni d'une propriété « juive », ni d'une propriété « arabe », alors que ce district était en grande partie occupée par le désert...

 

Cette quantification partiale et méthodologiquement contestable exprime en réalité le point de vue traditionnel arabe selon lequel la terre serait définitivement et en totalité « arabe » depuis la conquête et l'inclusion dans le dar al islam.

 

Qui plus est, l'Institut d'études palestiniennes omet sciemment l'interdiction faite jusqu'en 1873 aux Juifs d'accéder à la propriété foncière: le rapport à la terre n'est donc pas prioritairement un rapport d'ancienneté, vu que la présence juive, à l'image des discriminations subies en Europe, était principalement urbaine compte tenu de ces interdits.

 

L'enjeu réside moins dans la justification d'un point de vue primant sur l'autre que dans la compréhension la plus précise possible de la question agraire sur le territoire de la Palestine mandataire depuis le dernier quart du 19e siècle, et dans la possibilité d'établir un tableau aussi réaliste que possible.

 

Les routes construites par les Juifs dans la plaine du Sharon et utilisée par les paysans arabes relèvent-elles d'une « propriété juive »?


De même en l'absence de cadastre établissant des finages précis (l'étendue de chaque vilage) et l'utilisation des sols, comment parler d'une propriété arabe sur des terres en friche sans propriétaire non enregistré?

 

 

 

Aperçu de la question agraire par les photos d'archive 

 

La réalité de terrain pose la question foncière en point de vue juridique (du côté juif, la légalité de l'acquisition est censée être la condition d'une existence qui n'est plus précaire et temporaire) car la présence agricole juive ne procède concrètement d'aucun nettoyage ethnique.



le kibbutz hanita en galilee

Vue sur les environs du kibbutz Hanita en Galillée - 1946

 

A-KIBBUTZ-MEMBER-WATERING-YOUNG-VINES-ON-THE-HILLSIDE-BELOW.jpg

Plantation et arrosage d'un plan de vigne dans le Gush Etsion et vue sur les collines environnantes - 1947

 

AERIAL-VIEW-OF-KIBBUTZ-MAALE-HAHAMISHA.-sept-1945.jpg

Vue aérienne du kibbutz Maale Hahamishe - 1946

 

k-Biria-paysages-environnants-30-07-1945-kluger.jpg

Paysages environnant le kibbuts Biria  - 1945

 

VIEW-OF-TEL-HAI-OVERLOOKING-THE-UPPER-HULA-VALLEY.-1946.jpg

Vue sur Tel Hai en contrebas, et vers la vallée de Houla - 1946

 

The-Jordan-Valley-north-of-Lake-Galilee.-Lake-Huleh-from-Ha.jpg

Vallée du Jourdain depuis Hazor - 1930

 

tsur-moshe-fondation-du-village-14-09-1937.jpg

Tsur Moshe en 1937

 

Revivim-champs-autour-du-k-30-09-1943-kluger.jpg

Revivim dans le Negev, vue sur les champs nouvellement défrichés et irrigués par les pionniers - 1943

 

kfar-Etsion-plantation-de-vergers-30-04-1947.jpg

Verger planté par les villageois juifs près de Kfar Etsion 1947

 

Commencing-a-Jewish-settlement--a-camp.-gathering-stones-in.jpg

Les débuts de défrichement autour du Gush Etsion - 1946

 

 

A suivre ...


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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 09:10

Le bazar diplomatique 


24/01/2011 

 
  Freddy Eytan  |  Général

 

http://www.jcpa-lecape.org/ViewBlog.aspx?ArticleId=121 

Depuis quelques mois nous assistons à une véritable vente diplomatique aux enchères. Des documents confidentiels et secrets sont diffusés sans aucune responsabilité et sans aucun contrôle. Dans ce bazar oriental, on achète, on vend, on solde et on brade au grand jour des quantités de documents transmis par les courriels et par Internet. Les valeurs nobles de la déontologie et de l'éthique, la confiance réciproque entre les hommes politiques et les diplomates, sont désormais bafouées pour de la publicité, pour la gloire d'un scoop et pour une bonne poignée de dollars.

