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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 05:45



Alexandre et les juifs

Lors de la sortie du film truffé de stars, mettant en scène Colin Farrel, Alexandre le Grand a fait fureur. Dans la pure tradition hollywoodienne, le film se concentre surtout sur la carrière militaire d’Alexandre, ses batailles colossales contre l’Empire perse et sa vie personnelle sordide. Ce qui reste ignoré, ce sont les interactions fascinantes d’Alexandre avec le peuple juif. La relation complexe qui s’est développée entre les grecs et les juifs, sert de toile de fond à l’histoire de ‘Hanoukka.

UN PEU D’HISTOIRE

Né en 356 avant l’ère commune, Alexandre est le fils de Philippe II (382-336 av.EC), Roi de Macédoine en Grèce du Nord (considéré comme un barbare par les villes-états du Sud de la Grèce). Philippe crée une armée puissante et professionnelle qui unit par la force les villes-états grecques jusque lors fractionnées, en un seul empire.

Dès son plus jeune âge, Alexandre fait preuve d’un talent militaire exceptionnel, il est nommé commandant dans l’armée de son père à l’âge de 18 ans. Ayant conquis toute la Grèce, Philippe veut s’engager dans une campagne d’invasion du pire ennemi de la Grèce, l’Empire perse. Avant de pouvoir envahir la Perse, Philippe est assassiné, probablement par Alexandre, qui devient ensuite roi en -336. Deux ans plus tard, en -334, il franchit l’Hellespont (qui correspond aujourd’hui au détroit des Dardanelles) avec 45.000 hommes et envahit l’Empire perse.

En trois batailles colossales – le Granique, Issos et Gaugamèles – qui se déroulent entre -334 et -331, Alexandre mène brillamment (et souvent impitoyablement) son armée à la victoire contre les perses qui les dépassent probablement en nombre par dix contre un. En -331, l’Empire perse est vaincu, l’empereur Darius mort et Alexandre est le dirigeant incontesté de toute la Méditerranée. Sa campagne militaire a duré 12 ans et conduit Alexandre et son armée à 16.000 km, jusqu’aux rives de l’Indus.

Ce n’est que la fatigue de ses hommes et la mort prématurée d’Alexandre à 32 ans, en -323, qui met un terme à la conquête grecque du monde civilisé. On rapporte que, quand Alexandre contemplait son empire, il pleurait car il n’avait plus rien à conquérir. Son vaste empire ne lui a pas survécu, il a été fragmenté en trois provinces contrôlées par ses généraux : en Grèce, en Egypte et en Turquie.

A son apogée, l’empire d’Alexandre s’étendait de l’Egypte à l’Inde. Dans cet empire, il a construit six villes, toutes nommées Alexandrie (seule l’Alexandrie égyptienne subsiste aujourd’hui). Ces villes et les grecs qui y habitaient, ont apporté la culture grecque au centre des plus vieilles civilisations de Mésopotamie.

Les grecs n’étaient pas seulement impérialistes en terme militaire, mais également en terme culturel. Les soldats grecs et les colonisateurs ont importé leur façon de vivre – leur langue, leur art, leur architecture, leur littérature et leur philosophie – au Moyen Orient. Quand la culture grecque a fusionné avec la culture du moyen Orient, elle a créé une nouvelle culture hybride – l’hellénisme (Hellas signifie Grèce en grec), qui a surpassé par son impact la brève existence de l’empire d’Alexandre. Que ce soit par sa conception de la bataille rangée, de l’art, de l’architecture ou de la philosophie, l’influence de l’hellénisme sur l’Empire romain, la Chrétienté et l’Occident a été monumentale. Mais c’est l’interaction entre les juifs et les grecs et l’impact de l’hellénisme sur le judaïsme que nous aimerions examiner plus en détails.

DETOUR EN ISRAEL

Pendant sa campagne militaire contre la Perse, Alexandre a fait un détour par le sud, conquérant Tyr et l’Egypte, en passant par ce qui est aujourd’hui Israël. On trouve une histoire fascinante en ce qui concerne la première rencontre d’Alexandre avec les juifs d’Israël, sujets de l’Empire perse.

