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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 05:52
Réalité et potentielS’efforcer d’atteindre les étoiles ou être plus réaliste ? Deux optiques réfléchies dans les lumières de ‘Hanoucca.

Les Sages du Talmud rapportent le célèbre différend concernant la ‘Hanouccia :

Beit Chamaï dit : « Le premier jour, on allume huit bougies et les jours suivants, on en diminue le nombre (le deuxième jour sept bougies, le sixième jour six, etc...). »

Beit Hillel, lui, dit exactement le contraire : « Le premier jour, on allume une bougie et chaque jour qui suit, on en augmente le nombre (le deuxième jour deux bougies, le troisième jour trois, etc...).

Cette controverse sert de tremplin à Rav Eliahou Dessler dans Mi’htav Mé-Eliahou pour pénétrer au plus profond de la compréhension de ‘Hanoucca. Il commence par donner une parabole : Imaginons deux amis. L’un d’eux va au kiosque acheter un billet de loterie. Le lendemain, il apprend qu’il a touché le gros lot. Tout excité, il le raconte à son ami. On peut se figurer leur joie, aussi bien celle du gagnant que celle de celui qui n’a pas gagné.

Quelque temps après, le gagnant achète un autre billet. La chance lui sourit de nouveau et il gagne derechef. Comme la première fois, il ne peut pas attendre et va le raconter à son ami. Celui-ci se réjouit avec lui mais pas tant que cela. Il se peut qu’il éprouve une légère rancœur de voir que son alter ego gagne tant d’argent et non pas lui.

Une fois de plus, l’ami riche se procure un nouveau billet et une fois de plus il gagne ! Tout à fait stupéfait, il se précipite chez son ami pour lui narrer la bonne nouvelle. Mais celui-ci éprouve alors une forte jalousie ; c’est trop difficile à supporter. Au contraire, pour la personne qui n’arrête pas de gagner, chaque billet ne fait qu’augmenter son exaltation et son bonheur.

Imaginons que cela se produise une quatrième fois puis une cinquième fois et ainsi de suite. En ce qui concerne celui qui amasse cette richesse, sa joie s’accumule de billet en billet. Quant à l’autre ami, son bonheur diminue au fur et à mesure.

Selon le Rav Dessler, cette contradiction existe également dans la façon dont on ressent la joie de ‘Hanoucca. Le premier jour, la plupart des personnes sont capables d’éprouver ce sentiment en allumant la ‘Hanouccia. Mais le deuxième jour, pour la plupart d’entre nous, cette joie perd de son intensité. Le troisième jour, elle est encore plus faible et diminue le lendemain puis l’après-lendemain.

Mais pour ceux dont la sensibilité spirituelle est profonde et interne, la fête est une source de joie qui va toujours en augmentant et qui le dernier jour atteint son apogée.

NEFECH, ROUA’H, NECHAMA

Le Rav Dessler poursuit son explication en comparant ces types de comportement à trois niveaux de l’âme : néfech, roua’h et néchama. Celui qui ressent la fête au niveau de néfech, l’échelon le plus bas, exécute des gestes de manière purement machinale ; il considère ‘Hanoucca comme allant de soi et n’est capable que d’actes superficiels.

Le degré intermédiaire, roua’h, c’est le cas de la plupart d’entre nous ; on peut éprouver la joie la plus profonde, la plus sublime mais seulement pendant un court instant. On s’y habitue et puis on a tendance à la considérer comme quelque chose de naturel. Cette joie a pu pénétrer pour le moment au plus profond de notre cœur mais elle s’évanouit rapidement.

Pour celui dont l’expérience de la vie se situe au niveau de la néchama, le plus haut degré, la joie de ‘Hanoucca laisse une marque indélébile sur son âme. Le sentiment qu’il en retire est si profond et si sensible qu’il peut s’y reporter tout le temps et s’en servir de base.

C’est ce qui a différencié la personne qui a vraiment gagné à la loterie et son ami. Pour le gagnant, cela a été une expérience personnelle qui a touché sa néchama. Chaque victoire a produit un impact durable qui n’a fait que s’accentuer de billet en billet. Mais pour son ami, qui n’a pas été concerné personnellement, ce succès était plus loin de lui et n’affectait que son néfech ou son roua’h.

La première fois, tous les deux ont pu partager le même bonheur. Mais à la huitième reprise, la distance qui les séparait devint énorme.

ATTACHONS-LES TOUS ENSEMBLE

Cette analogie, appliquons-la au différend talmudique que nous avons mentionné au début. Selon Beit Chamaï, on agence la loi en fonction du Juif moyen qui ne se sert que de son nefech. Il est donc logique de démarrer le premier jour avec huit bougies car la nouveauté de la mitsva et l’éclair d’inspiration qui s’en dégage ont le pouvoir d’élever l’acte même pour le Juif moyen. Et puisque les jours suivants, cela devient moins intense et plus routinier, on diminue au fur et à mesure le nombre de bougies.

Il se peut en fait que Beit Hillel soit d’accord sur le fait que la majorité des Juifs ressentent ‘Hanoucca à un degré inférieur, celui du nefech. Cependant ils affirment que la loi dans ce cas doit être adaptée à la minorité des individus qui s’efforcent d’éprouver la sensation la plus profonde et d’atteindre les sommets spirituels les plus élevés. En conséquence, on débute le premier jour avec une bougie et on en augmente le nombre les jours suivants. La loi se fait le reflet des Juifs de niveau élevé, ceux dont la sensation s’intensifie de jour en jour pendant ‘Hanoucca.

En se plaçant dans une autre perspective, Beit Hillel dit que la loi doit s’adapter au potentiel humain – ce qu’une personne peut devenir de manière idéale – alors que Beit Chamaï pense que la loi doit se conformer à la réalité – le niveau actuel où l’on se trouve réellement.

LE POTENTIEL PAR OPPOSITION À LA RÉALITE

Cette distinction inclut une question plus vaste se rapportant à la façon dont on vit son existence. Doit-on vivre sa vie religieuse comme on la ressent à présent ? Ou doit-on agir comme si on vivait à un degré supérieur dans l’espoir qu’on vivra finalement en accord avec ce niveau ?

Les deux attitudes peuvent se justifier l’une comme l’autre. La première position trouve sa raison dans le fait qu’on n’a pas envie d’être hypocrite. On ne veut pas avoir l’air d’être plus que ce que l’on est vraiment. Ce qu’on désire, c’est d’être comme ce qu’appelle le Talmud, to’ho keboro« être intérieurement ce qu’on semble être extérieurement ». Par conséquent, on vit selon la réalité que l’on ressent en ce moment. On n’essaie pas d’être plus que ce qu’on est. L’inconvénient de cette philosophie de la vie est qu’il y a danger de s’accoutumer à une norme de médiocrité. Il se peut qu’on n’atteigne pas les sommets parce que, jamais, on ne s’efforce de s’y hisser. On se confine dans une prophétie se satisfaisant d’elle-même et fondée sur des perceptions limitées de soi-même.

D’autre part, la deuxième manière d’aborder le sujet a l’avantage de nous donner accès à notre potentiel intérieur que, sinon, nous n’aurions jamais connu. Ceci est appelé dans la littérature classique d’éthique juive : « L’extérieur réveille l’intérieur. »Chacun d’entre nous possède en lui une qualité en veilleuse, susceptible de se manifester si l’on la soigne correctement, de même que le charbon est doué d’énergie latente capable de prendre feu si l’on emploie des méthodes adéquates. D’après l’expression citée ci-dessus, il faut agir comme si l’on se situait à un certain niveau alors même que l’on n’y soit pas encore car nos actions ont le pouvoir de nous donner accès à des états internes qui seraient autrement inaccessibles. Elles peuvent nous aider à recouvrer un potentiel inexploité n’attendant que d’être transformé en substance.

En vérité, l’idée d’éducation figure dans le mot ‘hinou’h en hébreu. Celui-ci a la même racine que ‘Hanoucca. Et tout comme ‘Hanoucca, ‘Hinou’h est censé, de manière idéale, insuffler en nous une image de ce que nous pouvons être – si éloignée qu’elle puisse être de celle que l’on a au départ. C’est également lié à l’autre signification du mot‘Hanoucca« consécration ». En se consacrant à un idéal, à une vision, on peut viser les étoiles et les cimes que l’on pensait auparavant inaccessibles. Après tout, c’est réellement l’objectif de l’éducation – pas seulement de transmettre des connaissances mais d’instiller dans la personne le sens de ce qu’elle peut finalement devenir.

La loi juive est conforme à Beit Hillel. On allume une bougie le premier soir et on continue d’accroître et de construire notre potentiel jusqu’aux huit bougies de la dernière nuit. Par conséquent, selon ce point de vue, la loi nous dit que nous avons tout d’abord la responsabilité de nous ingénier à atteindre les sommets. La médiocrité adoptée a priori dans son mode de vie est inacceptable.

Néanmoins, on se doit aussi de tenir compte de la règle préconisée par Beit Chamaï. On a besoin de se connaître soi-même et où on se situe de façon réaliste. Et on ne doit pas perdre contact avec cette réalité. Le dernier jour de ‘Hanoucca doit être le point culminant de l’expérience. Mais tout trop souvent, ça ne sert à rien.

En tenant compte de ces deux opinions, on débouche sur la philosophie de la Tora au sujet de la vie : S’efforcer d’atteindre les plus hauts sommets, quand bien même (ou parce que) ils semblent justement n’être pas à notre portée, en respectant cependant la réalité dans laquelle on se trouve – c’est-à-dire en prenant les précautions qu’il faut, en procédant étape par étape, en ne dépendant pas des miracles – précisément comme on escalade les marches menant au ciel.

Traduction et Adaptation de Claude Krasetzki
Pour http://www.lamed.fr/ 

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 06:06
L’éclairage des lumières







Les lumières de 'Hanouccah sont plus que le symbole de la victoire du peuple juif sur l’oppresseur assyrien venu imposer la culture grecque. Elles portent en elles des enseignements tant dans leur définition que dans leur mise en œuvre.

 1. Elles viennent d’abord rappeler que tout commandement est un moyen d’éclairer ce bas-monde par la lumière divine. En cela, elles deviennent l’expression physique du verset : « Un commandement est une bougie et la Torah est lumière ».

 2. Leur mise en œuvre est un crescendo : nous devons chaque soir ajouter une lumière. Le message est évident : si, le premier soir, il a suffit d’une seule lumière pour accomplir ce commandement, cette lumière devient insuffisante pour l’accomplir le soir suivant. Car, durant toute une journée, notre connaissance et notre comportement se sont améliorés et le niveau de notre accomplissement des commandements ne peut plus être le même. Aussi, nous rajoutons une lumière chaque jour, pendant toute une semaine. De même, de jour en jour, chaque semaine de l’année, notre service de D.ieu doit aller de l’avant car « on doit monter dans la sainteté sans jamais descendre », nous disent nos Sages.

