Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 20:11

 

 

 

Yéochoua 2

 

 

le peuple juif est le seul, dans le monde, que l'on veut renvoyer chez lui en lui interdisant d'y rester

Par Yéochoua SULTAN 

Pour aschkel.info et lessakele.

 

 

 

Thomas, Obama, Sand…

Helen Thomas. Si je peux me permettre d'admirer une personne obligée de démissionner à l'âge de 90 ans pour des propos que je dénonce pourtant également, c'est qu'elle ne fait pas partie des «courageux grévistes» qui ailleurs se battent pour travailler le moins possible, et terminer leur carrière, quelle qu'en soit la portée ou l'insignifiance, à 60 années tapantes, pas une minute de plus! Il se pourrait fort bien que sans ce sacré dératé de cette Américaine, elle aurait poursuivi son travail de journaliste et de correspondante à la Maison Blanche jusqu'à 120 ans.

Mardi dernier, elle a refait surface et a confirmé que ses paroles n'avaient que rendu dans la plus grande sincérité la teneur de ses convictions profondes. Son seul regret, exprimé sur les ondes d'une station de l'Ohio, est qu'elle n'avait pas prévu au moment où elle se prononça pour la première fois, au mois de juin dernier, qu'elle allait être contrainte de quitter son poste. Elle s'est insurgée contre la sévérité de la censure qui frappe, selon elle, tous ceux qui se mettent à critiquer Israël, ou, par extension sincère, ceux qui, sans qu'elle ne l'ait précisé, nient la légitimité de son existence.

Pourtant, ce qui n'est pas admis chez elle l'est chez les «ennemis de l'occupant sioniste», les Frères arabes ou Ligues musulmanes en tous genres, qui obtiennent de la part des dirigeants occidentaux et autres médias un regard compatissant et compréhensif quand ils soutiennent: «Pour dédommager les Juifs de ce que vous leur avez fait, au lieu de leur accorder une patrie sur vos terres, vous vous êtes servis chez nous.» Encore cette semaine, nous avons entendu les réactions des mêmes politiciens de France, Russie, et USA, continuer à exprimer leur tristesse envers cette «injustice » en se déclarant profondément choqués que les Juifs osent poursuivre leur construction et publier un appel d'offre pour deux cent quarante malheureux logements.

Alors pourquoi Thomas doit démissionner là où Obama emploie toutes les ruses et toutes les menaces pour tenter en pharaon moderne que les Juifs cessent de croître et de se multiplier sur leur terre? Elle dit simplement: «Rentrez chez vous!», alors que l'autre dit: «N'allez pas chez les autres!» Et qu'on n'objecte pas que ce que dit Mme Thomas est plus grave, car elle leur dit de quitter toute la Palestine, alors qu'Obama semble leur dire de n'en quitter qu'une partie. Quand les membres de l'Olp, Fatah et autres exigent le retour de leurs «réfugies», qui sont des gens parqués et élevés dans des conditions révoltantes, uniquement pour servir de ce que l'on pourrait désigner sous l'appellation d'une nouvelle forme de chair à canon, qui servira, dans cette guerre par invasion latente, à coloniser la terre qui est censée être reconnue aujourd'hui encore en tant qu'Etat d'Israël, aucune pression n'est exercée par l'administration américaine en vue de leur faire renoncer à cette clause, ni à ces «fermes d'élevage» dans lesquelles sont élevés les générations des millions de descendants de gens qui ont ou auraient quitté la Palestine en 48, ces fermes qui ne révoltent aucun Etat bien pensant. La seule différence d'Obama à Thomas, c'est qu'elle a dévoilé le pot aux roses, c'est comme si elle avait dit: «Pourquoi leur dire de ne pas construire à Jérusalem-Est pour ensuite les submerger de plusieurs millions de "soldats" de l'Olp, Fatah et compagnie, autant leur dire tout de suite de quitter la région et de revenir de là où ils sont venus!?»

Une autre question peut se poser ici ; depuis que Mme Thomas a eu trente ans, elle a certainement pris connaissance de l'existence de l'Etat d'Israël. Alors, pourquoi avoir attendu si longtemps? La première piste est celle qui est développée plus haut: l'identification de la cause défendue par les dirigeants américains et européens à la cause des ligues et frères arabo-musulmans à un niveau jamais égalé dans le passé.