L’épisode relatant cette rencontre est rapporté par le Talmud (Yoma 69a) et par l’historien Flavius Josèphe dans son Livre des Antiquités (XI, 321-47). Dans ces deux récits, le Grand Prêtre du Temple, craignant qu’Alexandre ne détruise Jérusalem, sort à sa rencontre avant qu’il n’atteigne la ville. L’épisode décrit comment Alexandre descend de son cheval et s’incline à la vue du Grand Prêtre (Alexandre s’inclinait rarement, voire même jamais). Dans le récit de Flavius Josèphe, quand son général Parmerio le questionne, Alexandre explique son geste ainsi : « Je ne me suis pas incliné devant lui, mais devant D.ieu qui l’a honoré de la haute prêtrise ; car cette même personne m’est apparue en rêve dans cette tenue. »

Alexandre interprète la vision du Grand Prêtre comme un signe favorable, il épargne donc Jérusalem, annexant pacifiquement la Terre d’Israël à son empire grandissant. En tribu à sa conquête bénigne, les Sages décrétent que les premiers nés de cette période seront nommés Alexandre – qui demeure un nom juif jusqu’à ce jour. La date de leur rencontre, le 25 Tevet, est aussi déclarée jour de fête mineur.

LES JUIFS ET LES GRECS

Ainsi commence l’une des relations les plus intéressantes et les plus complexes de l’Ancien monde. Les grecs n’avaient jamais rencontré de peuple comme les juifs et les juifs n’avaient jamais rencontré de peuple comme les grecs. A l’origine, la rencontre semblait prometteuse. Pour les juifs, les grecs étaient porteurs d’une culture nouvelle et exotique venant d’Occident. Ils avaient une tradition intellectuelle profonde, ayant produit des philosophes comme Socrate, Platon et Aristote (qui fut le précepteur d’Alexandre pendant deux ans). Leur amour de la sagesse, de la science, de l’art et de l’architecture les distinguait des autres cultures auxquelles les juifs avaient eu à faire. La langue grecque était si belle que le Talmud l’appelle, en certains endroits, la plus belle des langues et les Sages décrétèrent qu’un séfer Torah pouvait même être écrit en grec.

Les grecs n’avaient jamais rencontré quiconque ressemblant aux juifs – le seul peuple monothéiste du monde ayant le concept d’un D.ieu aimant, infini qui se soucie de la Création et agit dans l’Histoire. Les juifs avaient des traditions incroyablement profondes et complexes sur le plan légal et philosophique. Leur taux d’alphabétisation et leurs infrastructures sociales étaient inégalés dans l’Ancien monde. Les grecs étaient tellement fascinés par les juifs qu’ils furent le premier peuple à faire traduire la Bible, quand le Roi Ptolémée II (-250) contraignit 70 Sages (connus sous le nom de Septante) à traduire la Bible en grec.

Deux empires grecs ont émergé au Moyen Orient après la mort d’Alexandre : les Ptolémées en Egypte et les Séleucides en Syrie. La Terre d’Israël se situait à la frontière de ces deux empires. Initialement, les juifs se trouvaient sous le contrôle des Ptolémées, mais après la bataille de Panyas en -198, Israël s’est retrouvée sous la coupe des Séleucides et de leur roi, Antioche.

Si la plupart de la haute société juive, tout comme le reste de la population du bassin méditerranéen, a embrassé d’emblée la culture helléniste (certains au point de renoncer à leur identité juive), la grande majorité des juifs sont demeurés fidèles au judaïsme. Ce rejet du mode de vie helléniste était considéré avec une grande d’hostilité par de nombreux grecs et vu comme une forme de rébellion. Les différences éclectiques qui avaient d’abord servit de pôle d’attraction entre les deux cultures, représentaient maintenant l’élément déclencheur d’une guerre des cultures. Pour compliquer les choses, Israël était l’état frontière entre ces deux empires grecs rivaux, et les juifs, en refusant de s’assimiler, étaient considérés comme la population déloyale d’une province vitale de l’Empire séleucide.

Il serait faux d’envisager le conflit comme opposant uniquement les grecs aux juifs. La tension interne au sein de la communauté juive a contribué significativement au conflit. De nombreux juifs hellénistes ont pris l’initiative d’« aider » leurs frères plus traditionnels, en les écartant de ce qu’ils percevaient comme des croyances primitives et en les attirant dans l’univers moderne de la culture grecque. (Ce schéma s’est répété maintes et maintes fois au cours de l’histoire juive – en Russie du 19ème siècle et en Allemagne, pour ne citer que quelques exemples). Pour favoriser leur entreprise, ces juifs hellénistes ont cherché l’aide de leurs alliés grecs, amenant finalement le roi Antioche IV Epiphane lui-même au cœur du conflit.