 3. L’allumage doit se faire, selon la loi juive, devant la porte de notre maison, à l’extérieur. Il y a ici une allusion au fait qu’il ne faut pas se contenter d’éclairer son intérieur par la lumière de la Torah et des commandements divins. C’est pour nous un devoir en même temps qu’un mérite de diffuser le judaïsme hors de chez nous, dans le domaine public, en particulier auprès de ceux qui se trouvent encore en marge du mode de vie juif. Dans cette démarche, il faudra commencer par les éclairer lorsqu’ils sont encore au-dehors, sans attendre qu’ils viennent à nous. Dans un second temps, on s’efforcera de les rapprocher de nous, jusqu’à ce qu’ils nous rejoignent en notre intérieur.

 4. Un autre point : Les lumières de 'Hanouccah viennent nous enseigner que même si le soleil s’est couché dehors et que l’obscurité y règne, ce coucher du soleil nous annonce, en ces jours de fête, qu’un temps que le Créateur et le Maître du Monde a décidé de sanctifier par un nouveau commandement est enfin arrivé. Aussi, on remercie D.ieu et l’on fait la bénédiction : « Qui nous a fait vivre et nous a fait exister et nous a amenés à cet instant-là », instant béni où l’on repousse l’obscurité.

 5. Les femmes, comme les hommes, sont tenues d’assister à l’allumage des lumières de 'Hanouccah. Cependant, les femmes ont pris la coutume de ne pas travailler tant que les lumières sont allumées car elles ressentent en le message au point de perdre contact avec le quotidien.

 Il faut donc souhaiter que tous ces enseignements se traduisent dans notre vie quotidienne par une progression vers le haut qui nous conduira très bientôt à l’avènement tant attendu des temps messianiques.
http://www.fr.chabad.org/ 

(Adaptation d’une lettre du 20 Kislev 5746 du Rabbi de Loubavitch)

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 05:53


1. Dans le Talmud  


 
Grecs à Jérusalem
      Le miracle de 'Hanouka est décrit dans la Guémara du traité Chabbate 21a. Ayant chassé les profanateurs Grecs du Temple, les vainqueurs s’aperçoivent qu’il ne reste pratiquement plus d’huile consacrée, à l’exception d’une fiole scellée par Rabbi Yo'hanan Kohen Gadol. 

      Cependant, elle ne pourrait éclairer la Ménora que pendant un jour alors que le processus de fabrication d’huile en requiert huit. Ils l’utilisent néanmoins, et miracle, la Ménora brille de tous ses feux durant les huit jours. 

      Le Talmud présente trois coutumes :
1. Allumer une lumière chaque nuit par foyer
2. Allumer une lumière chaque nuit par membre du foyer
3. La méthode la plus répandue fait varier le nombre de
lumières chaque nuit. L’école de Bèt Chammaï, se basant sur les Korbanote (sacrifices) de Soukkote où le nombre de bœufs diminue chaque jour, propose de commencer avec huit lumières et de terminer avec une, tandis que l’école de Bèt Hillel est d’avis qu’il faut les allumer par ordre croissant. C’est cette opinion qui l’emporte. Excepté les situations dangereuses (époques des pogroms, inquisition en Espagne…) la 'Hanoukkia devrait être placée à la fenêtre donnant sur la rue, afin qu’elle soit vue de tous et que soit réalisé le devoir ('Hiyouv) de 
publication du miracle (Pirsoum Haness). 


      Et Rachi, commentant dans le traité de Chabbate 21b, dit que leur but est de rendre le miracle (de la fiole) public. 'Hanouka est aussi mentionnée dans la Michna plus ancienne du traité Méguila (30b). 


Grotte dans laquelle se cachaient les Marannes
      Par ailleurs, une retombée majeure mais méconnue de 'Hanouka sur la pratique du judaïsme:Yaharèg vèlo ya'avor (Michna Yoma 8:6 ; Yoma 85a et b ; Kétouvote 5a) est rapportée à travers l'histoire des 'Hassidim qui se font surprendre pendant Chabbate par l’ennemi et préfèrent se laisser tuer qu’enfreindre la sainteté de ce jour. 

      En effet, plusieurs commandements de la Tora étaient interdits par les nombreux ennemis du peuple juif à travers toute son histoire (pogroms, croisés, inquisition…). Cette tragédie conduit alors à établir le principe de Pikoua'h Néfèch ; il est désormais obligatoire de transgresser les lois, fût-ce celles du Chabbate, afin de préserver ou de sauvegarder une vie, à l’exception des trois cas de d'interdits dans lesquels la mort est préférable, à savoir le meurtre, les relations interdites et l’idolâtrie. 

      Certains Sages tirent d’autres enseignements du nom de 'Hanouka :
• 'Hanouka peut être décomposé en deux mots, « 
'Hanou » (« ils se sont reposés ») et « ka » (qui a pour valeur numérique de 25). En effet, le 25 du mois de Kislev, les Macchabées purent enfin se reposer, la guerre était gagnée.

• Le 25 du mois, les Grecs sacrifiaient à leurs divinités sur l’autel souillé. Bien que ce mois ne soit pas précisé dans ce verset, le nom de Kislev apparaît un peu plus haut. Quant au verset suivant, il indique que les femmes qui avaient fait circoncire leurs enfants furent massacrées. Le fait d’avoir entrepris une rénovation du Temple trois ans plus tard et d’y faire resplendir la Ménora serait donc la conséquence d’un choix délibéré des Macchabées.

      • La fête des Lumières est célébrée le 25 parce que le mot Or, (Lumière), est le 25e mot de la Tora : Yéhi Or, Que la Lumière soit !
• Il existe une controverse entre Bèt Hillel et Bèt Chammaï concernant la façon adéquate d’allumer les bougies de la 'Hanoukkia. Bèt Shammaï suggérait de commencer avec 8 bougies et d’en réduire le nombre à chaque nuit, alors que Hillel proposait de commencer avec une bougie et d’en ajouter 1 à chaque nuit. La Halakha suivit l’avis de Bèt Hillel.


2. Dans le Tanakh  


      Si la fête de 'Hanouka n’est pas mentionnée dans le Tanakh (la Bible), le terme - qui provient de la racine'Hanèkh, qui signifie édifier, inaugurer, s’y trouve lors de l’inauguration de l’autel en Nombres 7, et lors de l’inauguration du Temple de Salomon, dans le Livre des Rois. 

      On le retrouve dans le nom biblique de 'Hanokh, car il est l’édificateur d’une ville. Il est de coutume avant d’inaugurer une maison dans laquelle on compte vivre, de se réunir et de prier ; cette cérémonie est appelée 'Hanoukate Baïte. 

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 05:46



Allumage de la première Vendredi 11 Décembre au Soir 

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Par le Rav 'Hazan
http://www.universtorah.com/ns2_dossier.php?idd=482

'Hanouka a été instituée par nos sages, célébrant ainsi la victoire des Maccabim contre les troupes grecques d'Antiochus IV, ainsi que le miracle de la fiole d'huile qui brûla huit jours 
au lieu d'un seul.



Alexandre le grand
      En 336, le fils de Philippe de Macédoine, Alexandre dit le Grand accède au trône de la Grèce. 

      Agé d'à peine 20 ans, ce jeune homme courageux, ambitieux, unifie son pays avant d'entreprendre la conquête de tout le bassin méditerranéen. 

      C'est ainsi qu'il soumet la Perse, la Phénicie, la Judée à son pouvoir. La tradition juive rapporte qu'au moment où Alexandre s'approcha du Temple, le Grand Prêtre Chim'one Hatsadik s'avança avec ses somptueux habits de service. Alexandre le Grand se prosterna humblement devant ce saint homme. 

      Quand ses généraux s'étonnèrent de cette curieuse conduite, Alexandre répondit : " lorsque j'étais en Macédoine et que je rêvais de conquérir le monde, je vis en songe un ange semblable à ce Grand Prêtre qui me prédit que j'atteindrai mon but. Maintenant que je le vois en réalité, je m'incline devant le D. qui a parlé par sa bouche ". 


      Ainsi à cette époque lorsque la Judée est soumise à l'autorité grecque, le Bèt Hamikdach (le Temple) est épargné. 

      A la mort d'Alexandre, son empire est divisé entre ses quatre généraux. 

      Cassandre héritera de la Macédoine. Lysirnaque de l'Asie Mineure, Ptolémée Lagos dirigera l'Egypte, et Séleucus gérera la Syrie et la Mésopotamie. Ces deux derniers monarques seront à l'origine de deux dynasties : les Ptolémées et les Séleucides. 


 
Antiochus III
      Antiochus III, roi de Syrie, finit par dominer la Judée. Bienveillant à l'égard des juifs, il développe leur économie et les soutient sur le plan religieux. Un Sénat est créé qui deviendra plus tard le Sanhédrine. 

      L'autorité religieuse suprême reste le Grand Prêtre, garant des valeurs de la Tora. Inévitablement, cet essor économique engendre un déséquilibre entre les riches et les pauvres. Les nantis, plus proches du pouvoir, abandonnent les pratiques religieuses pour prendre la culture grecque comme modèle (on les nomme les hellénisants). 

      A la mort d'Antiochus III,son fils Antiochus IV lui succède sur le trône de Syrie. Ambitieux, il rêve de devenir un second Alexandre le Grand. Comprenant très vite que la résistance juive est un obstacle à ses ambitions, il aide les juifs hellénisés, en renvoyant de ses fonctions le grand prêtre Onias, fidèle à la Tora, au profit de son frère Jason. Ce dernier qui apprécie le mode de vie grec, développe la construction de gymnases et de théâtres à Jérusalem. L'hellénisation prend un nouvel essor. Mais, peu énergique aux yeux d'Antiochus IV, Jason est renvoyé de ses fonctions et remplacé par Ménélas, qui n'est pas Kohèn. 

      Ces différents évènements engendrent de nombreux troubles dans Jérusalem. Ainsi commence la rivalité des hommes pieux, appelés 'Hassidim contre les hellénisants. 


Pillage de Jérusalem par Antiochus

      Antiochus IV, mécontent du désordre qui règne alors en Judée, décide de frapper un grand coup. Il massacre une partie de la population, s'empare du Temple, et interdit la pratique de la Brite Mila (Alliance de la Circoncision), les célébrations du Roch 'Hodèch (Nouveau Mois), et du Chabbate. 

 
Mathatiahou tuant le Grec ayant profané le Temple
      Les Kohanim (prêtres) fidèles à la Tora décident de riposter par les armes, c'est le début de la révolte des Hashmonéens, dirigée par Yéhouda, le fils du Grand Prêtre Matatiahou. 

