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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 21:17

Un témoignage qui fait frémir !!!!

 

 

Introduction :

 

L’école maternelle était située à environ deux cent mètres du domicile de mes parents. Chaque jour de classe, je faisais le trajet de retour en compagnie de mon petit copain Jean- Claude et bien souvent son grand-père (mon pépé disait-il) nous attendait et ne manquait pas, chemin faisant, de nous offrir une glace ou un roudoudou.

Quelle chance avait Jean-Claude d’avoir un grand-père, il me racontait qu’à la maison il avait même une grand-mère ! J’avais du mal à le croire, mais un jour sa grand-mère m’invita pour l’anniversaire de mon ami, et gavé de délicieux gâteaux, je dus me rendre à l’évidence, il avait aussi une grand-mère….

Et les interrogations se bousculaient dans mon esprit de petit garçon :

Comment fait-on pour obtenir un grand-père ou une grand-mère ? Je venais d’avoir un petit frère que la cigogne avait bien voulu nous accorder (ancienne légende alsacienne, la cigogne livre les bébés…). Est-ce que la cigogne livre aussi les grands-pères ? Pourquoi mes parents ont-ils préféré un petit frère ? Un grand-père me paraissant plus lourd qu’un bébé, sans doute fallait-il trouver une cigogne assez « musclée » pour la livraison ? Ma sœur aînée âgée de 7 ans émis une autre hypothèse : un grand-père coûterait beaucoup plus cher qu’un bébé et mes parents n’étaient pas aussi riches que ceux de Jean-Claude….

Il fallait se résigner, l’accès à un grand-père ne pourrait pas se réaliser dans l’immédiat, nos parents avaient d’autres urgences financières, avec la venue de notre petit frère Jacques. Tant pis pour les glaces et les roudoudous…

Maman fut toutefois questionnée et les larmes aux yeux, elle nous expliqua qu’on nous avait « pris » nos grands-parents.

L’indignation s’empara de nous, ainsi nous avions eu des grands parents et quelqu’un, un voyou sans doute, nous les avait volés ! On peut voler un grand-père, comme l’on vole une pomme sur un étalage ? Quelle honte ! Et papa, notre protecteur attentionné, n’avait pas pu s’interposer ?

Nous gardions le secret espoir que le voleur de grand-père se ferait « pincer » par la police et que notre bien nous serait rendu. Mais quand ?

 

A ces questions d’enfants de la guerre ou d’après guerre, qui aujourd’hui peuvent paraîtrent bien naïves et même stupides, les réponses ne vinrent que bien plus tard, lorsque nos parents estimèrent que nous étions en âge de comprendre sans que cela entraîne de cauchemars, la tragédie familiale qu’ils vécurent le 1 er avril 1944 à Saint-Orse.

Depuis, nous avons compris notre chance d’avoir eu au moins nos parents, contrairement à d’autres.

 

De l’expulsion à Sainte-Orse :

 

A l’automne 1939, après l’invasion de la Pologne par les troupes hitlériennes, le gouvernement Français, décida par sécurité d’évacuer les zones frontalières. De nombreux alsaciens prirent le chemin du Sud-Ouest de la France, selon un plan pré-établi par les autorités. Ce ne fut pas le cas de ma famille qui refusa d’abandonner ses biens difficilement acquis.

La défaite de Juin 1940, bouscula les données du problème. Nombre d’alsaciens chrétiens refluèrent vers l’Alsace annexée.

Il faisait beau et chaud en ce matin de juillet 1940, lorsqu’un side-car Allemand se présenta sur la place de l’hôtel de ville de Barr (67). Barr était en cette période, une ville de stationnement et de ravitaillement des troupes françaises ou du moins de ce qu’il en restait, située dans le vignoble entre Strasbourg et Sélestat. Sous les yeux médusés des deux soldats Allemands qui n’en demandaient pas tant, les militaires Français se rendirent aussitôt. Un officier Français, vétéran de la grande guerre essaya de résister et de convaincre ses camarades de tirer, mais il en fut vite dissuadé par la foule des curieux.

Quelques heures plus tard, la ville était investie par une colonne militaire Allemande. Les familles juives furent réunies dans la cour de l’hôtel de ville. Les Allemands recommandèrent que chaque maison juive resta ouverte et que les juifs ne se munissent que du strict nécessaire (vêtements, un peu de nourriture, argent et bijoux exclus...).

Ma famille demeurait dans une grande maison appartenant à mon grand-père Camille Lehmann, sise à même la place de l’hôtel de ville. Mon grand-père était un notable estimé de tous, ami du grand rabbin Joseph Bloch, c’était un homme vénérable très cultivé.

Aussi les voisins compatissants s’empressèrent de proposer leurs services pour veiller sur la maison, le mobilier et même les bijoux…

En fait, assise sous un soleil de plomb, dans la cour de la mairie jusqu’au soir, parvenaient aux oreilles de ma famille, les cris des voisins qui se disputaient le contenu de la maison familiale.

 

En fin de journée, des camions Allemands bâchés, chargèrent les familles juives.

 

  Maman raconte que les camions les menèrent au sinistre camp du Struthof, dont la construction n’était heureusement pas achevée. Ils furent ainsi « parqués » quelques jours dans un camp provisoire installé non loin du Struthof, à Schirmeck.

Puis à nouveau des camions bâchés, qui, sans doute sur instructions des autorités d’occupation les conduisirent jusqu’à Lons le Saunier (ligne de démarcation), où ils furent livrés à eux-mêmes, sans d’argent et sans nourriture. Au passage, l’officier Allemand leur cria « retournez dans votre pays de m….. ».

Un officier Allemand considérant que des Juifs pouvaient être Français, voilà qui n’est pas chose courante…

Commença alors une longue errance, à la recherche d’un point de chute où ils seraient en sécurité. Le parcours fut interrompu à maintes reprises pour tenter de soigner et de reposer ma grand-mère Fanny atteinte d’une angine de poitrine.

C’est ainsi que passant à Lyon, chez des cousins fortunés, ils quémandèrent un toit qui leur fut refusé, car le maître de maison avait de gros soucis avec un cheval de course qui était malade….Par la suite tous les biens de ce richissime cousin furent investis et réquisitionnés par le sinistre Barbie et notre cousin ainsi que sa famille déportés.

Les expulsés échouèrent près de Barcelonnette, au camp de Chaudane, où ils se reposèrent quelques jours.

Arthur LEHMANN, fils aîné de Camille, réussit à les contacter et leur communiqua l’information suivante :

« Notre cousine Alice LEVY, nièce de Camille et Fanny, est réfugiée dans un petit paradis de Dordogne, à l’abris des bruits de bottes, du nom de Sainte-Orse et fait le nécessaire auprès du maire, pour que vous soyez acceptés en tant que réfugiés ».

