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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 05:38

Tous les articles sur 'Hanoucca > Catégorie 'Hanoucca



'Hanoucca sous l'occupation nazieLa Resistance discrète et héroïque de Fanny, une jeune bruxelloise.

A quinze ans Fanny était une fille timide et sage, plutôt taciturne, du moins en présence des autres. Mais quand elle était seule, il lui arrivait parfois de s'imaginer être l'héroïne d'une histoire de la Bible. Elle prenait alors les attitudes les plus dramatiques, se tordait les bras et, un sanglot dans la gorge, les yeux pleins de larmes, elle plaidait avec chaleur devant un tyran invisible et le suppliait afin qu'elle et son peuple fussent épargnés.

Fanny était fille unique de parents d'une piété stricte et rigoureuse. Ils vivaient tous trois à Bruxelles. Fanny fréquentait une école hébraïque où une solide éducation juive lui était donnée.

Puis vint le 10 Mai 1940. Les Nazis pénétrèrent en Belgique. Quel bouleversement ce jour apporta dans la vie de tant de milliers de Juifs ! Le père de Fanny fut arrêté dans la rue et emmené avec beaucoup d'autres. On ne devait plus en entendre parler ni jamais le revoir. Le choc fut terrible pour Fanny. Une nuit suffit pour faire de l'enfant, jusqu'ici heureuse et insouciante, une adulte d'une impressionnante gravité.

La terreur d'un avenir inconnu mais, à coup sûr, sombre et effrayant, fit fuir Fanny et sa mère à la campagne ; elles allèrent dans une ferme où elles avaient l'habitude de passer chaque été leurs vacances. Au début le fermier ne fit aucune difficulté pour les accueillir chez lui. Mais, à mesure que le temps passait, il commença à avoir des craintes. Abriter des Juifs sous son toit, pouvait lui causer des ennuis de la part des Nazis. La mère de Fanny pria, insista afin que le fermier les gardât et offrit de payer un prix plus élevé. L'homme finit par accepter.

La maman faisait de son mieux pour que l'éducation de sa fille ne souffrit de la nouvelle situation. Si, au moins, elle pouvait l'aider à ne pas oublier ce qu'elle avait appris ! Mais, peu à peu, son moral s'altéra ; elle se demandait combien de temps elle et Fanny pourraient vivre ainsi cachées comme des lapins dans un terrier. Bientôt elle se vit obligée de se rendre régulièrement à la ville afin de vendre un à un ses bijoux. Il fallait non seulement payer le fermier mais aussi pourvoir à sa propre nourriture et à celle de sa fille. Puis le jour vint où, complètement démunie d'argent, il ne lui resta plus un bijou, rien dont la vente pût la tirer d'embarras. Qu'allait-elle faire maintenant ?

La situation des deux réfugiées devint si critique qu'elles n'eurent d'autre choix que d'aller à la ville chercher un moyen de gagner leur vie.

 

CHEZ UNE FAMILLE JUIVE

 

La mère de Fanny ne trouva rien pour elle-même, mais elle eût la chance d'apprendre qu'on demandait, dans une famille, une jeune fille pour prendre soin de trois petits enfants. Leurs parents ne pouvaient s'en occuper eux-mêmes, leur travail les obligeant à s'absenter la plus grande partie de la journée. Fanny s'y présenta. On accepta de la prendre à l'essai pour un mois.

Scrupuleuse par nature et aiguillonnée par les circonstances, la jeune fille était décidée à réussir dans son nouvel emploi. Elle aimait les enfants ; cela facilitait sa tâche.

Elle découvrit que les petits, bien que juifs et âgés de sept, huit et dix ans, ne connaissaient aucune histoire de la Bible ; aucune action de grâce non plus. Elle se mit en devoir d'y remédier immédiatement. Elle commença à leur parler de D.ieu et de l'immense bonté qu'Il avait en réserve pour chacun. Il était si grand, si puissant et si bon à la fois qu'Il avait créé le monde et dispensait la vie à tout et à tous. Les belles fleurs, les plantes, les fruits, les végétaux, c'est à Lui que nous les devions. Encore Lui qui faisait briller le soleil, souffler le vent. Lui qui envoyait la pluie, Lui qui envoyait la neige. Bref, Il pouvait tout !

" C'est pourquoi, disait Fanny, nous rendons toujours grâce à D.ieu. C'est aussi pourquoi. nous Le prions, ce qui veut dire que nous Lui demandons de nous donner ce dont nous avons besoin, de nous donner la santé et de nous protéger du mal ". Les enfants écoutaient bouche bée et les yeux ronds. Comme ils aimaient Fanny et comme elle le leur rendait bien !

Bientôt ils apprirent à dire les actions de grâce se référant aux aliments qu'ils mangeaient. Ils apprirent également à dire le " Chema Israël " avant d'aller au lit et, le matin au réveil, le " Modeh Ani ". Mais rien ne pouvait les fasciner autant que d'écouter, assis à ses pieds, les histoires des héros et des héroïnes du peuple juif que Fanny leur racontait.

Les parents des enfants ne s'opposaient pas à cette initiation aux pratiques juives et aux récits bibliques. Cela les amusait même de voir que, dans ce domaine, les connaissances des petits dépassaient maintenant les leurs.

Aussi ne furent-ils pas trop surpris, en rentrant chez eux un soir d'hiver, de trouver Fanny occupée à allumer quelques bougies en chantant une chanson hébraïque, tandis que les enfants tâchaient de l'accompagner de leurs petites voix criardes et désaccordées.

C'était 'Hanoucca et les petits, entonnant " Hanéroth Halalou " avec Fanny, ne se tenaient pas de joie et d'impatience car elle leur avait promis des cadeaux s'ils chantaient bien. Leurs visages rayonnants empruntaient aux lumières des bougies un éclat supplémentaire.

Devant ce spectacle les parents se sentirent très émus. Ils se rendaient compte maintenant combien ils avaient manqué à leurs devoirs envers les enfants en les laissant dans l'ignorance des merveilles de la religion juive. Quand ils étaient petits eux-mêmes, leurs parents les avaient quelque peu familiarisés avec elle, mais il y avait si longtemps de cela et il s'était passé tant de choses depuis ! Les pratiques juives leur étaient devenues étrangères ; au surplus, les récents événements leur donnaient de sérieuses inquiétudes et posaient des problèmes trop graves pour qu'ils pussent donner leur attention ou leur temps à leurs enfants.

 

LES MACCABEES

 

Maintenant, ils étaient reconnaissants d'avoir eu la chance de tomber sur une fille aussi extraordinaire que Fanny ! Que de choses elle savait ! Pouvait-il y en avoir qu'elle ignorât ? Voyons, que racontait-elle maintenant aux petits ?

Elle leur racontait l'histoire du tyran, le roi syrien Antiochus, l'Hitler de cette époque-là. Il torturait les Juifs pour la seule raison qu'ils étaient Juifs. En même temps, il leur promettait toutes sortes de récompenses s'ils acceptaient d'abjurer leur foi et d'embrasser la sienne.
Antiochus disposait d'une armée gigantesque et il menaçait d'anéantir tous les Juifs s'ils n'obéissaient pas à ses ordres. Les malheureux étaient à sa merci.

Toutefois, nombreux furent ceux qui fuirent dans les montagnes ou se cachèrent dans les grottes afin de pouvoir continuer à vivre en juifs. Nombreux furent aussi les braves qui risquèrent leur vie dans des sorties nocturnes afin d'attaquer par surprise les armées syriennes. Les plus intrépides furent le vieux Mattathiahou et ses cinq fils, à la tête desquels se trouvait le brave Judah. On les appelaient les " Maccabées ".

Il arrivait souvent que quelques Juifs fussent capturés ; alors on les soumettait à la torture, mais cela ne les fit guère céder au méchant Antiochus.

Parmi ces derniers se trouvèrent une femme nommée 'Hannah et ses sept fils. La mère et ses enfants furent amenés devant le roi. II feignit une grande bonté à leur égard et leur promis monts et merveilles s'ils abandonnaient la foi juive et lui révélaient le lieu où se cachaient leurs coreligionnaires.

Devant leur refus obstiné, le roi menaça de mettre à mort 'Hannah et ses sept enfants. Mais plutôt que de l'écouter ils préférèrent périr.

 

UNE MISSION SECRETE

 

Cette nuit-là, Fanny, après avoir mis au lit les enfants, descendit comme à son habitude au rez-de-chaussée. Elle y trouva un groupe de personnes auxquelles le maître de la maison la présenta. Leurs visages étaient graves et elles gardaient toutes le silence au moment où Fanny fit son entrée au salon.

- Fanny, fit le père des enfants, je ne puis vous révéler les noms des amis que vous voyez ici, car nous travaillons tous pour le " Mouvement de Résistance ". Nous avons de bonnes raisons de croire que la Gestapo nous suspecte. Après mûre réflexion, nous avons donc décidé de vous confier un secret d'une très grande importance. J'ai persuadé mes amis qu'ils peuvent se fier entièrement à vous. Au surplus, ils vous ont vu ce soir chanter et raconter aux enfants l'histoire de 'Hanoucca . Chère Fanny, il est possible qu'on vienne fouiller cette maison. C'est pourquoi je vous demanderai, en allant chez vous pour le week-end, d'emporter notre dossier et notre code secret. Cachez-les quelque part dans la ferme et ne les remettez qu'à l'une des personnes ici présentes. Si quelque chose nous arrive, que D.ieu vous préserve et vous protège.

Fanny passa un week-end de 'Hanoucca fort agréable en compagnie de sa mère ; l'une et l'autre firent de leur mieux pour oublier leurs ennuis.

 

AU Q.G. DE LA GESTAPO

 

Lundi matin de bonne heure, Fanny reprit le chemin de la ville. Soudain elle s'aperçut que deux hommes visiblement la suivaient. Avant qu'elle pût trouver moyen de les dépister, ils pressèrent le pas, la rejoignirent et, produisant l'insigne de la Gestapo, déclarèrent qu'ils avaient l'ordre de l'amener au quartier général.

Fanny ne put que les suivre. A son arrivée, elle fut interrogée sur le couple qui l'employait et sur ce qu'elle savait au sujet de leurs activités dans le Mouvement de Résistance. Elle feignit la surprise.

Sans hésiter elle assura les enquêteurs qu'elle n'avait connaissance d'aucune activité de ce genre. Tout ce qu'elle savait c'est que les deux personnes qui l'employaient étaient dans les affaires ; au surplus elle pouvait témoigner de leur extrême correction ; ils la traitaient avec beaucoup de considération et appréciaient les soins qu'elle donnait à leurs enfants.

Tandis que l'interrogatoire se poursuivait, la porte s'ouvrit tout à coup et l'on introduisit un jeune couple. Pleine d'horreur, Fanny les reconnut instantanément. Ce n'était autre que deux des membres du groupe rencontré dans la maison de ses employeurs et qui lui avaient été présentés comme faisant partie du Mouvement de Résistance.

-Connaissez-vous ces personnes ? fut-il demandé à la jeune fille.

- Je ne les ai jamais vues de ma vie, répondit-elle d'une voix ferme et regardant droit dans la direction des nouveaux venus. Aussitôt elle crut lire dans leurs yeux un sentiment de soulagement.

- Faites attention, ma petite demoiselle, continua le chef de la Gestapo, nous avons les moyens de vérifier si vous dites la vérité.

Et, se tournant vers les officiers postés devant la porte, il dit " Emmenez ces deux-là, et ramenez-les moi quand vous leur aurez fait entendre un peu raison. Alors ils nous raconteront, sans doute, une autre histoire ".

Fanny et le jeune couple se regardèrent, mais aucun d'eux ne broncha. Le moindre signe pouvait les trahir. La jeune fille sentait son cœur battre avec violence et ses mains étaient de glace. Quelles pouvaient être les intentions de la Gestapo à son égard? Elle était décidée à ne pas parler, même si on devait la torturer, même si elle devait succomber aux souffrances. Oui, elle aussi, comme la courageuse 'Hannah, se sentait prête à affronter la mort.

Mais le jeune couple? S'ils cédaient, si leurs forces les abandonnaient, qu'arriverait-il ? Pauvre Fanny ! Des heures durant, infatigablement, les officiers de la Gestapo l'interrogèrent, essayant de l'empêtrer dans ses propres réponses. Ils allaient la rendre folle. Elle avait envie de hurler. Il ne lui était pas facile, dans ces conditions, de garder intacte sa résolution.

Pour mettre le comble à son désarroi, l'un des officiers finit par lui coller le canon de son revolver au front en criant : " Si vous vous obstinez à ne pas parler, je tire ! ".

A bout de forces, Fanny put encore répondre: " De quoi parlerai-je si je n'ai rien à dire ?". Puis elle ne sentit plus rien.

" J'ai dû perdre connaissance " pensa-t-elle quand elle se retrouva dehors, sans savoir comment, dans la rue, assise à la porte d'une maison. Où était-elle ? Elle se frotta les yeux, porta la main à son front. Ah ! oui, elle se souvenait maintenant, ils avaient voulu la tuer à coup de revolver. Mais pourquoi ne l'avaient-ils pas fait ? Qu'est-ce qui les en avait empêchés ? Mais il ne servait à rien de perdre son temps à des questions oiseuses. Vite, vite, il fallait retourner à la ferme.

 

LE MESSAGE DES PARENTS

 

Quand elle y arriva, elle raconta immédiatement tout ce qui venait de se passer à sa mère. Cette dernière dépêcha sur-le-champ la fille du fermier auprès des enfants qu'elle avait pour charge de ramener. Il fallait les mettre en lieu sûr.

Quand les petits arrivèrent, Fanny s'occupa d'eux comme d'habitude. En les déshabillant pour les mettre au lit elle trouva un billet épinglé aux sous-vêtements du plus jeune d'entre eux. Les parents y priaient la jeune fille de prendre soin de leurs enfants jusqu'au jour où il n'y aurait aucun danger pour eux de revenir. Ils la remerciaient de tout ce qu'elle avait fait et ferait encore pour eux et espéraient que D.ieu la récompenserait comme elle le méritait.

