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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 20:25

 

Merci Guitel, Merci Avraham

Tout doit changer maintenant

Par AVRAHAM AZOULAY

Editorial - leptithebdo

  pour © 2011 www.aschkel.info

Nous nous apprêtons à fêter Pourim, et rien ni personne ne pourra contenir l'euphorie de nos enfants. Tant mieux et Barou'h Achem. Que la joie nous propulse toujours aux sommets de la vie...

Pour ma part, même si j'avais envie de plaisanter - à Pourim tout est permis – à vrai dire, le cœur n'y est pas.  Depuis le massacre à Itamar, je ne cesse de penser à nos amis, le Rav Ben-Ichay et son épouse Tali, si connus de la communauté francophone. Les parents de Ruth Fogel z’’l sont, pour nous tous,  symboles  d'engagement, de force, de foi, de chaleur, de sagesse... Des exemples que nous admirons tous, des personnes pleines de bonté, qui ne jugent pas, mais au contraire entourent, réconfortent, aiment...

Le jour de l’enterrement pourtant, je les ai vus affronter l'horreur, marchant dignement à la tête du cortège funèbre, accompagnant leur fille, son époux et trois de leurs enfants vers leur dernière demeure. Au nom de toute la communauté, dans cette terrible épreuve, je souhaiterai juste exprimer notre solidarité et vous dire, à vous qui avez toujours été là pour  chacun de nous, que tout ce que nous pourrons faire pour vous soutenir, pour alléger votre peine, nous le ferons; aujourd'hui, nous sommes tous là pour vous et vos petits- enfants, sachez-le.

Nous avons tous une immense peine, mais je sais aussi que nous ressentons de la colère. Un sentiment d'injustice, non seulement face au sang versé gratuitement par ces bouchers barbares, mais également face à l'indifférence du monde entier devant cette tragédie, sans parler des effusions de joie dans les localités arabes de Judée-Samarie et de Gaza, où des friandises ont été distribuées pour "fêter l'évènement". 

Alors, que faire ?  Continuer d'étudier la Torah ? Repartir en guerre ? Baisser les bras ? Attendre le messie tranquillement ? Pleurer ? Hurler dans les rues ? Que peut-on répondre à toutes ces questions?

Notre sagesse face aux événements est  grande et personne ne semble plus nous comprendre. Avec le temps, le décalage entre les Nations et nous s'accentue. Mais alors que fait-on ?

En fait, dans ce monde de brouillard et de ténèbres, il ne nous reste plus qu'une alternative, difficile à admettre, et pourtant la seule envisageable. Nous devons, à l'exemple du Rav Ben-Ichay et de Tali, continuer à avancer, à perpétuer le peuple juif, sans peur et sans reproche, à nous défendre bien sûr, en toute légitimité, à nous battre en restant   tout simplement nous-mêmes. Parce que la meilleure propagande, c'est nous, c'est ce que nous sommes. Ce sont ces valeureux soldats, courageux et bienveillants, ce sont nos enfants, leurs rires purs, sans complexe, ce sont ces jeunes filles vaillantes, comme Tamar Fogel, qui s'adresse au Premier ministre à hauteur d’yeux, ce sont ces femmes engagées, qui comme l’etait  Ruth z’’l, lutteront contre l'injustice et élèveront avec dignité encore de nombreux enfants juifs sur notre terre.

Enfin Pourim est là pour nous rappeler que notre sort peut toujours s’inverser. Alors courons plus vite, et effaçons à jamais cet Amalek qui se glisse pernicieusement en nous et qui s'appelle  le doute ... Parce que tout doit changer, et maintenant.

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 20:17

 

envoyé par Myriam

 © 2011 www.aschkel.info

shalom-magazine relayé par terrepromise

 

Divisés, nous sommes comme un faible roseau, unis, nous sommes imbattables.”

 

Par Zvi H. Hurwitz

 

 

Le jour même de la proclamation de l’Etat d’Israël (le 14 mai 1948), les Juifs à travers le monde durent affronter une question fondamentale: quelle serait la nature des relations entre les habitants d’Israël et les Juifs de la Diaspora ? A cette époque, l’accusation de double allégeance planait et, afin d’échapper à ses implications, les dirigeants communautaires proposèrent alors la “hafrada” ou “séparation”.

 

De grandes organisations comme Hadassa aux Etats-Unis refusèrent systématiquement d’être impliquées dans les problèmes politiques d’Israël, plus particulièrement dans la question de l’Alyia, afin d’éviter toute attitude déloyale envers le pays dans lequel ils vivaient.

 

Progressivement, les gouvernements et les commentateurs politiques finirent par comprendre qu’il existait une relation unique entre chaque Juif et l’Etat d’Israël. C’est ainsi que les Juifs religieux se tournaient trois fois par jour vers Jérusalem pour faire leurs prières et priaient durant des mois après le Nouvel An pour que les pluies tombent en Terre sainte. Quant aux Juifs non pratiquants, un grand nombre participait chaque année aux festivités marquant Yom Ha’atzmaout (le jour d’Indépendance), sans se préoccuper du fait qu’ils fêtaient l’indépendance d’un pays étranger. Bien des chefs d’Etat se mirent à envoyer des messages de félicitations à leurs communautés juives à l’occasion de ce jour. La conception de “séparation” fut progressivement abandonnée pour faire place à une identification de plus en plus ouvertement affichée, à une coopération publique plus étroite pour aboutir, en fin de compte, au slogan de l’Appel juif unifié: “Nous sommes Un (peuple)”. Aux moments de joies ou de peines, il n’y avait pratiquement pas de distinction entre la réaction des communautés juives de la Diaspora et celle de la population israélienne.

 

Pendant les années des gouvernements Likoud, au cours desquelles j’eus l’honneur de servir comme conseiller aux Affaires de la Diaspora auprès des premiers ministres Begin et Shamir, de grands efforts ont été investis afin de promouvoir des relations étroites entre les deux parties du peuple. Menachem Begin aimait à répéter que l’Etat n’avait pas été établi pour les 650’000 Juifs qui s’y trouvaient à l’époque, mais pour l’ensemble du peuple juif, les Israéliens étant en quelque sorte les garants de la Nation. Le fait de vivre dans le pays leur donnait bien entendu des obligations et des prérogatives spéciales. Il précisa les deux domaines dans lesquels les citoyens d’Israël ont des droits exclusifs: le service militaire (et tout ce qui y est lié) et le vote dans le cadre des élections parlementaires. Le sioniste le plus militant et le collecteur de fonds le plus efficace ne pouvant prendre la moindre part aux devoirs militaires ou aux devoirs civiques dans les élections pour la Knesset, domaines réservés exclusivement aux citoyens d’Israël. Tout en spécifiant clairement ces clauses restrictives, Menachem Begin tenait des discours devant des assemblées juives à travers le monde, les encourageant à participer au développement de l’Etat et à envisager leur propre Alyia. A l’occasion d’événements de grande portée – la signature du traité de paix avec l’Egypte ou la cérémonie de remise du Prix Nobel de la Paix à Oslo -, il mettait toujours un point d’honneur à inviter les dirigeants de l’Agence juive et à les mentionner dans le préambule de son allocution, afin de bien souligner qu’il ne s’adressait pas seulement aux citoyens d’Israël, mais au judaïsme mondial.

 

Itzhak Shamir, son successeur, reprit à son compte l’objectif de l’unité juive, répétant en de nombreuses occasions dans ses discours en Israël ou face aux diverses communautés de la Diaspora: “Divisés, nous sommes comme un faible roseau, unis, nous sommes imbattables.” C’est dans cet esprit qu’il inaugura la Conférence sur l’unité juive en mars 1989, conférence rassemblant des représentants juifs du monde entier avec les leaders du gouvernement d’Israël et de l’opposition.

Presque 46 ans se sont écoulés depuis le renouveau de la souveraineté juive en Israël. En raison de l’assimilation galopante et des mariages mixtes, nous assistons aujourd’hui au déclin progressif des communautés juives. C’est ce moment précis qu’ont choisi les leaders actuels d’Israël, pour des motifs qui leur sont propres, pour relâcher, voire couper les liens entre Israël et le judaïsme mondial. Régulièrement, des ministres tiennent des propos agressifs envers les activités traditionnelles du judaïsme mondial en faveur d’Israël. Après le tollé général qui s’ensuit, un porte-parole finit invariablement par nier les propos de son supérieur ou par déclarer qu’ils ont été déformés par la presse. Trop tard, le mal est fait.

 

Le premier à s’être adonné à ce genre d’exercice n’est autre que le Premier ministre Rabin qui, quelques semaines après son entrée en fonctions, a cru bon de devoir remettre AIPAC (le lobby juif américain et la plus importante des organisations juives aux Etats-Unis) à sa place. Il déclara que désormais, ses activités comme groupe de pression face à l’Administration américaine ne seraient plus requises. Dorénavant, tout contact avec celle-ci se ferait directement par Israël et ses représentants. Cette approche, bien que parfaitement légitime, est-elle vraiment sensée ?

Après cette attaque contre AIPAC, déjà diffamée par l’ex-président Bush, un des leaders de l’organisation me téléphona, me rappelant l’époque où M. Shamir avait été prié de rencontrer les dirigeants de AIPAC quelques heures à peine après son arrivée aux Etats-Unis. En l’introduisant, le président de l’assemblée s’était excusé d’avoir imposé cette réunion au Premier ministre dans un délai si bref. Shamir avait aussitôt répondu: “Quand il s’agit de AIPAC, vous pouvez même me réveiller à minuit. Je serai toujours disposé à rencontrer cet éminent groupe d’hommes et de femmes remarquables.”

 

La sortie contre AIPAC n’est pas un geste isolé. Peu après, le ministre des Finances, “Beiga” Shochat, s’est lancé dans une diatribe contre l’organisation des Bonds d’Israël, sous prétexte qu’il n’était plus économiquement viable d’offrir des taux d’intérêt plus élevés que les banques commerciales. Une fois de plus, il avait sans doute techniquement raison. Mais est-il sensé de balayer d’un revers de la main une organisation qui a fourni d’excellents résultats pendant plus de 40 ans ? Pour leur défense, les leaders des Bonds soulignèrent que leur tâche ne se bornait pas simplement à stimuler les investissements en Israël, mais également à créer un lien entre les Juifs et Israël et à les encourager à partager la responsabilité dans le développement de l’Etat.

 

Dans la série des coups bas, le dernier à s’être distingué est Yossi Beilin, lors d’une allocution prononcée, comble de maladresse, à l’occasion d’une conférence des dirigeants de la WIZO, dont la raison d’être est d’aider les couches défavorisées de la population. Il leur déclara de façon extrêmement crue que leur “charité” n’était plus nécessaire, qu’Israël est économiquement plus fort que bien d’autres pays dont les délégués de la WIZO sont originaires. C’est tout juste s’il ne valait pas mieux qu’ils rentrent tous chez eux et ferment boutique. Bien entendu, ce conseil était bon pour un organisme de collecte de fonds. Les personnes présentes réagirent instantanément et les sentiments de colère et de frustration empoisonnèrent l’ambiance pendant des jours et des semaines. Le Premier ministre Rabin tenta d’apaiser les tensions au sein de la WIZO en accusant Beilin d’avoir tenu des propos inconsidérés mais, là encore, le mal était fait. Depuis cet incident, m’étant rendu dans plusieurs pays, j’ai eu le loisir d’entendre divers membres de la WIZO se poser des questions sur le bien-fondé et la valeur de leur ýuvre. Les défenseurs de Beilin prétendent que l’économie israélienne est saine et qu’elle est désormais à même d’attirer des capitaux pour de réels investissements mais, disent-ils, les constants appels à la charité rendent ce type d’opérations difficile voire impossible. Il se peut que cet argument soit valable. Mais il faut alors un leadership sensé, ayant suffisamment de doigté pour introduire des modifications et non l’attitude chauvine et arrogante de Beilin et ses pairs.

 

Il me revient à l’esprit l’histoire qui circulait après la victoire éclair d’Israël dans la Guerre des Six-Jours en juin 1967. A l’issue des combats, il fallait trouver rapidement des sources financières afin de couvrir les frais de guerre. Moshé Dayan, qui avait été coopté dans le gouvernement d’unité nationale avec Menachem Begin, fut choisi par le Premier ministre Eshkol pour partir immédiatement à l’étranger afin d’y récolter des fonds. Bien entendu, le général borgne représentait à l’époque une attraction irrésistible et L. Eshkol était décidé à exploiter ce potentiel. Toutefois, Dayan se cabra au début, faisant valoir qu’après une victoire aussi spectaculaire, il ne pouvait décemment se présenter devant des assemblées juives à l’étranger avec la main tendue. “Impossible, déclara le général, comment puis-je me rendre auprès des communautés juives dans ces conditions ?” Lévi Eshkol lui donna cette réponse empreinte de vieille sagesse populaire: “Il faut que tu te présentes à eux comme Samson le nebbich (le pitoyable) !” C’est exactement le type de compromis qui doit être atteint aujourd’hui et dans les années à venir. Israël devenant un succès économique, il doit néanmoins toujours compter sur l’engagement, le soutien et la participation des Juifs de la Diaspora. Les communautés juives doivent comprendre qu’Israël est désormais un Etat viable, prospère et souverain, elles doivent le respecter et reconnaître que ses citoyens ont certains devoirs et certains droits, qui ne sont pas l’apanage de leurs frères juifs vivant à l’étranger.

 

Cela dit, il y a des domaines dans lesquels le judaïsme mondial a son mot à dire, où il mérite d’être consulté et écouté. L’un d’eux est débattu actuellement, il s’agit de l’avenir d’Eretz Israël. Cette question ne concerne pas uniquement les Israéliens, Juifs et Arabes. Elle relève de l’essence même du peuple juif, de l’existence nationale, du retour en Eretz Israël. Les Juifs ont prié pour cette terre alors qu’ils se trouvaient à l’autre bout du monde, quand elle était occupée par l’Empire ottoman, sous le Mandat britannique, lors de la présence militaire des Jordaniens, des Egyptiens, etc. En toutes circonstances, les Juifs en ont toujours rêvé et ont prié pour le retour en Eretz Israël, qui désigne précisément les régions de Judée et de Samarie aujourd’hui bradées.