La décision fut rapidement prise, faute d’alternative, Arthur était une personne de toute confiance, commerçant international de haut-niveau, il avait ses entrées à la cour d’Angleterre et possédait certainement des informations sur les évènements politiques à venir…

Comment s’effectua la migration de Chaudane vers Saint-Orse, personne ne s’en souvient. Ce qui est certain, c’est qu’elle fut longue en raison de l’état de santé de Fanny et aussi de Camille qui n’était pas en grande forme.

A cette époque, un homme de 68 ans, était déjà usé par la vie et considéré comme un vieillard.

 

Fin 1940, aux environs de Noël, la famille s’installa donc à Saint-Orse, dans de vieilles maisons insalubres, abandonnées, à l’écart du village, dans un petit hameau du nom de Rosas.

Le maire qui les accepta, Monsieur Grézel, fut rapidement destitué par le gouvernement de Vichy et remplacé par un maire-délégué jugé moins laxiste, Monsieur Brachet !

 

 

Les réfugiés à Sainte-Orse :

 

La vie s’organisa, tant bien que mal. Grand-père Camille devint le patriarche des familles réfugiées. Plusieurs ouvrages d’historiens lui attribuent la fonction de rabbin, ce qu’il n’était pas. Il exerçait la fonction de ministre officiant…par intérim.

Il eut la joie de marier deux de ses filles :

Simone LEHMANN (ma mère) le 18/06/1942 avec Armand BLOCH de Drachenbronn (mon père),

Albertine LEHMANN (ma tante) le 10/11/1942 avec Marcel LOEB de Oberseebach (ami d’enfance de mon père).

Les hommes acceptèrent tous les travaux qu’on leur proposait. Mon père fut tour à tour, mineur,bûcheron, charcutier en usine, ouvrier agricole,etc...

En août 1942, la petite communauté juive réfugiée était forte de 72 personnes, selon liste des réfugiés retrouvée dans les archives de la mairie. Beaucoup étaient des parents proches.

 

72 réfugiés dans ce petit village très pauvre de 300 habitants, ce qui, on peu facilement l’imaginer, posa de sérieux problèmes d’intendance.

C’est probablement l’une des raisons qui fit que plusieurs familles quittèrent peu à peu Sainte-Orse pour rejoindre des bourgs plus importants. Il en fut ainsi pour les familles WERTHEIM-CAEN-SCHREIBER-MAY-KLEIN-KAUFMAN-MANN.

Les listes de fusillés et déportés de Dordogne laissent à penser que ces dernières familles connurent également leur lot de souffrances.

En novembre 1942, la horde nazie franchit la ligne de démarcation et occupa tout le territoire, secondée par ses vassaux Français, miliciens et autres traîtres à la Patrie.

 

Début 1943, ne demeurait plus à Sainte-Orse qu’environ 52 personnes juives réfugiées  et dispersées dans le village même.

 

Et la vie continua dans ce hameau perdu entre champs et bois, à l’écart de tout grand axe routier et des soubresauts de la guerre. Les enfants fréquentaient l’école du village et garderont un souvenir ému de l’instituteur qui portait bien son nom, Monsieur Lamoure.

En dehors du rationnement, seul le fusil-mitrailleur fournit par la résistance, dont mon père ne se séparait plus à présent, rappelait que le Pays était occupé.

 

En Février 1943, la petite communauté appris l’arrestation de l’un des siens, Marcus GREIF SCHACHTER , qui fur déporté par le convoi n°50.

 

En Novembre 1943, deuxième coup de semonce pour la communauté, le jeune Léon BLOCH 23 ans (né à Plaine (67), neveu d’Abraham KAHN de Kolbsheim et fils d’Anna BLOCH, requis à la société Guyenne-Pétrole d’où il s’enfuit, fut raflé à Vézac et déporté.

 

Début 1944, comme un troisième mauvais présage, un deuil vint frapper la communauté. Ma grand-mère, Fanny STRAUSS épouse de Camille LEHMANN, se mourrait. Pendant trois jours et trois nuits, Camille lui tint la main, priant inlassablement  les médicaments promis depuis des mois, par la croix-rouge. Fanny s’éteignit le 19/01/1944, sans médicaments, sans médecin, mais entourée de sa famille.

Le traumatisme fut rude pour les réfugiés et la santé de Camille déclina rapidement. A présent, il ne dormait plus qu’assis sur le fauteuil que son ami le curé, avec lequel il avait des discussions passionnées …et bruyantes, lui avait offert.

 

 

 

La menace se précise :

 

Pour qui connaît Sainte-Orse, village « du bout du monde » auquel on ne peut accéder que par d’étroits chemins vicinaux en lacets, il paraît impossible que quiconque envisage d’y faire un détour. Et pourtant….

 

L’état major Allemand trouvant la police et la milice de Dordogne peu efficaces contre les résistants de cette région boisée et encore moins efficaces à l’égard des « terroristes juifs », détacha de Paris, courant mars 1944, la division Brehmer (dite division « B »), pour remédier à cette situation jugée intolérable.

Commandée par le général Walter Brehmer, la division « B » était dans les faits une sorte de bataillon disciplinaire, composé d’assassins, de violeurs et de repris de justice sans foi ni loi.

La suite des évènements démontra que sa mission première était de contribuer à la solution finale.

 

(Il faut cependant rappeler que dès le mois d’Août 1942, la rafle du Vel d’Hiv ayant créé des vocations, les autorités locales sous l’impulsion de Bousquet, organisèrent de nombreuses rafles en zone dite « libre ».

En Dordogne les rafles débutèrent le 26/08/1942 et furent très nombreuses et destructrices de vies, jusqu’à la libération).

La police et la milice locale, n’étaient donc pas restées inactives….

 

Heureusement, la résistance non plus… ! Puisque mi-mars 1944, l’épouse de Denoix, chef de la milice de Dordogne fut enlevée et exécutée, ce qui fournit un motif supplémentaire à ses sbires de Limoges, pour préparer le terrain à la division « B », ce qu’ils auraient fait de toute manière. Les miliciens de Limoges procédèrent  jusqu’à l’arrivée de la division nazie à quantité d’interpellations de juifs ou de supposés résistants. Les personnes ainsi détenues seront fusillées ou déportées quelques jours plus tard.

 

La division Brehmer arriva à Périgueux le 24 mars 1944, forte de 6000 hommes et rejoint Paris dans la nuit du 2 au 3 avril 1944. C’était donc une opération « éclair ».

Elle mit en œuvre sa sinistre mission dans la nuit du 25 au 26 mars à Mussidan et Ribérac. Ne trouvant pas de juifs, elle s’en prit à la population autochtone « complice des terroristes juifs ».

24 personnes furent fusillées, d’autres déportées comme le maire de Ribérac, de nombreuses maisons incendiées.