 

Après l'avalanche des câbles de Wikileaks, c'est aujourd'hui la chaine de télévision El-Jazzera qui inonde la presse. Des centaines de documents secrets concernant les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens sont divulguées sans scrupule.



La chaine qatarie créée en 1996 s'est transformée au fil des années en une riche tribune de propagande anti-américaine et israélienne. C'est le seul média de la planète qui obtient régulièrement des enregistrements de Ben Laden et des chefs d'Al-Qaïda au moment où des attentats meurtriers sont perpétrés chaque jour par cette organisation terroriste. Cette chaîne est diffusée à plus de quarante millions de téléspectateurs. Ses émissions, reportages et débats sont tronqués et manipulés par des journalistes syriens ou palestiniens. L'émir du Qatar joue un double jeu cynique. Il se présente comme un modéré et proche de l'occident, permet aux Américains une base militaire et offre une quarantaine de milliards de dollars pour accueillir les jeux de la coupe du monde.

 

En réalité, l'émir du Qatar qui est reçu en France et ailleurs en grande pompe, soutient par le biais de sa chaîne de télévision, les activités de la confrérie des Frères musulmans, le Hamas et les agissements de l'Iran. 



Certes, les débats médiatiques diffusés par cette station sont toujours appréciés dans un monde musulman antidémocratique où la presse est enchaînée et muselée, mais le but d'Al-Jazzera est clair et transparent. La chaîne qatarie souhaite semer la discorde au sein des masses arabes, provoquer des disputes et mettre dans l'embarras les dirigeants du Moyen-Orient. Ces dernières révélations font partie de cette stratégie et ont pour but de discréditer Mahmoud Abbas et renverser le régime de l'Autorité palestinienne au profit du Hamas. 

Nous suivons depuis presque deux décennies le processus de paix et nous sommes à chaque fois frappés par le double langage et la supercherie orchestrés par les Palestiniens eux-mêmes. La contradiction est flagrante entre les propos tenus dans le cadre de discussions privées et directes et ceux prononcés en public et dans leurs propres médias. Le mensonge est troublant. 



Des commentateurs politiques israéliens ont eu tort de se précipiter à critiquer le gouvernement Netanyahou en le présentant comme saboteur de la paix tandis que les dirigeants palestiniens sont présentés sous un angle positif comme des gens pragmatiques et de bonne volonté. Sommes-nous vraiment sûrs et confiants que les Palestiniens sont sincères et souhaitent tourner définitivement la page? Sont-ils capables d'appliquer à la lettre les accords signés? Les lacunes des accords d'Oslo ont-elles été déjà oubliées? Les divergences profondes avec le Hamas ont-elles vraiment disparu? Les nouvelles propositions ne sont-elles pas un écran de fumée? Des formules rabâchées et toujours la même rengaine?! N'ont-ils pas toujours raté les rendez-vous de l'Histoire? 



Enfin, il est regrettable qu'une chaîne arabe et hostile nous donne des précisions sur les négociations de paix sans pour autant savoir sur l'authenticité et la crédibilité des documents divulgués. Il est bien temps de rejeter la propagande arabe par des arguments solides et valables. Les dirigeants du pays devraient sortir de leur mutisme pour nous dire toute la vérité sur ces négociations, sur le statut de Jérusalem, sur le tracé des frontières et sur le sort des réfugiés. C'est l'avenir de notre Etat et de nos enfants qui est mis en jeu tandis que les Palestiniens se préparent à proclamer leur nouvel Etat sans prendre aucun risque.
 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 06:23

 

 

Carte - Quel est le seul pays libre du Proche-Orient et Moyen-Orient ? Freedom house

 

Le 13 Janvier 2010, Freedom House a publié les résultats (droits civils et politiques scores libertés) dans une étude - la liberté dans le monde en 2011 . L'étude complète, y compris les rapports de chaque pays, sera disponible en printemps 2011.