 

En termes économiques, un Etat dont le budget se monte à 50 milliards de dollars environ, et dont l’économie s’est considérablement renforcée au cours de la dernière décennie, offre des possibilités d’investissements alléchantes. Théoriquement, un tel Etat pourrait se passer des traditionnelles contributions qui ont fait partie intégrante de l’aventure sioniste depuis le début du siècle. Mais est-il justifié de démanteler tout le système et de renvoyer de manière aussi cavalière les Juifs de la Diaspora ?

Il faut trouver un juste milieu. Les communautés juives doivent prendre conscience que l’Etat est capable d’exister sans leurs magnifiques efforts. Et les citoyens d’Israël devraient estimer ces efforts à leur juste valeur et reconnaître qu’ils ont permis la construction d’hôpitaux, d’institutions pour enfants, d’écoles, de centres de musique et de centaines d’autres projets.

 

Il y aura toujours lieu de développer des projets existants ou d’en créer de nouveaux, comme la Fondation Menachem Begin que je dirige actuellement. En dépit des excellentes statistiques économiques publiées dans les journaux, il est indéniable que des milliers de personnes vivent encore dans des conditions très précaires en Israël, comme dans les pays les plus riches du monde. Pourquoi ne pas améliorer leur sort en acceptant les efforts dévoués des coreligionnaires à travers le monde ?

Il faudrait créer une véritable association financière, comme celle édifiée par le biais du Projet Renouveau à l’arrivée au pouvoir de Menachem Begin. A l’époque, le gouvernement d’Israël et l’Agence juive étaient parvenus à la conclusion que les simples dons financiers des Juifs du monde entier en faveur des localités sous-développées et des citoyens défavorisés n’étaient plus suffisants; il fallait amener les diverses communautés juives à participer activement au développement de ces localités et à l’amélioration des conditions de vie des habitants.

 

 

En conclusion, je rappellerai les paroles de rabbi Akiva: “Le veau a autant besoin de lait maternel que la vache d’allaiter”.

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 20:12

logo arié

Par ARIé

Avec autorisation

Pour aschkel.info et lessakele.

 

 

 

Mes tribulations dans la Chine fascinée par le Talmud et le « génie juif »

Par Arié Lévy


 

 

Rien ne se produit par hasard. Je devais entreprendre un voyage en Chine et, quelques jours avant mon départ, je découvre un article sur CJSS puis surNewsWeek, pour le moins surprenant. Il y est question de la fascination qu’exerceraient sur les Chinois, les Juifs, ou plutôt, leur capacité unique à s’enrichir. D’où leur vient ce talent particulier ? Un éditeur chinois arrive à la conclusion que la clé de la connaissance des mille et un moyens de faire de l’argent se trouve, non pas dans l’Ancien Testament, somme toute à la portée de tous, mais dans le TALMUDqui est l’outil que seuls les juifs savent manier et qu’ils dissèquent effectivement depuis des siècles. Un auteur qui a recours à un pseudonyme pond donc un livre intitulé « Le Talmud décodé: 101 règles juives du business »

D’autres suivent tels que « Le Petit Illustré de sagesse juive ou, toutes les histoires de gains monétaires dans le Talmud ». Les livres, au dire de l’article, se vendent comme des petits pains et auraient atteint plus d’un million d’exemplaires. Encore mieux, à Taiwan, il existe même un hôtel qui s’inspire des textes sacrés. Le Talmud Business Hotel de Taichung qui se décrit ainsi sur son site:

«Influencé par les théories du Talmud, l’hôtel pour businessmen a été nommé en référence au livre saint. Il contient une collection d’anciens textes de rabbins sur la loi et les traditions juives. Dans chaque chambre, vous pouvez trouver une copie du Talmud-Business Success Bible  pour que chacun puisse faire l’expérience de la voie du Talmud vers le succès, ainsi qu’un accès gratuit au Wi-Fi». Réussite dans les affaires assurée.

Dans le même article est également cité un Centre d’Etudes juives qui se trouverait à Shanghai. Cela tombe à pic, c’est justement là où je me rends. Sans me faire annoncer, j’arrive au Centre, et rencontre une joyeuse bande de jeunes universitaires, dont Wang Zhen, Assistant professeur, Deputy Secr-General du Centre d’Etudes juives.
Ayant quelque peu préparé ma visite, je lui offre mes bouquins, dont l’Essai de géopolitique biblique « Ismaël et ses frères » et lui fais part de mes recherches sur une meilleure compréhension de l’Actualité grâce aux Textes fondateurs, dont bien évidemment le Talmud, puisqu’il semble être très à la mode en Chine. Malheureusement, mon site de géopolitique biblique est censuré en Chine – on se demande bien pourquoi – et mes livres sont en français, langue que seuls maîtrisent quelques universitaires. Wang Zhen semble néanmoins intéressé et promet de le faire lire par qui de droit.
Je fais également connaissance d’une jeune universitaire chinoise qui se dit appeler Ayelet, et avec qui, à ma grande stupéfaction, j’échange quelques phrases en hébreu. Elle me tend sa carte sur laquelle elle rajoute son prénom; en hébreu

Le centre a pour vocation d’éditer des recherches sur les Juifs en Chine et ailleurs, et Wang me remet avec fierté leur dernier ouvrage, sur ….. les Juifs en Amerique. Pourquoi pas?
Je lui parle des ouvrages talmudo-business, qu’il sort de sa bibliothèque et me montre. Il n’est pas un chaud partisan de ce genre de littérature, qui à son sens, est susceptible de provoquer de l’antisémitisme, surfant sur le prototype du juif au nez crochu, avide d’argent, et qui de plus, sont signés et édités par des pseudonymes. Nous nous mettons d’accord sur le fait que le Talmud disserte d’avantage sur l’éthique du commerce que sur les moyen de s’enrichir. De plus, en universitaire sérieux, il ne peut cautionner des ouvrages de vulgarisation à des fins bassement matérielles
Lorsque je leur fais savoir que ma fille qui travaille à Shanghai est parfaitement hébraïsante, la jeune Ayelet est emballée et note son numéro de téléphone. Echange cours d’hébreu contre cours de Chinois; tout le monde est gagnant.
je suis honoré de signer leur Livre d’or et nous nous quittons sur « we’ll keep in touch ». La balle est désormais dans le camp de Sarah qui devra me servir d’agent littéraire en Chine. On peut toujours rêver.

De retour en France, je découvre dans Haaretz, un article sur une délégation chinoise qui s’est rendue en Israël à l’Institut Schechterpour tenter de comprendre comment les juifs se débrouillent pour fabriquer des enfants aussi intelligents. Pourquoi diantre les détromperions-nous ?

Pour ce qui est de ma propre perception après un voyage de courte durée à Shanghai et à Hong Kong, j’en tire deux conclusions. Les Chinois ont deux objets de fascination: l’argent et leurs enfants. L’agent est rare et la réussite sociale ardue; quant à l’enfant, il est, dans la grande majorité des cas, unique, donc d’autant plus précieux. Ces fascinations pour le dieu Mamon (argent) et, leur progéniture, les apparente déjà largement au peuple élu.

Par ailleurs, comment les Chinois ne seraient-ils pas fascinés par un peuple, mille fois inferieur en nombre. Ils ne reculent pas devant la règle de trois: si, en plus de leur nombre, ils arrivaient à percer et à s’approprier le génie juif, the sky is the limit.

En outre, les Chinois partagent aussi avec Israël la même hantise de l’Islam. La province musulmane du Sinkiang les inquiète bien d’avantage que le Tibet.

Tout cela crée pas mal de similitudes et de convergences d’intérêt entre la Chine et Israël. En ces temps troubles, où les Islamistes sèment la panique et, où Obama joue à la perfection son rôle de carpette, la géopolitique biblique devra tourner son regard vers l’Est, pays du soleil levant.

J’oubliais; attablé à Shanghai dans un restau musulman – où l’on est au moins sur que la cuisine n’est pas faite avec de la graisse de cochon, je dégustais tranquillement ma soupe aux nouilles. J’engage la conversation avec un jeune musulman sympathique, originaire précisément du Sinkiang qui me dit avoir étudié en Egypte, et me propose sans détours de me convertir à l’Islam. Comme ça , me dit-il, nous serons frères. Je lui réponds que je réfléchirais, Inch Allah, à la question, mais qu’en attendant, on était tous des Bnei Adam (fils d’Adam). Parlant l’arabe, il m’a parfaitement compris. Comme quoi, même dans un boui boui chinois, l’hébreu ça sert toujours.

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 16:09

 

 

 

La photo : La marche des vivants

 


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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 06:06

 

 

Bann-H.Ouizemann.jpg

 

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SIONISME ET ACTUALITE : La révolution sioniste en marche

Par 'Haim OUIZEMANN

 Pour aschkel.info et lessakele.


Avec autorisation de l'auteur et du magazine Le Météor page 26

meteor decembre


 

 

 

 

«Le Sionisme n'est pas un parti politique. L'on peut y adhérer quelle que soit l'appartenance à un camp politique… Le Sionisme, c'est le peuple juif en marche»  (Benyamin Zeev Herzl- Premier Congrès sioniste - 1897)

Un consensus brisé ?

Barak Hussein Obama, Président des Etats-Unis, Catherine Ashton, vice-présidente de la Commission européenne et Ban Ki-Moon, Secrétaire des Nations-Unies, redoublent d'efforts afin de contraindre Benyamin Netanyahou à accepter la frontière artificielle de la ligne verte et entériner un état de fait faisant fi de toute considération historique, imposé, cependant, par les accords d'armistice de 1949.  Ces accords israélo-arabes, signés après la guerre d'Indépendance, ne constituent qu'une démarcation temporaire et non point des frontières définitives. Ainsi donc, les  Juifs devraient renoncer à leurs grands centres spirituels: Hébron, Sichem (Naplouse), mais surtout Jérusalem, capitale éternelle du peuple juif, la Vieille Ville revenant à l'Autorité palestinienne qui s'acharne à nier le caractère juif de l'Etat d'Israël. Au même moment, le mouvement sioniste estudiantin «Im Tirzou», dirigé par Ronen Shoval, a invité l'ensemble des députés du parti travailliste (Avodah), à s'associer à une proposition de loi qui préserverait à la fois l'héritage d'Its'hak Rabin (Zal) sur la question de Jérusalem, la Capitale unifiée et indivisible du peuple d'Israël et l'unité nationale du peuple d'Israël. La réponse ne s'est pas fait attendre. Le parti travailliste, par la voix de ses députés, a refusé d'y apposer sa signature, alors qu'I. Rabin aurait pu en être lui-même l'initiateur et le digne signataire. En effet, Its'hak Rabin, natif de Jérusalem, reconnut «l'éternité de Jérusalem comme capitale d'Israël» et ajouta que «Jérusalem  indivisible et unifiée fut et restera à jamais la capitale du peuple d'Israël sous souveraineté israélienne… Jérusalem n'est pas sujet à discussion» (Discours prononcé à la Knesset le 15 mai 1995). Le rêve de retour à Jérusalem, le cœur d'Eretz- Israël, chanté par le poète et philosophe Juda Halevi et déclamé dès la première strophe de la HaTikva (*1) ne serait-il plus qu'éphémère? Le consensus de Jérusalem comme entité indivisible n'est-il pas en voie d'imploser? La volonté tendant à satisfaire coûte que coûte les prétentions mensongères des Palestiniens pour des raisons d'étroite politique politicienne ne tend-t-elle point à ébranler l'idée sioniste et sa réalisation historique?

De Sion au Sionisme

Etre sioniste. Que recouvre l'idée sioniste aujourd'hui? Quelle importance revêt la présence juive en Eretz-Israël et comment l'appartenance à l'idéologie sioniste influe-t-elle sur l'identité juive? Comment revivifier le souffle sioniste qui animait tant les fondateurs de l'Etat hébreu dans une ère où il est de bon ton d'affirmer des thèses post-sionistes, en avançant un argument de taille: le souci de ne pas transformer un état sioniste incluant la Judée-Samarie (et la bande de Gaza) en un état à majorité palestinienne. 

Le sionisme est un mouvement d'émancipation nationale juif qui, s'épanouissant vers la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle dans le contexte de  l'émergence du principe du droit à l'autodétermination (*2) des peuples et de l'antisémitisme virulent sévissant en Europe occidentale (*3) et orientale (*4), prend son essor avec Théodore Herzl. Visionnaire moderne, celui-ci fonde les bases politiques du mouvement sioniste qui permettra en 1948, la naissance de l'Etat d'Israël, état juif et démocratique, entériné par les Nations. S'il est vrai que l'idéal porte l'homme, c'est Herzl qui, seul, portera l'idéal sioniste au faîte de son histoire. Là  sera sa grandeur et son génie.

Le sionisme, loin d'être un mouvement homogène et uni, se compose dès ses origines, de multiples courants idéologiques s'opposant âprement sur la juste stratégie à mener afin de libérer le peuple juif de la vindicte des Nations. Après la Seconde guerre mondiale et l'ineffable tragédie de la Shoah (*5), tous ces mouvements vont finalement ou bien disparaître ou bien se fondre au sein de la principale mouvance politique dominée par Herzl. Moïse, vecteur de l'injonction divine: «Laisse partir mon peuple» (Ex. 10, 3)trouve un nouvel écho en la personne de Herzl.

Le sionisme politique: une révolution pacifique

Ce sionisme ne cesse d'être en marche, une marche inexorable.  En quoi constitue-il une révolution à l'époque de Herzl et même jusqu'au jour d'aujourd'hui? Il s'agit bien d'une révolution car les religieux Juifs orthodoxes et les Juifs de l'Emancipation considèrent ce mouvement comme susceptible de menacer et de bouleverser leur vision du monde. En effet, ceux-ci ne vont point saisir le lien naturel et la continuité historique entre l'idée du Retour des Exilés promis par les prophètes d'Israël (Shivat Tsion: tradition du Judaïsme classique) et l'aspiration nationaliste exprimée par le sionisme. Cette crainte qui conduit au rejet du sionisme se fonde pour les premiers sur le principe selon lequel le Messie seul peut amorcer le retour sur la terre ancestrale, Messie toujours attendu, et pour les seconds, apparentés au mouvement de l'Emancipation et de la Réforme (la Haskalah), soucieux certes de préserver l'identité juive sous sa forme sécularisée, la légitimité d'une restauration politique nationale en Palestine constitue en soi un non-sens historique. La rédemption du peuple juif s'inscrit dans la reconnaissance des Nations en Diaspora, thèse que soutient alors le mouvement socialiste ouvrier du Bund.