LE MIRACLE DE ‘HANOUKKA

Au milieu du deuxième siècle avant l’ère commune, Antioche a promulgué un décret qui était jusqu’alors sans précédent dans cet Ancien monde, multiculturel et tolérant des religions : il a déclaré le judaïsme hors-la-loi, interdisant son enseignement et sa pratique. Le livre des Maccabées (probablement écrit par un chroniqueur juif au cours du premier siècle avant l’ère commune) décrit comme suit : « Peu après cela, le roi envoya un sénateur athénien pour contraindre les juifs à abandonner les lois de leurs pères et cesser de vivre d’après les lois divines et également pour polluer le Temple de Jérusalem et le rebaptiser Temple du Zeus olympien » (Maccabéen II 6 :1-2).

Les persécutions grecques brutales contre les juifs ont déclenché la première guerre de religion de l’histoire – la révolte maccabéenne. La révolte a été conduite par la famille de prêtres de Mattathias et ses cinq fils, le plus connu d’entre eux étant Judah. Contre toute attente, la poignée de combattants maccabéens a défait les armées grecques, pourtant professionnelles, mieux équipées et plus nombreuses. Au terme de trois années de combat, Jérusalem est libérée. Le Temple qui a été profané, est nettoyé et reconsacré à D.ieu. C’est à cette période de nettoyage et de réinauguration du Temple que s’est produit le miracle de ‘Hanoukka. Une petite fiole d’huile, scellée par le grand prêtre pour allumer la ménorah du Temple, qui ne devait brûler qu’un seul jour, a miraculeusement brûlé pendant huit jours.

Le conflit a duré encore de nombreuses années, coûtant la vie à de nombreux juifs, parmi eux Judah le Maccabéen et plusieurs de ses frères. Au bout du compte, les grecs ont été vaincus et le judaïsme a prévalu.

On peut arguer que la victoire militaire sur l’Empire grec est un bien plus grand miracle que le fait que l’huile ait brûlé pendant huit jours, mais la lumière de ‘Hanoukka symbolise la véritable victoire – la survie de la lumière spirituelle du judaïsme. La survie miraculeuse du judaïsme a permis aux juifs d’avoir une influence considérable sur le monde, dépassant de loin la taille minuscule du Peuple juif, Ils ont apporté au monde le concept d’un D.ieu unique et les valeurs de la sainteté de la vie, de justice, de paix et de responsabilité sociale qui sont les fondements moraux et spirituels de la civilisation occidentale.

Source
 http://www.lamed.fr/ 
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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 05:27

Pendant le mois de Kislev je vous proposerai chaque jour un texte relatif à l'histoire du peuple juif durant la période de la domination hellénistique.

Vous retrouverez la liste des articles de ce dossier dans : catégories, rubrique 'Hanouccah








L'EMPIRE GRECPour les Grecs, ce qui était beau était sacré. Pour les Juifs, c'est ce qui était sacré qui était beau. Ces certitudes vont mener à des affrontements.

Source : http://www.lamed.fr/ 

Le quatrième siècle avant l'ère commune a été riche en événements pour les Juifs :

- Exilés en Babylonie, ils assistent à la chute d'un puissant empire lors de son invasion par les Perses.

- Autorisés par le roi de Perse Cyrus, en 370 avant l'ère commune, à revenir en Erets Yisrael, ils accueillent cette offre avec réticence, 42 000 des leurs seulement y retournant réellement.

- Les tentatives esquissées par les anciens exilés pour reconstruire le Temple à Jérusalem sont mises à néant par leurs voisins malveillants, et les Samaritains - moins " bons " que leur réputation les fera apparaître plus tard - se plaignent au roi.

- En Perse, Haman, le premier ministre du roi Assuérus, ourdit un complot pour anéantir les Juifs. Mais la reine Esther (qui est secrètement juive) vient à leur secours en 355 avant l'ère commune.

- Le successeur d'Assuérus, Darius II, le fils d'Esther, permet de reconstruire le Temple en 347 avant l'ère commune.

- Les Juifs qui vivent en Erets Yisrael retrouvent leur vigueur spirituelle sous la direction d'Ezra et des membres de la Grande Assemblée.

