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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 18:46

Au lieu de se préoccuper de la disparition prochaine de leur identité et de leur civilisation, les Européens ont trouvé une échappatoire grandiose, le réchauffement climatique….

 

L'Europe a Abandonné Israël

 

Par Isi Leibler, journaliste

Paru dans le Jerusalem Post du 10/12/09

Traduit par Albert Soued, www.symbole.chez.com pourwww.nuidorient.com

 

Quelle ironie, mais sans surprise, d'apprendre qu'aussitôt après l'annonce du gel des implantations par Benyamin Netanyahou, la Suède -- qui préside l'Union Européenne jusqu'à la fin du mois -- a préconisé de contrecarrer les négociations avec les Palestiniens, en faisant des demandes encore plus exigeantes pour Israël. Et ceci m'a rappelé un échange verbal lors du Dialogue Europe-Israël à Jérusalem, sous les auspices de Lord Weidenfeld.

Je me suis opposé à ceux qui conseillaient de rechercher plutôt le soutien des Européens au détriment des Etats-Unis, desquels il fallait semble-t-il se désengager. J'ai répondu que malgré les problèmes de l'Administration Obama, si nous devions dépendre d'une grande puissance et si nous avions besoin d'être soutenu par elle, mieux vaut que cela soit les Etats-Unis, du fait que les Européens avaient montré leur inconséquence comme alliés et leur constante trahison.

En contraste avec le peuple américain qui soutient massivement Israël, les sondages d'opinion réalisés en Europe confirment un consensus prévalent qui perçoit Israël comme un état rebelle, présentant plus de menace à la paix et à stabilité mondiale que l'Iran ou la Corée du Nord. J'ai aussi parlé de l'apaisement des Arabes dû à la lâcheté de l'Europe et de sa volonté de sacrifier Israël sur l'autel de l'opportunisme.

 

Ce point de vue fut mal accueilli par l'assemblée, en grande partie libérale, les participants partageant l'illusion que, si seulement Israël avait de meilleures relations publiques, les traditions éclairées communes que l'Europe prétend partager avec lui  auraient dû permettre de dépasser les clivages.

A mon grand étonnement, un des principaux participants, Dr Mathias Dopfner, le président charismatique du puissant groupe de presse allemand Axel Springer Cys'est introduit dans la conversation et il a, non seulement approuvé mon point de vue, mais il a démontré avec passion que j'avais sous-estimé la profondeur de l'hostilité irradiée par l'Europe vis-à-vis d'Israël. Son évaluation de la situation donne froid dans le dos et il a mis en garde que même l'Allemagne, aujourd'hui liée à Israël par des liens spéciaux, pourrait prendre ses distances dans l'avenir. Il a mis en garde Israël de ne pas faire confiance à l'Europe.

 

Par la suite, j'ai lu le livre fascinant de Robin Shepherd "Un inadmissible état, le problème de l'Europe avec Israël", une analyse approfondie des relations israélo-européennes, mais sa lecture est douloureuse. Shepherd, un non-juif, était un cadre dirigeant de Chatham House, l'Institut Royal pour les Affaires Internationales, responsable de l'Europe. Il a été remercié sans égards lorsqu'il a écrit un article favorable à Israël dans The Times. Aujourd'hui, il est directeur des Affaires Internationales à la Société Henry Jackson où il publie un blog quotidien traitant de la partialité anglaise, du "deux poids et deus mesures" contre Israël, au Royaume Uni.

La thèse principale est que, en plus des progrès scandaleux d'un nouvel antisémitisme et des conséquences de l'extrémisme islamique, la vraie source du problème se situe dans les "faiseurs d'opinion locaux", fatigués et insatisfaits. De nombreuses élites ont adopté les idéologies de la gauche extrême, y compris le nihilisme, le pacifisme, la culpabilité coloniale, le relativisme moral et une antipathie à l'égard du nationalisme. Cette attitude a eu raison de leur volonté de défendre leurs valeurs et de se battre pour la pérennité de leur civilisation et a abouti à une alliance contre nature entre l'islamisme et la gauche radicale.

Des gens qui ont passé leur vie à faire campagne pour les droits des femmes, des homosexuels et des minorités ethniques et pour le pacifisme, font aujourd'hui cause commune avec les bigots les plus violents de la planète. Cela a encouragé les élites européennes à agir avec l'illusion qu'elles pourraient survivre avec des éléments radicaux de la guerre sainte musulmane, en les amadouant.

Shepherd décrit aussi comment les Juifs de l'immédiate après guerre, qui jouissaient de relations chaleureuses avec la gauche et les libéraux, se sont retrouvés rejetés par ceux-ci. En termes sans nuance, il montre comment ces groupes continuent à s'intéresser aux Juifs victimes de la shoah, en les commémorant abondamment, tout en vilipendant ceux qui étaient restés vivants, surtout parlant de ceux qui sont allés vivre dans leur patrie, en Israël, les traitant – en termes dignes d'Engel – de "peuple réactionnaire".

Shepherd dit qu'il y a quelque chose qui a dérapé dans le langage quotidien, dans le ton comme dans le contenu,  quand on parle en Europe d'Israël et il est difficile d'y voir une différence avec le langage employé par les Arabes et le monde musulman.

Les désignations les plus viles telles que "merdeux", "nazi", "apartheid" et criminel de guerre" sont entrés dans le "chat" quotidien des ces groupes d'"élite". Il conclut que le conflit Israélo-Palestinien est en effet la preuve par 9 que l'Europe s'est inclinée dans sa lutte de survie face à l'Islam radical. Le programme anti-israélien de l'Europe est une tare dans son intégrité…Il y aurait des centaines de raisons pour lesquelles l'Europe aurait dû avoir une attitude plus équilibrée vis-à-vis d'Israël, ne serait-ce le respect de soi et la volonté de survie.

Ce livre bien documenté et superbement bien écrit est sans doute la meilleure étude analytique publiée à ce jour sur les partis pris obsessionnels et violents de l'Europe contre Israël. Il devrait être lu aussi bien par les érudits que par l'homme de la rue, surtout ceux qui s'intéressent aux affaires du Moyen Orient.

 

Un autre livre récent le complète, c'est "Réflexions sur une révolution en Europe, l'Islam et l'Occident" de Christopher Caldwell, journaliste considéré du Financial Times. Il parle de l'immigration incontrôlée qui a eu des résultats catastrophiques non prévus. Il attire l'attention sur l'échec total du "multiculturalisme", avec une 2èmegénération d'immigrants musulmans moins intégrés que leurs parents, et la 3èmegénération encore moins. Les projections démographiques sont très sombres, les indigènes en Europe n'ont pas assez d'enfants pour conserver simplement le niveau de la population et les grandes familles d'immigrants comblent largement cette lacune. Si on ne renverse pas le courant, dans un ½ siècle, l'Islam sera la religion dominante des jeunes dans de nombreux pays d'Europe. Un mélange de complaisance et de refus de voir la réalité, combiné à un fort relativisme moral a incité les gouvernements Européens à ne pas réagir, alors que les agents de l'Islam radical ont investi de nombreuses communautés. Ils sont en train de remplacer la civilisation de l'Occident et de transformer l'Europe.

 

Caldwell insiste sur le fait que comme culture d'un adversaire déterminé, l'Islam a le potentiel pour conquérir l'Europe. A moins que les gouvernements et les peuples n'aient le courage d'exiger de ces immigrés d'accepter les règles laïques de leur nouvelle patrie, la tolérance et la justice de la culture occidentale.

Dans cette ambiance, on pourrait penser que les Européens concentrent leurs énergies à préparer des stratégies pour sauver leur héritage et leur mode de vie, au lieu de perdre leur temps à apaiser partout les groupes musulmans extrémistes qui sapent à sa base la civilisation judéo-chrétienne.

Si enfin ils prennent conscience de la disparition en cours de leur identité et s'emploient à la préserver, il est fort probable que le terrible penchant européen de vouloir "démoniser" et "délégitimer" Israël pourrait être dirigé vers des œuvres plus constructives.