      Enfin, la voie de Jérusalem est libre, les troupes de Yéhouda remportent victoire sur victoire, la ville est libérée, et le Bèt Hamikdach est de nouveau inauguré, le 25 du mois de Kislèv. 

      Les Hashmonéensdécident d'allumer la Ménora (Chandelier à sept branches) avec de l'huile consacrée. Une seule fiole porte encore le sceau du grand prêtre. 

      L'huile de la fiole ne peut brûler qu'un jour, un miracle se produit et la Ménora reste allumée 8 jours d'affilée (le temps de se procurer de la nouvelle huile Kachèr). 'Hanouka est née, elle rappelle que la lumière de la Tora brillera éternellement. 



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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 05:41
Docteur Elie Botbol 
Strasbourg
 
Pour http://prof-fete.blogspot.com/2009/04/hanouccah.html



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YEROUCHALMI N°106®



L’allumage des lumières de Hanoucca coïncide avec la période de la célébration de la fête chrétienne de Noël mais aussi avec la fête païenne du solstice d’hiver qui glorifiait le dieu de la lumière Mithra. Le thème de la lumière présent dans ces trois commémorations comporte le risque de confusion du sens de ces festivités. D’ailleurs, l’envahissement de l’espace public et médiatique par des illuminations de tous genres tend à brouiller davantage la spécificité et l’origine historique de ces traditions, comme si la symbolique commune de la lumière qu’elles drainent prédominait, au détriment de leur sens propre.

Cette tentation n’est pas seulement le fait de ceux qui ignorent tout de l’histoire des religions, il existe aussi, en effet, une tendance chez certains historiens à trouver une filiation entre des rites similaires alors même que dans le fond ils n’ont rien de commun. La similitude entre les lumières de Hanoucca, les illuminations de Noël ou encore les feux du culte de Mithra n’échappe pas à la règle.

Afin de prendre le contre-pied de cette dérive, rappelons le sens et l’origine du rite des lumières de Hanoucca tels qu’ils sont relatés par le Talmud. Lorsqu’en l’an 164 avant l’ère chrétienne, les hommes de la dynastie hasmonéenne sont parvenus à réinvestir le Temple de Jérusalem souillé et dédié par les Grecs à Antiochus Epiphane, ils ne trouvèrent qu’une seule fiole d’huile pure cachetée par le sceau du Cohen gadol. Celle-ci ne contenait qu’une provision d’une seule journée pour l’allumage de la ménora, mais elle brûla miraculeusement durant huit jours. « L’année suivante, on fixa ces jours en les célébrant comme jours de fête, de louange et de gratitude » (Chabat 21b).

Il est permis de penser qu’aucune institution rabbinique d’allumage de Hanoucca n’avait été encore établie à cette époque puisque ce passage talmudique ne fait état que « des jours de fête, de louange et de gratitude » - et non de l’allumage. Il semble qu’aussi longtemps que l’allumage quotidien de la ménora du Temple était effectué, on pouvait surseoir à la commémoration du miracle de la fiole par l’allumage individuel de la hanoukia dans les foyers. Ce rituel a pu être institué plus tard, sans doute au premier siècle après la destruction du Temple. Mais cette concession interprétative ne signifie pas pour autant que le rite de l’allumage a été institué tardivement dans un esprit de mimétisme des pratiques romaines tel l’allumage de bougies sur l’autel de Saturne, comme le prétendent ces historiens.

Concernant l’allumage, le Talmud rapporte : Le commandement de Hanoucca consiste à allumer une veilleuse par maître de maison. Ceux qui souhaitent faire mieux, allument une par personne. Et encore mieux : ils allument par ordre décroissant de huit veilleuses à une seule « selon les jours sortant », pour l’école de Chamaï, et en allant crescendo de une à huit veilleuses « selon les jours entrant », pour l’école de Hillel.

Ce débat n’est pas sans nous rappeler les Saturnales et les Calendes, fêtes romaines qui duraient huit jours chacune et qui encadraient le solstice d’hiver. La décroissance des lumières proposée par Chamaï pourrait évoquer le raccourcissement des jours commémoré par les Saturnales et le crescendo de Hillel renverrait au renouveau solaire célébré par les Calendes. Voilà donc, pour ces historiens, la preuve de la filiation rituelle entre les lumières de Hanoucca d’apparition tardive - au premier siècle - et ces fêtes païennes antiques réaménagées par les Romains.

Certes, cette filiation est avérée concernant Noël. En effet, pour enrayer le culte païen des Saturnales et promouvoir le christianisme à Rome, le pape Sylvestre I fit avancer en l’an 320 la commémoration de la nativité chrétienne du 6 janvier au 25 décembre. Ainsi, le dieu Mithra laissa place au nouveau « dieu invaincu » des chrétiens. D’ailleurs, le dimanche (jour du dieu Soleil) a été aussi adopté comme jour de repos dans tout l’empire romain pour contenter païens et chrétiens, en l’an 321.

Qu’en est-il de la filiation des lumières de Hanoucca avec un culte antérieur ?

Dans le traité ‘Avoda zara 8a, il est fait mention d’une superposition de ces fêtes romaines avec un modèle plus ancien remontant au premier homme, Adam. Celui-ci avait célébré les huit jours précédant et suivant le solstice d’hiver pour exprimer sa reconnaissance envers D.ieu qui l’avait épargné de la mort. Il pensait, en effet, que la mort qui fut décrétée à son encontre comme sanction de sa désobéissance à l’injonction du fruit défendu se réalisait progressivement au fur et à mesure que les jours s’obscurcissaient. Lorsqu’il se rendit compte que les jours augmentaient leur durée à partir du solstice d’hiver, il comprit que ce phénomène était naturel et qu’il n’était pas dirigé contre lui. « L’année suivante, il en fit des jours de fête ». Aussi, pour le Talmud, la célébration païenne qui s’ensuivit à travers les siècles n’était rien d’autre que la déviation vers l’idolâtrie de ces jours consacrés à D.ieu par Adam.

Les lumières de Hanoucca ne peuvent en aucune façon être la réplique juive des fêtes romaines, et ce pour deux raisons.

La première relève du décalage existant entre les calendriers solaire et lunaire. Le crescendo des lumières prôné par Hillel ne peut, en effet, mimer les Calendes romaines car Hanoucca est souvent célébré bien avant le solstice d’hiver, au moment où précisément la luminosité des jours va en décroissant. De même, la décroissance des flammes de Chamaï pourrait coïncider avec l’après solstice lorsque Hanoucca est tardif et être ainsi déphasée par rapport aux Saturnales. Quel sens aurait un allumage qui déclinerait - comme le propose Chamaï - alors qu’après le solstice le soleil reprend de la vigueur ?

De plus, l’institution de base de l’allumage de Hanoucca ne demandant qu’une seule veilleuse par soir, il serait inadéquat de conférer à ce précepte une quelconque référence à la décroissance ou à la progression du soleil célébrées par ces fêtes romaines.

La seconde raison porte sur le fond. Le miracle de la fiole de Hanoucca ne signifie-t-il pas qu’au-delà de la nature et du déterminisme, il y a dans le judaïsme une réalité vivante qui puise sa force et sa source non pas dans les contingences de ce monde-ci - du dieu Soleil - mais dans une lumière transcendante enfouie dans l’esprit et dans le cœur de chacun d’entre les hommes. La célébration du miracle de Hanoucca vise précisément à perpétuer une lumière qui n’a rien de naturel, une lumière qui n’éblouit pas mais qui, au contraire, peine à exister et à survivre, à l’image de nos petites flammes de la Hanoukia qui s’accrochent difficilement à leurs mèches de coton. Cette lumière, c’est l’âme juive qui vacille et qui cherche son chemin à travers l’histoire sans se laisser éblouir par les attractions lumineuses venant de toutes parts, qu’elles soient grecques, romaines ou autres. Cette âme juive se reconnaît dans la lumière de la petite fiole d’huile cachetée par le Cohen gadol qui n’attend rien d’autre que d’être rallumée dans un sanctuaire épuré de toutes les scories. Et celle-là n’a rien de commun avec le dieu Soleil ou Mithra.

Dans le rituel de Hanérot halalou récité après l’allumage de la Hanoukia, le texte met l’accent sur une précaution centrale : « Ces flammes sont saintes ; nous n’avons pas le droit d’en tirer profit mais seulement de les scruter ». En effet, ces lumières ne sont pas là pour nous illuminer à l’instar des illuminations de Noël ; elles sollicitent, au contraire, notre protection eu égard à la fragilité de leur flamme. Rien de commun donc avec la célébration fastueuse du dieu Soleil ou de ses substituts. Plus qu’une célébration, Hanoucca est une sollicitation et une prise de conscience de l’appel qui nous a été adressé par le biais du miracle de la fiole d’huile. Dans un monde où le beau, les apparences et le monde de l’extériorité sont valorisées plus que tout, dans cette « obscurité grecque » qui voudrait nous faire « prendre des vessies pour des lanternes », la flamme de Hanoucca nous rappelle à l’ordre, à l’ordre de l’intime, de l’invisible, du spirituel et de la pureté du corps et de l’âme.

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 08:39

Rav Yéhouda Ruck
http://www.universtorah.com/ns2_dossier.php?idd=151







'Hanouka : Nature et Miracle…  

Le miracle de ‘Hanouka introduit l’ordre métaphysique au cœur de la nature… 

Dans le Traité Chabbate, 21b, la Guemara demande : 
«Qu’est-ce que c’est ‘Hanouka?» Ce à quoi elle répond : 
« Comme il est enseigné, le 25 Kislèv, débutent les huit jours de ‘Hanouka, pendant lesquels il est interdit de prononcer une oraison funèbre et de décréter un jeûne. Car, quand les Grecs pénétrèrent dans le Sanctuaire, ils y rendirent impures toutes les huiles. Mais quand la main des Asmonéens se leva et qu’ils l’emportèrent, ils cherchèrent partout et ne trouvèrent, fermée avec le sceau du Grand Prêtre, qu’une seule fiole d’huile, dont la quantité ne pouvait suffire à l’allumage que d’un seul jour. C’est alors qu’un miracle se produisit, et qu’ils parvinrent à allumer [le Candélabre] pendant huit jours consécutifs. L’année suivante furent alors institués huit jours de louange et de remerciement».