Nombre de pionniers, à l'image de A.D Gordon, Yossef Haïm Brenner, Berl Katznelson, Ahad Ha'am (Asher Tzvi Ginsberg), David Ben Gourion (*6) vont voir dans la renaissance de la langue hébraïque et le respect de la tradition juive un élément majeur dans l'édification éthique, spirituelle et politique de l'Etat d'Israël en Eretz-Israël. S'opposant à Micha Josef Berdyczewski, partisan d'une totale coupure avec la tradition ancestrale, Berl Katznelson, socialiste et fervent sioniste déclare: «une génération aspirant à renouveler et à créer ne jette pas aux ordures l'héritage des générations… elle ressuscite l'antique tradition capable de vivifier l'âme de la génération en voie de renouvellement».

Cette révolution ne naît pas spontanément. Elle se fonde sur le génie, l'intuition et  l'esprit qui anime les prophètes d'Israël au cours de l'histoire nationale d'Israël et ne constitue pas en son essence le simple contre-point  de l'antisémitisme même si cela  va, amplement, y contribuer. Comment imaginer qu'un peuple, le peuple d'Israël, dispersé depuis 2000 ans, imprégné de toutes les cultures dans lesquelles il s'est baigné au hasard de son histoire, puisse recouvrer son indépendance nationale, sa langue propre et édifier un état souverain en 50 ans? (*7) Rares sont ceux qui vont croire en la réalisation de cette utopie. Cela, pourtant, n'entravera pas des hommes comme  Ben Gourion, le futur Premier ministre d'Israël, alors jeune pionnier (depuis 1904, Seconde Alyah) de croire à la continuité de la mission nationale et universelle d'Israël et d''œuvrer corps et âme afin que la révolution sioniste entamée par Herzl devienne réalité.

La naissance de l'état d'Israël: le rêve sioniste et sa réalisation

11 Mai 1942. Le leader de l'Agence juive, Ben Gourion, à la Conférence de Baltimore, conscient de l'émiettement et de la décadence de l'Empire britannique, déclare à la fois la nécessité de créer un «Commonwealth juif», autrement dit de poser les bases du futur «Etat juif souverain en Eretz-Israël» et invite ses voisins arabes à une collaboration fructueuse sur les plans économique, culturel et national. Le développement des pourparlers démontrent, si cela est encore nécessaire, l'inanité de cette dernière proposition. Ben Gourion se heurte, alors, à la critique non seulement de ses pairs de Ah'dout HaAvodah (dirigée par Isaac Tabenkin, représente le futur grand Mapai historique et l'actuel parti travailliste obsolescent) qui privilégiait la conquête physique de la terre d'Israël; mais aussi de la droite révisionniste (Jabotinsky) qui préférait le terme d'Etat à celui de communauté, redoutant une partition de la terre; et enfin, de la gauche radicale (Hashomer Hatsa'ir, l'actuel Meretz) partisan d'un Etat binational. Cette idée d'un état juif souverain n'est que justice rendue face à l'indignité et à l'avilissement des Juifs sous tous les régimes. En effet, si l'émancipation accorda en France l'égalité politique aux Juifs, celle-ci ne s'appliqua qu'aux individus et non à la nation juive. Clermont-Tonnerre proclame du haut de l'Assemblée nationale: «Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout leur accorder comme individus; il faut qu'ils ne fassent dans l'Etat ni un corps politique ni un ordre: il faut qu'ils soient individuellement citoyens». Si Herzl rêve d'octroyer aux Juifs un droit national qui ne peut s'épanouir ailleurs qu'en Eretz-Israël (*8), la mission pratique de sa réalisation en revient à Ben Gourion: «Etre sioniste, cela signifie lier son destin personnel à celui de Eretz-Israël, non point seulement son destin personnel mais aussi celui de sa propre famille et enfants. Seul celui qui vit, travaille en Eretz et y éduque ses fils et filles afin de bâtir et défendre Eretz-Israël est  vraiment sioniste».

Une raison d'espérer: la révolution spirituelle ou l'identité sioniste d'Israël

La nouvelle révolution ne réside pas dans le bouleversement radical du temps présent et l'oubli de notre histoire mais bien au contraire dans la force de regagner les consciences afin qu'elles saisissent que l'avenir d'une nation qui ne reposerait pas sur les leçons du passé est destiné à l'anéantissement.

Le terme «sionisme» inventé en 1893 par le Docteur Nathan Birnbaum (1864-1937) n'est que difficilement  adopté en hébreu. Il n'est prononcé pour la première fois par Herzl que lors du premier Congrès sioniste à Bâle (1897): «Le Sionisme c'est le peuple juif en marche». Cette phrase n'est pas sans rappeler l'injonction divine au Patriarche Abraham: «Marche pour toi» (Gen. 12, 1). Les pionniers socialistes du mouvement Bilou reprennent également cette vision de la marche d'un peuple souffrant mais confiant: «LeKhOU VeNeLKha» («Mettons-nous en Marche» Isaïe 2, 5). Dès cet instant, le mouvement Herzlien se démarque du mouvement 'Hibat Tsion (Les Amants de Sion) dont les membres, refusant la dimension politique, préfèrent poursuivre leur œuvre pratique d'implantation en Eretz-Israël.

A la lueur du message universel des prophètes d'Israël, le sionisme est destiné selon la vision Herzlienne, à devenir «un phare pour les Nations» et non point se limiter à un simple mouvement de libération nationale.

Les deux manifestes qui viennent de voir le jour, autant celui  de R. Shouval intitulé «Si vous le voulez» («Im Tirtzou») que celui de  Rohi Yarom de l'Institut de Stratégie sioniste «La Gauche sioniste» (*9) tentent de surmonter, comme réussira Herzl en son temps, les conflits idéologiques en révélant la nécessité de retourner aux racines de notre histoire sioniste (*10) et réconcilier la tradition juive au nationalisme sioniste en démontrant que leur rapport n'est en rien antinomique mais porteur d'espoir rédempteur. Israël ne pourra pas ad vitam eternam justifier sa présence à Jérusalem et en Judée-Samarie en s'appuyant essentiellement sur l'idée sécuritaire («Frontières de défense»). Elle se doit de rappeler fièrement que l'identité hébraïque et le maintien de l'indépendance nationale sont nécessairement liés à ces territoires où les pionniers d'aujourd'hui poursuivent courageusement l'œuvre de leurs prédécesseurs, n'en déplaise à la Gauche radicale. Ainsi Benyamin Netanyahou, aux diatribes révisionnistes de l'Unesco osant renier le lien historique entre le Tombeau des Patriarches à Hébron et le Tombeau de Rachel à Beit-Le'hem, déclare: «Il y a plus de 4000 ans que ce lien profond existe... Plus d'un milliard d'hommes connaissent ce lien inscrit dans le livre des livres, la Bible. Il n'est pas permis de déformer les faits historiques à des fins politiques». Ainsi la nouvelle proposition de loi de Ouri Ariel (I'houd Léoumi), signée par près d'une cinquantaine de députés tous appartenant à l'échiquier politique israélien (à l'exception du parti travailliste) a pour objectif de classer Jérusalem zone prioritaire nationale, afin d'accélérer le développement économique, éducatif, social, culturel et touristique de la Capitale d'Israël en vertu de «la loi de Jérusalem» (30-7-1980) et en préserver son caractère juif.

En 1966, l'année précédant la Guerre des Six Jours qui permet la réunification de Jérusalem, Shay Agnon déclare, devant la digne assemblée qui lui remet le prix Nobel de littérature: «Je suis né dans une des villes de Diaspora. Cependant, il m'a toujours et en tout temps semblé que j'étais natif de Jérusalem». Les gouvernements démocratiques, touchés de cécité historique, ne se montrent guère favorables à la cause sioniste. C'est pourquoi, Israël, seule parmi les nations, ne comptant que sur ses propres forces, doit agir dans le sens de l'esprit des premiers fondateurs. Toute révolution ne peut aboutir que si la vive détermination du peuple, uni dans la défense de son identité nationale, se fonde sur son inaliénable indépendance politique. Il n'est point de plus grande preuve que la présence d'Israël en Eretz-Israël. Chaque Juif se doit de proclamer haut et fort, à la manière du président Kennedy  en visite à Berlin: « Ani Yéroushalmi» («Je suis Hiérosolomytain»).

Haim Ouizemann  

 

(*1) «Nous n'avons pas encore perdu l'espoir, Espoir vieux de 2000 ans, D'être un peuple libre en notre pays, Le pays de Sion et Jérusalem».

(*2) Thomas Woodrow Wilson, Président des Etats-Unis, est l'initiateur du concept du droit à l'autodétermination («Les Quatorze Points», 1918).

(*3) L'antisémitisme éclate en Europe occidentale malgré l'émancipation accordée pour la première fois en Europe aux Juifs de France le 20 Septembre 1791.

(*4) En Europe  orientale, les pogroms de 1881 sévissant après l'assassinat d'Alexandre II et les lois antisémites de mai 1882 sous le règne du Tsar Alexandre III provoquent l'émigration massive de  près de 600 000 Juifs russes vers les Etats-Unis, préférant le Nouveau Monde à la Palestine. Au départ, une quinzaine de pionniers, étudiants socialistes du mouvement Bilou (acrostiche d'un verset emprunté à Isaïe 2, 5: «Maison de Jacob, allons, marchons (à la lumière de l'Eternel)»)- choisissent de monter en Eretz-Israël.  A la tête de ce mouvement, Israël Belkind et Devorah Sirout soutenus par Charles Netter, le fondateur de la première  ferme agricole «Miqwe Israël». Ils fondent Guedera en 1884. A cette date, il ne reste plus que 48 membres du mouvement qui disparaît en 1886, au moment où Léo Pinsker publie son livre «Auto-émancipation».

(*5) Le sionisme et la constitution de l'Etat d'Israël ne sont pas la conséquence directe de la Shoah mais son prolongement.

(*6) David ben Gourion est l'initiateur et membre du cercle d'études hébraïques et du concours biblique qui se déroule chaque année à Jérusalem.

(*7) 50 ans séparent  la réunion du premier  Congrès  sioniste (1897) du Plan de partage de 1947 où les Nations-Unies déclarent le principe d'un Etat juif.

(*8) Le projet Ouganda que l'on reproche à Herzl ne devait en aucun cas, selon lui, se substituer au projet initial du retour en Eretz-Israël, mais ne constituait qu'une étape transitoire-provisoire avant que les conditions idéales du grand Retour ne soient réunies. La faction russe au sixième Congrès sioniste (1903) s'oppose à cette interprétation et croit que l'Aliyah directe constitue la véritable réponse historique que rien ne saurait freiner. 

(*9) Paru sur le site Institut de stratégie sioniste («The Institute for  Zionist Strategies»).

(*10) Herzl lui-même confie dans son livre-manifeste «l'Etat juif» (1896) qu'il s'agit d'«une idée ancienne». Le Rav Yehouda Elkalay, le Rav Tzvi Kalisher et Moïse Hess furent les précurseurs du sionisme politique (unificateur idéologique  et reconnu par les Nations).

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 16:46

 

 

Le saviez-vous ? 5 décembre 1496. Expulsion des Juifs de Tarascon 1/2

 

Merci à cathare13

 

LES JUIFS EN PROVENCE AU MOYEN AGE

LIS JUDIÈU EN PROUVÈNÇO A L'AGE MÉJAN

1) Géographie et topographie

La présence attestée des juifs en PROVENCE est très ancienne :
- lampe à huile à l'effigie du chandelier à sept branches de la fin du 1er siècle
- documents narratifs de GRÉGOIRE de TOUR au 6ème siècle associés à des documents syriens venus du proche orient
- d'autres documents du 11ème -12ème siècle

Il s'agit donc d'un peuplement ancien ayant perduré mais finalement repéré au 11ème -12ème siècle dans les cités de la Basse Provence Rhodanienne
Ainsi, à AIX, il existe un cimetière appelé Le Puits Juif...
De plus, on retrouve très vite des traces de communautés actives et prospères du point de vue économique à ARLESTARASCON et MARSEILLE.

Cette présence est éclairée de deux manières :
- des documents d'archives (cartulaires )
- le récit de voyages d'un rabbin espagnol, BENJAMIN de TUDELA, qui note sur son chemin le nom des sages, la présence et le nombre de juifs.
Ainsi, on apprend qu'ARLES compte 200 chefs de familles juifs et qu'à MARSEILLE, on en dénombre 300.

La documentation d'archives nous éclaire sur des individus en relation avec les seigneurs, disposant de revenus importants qu'ils réinvestissent et qui fournissent teintures et denrées rares.
Cela va continuer ainsi pendant tout le 13ème siècle.

Cette population gagne peu à peu d'autres localités de Basse PROVENCE mais cette croissance n'est due qu'à l'expulsion des juifs du Royaume de FRANCE qui se réfugient en PROVENCE, plus tolérante.

Ces réfugiés s'intégrent au pays si bien qu'à partir de la fin du 13ème/début 14ème siècle, ils portent des prénoms joints aux noms du lieu qui deviennent héréditaires.


Cette croissance s'effectue de deux façons : d'abord par un renforcement de la communauté préexistante puis par une implantation dans de nouvelles localités sous forme de petits groupes.

Exemple : à GORDES en 1312, trois familles de juifs s'installent pour 10 ans renouvelable contre paiement.( connu gràce aux travaux de SHATZMILLER ) 
Il existe aussi d'autres documents sur les villes de MANOSQUE et SISTERON dont des registres du 14ème siècle où l'on trouve de nombreux juifs portant des noms de petites localités de la Vallée de la DURANCE.

Mais avant 1348, les peuplements juifs sont composés d'importantes communautés dans les grandes villes auxquelles s'ajoutent une multitude de très petites communautés (4 à 5 familles ). 
BLUMENKRANTS et IANCU ont établi une carte retraçant les recherches précises de sur les quartiers juifs en PROVENCE.
Cette carte ne tient pas compte des fluctuations de peuplement mais montre seulement les localités où des juifs ont résidé à un moment où à un autre.
On constate ainsi une dispersion du peuplement mais aussi des zones à plus fortes densités principalement en Basse PROVENCE Occidentale ( la plus ancienne localisation ), dans les Alpes du Sud et dans le Val de DURANCE.