Après la guerre, Fanny, sa mère et les trois enfants, ont émigré aux Etats-Unis. On ignore quel fut le sort des parents. Mais Fanny se fit un devoir de veiller à ce que leurs enfants, instruits et éduqués comme il se doit, soient, dès leur enfance, de bons juifs.


 Source : LE MAGAZINE CONVERSATIONS AVEC LES JEUNES
 http://www.lamed.fr/

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 05:52


Allumage de la première bougie le 11/12 au soir
 
Retrouvez tous les textes sur la fête et son histoire dans la catégorie 'Hanoucca dans la liste des catégorie


Sourcehttp://www.universtorah.com/ns2_dossier.php?idd=930


      Le soir, après le coucher du soleil, les communautés juives allumeront la première bougie de 'Hanouka. 

      Pendant huit jours consécutifs, chaque soir une bougie supplémentaire éclairera leur 'Hanoukia. Cette bougie supplémentaire — qui est appelée Chamach en hébreu — est celle qui sert à allumer les autres. Non seulement elle a sa place sur la 'Hanoukia, le chandelier à neuf branches, mais, selon la tradition juive, c’est elle qui éclaire. Autrement dit, les autres bougies ne diffuseraient pas de lumière! 

Qu’est-ce qui se cache derrière ce symbolisme ?


1. Une lumière qui éclaire l'intérieur et l'extérieur  


      La lumière dissipe l’obscurité en provoquant la clarté. Cette lumière est indispensable à la vie. Le champ sémantique des termes comme lumièreclarté,obscuritévision, etc., dépasse la dimension physique de la lumière comme phénomène nécessaire à l’exercice du sens de la vue. 

      Ne dit-on pas « faire la lumière sur une affaire » ou «jeter un nouvel éclairage sur un problème » ? Combien de fois avons-nous dit : « Je ne vois pas très bien où vous voulez en venir, soyez plus clair » ? La lumière est donc ce qui éclaire aussi l’esprit, ce qui permet d’avoir des idées claires. On voit donc qu’il y a un type de lumière qui dissipe l’obscurité et un autre type de lumière qui combat l’obscurantisme. 

      Cela nous fait comprendre le rôle de la neuvième bougie : elle éclaire du point de vue physique, sa fonction est comparable à celle du soleil, d’où son nom, Chamach, mot qui a la même racine que Chémèch, le soleil. Les huit autres bougies diffuseraient une lumière qui n’éclaire pas le monde des objets mais l’esprit, une lumière qui interpelle. Et si elles sont au nombre de huit, c’est que ce chiffre indique, pour la tradition juive, ce qui est au-delà de la nature, représentée, elle, par le chiffre 7.


2. L’héritage grec  


      Nous connaissonsl’apport de la Grèce à l’art et à l’esthétique. Nous n’ignorons pas qu’elle a créé la philosophie. La science ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui si la Grèce n’avait pas illuminé l’esprit des scientifiques. 

      Mais, poussés par l’esprit de système, bon nombre de ses héritiers ont appliqué indûment ces lois et principes, qui régissent l’impersonnel du monde de la nature, à l’être humain, ignorant ainsi sa spécificité radicale. Vouloir ramener l’humain à une équation, nier l’existence de l’âme, refuser de reconnaître que chaque homme a quelque chose d’unique, c’est cela même que la tradition juive nomme l’obscurantisme lorsqu’elle interprète le deuxième verset de la Genèse ("et les ténèbres étaient sur la surface de l’abîme"). Le commentaire du mot "ténèbres", fait référence au temps de la Grèce, qui a obscurci les yeux d’Israël par ses décrets. 
      Les célébrations de 'Hanouka marquent l’inauguration du temple de Jérusalem après sa désacralisation par les armées d’Antiochus Épiphane, vaincues plus tard par Yéhouda Hamaccabi. 

      Lorsque les Séleucides, dynastie syrienne hellénistique, occupèrent la Judée, ils décrétèrent son hellénisation et imposèrent aux Juifs des cultes païens, et ce, jusque dans le Temple de Jérusalem. Non seulement les pratiques religieuses étaient interdites aux Juifs, les livres sacrés, déchirés et brûlés, mais quiconque était surpris à les étudier était condamné à mort pour anti-hellénisme, ce qui provoqua la révolte victorieuse des Maccabimes. 

      En occupant la Judée, les Séleucides furent confrontés à la société d’Israël, qui incarnait la négation de leur monde idéologique. 

      Et pour les Juifs,cette Grèce attachée à la représentation objective du monde, qui renvoie à l’ordre du déterminisme rigoureux des phénomènes, réduit la personne humaine à des structures impersonnelles. 

      Elle introduit, par là même, le désespoir et l’obscurité d’un univers tragique — alors que l’âme hébraïque s’attache à la reconnaissance des valeurs morales, qui impliquent le principe de la liberté du comportement humain et qui ont donné au monde les certitudes messianiques des prophètes.


3. Histoire et nature  


      Il faut savoir que toutes les célébrations inscrites au calendrier d’Israël rendent compte à la fois d’un événement historique et du contextesaisonnier de la célébration. 

      Par exemple, Pâque doit être célébrée au printemps, moment où la terre se libère du gel hivernal. Ce temps de la renaissance observé dans la nature correspond à la célébration pascale, qui marque la renaissance du peuple hébreu, libéré de l’esclavage égyptien. 

      De la même manière, la liturgie de 'Hanouka, qui célèbre la victoire de l’espoir sur le tragique, qui marque la chute de l’obscurantisme, se situe au solstice d’hiver, époque où les journées commencent à être plus longues, comme pour célébrer la victoire de la lumière, qui gagne progressivement du terrain sur l’obscurité. 

Il nous faut espérer, en ces jours de solstice d’hiver, une victoire des forces de la lumière contre toutes les formes d’obscurantisme, victoire qui, permettra d’allumer les bougies de la 'Hanouka des lumières du monde.

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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 05:27
Les huit lumières de la Menorah dans l'histoire juiveLes huit lumières de la Menorah renvoient à huit phases de l'histoire juive et portent, à travers les siècles et les pérégrinations, un message d'espoir et de vérité.





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L'écusson de l'actuel Etat d'Israël symbolise la Menorah, ce qui veut signifier que de la terre juive doive rayonner vers le monde entier la lumière, la culture, la vérité et la justice.


La lumière est le symbole du peuple d'Israël.


Le prophète Isaïe a dit : " 
D.ieu sera pour toi une lumière éternelle." (Isaïe, 60.)
L'écusson de l'actuel Etat d'Israël symbolise la Menorah, ce qui veut signifier que de la terre juive doivent rayonner vers le monde entier la lumière, la culture, la vérité et la justice.

La véritable lumière juive est la Torah qui constitue la culture suprême. Lorsque le monde était encore plongé dans l'obscurité, la lumière divine s'est levée au Sinaï, et D.ieu proclama les Dix Commandements qui se sont gravés profondément dans le coeur de l'humanité. Mais seuls nous, les Juifs, avons été choisis pour porter la lumière divine et pour proclamer la vérité de D.ieu. 
Ainsi parle le prophète : " 
Lève-toi, deviens lumière, car ta lumière est apparue. L'obscurité couvre la terre et les peuples sont dans les ténèbres; mais au-dessus de toi D.ieu rayonnera et les peuples marcheront vers ta lumière. " (Isaïe, 60.)

Et vraiment, depuis trois millénaires, Israël mène un dur combat contre l'obscurité provoquée par bien des peuples, contre la force, la contrainte, la soif de puissance et de domination, la corruption. Et bien que nous ne possédions qu'une lumière faible et modeste, elle a été capable de traverser la brume épaisse et d'envoyer un rayon de clarté dans l'obscurité, conformément à la parole : "Une lumière, faible et petite, peut vaincre les plus noires ténèbres."
Pendant des millénaires, nous avons vécu dans les conditions les plus difficiles, avons été chassés de pays en pays; nous avons été pourchassés et haïs, et malgré tout, nous avons pu nous maintenir, grâce à la lumière éternelle que nous avons portée avec nous au cours de nos pérégrinations. Cette lumière nous a offert sa protection, ainsi que la colonne de feu a autrefois protégé nos aïeux et leur a montré le chemin à travers le désert.

 

SOUS LE SIGNE DE LA LUNE

 

Ainsi l'histoire de notre peuple est une alternance de lumière et d'obscurité, et à chaque nouvelle lune nous prononçons une prière de grâces.

La première lumière se leva lors de la création du monde : "Et D.ieu dit Que la lumière soit. Et la lumière fut. Et D.ieu vit que la lumière était bonne. Alors D.ieu sépara la lumière de la nuit." et " D.ieu créa les deux grandes lumières et les étoiles, afin qu'ils éclairent le jour et la nuit."
Ces lumières divines brillent encore actuellement et personne n'a jamais pu réduire leur éclat ni les éteindre.
Les peuples comptent leurs jours d'après le soleil, mais nous, les Juifs, les comptons d'après la lune. Les autres peuples jouissent de la clarté éclatante du soleil ils vivaient et vivent tranquilles sur leur sol et ne craignent personne. Mais notre peuple est davantage exposé aux ténèbres de la nuit. Parfois notre vie est éclairée par la lune, mais cette faible lueur disparaît toujours rapidement derrière les noirs nuages nocturnes et nous sommes à nouveau enveloppés d'obscurité. 

Ainsi l'histoire de notre peuple est une alternance de lumière et d'obscurité, et à chaque nouvelle lune nous prononçons une prière de grâces pour la lumière qui s'allume toujours à nouveau pour nous et nous apporte un nouveau miracle. La prière se termine par le souhait que l'éclat de la lune devienne aussi puissant et grand que celui du soleil, et qu'une vie heureuse et satisfaisante nous soit également accordée.

La deuxième flamme de la Menorah a été allumée par Abraham : l'humanité sommeillait dans l'obscurité et ne connaissait point de D.ieu. Alors, Abraham s'éveilla et alluma une lumière : la lumière divine de la vérité, de la foi et de l'équité. Il réussit à forcer le chemin pour sa philosophie et sa conception de l'Unité de D.ieu, et il a tout fait pour conduire l'humanité aberrante sur le droit chemin. Et cette lumière de la foi qu'Abraham a su, inculquer dans le cœur des hommes, a éclairé l'horizon du monde et a fait disparaître les faux D.ieux.
Point n'est besoin d'une tour de Babel pour monter au ciel et y chercher D.ieu. Nous trouvons D.ieu en nous-mêmes et partout. Mais tous les superstitieux qui voulaient atteindre D.ieu par la tour de Babel ont été détruits avec celle-ci.

 

LA TRILOGIE PEUPLE JUIF, TORAH, TERRE D'ISRAEL

 

Comme on ne peut traverser un désert, la nuit, sans être guidé par une lumière, ainsi nous ne pouvons faire aucun pas dans la vie sans la Torah.

La troisième flamme de la Menorah jaillit au Mont Sinaï. C'est là que D.ieu lui-même se révéla à son peuple et lui dit : " Je suis votre D.ieu qui vous ai délivrés de l'esclavage d'Egypte." La lumière de la Torah,, qui, du Mont Sinaï, rayonna sur toute l'humanité, mais qui n'a été reçue que par le peuple juif, confère à celui-ci sa haute dignité et sa particularité nationale. Par elle, Israël a été promu peuple de D.ieu, et cette lumière est demeurée son guide jusqu'à ce jour. Comme on ne peut traverser un désert, la nuit, sans être guidé par une lumière, ainsi nous ne pouvons faire aucun pas dans la vie sans la Torah.
La Torah assure notre existence, et sans elle nous sommes exposés à tous les dangers. Israël n'a que très peu d'amis dans le monde, mais beaucoup d'ennemis qui ont hérité d'Esaü leur haine injustifiée. Telle une citadelle puissante la Torah nous protège de ces ennemis et les retient lorsqu'ils veulent nous frapper. Par la Torah nous nous sentons anoblis; nous nous trouvons sur un poste élevé et regardons avec commisération les hommes qui renient la parole de D.ieu et agissent contre elle.

La quatrième lumière de la Menorah a été l'entrée d'Israël dans la terre à lui promise par l'Eternel. C'est là seulement qu'Israël trouva son bonheur et sa sécurité. Erets Israël n'est pas seulement pour nous un territoire national, mais un pays rempli de Kedoucha (sainteté), un pays béni par D.ieu et où règne une atmosphère divine. C'est là que le peuple juif peut s'élever spirituellement et moralement, s'épanouir complètement et rayonner - de cette lumière que D.ieu attend de lui. Comme un enfant a besoin de sa mère qui le soigne et l'élève, le peuple juif a besoin de la Terre sainte qui est pour lui une mère spirituelle.

 

LE RAYONNEMENT DU PREMIER TEMPLE

 

Mais la prise de possession de la Terre sainte n'achevait pas le destin d'Israël et sa vocation. 
Israël devait encore avoir un roi, oint par D.ieu, pour donner au pays la structure et la manière de vivre correspondant aux besoins d'un pays saint et au vœu de l'Eternel. Cela fut fait par le roi-psalmiste David, qui consolida l'Etat juif et lui donna son caractère. Ce fut la cinquième lumière de la Menorah : un Etat juif, un royaume juif, comme D.ieu l'avait désiré et qui lui fut fidèlement soumis.

Israël et son pays atteignirent leur point culminant lorsque le roi Salomon monta sur le trône de son père. Le roi David avait la lourde charge de faire, toute sa vie durant, la guerre aux peuples voisins et de tremper constamment son épée dans le sang. II était toujours vainqueur, mais la guerre continuelle n'en pesa pas moins comme un cauchemar sur Israël, qui ne trouva pas la force ni le calme nécessaire pour construire son pays, et se développer. Cet état de choses ne changea qu'avec l'avènement du " roi de la paix", Salomon, qui, grâce à sa sagesse inspirée par D.ieu, a su acquérir le respect et l'amitié de tous les peuples. 
Ainsi s'instaura une ère de paix.

Pendant quatre siècles le Temple fit rayonner sa lumière sur Israël qui atteignit alors la période la plus glorieuse de son existence, période faite de paix, de liberté et de bonheur.