A partir du 27 mars, la division Brehmer se scinda en détachements motorisés blindés, de manière à traquer plus efficacement les juifs. Chaque colonne de 200 à 400 hommes est munie de listes pré-établies par leurs auxiliaires Français zélés.

 

(Il ne m’est pas possible de dresser ici la liste exhaustive des nombreuses exactions de cette division, ce serait malheureusement bien trop long. Des ouvrages existent relatant ces drames répertoriés, je m’y suis en partie référé.)

 

Le danger se rapproche inexorablement de Sainte-Orse, des villages  très proches sont investis par la troupe des barbares :

 

La Bachellerie le 30 mars, 10 fusillés, 32 déportés, tous juifs.

Saint Rabier le 31 mars, 2 fusillés dont une femme abattue dans le dos et brûlée , juifs bien entendu.

 

La colonne de la mort se retire, Sainte-Orse sera-t-elle épargnée grâce à son isolement ?

 

 

Le 1 er avril 1944 à Sainte-Orse :

 

La nouvelle des assassinats de La Bachellerie et  de Saint-Rabier était parvenue à Sainte-Orse, où l’on avait perçu le crépitement des armes automatiques.

Curieusement, la population et la communauté réfugiée ne prirent aucune précaution particulière. Chacun vaqua à ses occupations, en cette belle journée de printemps du 1er Avril 1944.

Pourtant, dans le village, le maire-délégué Monsieur Brachet s’assura de bon matin, qu’aucun homme réfugié en âge de travailler n’était resté sur place. Avait-il des informations ? C’est une rumeur qui courut dans le village à la fin de la guerre, lorsque Monsieur Brachet se suicida sans raison apparente.

 

Dès 8 heures du matin, le village est investi par près de 200 hommes de la division « B » accompagnés de SS.

Mon grand-père, âgé de 72 ans, décide alors de prendre une bêche sur son épaule et de simuler un départ aux champs. Il est vite arrêté et conduit à la mairie.

Abraham KAHN , 49 ans, faible d’esprit,né le 02/06/1895 à Kolbsheim, apeuré tente une fuite, il est abattu froidement dans le dos.

Tous les juifs raflés sont conduits à la mairie, battus, fouillés, interrogés, dépouillés, 30 personnes au total.

Un soldat autorise mon grand-père à conserver son livre de prières, lui disant en allemand : « tu vas en avoir besoin »…

Midi sonne au clocher de l’église, Raymond et André MOCH, sont sommés de porter leur père, un vieillard grabataire.

Tous les hommes sont dirigés à pied, à l’écart du village. Interdiction à quiconque de regarder, mise en joue de toute personne qui ne se cache pas. A 200 mètres du bourg, au lieu-dit les Châtenets, les hommes sont tirés comme des lapins, puis achevés. Sept cadavres gisent dans la lande et les genévriers :

 

LEHMANN Camille, 72 ans, né le 30/03/1872 à Zellwiller ,

LEHMANN Léopold, 63 ans, né le 10/12/1881 à Schwenheim,

MOCH Léon, 67 ans, né le 25/06/1877 à Strasbourg,

MOCH Raymond, 39 ans, né le 04/05/1905 à Strasbourg,

MOCH André, 37 ans, né le 04/01/1907 à Strasbourg ,

MEYER Oscar, 49 ans, né le 26/03/1895 à Hochfelden,

WEIL Emmanuel, 61 ans, né le 22/02/1883 à Bouxwiller.

 

Interdiction de toucher aux cadavres exposés au soleil.

   

Tandis que brûlent les maisons des réfugiés, femmes et enfants sont chargés dans des camions, destination Limoges, Drancy, Auschwitz par le convoi 71.

Il y a là, entassés pêle-mêle, au milieu des pleurs et des cris d’enfants :

 

BLOCH Anna née KAHN le 09/09/1892 à Kolbsheim, sœur d’Abraham et mère de BLOCH Léon,

GREIF Derzo né le 31/01/1903 à Budapest

GREIF Edith, 8ans, née le 18/10/1936 à Anvers, fille de Derzo,

GRUMBACH Alice née LEVY le 17/11/1891 à Zellwiller, mère de Jean qui sera fusillé le 18/04/1944 à Sarlat.

LEVY Mathilde née LEVY le 09/12/1876 à Duppigheim, mère de Carmen et MOCH Lilie,

LEVY Carmen née le 06/01/1913 à Mittelbronn,

LOEB Albertine née LEHMANN le 24/08/1910 à Zellwiller, fille de Camille,

MEYER Alice née MOCH LE 17/11/1907 à Mertzwiller, épouse de MEYER Oscar,

MEYER Arlette, 9 ans, née le 16/12/1935 à Strasbourg, fille de Oscar et MEYER Alice,

MOCH Jenny née ROOS le 21/03/1881 à Bischheim, épouse de Léon,

MOCH Denise née WEIL le 26/06/1910 à Paris, épouse de Raymond,

MOCH Lilie née LEVY le 15/07/1911 à Mittelbronn, épouse de André,

MOCH Philippe, 5 ans, né le 19/01/1939 à Strasbourg, fils de André et Lilie,

WEIL Fanny née MEYER le 06/04/1881 à Paris,

WEIL Henri, né le 25/07/1873 à Bouxwiller, frère d’Emmanuel,

WEIL Sara née BAER le 12/11/1879 à Rodalben, épouse de Henri,

WEIL Florine née WEILL le 24/08/1879 à Quatzenheim, épouse d’Emmanuel,

WEIL Alfred Hugo, né le 29/12/1916 à Bouxwiller, fils de Henri et Sara.

 

Miksa GREIF  dit Max, né le 31/03/1899 à Budapest, probablement frère de Derzo, fut arrêté dans le salon de coiffure de Périgueux où il exerçait, le 8 avril suivant et déporté par le convoi 73.

 

 

L’errance dans les bois de Sainte-Orse :

 

Grâce à la complicité et au courage de certains habitants de Sainte-Orse, plusieurs familles furent en partie seulement, épargnées.

 

Les familles HOENEL et MITTEL furent cachées dans un poulailler tandis que brûlait la maison attenante. Il en fut de même pour la famille RAUNER  tapie dans une grange au milieu des incendies.

 

Monsieur Jean Albert Bousquet, grand patriote qui faisait le lien avec la résistance locale et fournissait du travail à plusieurs réfugiés revint furtivement du village et donna l’alerte dans le hameau de Rosas où vivait ce qu’il restait à présent de ma famille.

Quelques instants plus tard, il fut torturé puis fusillé par les nazis sous les yeux de sa femme et de son fils âgé de 7 ans, sans avoir dénoncé les fugitifs.

 

La division « B » son horrible forfait accomplit, se retira du village, ne laissant que ruines, flammes et désolation, poursuivant sa traque dans d’autres bourgs comme Thenon.