Les juifs viennent principalement du Royaume de FRANCE où ils s'étaient déjà réfugié venant d'ANGLETERRE ce qui a fait dire à l'écrivain satyrique juif , KALONYMOS BEN KALONYMOS, quand il parle de la communauté de MANOSQUE , qu'il y a " trop de français ".

Cela n'a été modifié que par la peste noire de 1348 et ses conséquences: imprévue et impensable, il est difficile d'en rendre compte.

Les "savants" cherchent à trouver une cause rationnelle : La peste provient d'une " décomposition de l'air "!
Mais pour les "non-savant ", la peste est provoquée par la consommation de quelque chose d'empoisonné d'où la recherche de boucs émissaires lépreux ou surtout juifs : ce qui finit par provoquer des émeutes anti-juives...
Exemple de la Baume les Sisterons où un livre liturgique contenant des inscriptions en hébreux est sauvé des flammes en 1348

Grâce aux registres de perception de l'impôt sur les juifs mis en place au début du 14ème siècle, on apprend qu'après la peste, un grand nombre de sites sont abandonnés en faveur de regroupements dans des localités provençales.

 

Vers 1320-1330, la PROVENCE se divise en trois régions d'imposition :

 - la PARS AQUENSIS AIX )

 - la PARS RIPENSIS PROVENCE ORIENTALE )

 - la PARS ALPINAE ALPES du SUD ).

Après la peste, ce système sera modifié par la disparition de la PARS RIPENSIS puis par la suite il n'y aura plus que cinq villes (AIX, ARLESSALON, MARSEILLE et TARASCON ) qui paieront l'essentiel de l'impôt ainsi que quelques "castra" ( villages en fait petites villes ) comme DRAGUIGNAN ou MANOSQUE .

Puisqu'il s'agit alors d'une population essentiellement urbaine, elle va alors se regrouper dans un quartier voire dans une même rue ou "carriero"

 

d'où le nom commun désignant les rues en provençal ).

Cependant pour cette période, la concentration n'est encore ni exclusive ni obligatoire mais il existe déjà une attractivité naturelle de la communauté

 

même si des chrétiens logent dans la "rue des Juifs" ou des juifs logent en dehors.

Même si périodiquement, les autorités municipales sont prises d'une volonté de regrouper les juifs

 

et de les séparer des autres communautés avec toujours des exceptions locales.

En 1351, à AIX, la Reine JEANNE envoie une lettre aux autorités où elle s'indigne que des juifs habitent à côté de chrétiens. 
Ces autorités ordonnent une enquête pour savoir s'il est possible de regrouper les juifs dans un même quartier et font procéder à un recensement .

Mais la décision ne sera jamais suivie d'effets.

Il faut attendre 1470 pour que le processus d'enfermement progresse avec des poussées d'antisémitisme populaire allant jusqu'à des agressions physiques.
On en arrive alors à fermer les issues donnant hors de la rue et à mettre des chaînes à l'entrée de la rue : une "protection" que l'on fait payer cher aux juifs. 
Mais tout cela va finir par évoluer dans les formes d'un ghetto vers la fin du siècle.

Très structuré, le quartier juif comprend plusieurs parties : 
- la Schola Juderum, synagogue (lieu de prière) mais aussi centre d'enseignement, il s'agit d'une salle rectangulaire avec des ogives
- le Bain Rituel ( mikveh puis cabussador comtal ) où les femmes doivent se purifier chaque mois et où les fiancées se baignent avant leurs noces
- les Institutions liées aux exigences rituelles d'un point de vue alimentaire : 

 

 le four pour fabriquer la pain azyme, "coudoules" comtal à SALON mais ailleurs il s'agit du four seigneurial ce qui provoque parfois des problèmes comme à MANOSQUE où un juif est un jour poursuivi pour avoir tenté d'empoisonner le pain alors qu'il n'avait jeté qu'une bûche dans le feu pour obéir à sa loi .

 la boucherie où les animaux sont abattus selon les prescriptions rituelles mais avec la baisse de population dans la communauté, celle ci va disparaître pour être donnée en fermage à un chrétien !!!


2) Situation économique et sociale

On ne sait pas quel est le nombre exact de juifs à l'époque.

On pense qu'il s'agissait d'une minorité mais s'agissait il de 0,5 % ou de 25 % de la population ?

Une estimation sur l'ensemble du comté est impossible mais dans les grandes villes on peut penser qu'il y avait 10 % de juifs à ARLES au début du 14ème siècle
et 10 % à AIX au milieu du 14ème siècle .

L'ensemble de la population du comté baisse entre le milieu du 14ème siècle et le milieu du 15ème siècle mais cette diminution est plus importante pour les juifs.
Ainsi aux environs de 1440, les juifs ne sont plus que 7 % à AIX et moins de 10 % à ARLES.
Il s'agit donc de minorités importantes à l'intérieur des villes.

Quelles étaient leurs activités ?
La documentation laisse dans l'ombre un certains nombre d'activités notamment celles des habitants les plus pauvres.
En cherchant longuement dans les comptes des villes, on trouve cependant des manoeuvres sur les chantiers de construction des églises (!) ou de curage de fossés.

Au dessus de cela ce sont des artisans dans les métiers :

 

- du métal (armurier,...)

- du livre ( fabriquant de parchemin, relieur,...)

- du vêtement ( tailleur, juponnier,..)

- d'art ( monopole du corail à MARSEILLE )

Mais le volume de ces activités ont tendance à diminuer au courant du 15ème siècle.
Il s'agit aussi de commerçants comme

  

- des marchands, petits revendeurs locaux comme les boutiques chrétiennes vendant des draps et des toiles de qualités inférieures

- des collecteurs de produits d'exportation ( grains, laines, amandes ) pour la revente à des exportateurs par un système de l'achat sur pied avec versement d'arrhes et prix fixé

- des fripiers qui vendent des vêtements d'occasion provenant pour la plupart des prêts sur gage (garantie du débiteur )

- des courtiers très actifs dans les villes marchandes où ils servaient d'intermédiaires entre les vendeurs et les acheteurs et pouvaient parfois servir d'interprètes.


 
Enfin il s'agit aussi de chirurgiens et de médecins se différenciant en "surgicus", difficilement discernable du barbier, et en "medicus", qui a étudié dans les livres.
Les juifs sont très nombreux dans cette branche car ils ont été les intermédiaires entre les médecines arabe et occidentale mais ils ne pouvaient passer les examens en facultés de médecine ( du moins à l'université) même s'ils peuvent y étudier.
Étant très nombreux, ils sont souvent chargés de visiter les hôpitaux et sont, de plus, souvent les médecins de grands personnages de l'époque.

Par contre, il n'existe pas pour cette période de trace de juifs cultivant la terre ( même des vignes )...

A l'opposé, les juifs sont très actifs dans les activités de crédits et de prêts même si dans les actes notariaux, il s'agit de crédits gracieux , les intérêts ne sont pas mentionnés d'où une spécialisation des juifs puisque selon le Deutéronome, " les chrétiens ne peuvent prêter à crédit "...  (NDLR -????)
Mais il ne faut pas croire que seul les juifs prêtaient de l'argent :

 

Quand les chrétiens en prêtaient ( banquiers lombards par exemple), il s'agissait de sommes très importantes !

En fait, les juifs occupent une place prépondérante dans le petit crédit, quelques florins ou quelques sacs de grains, à court terme, 3 à 6 mois seulement. 
Donc la clientèle visée est essentiellement rurale ( campagnes environnantes ) ou modeste (petits artisans, paysans,..).
Quand il se produit une poussée de violence, elle met donc en avant les catégories les plus pauvres de la population et si les juifs sont la providence des temps difficiles, ils deviennent vite des boucs émissaires si le contexte est encore plus difficile.
En fait, cette activité n'est souvent pas le fait de spécialistes car tous prêtent à une plus ou moins grande échelle et sur la masse, arrivent à s'en sortir.

Pour ce qui est de leur fortune, elle dépend de leur activité économique dont on a une image grâce au cadastre des villes du bas du Rhône (ARLESTARASCON ) car les juifs y étaient assujettis à des impôts locaux. 
Car même si en tant que citoyens de ces cités, ils étaient bénéficiaires d'une multitude de franchises municipales, ils payaient tout de même des taxes.

Quand les cadastres sont établis, on remarque des caractéristiques propres à leur fortune :

- ils n'ont pas de terres

- ils possèdent quelques vignes (à cause de leurs rituels )

- leur fortune est souvent constituée par des immeubles mais aussi par du numéraire (capital ) et des marchandises (quand ces derniers sont estimés ).


Pour ce qui est du volume de leur contribution fiscale, on sait qu'à ARLES en 1437 les juifs représentent 7 à 8 % de la population mais seulement 4,5 % de l'ensemble des fortunes imposables de la ville.

Cependant leur richesse en numéraire et en marchandises est très certainement sous-estimée.

On peut aussi utiliser un autre moyen d'estimation : la dot donnée aux filles au moment de leur mariage qui est théoriquement proportionnelle à la fortune du père.

En comparaison à des familles chrétiennes, ils donnent en moyenne :

 - moins que les juristes

 - un petit peu moins que les marchands

 - comme les notaires

 - mais plus que les artisans.

 

 

3) Les relations entre les chrétiens et les juifs

Dans les statuts de la ville de SALON (fin du 13ème siècle), il est dit qu'on ne doit pas persécuter les juifs en mémoire de la passion du Christ

 

car ils sont les "restes de JÉRUSALEM".

SALON appartenait alors à la seigneurie de l'archevêque d'ARLES :
les juifs étant les témoins de la continuité de DIEU dans l'histoire,

leur existence découle donc de leur aveuglement devant le Christ et ils peuvent donc toujours être convertis.

Tout cela justifie qu'on les protège.

La vision ecclésiastique unie aux traditions juridiques à la fin de l'Empire Romain vont leur procurer une vie protégée et des statuts religieux reconnus ( mariage,... )

Ainsi du point de vue judiciaire, s'ils dépendent au civil du tribunal rabbinique, le tribunal public les jugera dans les affaires criminelles.
Il existe également des notaires rédigeant des actes de reconnaissance entre les deux parties car les juifs sont un groupe inclus à l'intérieur des pays chrétiens ayant ses propres lois et ses obligations rituelles reconnues.

Ce qui leur créé peu à peu un statut privilégié reconnu par des lois.

Mais ce statut possède aussi des points plus négatifs s'accentuant vers la fin du 13ème siècle . 
Au départ, il existe un "aveuglement" des juifs par rapport à la chrétienté alors qu'il s'agit d'un peuple ayant toujours eu une existence errante et "inférieure".
Mais courant 13ème, l'idée que les juifs sont dans une situation de servitude émerge peu à peu .
Ainsi le Roi de FRANCE les appelle "Nos Juifs" et les princes allemands, "Les serviteurs du Trésor" .

Les prédicateurs appliquent alors aux juifs l'idée de la Genèse: "Chasser la servante et son fils".


L'église est aussi très attentive à ce que les juifs soient maintenu dans un état d'infériorité : 

  

- la hauteur des synagogues sera toujours être inférieure à celle des églises

- les chrétiens ne devront jamais faire appel à des médecins juifs

- les juifs ne pourront jamais exercer d'offices publics ni avoir des serviteurs chrétiens (car cette position de supériorité pourrait amener des conversions au judaïsme !)

- juifs et chrétiens ne voisineront en aucun cas car c'est un risque de prosélytisme...


Mais en arrière plan, l'église se rend compte de la différence du niveau de conscience religieuse entre celle des juifs, importante et où la connaissance personelle des écritures est très développée, et celle des chrétiens, beaucoup plus faible.

On voit donc apparaître des recommandations de séparation des quartiers et de signes distinctifs comme une pièce de tissus ronde portée apparente sur le vêtement de couleur différente de celui ci ( rouelle ).

Cette réglementation sera reprise par les Comtes de PROVENCE dans des ordonnances : 

- rouelle

- interdiction de pratiquer aux médecins juifs

- séparation des habitats .....

On retrouvera cela dans le dernier texte du Comte de PROVENCE sur la ville de MARSEILLE où on trouve un article réclamant une redevance particulière sur les juifs ("les juifs nous appartiennent").

Mais c'est la seule mention de cette servitude.


Malgré toute ces dispositions, la situation change peu sur cette période :

 

- habitat : on procédera à une enquête à AIX mais il n'y aura pas de regroupement de population avant 1480
- médecins juifs : tous les chrétiens des plus riches aux plus pauvres y ont recours.

Par contre, l'exclusion des offices publics est beaucoup plus appliquée car si au 12ème siècle, il existe encore des administrateurs juifs, par la suite, ils disparaissent peu à peu (même s'il reste des perceptions de revenus jusqu'au 14ème siècle) et il n'en existe plus de trace au 15ème siècle. 
Cependant ces mesures d'exclusions ne concernent qu'une partie des offices, les ordonnances royales n'étant pas entièrement appliquées, on assiste, jusqu'à un certain point, à une intégration des juifs dans la société provençale et dans les villes où ils résident, ils acquièrent le statut de citoyen même s'il est le plus souvent incomplet.

Vers 1380, cela se manifeste aux termes de la guerre de succession amenant l'installation de la deuxième maison d'Anjou, la Reine Jeanne faisant de Louis d'Anjou son héritier par adoption, par de nombreux traités de paix dont les juifs font partie.

 
Cette citoyenneté se manifeste aussi par la réception des juifs par acte de citadinage ( plus de la moitié de leur biens dans la ville, obligation d'y résider, fidélité à la ville,...) d'où de nombreux privilèges sauf le gouvernement de la ville donc une citoyenneté incomplète...

Mais il existe également une forme d'intégration juridique car ils font appel aux notaires publics pour l'enregistrement de certains actes comme des actes commerciaux, des testaments ou des contrats de mariages tout en faisant tout de même référence à des actes hébraïques. Cependant du point de vue judiciaire, les registres des cours aussi bien civiles que criminelles font mention de causes qui pourraient passer devant le tribunal rabbinique.
Ainsi les sentences arbitrales rendues par des juifs peuvent être soit l'habillage du tribunal rabbinique soit le recours aux institutions chrétiennes.