Le roi Salomon la mit à profit pour satisfaire le désir de D.ieu de voir élever un Temple à Jérusalem, ce que David avait voulu faire de son vivant sans avoir pu y parvenir. Ce fut la sixième flamme allumée par Israël, car le Temple était le refuge et le lieu de rassemblement de tout le peuple qui y faisait ses pèlerinages à chaque fête, qui y apportait ses sacrifices et qui y était touché par la sainteté. Au Temple, les cœurs de tous les Juifs s'unissaient dans le lien de l'amour divin. Le Temple rapprochait Israël de son D.ieu qui y faisait reposer sa Che'hina (Présence), et de là émanait la grande lumière divine de la Menorah qui ne s'éteignit jamais tant que le Temple exista. Bien des peuples sont allés à Jérusalem pour y recevoir eux aussi la sanctification et l'inspiration spirituelle. Tous les yeux étaient toujours tournés vers la sainte ville de Jérusalem, où le Sanhédrin avait son siège. "La Torah émane de Sion, et la parole de D.ieu de Jérusalem." (Isaïe, 2.)

Pendant quatre siècles le Temple fit rayonner sa lumière sur Israël qui atteignit alors la période la plus glorieuse de son existence, période faite de paix, de liberté et de bonheur. Tous les peuples respectaient hautement Israël.
Puis arriva un nouveau changement : mal guidé par des rois impies, Israël dut quitter son pays. Le Temple fut détruit et la grande lumière de sa Menorah fut éteinte, comme le prophète Jérémie l'avait prédit. Pendant soixante-dix ans les Juifs vécurent dans l'exil babylonien, comme sous un voile sombre. Mais alors apparurent Zorobabel, Ezra et Néhémie qui reconduisirent le peuple dans sa patrie.
Ils reconstruisirent le Temple détruit et rallumèrent la Menorah. Ce fut la septième lumière qui a duré à nouveau quatre siècles et qui apporta le bonheur à Israël.

 

L'ESPRIT DE LA MENORAH

 

Mais des temps difficiles suivirent cette période: l'hellénisme s'empara d'Israël, et tenta, par des lois barbares prévoyant même la peine de mort en cas d'observance de la circoncision, du Sabbat et des fêtes, etc., d'éteindre la lumière d'Israël et de provoquer la décomposition d'Israël par l'intérieur.
Il s'en fallut de peu qu'Israël eût cessé d'exister en tant que peuple de D.ieu. 
L'ennemi osa porter sa main même sur le Temple, qu'il ne détruisit pas comme l'avaient fait les Babyloniens , mais qu'il profana en faisant égorger des porcs sur l'autel divin . Certains traitres juifs se prétèrent à ce procéssus de destruction .
Ce fut la Période la plus noire de toute l'histoire d'Israël, même par rapport à l'exil babylonien où les Juifs avaient au moins la possibilité d'avoir une vie juive et où beaucoup de Yechivot furent créées.

Mattatias et ses fils, les Maccabéens apparurent à la dernière heure comme sauveurs, et proclamèrent la guerre sainte contre l'ennemi intérieur et extérieur.

Quand les ténèbres les plus noires s'étendaient sur Israël, quand le destin d'Israël et le destin de la Torah semblait scellé, quand Israël se trouvait dans l'abîme spirituel, survint le grand miracle divin : Mattatias et ses fils, les Maccabéens apparurent à la dernière heure comme sauveurs, et proclamèrent la guerre sainte contre l'ennemi intérieur et extérieur. Ils provoquèrent un zèle sacré et partirent en lutte contre les ennemis supérieurs en force et en nombre. Leurs armes furent leur héroïsme et la conviction de la pérennité d'Israël. D'après les estimations humaines, leur lutte était d'avance vouée à l'échec, car pouvait-on imaginer que quelques milliers de guerriers sans armement suffisant pourraient triompher d'un si puissant empire ?

Mais ils osèrent entreprendre le combat parce qu'ils savaient que, de toutes manières ils étaient perdus et qu'ils préféraient mourir en combattant pour sauver l'honneur juif. Et alors se produisit le miracle : quelques hommes, animés d'une force divine, l'emportèrent sur des millions d'ennemis. Israël fut sauvé et le Temple fut purifié. Un second miracle se produisit, puisque la petite quantité d'huile pure qui restait dans sa petite fiole, et qui, normalement n'aurait suffi que pour un jour, permit d'alimenter la Menorah pendant huit jours pleins. C'est pourquoi nous célébrons pendant huit jours la fête de 'Hanoucca, la fête de la lumière.
Ainsi, Mattatias et ses fils allumèrent la huitième, la plus grande lumière de la Menorah de D.ieu. Ils avaient sauvé l'honneur juif, l'honneur de D.ieu, et l'honneur de la Torah, et ils avaient assuré pour toujours l'avenir de l'esprit juif.

Plus tard, ce Temple fut également détruit et Israël dut à nouveau quitter le pays. Mais l'esprit subsista. La clarté émanant de la Ménorah existe toujours encore et éclaire les cœurs juifs chaque année, lors, de la fête de 'Hanoucca. Les huit lumières symbolisent les points de clarté dans notre histoire. Elles nous soutiennent et nous encouragent lorsque l'obscurité extérieure veut paralyser nos forces. Elles attirent nos regards vers la Menorah éternelle pour y puiser le courage et le réconfort, ainsi que l'espoir en de nouveaux miracles et en une lumière encore beaucoup plus forte, qui sera la Lumière qu'apportera le Messie.


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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 05:46
Les Usages religieux de la lumièresLa lumière tient une place de choix dans les rituels du judaïsme. Quelques-uns de ses usages, alors et aujourd'hui...


AUTREFOIS

Le Chandelier du Temple

Un chandelier (Menorah) a été fabriqué selon les directives divines transmises par Moïse, pour meubler et éclairer le sanctuaire érigé dans le désert. (Exode 25, 31 40).

Ce chandelier a été déposé ultérieurement dans le Temple édifié par Salomon, qui y a ajouté dix autres chandeliers, cinq à droite et cinq à gauche de l’ancienne Menorah ( Rois I. 49).
Le deuxième Temple n'était éclairé que par un seul chandelier qui fut brisé par Antiochus Epiphane (I Maccabées, 1, 22).
Juda Maccabi le rétablit après sa victoire sur les Syriens (I Maccabées, 4. 49).

Pompée, d'après le témoignage de Flavius Josèphe (Antiquités XIV, 4, 4), a vu le chandelier au Temple. Selon le même auteur, il se trouvait encore au Temple édifié par Hérode (Guerre IV, .5.). Il fut emmené à Rome après la destruction du Temple par Titus. En l'an 70, et se trouve figuré sur l'Arc de Triomphe qui fut érigé à Rome pour commémorer la défaite juive.

L’illumination du temple

Au cours de la fête de Soucott, le temple et son parvis étaient illuminés par un grand nombre de chandeliers en or remplis d’une très grosse quantité d’huile, afin que la lumière qu’ils dégageaient soit très forte.

On rapporte qu’ « aucune cour des habitations privées ne restait dans l’obscurité 
tellement grande était la lumière qui se dégageait du Temple au cours de cette cérémonie.
Des danses accompagnaient cette illumination : des hommes pieux dansaient et jonglaient avec des torches, entraînant tout le public à participer à leur joie.

 

Les feux sur les collines

A l'époque où le calendrier n'était pas fixe, on envoyait des témoins à la campagne pour constater l’apparition de la nouvelle lune. Cette constatation devait permettre au Tribunal religieux de Jérusalem, devant lequel était déposé leur témoignage, de fixer le début du mois, le Roch 'Hodech et, partant; les autres dates religieuses du mois.

Encore fallait-il faire connaître le jour-même la décision du tribunal à tout le pays. Cette nouvelle était transmise au moyen de feux jusqu'en Babylonie même. Sur chaque colline se trouvaient des guetteurs qui agitaient des branches enflammées. Jusqu’au moment où le poste suivant renvoyait à son tour le signal. C'est ainsi que tout Israël, connaissant la date de Roch 'Hodech, pouvait célébrer toutes les fêtes religieuses à la même date sans risque d'erreur.

Cet usage cessa lorsque les Samaritains, adversaires d'Israël, émirent de faux signaux qui risquaient d'induire en erreurs ceux qui les captaient. Les feux furent remplacés par des messagers qui ne purent cependant pas transmettre la nouvelle avec la même rapidité.

 

AUJOURD’HUI

L'antique Menorah a disparu. 
L'antique cérémonie du Temple n'est plus qu'un souvenir. Cependant la lumière continue encore à jouer un grand rôle dans la tradition juive.

Les lumières chabbatiques

Tous les vendredis soirs ainsi que les veilles de fêtes, c'est un devoir pour la maîtresse de maison (ou à son défaut, pour tout autre membre de la famille) d'allumer au moins deux lumières .
Cet allumage, qui s'ajoute à l’éclairage normal, a pour but de créer une ambiance solennelle et d'augmenter la joie qui doit régner dans la maison les Chabatth et jours de fêtes.

C'est à la maîtresse de maison, qui est à la peine pendant toute la semaine, que .sont dévolus en premier lieu ce devoir et cet honneur.

La tradition considère cette obligation comme un des trois principaux devoirs de la femme juive.
Certains veulent voir dans cette obligation, en plus des raisons citées plus haut, une opposition manifeste à l'interprétation des Caraïtes du texte de la Torah. Ceux ci, en effet, prenant le verset à la lettre , « n'allumaient aucun feu» dans leurs demeures le jour du Chabatt et passaient la soirée de vendredi dans l'obscurité totale. Pour montrer que leur interprétation était erronée. on ne s'est pas borné simplement à autoriser l'éclairage normal des maisons, mais on l'a même augmenté.

Une bénédiction particulière a été instituée pour cet allumage qui est resté une des marques caractéristiques de la maison juive religieuse. Tel est l'attachement des femmes à cette obligation que s'il leur arrivait d'oublier une fois de s’y conformer, elles ajoutent à partir du Chabatt qui suit cet oubli, une lumière supplémentaire. Certaines d'entre elles complètent la bénédiction par des prières particulières qu'elles récitent devant les lumières allumées.


La Havdala

Selon le Midrach, la lumière artificielle, celle que l'homme peut faire surgir, a été créée à l’issue du premier Chabatt. C'est à ce moment que l’Eternel a inspiré Adam et lui a fait concevoir la possibilité de percer et d'éclairer les ténèbres qui l'entouraient, en frappant deux pierres l'une contre l’autre.

C'est la raison pour laquelle nous louons le samedi soir l’Eternel « qui a créé la lumière provenant d'un feu» (Talmud Pessa'hime, 54 a), au cours d'une petite cérémonie domestique appelée Havdala, devant une torche en cire tressée réservée spécialement à cet usage.

Une autre raison de cette coutume est l'interdiction d'utiliser le feu pendant Chabbat, celui-ci étant à la base de presque toutes les industries et activités de l’homme. Aussi, dès que l'usage du feu est de nouveau autorisé, en remercions nous l’Eternel.

La cérémonie de la Havdala se fait également à l'issue des fêtes, mais ne comprend évidemment pas de bénédiction sur le feu, l'usage de celui-ci étant autorisé pour la cuisine les jours de fête (sauf, bien entendu, le jour de Kippour).


Les lumières de deuil

«L’âme humaine est une lumière divine» (Proverbes 20, 27). Pour symboliser cette comparaison on a l'habitude d'allumer une lumière au chevet du défunt, aussitôt qu'il a rendu l'âme. Une veilleuse brûlera également pendant toute l'année de deuil dans les maisons des enfants qui pleurent la disparition de leurs parents.

Elle leur rappellera que l'âme humaine ne meurt pas avec le corps mais continue à briller de l’éclat qu’une vie vertueuse aura pu lui procurer.

A chaque anniversaire de deuil on allume également une veilleuse pendant 24 heures. Une veilleuse électrique peut remplir le même office qu'une veilleuse à huile. Cet usage est une marque visible de la piété filiale au delà de la tombe.


Les lumières de 'Hanoucca

Depuis l’an 165 avant l’ère vulgaire, depuis la victoire de Juda Maccabi, la victoire de la Torah sur l'hellénisme les Juifs illuminent leurs maisons pendant 8 jours à partir du soir du 25 Kislev (cette année, le 30 novembre 2002).

On allume une lumière le premier soir à la droite de la Menorah, le chandelier spécial à huit branches, ou huit becs. On ajoute ensuite chaque soir une lumière nouvelle à la gauche de la précédente que l’on allume en premier, avant de continuer vers la droite.

II est souhaitable que tous les membres de la famille allument leur chandelier. Cependant le devoir religieux est accompli par l'allumage d'une seule Menorah le chandelier est disposé près de la fenêtre dans tous les cas où une telle illumination est visible de l'extérieur, sinon sur la table ou sur tout meuble approprié.

La lumière perpetuelle

On a l'habitude, de laisser brûler dans les synagogues une lumière perpétuelle appelée « Ner Tamid », ceci en souvenir de la lumière qui brûlait continuellement au Temple.

Mais au Temple cette lumière s'appelait « Ner Maaravi» et brûlait du côté occidental, et non pas vers l'orient, le Mizra'h, comme nous avons l'habitude de le faire dans nos synagogues.

Notre usage, qui consiste à allumer une lumière perpétuelle devant l'Arche Sainte, est critiquée par certains qui voudraient la voir replacée à l'entrée de la synagogue, pour revenir ainsi à la vraie tradition.

La lumiére perpétuelle à la synagogue symbolise la présence ininterrompue de l’Eternel au milieu de nous .

La lumière pour la recherche du 'Hamets

L’avant veille de Pessah, le chef de famille inspecte toute la maison à la lumière d’une bougie pour contrôler si le nettoyage a été bien fait et s’il ne reste plus une parcelle de 'hamets (pain levée) de son appartement et dépendances.

Cette inspection ne se fait pas à la lumière du jour. On préfère l’accomplir le soir, à la lueur d’une bougie qui permet mieux de contrôler le moindre recoin de l’appartement .

La lumière de Yom Kippour

On a l'habitude d'allumer la veille de Yom Kippour une lumière à la maison et une autre à la synagogue, en souvenir des membres défunts de la famille. On rappelle, en effet, plus particulièrement le souvenir du ceux-ci en ce jour de pardon, pour nous inciter à la pénitence et aussi pour nous les montrer en exemple et en modèle.