 

Sous la conduite de mon père qui connaissait parfaitement la forêt pour y avoir bûcheronné, les survivants de ma famille se réfugièrent dans une masure en pierre de 15 mètres carrés. L’orage avait éclaté et il tombait des trombes d’eau. Tout le monde était trempé jusqu’aux os et les enfants avaient faim et soif.

Mon cousin Raymond, qui avait 7 ans , se souvient que sa mère lui disait d’avaler sa salive pour étancher sa soif ! Pour cette première nuit, les adultes ne purent offrir qu’un feu de branchages pour tenter de réchauffer ce petit monde.

 

Serrés les uns contre les autres, dans l’étroite cahute, on pria pour les absents et l’on compta alors les survivants :

 

BLOCH Armand, 38 ans,

BLOCH Simone, 29 ans, fille de Camille, épouse d’Armand, enceinte de 7 mois,

BLOCH Henriette, leur fille de 11 mois,

CAHN Fernand, 34 ans,

CAHN Blanche, 36 ans, fille de Camille, épouse de Fernand,

CAHN Maurice, 9 ans, leur fils,

CAHN Raymond, 7 ans, leur fils,

GRUMBACH Lucien,54 ans, époux d’Alice, père de Jean,

LEHMANN André,39 ans, fils de Camille,

LOEB Marcel,44 ans, époux d’Albertine LEHMANN.

 

10 survivants….

 

Il était trop dangereux de se maintenir au même endroit plusieurs jours, commença alors pour ce groupe précarisé, une longue marche de près de trois mois dans les bois, de cache en cache.

De nuit les hommes retournaient dans les hameaux réclamer de la nourriture. Un jour mon père me confia que sa hache de bûcheron l’avait beaucoup aidé à convaincre les généreux donateurs….

Il faut cependant souligner qu’une partie de la population locale, au risque de sa vie, portait des victuailles et du lait en un lieu convenu au milieu des bois.

Cependant, cette nomadisation devenait critique pour ma sœur Henriette et ma mère sur le point d’accoucher.

Avec la complicité du maire délégué, Monsieur Brachet, et de toute la population, un stratagème fut mis au point :

Ma sœur Henriette fut déclarée « enfant trouvée » par Margot la bergère et le maire établit de faux papiers au nom de Marguerite Lavignaud (Marguerite comme la bergère, Lavignaud comme le lieu de la « trouvaille »).

Marguerite alias Henriette, fut conduite à l’assistance publique par Madame Dauriac fille du maire. Au cours de cette opération de sauvetage, personne ne reconnut ma sœur, bien que tous la connaissait parfaitement ! Plusieurs personnes se proposèrent de l’adopter en cours de route, dont l’épouse du préfet….

La même solidarité s’exerça quelques jours plus tard, pour extraire ma mère de la forêt et la conduire à la maternité de Clairvivre où elle accoucha le 27 mai 1944 de ma sœur Michèle Fanny.

Soulagé, mon père qui avait juré de venger les siens, rejoignit alors la résistance, accompagné de Marcel LOEB et André LEHMANN.

Jusqu’à la capitulation nazie, ils firent payer chèrement à l’ennemi, le massacre de Saint-Orse.

 

Début 1945, le calme revint en Dordogne et à Sainte-Orse ou naquit au mois de juillet, ma troisième sœur Denise.

Ce n’est qu’au début de l’année 1946 que tout le monde rejoint la maison familiale de Barr, occupée par des filles du pays qui avaient épousé des soldats allemands….ceci est une autre histoire….

 

Parmi les déportés, deux seulement survécurent :

 

Albertine LOEB née LEHMANN, ma tante adorée,

Léon BLOCH qui rejoint son village de Plaine (67).

 

 

La pierre des juifs de Sainte-Orse :

 

C’est comme cela que la population de Sainte-Orse appelait le monument que les familles firent ériger à Sainte-Orse, après que les corps des fusillés furent rapatriés en Alsace.

 

La tragédie de Sainte-Orse, malgré son ampleur, tomba très vite dans l’oubli. Il fallut l’opiniâtreté de mon cousin Raymond CAHN , celle de Colette RAUNER, puis le livre d’un historien local ancien résistant, Martial FAUCON, pour que ces faits ressurgissent au grand jour.

 

On ne sait comment (les habitants sont très discrets à ce sujet…) cette stèle disparut un jour, pour se retrouver dans la construction d’une habitation….

Le fils du marbrier qui la grava, ne put sauver que la partie haute, une lourde pierre taillée en demi-cercle, ornée d’un rameau d’olivier.

Jamais son père, n’avait eu auparavant à graver d’inscriptions en hébreu, aussi la considérait-il comme un chef-d’œuvre familial témoin de la maîtrise professionnelle de son défunt père, Monsieur Galinat.

La presse locale s’empara de l’affaire et le journal « SUD OUEST » titra le 3 avril 2004 :

 

« LA PIERRE DES JUIFS FAIT LE MUR »

« Dans la commune où huit juifs ont été fusillés, un monument rappelait ce tragique évènement, avant qu’il ne disparaisse mystérieusement ».

 

En fait, il me semble bien que cette stèle a fait l’objet d’une querelle de clochers entre les partisans de l’ancien maire et ceux du nouveau maire, à propos du réaménagement du cimetière qui devenait trop exigu. Donc l’ancienne municipalité avait sans doute estimée que plus personne ne se souciait aujourd’hui de ce monument qui prenait trop de place.

 

Le nouveau maire, Camille Géraud et son conseil municipal, ne l’entendait pas de cette oreille, mais la commune est pauvre et le coût d’un nouveau monument bien trop lourd. Le maire eu la sagesse de contacter les descendants des victimes, grâce aux indications de Martial Faucon.

C’est ainsi que le 15 mai 2005, nous avons inauguré une nouvelle stèle, conçue par Monsieur Galinat fils à partir des vestiges de l’ancienne stèle élaborée par son père.

 

L’inauguration de la stèle de Sainte-Orse :

 

Arrivés à Sainte-Orse le 12 Mai avec mon épouse et ma sœur Henriette, nous avons sillonné jusqu’au 15 Mai, le village et ses hameaux, à la recherche des lieux et des gens dont nos parents nous avaient si souvent parlé.

Mon cousin Raymond CAHN ainsi que ma cousine Sylvie BIEDER née Lehmann, nous avaient rejoints.

 

Maman (90 ans)  qui n’avait pu faire le déplacement, m’avait confié la mission de lui faire un rapport complet….

Avec une énorme émotion, nous avons vu de nos propres yeux, les ruines des maisons incendiées, le petit jardin de mon père, la masure où ils se réfugièrent au fond des bois.

La population était partagée (toujours cette querelle de clochers), certains nous fuyaient, d’autres nous souriaient et répondaient à nos questions avec force gentillesse.