D'un point de vue social, on observe aussi une tentative d'assimilation par :

  

- la langue: si la liturgie est en hébreu, les juifs parlent provençal au quotidien

- l'exercice du métier de courtier qui les obligent à s'immerger dans la société ambiante

- la possibilité aux archevêques d' "excommunier" les juifs d'une manière particulière en les séparant des chrétiens (ce qui nous est connu par des lettres type).

Cette dernière éventualité nous prouve bien que s'ils peuvent être séparé des chrétiens, les juifs étaient intégrés à eux à l'ordinaire.

La situation des juifs est beaucoup plu nuancée que semblent l'affirmer les ordonnances des comtes car s'il existe une intégration de fait impliquant une bonne harmonie avec les couches sociales supérieures à l'ordinaire, les relations avec les autres couches sociales, si elles sont bonnes en temps normal, se dégradent vite en temps de crise.

En fait, leur situation est à la fois privilégié et ordinairement paisible avec un changement en période de crise où l'agressivité des chrétiens prend le dessus :

- vers 1348

- de manière plus limitée vers 1430 de MANOSQUE à AIX.

Dans ce dernier cas, le seul agitateur condamné à être pendu est emmené par une émeute à la cathédrale Saint SAUVEUR en vertu du droit d'asile ce qui provoque la vengeance d'artisans "étrangers" sur le quartier juif où eurent lieu des pillages jusqu'à ce que les syndics interviennent !

Ce récit est corroboré par un registre de notaire et par écrit juif du 16ème siècle,La vallée des larmes.

Cependant, la situation va se dégrader au dernier quart du 15ème siècle car dans les procès verbaux des états de PROVENCE (assemblée réunie par le Comte pour obtenir des contributions "volontaires"), apparaissent des requêtes et des plaintes contre l'usure des juifs.

Tout ceci va provoquer des émeutes importantes dans différentes villes ( DIGNE en 1475, ARLES en 1484, MANOSQUE en 1495,...), où deux groupes de

vont jouer un rôle actif :

- les frères mineurs ( franciscains ), qui prennent parfois la tête du mouvement

- les "immigrés", saisonniers le plus souvent, venant des Alpes du Sud et du Piémont.

D'où des pillages et des massacres qui ne seront arrêtés et réprimés que par l'intervention du gouvernement communal.

Un des élément d'explication du passage à l'expulsion est l'inquiétude des autorités communales. 
Ainsi les juifs sont bannis d'ARLES en 1493 et de TARASCON en 1496 par des ordonnances d'expulsion pour cause de "désordres" dues à une volonté de rétablir l'ordre par l'élimination des victimes !!!!!

Le sommet de cette situation sera l'édit de CHARLES VIII de 1498 ordonnant le bannissement s'appliquant à l'ensemble du Comté mais qui ne fut pas appliqué.

LOUIS XII prendra la même ordonnance en 1500, la suspendra puis la reprendra à nouveau en précisant que seuls les juifs se convertissant pourront rester en PROVENCE ( les néophytes ) donc ils vont partir dans les états du Pape.

Cette expulsion s'explique par le contexte général d'une grande vague d'expulsions dans l'ensemble du Bassin Méditerranéen : ESPAGNE et pays sous la dépendance de l'ARAGON en 1492 etPORTUGAL en 1493 .

Mais la PROVENCE depuis 1480 appartient alors à la FRANCE où il n'y a plus de juifs depuis 1392....
D'un point de vue local, il y a un changement d'attitude des gouvernements urbains car à cause des troubles, ils voient alors plus d'inconvénients que d'avantages à la présence des juifs d'où une baisse du poids économique et un amenuisement des communautés juives dont les membres avaient fuis bien avant vers le Comtat Venaissin pour échapper à la fiscalité comtale devenue trop lourde.

Le rôle économique des juifs ne va plus apparaître comme indispensable alors.

 

I

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 04:41

 

 

23 Novembre 1956 - proclamation de l'expulsion des juifs d'Egypte

 

 

 

23 novembre 1956. Une des répercussions immédiates de la campagne de Suez est la publication, le 23 novembre 1956, d'une proclamation mentionnant que tous les Juifs sont des sionistes et des ennemis de l'État, et qu'ils seront bientôt expulsés.
Quelques 25 000 Juifs, soit à peu près la moitié de la communauté juive, quittent l'Égypte pour s'installer en Europe, aux États-Unis et en Amérique du Sud, mais un grand nombre émigre aussi en Israël, après avoir signé une déclaration mentionnant qu'ils quittent le pays volontairement et acceptent la confiscation de leurs avoirs. Un millier d'autres sont emprisonnés. 
Source : Wikipedia

Article associé 

>La destruction du Judaïsme en terre d'Islam 

http://www.justiceforjews.com/egypt.html

 

Par HannaL du groupe LE PEUPLE MONDE

 

Les Juifs ont vécu en Egypte depuis les temps bibliques, à la recherche d'un abri en Egypte, plus tard et cela pendant 150 ans (1805 à 1956), les Juifs d’Egypte ont été l’un des piliers du développement de l’Egypte, en contribuant au renforcement des finances égyptiennes, au développement du commerce, des industries, contribution aussi dans l’urbanisme (villes nouvelles), au niveau sportif également ( référence Landau, M. Jacob ; "The Jews in Nineteenth-Century Egypt" (Ben-Zvi Institute & The Hebrew University, Jerusalem – 1967) [Hebrew]. ) , La communauté juive égyptienne était à l'apogée de sa splendeur, et la Communauté juive la plus magnifique du Moyen-Orient. En 1897, il y avait plus de 25 000 Juifs en Egypte, la plupart d’entre eux vivaient au Caire et à Alexandrie. En 1937, la population juive avait atteint 63 500 âmes- et en 1948, 80 000 âmes voire plus suivant les sources.
En 1938 commença en Egypte les premières manifestations anti-juives d’avril à juin à Alexandrie, au Caire et Tanta, suite à la contributions des Juifs d’Egypte pour le Yishouv en Eretz Israël, des milliers de gens criaient "IDBAHU EL YAHUD" (mort aux Juifs)deux Juifs ont été tués à Tanta. ( référence Laskier page 69).

 Avec la montée du nationalisme égyptien et les efforts du mouvement sioniste pour créer une patrie juive en Israël, les activités anti-juives ont commencé pour de bon, et en 1945, des émeutes ont éclaté, 5 synagogues ont été incendiées3 à Alexandrie et 2 au Caire, le pillage et des dégradations des institutions juives ( Hôpitaux, écoles, foyers juifs…) avec son flot de nombreux blessés. (référence
 : Laskier page 87-88 et Bat Yeor page 113-114)

Après la promulgation de l’Etat d’Israël, entre le 15 mai et novembre 1948, des mesures répressives commencèrent de la part du gouvernement égyptien. Des bombes ont explosé dans le quartier juif, des agressions contre les Juifs ont eu lieu, tuant plus de 70 Juifs et en blessant près de 200. Le 17 juillet 1948, deux grands magasins juifs explosèrent ainsi que 500 autres petits magasins juifs au Caire, faisant de nombreux tués et blessés. (référence Laskier
 : page 133).

Au cours des mois, des émeutes ont entraîné le décès de nombreux Juifs. 2000 Juifs furent arrêtés et emprisonnés pendant 18 mois sans aucun jugement. La plupart d’entre eux furent expulsés, laissant derrière eux tous leurs biens. Etre sioniste ou soupçonné l’être était devenu un crime en Egypte. Une vague de terreur s’installa, persécutions, discriminations, violations des droits de l’homme, spoliations des propriétés juives. Accusant les propriétaires juifs de fraude fiscale, l’autorité égyptienne leur confisquait leurs entreprises. Le ministère du Travail égyptien exigea que 75 % des personnes employées par les entreprises égyptiennes devaient être égyptiennes, les Juifs ne furent pas acceptés par le ministère du Travail comme faisant partis de cette catégorie de travailleurs. La proclamation n° 23 du 25 mai 1948, stipulait, que les Juifs ne pouvaient pas quitter le pays, même ceux qui détenaient un passeport étranger, les Juifs devinrent les pions du régime. Les Juifs n’ont pas été acceptés dans les universités égyptiennes.

En 1956, eut lieu une expulsion massive orchestrée par le gouvernement égyptien en utilisant la campagne du Sinaï comme prétexte pour dire à 25 000 Juifs égyptiens de quitter le pays, en leur confisquant leurs biens. Cette expulsion incluant également les Juifs de nationalité française, britannique, italienne, grec, ne les autorisant seulement qu’à prendre une valise et 20 dollars . Ils ont été forcés à signer des déclarations stipulant qu’ils donnaient leur propriété au gouvernement égyptien, et il fût apposé sur leurs passeports la mention "GO WITH NO RETURN" (départ sans retour).

Environ plus de 1000 Juifs furent envoyés en prisons ou dans des camps de détention, et des milliers de familles ont été assignées à résidences, jusqu’à leurs expulsions.
L’Egypte fût le seul pays arabe, qui a emprisonné massivement (jusqu’à trois ans de détention ) les Juifs, et les a expulsés massivement, cela jusqu'à ce qu’un "nettoyage ethnique" eu lieu.

En 1957, la population juive d’Egypte était tombée à 15 000 âmes. En 1967, après la guerre des Six Jours, une nouvelle vague de persécutions, et d’emprisonnements de tous les hommes Juifs de 16 à 60 ans repris, les emprisonnant pendant trois ans et les  torturant. La communauté juive tomba à 2 500 âmes. En 1970, les Juifs qui étaient restés furent soit emprisonnés soit autorisés à quitter le pays. Aujourd’hui seules des femmes veuves ou mariées à des non-juifs subsistent au Caire et à Alexandrie et un seul homme juif à Alexandrie.

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 20:08

 

 

 

Document >Juifs d'Aquitaine et de France le tournant

 

 

17 novembre 1787. Louis XVI commande à Malesherbes un rapport sur la situation des Juifs de France en vue d’améliorer leur situation.

Malesherbes vient alors d’achever la législation sur les calvinistes et Louis XVI aura pour lui ce mot : 
« M. de Malesherbes, vous vous êtes déjà fait protestant. Maintenant, je veux que vous vous fassiez juif. Je vous demande de vous occuper d'eux. » 
Malesherbes réunira une commission de juristes et consultera les juifs alsaciens et portugais. Cerf Berr représente les communautés d'Alsace. Lopes Dubec et Furtado représentent les Juifs Portugais du Sud de la France. Malesherbes leur soumet des questions destinées à orienter ses conclusions. Le questionnaire de Malesherbes fait une grande place à l’intégration proffessionelle des Juifs en France. Pour les Juifs, il offre une double possibilité : expliquer l’origine de la situation particulière des Juifs en France, notamment professionnelle, et celle d’exprimer des revendications claires sur leurs droits. La réponse des portugais sur l’absence de Juifs dans l’agriculture en France est instructrice sur l’un des mobiles de leur orientation professionelle dans l’Europe chrétienne : « Les Juifs furent « agricoles » en France tant qu'ils crurent qu'on respecterait leurs propriétés ; mais ils furent souvent désabusés de cette espérance. Les persécutions de toute espèce, les expulsions et les confiscations qu'ils éprouvèrent, en les rendant défiants, les détournèrent insensiblement de l'agriculture et leur firent perdre le goût d'une occupation qui plus que toute autre, demande un état permanent. On pourrait appliquer ici aux Juifs une réflexion bien judicieuse de l'illustre auteur des deux mémoires sur les Protestants ; il observe au Roi, que le citoyen qui ne s'occupe pas de lui seul et qui pense à sa famille doit craindre pour ses enfants et ses petits-enfants, que les successeurs du Roi n'aient pas la même façon de penser que lui, surtout dans une matière où on croit la religion intéressée et où les Ministres de la religion catholique ont quelquefois abusé de l'empire que leur donne leur caractère sur un roi pieux. »

La convocation des Etats généraux mettra un terme au travail entrepris et l’égalité des droits aux Juifs sera octroyée par la révolution et non par le roi.

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 15:04

 

 

 

 

Interview de David G. Littman et de Paul B. Fenton sur « L’exil au Maghreb, la condition juive sous l’islam 1148-1912 »

http://veroniquechemla.blogspot.com/2010/11/interview-de-david-g-littman-et-de-paul.html


Le 9 novembre 2010, sera publié le livre « L’exil au Maghreb, la condition juive sous l’islam 1148-1912 » de Paul B. Fenton et David G. Littman aux Presses universitaires de Paris Sorbonne. Cet ouvrage majeur présente une anthologie chronologique de récits de témoins oculaires en Algérie et au Maroc. Puis, par une sélection d’archives du Quai d’Orsay, du Foreign Office, de l’Alliance israélite universelle(AIU) et de son homologue britannique l’Anglo-Jewish Association, il décrit les efforts diplomatiques déployés en faveur des Juifs maltraités au Maghreb. Il démythifie la « tolérance interconfessionnelle égalitaire et harmonieuse sous l’islam incarnée par al-Andalous ».