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 18:14
La haine au sein de l'Université

http://www.primo-info.eu/
 
 

Ci-contre, photo d'un rassemblement du Hezbollah

Primo s'associe à ces protestations et juge irresponsable l'attitude de l'Université française. 

UEJF

Samedi 12 décembre, l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne accueille Ali Fayad, député du Hezbollah, et Nadine Rosa Rosso, fervente défenseur de la légitimité du Hamas, dans le cadre d’une conférence du Mouvement des Indigènes de la République sur le thème « Gaza, un an après : les nouveaux risques d’agression dans la région ».

Pour l’UEJF, le débat sur le conflit au Proche-Orient est légitime et nécessaire, il a toute sa place au sein de l’Université. Mais il ne doit pas ouvrir une tribune à un discours de haine, porté à la fois par les Indigènes de la République et par leurs indignes invités.

Pour l’UEJF, il est intolérable qu’une Université accueille des membres ou soutiens d’organisations terroristes tels que le Hamas et le Hezbollah, qui prônent et mettent en œuvre l’assassinat de civils.

L’UEJF demande instamment à son Président Monsieur Jean-Claude Colliard, d’intervenir contre cette initiative qui fait honte à la vocation de son Université, et de la rétablir ainsi dans son rôle : celui de transmettre des valeurs d’échange, d’ouverture et d’humanisme par la connaissance.

Pour Arielle Schwab, Présidente de l’UEJF : « Au travers de cette conférence c’est la vocation même de l’Université qui se trouve dévoyée. La Sorbonne doit continuer d’être un lieu de d’ouverture, de débat, voire de contestation, mais elle doit se prémunir de l’importation des logiques de haine.

Faisons des Universités françaises des lieux de compréhension fine des enjeux du conflit au Proche-Orient, afin qu’elles ouvrent le chemin du dialogue et de la promotion de la Paix. »

Pour sa part, le MPCT (Mouvement pour la Paix et contre le terrorisme) publie le communiqué suivant : 

Nous avons appris avec stupéfaction la composition du plateau d’orateurs à une conférence organisée le 12 décembre à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne.

Le débat d’idées et la tentative de réfléchir ensemble sur les tragédies qui s’abattent sur le monde restent les seules solutions acceptables dans les sociétés démocratiques.

Pourtant, il est une raison qui doit s’imposer à tous comme incompatible avec la réception dans une université française d’un représentant du Hezbollah et d’une défenseure du Hamas :

Hamas et Hezbollah sont des organisations terroristes qui font effraction dans le débat en massacrant des civils et en le revendiquant. Elles ont commis, commandité, organisé, financé de multiples attentats contre des civils, en particulier des attentats dits 'suicides', prises d’otages et assassinats.

Certains de nos concitoyens pleurent encore les leurs, victimes d’actes terroristes commis par ces organisations, jamais sanctionnées pénalement pour cela.

Aussi le Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme demande instamment que soit déclarée indésirable la participation comme orateurs de Monsieur Ali Fayad, représentant du Hezbollah et de Madame Nadine Rosa Rosso qui milite pour que le Hamas soit rayé de la liste des organisations terroristes.

Leur admission dans une enceinte universitaire, lieu sanctuarisé d’étude et de libre débat d’idées, pourrait hélas être perçue comme un mauvais signal par des organisations terroristes, alors que des attentats meurtriers frappent tous les jours dans le monde et que certains de nos compatriotes enlevés sont en danger immédiat.


  collectif
© Primo, 11-12-2009
http://www.primo-info.eu/selection.php?numdoc=Ed-16017066
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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 14:08

Quelle importance a le récent referendum suisse sur l'interdiction de la construction de minarets (flèches à côté des mosquées à partir desquelles l'appel à la prière est lancé) ?

Certains peuvent voir la décision de 57, 5% de « oui » contre 42,5% de « non » pour approuver un amendement constitutionnel, comme ne voulant quasiment rien dire. L'establishment politique étant, à une écrasante majorité, opposé à la modification, l'interdiction n'entrera probablement jamais en vigueur.Ce n'est que 53,4% des électeurs qui ont voté, donc seulement 31% de la population totale approuve l'interdiction. L'interdiction ne porte pas sur les aspirations islamistes et encore moins sur le terrorisme musulman. Elle n'a aucun impact sur la pratique de l'islam. Elle n'empêche ni la construction de nouvelles mosquées, ni n'exige que les quatre minarets suisses existants soient démolis.

Il est également possible de rejeter le vote comme étant le résultat original de la démocratie directe unique en Suisse, une tradition qui remonte à 1291 et n'existe nulle part ailleurs en Europe. Josef Joffe, distingué analyste allemand, considère le vote comme une réaction brutale populiste à la série d'humiliations que les Suisses ont dû supporter ces dernières années, le point culminant [de l'escalade] étant la prise en otages de deux hommes d'affaires en Libye et les excuses faites dans la honte par le président de la Confédération pour obtenir leur libération.

Cependant, je vois ce referendum comme ayant des conséquences, bien au-delà des frontières suisses.

« Notre-Dame du Rosaire », la première église du Qatar, est dépourvue de croix, de cloches, de dôme, de clocher et de signalisation.

Premièrement, il soulève les délicates questions de la réciprocité dans les relations islamo-chrétiennes.

Quelques exemples : quand Notre-Dame du Rosaire , la toute première église du Qatar, fut inaugurée en 2008, elle le fut sans croix, cloche, dôme, clocher ou panneau publicitaire. Le prêtre de Notre-Dame du Rosaire, le père Tom Veneracion, a expliqué leur absence en disant : « L'idée est d'être discret car nous ne voulons pas heurter les sensibilités ». Mais lorsque les chrétiens d'une ville de Haute-Egypte, Nazlet Al-Badraman, après quatre ans de « laborieuses négociations, de plaidoiries et en étant aux prises avec les autorités » avaient enfin obtenu la permission , en octobre, de restaurer une tour chancelante de l'église Mar Girgis, une foule d'environ 200 musulmans les avaient attaqués à coups de pierres et en hurlant des slogans islamiques et sectaires. La situation des Coptes est si mauvaise qu'ils sont revenus à la construction des églises secrètes.

Pourquoi – et c'est la question que se pose l'Eglise catholique et d'autres- les chrétiens devraient-ils supporter de telles indignités alors que les musulmans jouissent pleinement de leurs droits dans les pays traditionnellement chrétiens ? Le vote suisse s'inscrit dans cet esprit nouveau. Les islamistes, bien entendu ; refusent ce postulat de l'égalité; le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a averti son homologue suisse des « conséquences » non précisées de ce qu'il a appelé des actes anti-islamiques, menaçant implicitement de faire de l'interdiction du minaret une question internationale comparable à la bagarre des caricatures danoises de 2006.

Le ministre des Affaires étrangères d'Iran, Manouchehr Mottaki, met en garde contre les « conséquences » pour les actes anti-islamiques.

Deuxièmement, l'Europe est à un carrefour par rapport à sa population musulmane. Parmi les trois grandes perspectives futures – tout le monde s'entend, les musulmans dominent , ou les musulmans sont rejetés- la première est hautement improbable mais la deuxième et la troisième [perspectives] semblent également possibles . Dans ce contexte, le vote suisse représente une légitimation qui peut s'avérer importante de vues anti-islamiques. Le vote a suscité un soutien à travers l'Europe, comme cela ressort des sondages en ligne sponsorisés par les grands médias et par les déclarations de personnalités de premier plan. Voici un petit échantillon .
  • France: 49.000 lecteurs du Figaro, dans une proportion de 73-27%, voteraient pour l'interdiction de nouveaux minarets dans leur pays. 24.000 lecteurs dans l'Express ont approuvé par une marge de 86, 12%, avec 2% d'indécis . Un éditorialiste de premier plan, Ivan Rioufol du Figaro, a écrit un article intitulé « Hommage à la résistance du peuple suisse ». Le président Nicolas Sarkozy a été cité comme ayant dit que « le peuple, en Suisse comme en France, ne veut pas que son pays change, qu'il soit dénaturé. Il veut conserver son identité ".