Et dans son livre Nèr Mitsva, le Maharal de Prague explique que « le fait que le miracle de la lumière se réalisa précisément pendant huit jours rend manifeste la gloire propre au Saint des Saints, et au sceau du Grand Prêtre sur lesquels les Grecs ne pouvaient avoir d’emprise. 
Car s’il fut possible d’allumer huit jours, c’est en vertu du fait que le Saint des Saints prolonge la dimension du sept et qu’il corresponde à la sphère du huit. Et ce parce que, le monde matériel ayant été créé pendant sept jours, la nature est soumise à l’économie du sept, tandis que, chevauchant l’ordre naturel, le huit est cette couronne qui surplombe les sept jours de la nature ».



Nèr Mitsva

Tombe du Maharal à Prague

Ainsi, si nous voulons essayer de saisir la nature de cette puissance attachée au Saint des Saints qui offrit la victoire au peuple juif sur l’empire grec, nous devons nous attarder sur le sens de ces deux ordres résumés dans les chiffres sept et huit. 

Nous serons alors en mesure de comprendre pour quelle raison c’est précisément face à l’empire de la raison que devait se dévoiler au peuple juif, avant qu’il ne soit plongé dans les ténèbres de l’exil où nous nous trouvons encore aujourd’hui, la nature intime de sa présence au monde.



Sept jours : signature du Créateur sur son ouvrage…  


Si le chiffre sept est ambivalent, c’est parce que, d’une part, il représente toujours l’idée de la loi naturelle, comme l’indiquent les sept jours de la création qui sont ceux de notre semaine, mais que d’autre part, il relève pour le peuple juif de l’ordre de la Kédoucha, de cette possibilité de rattacher la création à une dimension qui la dépasse. 

Et tel est le sens même des Mitsvote : prendre en charge cette responsabilité unique offerte à l’homme d’être la seule créature à pouvoir assurer le lien entre le haut et le bas, d’être ce réceptacle du sens rendant possible le dévoilement du projet divin, notre perception du chiffre sept exprimant ainsi ce pouvoir laissé au peuple juif de révéler l’intention qui préside à l’existence du monde, et l’intimité du lien que celui-ci entretient avec son Créateur. 

Ainsi que nous l’attestons par exemple lors de la récitation du Kiddouch, le Chabbate matin : « Ki Chéchèt Yamim ‘Assa Hachèm èt Hachamaïm véèt Harèts, ouvaYom Hachévi’i, Chavate Vayinafach », le Chabbate étant littéralement l’âme des six jours de la création1et, en vertu du respect que lui confère le peuple juif, le signe d’une Présence qui outrepasse le règne naturel2.



Ce que l’humaine raison ne veut pas voir…  


Or Yavane, la Grèce, est précisément cet empire qui, prenant sa source dans le Sékhèl, la pensée définie comme saisie des choses du monde en vue de leur utilisation, incarne l’idée de la domination de l’homme sur la nature. 

Envisageant que toute connaissance possible ne peut trouver son origine que dans la matière à partir de laquelle la compréhension du monde s’élabore progressivement pour venir se loger dans les limites que la raison a elle-même fixées à toute connaissance possible, son rapport au réel est littéralement une « préhension », c’est-à-dire une prise, une saisie du monde matériel désormais soumis au sujet connaissant et maîtrisant la nature3.



Destruction du Temple par les Grecs

Guerriers Grecs

C’est la raison pour laquelle, ce qui fait la particularité de l’exil de Yavane, c’est de vouloir faire disparaître le régime propre au chiffre sept, comme possibilité de la révélation de la sainteté inhérente au monde. 

Pénétrant dans l’enceinte du Sanctuaire (le Hékhal) où se trouvait la Ménora à sept branches, Yavane s’attaque aux huiles servant à son allumage afin de les rendre impures. Car, ce qui lui est insupportable, c’est cette idée que le monde puisse participer à une hauteur qui le dépasse. 

Et l’épreuve l’épreuve pour la Emouna que met en lumière la fête de ‘Hanouka, c’est justement le fait que l’empire de la raison (« ‘Hokhma Bagoïm Taamine ») a effectivement une véritable emprise sur ce monde, capable, ‘Halila, de faire disparaître cette possibilité d’un dévoilement métaphysique inscrit au creux de la matière et dont le peuple juif est à la fois l’acteur et le dépositaire.



Il aura fallu huit jours…  

Pourtant, parce que la sainteté conférée au monde par l’entremise des Mitsvote est elle-même le reflet de la volonté divine ayant présidé à sa création, le Sanctuaire relève d’une autre réalité que les Grecs ne pouvaient atteindre. Cette dimension, comme le souligne le Maharal, c’est celle du Saint des Saints, de cette hauteur imprescriptible et mystérieuse du Sanctuaire (Nèr Mitsva, ibid.), et à laquelle correspond le chiffre huit qui,indécelable et hermétique pour une intelligence trop humaine, vient s’ajouter au monde physique4

Car, , si au sept correspond le règne naturel comme accomplissement, (comme cela ressort de son étymologie, le sept se disant en hébreu Chéva’ qui vient du motSavéa’ ou en français le sept indiquant l’idée de satiété, de cette plénitude de l’existence révélée dans le Chabbate), le huit quant à lui se dit Chmoné. Il est de même racine que le terme Choumane qui signifie gras, indiquant par là l’origine même de ce paradoxe d’une révélation métaphysique du sens qui, bien que débordant le monde physique, vient pourtant se loger dans les limites de notre perception. 

Le dévoilement ainsi atteint ayant pour conséquence de modifier les conditions mêmes de son apparition, élevant le sujet connaissant (c’est-à-dire la matière comme support de la connaissance) à une nouvelle modalité de l’être, à laquelle désormais il participe activement. 

C’est pourquoi, le chiffre huit vient dire la source d’où tire son origine la sainteté, telle qu’elle nous est donnée à vivre dans ce monde. 

Comme c’est le cas du huitième jour de la Mila, des huit vêtements du Cohen Gadol, des sept plus une aspersions de sang du Grand Prêtre le jour de Yom Kippour sur le rideau qui relie précisément le Saint des Saints au Sanctuaire. 

Et bien sûr, c’est pour cette même raison que le chiffre huit est par essence celui du règne messianique, comme il ressort de plusieurs endroits : « C’est à la sortie de l’année sabbatique que le fils de David arrive » (Traité Sanhédrine, 97a). 

« Puisque, n’étant pas circonscrite dans le temps, il n’y a pas de temporalité propre à l’époque messianique, comme il est dit : « C’est aujourd’hui que j’arrive (…) ‘‘Si vous écoutez Ma voix, aujourd’hui’’ (Psaumes, 95, 7) » (Traité Sanhédrine, 98a) 5» (Nèr Mitsva).



Zote ‘Hanouka  


Ainsi, l’empire grec ne peut porter atteinte qu’à l’huile uniquement, c’est-à-dire à ce qui constitue le support matériel du dévoilement de la vérité, sans pouvoir jamais en saisir la nature métaphysique, son origine. 

La fête de ‘Hanouka est donc la seule a durer huit jours, dans la mesure où le chiffre huit représente cette ouverture sur une dimension qui échappe au monde de la nature. Et si le dernier d’entre eux porte le qualificatif de Zote ‘Hanouka, c’est justement parce qu’il désigne par là cette espérance qui vient se loger au cœur de la matière. 

Comme le rappelle le « Sfate Emèt », la fête de ‘Hanouka étant la dernière de l’histoire du peuple juif avant son entrée dans l’interminable exil que nous connaissons. 

Cette promesse que, par-delà la domination de la pensée matérialiste opérée par la philosophie grecque depuis Aristote6, le peuple juif a la possibilité de rester attaché à cette ouverture sur la libération du sens caractérisée par le chiffre huit et qui prend acte dans le monde à travers la Tora et les Mitsvote. 

Ainsi, dans le Sédèr de Péssa’h, la troisième et la quatrième coupes sont bues « en dehors » de la Sé’ouda, elles ne sont pas inclues dans une histoire qui s’estdéjà jouée7. Car l’exil inauguré par Yavane n’a pas encore pris fin, et c’est à nous qu’il incombe de relever le défi de la Kédoucha et d’endosser la responsabilité du dévoilement de la Présence divine et de son unité. 

Non pas tant donc chercher ou décider du sens du monde, que l’accueillir, s’ouvrir à lui et prendre en charge cette responsabilité de devenir le support susceptible d’en être le réceptacle authentique et fidèle. 

Car, c’est uniquement de cette manière que, s’accordant au préalable avec le monde et avec l’exigence de la Parole qui lui donne forme, l’homme qui se met en quête de la sagesse sera disposé à en révéler le sens et l’intention inscrits dans la création, et dont les huit jours de ‘Hanouka offrent à notre regard éclairé la révélation.

Zote ‘Hanoukacela veut dire faire résonner l’acte de la charge significative de la Parole et de sa transmission à travers les siècles. Exister dans l’intensité de la transcendance.


Yéhouda Hamakabi poursuivant ses ennemis


1 Voir le Or Ha’haïm Hakadoch sur Béréchite, 2, 3 : « C’est en vertu d’une raison qui n’est connue que de Lui seul et de ceux qui sont versés dans la science authentique, que D.ieu ne donna au monde la force d’exister que pendant six jours seulement. Il créa alors un jour unique [le Chabbate] pendant lequel D.ieu insuffle au monde une âme susceptible de le faire perdurer pendant encore six jours, et ainsi de suite ; et sans l’apparition de ce jour, le monde se serait détruit au bout de six jours et serait revenu au ‘‘Tohou vaVohou’’, etc. ». 
2 Et comme l’explique le Rabbénou Ba’hya, dans son livre « Kad Hakéma’h » sur le sens du mot « Chabbate » : si le Chabbate est appelé « Ote », un « signe », c’est en vertu du fait qu’il témoigne de la nature même du monde. Ainsi le verset «Béni ouVèn Bné Israël Ote Hi Lé’Olam », vient rappeler que le monde est le résultat d’un acte créateur (« Yéch mi Èn »), et non le règlement hasardeux d’une matière qui existerait de toute éternité (« Kadmoute Ha’olam »). 
3 Ainsi, la valeur numérique du mot « Yavane » (66) est la même que celle du mot « Galgal », la roue ou le cycle [de la nature]. Elle tire sa racine du mot « Gal » qui signifie « dévoiler », l’empire grec n’ayant d’emprise que sur le monde des apparences, sur les phénomènes, sur ce qui est de l’ordre du dévoilé. 
4 Comme cela ressort de cette rencontre qui eut lieu entre Platon et le prophète Jérémie et dont on trouve mention dans le livre Nichmate ‘Haïm, du Rav Ménaché Bèn Israël (2nde partie, chap.10). Et surtout dans l’ouvrage du Rama « Torate Ha’ola », cité par l’auteur du « Lèv Eliyahou », sur Béréchite, p.263, et rapporté aussi par le Rav Pinkous, in Galout ouNe’hama, p.53. Où il est dit qu’alors que Jérémie pleurait la destruction du Temple, Platon s’approcha de lui et lui dit : « Toi, homme sage parmi les Juifs, pourquoi pleures-tu des pierres et des poutres ? ». Ce à quoi le prophète répondit : « Tu es, dit-on, un grand philosophe ; n’es-tu pas confronté à de grandes questions philosophiques ? ». « Bien sûr, répondit-il, mais je ne pense qu’il soit homme qui puisse y répondre ». « Pose-les moi toujours », lui dit Jérémie. Et c’est alors que Platon interrogea Jérémie sur les grands paradoxes de la pensée dialectique, et Jérémie les répondit tous, au point où Platon ne savait plus si l’homme qui se tenait devant lui était un homme fait de chair et de sang, ou un ange. Le prophète lui dit alors : « Sache que toute ma sagesse me vient de ces pierres et de ces poutres que je pleure ! ». 
« Le Messie n’entre pas sous la catégorie du temps, et sa venue est de chaque instant. C’est la raison pour laquelle, il est nécessaire que le réceptacle soit susceptible de l’accueillir », Nétsa’h Israël, chap.28 ; et au chap. 60 : « Le Messie déclare : ‘‘Je viens aujourd’hui !’’. Et ce, parce que la temporalité propre à la venue du Rédempteur, c’est la pure présence ». 
Cf. « Nichmate ‘Haïm » (Amsterdam, 1652) du Rav Ménaché Bèn Israël, 4ème partie, chap.21 où, citant le Rékanati sur les paroles du Zohar (Parachate ‘Houkate,19, 2) : « ‘‘Sans défaut’’, c’est l’empire grec dont les représentants se rapprochent des sentiers de la foi », on peut lire qu’il est question de « la philosophie des anciens [Grecs] ayant précédé Aristote, et dont les propos vont dans le même sens que les paroles de nos Sages ». 
7 Il s’agit des coupes du Birkate Hamazone et du Hallèl. Cf. Bné Issakhar, Péssa’h, Maamar 4, les quatre coupes du Sédèr, p.61 et suivantes.
 