Comment est né ce livre ?
David G. Littman : Je me suis intéressé au destin des Juifs du Maghreb lors d’une mission humanitaire au Maroc en 1961 pour amener des enfants Juifs clandestinement en Israël (« Opération Mural »).
Dès 1969, j’ai effectué des recherches sur leur histoire et celle des Juifs d’Orient, au quai d’Orsay, puis à la bibliothèque de l’Alliance Israélite Universelle (AIU) où ces archives étaient alors peu explorées. J’y ai découvert les fragments d’une mémoire collective faite de persécutions, de brimades et d’humiliations, dont la période coloniale et l’exode dès 1948 avaient presque effacé le souvenir.
J’ai confronté ces témoignages avec les rapports de l’homologue britannique de l’Alliance, l’Anglo-Jewish Association (AJA), et les documents du Foreign Office (FO) à Londres.
Les archives de l’AIU ont constitué une source incontournable : elles éclairent de l’intérieur la condition abjecte de la grande majorité des Juifs du Maghreb, détruisant des mythes.
En 1972, j’ai discuté à Jérusalem avec deux historiens éminents du judaïsme oriental, Shlomo Dov Goitein et Hayyim Zeev Hirschberg. Le premier m’a vivement encouragé à poursuivre mes recherches originelles et le professeur Hirschberg m’a proposé de me concentrer sur le Maroc et de collaborer à l’ouvrage qu’il écrivait sur l’histoire des Juifs du Maghreb.
Afin d’assurer une vision équilibrée, Hirschberg a proposé de compléter la documentation de l’AIU avec des récits de voyageurs non-Juifs du XIXe siècle et des siècles précédents.
Par son intermédiaire, j’ai rencontré en 1975 un doctorant, Paul B. Fenton qui avait visité des communautés juives en voie d’extinction au Maroc et m’a communiqué des sources hébraïques et arabes.
Malheureusement, le professeur Hirschberg est mort en janvier 1976 – six mois après une longue période de travail en commun chez moi – sans avoir achevé l’ouvrage projeté.
J’ai décidé de poursuivre ce thème d’étude que j’ai évoqué dans plusieurs articles et une monographie (1985) sur la mission au Maroc en 1863-1864 de Sir Moses Montefiore.
A partir de 1986, mes obligations de représentant d’organisations non gouvernementales (ONG) à la Commission des droits de l’homme aux Nations unies à Genève et ma collaboration à d’autres travaux historiques m’ont éloigné de ce projet.
Beaucoup plus tard, je l’ai repris avec mon ami devenu professeur, Paul B. Fenton.
C’est donc le fruit d’un labeur entamé il y a 40 ans que nous présentons dans notre livre.
Quelles sont les originalités de ce livre ?
Paul B. Fenton : Fruit de longues années de recherche, c'est la première tentative de cerner la réalité historique de la condition sociale et juridique des Juifs en Algérie et au Maroc sous l'islam, depuis le haut Moyen-âge jusqu'à l'époque de la colonisation.
L'originalité du livre tient surtout à la richesse de ses sources documentaires. A ce jour, aucun autre livre n’a fourni un corpus aussi considérable et varié de textes juridiques, littéraires et historiques, souvent extraits d'éditions rares ou inédites, car provenant d'archives.
Voyageurs, aventuriers, diplomates, médecins, juristes, chroniqueurs et enseignants - Juifs, chrétiens et musulmans - y sont mis à contribution dans une vaste anthologie qui fournit aux lecteurs et chercheurs les sources premières, et, pour certaines, traduites en français pour la première fois, entre autres, de l'anglais, de l'allemand, de langues scandinaves, de l'arabe, de l'espagnol, de l'hébreu et du hollandais.
Chaque document est présenté et commenté de façon à mettre en évidence la singularité de son témoignage.
Le tout est accompagné d'une riche iconographie de documents historiques, de gravures artistiques et de photographies journalistiques, souvent méconnus.
Comment vous êtes vous répartis entre co-auteurs le travail ?
David G. Littman : J’avais réuni une immense documentation provenant de l’AIU et du Foreign Office, en plus des rapports de voyageurs dont certains étaient en français et d’autres que j’avais fait traduire dans cette langue. Paul B. Fenton a traduit et présenté des textes juridiques musulmans, des chroniques arabes et hébraïques et des textes judéo-arabes.
Nous avons approfondi la recherche des récits de voyageurs, et il a effectué un nouvel examen des dossiers de l’AIU relatifs au Maroc, avec une attention particulière pour les documents en hébreu qui y sont nombreux.
Nous avons ensemble choisi des illustrations.

Pourquoi ce titre qui se réfère à la galût ?
Paul B. Fenton : Les Juifs du Maghreb ont désigné leurs souffrances par ce terme : galût, mot hébreu qui signifie « exil » ou « captivité ».
David G. Littman : J’ai constaté lors de ma mission humanitaire en 1961 que les Juifs du Maroc cherchaient par tous les moyens à quitter leur pays natal pour retourner dans leur terre ancestrale.
Pourquoi avoir centré votre livre sur le Maroc et l’Algérie ? Ces deux pays sont-ils représentatifs de la condition juive au Maghreb ?

Paul B. Fenton : Depuis l’époque de l’expulsion des Juifs d’Espagne, le Maroc et l’Algérie comptaient la plus grande présence juive en « terre d’islam ». Ces deux pays ont été très tôt des pôles d’intérêt pour les Européens. On y trouve donc le plus grand nombre d’informations de sources juives, européennes et musulmanes, sur la condition des Juifs sous l’islam.
A la différence de l’Egypte et du Liban où il y avait des communautés chrétiennes importantes, les pays du Maghreb constituent un paradigme unique : du fait de la quasi-disparition des chrétiens, ils abritaient dès le XIIe siècle une population composée essentiellement de musulmans et d’une minorité juive.

Combien de Juifs vivaient au Maghreb durant la période étudiée ?
David G. Littman : Ce nombre a varié au fil des siècles, en fonction des vicissitudes subies par les Juifs ; il est difficile à évaluer.
Probablement moins de 50 000 Juifs ont survécu au Maghreb au Moyen-âge, mais à l’aube du XXe siècle ce nombre s’est élevé à plus de 200 000 âmes et en 1948 il a dépassé 400 000 âmes – et plus de 500 000 si l’on y inclut les Juifs de Tunisie.
De nombreux centres d’études rabbiniques se trouvaient au Maghreb. Quelle est la place du Maghreb dans le judaïsme et l’histoire des Juifs ?
Paul B. Fenton : Il faudrait un nouveau livre pour répondre à cette question.
Tahert en Algérie, mais surtout Fès au Maroc, étaient des foyers rayonnants de culture juive dès le Xe siècle lorsque leurs savants entretenaient une correspondance régulière avec les grandes yechivoth (académies talmudiques) de Babylonie.
Salomon b. Juda, Juif de Fès, est même devenu le recteur de l’académie de Jérusalem en Orient.
En Occident, le Maghreb a également fourni à l’Espagne des érudits comme le juriste Isaac al-Fasi (originaire en fait de Constantine) et le poète et grammairien Dunach b. Labrat, qui ont contribué aux débuts de l’essor de la culture judéo-andalouse.
Depuis, une chaîne continue d’éminents rabbins a traversé les siècles, dont la figure de proue fut sans doute au XVIIIe siècle R. Hayyim Ibn Attâr.
De plus, les rabbins de l’Algérie furent les premiers à répondre massivement à l’appel du sionisme spirituel au XIXe siècle et vinrent renforcer la présence juive en Eretz Israël.

Vous présentez 300 documents et 73 illustrations dans votre livre. Comment les avez-vous choisis ?
David G. Littman : Notre critère de choix était le sujet traité : les relations quotidiennes et traditionnelles entre Juifs et musulmans.
Votre première partie est constituée de 135 témoignages oculaires de voyageurs européens. Quelles sont vos sources ?
David G. Littman : Ces très nombreux récits proviennent d’origines diverses : française, anglaise, allemande, hollandaise, italienne et scandinave.
Leurs descriptions des humiliations obligatoirement infligées aux Juifs maghrébins concordent toutes. Elles les présentent dans toute leur rigueur dès le XIIe siècle.
Nous en reproduisons beaucoup d’exemples émanant de voyageurs, de diplomates, de médecins et d’esclaves pris par les corsaires barbaresques.
De nombreux voyageurs partageaient l’antijudaïsme de l’époque. Cependant, sous leur plume, on note un accent de compassion, voire de commisération face aux souffrances des Juifs. Prenons le cas du révérend Lancelot Addison qui résidait comme aumônier à Tanger (acquis par Charles II d’Angleterre) de 1662 à 1669. Il décrit la condition des Juifs comme « une autre forme d’esclavage » (doc. A 45). A la même période au Maroc, Germain Mouette écrit : « Il leur [Nda : les Juifs] est très rarement fait justice dans ce pays ». (doc. A 47)
Les documents qui émanent de témoins oculaires objectifs et de victimes donnent un reflet fidèle de la réalité maghrébine. Ils font entendre les voix du petit peuple.
Que répondriez-vous à ceux alléguant que vous auriez brossé un tableau à charge ? Y a-t-il des récits donnant une image différente de la condition juive au Maghreb et nuançant ce tableau sombre ?
David G. Littman : Nous avons publié des documents montrant que certaines autorités musulmanes pouvaient manifester une compréhension favorable aux Juifs à différentes époques. Sans la protection (« dhimma ») du sultan, le sort des Juifs aurait été encore pire.
La publication de ces centaines de témoignages, à forte charge émotive, ne vise pas un dessein polémique. Nous ne souhaitons pas attiser de vieilles rancunes ou freiner les tentatives de dialogue interreligieux.
Nous sommes persuadés – comme Bat Ye’or l’a affirmé dans ses écrits – que tout dialogue entre Juifs et musulmans qui ne reconnaîtrait pas la réalité historique de la dhimmitude, est condamné à s’enfermer dans des boniments infructueux et obérant un avenir fondé sur l’acceptation de l’altérité dans l’égalité.
Quant à l’allégation que nous aurions brossé « un tableau à charge », ces 720 pages démontrent la vacuité et l’inutilité de ce genre d’allégations polémiques et « politiques ».
Notre livre ne prétend pas être exhaustif, mais nous défions celui ou celle qui voudrait apporter une contradiction de réunir autant de textes qui montreraient que les Juifs ont vécu heureux et égaux aux musulmans au Maghreb durant la période étudiée.
Magna est veritas, et praevalebit / La vérité est puissante, et triomphera.

Au fil des siècles, quelles sont les lignes de continuité et les évolutions ?

Paul B. Fenton : Même si, lors de sa conquête de l’Afrique du Nord et d’autres régions, l’islam a épargné « les gens du Livre » (Juifs, chrétiens), tandis que les autres peuples conquis devaient embrasser la nouvelle religion ou être massacrés, la théologie et la législation musulmanes ont tout mis en œuvre pour contraindre les Juifs et les chrétiens à se convertir.
Les brimades physiques et économiques liées au statut du dhimmi ont fini par éroder les communautés chrétiennes au Maghreb. Des communautés chrétiennes jadis florissantes : le christianisme nord-africain préislamique avait donné un des pères de l’Eglise, St Augustin, mort à Hippone (aujourd’hui Annaba, Algérie).
Les communautés juives ont tenu bon, mais au prix d’immenses sacrifices. Leur histoire est ponctuée par une longue série de massacres, de persécutions et de conversions forcées, dont le paroxysme est marqué par leur extermination à l’époque des Almohades (1147-1269) et par l’activité anti-judaïque du théologien Abd al-Karîm al-Maghîlî (vers 1493) de Tlemçen dont les prédications haineuses peuvent être comparées à l’œuvre de Luther.
Les écrits de ce théologien musulman feront parties des premiers textes imprimés au Maroc au XIXe siècle et il restera une référence jusqu’à la colonisation.
J’ajouterais que les débuts de la colonisation française, tant en Algérie qu’au Maroc, ont correspondu à des périodes de grandes souffrances pour les Juifs, boucs-émissaires traditionnels de la frustration musulmane.
Le décret Crémieux de 1870, qui a octroyé la nationalité française aux Juifs nés en Algérie, les soustrayant ainsi à leur statut dhimmi, a provoqué une recrudescence considérable de l’antisémitisme arabe en Algérie.
Si les Juifs ont pu se maintenir au Maghreb, c’est grâce à « la raison d’Etat » qui reconnaissait dans leur industrie commerciale et leurs habiletés intellectuelles et artistiques une source d’exploitation utile.
C’est cette double prospérité, spirituelle et économique, maintes fois pillée par leurs concitoyens musulmans, qui leur donna la force de survivre.

L’idée dominante, y compris dans des manuels scolaires français d’histoire, est celle d’une coexistence interreligieuse heureuse et égalitaire sous l’islam. Votre livre dépeint une image sombre et bouleversante de la condition juive sous l’islam : celle de la dhimmitude faite de souffrances, d’humiliations, de massacres, de conversions forcées, de viols, de pillages, émaillée d’accusations de crimes rituels, etc. Pourquoi ce contraste ? Y a-t-il eu des périodes de tolérance ou des amitiés entre Juifs et musulmans ?
Paul B. Fenton : D’aucuns veulent nous faire croire que l’expérience juive au Maghreb était d’une sérénité idyllique que seul l’avènement du sionisme au XXe siècle est venu troubler.
Les témoignages rassemblés dans notre livre, émanant de sources juives et non juives, sont accablants : ils révèlent une succession ininterrompue de souffrances à travers les siècles.
Il faut en finir une fois pour toutes avec le mythe de l’« Age d’or ». Il n’y a jamais eu une coexistence interreligieuse heureuse et égalitaire sous l’islam.
Ce n’est que sous les protectorats français et espagnol que le judaïsme maghrébin a connu une ère de répit et de bonheur. «L’invité ne se rappelle que de la dernière nuit », dit le dicton judéo-arabe. Ce sont les souvenirs de cette période prospère qui ont faussé notre vision historique.
Cependant, la mémoire juive collective a manifesté toute sa clairvoyance au lendemain de la décolonisation, sinon on ne comprend pas pourquoi le judaïsme nord-africain a choisi, dans sa quasi-totalité, de quitter sa patrie ancestrale.
Cela n’empêche pas qu’il y eut, sur le plan individuel, des fortes amitiés entre Juifs et musulmans, tant qu’elles n’étaient pas troublées par l’hostilité collective.
Votre seconde partie est constituée des archives de l’AIU et des diplomaties française et britannique. L’AIU a été fondée en 1860 par six juifs français qui ont exprimé dans leur Appel leur pensée conjuguant le judaïsme et des idées de la révolution de 1789 : égalité des droits, liberté, etc. Ces fondateurs ont combattu pour toutes les minorités religieuses persécutées, en particulier pour les Juifs au Maroc, les chrétiens au Liban, les protestants en Espagne. Ils ont accordé un intérêt prioritaire à l’accès à l’éducation et à la culture françaises en vue de l’émancipation et la « régénération » des Juifs, afin que ceux-ci deviennent des citoyens modernes, dans le monde entier. Que révèlent les archives de l’AIU ?