Nous sommes maintenant en 312 avant l'ère commune, et le dernier des membres de la Grande Assemblée, Chim'on ha-Tsaddik, est grand prêtre. De l'autre côté de la Méditerranée va surgir une nouvelle menace, la Grèce.

 

LA MONTEE EN PUISSANCE DE L'EMPIRE GREC

 

Les origines de la Grèce sont entourées de mystère et remontent à l'époque d'Abraham, au dix-huitième siècle avant l'ère commune, peut-être même plus tôt. Les historiens sont en désaccord sur la région d'où sont venus les Grecs. Ils ont pu migrer depuis l'Asie à travers l'Europe et s'installer dans les îles grecques, ou ils ont pu venir par la mer et s'établir le long des côtes.

Les plus anciens habitants de la Grèce continentale, le Mycéniens, ont développé une culture avancée.
Quelles qu'aient été leurs origines, les plus anciens habitants de la Grèce continentale (appelés Mycéniens d'après des excavations découvertes à Mycènes) ont développé une culture avancée. Mais ils ont été envahis, autour de l'an 1100 avant l'ère commune, par des barbares appelés les Doriens et toutes leurs avancées ont disparu. La Grèce a alors traversé une période impénétrable qui n'a pris fin que plusieurs siècles après.

 


La période classique grecque commence au septième siècle avant l'ère commune, encore que son histoire nous soit plus familière à partir du cinquième. Elle consiste alors en un groupe de villes-Etats constamment en guerre, les plus célèbres étant Athènes et Sparte. Elles sont assez fortes pour repousser les Perses malgré leurs luttes intestines, mais elles succombent au quatrième siècle devant Philippe II de Macédoine, qui prépare le terrain à son fils, Alexandre le Grand. Celui-ci propagera la civilisation grecque à travers le monde.
Le quatrième siècle avant l'ère commune a été riche en événements pour les Grecs comme il l'a été pour les Juifs. C'est l'âge d'or de la culture grecque classique, la naissance de la démocratie, l'époque d'Aristote, de Socrate et de Platon.

 

L'INHUMANITE GRECQUE

 

On a tendance à oublier, alors que l'on admire les contributions apportées à la civilisation par la Grèce, que l'on vante sa vision politique et sa philosophie, ce qu'était vraiment la société grecque.

Nous avons tous entendu parler, par exemple, du " train de vie spartiate ", mais qu'est-ce que cela voulait dire dans la pratique ? En fait, les garçons et les filles de Sparte étaient séparés dès leur plus jeune âge de leurs parents. Ils étaient élevés dans des casernes militaires où on les battait, et où ils ne recevaient pas la moindre nourriture afin qu'ils apprennent à la voler. Etre spartiate signifiait être endurci.

Les Athéniens, sans être aussi aguerris que les Spartiates, n'étaient pas non plus ce que l'on pourrait appeler des " tendres ". Par exemple, ils ne voyaient aucun inconvénient à tuer des nourrissons - une pratique fréquente dans toutes les civilisations anciennes même les plus évoluées. Un des plus influents penseurs dans l'histoire intellectuelle occidentale, Aristote lui-même, considérait dans sa Politique (Livre VII, chap. 16) que tuer des enfants était essentiel pour le fonctionnement de la société. Il écrivait :

"Il faut une loi disant qu'on ne devra élever aucun enfant mutilé ou imparfait. Et afin d'éviter un trop grand accroissement de la population, on devra exposer [sur un tas de détritus pour les faire mourir] certains enfants. Car il faut fixer une limite à la population d'un Etat."

On notera le ton employé par Aristote. Il ne dit pas : " J'aime que l'on tue des bébés ! ", mais il fait un calcul froid et rationnel : La surpopulation étant dangereuse, c'est le moyen le plus expédient pour l'empêcher.

Dans la manière de faire la guerre, les Grecs ont inventé la " bataille rangée ", où des milliers de fantassins se faisaient face, massacrant et étant massacrés tout en avançant les uns contre les autres. Pour nous, qui avons tendance à penser aujourd'hui que les Grecs étaient cultivés et nobles, il est choquant d'apprendre comment ils se comportaient quand ils s'engageaient dans des conquêtes.

Celui qui a donné de nouvelles dimensions aux conquêtes grecques a été, bien sûr, Alexandre le Grand.