Mais voici une petite carte d'ores et déjà

 

 

Violet - pas libre - Jaune - Partis d'opposition autorisés- Vert Libre

 

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 06:57

 

Conflit Israélo-arabe - Le mythe de l'opprimé et l'imposture de l'équivalence morale - Jacques Brassard

 

Les voeux de Jacques Brassard, notre ami du Quebec

 

J’en profite donc pour exprimer mon ferme soutien à l’État d’Israël et ma profonde amitié au peuple Juif. 

Israël est un bastion avancé de l’Occident en terre ennemie. 

Son combat est le nôtre. Il devrait l’être en tout cas. Car pour nous, judéo-chrétiens d’Occident, les Juifs sont, pour reprendre l’expression admirable de Jean-Paul II, nos «frères ainés bien-aimés».

Jacques Brassard

 

En réponse à certains commentaires, vous trouverez ci-dessous deux chroniques que j'avais écrites lorsque j'étais chroniqueur au Quotidien. Elles traitent d'un mythe, largement partagé par plusieurs commentateurs, celui du Palestinien en tant qu'Opprimé par excellence et  d'une imposture, celle qui impose comme grille de lecture du conflit israélo-palestinien l'équivalence morale.
 

LE MYTHE DE L'OPPRIMÉ L’IMPOSTURE DE L’ÉQUIVALENCE MORALE

À chaque fois que j’écris sur le conflit israélo-palestinien, je reçois toujours des courriels dont les auteurs m’enguirlandent furieusement, me reprochant d’oublier que les-Palestiniens-sont-un-peuple-opprimé, victime de la domination malveillante et perverse de l’État Hébreu. Cette ritournelle est bien connue. Elle est au cœur de la Machine de propagande palestinienne et elle est reprise en chœur par une large partie de la classe politique occidentale et du monde médiatique. L’affaire est donc entendue : si les Palestiniens sont pauvres et sous-développés, s’ils sont devenus les nouveaux Damnés de la Terre ( à la place du Prolétaire et du Colonisé ) englués dans l’assistanat international ( ils viennent de recevoir encore des milliards des pays occidentaux culpabilisés ), le responsable, le coupable est tout désigné, c’est le Juif. 



D’ailleurs, le Juif-coupable-de-tous-les-malheurs-du-Monde, ce n’est pas une invention récente. Ça fait 2000 ans que les Juifs subissent pogroms, persécutions, brimades de toutes natures, expulsions collectives, meurtres de masse, finalement Holocauste, parce qu’ils sont désignés comme responsables des calamités et des fléaux qui se sont abattus sur tous les peuples de la Terre. Rendez-vous compte, il y a encore beaucoup de gens ( surtout les Musulmans ) qui sont convaincus que le Protocole des Sages de Sion --un faux fabriqué par la police secrète du Tsar au XIXe siècle, qui devait mettre en branle un vaste complot des Juifs pour dominer le Monde-- est un document authentique. Il y a également beaucoup de gens qui sont persuadés que le 11-septembre est le résultat d’une terrible conspiration judéo-américaine dans le but de justifier la guerre contre l’Islam. Le co-chef de Québec Solidaire, Amir Khadir, le croit et la comédienne oscarisée, Marion Cotillard, aussi, ce qui prouve que la race des idiots utiles et inutiles n’est pas près de l’extinction. 