 

Usages divers

La lumière est aussi, nous avons vu, un symbole de joie et d'allégresse. Aussi a-t-on l'habitude d'en allumer un grand nombre à l'occasion d'une circoncision, de fiançailles, d'un mariage, en donnant à tous les assistants une petite bougie à la main. Dans certaines contrées, chacun a même deux bougies. Ce serait, dit-on, signe et symbole de prospérité.

En maints endroits, lorsque le père amène son flis à la synagogue pour la première fois, il apporte en même temps un cierge en cire qu’il y allume .

A l'occasion de mariages existe également l’usage de jongler avec des torches ou des bougies allumées, ainsi qu'on le faisait au Temple au cours des réjouissances de Soucott.

Curiosités à propos de la lumière et de la Ménorah

Les Perses considéraient que la lumière provenait d'un dieu et l'obscurité d'un autre dieu. C'est pour s'opposer à cette croyance que nous louons tous les matins « l’Eternel qui a créé à la fois lumière et obscurité».

La lumière est le symbole de la joie. Preuve: après la mort de Haman « les Juifs eurent de la lumière, de la joie et de l'allégresse» (Esther 8, 76).

Editer, se dit en hébreu « sortir à la lumière».

Le chandelier fabriqué dans le désert avait 7 branches qui correspondent aux 7 mots composant le premier verset du livre de la Genèse.
II comportait 11 boutons, correspondant aux 11 mots composant le premier verset du livre de l'Exode. 
II comportait 9 fleurs, correspondant aux 9 mots composant le premier verset du livre du Lévitique.
II avait en réalité une hauteur de 17 coudées (la 18ème coudée n'était pas complète) correspondant aux 17 mots composant le premier verset du livre des Nombres.
II comportait 22 calices correspondant aux 22 mots composant le premier verset du livre du Deutéronome.

Les élèves du Rabbane Yohanan ben Zacaï appelaient leur maïtre: « lumière en Israel». C'est le roi David qui, le premier, a porté ce qualificatif (II Samuel, 18, 3).


Trait d'union
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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 05:54
Que la beauté de Japhet réside dans les tentes de Sem“Que la beauté de Japhet réside dans les tentes de Sem...” (Genèse 9, 27). C’est ainsi que nos Sages ont paraphrasé la bénédiction faite par Noé à ses deux fils, qui leur a ainsi fixé leur rôle mutuel.



Par le Rav BENJAMIN RINGER


Japhet s’attache à l’équilibre et à l’harmonie du monde. Sem, quant à lui, à son sens. Les deux mettent en relief des aspects complémentaires de la réalité : pourquoi ne coopéreraient-ils pas ? La Tora et la Nature ne sont-elles pas deux manifestations voulues de l’Eternel ? La première représente la voie de la prophétie, l’autre, celle de la recherche des lois imperturbables sous lesquelles Il a dévoilé Sa Majesté.

On sait que la bénédiction de Noé fut prononcée après que ses deux fils l’eurent aidé à se revêtir, après donc qu’ils eurent réalisé un acte moral. Noé avait vu la différence entre Sem et Japhet, Sem l’instigateur de cet acte, qui avait agi dans un élan d’élévation spirituelle, et Japhet, plus modéré, dont le motif relevait plutôt du savoir-vivre.

C’est d’ailleurs cette maxime qui fut à l’origine de la première traduction en grec de la Bible (Meguila 9b) : celle des Septantes, réalisée un siècle avant l’histoire de ’Hanouka.

Quelles interférences ou contradictions y aurait-il entre l’hellénisme et le judaïsme ?

On pourrait étendre cette coopération à toute l’existence. En effet, tout phénomène exige une description, face à laquelle il nous incombe d’adopter une attitude morale. L’aspect extérieur du monde n’a jamais été mieux décrit que par la sagesse grecque et son prolongement, la science moderne. Pourquoi ne pas adopter son vocabulaire, et même une certaine civilisation qui en découle ? Quelles interférences ou contradictions y aurait-il entre l’hellénisme et le judaïsme ? Pourquoi la Tora qui préconise un progrès spirituel constant, qui voit le monde comme une étape menant à une vie plus sensée et plus sainte ne s’accommoderait-elle pas d’un tel mode de pensée et d’expression ?

Que dire alors de la lutte qui éclata peu de temps après, lors des événements de ’Hanouka ? Nous savons pourtant qu’il s’agit surtout d’un conflit culturel.

Nous proposons l’explication suivante : l’harmonie est rompue dès que la sagesse grecque déborde le cadre de sa propre compétence. La science, dans son essence, n’est pas normative. Elle ne donne pas, elle ne peut pas donner un sens à l’existence. Dès que les savants, avec l’autorité de leur savoir, veulent expliquer le but et la valeur de la vie, ils parlent en hommes de religion et commettent un abus de confiance.

Et pourtant, c’est ce qui se passe fréquemment ! De quel droit Marx, dont la recherche était essentiellement économique et sociale, a-t-il pu limiter péremptoirement l’histoire du monde à des luttes dans ces deux domaines ? Pourquoi Freud a-t-il voulu à tout prix prouver l’inanité de la religion en comparant ses attitudes à celles de l’obsession ?

Il semble donc qu’il soit difficile à l’homme d’admettre ses limites. Il a toujours tendance à ériger en vérité totalitaire le domaine de sa recherche.

Or, chaque domaine de la connaissance nécessite une approche spécifique. Déjà, lorsque certains savants ont appliqué les méthodes de la physique aux sciences humaines, ils ont commis une transposition dangereuse - la conscience ne se laisse pas réduire à des atomes. Que dire alors si on se met à les appliquer à ce qu’il y a de plus profond dans l’être humain : la recherche du sens, de l’absolu ?

Rien d’étonnant que l’homme moderne ne voie que des chiffres, que des mécanismes dans tout l’univers et qu’il se demande où il y a de la place pour un D.ieu. C’est que toute spiritualité a été bannie de son langage, que des termes conçus pour les objets ont été employé pour l’âme. La prétendue objectivité, l’attitude non engagée de l’homme de science a percé dans un domaine où, au contraire, il faut cultiver la méditation, la sensibilité et l’engagement. Et la réflexion n’étant pas désincarnée, elle a subi l’influence de la parole et de l’acte. Elle a été littéralement envahie par le matérialisme.

Il existe un sens symbolique aux brèches que les Grecs ont faites dans le Temple : ce sont des incursions de leur pensée dans un domaine où ils auraient dû se fier à la Tora et à la Prophétie. C’est la beauté de Japhet qui veut renverser les tentes de Sem.

L’huile rendue impure a aussi une signification précise : c’est l’esprit juif qui s’est laissé séduire par le rationalisme grec et a oublié sa propre dimension dans son respect pour la recherche objective ; il a manqué sa propre mission.

C’est parce que les Grecs ont fait des incursions dans le Temple que nous devons en faire dans le domaine public en allumant nos chandeliers à nos fenêtres.

Pratiquement, quelle attitude préconisons-nous face à ce problème ? Tournons-nous vers un de nos penseurs qui émet l’idée suivante : c’est parce que les Grecs ont fait des incursions dans le Temple que nous devons en faire dans le domaine public en allumant nos chandeliers à nos fenêtres.

Là encore, il y a un sens qu’il faut actualiser. Nous ne commettrons pas l’erreur de vouloir résoudre des problèmes scientifiques par la religion. Ce dont il s’agit, c’est d’inonder la vie quotidienne de notre esprit ; il faut briser le monopole de la laïcité sur le langage et l’action de tous les jours. Il faut que l’homme de la rue ressente que la spiritualité est réelle, opérationnelle : qu’elle n’est pas reléguée à la synagogue. Cette action, c’est par exemple l’entraide (tsedaqa) qui doit changer notre société. C’est pour cela qu’elle est de rigueur à ’Hanouka plus que de coutume. De cette façon, la justice juive trouve une expression réelle et réalisable. Les mitsvoth, de manière générale, doivent être expliquées et répandues.

Comment amorcer ce changement ? Là encore nous aurons recours à notre tradition orale. Nous savons que l’époque de ’Hanouka coïncide avec un renouveau de l’étude du judaïsme, un regain d’approfondissement et de popularité. Loin d’être effrayés par l’hellénisme, nos Sages en ont fait une motivation nouvelle pour pousser le peuple entier à revenir à l’étude. L’esprit juif ne demande pas mieux que de démystifier et rationaliser. Sur ce point, il est d’accord avec l’esprit de Japhet.

Si le judaïsme veut survivre, à notre époque de désabusement et d’apathie, il doit offrir à sa jeunesse une sagesse digne de contrebalancer celle de Japhet, et il en a les moyens !

Que notre ménora éclaire la rue plutôt que de laisser envahir nos tentes par l’obscurité !


pour http://www.lamed.fr/ 

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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 05:42
La Révolte des Maccabées : une vue politique de Hannouka 2/2


La révolte des Maccabées 1/2
http://www.aschkel.info/article-la-revolte-juive-contre-les-grecs-1ere-guerre-pour-la-thora-39871574.html 

Agendahttp://www.akadem.org/photos/contextuels/1607_revolte_
maccabees_4_CHRO.pdf



Le prix de la liberté religieuse

Par Nadia DARMON 
 
 




L’histoire de Hanouccah est une longue bataille pour la conquête de la liberté religieuse et l’indépendance politique de Juda (la Judée). L’une sacrifiant parfois à l’autre. C’est probablement le point de départ de ce qu’on appelle l’Espérance messianique, dès lors que le Peuple Juif se vit menacé pour la première fois, de disparaître dans son essence spirituelle.

En 198 avant l’ère chrétienne, [] Jérusalem passa du joug des "Grecs du sud", les Ptolémées, au joug des "Grecs du nord", les Séleucides, sous le règne de Antiochus III. Les Juifs de Judée jouissaient alors et d’autonomie et de liberté religieuse.

Tout bascula en -175 av.èc, lorsque accéda au trône Antiochus IV Epiphane (le fou) qui entreprit l’unité culturelle des peuples de l’Empire, en imposant le culte des dieux grecs []. L’hellénisme fit des adeptes parmi la population juive, et certains en adoptèrent les vêtements et les moeurs, instillant ainsi une déjudaisation du peuple. Des conflits en résultèrent, ainsi en -169 sous prétexte de rétablir l’ordre, l’empereur pénétra dans le Temple et le pilla, provoquant des émeutes dans la ville. Antiochus Epiphane réprima violemment et fit massacrer un grand nombre des habitants de Jérusalem, détruisant partiellement remparts et bâtiments, installant une garnison face au Temple, sur la colline ouest, la citadelle Akra qui resta un bastion grec durant les années d’affrontements.

Les Juifs de Judée abordaient ici la phase d’hellénisation à outrance, le Temple fut dédié à Zeus, des rites païens furent pratiqués par les troupes, des porcs y furent sacrifiés, les Rouleaux de la Torah furent détruits. La non-observance des rites grecs comme l’observance des rites juifs (Shabbat, fêtes, circoncisions …) furent passibles de mort. Des Juifs "pieux" ou "hassidim" pris à observer le judaïsme en secret, étaient exécutés. Cette résistance passive, passa à l’action de résistance armée, généralisant la répression violente.

En -167 av.èc, la révolte donna le signal d’un affrontement qui n’avait pour but que la libération et la "purification" du Temple de Jérusalem, avec pour seule ambition, recouvrer la liberté de culte ; il n’y avait pas alors d’ambition politique. La révolte était conduite par des hassidim, soucieux de l’intégrité du Temple et du culte.

Les rebelles juifs constitués en petits groupes épars dans la montagne, mal organisés et peu armés, attaquaient les positions aux abords de Jérusalem, en tentant d’isoler la garnision principale installée dans la Cité. C’est à Modiin (30 km de Jérusalem, vers Lod) que survint l’événement qui fit entrer Mattathias, de la Maison d’Asmon [], et ses fils dans l’histoire. Des soldats imposèrent à Mattathias, le patriarche, de célébrer le culte public en immolant des porcs. Alors qu’il refusait, un juif hellénisé s’avança pour obéir aux ordres. Mattatias courut alors et égorgea le juif et le soldat du roi, puis exhorta le peuple à le suivre dans la montagne.

Quelques mois plus tard, Mattathias mourut, et son fils Judas prit le commandement, sous le nom de Maccabée - en hébreu marteau - Judas se révéla un chef militaire plein de ressources, il transforma la guérilla en une véritable armée de libération. Le livre des Maccabées cite quatre principales batailles victorieuses : une contre le général Apollonius puis le général Séron à Béthoron près de Modiin, celle de Emmaüs à l’ouest de Jérusalem et celle de Beth-Tsur au sud. Les voies d’accès vers Jérusalem étant libres, Judas rassembla les Maccabées et montèrent à la montagne de Sion, découvrant un spectacle de désolation du Temple et ses alentours, l’autel profané, les portes brûlées, la végétation avait tout envahi. Judas donna l’ordre de combattre les Séleucides restés dans la Citadelle, jusqu’au dernier.

La nouvelle dédicace du Temple eut lieu : "Le vingt-cinq du neuvième mois []", trois ans jour pour jour après sa profanation. "Judas décida avec ses frères et toute l’assemblée d’Israël que les jours de la dédicace du nouvel autel seraient célébrés en leur temps chaque année pendant huit jours, avec joie et gaieté."

Mais si le récit de la fête de Hanouccah s’arrête là, au miracle de la fiole d’huile qui brûla durant huit jours, alors qu’elle ne contenait la quantité suffisante que pour un seul jour. Si la fête a retenu que c’était la victoire du bien sur le mal, de la liberté sur la persécution, de la vie sur la menace d’anéantissement du peuple juif ; l’histoire politique de la Judée se poursuivit.

Les Maccabées et les Juifs pieux n’occupèrent que le Mont du Temple, laissant la Cité à proprement dit, aux Grecs et aux apostats, protégés par la garnison de la citadelle d’Akra. Un face à face de cent mètres de séparation dura vint-trois ans, faits de harcèlements, de combats, de trêves. La mort d’Antiochus Epiphane en -163, diminua la pression, et la mort de Judas à la bataille d’Elassa (à 20 km de Jérusalem) laissa le commandement à son frère Jonathan.