David G. Littman : Les premiers documents remontent aux débuts de la pénétration de l’AIU au Maroc avec la fondation de la première école juive à Tétouan fin 1862.
En 1863, Adolphe Crémieux est devenu président de l’AIU.
Des centaines de lettres confirment indiscutablement les récits de voyageurs européens à l’âge du libéralisme et de l’émancipation.
Dans leur grande majorité, ces documents décrivent la situation avilissante et vulnérable des Juifs dans les pays du Maghreb et les humiliations qu’ils subissaient. La précarité de leur situation s’aggravait dans certaines régions plutôt que d’autres.
Ces textes révèlent le courage extraordinaire des représentants de l’AIU qui s’efforcèrent de protéger les populations locales et, avec abnégation, défendirent des causes humanitaires face aux multiples périls, agressions et injustices dont souffraient quotidiennement leurs coreligionnaires.
Les archives de l’AIU fournissent des documents historiques de première importance relatifs à des événements qui ont été complètement oubliés par des chroniqueurs, tels le massacre des Juifs de Casablanca et de Settat en 1907 – une cinquantaine de Juifs furent tués, des centaines blessés, femmes et filles subirent les pires outrages, des Juifs enlevés ont été ensuite vendus – et le pogrom de Fès en 1912 au cours duquel plus de soixante israélites sont morts, une cinquantaine furent blessés, le tiers du mellah a été livré aux flammes, le quartier Juif entièrement mis à sac, une population juive de 10 000 âmes réduite à 8 000 par l’exode et survivant par la charité.
Ce pogrom de Fès a marqué profondément la mémoire collective du judaïsme marocain et constitue l’un des facteurs majeurs de l’exode massif des Juifs marocains au lendemain de l’indépendance de leur pays ancestral en 1948.
Dans ces archives de l’AIU, on relève aussi des récits captivants de portée plus générale, décrivant, entre autres, des événements publics, des coutumes locales, des faits folkloriques, des superstitions.
Grâce à ces documents, on peut dresser un tableau comparatif de la condition juive dans diverses régions du Maghreb de cette époque, ainsi que des réactions des individus et de la collectivité juive.
La documentation de l’AIU relative au Maroc est probablement la plus complète. Elle reflète les multiples aspects de l’existence juive au Maroc dans les domaines sociaux, culturels et éducatifs que d’autres auteurs ont décrits plus en détail.
Les lettres provenant de ces archives, publiées pour la plupart pour la première fois dans notre livre, ont été sélectionnées en fonction de la lumière qu’elles projettent sur les relations judéo-arabes au Maroc. Elles illustrent l’état d’humiliation perpétuelle, d’hostilité latente et, à l’occasion, de violence physique qui fut le lot presque quotidien des masses juives au Maroc jusqu’à l’orée de la Première Guerre mondiale.
Quel est le rôle des Juifs français et britanniques, notamment de Sir Moses Montefiore, à l’égard de leurs coreligionnaires au Maroc et en Algérie ?
David G. Littman : Je donnerai quelques exemples sur le Maroc, une situation bien différente de celle des Juifs en Algérie après la conquête française (1830).
En cette période de grandeur impériale, certains milieux de la noblesse et du clergé en Angleterre étaient animés par des aspirations messianiques. Mûs par l’humanisme de cette époque libérale, les Juifs y étaient reconnus comme héritiers d'un passé glorieux, digne de sympathie et d’intérêt, notamment là où l'Angleterre avait des préoccupations politiques et stratégiques. En 1837, la jeune reine Victoria a anobli Moses Montefiore, apparenté à la famille Rothschild.
A Londres, le Board of Deputies – organisation représentant les Juifs britanniques -, sous la présidence de Sir Moses, avait établi un comité de secours aux Juifs du Maroc pour assister ceux de Tétouan et de Tanger réfugiés à Gibraltar et à Algésiras durant la guerre hispano-marocaine (1860). Il en est résulté la première école de l’AIU à Tétouan fin 1862 avec, à ses débuts, un effectif de plus de 100 élèves sous la protection conjointe des Français et des Anglais.
Grâce à son étroite collaboration avec Lord Palmerston, Premier ministre, et au dynamique Earl Russell, ministre des Affaires étrangères, Sir Moses Montefiore avait rempli des missions à l'étranger en faveur de ses coreligionnaires. L’Angleterre le soutint par une aide diplomatique lorsqu’il décida de partir au Maroc dès que furent connues ce qu’on appelait les « atrocités marocaines » mettant en cause l'Espagne catholique. En fait, « l’affaire de Safi » en 1863 a concerné la mort subite du consul espagnol et l’accusation par le sous-consul que le domestique Juif du consul avait empoissonné ce diplomate avec la complicité d’autres Juifs. Espérant améliorer leur situation misérable et libérer les Juifs injustement incarcérés, Montefiore, octogénaire, a entrepris une mission humanitaire au Maroc où il avait aussi de proches parents.
La plupart des lettres provenant du Maroc se terminent par un appel lancé aux gouvernements britannique et français pour «soulager les Juifs du Maroc de l'oppression des autorités maures». Des supplications furent offertes dans toutes les synagogues, et le 17 novembre 1863 Sir Moses quitta Douvres.
Ayant rencontré le Premier ministre à Madrid, Montefiore et sa suite furent reçus cérémonieusement par le gouverneur britannique à Gibraltar et par la communauté juive, ainsi que par les Juifs réfugiés du Maroc. Puis ils traversèrent le détroit de Gibraltar sur un navire dépêché par l’Amirauté jusqu’à Mogador.
Le 1er février 1864, Montefiore fut accueilli à Marrakech par le sultan lors d’une cérémonie fastueuse.
Le 5 février 1864, Sir Moses a reçu un dâhir (édit impérial) destiné à « rendre justice aux Juifs », c’est-à-dire la justice islamique selon la sharîa.
A son retour, il en fit part à la reine d’Espagne, à l’empereur Napoléon III et à la reine Victoria quand il les rencontra. Il donna à chacun de ces souverains un exemplaire de ce dâhir qui a été loué chaleureusement par la Chambre des Communes.
L’accumulation des doléances après sa mission au Maroc indique, paradoxalement, que ce dâhir provoqua l'effet contraire de celui recherché. Comme le fit remarquer dans son rapport (AIU, 1876) l'orientaliste français Joseph Halévy, ce dâhir fut rédigé en des termes trop vagues pour qu'il pût avoir une valeur pratique quelconque.
Un autre dâhir (« une mise au point ») l’a suivi selon le chroniqueur de la cour, al Nasiri, annulant le premier qui «présentait simplement un clair énoncé de la loi religieuse, pilier du pacte de protection », c’est-à-dire la dhimma.
En 1950, André Chouraqui écrivait : « Bien que leur situation se soit améliorée progressivement depuis l’établissement du protectorat français [Nda : 1912], les Juifs sont encore politiquement des dhimmis » (La condition juive de l’israélite marocain, préface de René Cassin).
Votre iconographie remarquable de 73 illustrations, dont dix en couleurs - cartes, tableaux (Delacroix, Dehodencq), photos –, revêt plusieurs dimensions : historique, géographique, artistique, sociologique, religieuse… On a l’impression qu’elle a longtemps été méconnue, voire en partie ignorée…
 

Paul B. Fenton : Les illustrations ont été sélectionnées surtout en fonction de la lumière qu’elles jettent sur les relations judéo-musulmanes. Il serait trop long de détailler chaque illustration.
Un exemple : la gravure de Césare Biseo des Têtes de rebelles marocains suspendues aux portes de la ville de Fès, publiée par Edmondo De Amicis, dans son superbe ouvrage sur Le Maroc.
De Amicis explique que les têtes de rebelles étaient apportées et présentées au sultan.
« Après quoi les soldats impériaux prennent aux cheveux le premier Juif qu’ils rencontrent, le forcent à vider la cervelle et à remplir le crâne d’étoupe et de sel. On suspend ces têtes à une des portes de la ville ».
Cette corvée ignoble, qui faisait partie des mesures vexatoires à l’encontre des Juifs, leur était dévolue depuis des siècles. Il est vraisemblable qu’elle est à l’origine du terme même qui désignait le quartier Juif au Maroc, le mellâh, « lieu de salaison » !
Pour illustrer un aspect des nombreuses humiliations subies par les Juifs en Algérie, Honoré Fisquet montre dans son Histoire de l’Algérie (1842), peu après la conquête française, dans un croquis dessiné sur le vif un gamin qui saute sur le dos d’un vieux rabbin pour jeter son chapeau dans la fange sans que sa victime ose le réprimander pour son impudence.

Comment le Maroc et l’Algérie présentent-ils les Juifs dans leur histoire nationale ?
Paul B. Fenton : L’immense contribution des Juifs à l’économie et à la culture de l’Algérie et du Maroc a été longtemps ignorée, voire effacée par les autorités publiques.
Rappelons que la ministre de la culture Khalida Toumi, dans un entretien à un journal arabophone As-Shourouk, en février 2009, a parlé de « déjudaïser la culture algérienne ». Sait-elle seulement que, grâce à leur importation de blé en Algérie les Juifs ont maintes fois sauvé les populations musulmanes de la famine aux XVIIIe et XIXe siècles ?
Au Maroc aussi, on déjudaïse. Les noms Juifs de ruelles des mellahs, vidées de leurs Juifs, ont été islamisés. Rien ne figure dans les manuels scolaires sur la présence deux fois millénaire de ces Juifs qui étaient là avant l’arrivée des Arabes. De nombreux jeunes ignorent jusqu’à l’existence passée des Juifs dans leur pays.
S’il est vrai que l’on a inauguré en 1997 à Casablanca un musée du judaïsme marocain, le seul musée Juif dans tout l’espace arabo-musulman, ce fut une initiative du Conseil des communautés israélites du Maroc et non d’un organisme arabe.
Cependant, on assiste timidement, surtout au Maroc où l’hébreu est enseigné dans plusieurs universités, à l’éclosion d’un certain intérêt pour l’histoire des Juifs du pays. Quand on commence à gratter les archives commerciales, juridiques et sociales, le fait est inévitable.
Mais beaucoup de ces études sont encore empreintes des clichés et de parti pris anti-Juifs.
Ceux-ci défigurent même les pages d’un grand universitaire marocain qui eut le mérite de susciter l’intérêt pour l’histoire des Juifs du Maroc. Malheureusement, quand on lit de près ce qu’il écrit, on y discerne une tendance « révisionniste » qui passe sous silence les pages ensanglantées et minimalise constamment les souffrances, en suggérant souvent que ce sont les Juifs eux-mêmes qui les ont provoquées !


Paul B. Fenton est professeur de langue et de littérature hébraïques de l’Université Paris-Sorbonne. Il est spécialiste de la civilisation juive en « terre d’islam ». 

David G. Littman est licencié en histoire moderne et sciences politiques de Trinity College Dublin. Il a publié de nombreux articles sur les Juifs du Maghreb et de l’Orient. Depuis 1986, il se consacre à la défense des droits de l’homme aux Nations unies. 

Paul B. Fenton et David G. Littman,  L’exil au Maghreb, la condition juive sous l’islam 1148-1912 ». Presses universitaires de Paris Sorbonne, 2010. 800 pages. ISBN:  978-2-84050-725-3
Livre disponible à la librairie des PUPS - 8, rue Danton, 75006 Paris - dès le 9 novembre 2010 et dans les autres librairies le 25 novembre 2010
AGENDA DES AUTEURS

SALON DES ECRIVAINS DU B'NAI B'RITH LE 14 NOVEMBRE 2010

Les deux auteurs seront présents au 15e Salon des écrivains du B'nai B'rith qui aura lieu le 14 novembre 2010, de 14 h à 19 h, à la Mairie du XVIe arrondissement de Paris, avenue Henri Martin, 75116 Paris. Renseignements : 01-55-07-85-45.

CONFERENCE A L’AIU LE 17 NOVEMBRE 2010

Le Collège des études juives & la Bibliothèque de l’Alliance israélite universelle organisent, dans le cadre du 150e anniversaire de l’Alliance, et en présence d’Albert Memmi, la conférence, suivie d’une réception, Les Juifs du Maghreb, de l’exil à l’exode, le mercredi 17 novembre 2010 de 19 h à 21 h 30 à l’occasion de la parution de L’exil au Maghreb avec les deux auteurs, Paul B. Fenton et David G. Littman, ainsi que Jean-Pierre Kuperminc (directeur de la Bibliothèque de l'AIU) et Shmuel Trigano (université Paris X).
A l’Alliance israélite universelle : 45 rue la Bruyère, 75009 Paris
Entrée libre. Réservation souhaitée au 01 53 32 88 65 –biblio@aiu.org


A lire sur le blog :
Sur la dhimmitude 
Interview de Bat Ye’or sur la dhimmitude

Sur la fascination des artistes pour l'Orient
Les Orientales


Visuels de haut en bas :

Couverture du livre
Salomon Al-Qâbiz, Ayyelet ahabîm 
(« Biche d’amour »),
ms. de Fès, XVIIIe siècle
Bibliothèque de San Lorenzo de El Escorial,
ms. héb. G-III-13

David G. Littman
© DR

 
Paul B. Fenton
© DR
Carte des communautés juives d’Algérie au XXe siècle
© DR

Carte des communautés juives du Maroc au XXe siècle
© DR

Eugène Delacroix,
Mariée juive à Tanger (Rachel Azencot-Benchimol),
huile sur toile,
1838 [coll. privée]

Andreas Matthaüs Wolfgang,
« Juif d’Alger » (ca 1710), dans Costumes algériens, Augsburg, ca 1710

Eugène Delacroix 
Mawlây Abd’al-Rhaman (1789-1859), sultan du Maroc, quittant le palais de Meknès,
mars 1832,
huile sur toile, 1845,
Toulouse, musée des Augustins,
© Giraudon/The Bridgeman Art Library

François Claudius Compte-Calix, 
« Marchand Juif d’Alger », 
gravure, ca 1850,
Coll. P. Fenton, Paris

Sanya, 
« Synagogue d’Alger », 
(ca 1840),
Paris, 
musée d’art et d’histoire du Judaïsme

Eugène Delacroix, 
Musiciens Juifs de Mogador,
huile sur toile, 1847,
Paris, musée du Louvre RF 1561
© RMN/Jean-Gilles Berizzi

Alfred Dehodencq, 
L’Exécution de la Juive (Solika Hatchuel, martyrisée en 1834),
huile sur toile, 1861,
Paris, musée d’art et d’histoire du Judaïsme 
© RMN/Hervé Lewandowski

Logo de l'AIU
 


Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ,
Le Samedi dans le quartier Juif,
huile sur toile, 1883,
Paris, musée d’art et d’histoire du Judaïsme
© RMN/Hervé Lewandowski
Alfred Dehodencq,
Fête juive à Tétouan
huile sur toile, ca 1858,
Paris, musée d’art et d’histoire du Judaïsme
© RMN/Jean-Gilles Berizzi
« Festin Juif », Algérie, 1835,
dans Émile-Aubert Lessore et William Wyld,
Voyage pittoresque dans la Régence d’Alger,
Paris, Charles Motte, 1835, pl. 39,
Coll. P. Fenton, Paris
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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 00:00

 

 

documentaire

 

Merci à Roland pour l'envoi de ce texte

 


Retrouvez notre série documentaire adaptée d'un cours du Professeur Rina Neher - (la quatrième partie est en cours de réalisation)

LE PEUPLE JUIF EN TERRE D'ISRAEL DEPUIS L'ÉPOQUE ROMAINE ENTRE CONTINUITÉ ET TRADITION 3/4 

LE PEUPLE JUIF EN TERRE D'ISRAEL DEPUIS L'ÉPOQUE ROMAINE ENTRE CONTINUITÉ ET TRADITION 2/4

Le peuple juif en terre d'Israël depuis l'époque romaine entre continuité et tradition 1/4

 

 

 

ISRAEL-DIASPORA

Actuel paradoxe du Peuple juif

Par Roland DAJOUX

 

 

« Israël est le seul peuple à avoir traversé toute l’histoire sans solution de continuité, sans conversion, sans mutation. Il possède à lui seul, cette vertu unique….de l’ancien qui revit, sans brisure, ni altération, dans le nouveau » André Néher       

       Pendant 2000 ans, les Juifs exilés par les Romains, après la destruction du deuxième Temple, ont prié pour revenir sur leur terre, le Royaume d’Israël.