Il suffit pourtant d’un examen attentif des faits et des événements pour conclure que ce sont les Palestiniens eux-mêmes ( et surtout l’engeance extrémiste qui leur tient lieu d’élite dirigeante ) qui sont les responsables de leur état de misère et de sous-développement. Rien de mieux qu’une anecdote pour illustrer cette assertion. Lorsque Sharon a fait démanteler les « colonies juives de Gaza », il en est resté un vaste complexe de serres produisant des légumes. Les Palestiniens l’ont-ils remis en opération? Pas du tout! Ils l’ont saccagé! Le développement ne les intéresse pas, la sortie progressive de l’assistanat international ( qui dure depuis aussi longtemps que l’État d’Israël ) ne les intéresse pas non plus. Sinon, expliquez-moi pourquoi les Juifs rescapés de l’Holocauste et ceux expulsés des pays arabes ont-ils réussi, à force de travail et d’ingéniosité, à faire surgir du désert une économie moderne et diversifiée…et pas les Palestiniens? C’est qu’ils ont choisi de cultiver la haine du Juif et l’exécration d’Israël, et d’exporter le fanatisme et le terrorisme. Remarquable économie, n’est-ce pas, que celle de la Terreur! Et « l’occupation » des Territoires de même que la clôture de sécurité ne sont pas la cause ni le moteur de cette haine pathologique, elles en sont les effets et les conséquences. «L’occupation » résulte de quatre guerres d’agression contre Israël par les États arabes et la clôture est le seul moyen d’empêcher les attentats-suicides dans les bus et les restaurants. 



La haine est là depuis toujours. Bien avant que les Juifs, de retour dans leur antique Patrie, furent autorisés à créer l’État d’Israël. Dans les années 30 et durant la 2e guerre mondiale, le Grand Mufti de Jérusalem copinait ouvertement avec Hitler et soutenait son programme d’extermination des Juifs. Une bonne idée selon lui! L’antisémitisme, ce cancer qui infecte tous les société arabo-musulmanes du Proche-Orient, n’est pas généralisé parce qu’Israël occupe la Judée et la Samarie, où parce que les Palestiniens sont pauvres et vivent sur « le BS de l’ONU », où encore parce qu’il y a dans plusieurs pays des contingents de réfugiés maintenus dans l’assistanat de façon permanente afin de provoquer et d’entretenir la compassion chez les occidentaux naïfs. Non, ce cancer est généralisé tout simplement parce qu’Israël EXISTE. « Israël, écrit Guy Millière, c’est le bouc émissaire qui permet d’éviter de se regarder dans un miroir. » 



Israël n’a pas le choix, il doit se défendre avec force. Il est parfaitement légitimé de nettoyer Gaza et d’en extirper la racaille terroriste. Et il devrait verrouiller de nouveau la frontière avec l’Égypte. Et demeurer sourd au concert d’indignation des Pleureuses occidentales et des avaleurs de propagande palestinienne. 





L’IMPOSTURE DE L’ÉQUIVALENCE MORALE




Il est coutumier, en Occident, dans les médias, chez les universitaires s’affichant experts et dans la classe politique de pratiquer, à l’égard du conflit israélo-arabe, ce qu’on peut appeler l’imposture de l’équivalence morale. Concrètement, l’équivalence morale, cela signifie une culpabilité également partagée, une mauvaise foi également répartie, une intransigeance également intraitable. Vous voyez le topo : Israéliens et Palestiniens, tous dans le même sac. Ils sont tous fautifs, tous criminels, tous pleins de haine. C’est là, reconnaissez-le, une posture facile et combien rassurante puisque ça vous dispense de prendre parti. C’est cependant une attitude parfaitement odieuse et méprisable. 



Évidemment, tout ce beau monde s’est félicité de la « providentielle élection d’Obama ». Le nouveau Président, on en était convaincu, allait offrir comme en cadeau la Paix au Moyen Orient. Voilà un optimisme qui confine à l’angélisme. Parce qu’aucune paix ne saurait surgir de l’équivalence morale. Or, le Président américain a justement fondé sa politique au Moyen Orient sur l’équivalence morale entre Juifs et Palestiniens. Les négociations sont donc intrinsèquement vouées à l’échec. Convenons toutefois que la pratique de l’équivalence morale n’est pas un phénomène récent. Il est sans cesse présent dans l’histoire. En 1938, à Munich, la France et l’Angleterre se sont déshonorées en mettant sur le même pied d’une part le régime nazi, raciste, totalitaire, militariste, fourbe et d’autre part, les États démocratiques. On sait fort bien ce qu’il advint : la Tchécoslovaquie fut avalée par le Reich et la Paix rata son rendez-vous. 