Mais d'autres développements s'insinuent en Europe, avant d'être transposés via les universitaires en Amérique. En tant qu'intellectuelle, elle a certainement eu vent de la «thèse » d'un certain Shlomo Sand, qui lui a jeté de la poudre, ou du sable, aux yeux. Une théorie qui se veut compliquée et qu'on hésite à contredire pour ne pas passer pour idiot veut que les Juifs établis en Israël, les Israéliens, ne soient pas les descendants des Judéens expulsés au moment où la Judée fut rebaptisée Palestine, mais les descendants de toutes sortes de peuples aux noms jamais entendus pour beaucoup, comme les quasi fabuleux Khazars, pourquoi pas les Ligures et les Ougarit, qui n'ont quant à eux en principe jamais mis les pieds en Israël. Ce Sand a obtenu pour son idée thomassienne de réinvention du peuple juif les éloges des milieux universitaires français. Il a prouvé, à en suivre sa dialectique, que les Juifs n'ont rien à faire en Israël, et c'est ce qu'à voulu dire aussi Helen Thomas, en apportant la conclusion logique de la tirade de Sand, dangereuse comme les sables mouvants ; autrement dit, si les Israéliens n'ont rien à faire ici, autant qu'ils retournent en Pologne, à défaut de pouvoir être relogés au pays des Khazars, le Kazakhstan, peut-être? Il se peut même que Thomas et Sand, à l'instar de Seguin et Courtois, et de Derosne, (qui ont découvert la morphine en 1804), ne se soient jamais rencontrés ni même concertés. L'idée a pu se révéler simultanément chez l'un et chez l'autre.

D'autres changements sont perceptibles dans la société «éclairée» dont la lumière vacille, quand une enseignante est suspendue par l'inspection académique, pour avoir consacré trop de temps à la Shoah. Des internautes qui n'ont pas dû aller beaucoup à l'école ont réagi sur les différents sites d'informations: «Comment, amener des enfants quatorze fois à Auschwitz, alors qu'il y a tant d'autres massacres dans le monde!» peu font attention au ridicule de cette tirade: comme s'il était possible de redoubler treize fois! Quant aux autres massacres, ils n'engagent pas la conscience collective de l'Europe, ses ressortissants bien éduqués ne s'étant pas trouvés au Rwanda ou au Biafra, et n'étant ni Tutsis ni Hutus. «Alors, parlez-nous un peu des autres massacres», nous somment les «réactionnaires» déposant leurs réactions, «mais laissez-nous oublier la Shoah, nous vous avons écoutés avec compassion, nous nous sommes identifiés avec votre souffrance, mais c'est fini ; la parenthèse est fermée!»

Ni le pouvoir rectoral ni les intervenants populaires ne veulent plus entendre parler de ce que l'Europe a fait aux Juifs depuis Hitler et Pétain. Cette exigence traduit le besoin d'une  «bouffée d'oxygène», du besoin de s'extirper d'un piège que l'antisémitisme s'est creusé: «Laissez-nous oublier la Shoah, laissez-nous revenir à l'antisémitisme "normal", "traditionnel", que son souvenir nous interdit ; débarrassez-nous de l'antisémitisme antisioniste, qui fait par ricochet dévorer nos pays par l'expansion islamiste.» C'est ce qu'exigent en filigrane les académies et autres particuliers, quand ils suspendent des gens dont les démarches vont rendre immuable ce souvenir. «Encore quelques années de souvenir de la Shoah, de soutient à la cause "palestinienne" et nos beaux pays libres sombreront dans le totalitarisme saoudien.»

La diatribe de Thomas a bénéficié d'un climat particulier, mais tout juste pas encore suffisamment mûr pour passer inaperçu, ou mieux, pour être approuvé. Paradoxalement, le peuple juif est le seul, dans le monde, que l'on veut renvoyer chez lui en lui interdisant d'y rester: «Retournez d'où vous venez!» «Mais bien sûr, nous revenons chez nous, nous rebâtissons les ruines de la Judée». «Alors retournez en Allemagne!» «Mais nous en partons, vous nous en avez chassés». Le Juif vient de nulle part, pour toute cette même opinion. A supposer que Neil et ses deux compagnons aient bien été sur la lune, le progrès est encore trop faible pour y envoyer ceux qui ne sont ni d'Europe, ni de Judée. Ce dialogue imagé, qui consigne dans des mots la réalité des rapports irrationnels entretenus par les nations du monde envers Israël les font sortir de leurs gonds.

Sand, Thomas, Kouchner, Obama, ou ceux qui voudrait qu'on leur parle du Rwanda, qui n'entache ni leur conscience ni leur mémoire,  tous s'alignent sur un même front qui tend à délégitimer la présence d'Israël non seulement chez lui mais dans le monde. Alors pourquoi s'en prend-on spécialement à Helen Thomas? Peut-être voulait-on qu'elle prenne sa retraite mais qu'on n'osait pas le lui demander…

 

Partager cet article
Repost0
12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 07:08

A bérénice.