 

ALEXANDRE LE GRAND

 

Eduqué par Aristote, et très fortement influencé par Homère, Alexandre accède jeune au pouvoir. Il n'a que 20 ans, et il part à la guerre.

Il entreprend ce que l'on considère comme le plus grand exploit jamais réalisé dans l'histoire militaire. Avec une force de 45 000 hommes, il combattra sans arrêt pendant une douzaine d'années et s'emparera de la plus grande partie du monde connu. Il conduit l'armée grecque, chargeant lui-même en première ligne.

Génie militaire, Alexandre gagne des batailles où il a souvent combattu contre des forces dix fois supérieures.
Génie militaire, il gagne des batailles où il a souvent combattu contre des forces dix fois supérieures. Sa tactique favorite consiste à viser l'ennemi en son point le plus fort, et non le plus faible. Quand il combat les Perses, par exemple, il prend pour cible le point le plus solidement armé de l'armée adverse, cherchant à la frapper à la tête. Quand le roi de Perse Darius III prend la fuite à la bataille de Gaugamèles, non loin de la ville assyrienne d'Arbèles, le 1er octobre 331 avant l'ère commune, son armée s'effondre.

 


Avant d'être emporté à 33 ans par une maladie foudroyante, Alexandre a conquis la plus grande partie de l'Asie, le Moyen-Orient et une partie de l'Afrique du Nord. Il a démantelé l'Empire Perse et répandu l'hellénisme - le mode de vie et la culture de la Grèce - partout où il a mis pied.

 

L'HELLENISME

 

Qu'était-ce au juste que l'hellénisme ?

On peut le définir en une phrase en disant que c'était une approche de la vie qui se concentrait totalement sur l'être humain.

Les Grecs ont fait étalage de tous les talents humains : la littérature, le théâtre, la poésie, l'architecture, la sculpture, etc. Ils ont glorifié la beauté du corps humain, exposant les prouesses athlétiques dans les Jeux olympiques. Rien de ce qui concerne le corps humain n'était considéré comme embarrassant, comme devant être dissimulé, comme étant du ressort de la vie privée.

(Courir tout nu était considéré en Grèce comme une chose normale. Les toilettes publiques consistaient souvent en un banc percé de trous posé dans la rue principale. Les gens s'asseyaient et faisaient leurs besoins tandis que les autres passaient à côté.)

Naturellement, les passions humaines étaient vénérées, ce qui voulait dire qu'il n'existait que peu de tabous sexuels, pas même la pédophilie et la pédérastie. De fait, l'initiation sexuelle du jeune garçon par un homme plus âgé était considérée comme la forme suprême de l'amour. Platon a écrit à ce sujet dans son " Banquet " (178C) :

"Les mots me manquent pour dire qu'il n'y a pas plus grande bénédiction pour un homme que d'avoir eu, dans sa première jeunesse, un amant honorable…"

Même les dieux grecs étaient décrits dans des termes humains, et les êtres humains, dans la mythologie grecque, l'emportaient souvent sur eux. L'habitude s'est répandue, avec le temps, chez les intellectuels grecs, de dénigrer leurs dieux et d'en parler avec cynisme et irrespect.

En bref, les Grecs ont introduit dans la conscience humaine une idée qui constituera plus tard l'un des plus puissants leviers intellectuels de l'histoire moderne : l'humanisme. L'être humain est au centre de toutes choses. L'esprit humain, avec son aptitude à observer et à comprendre les choses rationnellement, constitue l'alpha et l'oméga de l'univers. C'est là une idée qui vient des Grecs.

Surtout, les Grecs pensaient que là se trouvait la lumière, le niveau le plus haut de la civilisation. Ils possédaient un sens élevé de la destinée et ils croyaient que leur culture avait pour vocation devenir la culture universelle de l'humanité.

Bien entendu, les Juifs avaient une vision différente. Ils croyaient en un monde uni dans la croyance en un Dieu unique et souscrivant à une norme absolue de valeurs morales, y compris le respect de la vie, la paix, la justice et la responsabilité sociale pour les faibles et les pauvres, valeurs destinées à devenir le lot commun de toute la race humaine.