R. Yehuda-Israël Rück
Pour vous procurer le « Nèr Mitsva » traduit en français, contacter l’auteur:
ruck@bezeqint.net
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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 05:41
Pourquoi les Juifs et les Grecs ne pouvaient-ils pas s’entendre ?
Une guerre philosophique, d'hier à aujourd'hui



Question :

J’ai du mal à apprécier ‘Hanouccah. À mon sens, toute cette histoire fut un désastre absolu. Voilà la rencontre de deux cultures tellement riches, qui auraient pu partager tellement de choses et tellement apporter au monde ensemble, et au lieu de cela : blam ! Les extrémistes des deux camps ont déterré la hache de guerre.

Je ne comprends pas. Les Grecs étaient universalistes. Ils étaient ouverts aux nouvelles idées, d’où qu’elles proviennent. Ils ont répandu la connaissance et la compréhension dans tout le bassin méditerranéen. Cette rencontre était une occasion en or de faire connaître les valeurs juives au monde. Pourquoi ces fanatiques de Maccabées n’ont-ils pas été capables de trouver un compromis ?

La réponse courte :

Ce fut effectivement la plus grande chose qui pouvait arriver à l’esprit grec : découvrir la seule chose qu’il ne pouvait pas tolérer. Un peu comme le kinésithérapeute qui vous aide à trouver l’endroit de votre dos sur lequel il ne faut surtout pas appuyer.

Pour le Juif, aussi, ce fut une expérience édifiante. Les lignes rouges sont apparues clairement, et, grâce à ces lignes directrices, la Torah devint capable de survivre jusqu’à aujourd’hui.

La réponse longue :

Vous avez raison sur un point : toute l’histoire de ‘Hanouccah constitua un épisode complètement atypique de l’histoire de la Grèce Antique. Je ne pense pas que celle-ci ait jamais réprimé ou interdit une quelconque autre culture. Chaque civilisation nouvellement conquise possédait ses dieux et ses rituels propres, et c’était formidable aux yeux des Grecs. « Hey, vous avez des dieux ? Nous aussi ! On fait un échange ? Vous avez des rituels ? Vous avez des croyances ? On adore ça ! On va même vous aider à faire de belles et grandes statues ! » Les Grecs étaient de grands syncrétistes, c’est-à-dire qu’ils pouvaient mélanger toutes les cultures du monde connu et en faire une grande tchouktchouka..

Dans ce cas, que pouvaient-ils bien avoir contre les Juifs ?

Bien sûr, il y avait des conflits d’intérêt politiques, qui constituèrent les raisons apparentes de cette confrontation. Mais il est évident que quelque chose de plus profond était également en jeu. Un malaise subliminal qui a fait apparaître le pire aspect des Grecs et a poussé les Maccabées à la révolte. Apparemment, il y avait quelque chose dans la mentalité juive qui ne se prêtait pas à ce joyeux mélange.

Considérez les choses du point de vue juif : les Juifs ont aussi emprunté de toutes les cultures avec lesquelles ils ont été en contact. Quoi que vous dise votre grand-mère, Abraham ne tartinait pas ses tranches de guefilte fish avec du raifort. Et la culture de laquelle nous avons le plus emprunté fut certainement celle de la Grèce Antique. Le Talmud nous dit que le seul langage dans lequel la Torah pouvait être traduite élégamment était le grec. Il y est dit que c’est une langue magnifique. Il y est dit que, d’entre tous les peuples, les Grecs avaient les idées les plus proches des nôtres. Nos Sages ont fait l’éloge de nombreux philosophes grecs. Maïmonide a écrit qu’Aristote fut un demi-prophète. Le Seder Hadorot, un livre d’histoire juive classique, prétend qu’Aristote devint juif !

Alors que s’est-il passé ? Pourquoi un clash aussi violent ? Pourquoi les Juifs n’ont-ils pas été capables de trouver un quelconque compromis avec le dirigeant hellénique ?

Nous avons besoin de répondre à cette question parce que, de manière très tangible, ‘Hanouccah se perpétue. Notre société aujourd’hui est un bizarre amalgame de ces deux cultures, la culture hellénique et la culture juive. Si ce conflit a eu lieu dans le passé, la question est : a-t-il trouvé sa résolution avec le temps ? Ou bien combattons-nous encore les éléphants grecs ? En d’autres termes : notre société est-elle schizoïde ?

Tête à tête – et au-delà

Alors voici comment la conversation se déroule. Quelle conversation ? Celle qui se tient depuis que l’esprit grec et l’esprit juif se sont rencontrés, il y a presque deux millénaires et demi. Où se tient-elle ? Pour l’essentiel, quelque part dans les profondeurs des consciences juives :

Le Grec : Alors parlez-nous de vos dieux, M. Maccabée.

Le Juif : Hum, il faut le dire au singulier.

Le Grec : OK, parlez-moi de vos dieux.

Le Juif : Non, pas vous. D.ieu. D.ieu est singulier. Un seul dieu.

Le Grec : Ne vous en faites pas, nous en avons tellement que je suis sûr que nous pourrons vous en céder quelques-uns.

Le Juif : Merci, mais ça va, un seul nous suffit.

Le Grec : Et ce D.ieu unique, à quoi ressemble-t-Il ? Nous serions enchantés de vous confectionner quelques belles statues. Vous autres, pauvre peuple inculte, vous n’avez pas de statues !

Le Juif : C’est parce qu’il ne ressemble à rien.

Le Grec : À rien ? Il est moche ? C’est génial : un dieu de laideur ! Ne vous en faites pas, nous pouvons faire des statues laides aussi.

Le Juif : Non, non. Il n’a pas d’apparence du tout. On ne peut pas le voir.

Le Grec : Un D.ieu invisible ? On peut peut-être le faire en verre. Mais vous devez nous fournir une description.

Le Juif : Non. Désolé. Pas de description.

Le Grec : Vous voulez dire que personne ne L’a jamais vu ? Comment pouvez-vous vénérer quelque chose si vous ne savez pas de quoi il a l’air ? Comment savez-vous même qu’Il existe à la base ?

Le Juif : Ce n’est pas que nous ne savons pas quelle est son apparence. Il n’a pas d’apparence. Il n’a pas d’image.

Le Grec : Dans ce cas, je suis désolé. S’Il n’a pas d’image, nous ne pouvons pas faire de statue.

Le Juif : Ça nous convient parfaitement.

Le Grec : Mais nous voudrions écrire des livres sur Lui. Alors donnez-nous une définition sur laquelle nous pourrons élaborer.

Le Juif : Oh, notre D.ieu ne peut pas être défini.

Le Grec : Allez, ça va. Toute chose doit avoir une définition. Autrement ce n’est pas une chose.

Le Juif : Mais D.ieu n’est pas une chose. Il crée les choses. Mais Il n’est pas une chose.

Le Grec : Oh ! Alors Il est l’Esprit Cosmique qui conçoit et façonne toutes les formes à partir de la matière primaire essentielle.

Le Juif : Non, Il ne fait pas que les façonner, Il les crée. À partir de rien.

Le Grec : Là vous commencez à dérailler. Vous ne pouvez pas faire quelque chose à partir de rien. Il vous faut forcément une matière première.

Le Juif : Mais il n’y avait rien lorsque tout a commencé.

Le Grec : Il y a toujours eu quelque chose. Comment l’Esprit Cosmique aurait-Il pu faire quoi que ce soit autrement ?

Le Juif : À partir de rien !

Le Grec : Regardez, vous les Juifs vous ne pensez vraiment pas droit. Mais ce n’est pas grave. Nous avons conquis toutes sortes de peuples primitifs. Vous apprendrez, vous aussi. Alors vous vénérez l’Esprit Cosmique, hein ? Vous vous entendrez à merveille avec Aristote et…

Le Juif : Non, Il n’est pas uniquement l’Esprit Cosmique.

 Le Grec : Mais rien n’est plus élevé que l’Esprit Cosmique.

Le Juif : Parce que ce n’est pas qui Il est. Je veux dire, même s’Il n’avait pas créé le monde, Il serait toujours D.ieu. De sorte que vous ne pouvez pas dire « Voilà qui Il est : Celui qui crée le monde ». Il n’a pas besoin de l’existence du monde pour exister.

Le Grec : Bien sûr qu’il doit y avoir un monde. Autrement pour quoi y aurait-il un monde si son existence n’était pas nécessaire ? Le monde est logique. L’Esprit Cosmique est logique. Tout est là : la raison. Ce qu’il y a de plus élevé et de plus parfait. Nous autres Grecs vous enseignerons tout ce qu’il faut savoir à ce sujet. Maintenant, parlez-moi de vos rituels. Nous autres Grecs adorons les rituels. Vous en avez qui sont liés au vin ? Des fêtes ?