 

Je remercie grandement Pierre

 

Rectificatif sur le texte publié ; 

être juif selon une écrivaine non juive, olive schreiner

 

Être Juif

primo

NDLR Primo : Ce texte circule largement sur la toile, sous la signature usurpée d'une écrivaine sud africaine, Olive Schreiner. En effet, cette écrivaine étant morte en 1920, elle n'a pas pu écrire une seule ligne sur la Shoah ou la renaissance d’Israël. Peut-être quelques lignes de cet article sont de la propre plume d'Olive.

En revanche, on lui doit le magnifique roman La Nuit africaine(The Story of an African Farm, 1883, en français chez Phébus, 1989) dont le titre anglais. La situation ainsi que les personnages ressemblent à s’y méprendre au roman de Karen Blixen « Out of Africa », publié 50 ans plus tard, en 1937. Beaucoup pensent que Karen Blixen s’est largement inspirée du roman d’Olive Schreiner. 

A cette époque là, déjà, le piratage littéraire !

Mais l’ensemble de l’argumentaire ci-dessous tient la route. Peu importe l’auteur puisque le texte possède en lui sa propre force de démonstration.


De fait, il est difficile pour toutes les autres nations du monde de vivre en présence des Juifs. C’est irritant et très inconfortable.

Les Juifs embarrassent le monde parce qu’ils ont fait des choses au-delà de l’imagination. Ils sont devenus des étrangers moraux depuis le jour où leur patriarche, Abraham, a introduit dans le monde les standards éthiques les plus élevés et la crainte de Dieu.

Ils ont apporté au monde les Dix Commandements, que de nombreuses nations préfèrent défier.

Ils ont violé les règles de l’histoire en demeurant vivants, contre les probabilités du bon sens et de l’évidence historique. Ils ont survécu à tous leurs anciens ennemis, dont de vastes empires tels que les Romains et les Grecs.

Ils ont mis le monde en colère avec leur retour dans leur patrie après 2000 ans d’exil et après l’assassinat de six millions de leurs frères et sœurs.

Ils ont exaspéré le genre humain en construisant, en un clin d’œil, un Etat démocratique que d’autres n’ont pas été capables de créer même en plusieurs centaines d’années. Ils ont construit des monuments vivants tels que le devoir d’être saints et le privilège de servir les fidèles de l’Un.

Ils ont été partie prenante dans toutes les avancées du progrès humain, que ce soit la science, la médecine, la psychologie ou toute autre discipline, et cela dans une disproportion totale avec leur nombre réel. Ils ont donné au monde la Bible et même leur "saveur".

Les Juifs ont enseigné aux hommes à ne pas accepter le monde tel qu’il est, mais à le transformer, et pourtant peu de nations ont voulu écouter. De plus, les Juifs ont introduit dans le monde le Dieu unique, dont pourtant seule une minorité a accepté de tirer les conséquences morales.

Ainsi les nations du monde réalisent qu’elles auraient été perdues sans les Juifs. Et pendant que leur subconscient essaie de leur rappeler combien la civilisation occidentale est encadrée en termes de concepts d’abord articulés par les Juifs, ils font tout leur possible pour supprimer ceux-ci.

Ils nient que les Juifs leur rappellent un but plus élevé de la vie et la nécessité d’être honorable et ils font tout leur possible pour échapper aux conséquences de ce déni. C’est simplement trop à gérer pour eux, trop embarrassant à admettre, et par-dessus tout, trop difficile de vivre avec.

Ainsi, les nations du monde ont-elles décidé de nouveau de quitter "leur" voie de manière à trouver un bâton pour frapper les Juifs.

Le but : prouver que les Juifs sont immoraux et coupables de massacres et de génocide, comme certains de leurs accusateurs le sont réellement.

Tout cela de façon à cacher et à justifier leur propre échec à ne serait-ce que protester quand six millions de Juifs furent conduits au massacre d’Auschwitz et de Dachau, pour effacer la conscience morale que les Juifs leur rappellent. 

Rien ne pouvait être plus gratifiant pour eux que de trouver les Juifs en lutte avec un autre peuple (complètement terrorisé par ses propres dirigeants) contre qui les Juifs, malgré leurs vœux les plus chers, doivent se défendre pour survivre.

Avec grande satisfaction, le monde permet et initie la réécriture de l’histoire pour alimenter la rage d’un autre peuple contre les Juifs. Cela malgré le fait que les nations comprennent très bien que la paix entre les parties pourrait être intervenues depuis longtemps, si seulement les Juifs avaient disposé d’une chance équitable.

Au lieu de cela, ils ont sauté avec joie dans le train de la haine pour justifier leur jalousie des Juifs et leur incompétence à prendre en charge leurs propres problèmes moraux.