  • Allemagne : 29.000 lecteurs dans « Der Spiegel » ont voté 76-21%, avec 2% d'indécis, pour interdire les minarets en Allemagne.. 17000 lecteurs de Die Welt ont voté 82-16 en faveur du « Oui, je me sens gênée par les minarets », contre « Non, la liberté de religion est limitée »

  • Espagne : 14.000 lecteurs du « 20 Minutos » ont voté 93-6 % en faveur de l'affirmation « Bon, nous devons freiner la présence croissante de l'islamisation » et contre « Mauvais, c'est un obstacle à l'intégration des immigrants ». 35.000 lecteurs d' « El Mundo », 80-20% , ont répondu qu'ils étaient favorables à une interdiction comme celle de la Suisse pour les minarets.

Bien que non scientifique, la disproportion dans un seul sens des sondages de ces pays ( et d'autres) , les majorités approuvant le referendum suisse , allant de 73 à 93% , indique que les électeurs suisses représentent des sentiments anti-islamiques allant grandissant à travers l'Europe. Le nouvel amendement valide et encourage aussi potentiellement une résistance à l'islamisation du continent.

Pour ces raisons, le vote suisse représente un possible tournant décisif pour l'islam européen.

Mise à jour du 9 décembre 2009 : un sondage scientifique des Belges, parrainé par l'hebdomadaire « Le Soir » et réalisé par iVox constate que 59,3% de la population belge sont favorables à une interdiction comme l'interdiction suisse de la construction de nouveaux minarets et 56,7% veulent interdire la construction de mosquées. Le sondage de 1050 personnes a été enregistré en décembre , le 3, jusqu'au 5 et avec une précision à 3% près.

Thèmes connexes:  Musulmans en Europe
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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 05:10

 

On n’entend beaucoup moins les défenseurs de la multi culture enrichissante et leurs discours angéliques
Ils diront sans doute qu’on est devant une minorité de défavorisés…..
Ce documentaire exceptionnel (2 mins 30 secs), sous-titré en français, démontre avec pertinence les dégâts de l’immigration en Suède.
Il va sans dire que la télévision française, ou belge, ne diffuseraient jamais un tel reportage.

A voir et à diffuser! LARGEMENT ET SANS MODERATION si bon vous semble

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 11:05
Bat Ye’Or : le référendum suisse est une défaite d’Eurabia

lundi 7 décembre 2009, par Paul Landau

http://www.ripostelaique.com/Bat-Ye-Or-le-referendum-suisse-est.html 


Historienne, née en Egypte, Bat Ye’or a consacré toute sa vie à l’étude de la condition des minorités non-musulmanes (juive et chrétienne) en terre d’islam, qu’elle a décrite par le terme de "dhimmitude", objet de ses premiers livres (parmi lesquels Le Dhimmi, 1980 et Chrétientés d’Orient entre djihad et dhimmitude, 1991). Plus récemment, elle a étendu le champ de ses travaux aux prolongements actuels de la dhimmitude en Europe et en Occident, montrant comment le djihad se poursuit à notre époque et comment l’Europe est en train de se transformer radicalement, pour donner naissance à un nouveau continent, ou plutôt à une nouvelle réalité politique et culturelle, à laquelle elle a donné le nom d’Eurabia. Son livre du même nom * – largement ignoré par les grands médias en France – a eu un grand retentissement dans de nombreux pays et a été réédité sept fois aux Etats-Unis depuis 2005. Son dernier livre, Vers le Califat universel, a été récemment publié en Italie.

Paul Landau : Une récente polémique a opposé Riposte Laïque à la journaliste militante Caroline Fourest, qui siège au Conseil de la Fondation Anna Lindh pour le "dialogue entre les cultures". Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est véritablement cette Fondation, pourquoi elle a été créée et quels sont ses objectifs ?

Bat Ye’or : La Fondation Anna Lindh (FAL) appartient au système transnational de gouvernance mis en place par l’Union Européenne. Depuis 2004 ce système s’est beaucoup développé et compte parmi ses plus importantes réalisations l’Alliance des Civilisations. Comment décrire ces organisations monstrueuses qui formatent la pensée des Occidentaux, de la naissance à la mort et dans tous les secteurs ? Vladimir Boukovsky a désigné ce système par le nom d’« UERSS » (EUSSR en anglais).

A l’instar du régime communiste, qui invoquait des objectifs humanitaires et pacifiques pour confisquer les libertés des peuples, ces systèmes de gouvernance transméditerranéenne et transnationale affichent des buts d’une haute tenue morale et d’une éthique politique irréprochable : état de droit, démocratie, droits de l’homme, établir la paix, l’amour et la compréhension entre les peuples, notamment entre Occidentaux et musulmans.

Pour parvenir à ce but fort louable, la Fondation Anna Lindh développe une stratégie visant à culpabiliser les Européens, à modifier leurs perceptions jugées racistes et intolérantes à l’égard de l’islam afin de préserver la paix et la sécurité en Méditerranée par le maintien des flux migratoires, le métissage des populations, le multiculturalisme et le gommage des identités culturelles et nationales.

La Fondation est donc au cœur du système d’Eurabia. Elle se définit comme un Réseau de réseaux et regroupe quarante Etats euroméditerranéens. Elle coordonne leurs réseaux nationaux et « fédère des centaines d’organisations civiles et institutionnelles », comme l’explique son site. Son Réseau compte des centaines d’ONG, d’universités, « associations, institutions publiques ou privées, de fondations sans but lucratif, de collectivités territoriales, toutes coordonnées par le chef de file de chaque réseau national ». Les Etats membres et la Commission Européenne assurent son financement.

L’organe suprême qui gère les orientations de la politique stratégique de la Fondation est le Conseil consultatif dont les recommandations sont transmises au Conseil des Gouverneurs, au Directeur et aux réseaux nationaux. A la tête de cette hiérarchie de la pensée unique siège le Président de la Fondation. Caroline Fourest est l’un des membres élus du Conseil Consultatif.

Les activités de la Fondation embrassent tous les secteurs culturels, artistiques, éducatifs, les programmes d’enseignement et les médias afin de conditionner, uniformiser et formater la pensée des Européens. La Fondation Anna Lindh est à l’origine de la pensée unique et du politiquement correct, qui emprisonnent la pensée et étouffent la critique dans ses myriades de réseaux. C’est elle qui fournit la nourriture intellectuelle qui alimente les peuples de l’Union européenne. Tout ce qui s’oppose à sa vision est éliminé par le boycott et le silence.

Paul Landau : Pouvez-vous nous rappeler qui est Anna Lindh ?

Bat Ye’or : Le nom pour une telle Fondation ne pouvait être mieux choisi, on le doit à Javier Solana, le grand concepteur de la politique méditerranéenne et de la gouvernance internationale de l’UE. Ce nom est celui du ministre des Affaires étrangères suédois dont la haine à l’égard d’Israël, selon les termes de l’ambassadeur d’Israël en Suède, Zvi Mazel « peut être seulement décrite comme pathologique. Sous son leadership, la Suède fut le pays de l’UE qui publia le plus grand nombre de condamnations unilatérales d’Israël ». Cette observation explique le choix du nom, de la personne, de la politique et de l’esprit de la FAL. Anna Lindh, comme Solana, nourrissait une admiration enthousiaste pour Arafat qui, comme on le sait, expérimenta sur les Israéliens toutes les formes de terrorisme aujourd’hui perpétrées en Occident et dans les pays musulmans.

La FAL travaille en synergie avec l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI, 56 pays musulmans), et cette collaboration explique les modifications dans l’enseignement, la culture, les politiques et les orientations des médias dans l’UE. La FAL est un gouffre à milliards et bien que son siège soit à Alexandrie, elle n’a pas réussi à empêcher les attaques, les meurtres et les humiliations intolérables dont souffrent les Coptes, ainsi que les destructions de leurs biens et de leurs possessions dans divers villages d’Egypte.