La succession Séleucide exprima la volonté d’une politique plus clémente à l’égard de la religion juive, et proposa un accord avec Jonathan qui, investi des fonctions cumulées (pour la première fois et en contradiction avec la tradition juive de séparer le pouvoir civil du pouvoir religieux) de gouverneur de la Judée, et de Grand Prêtre, par le roi Démétrius, entra dans Jérusalem en -152 av.èc. Il entreprit de reconstruire la Cité, de relever les fortifications, de libérer le territoire et reconquit Jaffa, Ashkelon, Ashdod. Alors que la Citadelle d’Akra resta aux mains des Séleucides. Jonathan fut assassiné par un général séleucide en -143 av.èc. Ses frères Jean et Eleazar ayant été tués sur le champ de bataille, c’est Simon qui prit la succession.

En -141 av.èc, la citadelle d’Akra fut défaite, une assemblée solennelle réunie à Jérusalem conféra à Simon les titres de "Grand Prêtre", "stratège et ethnarque des Juifs", ces titres furent assimilés à la royauté par la suite, et devinrent héréditaires. Une monnaie juive fut frappée sans l’effigie de Simon. C’est avec Simon que commence la dynastie des Asmonéens, qui se perpétua jusqu’à la conquête romaine par Pompée, en -63 av.èc, avec une reprise de 40 à 37.

Ce fut une période stable et prospère, le territoire non divisé de l’époque de David et de Salomon est reconstitué, les marchands et les pélerins affluent, les constructions se développent. Simon fut assassiné en -135 av.èc. Le pouvoir passa à Jean-Hyrcan, qui profitant du déclin séleucide put agrandir son état, en englobant une partie de la Transjordanie à l’est, Samarie au nord, et le pays d’Edom (Idumée) [] au sud.

A l’époque des conflits opposaient les Sadducéens et les Pharisiens ; les Sadducéens étaient de strictes observants des commandements écrits de la Torah, avec le Temple pour centre religieux, ils soutenaient la classe sacerdotale et cautionnaient la réunion du pouvoir religieux et politique sous l’autorité du Grand Prêtre. Les Pharisiens étaient partisans de la séparation du religieux et du politique, mettant à égalité la Loi écrite et la Loi orale, les commentateurs laïques de la Torah et les prêtres, préférant défendre les valeurs religieuses que l’indépendance politique.

Ce conflit ne cessa de s’aggraver et de mettre en péril l’Etat. Avec Jean Hyrcan, puis Judas Aristobule et Alexandre Jannée qui réprima avec cruauté les Pharisiens. Mais avec Salomé Alexandra qui succéda à Alexandre Jannée, et qui régna de 76 à 67 av.èc, ce sont les Sadducéens complices du massacre des Pharisiens qui furent mis à mort. Salomé avait nommé son fils aîné Hyrcan, Grand Prêtre, et à la veille de sa mort, son deuxième fils Aristobule se proclama roi avec l’appui des Sadducéens. C’est Antipater, chef de l’Idumée et père du futur Hérode, qui conseilla à Hyrcan de se réfugier à Pétra chez le roi des Nabatéens, qui se fit un allié pour la reconquête de la Judée. Aristobule affaibli, se retrancha dans l’enceinte du Mont du Temple à Jérusalem.

Au même instant, Pompée venait de conquérir l’Arménie, et avait dépêché un corps d’armée pour prendre Damas. Le général Scaurus qui eut vent du conflit qui déchirait la Judée au sud, y vit "une affaire juteuse" et vendit son concours à Aristobule pour "400 talents", aussitôt, la menace romaine fit lever le camp des Nabatéens, et Aristobule retrouva son trône. Pompée qui était en route pour Damas, une fois sur place, entreprit de prendre Jérusalem et la Judée. Les partisans d’Aristobule opposèrent une résistance à mort, et Aristobule fut fait prisonnier. Tandis que les partisans de Hyrcan prônant la soumission ouvrirent les portes de la ville haute de Jérusalem, et Pompée y entra triomphant.

Après trois mois de résistance, les romains qui avaient comblé les fossés profonds de 18 m et de 75 m de large qui les séparaient de l’enceinte nord, et armés de béliers et de machines réussirent une percée. Comme c’était un jour de jeûne, ce fut un massacre total.

Jérusalem fut mis désormais sous l’autorité de Rome, Hyrcan réintégra ses fonctions de Grand Prêtre, les fils d’Aristobule, Alexandre et Mattathias Antigonos furent emmenés captifs à Rome, d’où ils s’évadèrent…seul Antigonos retrouvera quelques temps le trône de Juda. C’était en -63 av.èc.



La fête de Hannouccah qui commémore l’inauguration du Temple libéré et purifié (le miracle de la fiole d’huile), est fixée au 25 du mois de Kislev (décembre) et finit huit jours plus tard, le 2 du mois de Tévet (janvier). La tradition célèbre cet événement chaque année avec l’allumage dans chaque famille, d’une lumière (bougie) placée à droite qui s’ajoute à une autre chaque jour jusqu’à former un chandelier complet de huit flammes sur une même rangée. Le neuvième étant le Shamesh (ou Chamach), le veilleur avec lequel on allume. L’allumage se déroule à partir de la gauche vers la droite, pour symboliser le processus qui va de la nuit vers la lumière. Le chandelier est appelé Hannukiah, à neuf branches, et se distingue du chandelier à sept branches appelé Ménorah, emblême du Peuple Juif, notamment dans le Temple de Jérusalem.


[] Source : "Jérusalem ville sacrée de l’humanité" de Théodore Kollek et Moshe Pearlman, éd. France-Empire, Paris.

[] On entend ici par grecs, les Assyriens de culture grecque.

[] Qui donna le nom de la dynastie des Asmonéens.

[] En décembre.

[] Les Iduméens, qui se convertirent au Judaïsme, donnèrent le roi Hérode le Grand.

Source : http://www.judaicultures.info/

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 05:30
LA REVOLTE DES MACCABEESLa révolte juive contre les Grecs a constitué un précédent dans l'histoire humaine : ce fut la première guerre de religion.

C'est par les deux livres des Maccabées que nous connaissons les détails de la guerre menée par les Juifs contre les Grecs et l'hellénisme.

Ces chroniques ne sont pas incluses dans la Bible hébraïque parce que, comme nous l'avons appris au chapitre 26, les membres de la Grande Assemblée avaient, bien avant cette époque, décidé de son contenu. Les événements relatés dans ces livres sont de loin postérieurs. Les livres des Maccabées ont probablement été écrits par un chroniqueur hasmonéen, qui n'était pas certainement pas un prophète, et on peut les trouver dans une collection appelée Séfèr ha'Hitsonim, qui contient aussi d'autres écritures dites " apocryphes " mentionnées ou citées dans le Talmud.

Extrait du Livre des Maccabées

Les hellénisants vus par les Maccabées :

En ces jours-là sortirent d’Israël des fils d’iniquité et ils en séduisirent un grand nombre en disant :

« Allons faire alliance avec les Gentils qui nous entourent, car depuis que nous sommes séparés d’eux,

de nombreux maux nous ont atteints. » La chose parut bonne à leurs yeux ; quelques-uns parmi le

peuple s’empressèrent d’aller auprès du roi et celui-ci leur donna l’autorisation de suivre les pratiques

des Gentils. Ils construisirent des gymnases à Jérusalem, suivant la coutume des Gentils ; ils se firent

des prépuces, s’éloignèrent de l’Alliance sainte [la circoncision], se mirent sous le même joug avec les

Gentils et se vendirent pour faire le mal.

(Maccabées I, 10 à 15) 

 

Une guerre pour la Thora




Cette révolte des Juifs a constitué un précédent dans l'histoire humaine. Elle a été la première guerre idéologique et de religions. Personne dans l'Antiquité ne mourait pour ses dieux ; seuls les Juifs pensaient que leur religion - la seule religion monothéiste de l'époque - valait que l'on meurt pour elle.

Mais cette guerre, comme nous l'avons vu au chapitre précédent, n'a pas été seulement une guerre contre les Grecs. Elle a été aussi une guerre civile où des Juifs, restés loyaux au judaïsme, ont combattu d'autres Juifs, qui s'étaient laissés helléniser et qui soutenaient les Grecs.

Nous sommes en 167 avant l'ère commune, et les terribles persécutions menées par les Grecs contre les Juifs battent leur plein. Les troupes grecques font irruption à Modi'in (une localité située à l'ouest de Jérusalem, visible aujourd'hui non loin de l'autoroute Jérusalem-Tel Aviv) et exigent que les Juifs sacrifient un porc aux dieux grecs. Le dirigeant de la ville, Mattathias, qui est un kohen, refuse.

Un Juif hellénisé est prêt à faire ce qui est impensable aux yeux de ses frères : sacrifier un porc.
Mais ils trouvent un Juif hellénisé qui est prêt à faire ce qui est impensable aux yeux de ses frères. Sur le point d'abattre la bête, Mattathias le poignarde, tuant aussi la personnalité officielle grecque présente sur les lieux. Puis il se tourne vers la foule et annonce : " Suivez-moi, vous tous qui êtes pour la loi de Dieu et êtes fidèles à l'alliance ! " (I Maccabées 2, 27)

 



Ceux qui ont suivi Mattathias et ses cinq fils - Yehouda, Eléazar, Yo'hanan, Yonathan et Chim'on - partent se réfugier dans les collines, car ils s'attendent à ce que les Grecs reviennent et détruisent le village à titre de représailles. Dans les collines, ils organisent un guérilla armée, conduite au début par le fils aîné, Yehouda, surnommé Maccabée, ce qui veut dire " Marteau ". Le mot makabi (" Maccabée ") est aussi un sigle correspondant à : mi khamokha baélim Dieu (" Qui est comme Toi parmi les forts, Dieu"), et il deviendra le cri de guerre du peuple juif.

Nous ne savons pas exactement à quels effectifs se montait l'armée des Maccabées, mais même les estimations les plus optimistes les évaluent à moins de 12 000 hommes. Cette force minuscule va mener le combat contre des régiments grecs de près de 40 000 soldats.

Les Grecs ne disposaient pas seulement d'une supériorité numérique. Leurs troupes étaient composées de militaires professionnels, bien équipés et bien entraînés. Elles disposaient de troupeaux d'éléphants de guerre, les tanks de l'Antiquité. Les Juifs, quant à eux, étaient écrasés sous le nombre, pauvrement équipés - inutile d'insister sur l'absence d'éléphants - mais ils compensaient ces infériorités par leur ardeur et leur ferveur.

La plupart des batailles ont eu lieu dans les contreforts situés le long de la plaine côtière en direction de Jérusalem. Les Grecs ont essayé de faire manoeuvrer leurs troupes depuis les vallées en direction des hauteurs montagneuses, devenues les bastions de l'armée juive. Ils n'ont pu escalader que peu d'endroits, ceux que les Maccabées avaient choisis pour les y attaquer.

On a l'impression, quand on lit ce récit, que la guerre n'a duré que quelques semaines : des batailles ont eu lieu, les Juifs ont gagné, les Grecs sont rentrés chez eux. Il a fallu, en fait, 25 ans de combats, avec beaucoup de pertes dans les deux camps.

 

'HANNOUKA

 

Après les trois premières années, les Juifs ont pu reconquérir Jérusalem. Ils ont trouvé le Temple en état d'impureté, car il avait été transformé en un sanctuaire païen, sur l'autel duquel étaient sacrifiés des porcs. Quand ils ont réoccupé les lieux, leur premier geste a été d'allumer une menora de remplacement (celle en or ayant été fondue par les Grecs), mais ils n'ont découvert qu'une seule fiole d'huile pure porteuse d'un cachet particulier. Ils ont utilisé cette fiole pour allumer la menora et celle-ci, par miracle, est restée allumée pendant huit jours, délai qui a été mis à contribution pour préparer et livrer de l'huile pure fraîchement pressée.

Les Maccabées ont alors purifié le Temple et l'ont réinauguré le 25 kislev.
Les Maccabées ont alors purifié le Temple et l'ont réinauguré le 25 kislev. Cette date est devenue, dans le calendrier hébreu, celle où nous commençons de célébrer les huit jours de 'Hanouka. (Le mot hébreu 'hanouka signifie " inauguration ".)

 



'Hanouka - l'une des deux fêtes ajoutées par les rabbins au calendrier juif - célèbre deux sortes de miracles :

- La victoire militaire des Juifs sur les Grecs, largement supérieurs en nombre.

- La victoire spirituelle de valeurs juives sur celles des Grecs. C'est cette victoire spirituelle qui est symbolisée par les lumières de 'Hanouka.

La réinauguration du Temple n'a cependant pas mis fin aux combats. Malheureusement, des Juifs hellénisés n'étaient pas heureux de la victoire remportée par les Maccabées à Jérusalem. Ils joignirent leurs forces à celles des Grecs et la guerre continua.

Ce n'est qu'en 142 avant l'ère commune, sous le règne du monarque séleucide Démétrios, que les Grecs finirent par mettre fin aux hostilités et signèrent un traité de paix avec Chim'on, le dernier survivant des cinq fils de Mattathias.

Cette année-là, Israël a été libéré du joug des païens ; le peuple a commencé d'écrire sur les contrats et les accords : " Dans la première année de Chim'on, le grand prêtre, général et dirigeant des Juifs. " (I Maccabées 13, 41 et 42)

C'est ainsi que la souveraineté juive sur Erets Yisrael a été officiellement restaurée.

 

LE REGNE DES HASMONEENS

 

Comme noté plus haut, Mattathias était un kohen, et il n'est pas surprenant que son fils, Chim'on, soit devenu grand prêtre. Mais Chim'on s'est attribué aussi le titre de nassi, c'est-à-dire de " prince/président/dirigeant ". Il ne prit pas celui de roi parce qu'il savait très bien qu'un roi juif ne pouvait être issu que de la lignée de David.