Le Juif : Tout à fait, nous faisons le Kidouche le vendredi soir pour commémorer la création du monde à partir du néant.

Le Grec : Et bien vous pouvez laisser tomber celui-là maintenant que je vous ai démontré que la création du monde à partir de rien n’a aucun sens.

Le Juif : Nous ne consommons pas de lait avec de la viande.

Le Grec : Pourquoi pas ?

Le Juif : D.ieu l’a ordonné.

Le Grec : Pour quelle raison ?

Le Juif : Raison ? Il a besoin d’une raison ? Pour la même raison, Il a créé le ciel et la terre.

Le Grec : Qui est donc…

Le Juif : Qu’Il le voulait.

Le Grec : Ce n’est pas une raison !

Le Juif : Bien sûr que si. Il a décidé qu’Il voulait un monde dans lequel il y aurait du lait et de la viande et dans lequel Il dirait à des gens « Ne mangez pas de lait et de viande ensemble », et ceux-ci obéiraient.

Le Grec : Mais ça n’a aucun sens. Ce n’est pas une raison.

Le Juif : La raison est juste l’une de Ses créations.

Le Grec : La Raison est l’Absolu ! Il n’y a rien de plus haut que la Raison !

Le Juif : D’accord, alors expliquez-moi pourquoi le monde est tel qu’il est. Pourquoi un plus un égale deux ? Pourquoi le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux côtés du triangle ? Pourquoi des lignes parallèles ne se rencontrent jamais ?

Le Grec : Mais parce qu’il y a les lois de la géométrie !

Le Juif : Alors dites-moi pourquoi l’Esprit Cosmique, comme vous l’appelez, doit suivre vos lois de la géométrie ?

Le Grec : Ce ne sont pas nos lois ! Ce sont les vérités évidentes de la nature !

Le Juif : Pourquoi sont-elles elles les vérités et pas autre chose ?

Le Grec : Espèce de Juif entêté ! Ne voyez-vous pas que c’est là la manière la plus élégante et rationnelle de présenter les choses ?

Le Juif : Je vous parie qu’Il pourrait les briser, ces vérités. Je vous parie que notre D.ieu pourrait créer un monde dans lequel des lignes parallèles pourraient se croiser. Il peut briser toutes les lois de la nature.

Le Grec : On ne peut pas briser les lois de la nature ! Elles ne sont pas comme les lois d’un pays, ou comme vos stupides lois sur les cheeseburgers. Elles sont des vérités. Elles sont parfaites. Elles sont la base de la réalité. Elles existent parce qu’elles doivent exister.

Le Juif : Rien ne doit exister. Rien, à part la Source de l’Existence. Mais Lui, Il peut exister de la manière qui lui plaît.

Le Grec : La géométrie doit exister. La causalité doit exister. La logique doit exister. Si A=B alors B=A. C’est une Vérité absolue. Elle est obligée d’exister.

Le Juif : Pourquoi ?

Le Grec : Pourquoi ?! Mais parce que si elles ne sont pas obligées d’exister, alors moi et vous et le monde entier n’avons pas de réelle substance ! Et ceci est impossible !

Le Juif : C’est précisément ce que j’essaye de vous dire. Ce monde n’a pas de réelle substance. La seule vérité est que…

Le Grec : Ne le dites pas, M. Maccabée ! Vous autres êtes des gens dangereux.

Et c’est pourquoi les Grecs n’ont pas interdit l’ensemble de la pratique juive. Ils ont (initialement) interdit seulement les pratiques qu’ils trouvaient irrationnelles. Ces Mitsvot que les Juifs accomplissent simplement parce qu’ils croient qu’ils sont en relation avec un Être qui est plus haut que la raison. Ceci, les Grecs ne pouvaient pas le tolérer.

Bien sûr, comme vous le savez, de brillants garçons ont fini par développer des systèmes géométriques dans lesquels des lignes parallèles se rencontrent. La physique quantique a mis au rebut la relation de cause à effet. On a découvert que le monde a eu un début. Et même maintenant il est toujours néant, car la somme de toutes les énergies rayonnantes moins toute la masse de l’univers est égal à zéro. La plupart d’entre nous ont accepté l’idée qu’il existe des choses qui ne sont pas telles qu’elles sont pour une raison quelconque, mais parce que c’est comme cela qu’elles sont. Rien nedoit être comme il est. Pourquoi les masses attirent-elles ? Pourquoi l’herbe est-elle verte ? Pourquoi tout simplement le monde existe-t-il ? Il ne doit pas y avoir de raison pour chaque chose, parce que la raison n’est pas le fondement de la réalité. Alors qu’y a-t-il d’absurde de se lier avec le Fondement de la Réalité à travers des Mitsvot qui dépassent la raison ?

L’esprit sous la matière

Malgré cela, la bataille se poursuit. Voyez-vous, comme nous l’avons mentionné plus haut, l’esprit grec, à côté de sa vénération pour l’intellect humain, est également un grand syncrétiste. Cela signifie qu’il est capable de souder ensemble les idéologies les plus divergentes sans sourciller. Vous avez entendu parler des Rice-Christians? Des Peyotlistes-Catholiques ? L’esprit grec peut produire des spiritualités exotiques de ce genre à foison.

Ces deux caractéristiques de l’esprit grec vont de pair : quand il n’y a rien de plus élevé que l’intellect, celui-ci n’a pas de lumière pour le guider. Toute chose, même la plus stupide – tant qu’elle ne nie pas l’intellect – peut être tolérée. Aristote savait que le panthéon des dieux de l’Olympe était une absurdité. Mais quel mal y avait-il à ce que le bon peuple, qui n’est pas capable de plus de sagesse que ça, fasse ce qu’il a envie ?

On peut aisément se rendre compte que la conscience d’une Volonté Divine absolue qui transcende la raison est devenue d’absolue nécessité pour la survie de l’humanité. Sans le présupposé d’une Volonté Divine, toute chose que vous souhaitez être logique, peut devenir logique. Si votre système de logique ne tolère pas une certaine idée, changez simplement de postulat et réévaluez les choses. Tout peut devenir sensé quand c’est vous qui déterminez les hypothèses. Toutes les civilisations ont eu leurs philosophes et ces philosophes ont justifié tout ce qu’on peut imaginer : depuis les « jeux » de massacre du Colisée jusqu’aux chambres à gaz.

Étrangement, ceci peut s’avérer avoir été au bénéfice de l’humanité sous un aspect : l’esprit grec s’est employé à comprendre le monde matériel. Lorsque votre système de croyances commence avec la révélation divine, vous ne vous appliquez pas nécessairement à la préoccupation toute terrestre de comprendre le fonctionnement des choses. Ainsi le progrès technologique est-il devenu principalement le domaine d’action de l’esprit grec à travers l’Histoire.

Mais cela a aussi des conséquences néfastes. Parce que lorsque vous mariez l’intellect et le matérialisme (ce qui décrit bien la Russie de Staline ou l’Allemagne d’Hitler), vous pénétrez dans des sables mouvants sans fond.

Ce qui nous amène à un point fascinant. Le Rabbi de Loubavitch relève qu’en hébreu, le mot pour désigner la Grèce Antique, Yavan, possède un autre sens : les sables mouvants (comme dans le troisième verset du Psaume 40 ; voir Talmud Erouvine 19a). L’eau se mélange avec du sable, de la poussière et de la glaise. Vous marchez dedans et vous ne pouvez plus sortir. Et plus vous essayez de remonter, plus vous vous enfoncez.

Jetez un œil sur les lettres hébraïques du mot Yavan : יון. Cela commence avec un petit point, le youd, qui représente la sagesse. Celui-ci s’étire vers le bas pour devenir un vav. Et le vav s’étire encore davantage, passe sous la ligne, pour devenir un long noun. Tout cela est une description du processus par lequel l’intellect sombre dans le monde matériel. Rien ne le maintenant en place, il descend toujours plus bas.

Un âne et un bœuf

Aujourd’hui, nous avons des syncrétistes qui aspirent à marier le matérialisme et la Torah. Et rien n’est aussi incongru que cela.

Le matérialisme, c’est l’absolu grec enlisé dans la boue. C’est l’idée que tout ce qui existe est ce qui peut être observé, décrit et expliqué. L’évolutionnisme, par exemple, est une explication matérialiste de l’existence. Lorsque les gens ont commencé à être déçus par l’Église et par la foi, ils avaient besoin d’une explication de l’existence qui se basait uniquement sur le Hasard et la Nécessité, sans avoir recours à D.ieu. C’est exactement ce que le Darwinisme et les cosmologies actuelles procurent. De même que les interprétations standard de l’Histoire que l’on enseigne aujourd’hui.

La Torah est la notion que l’existence du monde est sous-tendue par une Volonté Divine, qui n’est pas affectée par les limites de la nature ou de la logique humaine, parce qu’elle en est la source. Pourquoi y a-t-il des lois de la nature ? Parce que D.ieu choisit généralement d’agir de manière cohérente. Pourquoi l’Histoire s’est-elle déroulée ainsi ? Parce que tel est le plan de D.ieu.

Lorsque quelqu'un tente de donner une explication matérialiste de la Torah et des Mitsvot, il crée un lit de Procuste et détruit du même coup tout le sens de la Torah. De même, chercher à résoudre les conflits entre les doctrines évolutionnistes et la Torah a moins de sens que de marier un âne à un bœuf.

Oui, nous essayons de comprendre autant que nous le pouvons. La Torah nous commande de penser avec profondeur, d’immerger notre intellect dans l’étude et la compréhension. Tout ce que nous pouvons percevoir avec notre intellect, nous avons le devoir de chercher à l’appréhender. Si nous possédons une explication, nous avons le devoir de la formuler. Mais toujours avec la conscience que chaque nouveau grain de compréhension acquis n’a fait qu’élargir la plage qui borde l’Insondable Infini.

Nous pouvons avoir mille raisons de ne pas mélanger le lait et la viande, mais notre pratique concrète ne repose que sur le fait que telle est notre connexion avec la Volonté Divine, la Vie de Toute Chose.

Et ceci est la victoire de ‘Hanouccah

 Source : http://www.fr.chabad.org/

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 05:37
Une lumière pour chaque maison, une lumière pour chacunIl a fallu le courage intellectuel et physique de Mattathias et de ses fils pour ramener à la conscience notre peuple presque totalement vidé de son contenu spirituel.
Par l'allumage du chandelier, par des louanges et des remerciements : voilà comment, selon le Talmud, on commémore les événements de 'Hanoucca.

Dans le Traité Roch Hachana (18b), il affirme que bien des jours de fête commémorant des miracles furent abolis lors de la destruction du Temple. Pourquoi la fête de'Hanoucca, qui ne célèbre qu'une victoire rapidement effacée par l'histoire, est-elle demeurée en vigueur ? Parce qu'elle est matérialisée par une mitsva et que son miracle en est resté célèbre.