En Turquie – pays qui aime donner des leçons de tolérance et où on aurait pu croire que les pauvres résidus des populations chrétiennes pré-islamiques, pourraient enfin jouir d’un peu de paix après les charniers du XXe siècle – les chrétiens du Tour Abdin (Mardin, Turquie) se voient contester la possession de leur antique monastère (4e siècle). Dans tout le monde arabe et particulièrement en Egypte, la littérature haineuse, loin de diminuer, a augmenté. C’est sans doute la FAL qui a formaté toute la désinformation concernant la riposte israélienne d’autodéfense contre les missiles lancés de Gaza durant sept ans sur la population civile israélienne.

Paul Landau : Comment interprétez-vous le résultat du référendum suisse sur les minarets et que répondez-vous à ceux qui y voient une atteinte à la liberté du culte (comme C. Fourest) ou une marque d’intolérance (comme B. Kouchner) ?

Bat Ye’or : Le peuple suisse a démontré son sens civique, son attachement à la démocratie et à la liberté. Il n’a pas porté atteinte au droit de culte des musulmans. Le minaret est un détail architectural et certains musulmans n’ont pas été choqués par cette interdiction. En même temps, ce vote a voulu mettre des limites aux demandes croissantes d’une population immigrée de fraîche date et maintenir le caractère national du territoire suisse. Le peuple suisse qui a 20% d’étrangers sur son sol est un peuple hospitalier et tolérant. Il reste fidèle aux principes qui en ont fait la plus ancienne démocratie d’Europe.

D’un autre côté, il faut espérer que ce vote puisse développer chez les musulmans une autocritique salutaire et la conscience des droits des autres peuples non musulmans qui les ont accueillis. L’émigration ne doit pas être une conquête, elle n’est pas un droit mais elle résulte d’une requête acceptée assortie du devoir de s’intégrer. Le peuple hôte reste maître chez lui. Puisque l’on nous répète à satiété que la majorité des musulmans ne sont pas religieux, cette interdiction qui ne lèse pas leur culte ne devrait pas les choquer. De fait, ce sont les lobbies eurabiens – qui sont leurs avocats – qui jettent de l’huile sur le feu.

Quant aux critiques émanant des pays européens voisins, les sondages effectués chez eux démontrent que leurs gouvernements ne représentent pas la volonté de leur peuple. En particulier le ’calife’ de Malmö, Carl Bildt – qui entend faire rentrer la Turquie en Europe et qui a déjà offert Jérusalem à l’OCI pour qu’elle en fasse le siège du Califat Universel, conformément à sa Charte de 2008 – il devrait consulter les populations européennes.

Paul Landau : Le référendum suisse est-il une défaite d’Eurabia ? Peut-il entraîner un coup d’arrêt à l’islamisation de l’Europe, et assiste-t-on à un sursaut des populations européennes ?

Bat Ye’or : Ce référendum est certainement une défaite d’Eurabia. Il met aussi en évidence l’écart entre la volonté des peuples et les politiques gouvernementales de l’UE. Cet écart est si énorme que l’on peut se demander s’il y a encore des démocraties dans l’UE. Quant à arrêter le processus d’islamisation de l’Europe, je ne le crois pas. Il faudrait pour cela revenir sur l’immense refonte démographique, politique et sociale de l’Europe qui fut menée durant 40 ans au niveau de la Commission Européenne par l’Association Parlementaire pour la Coopération Euro-Arabe, relayée par la Fondation Anna Lindh dans tous les secteurs, et l’Alliance des Civilisations, cette dernière liée à l’ONU.

Il faudrait aussi se rendre compte que les politiques intérieures et extérieures de l’Europe sont déjà déterminées par la globalisation, c’est-à-dire par les réseaux internationaux où collaborent l’Organisation de la Conférence Islamique, organe représentatif des 56 pays musulmans ou à majorité musulmane, la Ligue Arabe et leurs nombreux comités connexes. Ce sont ces réseaux complexes et sans visage qui dictent les politiques d’Eurabia et préparent l’avènement de la gouvernance internationale chère à Javier Solana où l’individu ne sera plus qu’une ombre.

Je crains toutefois qu’il y ait un durcissement général à l’encontre des droits démocratiques. En Hollande, le parlementaire Geert Wilders sera jugé pour avoir offensé les sensibilités religieuses des musulmans, en utilisant son droit constitutionnel de liberté d’expression. Mais les juges prendront-ils en considération la sensibilité de Geert Wilders, et celle des peuples européens dont la religion et les croyances sont l’objet de violentes attaques dans le Coran, les Hadiths et les livres religieux musulmans ? Et comment justifier que Wilders, citoyen hollandais, soit contraint de vivre avec des gardes du corps dans son propre pays, c’est-à-dire de subir la négation de tous ses droits humains ? Si les sensibilités religieuses ou culturelles des Hollandais sont négligées ou niées, c’est qu’on est déjà entré en Hollande dans le système asymétrique de la dhimmitude. Car on attend toujours que les musulmans modérés – vraiment bien muets – entreprennent une critique de ces textes si virulents à l’égard des autres peuples et acceptent d’en corriger la teneur.

Paul Landau : Que répondez-vous à ceux qui crient à la "théorie du complot" dès que l’on prononce le mot d’Eurabia ? (comme par exemple Caroline Fourest)

Bat Ye’or : Il y a aussi des gens qui nient la Shoah et les camps d’extermination même quand ils les voient sous leurs yeux. Et je ne parle pas ici de Caroline Fourest.

Ceux qui nient Eurabia sont ceux qui y participent. Car Eurabia se passe de démonstration. Elle est là en nous et autour de nous, ce n’est pas la réalité de demain mais celle d’aujourd’hui. Quand les synagogues et les cimetières juifs nécessitent une protection, comme l’exigent les églises dans les pays musulmans, c’est Eurabia. Quand des musulmans apostats ou libres penseurs et des intellectuels ou des politiciens doivent se cacher ou vivre avec des gardes du corps parce qu’ils offensent l’islam, ce n’est plus l’Europe des droits de l’homme mais Eurabia.

Quand des manifestations massives inondent les capitales d’Europe, en appelant à l’extermination d’Israël, ponctuées par des prières de milliers de musulmans sur le parvis des églises et dans les rues, c’est Eurabia. Les tribunaux de la charia fonctionnent en Angleterre et influencent l’enseignement de nombreuses universités. L’UE s’est déjà soumise à la loi de la charia concernant le blasphème, l’apostasie, la sujétion des femmes, la polygamie, les crimes d’honneur. Elle s’est jointe avec joie à l’exécration d’Israël et à la haine antisémite. Quel est le journal qui se hasarderait à donner une vision positive d’Israël ? Il n’y en a pas. D’ailleurs on ne peut même plus parler de l’Europe chrétienne ou de l’Europe des Lumières. Nous ne sommes plus dans un régime qui assure à chacun le libre exercice du culte et la liberté de pensée et d’expression, puisque des policiers et des gardes du corps sont nécessaires. Comme les dhimmis, nous devons observer un certain langage et nier notre identité.

Eurabia existe dans les villes peuplées de femmes voilées, dans les lieux où s’applique la charia, quand les idéologies politiques islamiques et la haine d’Israël fleurissent et quand les solides institutions démocratiques ne sont plus qu’un vague souvenir du passé. Elle se manifeste dans l’insécurité contrebalancée par les courbettes des leaders occidentaux, proclamant que l’islam féconda la civilisation occidentale. Comme si Jérusalem, Athènes et Rome qui en sont les sources vitales, se situaient en Arabie – comme si Gutenberg, Newton, Darwin, Louis Pasteur, Henri Dunant, Einstein s’étaient nourris du Coran.

Paul Landau : Quelles sont les racines historiques d’Eurabia ?