(La lignée de David, lignée des rois, vient de la tribu de Juda, tandis que celle des kohanim, les prêtres, vient de la tribu de Lévi, selon la bénédiction donnée par Jacob à ses douze fils, les douze tribus d'Israël.)

Les Hasmonéens n'auraient pas dû être rois du tout, et ils se sont laissés corrompre par le pouvoir.
Ce fut un mauvais choix de la part de Chim'on parce que ses descendants n'ont pas respecté cette distinction. Ils ont institué une nouvelle dynastie régnante en Israël - la dynastie hasmonéenne - qui a duré 103 ans et qui a été marquée par une terrible décadence morale et religieuse. Ils n'auraient pas dû être rois du tout, et ils se sont laissés corrompre par leur propre pouvoir.

 



Le souverain suivant a été Jean (Yo'hanan) Hyrcan, et son nom laisse apparaître l'influence grandissante occupée par la culture grecque : Les Hasmonéens avaient commencé à s'helléniser. Terrible tragédie, alors que leurs ancêtres avaient sacrifié leurs vies pour rejeter le joug de l'hellénisme.

Parmi ses nombreuses erreurs, Jean Hyrcan a pris une décision très grave. Pour soutenir son effort en vue d'étendre les frontières d'Israël, il a converti de force les peuples nouvellement vaincus. Jamais le judaïsme n'avait fait, ni ne fera par la suite, une chose pareille. Les Juifs ont plutôt tendance à décourager ceux qui veulent se convertir, et non le contraire.

Un des peuples qui a été ainsi converti de force a été celui des Iduméens. Cette erreur coûtera très cher aux Juifs.

Il existe en Israël, près de Beith Chémech, un site archéologique fascinant ouvert aux touristes et appelé Beith Gouvrin Marecha (Marissa). Il consiste en quelque 2 000 grottes taillées surtout dans le calcaire. C'était une des grandes villes du Iduméens. Elle a été conquise par les Hasmonéens, qui ont donné à son peuple le choix entre la conversion et le départ.
Une des familles iduméennes ainsi convertie de force a occupé quelques années plus tard une place importante dans la vie publique, quand les Romains ont envahi le pays. Un de ses descendants - Hérode - fut couronné roi des Juifs et il a été un souverain schizophrène. Il a fait assassiner le grand prêtre, quarante-cinq membres de la Cour Suprême juive ainsi que la plus grande partie de sa propre famille, mais il a aussi entrepris un fantastique programme de constructions qui a inclus la ville de Césarée, la forteresse de Massada, et une réédification totale du Temple. Comme nous le verrons, Hérode (qui n'était juif que de nom) a eu des rapports très schizophréniques avec les Juifs.

 

LE DECLIN DE L'INDEPENDANCE JUIVE

 

Le fils de Jean Hyrcan, Alexandre Jannée, est un cas classique de souverain hasmonéen totalement dévoyé. Il était complètement hellénisé et avait partie liée avec les Sadducéens, ces Juifs qui observaient seulement la Tora écrite et qui se fiaient à leurs propres interprétations, contre les Pharisiens, les Juifs du courant dominant.

Quand certains Pharisiens se sont opposés à lui, Alexandre Jannée en fait exécuter 800 après les avoir obligés à assister aux tortures de leurs familles. Pendant les exécutions, il organisa un festin à la mode grecque.

Alexandre Jannée a fait exécuter 800 de ses adversaires après avoir fait massacrer leurs familles devant eux.
Comme dans une grande tragédie classique, on a assisté ici à la fin d'une famille éminente dont le destin avait commencé dans la gloire et qui s'est s'achevé dans le désastre, non sans mener le peuple juif à la ruine.

 

Les deux derniers rois hasmonéens ont été deux frères, Hyrcan et Aristobule, tous deux totalement hellénisés. Hyrcan était le plus faible des deux, mais il avait un conseiller avisé nommé Antipater, un descendant de convertis iduméens. Ce dernier avait un fils : Hérode.



Hyrcan et Aristobule se sont engagés dans une lutte fratricide avec pour enjeu le trône royal. Le combat était indécis. Et comment vont réagir ces deux hommes moralement corrompus et assoiffés de pouvoir ? Ils se sont accordés pour demander à Rome de trancher leur litige.

Mais inviter les Romains ne ressemblait en rien à la constitution d'une force multinationale pour le maintien de la paix ou pour une médiation. Le peuple auquel il avait ainsi été fait appel était incroyablement assoiffé de conquêtes et de gains territoriaux.

Nous sommes en 63 avant l'ère commune, et Pompée, le grand général romain, était occupé à nettoyer ce qui restait de l'Empire Grec. Il ne sera que trop heureux de répondre favorablement à cette demande et de faire manoeuvrer ses troupes en Israël.

 

Traduction et adaptation de Jacques KOHN
pour http://www.lamed.fr/ 
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 05:38
La Gloire d’Israël face à la Beauté de la GrèceLes grecs ont réduit le monde à sa beauté physique, alors que les juifs ont ouvert ses yeux à la gloire spirituelle qu’il renferme.

Les mandragores ont libéré leur parfum, et à notre porte, se trouvent des délicatesses.
(Cantique des cantiques 7:15)

Le Midrach interprète ce verset de manière surprenante :

• Les « mandragores » désignent Ruben ;
• Le « parfum » fait allusion à son acte héroïque lorsqu’il sauva Joseph des desseins meurtriers de ses frères ;
• Et les « délicatesses » à notre « porte » se réfère à ‘Hanoukka (puisque la ménorah est placée à la porte).

Si ce genre de références voilées est monnaie courante dans le Midrach, elles ont habituellement quelque chose en commun. Ainsi, le Midrach peut présenter une série de versets faisant allusion aux trois patriarches, en parallèle avec une série d’évènements historiques ayant un lien entre eux. Alors que ces deux évènements, ‘Hanoukka et la tentative de Ruben pour sauver Joseph, ne semblent pas avoir de rapport (outre le fait que ‘Hanoukka tombe généralement la semaine suivant la lecture de la paracha de Vayéchev qui raconte justement cet épisode.)

UN CHANT DE LOUANGE

Un aspect fascinant de ‘Hanoukka peut nous aider à comprendre cet étrange midrach.

Chaque fête implique la récitation du Hallel, qui est un chant de louanges à D.ieu à travers lequel nous reconnaissons que la fête commémore un évènement étant d’œuvre divine. ‘Hanoukka comporte toutefois une facette supplémentaire : lehodot oulehallel – « remercier et louer ». 

Quelle est la nature de cette gratitude supplémentaire et pourquoi l’associe-t-on au Hallel ?

Parmi les diverses expressions hébraïques se rapportant à la beauté, deux sont particulièrement remarquables :

• Yofi, expression première désignant la beauté ;
• Et 
hod, désignant une beauté majestueuse et impressionnante, qui éveille une certaine crainte.

Si hod est généralement traduite par « gloire », le Metsoudat Tsion explique à de nombreuses reprises que c’est un « genre de beauté ». (Voir également le commentaire du Gaon de Vilna sur les Chroniques I 29:2, ainsi que Rachi sur Jérémie 22 :18)

Cette idée nous semble difficile : la beauté et la crainte sont-elles compatibles ? On pense généralement à la beauté en terme d’attirance, alors que la peur a un effet répulsif. De plus, hod semble lié à hoda’ah, une expression de gratitude et un terme qui implique la reconnaissance de sa culpabilité. Comment hoda’ah est-elle liée à la beauté ?

LA DIFFERENCE ESSENTIELLE

La différence essentielle entre les termes – hod et yofi – réside dans le rapport qui existe entre l’attirance superficielle et la nature profonde de l’objet.

Le monde fut créé à deux niveaux : matériel, donc tangible, et spirituel, qui ne peut être perçu. On pourrait dire que le monde a une essence spirituelle revêtue d’une enveloppe matérielle à laquelle le spirituel donne vie et substance.

Les Dix Paroles avec lesquelles D.ieu a créé le monde (Maximes des Pères 5 :1) se manifestent dans la Création qui en a résulté. Sa parole est le noyau spirituel du monde tangible. Comme le dit le Roi David : « Pour toujours, O D.ieu, Ta parole se tient ferme dans les cieux » (Psaumes 119 :89).

Pareillement, l’essence de l’homme est son âme divine, qui réside dans un corps physique et l’anime. Cette interaction entre surface et substance est également présente dans les ustensiles du Temple qui sont en majorité façonnés de bois et recouverts d’or.

Nous rencontrons cette relation entre l’extérieur et l’intérieur dans le concept de la beauté. La véritable beauté est présente quand l’enveloppe d’un objet nous dirige vers un contenu correspondant à l’extérieur. Ainsi l’enveloppe extérieure du fruit proclame : « Mange-moi, je suis savoureux ». Par opposition, le cactus et le désert sont tous deux formidables dans leur apparence et semblent crier : « Prends garde ! » A chaque fois, l’enveloppe est consistante avec sa substance.

TROIS VARIANTES

Il existe trois variantes possibles dans cette relation entre l’enveloppe et la substance :

• Si l’apparence extérieure est plus attirante que ne l’est véritablement l’intérieur, c’est une beauté fausse, creuse. L’enveloppe séductrice énonce une affirmation sans fondement ; c’est une publicité mensongère.

• Si l’apparence est le véritable reflet du contenu intérieur, nous avons une beauté dans le vrai sens du terme. C’est un attribut positif, car elle attire les gens vers une chose bénéfique. Par exemple, le Temple est décrit comme étant une « vision magnifique », car la majesté extérieure du Temple expose véritablement ce qu’il renferme. L’attirance visuelle invite ainsi le spectateur à entrer et à s’abreuver du contenu spirituel.

• Parfois, la valeur du contenu excède de loin l’apparence extérieure. C’est comme si le sac avait du mal à retenir un contenu débordant, ses coutures menaçant de lâcher. Cette abondance de contenu est aussi une forme de beauté, que l’on appelle 
hod, « gloire ». Dans ce cas, le message extérieur est surpassé par l’intérieur et s’incline devant son poids.

Dans le premier cas, l’extérieur domine l’intérieur ; dans le second, il lui est proportionné, dans le troisième, l’extérieur succombe. Ainsi, le terme hod est fortement associé à hoda’ah. L’extérieur se soumet à l’intérieur et démontre l’inadéquation du corps à traduire la richesse de l’esprit. L’enveloppe révèle finalement son contenu à travers son incapacité à le contenir.

LES RAYONS DE GLOIRE

Un exemple de ce type de hod se trouve dans les « rayons de gloire » qui ornaient Moché quand il est redescendu du Sinaï pour rejoindre le Peuple juif (Exode 34 :30). Ces karnei hod résultaient d’un état spirituel élevé que son corps physique ne pouvait contenir. Ces rayons étaient un trop-plein de gloire spirituelle intérieure. Ce n’est qu’en ajoutant une enveloppe additionnelle, un voile, qu’il pouvait protéger les autres de ces rayons de gloire éclatants.

Notre révérence à la vue d’un grand de la Torah ne répond pas à sa stature physique, mais à notre perception d’une émanation de quelque chose de divin, de spirituel de sa personne. Sa présence physique, telle que nous la percevons, n’est que le réceptacle de l’âme, et l’âme dépasse les barrières corporelles, se manifestant à ceux qu’elle rencontre. Ce sentiment d’être confronté à une grandeur spirituelle est ce qui évoque notre révérence et notre crainte, suscité par cette beauté que l’on appelle hod.

C’est aussi la raison pour laquelle « La sagesse de l’homme amène une lueur sur son visage » (Ecclésiaste 8 :1), comme nous le voyons chez un sage en Torah.

RIVAUX EN BEAUTÉ

Le peuple de la Grèce antique était doté de yofi, comme l’atteste le verset de la Genèse 9 :27. Israël, par contre, est décrite avec le terme hod dans le livre de Daniel 10 :8.

En détaillant ses rêves qui prédisent le sort des quatre royaumes, Daniel s’écrie : « Ma gloire s’est changée en destruction ». (Voir aussi Rav Tsaddok haCohen, Pokei’a’h Ivrimp.50). C’est spécifiquement, hod, la gloire d’Israël qui a été dévastée par yofi, la beauté de la Grèce.

Comment cette tension entre hod et yofi se manifeste-t-elle dans la lutte entre Israël et la Grèce ?

Nous y trouvons un précédent dans la rivalité sous-jacente entre Ruben et Joseph.

Le peuple d’Israël repose sur deux fondations : les deux femmes de Jacob, Rachel et Léa (les concubines Bilah et Zilpah, étant complémentaires à leurs maîtresses.) Tout comme les patriarches ont contribué une facette unique à Israël, chacune des matriarches constitue, par sa force de caractère, un pilier distinctif dans l’établissement du Peuple juif.

RACHEL ET LEA

Rachel est décrite comme yefat to’ar« belle d’apparence » (Genèse 29 :17). Sa grâce extérieure traduit sa beauté spirituelle intérieure.

Léa n’est décrite qu’en référence à ses yeux, or les yeux sont appelés la fenêtre de l’âme. La beauté de Léa réside dans ses qualités intérieures, irradie ses yeux, mais ne s’étend pas à son visage. En apparence, elle est destinée à Esaü ; pourtant, c’est elle (avec sa servante Zilpah) qui va porter la grande majorité des tribus.

Joseph, premier né de Rachel, est l’enfant qu’elle mérite d’avoir. Judah, quatrième enfant de Léa, représente plus que sa part. Elle le nomme Judah, Yéhouda en hébreu, qui vient de hoda’ah, exprimant sa gratitude et reconnaissant qu’elle a reçu bien au-delà de ce qu’elle méritait de droit.

Cette même distinction se retrouve dans la descendance des matriarches : Joseph, fils de Rachel, est décrit comme possédant yofi, alors que Judah est associé à hoda’ah, en nom et en acte (Voir Genèse 38 :26 lors de sa confession en publique au sujet de Tamar). Saul, descendant de Rachel, roi dont la stature est « tête et épaules au-dessus du peuple », reflète ce port majestueux. David, descendant de Léa, est décrit comme « le fils le plus petit » de Jesse ; Seul D.ieu qui lit les cœurs, peut le désigner comme roi.