L'idéologie juive était indissociable d'une exclusivité d'adoration extrême et intransigeante : un seul Dieu et rien d'autre.
Cette idéologie juive était indissociable d'une exclusivité d'adoration extrême et intransigeante, celle qu'exige la croyance en un seul Dieu, et une intolérance intransigeante envers les croyances religieuses et les pratiques païennes. Il n'y a qu'un seul Dieu, et donc un seul Dieu peut être adoré - point final.

 

Pour les Juifs, l'être humain a été créé à l'image de Dieu. Pour les Grecs, les dieux ont été faits à l'image de l'homme. Pour les Juifs, le monde physique est à perfectionner et à élever spirituellement. Pour les Grecs, le monde physique est parfait. Comme l'a défini Dennis Prager, orateur et écrivain réputé sur des sujets juifs : " Pour les Grecs, ce qui était beau était sacré. Pour les Juifs, c'est ce qui était sacré qui était beau. "


Des points de vue aussi disparates ne pouvaient que mener à des affrontements.

 

LES GRECS CONTRE LES JUIFS

 

Quand les Grecs conquièrent l'Empire Perse en 312 avant l'ère commune, ils occupent également Israël.

Le Talmud (dans Yoma 69a) raconte l'arrivée d'Alexandre à Jérusalem et son entrevue avec Chim'on ha-Tsaddik, le dernier des membres de la Grande Assemblée. Alexandre, sous l'incitation des Samaritains ennemis des Juifs, envisageait de détruire le Temple. Mais quand il rencontra Chim'on ha-Tsaddik, il fut ému jusqu'au coeur, et il se prosterna devant le Sage juif.

Rappelons-nous : Alexandre le Grand était le plus grand génie militaire de tous les temps. Il était animé d'un immense orgueil, et il ne se prosternait jamais devant personne. Aussi son comportement étonna-t-il tout le monde. Ses généraux en restèrent pétrifiés d'étonnement : Qu'était-il arrivé ici ?

Il expliqua qu'avant chaque bataille - et il n'en avait jamais perdu aucune - il rêvait d'un homme étrange. Son rêve était pour lui comme l'augure d'une victoire. Or, le vieillard qui venait tout juste de l'accueillir - Chim'on ha-Tsaddik - était précisément le personnage de son rêve.

Alexandre le Grand ne détruisit pas le Temple. Et il écouta Chim'on ha-Tsaddik quand celui-ci lui donna l'assurance que les Juifs n'étaient pas les ennemis des Grecs mais que les Samaritains l'étaient.

Les Juifs ont alors reçu carte blanche pour se débarrasser des Samaritains, ce qu'ils ont fait promptement, et Israël et Jérusalem ont été paisiblement absorbés dans l'Empire Grec.
En souvenir de cette rencontre, les rabbins de cette génération ont décrété que les fils aînés porteraient le nom d'Alexandre. Ce nom est resté un nom juif, même si, dans certains milieux, on l'a raccourci en " Sender "

Au début, les autorités grecques n'ont pas essayé d'intervenir dans les pratiques religieuses des Juifs.
Au début, les autorités grecques ont respecté les droits de la population juive locale et n'ont pas essayé d'intervenir dans ses pratiques religieuses. Les Juifs ont continué, 165 années durant, de prospérer comme une entité séparée et distincte - un phénomène d'une grande rareté dans le monde hellénistique.

 


L'immense majorité des peuples conquis par Alexandre le Grand s'est volontairement soumise à l'hellénisation. Le fait que les Juifs - à l'exception d'une petite minorité - ont rejeté l'hellénisme est un très fort témoignage de l'idée qu'ils se sont toujours faite de leur mission.

Le célèbre historien Michael Grant, dans son From Alexander to Cleopatra (p. 75), explique :

"Les Juifs ont prouvé non seulement qu'ils n'étaient pas assimilés, mais qu'ils étaient inassimilables, et… la démonstration qu'ils en ont apportée a été l'un des tournants les plus significatifs de l'histoire grecque, compte tenu de l'influence gigantesque exercée par leur religion à travers les âges…"

Mais avec le temps, le judaïsme, avec ses croyances intransigeantes et ses pratiques bizarres, a commencé à apparaître comme un défi ouvert au concept de suprématie mondiale dont étaient imprégnés les Grecs.

Pour les Grecs, généralement tolérants, ce défi est devenu de plus en plus insupportable. Le moment d'un conflit ouvert allait venir.

Notre prochain chapitre : Les persécutions par les Grecs.

Traduction et adaptation de Jacques KOHN
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