Bat Ye’or : Eurabia c’est l’enfant né de l’union de la Palestine avec le nazisme survivant après 1945 qui, étalé sur toute l’Europe, étreint et porte la Palestine, y enfouissant sa nostalgie lancinante de détruire Israël. Le pacte monstrueux d’Hitler et du Mufti de Jérusalem utilisa la passerelle ‘Palestine’ pour se poursuivre dans l’après-guerre. Quand Paul Dickopf, ancien officier SS de l’Abwehr, accède à la présidence d’Interpol en 1968 grâce aux votes arabes et laisse filer les terroristes palestiniens sous prétexte que le terrorisme n’est pas un crime mais un problème politique, c’est déjà Eurabia. **

Comme le dit une brochure de l’Association parlementaire pour la coopération euro-arabe (APCEA) publiée en 1994, la Palestine représentait l’une de ses causes essentielles ; elle la défendit si bien que sa participation au financement de l’Intifada de 1987 contre Israël draîna ses fonds. Dans cette brochure, l’Association reconnaît « le caractère discret de son travail, qui s’effectue en grande partie dans les couloirs des assemblées ». Elle se targue néanmoins de nombreux succès : le retour de la résolution 181 des Nations Unies de 1947 sur le devant de la scène, et l’adoption de ses propositions en 1980 par le Conseil des Ministres de la Communauté Européenne dans la ‘Déclaration de Venise’ qui entérinait la position de l’OLP et du monde arabe contre Israël. Elle en avoue encore d’autres dont l’émigration, tout en invoquant le devoir de discrétion.

Mon livre Eurabia s’appuie sur un nombre considérable de sources concernant les divers promoteurs et financements de cette politique menée dans la discrétion et qui conduit à cette situation qui n’est pas née par hasard. Je ne serais pas étonnée lorsque sous la bannière palestinienne d’Eurabia, les soldats eurabiens, passant du service d’Hitler à celui de la Palestine, et conduits par le calife de Malmö, se précipiteront pour ajouter à leurs trophées européens gagnés dans la Shoah, les restes du patrimoine d’Israël. Cette monstruosité s’appellera : ‘Paix, Justice et Amour de la Palestine’ et pour satisfaire Mgr Tutu : ‘Libération de l’Apartheid.’ Eurabia s’apprête à offrir Jérusalem à l’OCI pour qu’elle en fasse le siège du Califat Universel et pour que s’éteignent à jamais les lumières de l’Occident.

Propos recueillis par Paul Landau

* L’ouvrage fondamental de Bat Ye’or, Eurabia, l’axe euro-arabe, est paru en France aux éditions Jean-Cyrille Godefroy, 2006.

** Cet épisode est relaté par Karl Laske, Le Banquier noir, François Genoud, Seuil, Paris 1996.

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 18:19


http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1260181021410&pagename=JFrench/JPArticle/ShowFull

Nouvelle provocation. Les ministres européens des Affaires étrangères ont voté une résolution, mardi, selon laquelle les 27 Etats membres de l'Union européenne (UE) reconnaissent Jérusalem comme étant à la fois la capitale d'Israël et d'un futur Etat palestinien. "L'UE ne reconnaîtra aucun changement des frontières définies avant 1967, y compris à Jérusalem", indiquait l'une des premières versions du texte européen transmise à l'Associated Press.

Jérusalem. 
PHOTO: AP , JPOST

Le document appelait également à l'établissement d'un Etat palestinien incluant les territoires de Judée-Samarie, de la bande de Gaza et Jérusalem. "Si la paix doit être signée, un moyen doit être trouvé pour définir le statut de Jérusalem en tant que capitale des deux Etats", précise le texte.

Pour l'heure, Israël reste fermement opposé à la proposition européenne. Un texte qui ne reconnaît pas les revendications israéliennes sur la partie Est de la ville trois fois sainte. L'Etat hébreu avait, par ailleurs, avertit les Européens que leurs exigences auraient des conséquences graves. Il craint notamment que cette résolution - ardemment défendue par l'actuel président de l'UE, le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt - n'ignore les besoins sécuritaires de l'Etat hébreu. Et ce, en plus d'écarter l'importance du caractère démilitarisé du futur Etat palestinien ainsi que la reconnaissance d'Israël en tant qu'Etat juif. Selon le ministère des Affaires étrangères, l'initiative européenne pourrait nuire au rôle de médiateur de l'UE au Proche-Orient.

L'UE tient à "ses principes"

La majorité des ministres européens semblaient plutôt favorables à la dernière version de la résolution, bien que certains espèrent qu'elle n'aura pas un effet contreproductif - en retardant la reprise des négociations israélo-palestiniennes, par exemple. "Je ne comprends vraiment pas pourquoi Israël n'accepte pas le principe d'une Palestine regroupant la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est", déclare le ministre luxembourgeois Jean Asselborn. "Les Israéliens ont le droit de vivre en Israël, comme les Palestiniens ont le droit de vivre en Palestine."

Selon le chef de la diplomatie finlandaise, Alexander Stubb, il est important que l'UE maintienne sa position au sujet de Jérusalem et qu'elle exerce plus de pression sur l'Etat hébreu contre la reprise des constructions dans les implantations. "L'UE est dotée de principes forts et nous devons les honorer", ajoute Stubb. "Je pense que les négociations doivent recommencer et ce texte est un moyen de les relancer."

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 18:21

Ce n’est pas à l’Europe de statuer sur Jérusalem

http://www.objectif-info.com/index.php?id=1291

par Jean-Pierre Bensimon, pour Objectif-info, le 7 décembre 2009

http://www.objectif-info.com/index.php?id=1291

 

Quelques mois après la célébration solennelle du 20ème anniversaire de la réunification de Berlin, voici que la présidence suédoise veut obtenir les 7 et 8 décembre, lors d’une réunion des ministres des affaires étrangères des 27, une résolution de l’Union européenne reconnaissant Jérusalem comme la capitale de la future Palestine et d’Israël.

 

Il faut comprendre la portée de cette initiative. Jusqu’à présent les pays européens (et récemment les États-Unis) ont répété jusqu’à plus soif que Jérusalem-Est était une « colonie » d’Israël et qu’ils ne reconnaissaient pas son autorité sur cette partie de la ville. Lors de leurs déplacements dans ce pays, les dirigeants occidentaux ont toujours pris soin de ne pas « entrer » à Jérusalem-Est en compagnie de leur hôtes israéliens. Ils entretiennent dans ce secteur de la ville des « consulats » auprès de l’Autorité palestinienne qui ont toutes les caractéristiques d’ambassades tandis que leurs ambassades en Israël restent inflexiblement rivées à Tel Aviv.

 

Ce qu’il y a de nouveau, c’est que les Européens ne manifesteraient plus seulement un « souhait » ou une prise de position, laissant à une négociation israélo-palestinienne sur le statut final toute compétence pour trancher cette question. Ils considèreraient avec le projet suédois que Jérusalem-Est pour eux la capitale du futur état palestinien, et que sur ce sujet la discussion est close. Une nouvelle situation juridique serait ainsi créée. Dans le sillage de cette décision, l’Autorité palestinienne serait fondée à proclamer Jérusalem comme sa capitale et à ouvrir à la négociation uniquement le périmètre de sa nouvelle acquisition. Israël n’aurait qu’à se ranger à cet ukase ou à se trouver encore un peu plus rejeté dans « l’illégalité » au regard du droit international, une décision « automatique » de l’assemblée générale de l’ONU suivant logiquement la ratification européenne de ce projet.

 

Il faut rappeler une fois encore un certain nombre de réalités pour comprendre l’émotion presqu’unanimement partagée d’Israël(1) et de la grande majorité des communautés juives dans le monde.