Pour qu'une fête soit maintenue dans le calendrier juif, il faut donc qu'elle véhicule une valeur indépendante du contexte politique. Que Juda Maccabée ait eu une victoire éclatante, cela est du passé ; mais que le peuple juif ait redécouvert le sens de la Menora est une réalité ineffaçable.

 

UNE REDECOUVERTE

 

Plusieurs rites combattus par nos ennemis s'en sont trouvés renforcés par la suite. C'est depuis que l'on a voulu empêcher les communautés de réciter le chema' le matin qu'on l'a inséré dans la répétition de la prière de moussaf. Par la suite, on les a maintenus l'un et l'autre. Depuis que l'on a empêché la lecture de la Tora en public, on a commencé à lire des textes des Prophètes. A l'heure actuelle, on fait les deux lectures. Nos Sages ont considéré que si les peuples remettaient en cause certaines pratiques, c'était un appel de la Providence qui nous forçait à les approfondir et à en trouver le vrai sens.

C'est donc depuis que les Grecs ont réussi à abolir, à tourner en ridicule, pendant un certain moment, le rôle du Grand Prêtre, que le peuple entier s'est mis à pratiquer le rite qui symbolise son sacerdoce. La grande prêtrise n'existe plus, mais cette valeur nous est restée. C'est là le fruit de la lutte des Maccabées.

La tradition orale explique que si "notre maître Moïse" plaidait essentiellement la cause de D.ieu, Aharon le Grand Prêtre voulait se trouver du côté du peuple juif. Moïse, à la vue du Veau d'Or, ordonna une guerre fratricide. Aharon, quant à lui, avait préféré feindre de participer à la confection de l'idole pour rester moralement près de ses frères. Aharon, lors de sa mort, fut pleuré par le peuple "tout entier". C'est, expliquent nos Sages, parce qu'il s'était toujours employé à faire la paix entre l'homme et son prochain, l'homme et son épouse.

Ces deux personnages représentent en effet deux tendances fondamentales de la vie. Notre être oscille entre deux pôles : l'existence et le sens. L'existence est ce qu'il y a de personnel et de vécu en nous. L'existence n'est pas rationnelle, elle est donnée, elle préexiste à notre conscience. Le sens est universel, c'est l'ordre logique du monde, dans lequel notre être s'insère consciemment. Il transcende l'existence. On ne pourrait imaginer une vie sans ces deux pôles : dépourvue de sens, de but, elle deviendrait absurde et invivable ; uniquement idéale, elle serait un théorème et non une réalité. Ces deux aspects sont donc complémentaires et indissociables.

Le viscéral ne peut pas être commandé, il peut tout au plus être libéré

Pourtant, l'homme est tiraillé : tantôt il penche vers une vie indolente et insensée, tantôt vers un idéalisme abstrait. Et c'est à ce problème que répond la Tora. Elle veut harmoniser une existence frémissante avec le sens même de la création.

" Elle est parfaite, elle apaise l'homme "
, dit David dans les Psaumes (chap. 19, vers. 8).
Officiellement, elle ne se préoccupe que de discipliner l'homme, de le rappeler à l'ordre, mais il est clairement sous-entendu qu'elle veut seulement par là canaliser sa sensibilité individuelle. Le viscéral ne peut pas être commandé, il peut tout au plus être libéré et guidé.

 

 

LE COURAGE DE LA CONFRONTATION INTELLECTUELLE

 

De manière générale, toute communication entre des êtres qui ne partagent pas la même vie ne peut se faire honnêtement que par la parole rationnelle. Les émotions qui sous-tendent un mode de vie et de pensée sont affaire personnelle et ne peuvent pas entrer dans le dialogue.

Depuis les premiers jours de l'entrée du peuple juif en terre habitée de Canaan, il a cherché à transmettre son message en soixante-dix langues aux peuples environnants. C'est ce que nous précise la Tora Orale. Le danger de voir son message discuté et remis en cause devait être assumé. Sûr de ses valeurs, il était prêt à prendre le risque d'une confrontation intellectuelle ouverte.

Mais les choses se passent assez rarement d'une manière aussi correcte. Les habitants de Madian et de Moab préférèrent envoyer leurs filles à la rencontre des soldats juifs que de venir confronter leurs valeurs. Plutôt que d'exposer leurs théories sur la divinité, les idolâtres préférèrent exposer leur statut. Ainsi le sentiment est imperceptiblement fait prisonnier et l'esprit endormi avant même d'avoir eu le temps de relever le défi.

Que toute cette beauté véhiculât une idéologie était imperceptible ; cela s’absorbait avec le reste.

L'ange qui ne put rien contre Jacob dans leur combat corps à corps parvint pourtant à lui déboîter la cuisse. C'est dans une situation de ce genre que se retrouvèrent les Juifs au temps des Maccabées. Une culture brillante s'était répandue dans tout le monde civilisé : elle était universelle, elle s'implantait partout. Aucune violence n'était nécessaire pour remplacer les coutumes et les arts locaux par les gymnases et les statues grecques. Que toute cette beauté véhiculât une idéologie était imperceptible ; cela s'absorbait avec le reste.

Il a fallu le courage intellectuel et physique de Mattathias et de ses fils pour ramener à la conscience notre peuple presque totalement vidé de son contenu spirituel. Ce n'est qu'après que ces prêtres eurent entrepris une lutte armée et réussi à reprendre le Temple qu'on se rendit compte de l'agression terrible que l'on avait subie.

Ainsi les petits-fils d'Aharon, garants de la paix intérieure de leur peuple, avaient assumé leur rôle d'une manière assez inattendue. Le miracle de 'Hanoucca, c'est cette prise de conscience qui s'amorça et alla en se développant, un peu comme cette fiole à peine suffisante pour un jour, et qui brûla pourtant au-delà de toute espérance : le peuple juif sut profiter de cette étincelle pour remettre en vigueur et renforcer une vie spirituelle authentique.

En quelque sorte, s'étant rendu compte combien ils avaient pu se laisser assoupir, leur reprise n'en fut que plus authentique et profonde. Ils avaient ainsi compris à quel point la sensibilité constituait une arme efficace. Et ils la retournèrent contre l'ennemi.
L'étude de la Tora prit une tournure individuelle et existentielle. L'élément personnel, au lieu de devoir se plier au rationalisme universel, devint source d'inspiration et de sagesse.

En effet, on sait que c'est à partir de cette époque que se développèrent la Michna et le Talmud, toute cette sagesse dialectique qui, depuis, a continué à animer l'esprit juif. Du reste, une ferveur populaire se déploya qui sut tenir tête à toutes les attaques. Plus jamais le peuple ne s'est laissé leurrer de la sorte. Bien au contraire, c'est souvent lui qui a devancé ses dirigeants en prenant la défense de sa culture.

'Hanoucca est la fête qui commémore les faits les plus récents du calendrier juif. Elle préfigure un peu le temps où "la terre sera pleine de sagesse, comme l'eau qui recouvre le fond des mers", le temps où "tous nos fils et nos filles prophétiseront".

 

" L'AME DE L'HOMME EST LA LAMPE DE D.IEU "

 

Le chandelier symbolise par excellence la valeur spirituelle et individuelle.

"L'âme de l'homme est la lampe de D.ieu", dit le livre des Proverbes.
La lampe est constituée d'un récipient, d'une mèche et d'huile. Objet matériel, elle est source de lumière. Ainsi, existence charnelle, l'homme découvre d'une manière personnelle la valeur d'une vie sensée. Nèr - lampe - a pour valeur numérique 250, ce qui fait, précisent les cabalistes, 248 - représentant les parties du corps de l'homme -, plus l'amour et la crainte. C'est l'homme qui a personnellement pris conscience de ce que l'épanouissement le plus harmonieux de son être ne peut se faire qu'en exprimant les valeurs de la Tora à travers son existence et son expérience.

 

"Il faut une lampe par maison : ceux qui veulent faire du zèle en allumeront une pour chacun, ceux qui veulent faire le zèle du zèle ajouteront une lampe chaque jour."

Voilà sous quelle forme se trouve énoncé dans le Talmud ce rite de 'Hanoucca. Engagement individuel, zèle personnel, telles sont les valeurs qu'il faut essayer d'exprimer.

On peut difficilement passer sous silence la comparaison avec notre époque. La civilisation qui nous entoure possède les armes les plus puissantes de tous les temps. Bien plus efficaces que les bombes et les fusées, la publicité, les gadgets, les "commodités" de la vie moderne nous agressent journellement.

La propagande et l'omniprésence de la vie politique sont si insidieuses que l'on perd, sans s'en rendre compte, le sens d'une vie intérieure pétillante, d'une expression de soi authentique.

Notre sensibilité est si bien envoûtée qu'aux yeux d'un grand nombre, la Tora apparaît étrange et inapplicable. Le schéma de notre pensée est si bien conditionné que les meilleurs d'entre nous n'aspirent pas à plus qu'une vie nationale, qu'une autonomie politique. Un choc, une prise de conscience à la manière de 'Hanoucca nous serait hautement nécessaire en ce vingtième siècle.

Ou peut-être la fête de 'Hanoucca authentiquement vécue pourra-t-elle nous rappeler que chacun d'entre nous se doit d'allumer son propre chandelier !

 http://www.lamed.fr/

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 04:44


Michelle Obama fait venir une rare Ménorah de Prague à la maison blanche





Menorah

Silver Menorah, Prague, 1860 


Prague, République tchèque – Une rare Hanoukkia, chef-d’œuvre du XIXème siècle et en possession du musé juif de Prague a quitté la capitale tchèque pour les Etats-Unis en vue de décorer le locaux de la maison blanche lors de la fête de Hanoukka qui sera célébrée à la maison blanche le 16 décembre, selon le directeur du musé Leo Pavlat.
 
Mary Thompson-Jones, chargée d’affaire de l’ambassade américaine à Prague, a pris en charge la Ménorah au musé ce matin. Elle va la faire parvenir à Washington par voie diplomatique.
 
Cette Ménorah a été conçue par Cyrill Schillberger en 1873.
 
Faite en argent, elle porte une couronne symbolisant la Présence Divine et un lion, symbole de la tribu de Juda (Yehouda), tribu dont les juifs actuels tirent leur origine.
 
La Ménorah a été prêtée à la maison blanche suite à une demande de la première dame américaine, Michelle Obama, qui avait visité le centre juif historique de Prague, son cimetière, la synagogue, au cours de la visite officielle du président Barack Obama à Prague au mois d’avril.
 