 

Samedi soir le 14 mai, nous étions invités à un vin d’honneur, par Monsieur le maire et son conseil municipal. Les murs de la Mairie étaient couverts de photos d’époque, photos de classe avec Monsieur Lamoure, photos de notre famille. Là ne s’arrêtait pas la surprise.

En effet, une vieille dame fit son entrée accompagnée de sa gouvernante, le maire nous la présenta. Il s’agissait de Madame Dauriac (96 ans) qui conduisit ma sœur Henriette (l’enfant trouvée) à l’assistance publique pour la soustraire aux dangers.

Les deux femmes s’étreignirent longuement, toute la salle était en pleurs et j’avoue que je ne voyais plus le viseur de mon appareil photo !

On échangea des adresses, des numéros de téléphones et la soirée se termina dans l’auberge du village où de délicieuses spécialités locales nous attendaient.

 

Dimanche 15 Mai, le cimetière était trop petit pour contenir invités et population. La cérémonie organisée de main de maître par Monsieur le Maire fut très émouvante. 

Nous fûmes chargés, ma sœur, mon cousin Raymond et moi-même de dévoiler la stèle, pendant qu’un haut-parleur égrenait « nuit et brouillard » de Jean Ferrat.

 

 Il y eu de nombreux discours plus poignants les uns que les autres.

S’il ne faut en retenir que deux extraits,  voici ceux qui me paraissent correspondre le mieux à Sainte-Orse :

 

« ….Ce nécessaire monument constituera une condamnation permanente des crimes commis au nom d’une idéologie basée sur le racisme, la xénophobie et complétée par l’abolition des libertés individuelles et collectives. La commune de Sainte-Orse, l’une des plus frappées dans la chair de ceux qui étaient venus se réfugier sur son sol, a je crois, en l’érigeant avec le concours des familles et de sa population, utilement œuvré pour que les générations futures gardent les yeux ouverts sur ces idéologies parfois renaissantes…. »

(discours de Martial Faucon, historien)

 

« …et c’est pour cela que je voudrais associer à cette cérémonie, tous les Justes parmi les Nations, nombreux sauveurs de vies juives, ceux qui furent les lumières de la démocratie, ceux qui furent des hommes à un moment ou il n’y en avait plus….ces actes de courage ont été l’honneur de la France dans cette sombre période… »

(discours de Betty Wieder, représentant Serge Klarsfeld) 

 

Deux habitants de Sainte-Orse, furent honorés par Yad-Vashem.

Le 5 juin prochain sera inaugurée une stèle à la mémoire de Jean Albert Bousquet. Nous avons fait part de vive voix, à son fils et à sa famille, de notre éternelle reconnaissance.

 

Jean Camille Bloch

 

Sources documentaires :

Bernard Reviriego : « les juifs en Dordogne », éditions Fanlac.

Martial Faucon : « récits vécus », imprimerie ACDS Bordeaux.

Raymond Cahn : « condensé de ma mémoire pour l’histoire », notes personnelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 18:41

CE TEXTE EST UN REGAL !!!

DAVID et GOLIATH le PHILISTIN



Le statut des Philistins habitant la bande de Gaza n’est pas clair dans la Torah.

Dans la Paracha Le’h Lé’ha (ch 15, v 20) dix peuples, appartenant à la famille de Canaan, ont été promis à Avraham : le Kini, le Knizi, le Kadmoni, le ‘Hiti, le Prizi, le Refaïm, le Emori, le Cnaani, le Girguachi et le Yévoussi.

Rachi explique : Durant toute l’histoire, jusqu’à la délivrance finale, Israël n’a pu vaincre que sept peuples des dix peuples promis à Avraham. Les trois autres se trouvaient sur la rive Est du Jourdain et leur territoire n’appartiendra à Israël qu’au moment de la délivrance. Le territoire juif biblique s’étendait essentiellement sur la rive Ouest du Jourdain. Seule, une étroite bande avait été conquise du côté Est. Mais la plus grande partie de ce territoire resta entre les mains des autres peuples.

Une lecture simple de la Torah nous montre qu’il existe un onzième peuple, habitant la bande de Gaza, qui n’est pas cité parmi les dix : les Philistins.

Or, leur territoire a été donné à Israël. Dans la Torah (Chémot ch 24 v 31) il est dit : " et ton territoire s’étendra depuis la mer des Philistins jusqu’au fleuve (l’Euphrate) car Je chasserai tous les habitants de ces territoires". Puisque il nous a été donné " jusqu’à la mer des Philistins " cela englobe la bande de Gaza. De plus, dans le Livre de Josué, il est dit clairement que la bande de Gaza à été donnée à la tribu de Yéhouda (Juges ch 1 et 18 et Josué ch 15, v 4 et 47)

Il est donc étonnant que ce onzième peuple ne soit pas cité dans la promesse faite à Avraham.

Un autre point est étonnant : les sept peuples que devait vaincre Avraham avant la Guéoula ont presque entièrement disparu et n’ont plus inquiété notre peuple après qu’il se soit installé sur leurs territoires. Au contraire, les Philistins continuèrent à habiter leur territoire pendant plusieurs siècles encore et furent nos pires ennemis jusqu’aux époques tardives de Samson, Chaoul et le roi David. D’après nos Maîtres, ils réussirent même à s’installer sur le futur Mont du Temple, en plein cœur de Jérusalem et y restèrent jusqu’à l’époque du roi David ! ( le Yévoussi)

Les secrets de la Torah révèlent le statut tout à fait particulier des Philistins.

Le chiffre 10 incarne la dimension naturelle, c’est à dire ce que l’homme peut et a le devoir d’atteindre par ses efforts personnels sur le plan matériel tout  en bénéficiant de l’aide divine.

Le chiffre 11 incarne, lui, la dimension surnaturelle que l’homme ne peut en aucun cas atteindre même par ses efforts personnels dans le domaine matériel, comme la conquête et la guerre. A ce niveau, il faut l’intervention de Dieu, Seul. Pour mériter cette intervention, l’homme doit s’élever sur le plan spirituel afin de provoquer le miracle.

Même au niveau du chiffre 10, l’homme a besoin de mérites puisqu’il reçoit l’aide divine. Cependant, l’exigence spirituelle est moins forte puisqu’il agit lui aussi et n’a pas besoin de Dieu Seul.

Le chiffre 10 fait allusion aux 10 Paroles de la Création et aux 10 commandements.

Dans les deux cas, une place prédominante est laissée à l’homme puisqu’il est le "centre" de la création ou celui qui reçoit la Torah a le devoir de l’accomplir. Ce chiffre symbolise donc l’étroite association entre l’homme et son Créateur. C’est ce que nous appelons la dimension naturelle dans laquelle l’action matérielle de l’homme est indispensable.

Par contre, le chiffre 11 fait allusion à une intervention divine dont aucune action matérielle ne peut être le réceptacle ou la cause.