LA PERSONNE SAINTE

On peut utiliser les termes contrastés de yofi et hod pour décrire comment la conduite d’une personne réalise – ou manque de réaliser – cette consistance avec son état intérieur. Par exemple, un tsaddik gamour, une personne entièrement sainte qui n’a jamais péché, est le summum de yofi. Ses actions sont le reflet sincère d’un corps en harmonie avec son âme. Dans le même ordre d’idée, nos Sages nous disent que les traits d’un fauteur sont déformés ; son yofi originel est perdu.

D’un autre côté, nous avons le ba’al techouva, « celui qui retourne à D.ieu ». Si son apparence est entachée et déformée (Isaïe 53), du fait de ses nombreuses fautes, quelque chose en lui lutte pour l’élever au-dessus de sa condition, et dans sa lutte vers le repentir, une force intérieure particulière l’entraîne à l’amélioration. A un niveau plus profond, on peut dire que le ba’al techouva est doté de hod. En effet, le Talmud (Chabbat 56b) parle de Rabbi Nathan de Tsoutsita, un grand ba’al techouva, qui était couronné d’un halo – il semblerait qu’il s’agisse des karnei hod, des « rayons de gloire ».

Joseph personnifie la personne sainte (il est appelé Yosef haTsaddik, titre qui n’est donné à aucun autre dans les écritures), parce qu’il s’est distingué en surmontant la tentation, en ne fautant pas. Yofi est son domaine. Judah, quand à lui, succombe et dans sa lutte au repentir, son hod devient manifeste.

L’ODEUR DU SACRIFICE

Revenons maintenant au « parfum des mandragores ».

Ruben, l’aîné des enfants de Léa, est l’héritier apparent de Jacob, mais Joseph semble enclin à lui usurper ce droit d’aînesse.

(Soit dit en passant, l’épisode des mandragores est un autre exemple de hod : Ruben avait donné les mandragores en cadeau à sa mère et celles-ci devaient être à l’origine de la naissance d’une autre tribu. 
Elles le furent en effet : quand Léa les donna à Rachel, lui cédant les fleurs qui étaient à elle ; Léa conçut un autre enfant !)

La lutte entre Joseph et ses frères atteint son apogée lorsqu’ils le condamnent à mort. A ce moment, le hod des enfants de Léa se manifeste dans toute sa force. Ruben protège Joseph, et Judah finalise le processus de sauvetage de leur rival, en proposant qu’il soit vendu comme esclave.

Le premier né, Ruben, concède à Joseph, lui accordant finalement le droit d’aînesse.

Peut-on imaginer plus grand acte d’abnégation que d’accorder la vie, et donc le pouvoir, à son ennemi ? Nous sommes en effet émerveillés par l’odeur des mandragores, symbole de hod.

UNE BEAUTÉ VIDE

Avançons maintenant d’un millénaire. La Grèce est la puissance dominante du monde. Sa force réside dans yofi – pas le yofi d’un Yosef haTsaddik, bien évidemment, pas même le yofi qui trouve sens et accomplissement dans les tentes de Sem après la bénédiction de Noé ; mais une beauté vide réalisée grâce à la contemplation profane de l’univers.

« Le monde ne contient que ce qui se révèle » est la substance de leur point de vue. Si on comprend pleinement les phénomènes de l’univers, prétendent-ils, on comprend tout et ce qui est hors du champ de vision et d’observation, n’existe tout simplement pas.

Il n’en est pas de même pour le Peuple juif. Notre croyance est que le monde révélé nous indique simplement un monde caché, hors d’atteinte pour nos sens. Toute personne dotée de discernement comprend que le monde révèle bien plus qu’il n’y paraît. La Grèce réduit donc le monde à yofi, une beauté vide, alors qu’Israël ouvre ses yeux à hod, cette gloire qui demeure au plus profond.

Il est donc approprié que le thème du sacrifice soit célébré pendant ‘Hanoukka, car le sacrifice est l’essence de hod – la manière dont une personne réalise son véritable potentiel. Quand une personne accomplit les mitsvot dans le cadre de son existence en respectant ses limitations, elle peut amener ses traits les plus raffinés à leur pleine maturation, mais pas plus. Elle accomplit de grands actes, mais ceux-ci ne la portent pas au-delà de son potentiel. Mais quand une personne est prête à sacrifier sa vie pour la Torah, elle prouve que le monde de la Torah et de la divinité dépasse de loin ses limitations personnelles. Elle saisit au-delà de ce qu’elle peut atteindre et clame une louange qui excède ses limitations apparentes.

 

Traduction et Adaptation de Tsiporah Trom
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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 05:32
LES PERSECUTIONS PAR LES GRECSLa terreur régnait - les femmes qui faisaient circoncire leurs fils étaient tuées avec leurs bébés attachés autour de leurs cous.
Après la mort d'Alexandre le Grand, le vaste Empire Grec a été divisé en trois parties :

 

- La Grèce séleucide ou assyrienne

- La Grèce ptoléméenne ou égyptienne

- La Macédoine ou la Grèce proprement dite, y compris les villes-Etats indépendantes comme Athènes, Sparte, etc.

Au début, Israël est tombé sous l'autorité des Ptolémées d'Egypte. Ceux-ci se sont comportés généralement avec bienveillance, dans l'esprit qui régnait dans leur capitale, Alexandrie, capitale culturelle du monde.

Les choses ont cependant changé en 198 avant l'ère commune, après la bataille de Panyas (ou Banyas, un site situé dans le nord d'Israël que l'on peut visiter aujourd'hui), qui a vu la victoire des Séleucides d'Assyrie sur les Ptolémées.

Le nouveau roi séleucide, Antiochus Epiphane, était soumis à de nombreuses pressions. Il lui fallait résister aux Ptolémées et se préoccuper de la montée en puissance de Rome.
Il constata que le maillon faible dans ses défenses était Israël. Ce pays était bordé par l'Egypte et la Mer Méditerranée - d'où les Romains pourraient débarquer - et pire encore, les Juifs n'étaient pas de culture grecque. Telle était la situation à laquelle il a voulu porter remède.

 

QUAND DES MONDES ENTRENT EN COLLISION

 

Quand les Grecs, qui avaient conquis tout le monde connu, ont rencontré pour la première fois les Juifs, ils ont été déconcertés. Ils n'avaient jamais rencontré de gens comme eux.

Les Juifs étaient alors les seuls monothéistes sur terre et ils souscrivaient à une vision du monde qui était totalement différente des autres. En particulier, ils croyaient que tout ce qui existe avait été créé et était maintenu en existence par un Dieu unique et invisible, infini et immanent. Ces idées, et tout particulièrement celle d'une divinité se préoccupant de la vie des êtres mortels, les Grecs les trouvaient incompréhensibles.

Les idéaux juifs de paix, de fraternité, de responsabilité sociale, étaient aux antipodes des valeurs grecques.
Et surtout, les Grecs ne pouvaient pas comprendre la vision juive de la Tora. C'était un livre ancien, que les Juifs prétendaient avoir reçu de leur Dieu, et qui contenait des enseignements étranges sur la manière de vivre dans une atmosphère de paix, de fraternité, de responsabilité sociale, de respect pour la vie - toutes valeurs très éloignées de leur champ de vision.

 


Bref, les Grecs ne savaient que faire des Juifs.

Les Juifs étaient tout aussi déconcertés. Les Grecs tenaient en haute estime l'instruction et les choses de l'esprit - préoccupation largement partagée par eux. Ils parlaient une belle langue, que les Juifs appréciaient beaucoup. (Le Talmud dit de la langue grecque qu'elle est la plus belle du monde, la seule, hormis l'hébreu, dans laquelle il est permis d'écrire un rouleau de Tora cachère.)

De fait, la Tora a été promptement traduite en grec (au troisième siècle avant l'ère commune), la première traduction dans l'histoire juive. Cette traduction a été appelée les " Septante ", d'après les 70 rabbins qui l'ont réalisée.

(Cette traduction a toujours été considérée comme un désastre national pour le peuple juif. Désormais accessible aux non-Juifs, la Bible hébraïque, délibérément mal traduite, a été souvent employée contre nous. Les Bibles chrétiennes écrites dans nos langues vernaculaires dépendent aujourd'hui de la traduction grecque qui a été traduite en latin, la langue de l'Empire Romain. On imagine facilement la quantité de fausses interprétations et d'erreurs dont sont émaillées ces traductions.)

Il était cependant inévitable que la Bible hébraïque soit traduite en grec, devenu la langue commune de toutes les civilisations méditerranéennes. Et les Juifs, qui parlaient déjà surtout l'araméen depuis qu'ils étaient partis en exil en Babylonie, se sont mis à parler également grec. C'est ainsi que l'usage de l'hébreu s'est trouvé cantonné aux prières et à l'étude.
Malgré cette appréciation mutuelle, qui a d'ailleurs appâté beaucoup de Juifs, les vastes différences entre les deux civilisations ne pouvaient pas être tolérées longtemps par la culture dominante.

 

L'HELLENISATION FORCEE

 

La lune de miel prit fin avec éclat quand Antiochus Epiphane prit des dispositions délibérées entre 169 et 167 avant l'ère commune en vue d'helléniser les Juifs d'Israël afin de détruire le judaïsme. Le livre des Maccabées dit de cette période qu'elle a été le " règne de la terreur ".

La première chose que fit Antiochus a été de prendre le pouvoir à Jérusalem. Il destitua le grand prêtre de ses fonctions et le remplaça par un homme à sa dévotion. C'est à partir de ce moment que la grande prêtrise est devenue, dans une large mesure, une institution corrompue (comme nous l'avons expliqué au chapitre 25).

Cette corruption va finir par affecter toutes les institutions de la vie juive : la monarchie, la prêtrise, le service du Temple. Ne resteront relativement intacts que le Sanhédrin, la Cour Suprême juive, et ses rabbins qui écriront plus tard le Talmud, ainsi que nous le verrons.

Après qu'il a installé son propre grand prêtre, Antiochus essaya d'abolir le calendrier juif.

Ce sont les Grecs qui ont inventé la persécution religieuse, un concept jusque-là inconnu dans l'histoire.
Antiochus, à cette époque, comprenait très bien les Juifs. Pour lui, ces gens étaient obsédés par le temps : ils essayaient de le rendre sacré. Détruisez le temps et vous détruirez l'aptitude des Juifs à pratiquer le judaïsme. Antiochus va donc interdire l'observance du Chabbath, celle de la Néoménie (Roch 'Hodèch), et celle des fêtes - Pessa'h, Chavou'oth, Roch hachana, Yom Kippour et Soukoth.

 


Ensuite, Antiochus va interdire d'observer la cacherouth et d'étudier la Tora. Les rouleaux de Tora furent brûlés publiquement, et l'on sacrifia des porcs sur des ouvrages sacrés afin de les rendre impurs. De fait, Antiochus semblait obsédé par le porc, sachant que cet animal est particulièrement répugnant aux Juifs ; il força même le grand prêtre à offrir des sacrifices de porc dans le Temple de Jérusalem, et aussi à y favoriser l'adoration de tout un échantillonnage de divinités grecques. (Voir I Maccabées 1, 41 à 64.)

Enfin, Antiochus décida d'interdire la circoncision. Pour les Juifs, c'était le signe physique, tangible, de leur alliance avec Dieu. Et c'est ce que les Grecs - qui adoraient la perfection du corps humain - trouvaient le plus détestable. Pour eux, la circoncision était une mutilation.

Comme les Juifs opposaient de la résistance, Antiochus et ses acolytes ont réagi avec une extrême cruauté. L'historien juif Berel Wein dépeint ces persécutions dans son livreEchoes of Glory :

"Les femmes qui faisaient circoncire leurs fils étaient tuées avec leurs bébés attachés autour de leurs cous.
Les érudits d'Israël étaient poursuivis, pris en chasse et mis à mort. Les Juifs qui refusaient de manger du porc étaient torturés à mort… Même le plus petit hameau dans Juda n'était pas à l'abri de l'oppression des Hellénistes. Des autels à Zeus et à d'autres divinités païennes étaient dressés dans chaque village, et les Juifs étaient partout forcés de participer à leur culte." (p. 63)

Ce type de persécution religieuse était, jusqu'à cette époque, inconnu dans l'histoire humaine, et personne dans le monde antique ne s'en serait pris aux religions des autres peuples. La devise des païens était en effet : " J'adorerai ton dieu, tu adoreras le mien. Plus il y aura de dieux mieux cela vaudra ! "

(Nous verrons plus tard les mythologies grecque et romaine unir Zeus et Jupiter, etc. L'idéal était dans le pluralisme : la religion des uns était bonne pour les autres.)

Personne, dans le monde païen, n'est jamais mort pour sa religion. Personne, sauf les Juifs.

Les Juifs considèrent qu'il existe dans l'existence des valeurs pour lesquelles il vaut la peine de sacrifier sa vie, des valeurs plus importantes que la vie elle-même. Les Juifs sont prêts à donner leurs vies pour le judaïsme. Non pas parce que Dieu demande que l'on meurt pour Lui, mais parce que l'idéologie de la Tora est quelque chose sans laquelle l'humanité est condamnée. Les Juifs, qui sont supposés être " une lumière pour les nations ", ne peuvent pas abandonner leur mission, même quand leurs vies sont menacées.

Bien sûr, les Juifs ne doivent pas se comporter comme des agneaux allant à l'abattoir : Ils peuvent lutter contre ce type de tyrannie et ils l'ont fait. Ce qui a été cependant le plus terrible dans ce combat, c'est que les Juifs qui défendaient leur foi ont dû lutter contre les Grecs tout autant que contre certains de leurs propres frères qui s'étaient convertis à l'hellénisme.

 

JUIF CONTRE JUIF

 

Quand les Grecs ont attaqué le judaïsme, ils l'ont fait avec l'aide d'une secte plantée comme une écharde dans le peuple juif: celle des Juifs hellénisés.

Ces Juifs avaient été nourris aux sources de la culture grecque. Et il n'y avait rien d'étonnant à cela. La culture grecque était le milieu culturel le plus important dans le monde antique.