Six des huit chandeliers de la Ménorah seront allumés le sixième jour de la fête de Hanoukka lors d’une cérémonie qui aura donc lieu le 16 décembre, cérémonie offerte par le couple présidentiel américain en présence de 500 invités.
 
L’allumage de cette Ménorah est hautement symbolique pour les juifs, l’objet ayant appartenu à une famille exterminée pendant la Shoah. Elle sera maintenant allumée pour la première fois depuis la guerre.
 
« J’espère que la lumière qui sera allumée sur cette Ménorah tellement significative rappellera au monde le vieux désir des juifs de vivre dans un monde de respect mutuel et de tolérance, » a déclaré Pavlat.
 
Après son retour des Etats-Unis la Ménorah rejoindra à nouveau les collections du musé juif de Prague.

 
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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 05:46
Tous les articles sur l'Empire et 'Hanoucca > Catégorie 'Hanoucca





Connaissance ou sagesse ?Pourquoi l’empire grec n’a-t-il pas survécu plus de quelques centaines d’années ? Les historiens s’accordent à dire qu’il fut détruit par la déchéance morale.

Nous connaissons tous cette histoire : Les Maccabées triomphants, ayant pris Jérusalem et ayant consacré à nouveau le Temple, découvrirent une fiole d’huile et la flamme qui aurait dû avoir duré un seul jour resta allumée pendant huit jours. Aussi, depuis 2,000 ans, les Juifs du monde entier commémorent cet événement en allumant les bougies de ‘Hanoucca...

Qu’avait de si spécial la Menorah pour que les Maccabées en aient fait leur priorité et que les Sages l’aient érigée comme l’élément central de notre célébration de ‘Hanoucca ?

Pour répondre à cette question, il nous faut préciser certaines données :

La Torah décrit la Menorah dans le Temple comme un chandelier à 7 branches ornées de coupes décoratives, de pommeaux et de fleurs, tous ces éléments fabriqués à partir d’un unique morceau d’or massif. Puis, la Torah ajoute un détail intéressant : "Lorsque l’on allumera la Menorah, il faut s’assurer que les [six] lampes latérales soient dirigées vers le centre." (Voir Exode 25:31-37)

Que représentent les six lampes latérales et pour quelle raison doivent-elles être toutes dirigées vers la septième branche du centre ?

Les six branches latérales de la Menorah représentent les six disciplines de la connaissance profane : physique, philosophie, astronomie, médecine, musique et mathématiques. La Torah nous fait donc savoir que la société ne peut reposer uniquement sur la connaissance. Si celle-ci n’est pas focalisée et orientée en direction de la branche centrale - qui symbolise D.ieu, la Torah et la spiritualité - cette sagesse ne mène à rien. Ou même pire, elle est destructive.

LA CONNAISSANCE SANS LA SAGESSE ?

La Grèce était autrefois un puissant empire. Les Grecs encourageaient l’élégance vestimentaire, les repas fins, la musique retentissante, l’esthétique, les sports vigoureux, les divertissements captivants et toutes sortes d’activités stimulantes similaires. Les Grecs étaient le peuple le plus évolué et le plus sophistiqué de leur temps. N’eût été leur excellence, nous n’aurions pas aujourd’hui de transplantation cardiaque, de ballet, de transport aérien, ni, en ce qui nous concerne, internet.

Mais pourquoi l’empire grec n’a-t-il pas survécu plus de quelques centaines d’années ? Les historiens s’accordent à dire qu’il fut détruit par la déchéance morale. La "connaissance" sans D.ieu est vouée au désastre. Il nous est totalement impossible de survivre sans une direction morale bien définie.

Il est vrai que les Grecs avaient des dieux. Tout un panthéon, en fait. Mais, c’étaient des dieux fabriqués par les hommes, le genre à devenir jaloux, à se disputer et à adopter une conduite personnelle immorale. L’homme ne peut créer son propre système objectif, parce que l’être humain, en tant que membre du groupe pour lequel le système est conçu, est par essence de nature subjective. Les dieux grecs n’étaient pas de ceux auxquels on aspire à ressembler ; ils étaient plutôt des divinités qui permettaient d’excuser le comportement corrompu de l’homme.

L’Allemagne nazie est un exemple bouleversant d’"immoralité sophistiquée". L’Allemagne était connue pour ses institutions académiques de premier plan, son avancée dans les arts et son comportement social irréprochable. Et où tout cela les a conduits ? A la Conférence de Wannsee (tenue par les nazis pour mettre au point la "Solution Finale" pour l’extermination de tous les Juifs), 9 des 13 participants avaient un doctorat. Ils constituaient l’élite scientifique la plus créative de tout le monde civilisé, pourtant, ils mirent leurs capacités au service du mal absolu.

LA TORAH ET LA CONNAISSANCE ŒUVRENT DE CONCERT

Si la Torah est si centrale, pourquoi avons-nous même besoin des 6 autres branches de la Menorah ? Le Talmud affirme : "Il n’y a pas de Torah sans Derekh Erets", ce qui signifie que nous ne pouvons séparer notre compréhension du monde de notre compréhension de la Torah. Utilisées à bon escient, ce sont toutes ces 7 branches qui illumineront le mieux notre monde.

Le plus grand commentateur Talmudique de tous les temps, Maimonide, était un médecin accompli qui rédigea de nombreux écrits sur des sujets tels que la science médiévale, la philosophie et la métaphysique. (Voir "Michné Torah" – Fondements de la Torah, chapitre 2). Le Gaon de Vilna (XVIIIe siècle en Europe) écrivit de nombreux ouvrages sur la géométrie, l’astronomie et l’algèbre.

D-ieu ordonna que la Menorah soit fabriquée à partir d’un seul morceau d’or massif parce que toutes les sagesses oeuvrent de concert à la création d’un monde saint et paisible.

LA LUMIERE DU TEMPLE

Cette lumière de la Torah est symbolisée par la Menorah dans le Temple. Le Talmud remarque que les fenêtres du Temple étaient d’une construction inhabituelle. D’habitude, les fenêtres sont plus larges à l’intérieur du bâtiment et plus étroites à l’extérieur, afin de faire rentrer plus de lumière à l’intérieur.

Dans le Temple, toutefois, c’était l’inverse : les fenêtres étaient plus étroites à l’intérieur et plus larges à l’extérieur parce que la lumière spirituelle du Temple brillait vers l’extérieur pour illuminer le monde entier. Cette lumière guide, vient en aide et rend les choses plus claires et c’est cela que voulait dire le prophète Isaïe lorsqu’il appelait le Peuple Juif une "Lumière parmi les nations" (Isaïe 42:6).

Qui a enseigné la morale et l’éthique au monde, si ce n’est le peuple juif ? Certainement pas Sparte ni même Athènes, ni les Romains, ni les Perses. Et si quelqu’un arrêtait un guerrier en route pour piller, violer et assassiner et qu’il lui demandait sur quel principe philosophique, il se permettait d’attaquer ? Sa réponse était très simple : "Force fait loi !"

Ceux qui enseignèrent au monde à agir différemment furent les Juifs. Notre Torah et nos prophètes donnèrent au monde occidental :

-          Aime ton prochain.

- « Proclamez la liberté à travers le pays » (Lévitique 25:10), ce verset est gravé sur la Liberty Bell (la cloche de la liberté) qui se trouve à Philadelphie aux Etats-Unis et qui est un symbole pour les Américains.

- « Tous les Hommes sont créés égaux », un principe universel inscrit dans la Déclaration d'indépendance des Etats Unis d' Amérique et repris par la Déclaration des Droits de l’Homme.

-          « Ils forgeront leurs épées en socs de charrue » (Isaïe 2 :4), ce thème est évoqué par la statue qui se trouve près du bâtiment des Nations Unies à New York.

QUE NOUS APPREND ‘HANOUCCA AUJOURD’HUI ?

La morale et l’éthique sont l’héritage du peuple juif et c’est la raison pour laquelle nous ne célébrons pas ‘Hanoucca par une parade militaire. Nous vénérons le Roi David non pas parce qu’il fut un guerrier, mais en dépit de cela. Il n’eut pas la possibilité de construire le Temple alors qu’il le désirait tellement parce que ses mains étaient couvertes de sang. Pourtant, il ne se battait que sur l’ordre de D.ieu. Son fils Salomon, l’homme de paix, était plus apte à construire le Temple.

Le Midrach (Paracha Behaalotekha) rapporte les propos que D.ieu tint à Aaron le Grand Prêtre : "Allumer la Menorah sera ta contribution éternelle au Peuple Juif." Les commentateurs posent la question suivante : L’allumage de la Menorah n’était accompli que lorsque le Temple était encore debout. Alors, que signifie pour nous aujourd’hui l’idée qu’ "allumer la Menorah est éternel ?!"

La réponse est que les vérités que nous glanons dans la Torah sont éternelles. En particulier, du fait que la société est en perte de repères éthiques, la vérité de la Torah est plus précieuse aujourd’hui que jamais. Dans un monde traversé par des débats comme le clonage, l’euthanasie et le sort des SDF, la Torah illumine le juste milieu de la voie délicate de la logique et de la raison.

Comme le dit le Roi Salomon dans les Proverbes 6:23 : "Les mitsvot sont la bougie et la Torah, la lumière." Telle est la signification de la Menorah et tel est notre message pour ‘Hanoucca.

LE BESOIN DE MORALITÉ

C’est la moralité qui maintient les civilisations ; lorsqu’elle fait défaut, son absence mène au chaos. La beauté du Judaïsme est de nous donner la possibilité de constamment évaluer nos actions à l’aune de la Torah. La Torah est notre boussole morale, elle constitue notre norme extérieure objective. Elle nous indique la direction et nous protège de l’extrémisme.

La Torah guide l’humanité à travers ses lois qui proscrivent l’exploitation, les commérages, le surmenage professionnel, la pollution ainsi que d’autres abus de soi et de la société. Sans une boussole morale, sans les lignes de conduite que nous a prescrites D.ieu, tout peut arriver et nous pouvons toujours trouver une justification à nos comportements.

Aldous Huxley, dans son essai : "Confessions d’un athée déclaré" (Report Magazine, juin 1966), donne sa raison pour rejeter l’unique véritable D.ieu :

"J’ai des motifs pour ne pas vouloir que le monde ait un sens ; J’ai par conséquent assumé le fait qu’il n’en avait pas... D’après moi, il n’y a aucun doute que, pour la plupart de mes contemporains, la philosophie de n’accorder de sens à rien était essentiellement un instrument de libération. La libération que nous désirions était... celle d’un certain système de moralité. Nous nous opposions à la moralité parce qu’elle entravait notre liberté sexuelle."

 

Traduction et Adaptation de Ra’hel Katz
Pour http://www.lamed.fr/ 

 

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