Dans la science des secrets ce niveau est appelé Kéter - la couronne – et désigne la toute puissante royauté divine.

Nous comprenons, à présent, la différence entre les Philistins et les 10 autres peuples. Les dix peuples peuvent être conquis par une voie naturelle comme la guerre. Dans la promesse faite à Avraham, Dieu nomma les peuples qu’Israël pourrait vaincre par la guerre. Il ne mentionna pas les Philistins qui, eux, ne peuvent être vaincus que par des voies surnaturelles nécessitant  une autre forme de combat dans le domaine spirituel exclusivement.

Nous comprenons aussi pourquoi nous avons vaincu les dix peuples mais non les Philistins. Nos mérites étaient suffisants dans ce combat et nous avons bénéficié de l’aide divine. Mais contre les Philistins il nous fallait des mérites bien plus grands qui nous faisaient défaut. La conquête de notre terre se fait donc à deux niveaux : le premier naturel, par la guerre et l’autre surnaturel, par le miracle et dépendant de nos mérites spirituels.

Il faut comprendre, cependant, pourquoi vaincre les Philistins nécessite un vrai miracle ? La réponse se trouve encore dans les secrets de la Torah. Nos Maîtres enseignent que le monde a été divisé et partagé en 70 territoires placés sous l’influence de 70 Sarim(les Princes célestes). Les Sarim sont des ¨forces spirituelles¨ influençant les nations qui en dépendent. En français, nous appelons ce phénomène le génie des peuples. Dans l’Antiquité ils pensaient que leur réussite dépendait des astres et des étoiles. Ils ne percevaient que l’extériorité des forces qui influençaient leur destin. Cependant, ils percevaient une partie de la vérité. Tous nos prophètes y font allusion. En particulier le Livre de Daniel qui décrit en détail le rôle et l’influence des Sarim. Selon la puissance du Sar préposé à la direction d’une nation, elle se renforce et joue un rôle dans l’Histoire. Lorsque, selon le temps fixé par Dieu lui même, le Sar de cette nation perd son pouvoir, elle s’écroule et disparaît comme toutes les civilisations antiques. C’est à cela que fait allusion la prophétie de Yaakov lorsqu’il vit l’échelle. Les anges qui montaient puis redescendaient font allu-sion aux Sarim et à leurs nations qui montent dans l’Histoire, puis disparaissent.

Israël, lui, n’est soumis à aucun Sar mais dépend de Dieu, Lui-même. C’est pour cela qu’il ne peut pas disparaître puisqu’il est le réceptacle de l’Eternel. Le chiffre 70 nous renvoie au chiffre 7 qui fait allusion aux 7 jours de la semaine, c’est-à-dire, au temps naturel ayant un commencement et une fin. Les peuples appartenant à la dimension 7 sont donc tous mortels. Les 70 nations sont soumises à ce temps et perdront toutes leur pouvoir, le jour où Dieu régnera sur toute la terre. Israël, lui, appartient à la huitième dimension. C’est la raison pour laquelle l’alliance de la circoncision se fait le huitième jour. Cette alliance est la garantie de notre éternité puisqu’elle nous élève au dessus de la fatalité du temps de la mort (le 7).

Le monde a donc été partagé en 70 territoires soumis aux 70 Sarim influençant les 70 peuples. Cependant, puisque Dieu règne, Seul, sur son peuple, il existe un lieu où les Sarim n’ont pas d’influence. Ce lieu est, bien sûr, la terre d’Israël. D’après nos Maîtres, cette terre est un microcosme de l’humanité toute entière. Aussi, les peuples qui y habitaient avant nous, étaient eux aussi le microcosme des 70 nations. Avant qu’Israël ne s’y installe et que Dieu puisse y régner en Seul Maître, les 7 peuples Cananéens puisaient leur force et leur puissance des 70 Sarim réunis puisqu’ils représentaient le microcosme de toutes les nations. C’est pour cette raison que la Torah les présente comme des peuples invincibles et terrifiants.

 Toute l’humanité se trouvait, en fait, représentée par les 7 peuples Cananéens. C’est donc l’ensemble des nations qui empêchait Israël d’entrer sur sa terre. Cependant, la conquête de la terre fut possible puisque la puissance des Sarim est, malgré tout, limitée par le chiffre 7 qui incarne le temps fini. Depuis la conquête de notre terre plus aucun Sar ne peut y exercer son influence. La conquête de la terre d’Israël signifiait, en vérité, la victoire de Dieu sur les Sarim.

Les trois peuples, de l’autre côté du Jourdain, qui ne seront conquis qu’au moment de la Guéoula finale, incarnent l’aspect le plus élevé de la dimension naturelle.

Nous avons expliqué que le "dix" fait allusion aux dix Paroles de la Création et se trouve donc à l’intérieur de la nature. Cependant, la nature a, elle aussi, un niveau spirituel. Les 70 Sarim voilent entièrement l’existence d’un Dieu créateur et acteur dans Son monde. Le chiffre 7 représente un monde dans lequel les nations nient la source spirituelle de l’existence. Les Cananéens étaient des idolâtres païens qui ne croyaient qu’aux intermédiaires et vénéraient la nature comme source unique de leur existence. Cependant, il existe des peuples qui reconnaissent l’existence d’un Dieu créateur et acteur dans son Monde. Mais ils refusent d'admettre l'élection et le rôle particulier d'Israël dans l'histoire des peuples. Pour eux, Israël est un peuple comme les autres et ils le haïssent pour le rôle qu’il prétend jouer. Au moment de la Guéoula finale ces peuples croyants reconnaîtront l’élection d’Israël et cesseront de nous haïr. C’est alors que nous mériterons les territoires qui se situent sur la rive Est du Jourdain.

Cependant, les Philistins appartiennent à la onzième dimension qui ne se situe ni au niveau des Sarim et ni à celui des peuples croyants.

Les Maîtres des secrets expliquent : il existe une "force", plus puissante que celle des Sarim : le Same’h Mêm (le Satan). Cette force est celle qui nourrie et renforce les peuples qui se trouvent sur la bande de Gaza. Le Same’h Mêm a lui aussi reçu un territoire sur lequel il exerce son influence jusqu’à la Guéoula finale : la bande de Gaza. Les Philistins puisent leur force du Same’h Mêm et sont donc presque invincibles. C’est la raison pour laquelle Israël n’est jamais parvenu à les vaincre totalement (le lien entre le Same’h Mêm et les Philistins est largement établie dans le livre du Rav Mattiahou Galzerson intitulé en hébreu : Sod Pilichtin. Il démontre aussi dans son livre le lien existant entre le nazisme et les Philistins antiques). Pour détruire le Same’h Mêm il faut des forces qui dépassent tout ce que l’homme peut faire par des actions liées à ce monde matériel. Seuls nos mérites spirituels peuvent amener Dieu à l'anéantir.