 

1- L’argument religieux :

 

La revendication palestinienne sur Jérusalem est fondée sur le fait que la ville serait le troisième lieu saint de l’Islam. Si ce point de vue est retenu par l’Union européenne, il faudrait consentir aux Palestiniens la totalité de la ville. C’est d’ailleurs au nom de la préservation de la mosquée Al Aqsa que les chefs palestiniens ont lancé tout au long du 20ème siècle et dès le début du 21ème des pogroms et des insurrections contre les Juifs d’Israël. C’est parce qu’il estimait que la détermination du statut de la ville revenait à la Oumma dans son ensemble, et non à un simple Palestinien, qu’Arafat refusa à Camp David en 2000 et à Taba en 2001 de signer une paix prévoyant le partage de Jérusalem. Il aurait selon lui signé son arrêt de mort. Et il en a été de même de Mahmoud Abbas face à Ehoud Olmert qui lui faisait une proposition comparable en 2008. Le troisième lieu saint de l’Islam ne se partage pas et l’initiative suédoise n’a aucun sens pour quiconque connaît les ressorts idéologiques des radicaux.

 

D’autant qu’il n’y a pas le moindre argument sérieux pour étayer cette théorie opportuniste du troisième lieu saint de l’Islam. Jérusalem n’apparaît jamais dans le Coran. Le premier verset de la Sourate 17 proclame « Gloire et Pureté à Celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur [Muhammad], de la Mosquée Al-Haram à la Mosquée Al-Aqsa… », la mosquée Al Aqsa signifiant non « Jérusalem » mais « mosquée lointaine ». En 621, la mosquée Al Aqsa de Jérusalem n’existait pas et elle ne fut construite qu’un siècle plus tard. A l’inverse le Prophète exigea de renoncer à prier en direction de Jérusalem selon la coutume pré-islamique et se tourner dorénavant vers La Mecque.

 

La passion juive pour Jérusalem contraste avec ce dédain islamique. Jérusalem est citée 823 fois dans le Livre juif (669 fois comme Jérusalem et 154 fois comme Sion), et d’ailleurs 153 fois dans la Bible chrétienne. La revendication israélienne de faire de Jérusalem la capitale éternelle et unifiée du peuple juif, s’appuie sur cet héritage religieux mais aussi sur un fait politique adjacent : Jérusalem a été la capitale des royaume juifs antiques. Aucun des conquérant ultérieurs n’en a jamais fait sa capitale, et ils ont été nombreux : Babyloniens, Perses, Grecs, Séleucides, Romains, Musulmans, Croisés, Mamelouks, Turcs ottomans, Britanniques, et Jordaniens. Par contre les Juifs n’ont jamais quitté Jérusalem, sauf sous la contrainte, durant de brèves périodes. Il y étaient majoritaires à l’époque moderne, comme l’atteste l’étude menée au 19ème siècle par le vieux Marx.

 

Selon Daniel Pipes, l’intérêt des musulmans pour Jérusalem-Est à géométrie variable : il croit quand cette ville revêt une importance politique pour se dissoudre immédiatement après. (2) C’est exactement ce qui se produit depuis que les Arabes ont entrepris d’étrangler tout pouvoir juif dans ce qui est pour eux une terre d’Islam. Mais quand Jérusalem était entre les mains des Jordaniens, elle ne reçut la visite d’aucun notable musulman. Pire encore, les Jordaniens firent en sorte de réduire cette ville au statut de bourgade pour qu’elle ne fasse pas de l’ombre à Amman. La prière diffusée à la radio le vendredi soir n’était pas celle de la mosquée Al Aqsa mais d’une petite mosquée d’Amman.

 

2 – L’argument politique

 

Quand ils focalisent leurs demandes sur Jérusalem, les Palestiniens visent plusieurs objectifs.

 

Lorsqu’ils veulent lancer une insurrection, ils agitent le chiffon rouge de la mosquée Al Aqsa, l’arrière-plan de Jérusalem. Les Juifs prétendent-ils, veulent détruire la mosquée pour reconstruire leur Temple. C’est sous cette bannière qu’ont été déclenchés les pogroms de 1929 qui devaient aboutir à l’éradication des juifs de Hébron, l’insurrection contre le plan de partage Peel (1937/38), l’insurrection et la guerre contre le plan de partage de l’ONU (1947/49) et l’Intifada Al Aqsa d’Arafat en septembre 2000. Il y a quelques mois, le 27 septembre 2009, une tentative de troisième Intifada était lancée par le Sheikh Raed Salah. Alimentée par des troubles bien organisés sur l’Esplanade des mosquées au nom de la destruction d’Al Aqsa, elle a fait long feu, les Palestiniens manquant visiblement de motivation.

 

La seconde fonction de la revendication palestinienne sur Jérusalem est d’intimider les Occidentaux en faisant de cette ville un enjeu mondial entre l’Occident et le milliard et demi de Musulmans du monde entier. Il semble que Jérusalem ne motive vraiment qu’une très infime minorité des musulmans, même si les chefs politiques et leur organisme suprême, l’Organisation de la Conférence islamique, font corps sur ce sujet.

 

La troisième fonction de la revendication sur Jérusalem est de briser le moral et l’élan collectif des Israéliens. Abbas Ziki, l’ambassadeur de l’OLP au Liban déclarait en avril 2008 qu’avec la perte de Jérusalem, "le moral des sionistes s'effondrera et nous les mettrons dehors de la Palestine." La conservation de Jérusalem comme capitale unifiée d’Israël est d’ailleurs voulue par 80 % des Israéliens et personne dans le monde politique de ce pays n’est prêt à offrir sans négociations Jérusalem Est aux Palestiniens.

 

Enfin, plus prosaïquement, la demande palestinienne relève d’une stratégie de grignotage (dans la langue palestinienne cela s’appelle la théorie des étapes). En juin 1974, l’OLP est passée du slogan appelant à « jeter les juifs à la mer » à une théorie prévoyant de liquider l’état juif par l’annexion de petits morceaux de territoire et de pouvoir, l’un après l’autre. Le temps de gloire de cette doctrine fut celui des accords d’Oslo, en vertu desquels les stratèges de l’OLP menèrent leur affaire avec succès et obtinrent exactement ce qu’ils désiraient. Arafat fit dérailler ce train qu’il avait lui-même bien lancé avec une Intifada trop ambitieuse qui dessilla enfin l’œil des Israéliens.

 

La demande actuelle sur Jérusalem-Est, comme celle des deux États, renvoie immanquablement à la stratégie de grignotage, le meilleur indice de la sincérité pacifique palestinienne étant leur reconnaissance de l’état juif. Or ils s’y refusent comme ils refusent de renoncer au retour des réfugiés, et ils continuent leur politique d’incitation à la haine. Et voila que l’initiative suédoise satisfait merveilleusement leur attente actuelle.

 

3 – L’argument politicien

 

Les choses sont dans les faits encore un peu plus compliquées. C’est l’Autorité palestinienne et non le Hamas qui pèse de tout son poids sur la Suède pour faire aboutir la résolution de reconnaissance. C’est que les deux branches palestiniennes se font une concurrence acharnée sur fond de tortures et d’exécutions sommaires. Le Hamas est en passe de remporter une victoire politique majeure en forçant Israël à échanger le soldat Shalit contre des centaines des prisonniers, y compris les fameux prisonniers ayant du sang sur les mains. Ce succès risque de coûter au Fatah de Mahmoud Abbas le reste de légitimité dont il pourrait se prévaloir. Il est donc urgent qu’il remporte avant la libération de Shalit une grande victoire politique. Et bien entendu, cette victoire serait la reconnaissance, sur ses instances, de Jérusalem comme capitale de la future Palestine par l’Union européenne.

 

Le soutien diplomatique total de la Suède à ce projet renvoie inévitablement aux préjugés détestables qui dominent ce pays. L’antisionisme est en Suède un véritable trait d’union nationale, assis sur une peur maladive de l’Islam (et des musulmans très agressifs qui y vivent) et un antisémitisme affleurant. C’est en Suède qu’on célébrait par des affiches dans le métro et par une grande exposition la terroriste Hanadi Jaradat, trois mois après son forfait qui fit 22 morts civils dans un café d’Haïfa en octobre 2003. C’est la Suède qui se retirait en mai 2006 d’un exercice aérien européen parce qu’Israël y participait. Ce sont les autorités gouvernementales qui ne voulurent pas se démarquer depuis août 2009 des affirmations du grand quotidien suédois Aftonblatt, prétendant qu’Israël prélevait et vendait les organes des Palestiniens.