Obama, lui, n’hésite pas, pour asseoir son équivalence morale, à dénaturer l’histoire en adhérant au mensonge arabe sur Israël. Pour les arabes, Israël est en quelque sorte le fruit de l’Holocauste. L’Occident, se sentant coupable du génocide de 6 millions de Juifs, aurait cherché l’apaisement de sa conscience en créant l’État d’Israël. Les Juifs n’auraient donc aucun droit sur la Terre d’Israël du point de vue légal, historique et moral. Obama, dans son discours du Caire (une inconvenante et fantaisiste louange de l’islam) légitime cette mystification comme, d’ailleurs, tous les antisionistes et antisémites occidentaux. 



Pourtant, comme l’écrivait Caroline Glick, « la communauté internationale a reconnu les droits légaux, historiques et moraux du peuple Juif sur la Terre d’Israël bien avant que quiconque ait jamais entendu parler d’Adolphe Hitler. En 1922, la Société des Nations avait mandaté la « reconstruction » --et non la création -- du foyer national juif sur la Terre d’Israël dans ses frontières historiques sur les deux rives du Jourdain. » 



L’autre volet de l’équivalence morale consiste à se focaliser, de façon quasi exclusive, sur la question des implantations juives en Judée Samarie (moins de 4% de ce qu’on appelle la Cisjordanie ) tout en occultant pudiquement le refus systématique, depuis 60 ans, des Palestiniens de reconnaître à Israël le droit à une existence légitime. Enfin, les adeptes de l’équivalence morale mettent sur le même pied d’une part, les actions et les opérations de défense d’une population agressée et, d’autre part, le terrorisme aveugle et barbare des phalanges islamistes. Pire encore, écrit Caroline Glick, « de façon odieuse et mensongère, Obama a allègrement comparé la manière dont Israël traite les Palestiniens à celle dont les esclavagistes blancs en Amérique traitaient leurs esclaves noirs. De façon plus ignoble encore, en utilisant le terme de « résistance », euphémisme arabe pour désigner le terrorisme palestinien, Obama a conféré à celui-ci la grandeur morale des révoltes des esclaves et du mouvement des droits civiques. » 



Face à ce triste spectacle où l’on voit Hussein Obama accentuer les pressions sur Israël en exigeant des concessions irrecevables sans rien demander aux Palestiniens, quelle est, pensez-vous, la stratégie de Mahmoud Abbas, le chef du Fatah et président de l’Autorité Palestinienne? Ne pas bouger! Se mettre en attente! Ne rien donner. Se faire spectateur euphorique de la manoeuvre du Président américain installant Israël, comme l’écrit Guy Millière « en position de bouc émissaire, puis de victime expiatoire ». Inutile de vous dire qu’une telle politique est vouée dès le départ à l’échec, à moins que l’État hébreu soit devenu subitement suicidaire. 



Ceux qui, tel Obama , adoptent la posture de l’équivalence morale dans le conflit israélo-palestinien sont convaincus de choisir la sagesse, la neutralité, l’équité. En fait, ils prennent parti pour les palestiniens et ils inversent les rôles, l’agressé devenant l’agresseur et vice versa. L’écrivain Pierre Jourde a sans doute raison d’écrire qu’au fond trop d’occidentaux perçoivent comme un scandale insupportable « une poignée de Juifs qui transforme un désert en pays prospère et démocratique au milieu d’un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d’islamisme et de corruption ». C’est trop contraire à la réconfortante équivalence morale. 



Jacques Brassard  

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