Nous comprenons plus en profondeur, à présent, la différence entre les 7 peuples Cananéens et les Philistins. Les premiers incarnaient l’ensemble des nations dont la force provient des Sarim. Israël pouvait les vaincre par la conquête et la guerre, grâce à des mérites provoquant l’aide divine. Mais les Philistins incarnaient la force du Same’h Mêm nécessitant, pour les détruire, l’intervention de Dieu, Lui même.

La raison pour laquelle Dieu a laissé sur Sa terre un endroit entre les mains du Same’h Mêm est évidente : puisqu’Israël a été choisi pour dévoiler la toute puissance de Dieu sur terre, notre installation complète dans notre pays dépend de notre capacité à chasser tout ce qui empêche ce dévoilement jusqu’au voile le plus obscur qui est le Same’h Mêm. Tant que nos mérites ne seront pas suffisants et que les Philistins seront présents nous n’aurons pas encore accompli notre mission. Ils sont donc le baromètre de nos mérites. Et ils n’existent qu’afin de nous obliger à prendre au sérieux notre mission sur terre. A la différence des 70 peuples qui continueront d’exister même après la Guéoula finale, les Philistins, eux, disparaîtront comme la force du mal qui les nourrit et les renforce.

Pour mieux comprendre l’influence des Sarim il faut savoir que ce n’est pas le peuple qui crée son Sar mais le Sar qui agit sur le peuple. C’est lui qui forge le caractère et la nature du peuple qui est sous son influence. Aussi, l’origine véritable de ce peuple est sans importance. A partir du moment ou une communauté humaine s’installe sur un territoire soumis l'influence d'un Sar particulier, elle finit par se transformer et présenter toutes les caractéristiques propres à ce Sar. Aussi, les définitions bibliques sont-elles toujours valables de nos jours puisque les Sarim, eux, ne changent pas.

Il faut comprendre, à présent, l’origine antique des Philistins. Au préalable, remontons à celle des Cananéens. Noé eut trois enfants : Chem, Yaffet et ‘Ham. Avant de mourir il partagea le monde entre ses trois fils. Il donna le Proche Orient à Chem, l’Occident à Yaffet et le Continent africain à ‘Ham (voir à ce sujet la Paracha de Noé ch 10 et les commentaires). La future terre d’Israël était donc dans le territoire de Chem (voir à ce sujet le Rachi de Parachat Le’h Lé’ha ch 12 v6). ‘Ham eut pour fils Canaan et Mitzraïm. Les fils de Canaan furent ceux qui s’installèrent, plus tard, dans le territoire de Chem, en Eretz Canaan (Parachat Noah ch 10). Les Philistins, eux, étaient les petits enfants de Mitzraïm, issus de l’inceste et de l’adultère (Noé 10-14 voir Rachi).

Une chose est certaine : les peuples Cananéens et les Philistins étaient de la famille de ‘Ham. Leur territoire naturel était donc le continent africain. Pourquoi s’installèrent-ils dans le territoire de Chem sur la future terre d’Israël ?? Cette question se retrouve avec Nimrod, petit-fils de ‘Ham, qui s’installa, lui aussi, dans le territoire de Chem et fonda le royaume de Babylone après avoir chassé Ashour, fils de Chem (Noé 10-8,9,10,11). Pourquoi les ‘Hamites s’intéressaient-ils au territoire de Chem ??

Chem était le fils par lequel devait passer et se dévoiler la véritable connaissance de Dieu dans le monde. Il s’appelle Chem, ce qui signifie le Nom, c’est à dire la véritable Identité de Dieu. ‘Ham s’opposait à ce dévoilement et fit tout pour l’empêcher. Aussi, il envoya ses enfants et petits enfants corrompre et détruire l’identité Chémite en les infiltrant à l’intérieur du territoire de Chem. La future terre d’Israël était depuis toujours le haut lieu du vrai monothéisme dans le monde. Chem, lui même, y habitait (Rachi Le’h Lé’ha ch 14 v 18). Afin de détruire la sainteté de cette terre, il y envoya les plus corrompus de ses petits enfants : les fils de Canaan et les Philistins (les Philistins étaient des enfants adultérins et Canaan un dépravé sexuel (Noé 9-22, 23, 24, 25 et Rachi). Rien ne détruit autant la sainteté que la dépravation sexuelle. Plus tard, les Cananéens seront désignés par la Torah comme la référence à toute débauche et dépravation sexuelle (Vayikra 18-3). Cependant, les Philistins étaient plus dépravés encore que les Cananéens. Ils étaient les fruits directs de l’adultère. De plus, ils n’avaient aucun sens des valeurs familiales puisqu’ils avaient été chassés par ceux qui les avaient engendrés (Noé 10-14. Ils sont sortis, c’est à dire : chassés). Nous retrouvons, plus tard, ce manque total de fidélité et de respect du conjoint dans la trahison de Dalila envers Samson. Les Philistins incarnent, donc, un peuple sans racines, sans familles, sans origine, sans passé et sans avenir. C’est pour cela qu’ils sont les ennemis jurés d’Israël, le peuple "famille" par excellence, le seul qui aujourd’hui encore se souvient des noms de ses pères et mères créateurs.

Les Maîtres des secrets expliquent que les Philistins puisent leur force de¨l’ange de la débauche¨ appelé Lilith. Ils ajoutent : lorsqu’Israël  faute dans le domaine sexuel, cet ange se renforce ainsi que le peuple qui est sous son influence (voir le livre de Rav Galzerson). Nous avons expliqué que les Philistins étaient issus de Mitzraïm (l’Egypte). Il est surprenant de remarquer, qu’aujourd’hui encore, la grande majorité des prostituées, en Israël, transitent par l’Egypte et la bande de Gaza. Nous retrouvons cette notion dans le nom de la capitale des Philistins : Aza, en hébreu. Aza vient du mot azout qui signifie : dévergondé comme dans azout panim – terme utilisé pour désigner quelqu’un qui n’a aucune pudeur. Ce sont, d’ailleurs, un Egyptien et un Philistin qui s’emparèrent de Sarah, l’épouse d’Avraham : Pharaon et Aviméle’h, roi des Philistins.

Ceci nous permet de comprendre qu’afin de mériter le miracle de l’intervention de Dieu contre les Philistins, nous devons nous renforcer, plus particulièrement, dans les domaines de la pureté familiale et des mœurs. Au contraire, la permissivité dans ces domaines donne, aux Philistins encore plus de force.

Nous voyons dans l’histoire d’Aviméle’h et de Sarah un autre trait de caractère typique des Philistins : leur capacité hypocrite de toujours se faire passer pour des victimes et de transformer l’agressé en agresseur.