 

Si l’Union européenne votait la résolution suédoise, elle romprait avec sa politique traditionnelle visant à encourager un processus négocié entre Israéliens et Palestiniens. Elle renoncerait dans la foulée à toute influence au Proche Orient. Israël ne céderait pas car il ne peut pas céder. La division de Jérusalem rencontre l’opposition de l’opinion, surtout si elle est imposée de l’extérieur. Du point de vue de sa sécurité, Israël ne peut pas renoncer au contrôle de la ville, au risque de voir ses citoyens et ses institutions portée d’armes légères des Palestiniens, ne parlons pas des armes lourdes. De plus Jérusalem est aujourd’hui une ville unifiée, dont les services essentiels sont intégrés : eau, électricité, téléphone, égouts. On ne revient pas facilement sur ce genre de situation et on observe que dans le monde il n’y a plus de grande capitale divisée.

 

Il appartient aux Israéliens de prendre en toute souveraineté leurs décisions sur Jérusalem et d’en assumer les conséquences. Ce qui est sûr, c’est qu’une assemblée de ministres européens se ridiculiserait si elle statuait, à plusieurs milliers de kilomètres de distance, à l’initiative de son membre le plus lié à l’islamisme radical, du sort d’une ville dont l’héritage culturel et religieux est si immense.

 


Notes

 

(1) Il est vrai qu’un certain Yossi Melman a pu écrire le 6 décembre dans le fameux Haaretz un libelle intitulé : « Israël doit renoncer à Jérusalem comme capitale »http://www.haaretz.com/hasen/spages/1132946.html
(2) “The Muslim Claim to Jerusalem” Middle East Quarterly Septembre 2001
http://www.danielpipes.org/84/the-muslim-claim-to-jerusalem

 

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 20:44



L’EUROPE DES DROITS DE L’HOMME RENONCE A SES PRINCIPES ET AUX REGLES DU DROIT INTERNATIONAL


par Bertrand RAMAS-MUHLBACH

pour http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info/

 

 

http://www.ledevoir.com/images_galerie/d_40409_57233/referandum-minarets.jpg

En cette première semaine de décembre 2009, l’Europe des Droits de l’Homme semble avoir perdu l’ensemble de ses repères. Tout d’abord, la décision des  citoyens suisses (le 29 novembre 2009) d’interdire la construction de nouveaux minarets sur le territoire helvétique, a provoqué un tollé général. Localement, les associations de défense des Droits de l’Homme ont estimé qu’une telle interdiction violait la liberté de religion. Cet avis est également partagé par le gouvernement fédéral, pour qui cette interdiction est de nature à ouvrir une brèche dans les lois anti discriminations. Notons à cet égard que dès avant l’issue du référendum, le Président du Conseil suisse des religions et du Conseil de la Fédération des Églises protestantes de Suisse avait affirmé : « Cette campagne contre les minarets est dangereuse parce qu’elle affirme que les différentes religions ne peuvent pas vivre ensemble et quelles doivent se battre entre elles. Mais nous devons nous rapprocher et devons apprendre à nous parler les uns et les autres. C’est ça le vrai défi ». Pour justifier leur position, les détracteurs de l’interdiction de construire des minarets se sont placés sur le terrain de l’article 72 de la Constitution fédérale suisse qui garantit la liberté des différentes communautés religieuses de la confédération.


http://s.tf1.fr/mmdia/i/02/3/minaret-suisse-4081023keend_1379.jpg?v=4


Pour ce qu’il en est des Institutions Européennes, le Conseil de l’Europe (présidé par la Suisse depuis le 18 novembre 2009) estime que « l’interdiction de  construire des minarets viole les Droits de l’homme». Pour sa part, la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) considère que «ce vote aboutira à une discrimination envers les musulmans et portera atteinte à leur liberté de religion». Cet organe a même invité les autorités suisses «à examiner attentivement les conséquences de ce vote » et à faire ce qui est en leur pouvoir pour trouver une solution qui soit conforme au Droit international (sic). Notons enfin la position de la Ligue Arabe qui espère, elle aussi, une remise en cause du résultat du vote par des voies légales «en faisant appel aux autorités responsables et aux instances judiciaires comme la Cour Européenne des Droits de l’Homme» (sic).

http://www.tdg.ch/files/imagecache/468x312/depeches/afdd040.jpg


Ces débats illustrent en réalité l’égarement le plus complet des institutions internationales concernant la notion même des Droits de l’Homme. En effet, l’interdiction de construire des minarets ne s’oppose en rien à la liberté religieuse puisque les musulmans peuvent pratiquer leur religion dans leur domicile ou leurs mosquées. Les minarets n’ont jamais été un support de la spiritualité musulmane mais simplement un élément des mosquées ayant pour fonction de fournir un point élevé au muezzin pour appeler les fidèles à la prière cinq fois par jour (désormais, les minarets sont dotés de hauts parleurs à leur sommet).

 

Ainsi, non seulement l’interdiction de construire des minarets n’est pas de nature à porter atteinte à la liberté religieuse des musulmans mais encore, dans une société multiculturelle, c’est le minaret lui même qui porte atteinte à la liberté religieuse des non musulmans. De nombreuses personnes de la cité ne se sentent pas concernées par le système de foi musulman (et plus généralement par aucun système de foi). Aussi, se sentent-elles importunées (toujours au nom de la liberté religieuse ou de la liberté tout court) par des appels publics à la prière d’un groupe dont elles ne font pas partie. Sur ce point, l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme prévoit que « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ». Les adeptes non musulmans doivent donc être respectés dans leur liberté individuelle, tout comme les personnes athées pour qui le mécanisme religieux doit nécessairement ressortir de la sphère privée.

http://info.rsr.ch/xobix_media/images/tsr/2009/actu_20091129_11554086_3.jpg


En réalité, et au delà de l’interdiction de construire des minarets, c’est le respect du principe démocratique qui est remis en cause. Le peuple suisse est souverain et nul ne saurait critiquer son choix sauf à remettre en cause son droit à l’expression. Or, en cherchant à imposer la construction de minarets à un peuple qui n’en veut pas (au nom de sa liberté religieuse), les institutions européennes violent les Droits de l’Homme tout en refusant d’admettre que le vrai problème est celui d’un Islam qui fait peur.


http://aval31.free.fr/photosdiverses/islamiste.jpg


L’Europe redoute en effet d’une part une radicalisation des musulmans en Europe et dans le monde (comme cela avait été le cas lors de la publication des caricatures de Mahomet au Danemark), et d’autres part des répercussions financières internationales compte tenu de la puissance économique des pays du Golf persique. Pour autant, en renonçant aux principes philosophiques élaborés au fil des siècles, l’Europe prend le risque de perdre son âme et à terme, de disparaître.

 

http://gaboneco.com/Pics/Actualite/1256323073-soudan.jpg


D’ailleurs, le mutisme dont a fait preuve la Commission des Droits de l’Homme la semaine précédente est tout à fait surprenant : une jeune fille soudanaise âgée de 16 ans a été condamnée dans son pays à une peine de 50 coups de fouet (sans avoir pu contacter parents ou avocat) pour avoir eu l’outrecuidance de porter une jupe qui laissait apparaître ses mollets (cette jeune fille était pourtant de confession chrétienne et ne relevait théoriquement pas de la Charia). De même, une journaliste soudanaise a été condamnée quelques mois plus tôt à une peine de 40 coups de fouets pour avoir porté un « pantalon indécent ». Personne ne s’en est pourtant ému (pas même la Ligue Arabe si attachée aux Droits de l’Homme) alors que l’article 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme interdit « la torture, les peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants »...

http://www.houmous.net/wp-content/division-jerusalem.jpg

Dans cet esprit de renoncement généralisé (et toujours pour maquiller les mêmes craintes),  la Présidence suédoise de l’Union européenne a proposé de soumettre aux Etats membres le 7 décembre 2009, un document concernant le conflit israélo-palestinien dont l’objectif est d’aboutir à la création d’un Etat de Palestine « indépendant, démocratique, continu et viable qui comprend la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem Est pour Capitale ». Bien évidemment, l’Europe ne peux déposséder Israël de sa capitale éternelle ni violer sa souveraineté. Elle doit simplement favoriser la création d’un Etat palestinien souverain conformément au principe du Droit des Peuples à disposer d’eux même, c'est-à-dire sur les territoires sans souveraineté situés en Cisjordanie et à Gaza.