       Pendant 2000 ans, malgré les souffrances, les humiliations, les pogromes, les massacres, ils n’ont jamais renoncé au rêve de revenir sur cette terre promise, la Terre d’Israël.

   On ignore souvent qu’une présence juive a toujours persistée sur cette terre convoitée par de multiples envahisseurs. Assyriens, Perses, Grecs, Romains, Byzantins, Arabes, Croisés, Ottomans, Britanniques, Jordaniens s’y sont succédés, détruisant, incendiant, exilant, massacrant, avilissant, ou empêchant le retour du peuple juif.

Une remarquable étude de  l’historienne Renée Néher [1] dément l’idée très répandue que la présence juive en terre d’Israël avait disparu avec la chute du second Temple. « Cette version a été volontairement déformée par des doctrines religieuses ou politiques. La présence massive en Eretz Israël n’a cessé ni avec la destruction du Temple en 70, ni avec la révolte de Bar Kochba en 135. C’est bien plus tard et progressivement que la population juive deviendra clairsemée, sans cependant jamais disparaître complètement. L’intolérance des chrétiens byzantins au Ve siècle, puis celle des Άbassides et des Fātimides musulmans aux IXe et Xe siècles, enfin et surtout les carnages des croisés en 1099 et leur intolérance dans le royaume chrétien latin de Jérusalem, sont les moments de crise où culminent tragiquement les persécutions contre les Juifs ».

      Quel est le mystère de la pérennité de ce peuple juif ? N’est-il pas remarquable de constater que toutes les grandes civilisations égyptiennes, babyloniennes, assyriennes, grecques et romaines, à certains moments de leur histoire, aient été associées ou confrontées au destin du peuple juif ? Or voici que ces empires, les plus puissants de leur époque, ont totalement disparu ou sont simplement réduits à l’état de vestiges, alors que le peuple d’Israël tel le phénix, renaît des cendres des bûchers, des pogroms, des Croisades, de l’Inquisition et de la Shoah.

   Aujourd’hui, alors que l’Etat d’Israël existe à nouveau depuis plus de six décennies, prés de la moitié des juifs demeurent encore paradoxalement en exil ! « La diaspora, aurait dû, normalement, succomber à ce qui s’avérait être apparemment l’apogée et le succès du sionisme : la création de l’Etat d’Israël ».[2]  Les raisons invoquées pour surseoir au retour sont multiples, raisons économiques, culturelles et paradoxalement « religieuses ». Certains ont peur de ne pas retrouver leur statut socio-économique, d’autres critiquent « la mentalité israélienne » et d’autres encore considèrent que l’exil, émanant d’une décision divine, attendent un ordre divin pour décider de leur retour.

  La longueur de l’exil ferait-elle oublier qu’il s’agit d’une situation anormale et provisoire et que la notion d’exil ou galout est consubstantiellement reliée au retour ou géoula ?  Le Baal Shem Tov est précis : « L’oubli, c’est l’exil, mais la mémoire est le secret de la délivrance ».

    N’est-il pas venu le temps de sortir de «  la tension déchirante de l’homme juif en diaspora » dont parle André Néher ?  Le juif de la  golah habitué à survivre au milieu des nations,  doit pour cela, abandonner son identité «mixte » de juif et autre-chose, juif et français ou juif et américain… et retrouver son identité originelle, celle de l’hébreu solitaire face aux nations mais dont l’histoire est indissociable de celle du genre humain.

 

I.             EXIL et DIASPORA        

« Mon cœur est en Orient et je suis en Occident, comment pourrais-je trouver plaisir à ce que je mange… Yéhouda HaLevy. Le Kuszari

      Selon Léon Askenazi, il faut distinguer la galout, l’exil proprement dit, de la diaspora, tefoutsot en hébreu. On est en galout lorsqu’on ne peut pas revenir a sa métropole, soit parce qu’elle n’existe plus, soit parce qu’on en est totalement empêché. Par contre,  on est volontairement en diaspora car on peut mettre fin à cet éloignement par sa volonté. « La situation géographique par rapport a la métropole est apparemment la même, mais la situation existentielle est très différente ».[3]

    La notion d’exil est une constante dans l’histoire de l’humanité. Adam et Eve éconduits du Jardin d’Eden où ils furent créés pourraient représenter l’archétype du premier exil. Dans l’histoire d’Israël on peut dire que le phénomène de l’exil fut connu et prévu depuis Abraham, qui s’appelait encore Abram. «Sache le bien, tes descendants seront étrangers sur une terre qui ne sera pas à eux, ils y seront asservis et opprimés durant quatre cents ans ». L’exil est donc bien d’une durée limitée et sa fin fixée d’avance, le texte continue « et alors ils sortiront avec de grandes richesses ».  Genèse 15, 13 et14.

    Avant le début de l’exil de Babylone, Jérémie a lui aussi, annoncé que l’exil serait limité à soixante dix ans. Cyrus accordera le retour des exilés et le second Temple sera inauguré exactement soixante dix ans après l’incendie du premier Temple. Mais on sait, aussi que la majorité du peuple préféra rester en exil et le deuxième Temple fut brulé par les Romains, quatre cent quatre-vingt années dix après le premier.

   Et aujourd’hui,  de nouveau, alors que plus de six millions de juifs ont le bonheur de vivre le retour d’Israël sur sa terre et que l’on voit se réaliser sous nos yeux la prophétie d’Ezéchiel (36,8) : « Vous montagnes d’Israël, vous serez recouvertes d’une végétation luxuriante et vous porterez vos fruits pour mon Peuple » ….une partie de peuple demeure encore en exil !    

 

II.           ERETZ ISRAEL EST-ELLE UNE TERRE COMME LES AUTRES ?

 

« Israël et sa terre sont en relation de corps et d’âme ». André Néher

 

      Selon André Néher, il y a ceux qui pensent qu’Eretz Israël est une terre comme les autres, que certains appellent Israël et d’autres Palestine, une terre qui ne serait qu’un accident l’histoire et dont la destinée pourrait être régit par des normes historiques ou par des pourparlers de paix et à l’opposé, il y a ceux qui voient « dans la terre d’Israël et dans Jérusalem, la « Jérusalem céleste » et la « Jérusalem universelle », la Jérusalem de chaque homme, terre promise de chaque homme, l’idéal qui ne trouve peut-être pas de meilleure expression métaphorique pour n’importe quel homme ».[4] André Néher poursuit : « Or il ne s’agit pas pour le peuple juif d’une terre comme les autres, ni d’une terre-pas-comme-les-autres, mais d’un sublimé, métaphorique. Pour les juifs, la terre d’Israël n’est pas une terre comme  les autres, mais c’est aussi une terre. Les deux propositions sont inséparables l’une de l’autre. Il y a là une imbrication du physique et du métaphysique qui constitue l’un des éléments de cet irremplaçable ».  

    Abraham Isaac HaCohenKook dans son livre OROT (premier chapitre, premier paragraphe) écrit : “ La Terre d’Israël n’est pas une réalité extérieure, un bien extrinsèque à la nation ; elle n’est pas uniquement un instrument visant à établir notre unité globale et affermir notre existence matérielle ou même spirituelle. Non, la Terre d’Israël est une entité consubstantiellement rattachée à la nation par un lien de vie, toute entière affectée de caractères internes spécifiques à sa réalité. Aussi, est-il impossible de rendre compte du contenu de la sainteté du sol d’Israël et d’exprimer la profondeur de son amour, en se basant sur les seules données de la raison humaine.

III.          L’HEURE EST-ELLE ARRIVÉE ?

 

« Pendant 2000ans, le Juif a porté en lui cette espérance de redevenir l’Hébreu. Aujourd’hui l’histoire a réalisé cette espérance ». Léon Askénazi

 

      On assiste aujourd’hui à une grande illusion médiatique. Nombre d’intellectuels et personnalités juives, vivants en diaspora multiplient les appels et les pétitions,  pour ou contre Israël, selon leurs orientations politiques ou philosophiques.  Partagés entre leur ambition hexagonale et leur attachement ou leur rejet de l’Etat hébreu, mandatés par aucune autorité officielle, ils expriment ainsi, leur désir d’apporter un soutien épistolaire à Israël en se parant souvent de l’habit confortable du « politiquement correct » ou au contraire, ils s’alignent sur toute l’argumentation des opposants à l’Etat d’Israël. Ces icones médiatiques ignorent que le destin de l’Etat hébreu ne se joue pas à Paris, à Bruxelles ou même à New York mais à Jérusalem.

   En exil on a vite oublié que les juifs furent pendant des siècles considérés comme « le peuple errant », réduit à l’état de fossile destiné à servir de « témoin » à l’Histoire ! Les juifs furent aussi pendant des décennies appelés  « israélites », soupçonnés de double allégeance, ils sont encore, aujourd’hui écartelés entre leur  nationalité accordée par le pays d’accueil et leur identité ancestrale. Les juifs de la diaspora souffrent d’une affection bimillénaire, la maladie de l’exil.

   Le danger pour les juifs n’est plus en Israël mais dans les pays où se multiplient les actes antisémites, dans ces pays qui feront passer leurs intérêts avant vous, juifs de l’exil. Etant minoritaires dans vos pays d’accueil, on  risque de vous rappeler, à nouveau, votre double allégeance, songez-y !

Juger Israël à l’aune de la morale est la plus grande hypocrisie du siècle. Tous ceux qui énoncent des critiques moralisantes vis-à-vis d’Israël devraient faire leur examen de conscience. « Les peuples qui ont fait ce qu’ils ont fait au peuple juif, l’Église qui a fait ce qu’elle a fait au peuple juif, ne peuvent pas aujourd’hui aborder les comportements de l’État d’Israël, comme s’il s’agissait d’un peuple sans passé. L’Allemagne aimerait être née en 1945, mais elle ne l’est pas ; la France souhaiterait que le régime de Vichy ait été une parenthèse illégale de l’Histoire, et que le maréchal Pétain n’ait été que le héros de Verdun, mais ce n’est pas le cas ; l’Espagne voudrait fêter 1492 comme la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, mais cette date est aussi celle de l’expulsion des Juifs et le symbole des bûchers de l’Inquisition. »  [5] 

   Dans les Psaumes de David on dit : « ayinou qué holmim » , nous étions comme des rêveurs. Nous étions, en effet comme des juifs qui rêvaient et qui priaient pour revenir sur notre terre. La subtilité  de la langue hébraïque nous apprend que la racine halom est la même que haklama qui veut dire convalescence et Israël est seul pays ou l’on peut guérir de la maladie de l’exil !

   N’oublions pas aussi que dans cette même racine se retrouve dans le mot lohem, combattant et milhama,  guerre et que c’est au moment du retour des exilés que surgit toujours Amalek. [6]

   Ce n’est qu’à ce prix qu’Israël passera du temps de David,  lui qui à du gagner toutes les guerres à celui de Salomon, son fils qui a pu construire le Temple de la Paix à Jérusalem !

   L’école de pensée affirmant que « le jour où on devra recevoir la Terre d’Israël, eh bien on la recevra » est en désaccord avec le Rambam qui affirme que chaque génération est tenue de prendre possession de la Terre d’Israël et que ce commandement n’a jamais cessé de tout temps. L’argument majeur des tenants de l’interdiction de toute initiative humaine,  que seul Dieu peut décider de la fin de l’exil est démentie par le Maharal de Prague et par Nahmanide qui nous rappellent que le commandement d’habiter Israël  a sa source dans la Thora « Vous prendrez possession du pays et vous y habiterez ».  Nombres 33,53.

   André Néher en conclue que seul l’Etat d’Israël, dans sa dimension physique et métaphysique, est capable de concilier les « patients » et les « impatients » du messianisme, le sacré et le profane et les trois inconciliables, c'est-à-dire la rencontre des trois peuples bibliques et de tous les hommes, à partir du défi de leur altérité.[7] 

   « Car mon Temple est destiné à être Maison de prière pour tous les Peuples » Isaïe, LVI, 6-7

 

Roland Yéhouda DAJOUX

JERUSALEM

daju@netvision.net.il

 

 

 

 
 

 

 



[1]  Renée Neher, La vie juive en Terre Sainte sous les Turcs ottomans, Calmann Lévy

[2]  André Neher. Jérusalem, vécu juif et message. 

[3]  Léon Askénazi  La parole et l’écrit. Albin Michel

[4]  L’attitude à l’égard d’Israël: le peuple, la terre, l’Etat. Concilium 98 (octobre 1974), 87-94

[5] Ilan Greislammer, Repenser Israël ; Géopolitique d’une paix.

[6]  Léon Askénazi, La parole et l’écrit II

[7]  L’attitude à l’égard d’Israël: le peuple, la terre, l’Etat. Concilium 98 (octobre 1974), 87-94

 

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