Lorsque Avraham dut séjourner dans le territoire des Philistins, il demanda à Sarah de dire qu’elle était sa sœur parce qu’il connaissait les mœurs perverses des Philistins qui tuaient les maris afin de s’emparer de leurs femmes. Aviméle’h, roi des Philistins s’empara de Sarah et lorsqu’il comprit qu’elle était l’épouse d’Avraham il joua la victime et accusa Avraham de lui avoir menti et de l’avoir entraîné dans une faute qu’il ne voulait pas. Même lorsque Dieu voulut le punir d’avoir pris une femme mariée il s’exclama "Comment pourrais-Tu punir un juste tel que moi ?! Il se plaça en victime devant le Dieu agresseur ! (voir Parachat Vayéra chapitre 20).

Ce tempérament victimaire nous permet de comprendre comment Aviméle’h réussit, à deux reprises, à convaincre nos Pères de signer un traité de paix avec lui (Vayéra ch 21- 22 jusqu’à 32 et Toldot ch 26 v26-33). Sa force est l’hypocrisie qui lui permet d’être pris pour un ¨ange¨ alors qu’il n’est qu’un ¨monstre¨. Si même nos Pères sont tombés dans son piège et ont pris au sérieux ses intentions de paix, on peut imaginer combien il est difficile de déceler ses mensonges !! Tout simplement parce qu’il est un génie dans l’art de se faire passer pour une victime. La suite de l’histoire nous la connaissons : le seul peuple avec lequel nous n’avons jamais      été en paix sont les Philistins !!

Nous voyons aussi, dans la Torah, un lien intéressant entre Amalek et les Philistins. La Paracha de la sortie d’Egypte, Béchala’h, débute avec les Philistins et se termine avec Amalek. Les deux ont en commun qu’ils furent les premiers à tout faire pour empêcher Israël d’atteindre sa terre. Amalek nous attaqua lorsque nous étions en chemin vers notre terre et les Philistins massacrèrent une partie de la tribu d’Ephraïm lorsqu’elle vou-lut se rendre en E. Israël avant la sortie véritable d’Egypte (Rachi, début de Béchala’h). D’après les Maîtres des secrets ce lien est encore plus évident. Ils expliquent que ces deux peuples ont pour Sar le Same’h Mêm. Seulement Amalek attaque Israël lorsqu’il est encore en dehors de sa terre et se rend vers elle et les Philistins empêchent son retour lorsqu’il a déjà commencé à revenir. Cette comparaison entre Amalek et les Philistins nous permet de comprendre un autre trait de caractère typique aux Philistins (et à Amalek). Amalek est décrit, dans la Torah, comme un peuple suicidaire qui n’hésite pas  à se détruire lui même afin de faire du mal à Israël. Sa haine est tellement grande qu’il est prêt à mourir pour empêcher Israël de vivre (Rachi Tétzé ch 25 v 18). Ce caractère est lié au Sar qui influence Amalek et les Philistins : le Same’h Mêm, appelé aussi "l’ange de la mort". Cet "ange" pousse ceux qu’il influence à vénérer la mort et à lui rendre un culte. D’où la phrase célèbre prononcée par certains : "Nous aimons la mort plus que vous n'aimez la vie !!

Il est donc clair que les Philistins sont les plus dangereux de tous nos ennemis puisqu’ils n’ont pas peur de la mort. Leur culte de la mort s’enracine aussi dans leur origine. Nous avons expliqué qu’ils sont issus de la débauche sexuelle. Le summum de la pureté sexuelle est de s’unir afin de donner la vie. Au contraire, la débauche est un acte de mort puisque la semence est ¨ jetée¨ sans aucune intention de vie. L’enfant qui naît, par erreur, a donc été engendré dans un esprit de mort. Toute sa vie il sera influencé par cette force de la mort qui est toute sa raison de vivre !

Nous comprenons, aussi, pourquoi la bande de Gaza appartient à la tribu de Yéhouda, la tribu des rois d’Israël. Le dévoilement de la royauté d’Israël dépend de notre conquête totale de cet endroit. La royauté est, bien sûr, le gage de notre véritable indépendance sur notre terre. Tant que les Philistins sont sur notre terre, il nous est impossible de nous affranchir totalement du joug des nations et la Guéoula finale ne peut se réaliser. D’une certaine manière, les nations soutiennent le combat des Philistins contre nous parce qu’elles comprennent qu’ils sont le fer de lance de leur combat contre nous. Elles espèrent que ce qu’elles n’ont pu terminer lorsque nous étions exilés parmi elles, le sera par les Philistins. Nous retrouvons cette notion dans l’histoire elle-même. Ce sont les Romains qui ont donné le nom de Palestine à cette terre après avoir détruit le royaume d’Israël. Leur intention était claire : donner la terre aux Philistins afin de s’assurer qu’Israël n’y reviendrait jamais.

Il est extrêmement intéressant de remarquer aussi que la décision de la solution finale ne fut prise qu’en 1942 après la rencontre entre Hitler et le mufti de Jérusalem !! Que se sont-ils dit ? Pourquoi le mufti avait-il besoin de rencontrer Hitler ? Pourquoi la solution finale ne fut-elle lancée qu’après cette rencontre ? Selon l’explication de nos Maîtres sur les deux Amaleks : l’un à l’extérieur de notre terre et l’autre à l’intérieur, on devine pourquoi ils ont uni leurs efforts pour nous exterminer.

Aujourd’hui, les enseignements profonds de notre Torah continuent de nous guider et de nous éclairer. Salomon, le plus sage des hommes disait : "Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Ce qui a été sera !" Seules les formes extérieures que prend l’Histoire changent mais le fond reste toujours le même. Les ennemis bibliques d’Israël ne sont plus mais leur esprit est toujours présent et s’incarne dans des formes différentes mais tout aussi dangereuses pour nous. Comme dans le passé, Israël est le seul peuple dont on conteste le droit à l'existence et dont on exige de sacrifier sa terre pou mériter d'y vivre. Toutes les autres nations sont prêtes à mourir pour leur terre mais nous préférons la perdre pour vivre. Il est vrai que nous ne ressemblons pas aux autres nations. Cependant, elles n’ont jamais été, comme nous, menacées de disparition. Jamais personne n’a voulu exterminer les Français ou les Allemands. Eux n’ont pas leurs Philistins !! Et les Philistins ne veulent pas seulement qu’une partie de notre terre mais toute la terre comme l’histoire biblique nous l’enseigne.

 

Sur le territoire de Yéhouda, en bordure de la mer

Se trouve le peuple sans parents qui n’est que feu et guerre

Des millénaires de haine, de destruction et plus que jamais encore

Il est présent devant nous ce peuple dont le culte est la mort

Mais le temps est proche où se réalisera enfin

La promesse du jour qui ne sera que matin


Par le Rav Dynovisz

WWW.RAVDYNOVISZ 

 

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