Pour l’heure, l’Europe est rongée par sa mauvaise conscience. En 1916, la Grande Bretagne a promis au Chérif de la Mecque Hussein de favoriser la création d’un grand royaume arabe indépendant, dirigé par la famille du chérif Hachémite en contrepartie de son aide pour renverser l’empire Ottoman. Dans le même temps, elle complotait avec la France pour se partager le Moyen Orient avec les accords secrets deSykes-Picot du 16 mai 1916. En 1917, la Grande Bretagne allait encore trahir le monde Arabe en promettant la fondation d’un foyer National juif en Palestine (Déclaration de Balfour 2 novembre 1917). Enfin, l’Europe a achevé son ingérence au Moyen Orient en décidant de la partition de la Palestine le 29 novembre 1947.


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4a/Sykes-picot.png


Aujourd’hui, l’Europe doit comprendre qu’il n’est plus possible de revenir sur ce qui a été fait. Elle doit donc s’en tenir aux règles du Droit International et notamment l’interdiction de détruire une unité nationale et une intégrité territoriale (résolution 1514 et 2625 Onu) voire encore l’obligation de respecter le principe de non-ingérence, défini la Charte des Nations unies (Chap I, Arti 2.7). Israël n’a certainement pas à régler ses problèmes de conscience.

ENTRE JERUSALEM ET SES MINARETS, L’EUROPE DES DROITS DE L’HOMME S’EGARE
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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 16:53

Stockolm capitale du « Suédistan »


Par Mordechai Kedar

Adapté de l'Hébreu par Danielle Elinor GUEZ

 

 


Sur son blog : http://www.news1.co.il/Archive/003-D-43113-00.html?tag=15-00-01

 

L'initiative de reconnaître Jérusalem comme capitale de l'État des Juifs et aussi des Palestiniens demanderait de la part de la Suède qui en est l’auteur, un petit test de connaissance historique : sur quoi est fondée la revendication palestinienne sur Jérusalem, et quand donc Jérusalem a-t-elle été la capitale de la Palestine ?

 

Il existe un phénomène grave dans le monde entier, répété périodiquement dans des entretiens accordés par des hommes politiques s’exprimant sur le sujet de Jérusalem. La plupart de ces entretiens traitent du partage de Jérusalem en deux capitales, de telle sorte qu'elle devienne évidemment la capitale du futur État palestinien et éventuellement qu'elle soit aussi reconnue comme capitale d'Israël. Mais lorsqu'il s'agit de la capitale palestinienne, on sous-entend la Vieille Ville et ses Lieux Saints tandis que pour la ville israélienne on sous-entend la ville occidentale qui s’est développée depuis 150 ans.

Cette semaine nous avons appris que la Suède - qui, ces jours-ci, est au centre de l'activité politique de l'Union Européenne - travaille sur une résolution qui reconnaîtrait Jérusalem comme capitale de deux états. À mon avis il y a deux raisons à cette initiative suédoise :

- la première est une attitude antijuive  profondément ancrée au cœur de nombreux Suédois comme celle qui a trouvé son expression récemment dans un article de diffamation d’un journaliste suédois Donald Boström selon qui Israël aurait tué des Palestiniens dans le but de leur prendre leurs organes,

- la deuxième étant de renforcer Abou Mazen à tout prix, même au prix de la suppression de l'État d'Israël de sa capitale historique et religieuse, capitale du peuple juif.

Ici, il est bon de souligner qu’Abou Mazen est considéré dans toute la Cisjordanie comme un cadavre politique. Personne ne sait ce qu’il va devenir, ni quels sont ses plans - surtout après qu'il ait déclaré son intention de démissionner - ni ce qu’il prévoit pour le peuple palestinien. En tant qu'originaire de la ville de Safed, il n'est pas considéré par le public palestinien de Cisjordanie comme « l'un des leurs » et il n’est pas non plus très populaire en raison de son implication dans la gestion des milliards de l'OLP, au fil des ans, depuis sa fondation. Le fait de nier la Shoa, de refuser de reconnaître Israël comme état du peuple juif, n'a pas nui à son statut international et même en Israël, il est considéré comme le favori parce qu'il a « découvert » que la violence palestinienne nuisait au projet palestinien plus qu'elle ne le faisait avancer. L'Europe l'aime parce qu'elle n'a personne d'autre à aimer. Arafat étant mort, Bargouti étant en prison et Meshal n'étant pas sympathique, les Européens ont fait d'Abou Mazen un partenaire dans la création du rêve européen d’un état palestinien pacifique vivant en paix avec ses voisins, en particulier avec Israël. Et qu’importe si le prix à payer que réclament les Palestiniens comprend Jérusalem ? La Suède ne se soucie vraiment pas de quelques questions fondamentales comme celles-ci :

- Au nom de quoi les Palestiniens réclament-ils Jérusalem ?

- A quelle période dans l’histoire, Jérusalem a-t-elle été la capitale de la Palestine ?

- Combien de dirigeants palestiniens ont-ils gouverné depuis Jérusalem ?


Si les Européens se posaient ces trois questions élémentaires, ils découvriraient que les revendications palestiniennes se fondent sur du vide, que Jérusalem n'a jamais été la capitale de la Palestine islamique (mais la ville de Ramla), et que jamais un souverain, un émir ou un roi palestinien n'a gouverné depuis Jérusalem. La revendication des Palestiniens à faire de Jérusalem leur capitale est motivée seulement et uniquement par la volonté de couper le peuple juif de son cœur palpitant, ce qui serait une première étape vers l'élimination de l'entité sioniste. Ce qui est grave c’est, semble-t-il, que les politiciens suédois le savent aussi mais coopèrent à la demande palestinienne à partir d'une approche antijuive et que certains Israéliens, à notre grande inquiétude, se joignent à cette coopération en alimentant eux aussi cette idée.

La première chose que doit faire Israël est la chose la plus simple : rappeler au monde que Jérusalem était la capitale d'Israël il y a 3000 ans qu'elle est la plus ancienne ville du monde qui est encore aujourd'hui la capitale d'un pays moderne. A titre de comparaison, Stockholm est devenue la capitale de la Suède seulement en 1634, c'est-à-dire il y a seulement 375 ans ; alors qu'est-ce qui donne à la Suède le droit et l'autorité de parler de Jérusalem, capitale éternelle du peuple juif ?


La deuxième chose que pourrait faire Israël c'est de déclarer Stockholm capitale du futur État islamique qui se développe et se construit en Europe. Et si les Suédois se comportent bien, alors Israël sera d'accord pour que Stockholm soit provisoirement divisée en deux capitales : l'une capitale de la Suède et l'autre du Suèdistan.


Cette éventualité n'est pas complètement détachée de la réalité car la croissance démographique en Europe - en Suède comme dans les autres pays d'Europe - indique clairement que dans 30 ans, il aura une majorité musulmane dans de nombreux territoires européens y compris en Scandinavie.

 

Seule une position israélienne forte, ferme et déterminée, fondée sur l'histoire juive que le monde occidental connaît bien, peut écarter les idées suédoises du cadre légitime de dialogue international. Je ne me souviens pas qu’il soit déjà arrivé qu'un État intervienne dans une décision souveraine d'un autre État dans le choix de sa capitale. C’est seulement lorsqu’il s'agit d'Israël, que des pays étrangers se permettent d’intervenir dans ces questions, et cela doit cesser.


Jérusalem n'est pas un sujet de négociation - ni avec des personnes proches ni avec des personnes éloignées.


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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 13:04
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