Un groupe peu nombreux, mais très puissant, de Juifs s'aligna sur les autorités grecques.
Nous avons assisté à ce genre de situation tout au long de l'histoire juive. Une culture mondiale s'installe, à vocation éclairée et progressiste, porteuse de l'ambition de réformer le monde, et elle séduit beaucoup de Juifs appartenant aux classes supérieures de la société. Pourquoi ? Parce qu'ils sont riches, brillants, et qu'ils en ont du temps libre. Ils disent alors au reste du peuple juif : " Soyons modernes ! Oublions tout ce vieux fatras des traditions désuètes ! " (Ce modèle, nous le verrons plus loin, va se répéter en Espagne, en Allemagne, et même aujourd'hui dans les pays occidentaux.)

 


Cette époque va voir se développer un groupe peu nombreux, mais très puissant, de Juifs hellénisés, totalement alignés sur leurs maîtres grecs, et qui calquent entièrement leur conduite sur la leur.

Ils envoient leurs enfants au gymnase, et ils se débarrassent de leurs circoncisions - une opération très douloureuse - puisque beaucoup d'activités, chez les Grecs, se pratiquent en état de nudité, et que les Grecs les auraient considérés, à défaut de cette intervention, comme des mutilés.

Pire encore, le fossé entre les Juifs hellénisés et le courant juif dominant va se doubler d'une autre séparation, celle qui va éloigner l'un de l'autre deux systèmes de pensée religieuse.
Le schisme commença quand deux maîtres - Tsaddoq et Baïthos - se mirent à prêcher une nouvelle forme de judaïsme, où l'on ne croyait plus en l'origine divine de la Tora orale (que nous avons expliquée au chapitre 26). Leurs adeptes ont été appelés les Sadducéens (Tsedoukim) et les Boéthussiens (Baïthossim), encore que l'histoire ait surtout retenu les Sadducéens. Le courant dominant, celui des Juifs de stricte observance, qui gardaient la loi juive telle qu'elle a toujours été pratiquée, ont été appelés ironiquement les " Pharisiens " (Perouchim), ce qui veut dire les " gens séparés ", par opposition aux autres.

Puisque les Sadducéens ne croyaient pas que la Tora orale venait de Dieu, ils se considéraient comme n'étant tenus de respecter que les lois de la Tora écrite, qu'ils lisaient de manière littérale. Mais beaucoup de lois de la Tora écrite sont incompréhensibles sans la Tora orale. Leur réponse ? Chacun pour soi ! C'est à chacun de décider ce qu'elle veut dire et agir en conséquence.

Les Sadducéens ont trouvé des alliés naturels parmi les Juifs hellénisés, comme l'explique le rabbin Berel Wein :

"Les Sadducéens ont toujours été plus acceptables aux yeux des Juifs hellénisés que leurs adversaires rabbiniques. L'alliance des Hellénistes et des Sadducéens contre le judaïsme traditionnel a provoqué une agitation constante dans la vie juive tout au long de la période du deuxième Temple et même par la suite." (Echoes of Glory, p. 38)


(Nous traiterons des Sadducéens plus en détail dans les chapitres où nous parlerons de l'Empire Romain et de sa domination sur les Juifs.)

Voici comment l'historien Flavius Josèphe explique dans son Contra Apion les croyances des Juifs à cette époque :

"Les Pharisiens [qui sont considérés comme plus adroits dans l'exacte explication de leurs lois et dont l'école a une influence prépondérante] attribuent tout au destin et à Dieu, tout en considérant que c'est surtout à l'homme qu'il revient de choisir de faire le bien ou le mal. Ils disent que toutes les âmes sont immortelles, mais que celles des justes transitent par d'autres corps tandis que celles des impies sont soumises à une punition éternelle.

Les Sadducéens, en revanche, excluent entièrement le destin et considèrent que Dieu n'est pas concerné par ce que nous faisons en bien ou en mal. Ils disent que faire le bien ou le mal est un choix personnel de l'homme et qu'il appartient à chacun de choisir entre l'un ou l'autre selon son bon gré. Ils excluent aussi la croyance dans l'immortalité de l'âme et les punitions et les récompenses dans l'au-delà.

De plus, le Pharisiens se comportent courtoisement les uns envers les autres, et ils cultivent des relations harmonieuses avec la collectivité. Le comportement des Sadducéens, au contraire, est celui de rustres, et leur conversation avec les membres de leur propre secte est barbare comme s'ils leur étaient des étrangers."

On voit à quel point les Sadducéens ont été influencés par la pensée grecque. C'est là une des raisons pour lesquelles les grands prêtres et le service du Temple sont devenus aussi corrompus, un grande partie de la classe sacerdotale, une classe supérieure à cette époque, ayant adhéré à la doctrine des Sadducéens. Voilà aussi pourquoi le Talmud nous apprend que tant de grands prêtres sont morts pendant le service de Yom Kippour.

La corruption du Temple, l'hellénisation forcée et les persécutions vont finir par provoquer la révolte des Juifs de stricte observance. Quand ils se soulèveront, les Grecs trouveront des collaborateurs parmi les Juifs eux-mêmes.

La révolte des Maccabées - que nous célébrons aujourd'hui à 'Hanouka - a été une guerre civile entre Juifs tout autant qu'un combat contre la Grèce. Elle n'a pas été une guerre de libération nationale, ni une lutte pour la liberté physique - elle a été une lutte pour des idées.

Traduction et adaptation de Jacques KOHN 
pour http://www.lamed.fr/ 

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 05:58
Alexandre et le Grand-PrêtreLe lien étonnant entre Alexandre le Grand et le Grand-Prêtre juif.
Il existe un passage méconnu dans l’histoire de ‘Hanoukka. Il contient la réponse qui nous permet de comprendre comment un petit groupe d’hommes peu armé a pu vaincre la plus puissante armée du monde.

RENCONTRE AU LEVER DU SOLEIL

 

Notre tradition attribue le fondement de la victoire sur les grecs à un homme qui a vécu, il y a environ 2.000 ans : Chimon haTsaddik, grand prêtre à l’aube de l’époque du Second Temple.

Le Talmud rapporte un récit énigmatique pour illustrer la grandeur monumentale de cet homme. Du vivant de Chimon haTsaddik, le légendaire Alexandre le Grand arriva au pouvoir. Maître dans l’art de la guerre et du gouvernement, il n’avait jamais perdu une seule bataille. En peu de temps, il avait conquis la plus grande partie du monde civilisé et contrôlait Jérusalem. Il permit aux juifs de vivre en paix et de poursuivre le service dans le Temple. Mais les ennemis des juifs réussirent à convaincre Alexandre que ceux-ci représentaient une menace et qu’il fallait détruire le Temple. Avec leur concours et celui de son armée, Alexandre entreprit de marcher sur Jérusalem, la force dont il disposait ne leur laissait aucune chance.

Le bruit d’un danger approchant parvint jusqu’à Chimon haTsaddik, qui dressa rapidement un plan. Il coiffa son turban blanc éclatant et revêtit ses imposants vêtements de prêtrise, assembla un groupe d’anciens portant des torches allumées et se dirigea dans la nuit judéenne en direction des troupes d’Alexandre.

A l’aube, le groupe d’anciens et Chimon haTsaddik, dans toute sa magnificence, rejoignirent Alexandre. A cet instant une chose étrange se produisit. Alexandre le Grand, conquérant du monde et homme le plus puissant de son époque, descendit de son char – et s’inclina devant Chimon haTsaddik. Les officiers d’Alexandre étaient abasourdis. Pourquoi le grand monarque se prosterne-t-il devant un …juif ?

« Avant d’être victorieux au combat », expliqua Alexandre, « l’image de cet homme m’apparaît. »

La campagne sur Jérusalem fut annulée et ceux qui avaient fomenté l’attaque, furent livrés à Chimon et à son entourage.

 

FIN DE L’ERE PROPHETIQUE

 

Nous devons maintenant essayer de comprendre pourquoi c’est précisément l’image de Chimon, un homme qu’Alexandre n’avait jamais rencontré, qui lui apparaissait au moment de ses victoires militaires. Mais aussi, comment l’histoire de Chimon haTsaddik est-elle liée à la victoire hasmonéenne sur les successeurs d’Alexandre, quelques deux cent ans plus tard ?

Pour répondre à ces questions et atteindre le cœur de l’histoire de ‘Hanoukka, nous devons approfondir qui était Chimon et quelle fut sa contribution à l’héritage du peuple juif. De même, qui était Alexandre et quelle vision du monde projetait son empire ?

Chimon haTsaddik vécut à un tournant de l’histoire de notre peuple. Il assuma ses fonctions lors du décès de Malachie, le dernier prophète juif. Il fut dirigeant à l’aube d’une ère nouvelle du judaïsme – alors que la Loi orale fleurissait (système d’interprétations qui permet l’application de la loi sinaïtique dans toutes circonstances et évènements futurs). Les règles régissant la Loi orale sont très spécifiques et s’appuient sur l’analyse des Sages pour l’application de ses principes.

L’ère de la prophétie représente une période unique dans l’Histoire juive. On avait alors la possibilité de s’adresser au prophète pour un conseil définitif – il y en avait un million deux cent mille à l’âge d’or de la prophétie. A cette époque, il était impossible de créer des formes de judaïsme alternatives, puisque le prophète dénonçait immédiatement la fraude. Bien que l’interprétation rabbinique basée sur les principes du Sinaï existe, la dynamique de D.ieu parlant directement aux prophètes formait le cœur du pouvoir juif.

Chimon haTsaddik fut le pionnier de cette nouvelle aube de l’histoire juive, il devait placer l’intellect au premier rang.

A la mort de Malachie, il appartint aux Sages d’user de leur seule sagesse. Chimon haTsaddik fut le pionnier de cette nouvelle aube de l’histoire juive, il devait placer l’intellect au premier rang. L’interprétation de la Torah était maintenant du domaine exclusif des Sages et leurs conclusions s’avéraient décisives.

L’émergence de cette ère à ce moment précis de l’histoire n’était pas une coïncidence. L’année de la mort de Malachie, Alexandre le Grand remporta sa première victoire. Les conquêtes d’Alexandre se déroulèrent donc parallèlement à l’élévation de Chimon haTsaddik et à l’ascension de l’intellectualisme juif.

Alexandre représentait l’émergence d’une nouvelle vision du monde – la philosophie grecque. C’était une approche qui considérait l’intellect et la logique comme suprêmes et absolus et qui rejetait tout ce que le cerveau humain n’est pas en mesure de comprendre. Bien que ces deux systèmes soient fondamentalement incomparables (le système grec étant purement humain et la Torah divine), ils restent similaires par le fait qu’ils mettent tous deux en exergue la réflexion humaine.

L’idéologie grecque ne pouvait toutefois tolérer l’idée d’une sagesse et d’une loi divine, elle encourageait l’usage de l’esprit pour disqualifier, plutôt que pour expliquer le rôle ininterrompu de D.ieu dans le monde. On pourrait comparer l’approche grecque au fonctionnement d’un appareil photo : si l’appareil photo est un outil qui nous permet de capter notre entourage, il y a bien une chose qu’il ne peut photographier : c’est lui-même. Les grecs antiques n’ont pas laissé de place à un Créateur invisible et éprouvaient des difficultés à définir le lien entre l’âme et D.ieu.

FORCES ET CONTRE-FORCES

Nous nous étonnons toujours du fait que Chimon haTsaddik soit apparu à Alexandre avant chaque victoire. Comment le saint grand prêtre a-t-il pu être la source de la prouesse militaire d’Alexandre ?

Dans la Pensée juive, quand une force existe dans le monde, elle dispose toujours d’une contre-force correspondante. Surmonter cette contre-force est une condition à l’enracinement et à l’effectivité de la force. C’est donc à travers cette contre-force que la force est révélée. Ironiquement, la force est donc en un sens la raison d’être de la contre-force. Ainsi, sans nuit, on ne pourrait apprécier le jour et le jour n’arrive qu’en « conquérant » la nuit. De manière semblable, à l’ère de la prophétie, le monde connut une soif insatiable de spiritualité. La forme authentique de ce besoin profond se manifestait par la connexion à D.ieu, alors que la manifestation négative de ce besoin se traduisait par une pulsion presque incontrôlable – que nous ne pouvons comprendre aujourd’hui – l’adoration des idoles. La seule façon d’atteindre une spiritualité véritable était de surmonter cette tentation irrésistible de s’adonner à l’idolâtrie.

La philosophie grecque était la contre-force qui s’opposait à l’intellect juif.

L’image du grand prêtre apparaissait à Alexandre à chaque victoire. Chimon haTsaddik et la sagesse de la Torah orale, un nouveau système pour se rattacher à la Source, étaient la raison de chaque victoire grecque. La philosophie grecque était la contre-force qui s’opposait à l’intellect juif. Les grecs sont arrivés au pouvoir uniquement pour que les juifs les vainquent des années plus tard et prouvent que la conception de la Torah sur l’intellect et l’esprit reflète la vérité. C’est là, la racine de ‘Hanoukka. Le triomphe de ‘Hanoukka est plus qu’une victoire militaire, il représente la victoire de la Torah orale sur la contre-force de la philosophie et de la culture grecque. Il affirme que le judaïsme n’est pas une foi aveugle, où on laisserait son intelligence au placard. Au contraire, le judaïsme requière de la réflexion et de l’analyse. Toutefois, le cheminement de nos pensées est encadré par notre tradition et notre intellect nous mène à la conclusion qu’il est des choses que l’homme ne peut comprendre.

LE COMBAT CONTINUE

 

La bataille se poursuit jusqu’à ce jour. La propension à nier ce que l’on ne peut voir, ni comprendre est énorme, et la tentation d’y succomber est forte. Mais en tant que disciples de Chimon haTsaddik, le Peuple juif est bien préparé.

Notre défi est de dompter le pouvoir insondable de l’esprit et de l’utiliser pour comprendre les complexités de notre foi et les limites de notre intellect.

Nous n’avons plus de prophètes pour nous dévoiler la vérité, mais nous avons le pouvoir formidable de nos cerveaux qui, quand il est libéré des préjugés, peut nous conduire sur la même voie.

Le combat de ‘Hanoukka continue et grâce aux graines semées naguère, le futur est dans nos mains.

 

Traduction et Adaptation de Tsiporah Trom
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