Quand les Juifs observent le jeu bizarre qui se tient à La Haye, ils ne peuvent que sourire alors que ce jeu artificiel prouve une fois encore combien le monde admet paradoxalement le caractère unique des Juifs. C’est son besoin de miner les Juifs qui les conduit à s’élever.

L’étude de l’histoire de l’Europe au cours des siècles passés nous enseigne une leçon uniforme : que les nations qui ont reçu et d’une certaine manière ont traité avec justice et clémence les Juifs ont prospéré, alors que les nations qui les ont torturés et opprimés ont tracé elles-mêmes leur propre fléau.


Primo
© Primo, 10-09-2010
Partager cet article
Repost0
5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 20:02

 

A diffuser de manière très large

Merci 

Aimée et Aschkel

 

Être Juif selon une écrivaine non Juive, Olive Schreiner

Dimanche 5 septembre 2010, à

Olive Schreiner, romancière sud-africaine et militante sociale

Merci à Aimée

Pour aschkel.info et lessakele.

"De fait, il est difficile pour toutes les autres nations du monde de vivre en présence des Juifs. C’est irritant et très inconfortable. Les Juifs embarrassent le monde parce qu’ils ont fait des choses au-delà de l’imagination. Ils sont devenus des étrangers moraux depuis le jour où leur patriarche, Abraham, a introduit dans le monde les standards éthiques les plus élevés et la crainte de D.ieu. Ils ont apporté au monde les Dix Commandements, que de nombreuses nations préfèrent défier. Ils ont violé les règles de l’histoire en demeurant vivants, contre les probabilités du bon sens et de l’évidence historique. Ils ont survécu à tous leurs anciens ennemis, dont de vastes empires tels que les Romains et les Grecs. Ils ont mis le monde en colère avec leur retour dans leur patrie après 2000 ans d’exil et après l’assassinat de six millions de leurs frères et sœurs.

 

Ils ont exaspéré le genre humain en construisant, en un clin d’œil, un Etat démocratique que d’autres n’ont pas été capables de créer même en plusieurs centaines d’années. Ils ont construit des monuments vivants tels que le devoir d’être saints et le privilège de servir les fidèles de l’Un.

 

Ils ont participé dans tous les efforts du progrès humain, que ce soit dans la science, la médecine, la psychologie ou toute autre discipline, et cela dans une disproportion totale avec leur nombre réel. Ils ont donné au monde la Bible et même leur "saveur".

 

Les Juifs ont enseigné au monde à ne pas accepter le monde tel qu’il est, mais à le transformer, et pourtant peu de nations ont voulu écouter. De plus, les Juifs ont introduit dans le monde le D.ieu unique, dont pourtant seule une minorité a accepté de tirer les conséquences morales. Ainsi les nations du monde réalisent qu’elles auraient été perdues sans les Juifs. Et pendant que leur subconscient essaie de leur rappeler combien la civilisation occidentale est encadrée en termes de concepts d’abord articulés par les Juifs, ils font tout leur possible pour les supprimer.

 

Ils nient que les Juifs leur rappellent un but plus élevé de la vie et la nécessité d’être honorable, et ils font tout leur possible pour échapper à ses conséquences. C’est simplement trop à gérer pour eux, trop embarrassant à admettre, et par-dessus tout, trop difficile de vivre avec.

 

Ainsi, les nations du monde ont décidé de nouveau de quitter 'leur' voie de manière à trouver un bâton pour frapper les Juifs. Le but : prouver que les Juifs sont immoraux et coupables de massacre et de génocide, comme certains d’entre eux le sont.

 

Tout cela de façon à cacher et à justifier leur propre échec à simplement protester quand six millions de Juifs furent conduits au massacre d’Auschwitz et de Dachau, pour effacer la conscience morale que les Juifs leur rappellent, et ils ont trouvé un bâton.

 

Rien ne pouvait être plus gratifiant pour eux que de trouver les Juifs en lutte avec un autre peuple (complètement terrorisé par ses propres dirigeants) contre qui les Juifs, malgré leurs vœux les plus chers, doivent se défendre pour survivre. Avec grande satisfaction, le monde permet et initie la réécriture de l’histoire pour alimenter la rage d’un autre peuple contre les Juifs. Cela malgré le fait que les nations comprennent très bien que la paix entre les parties pourrait être intervenues depuis longtemps, si seulement les Juifs avaient disposé d’une chance équitable. Au lieu de cela, ils ont sauté avec joie dans le train de la haine pour justifier leur jalousie des juifs et leur incompétence à prendre en charge leurs propres problèmes moraux.

 

Quand les juifs observent le jeu bizarre qui se tient à La Haye, ils ne peuvent que sourire alors que ce jeu artificiel prouve une fois encore combien le monde admet paradoxalement le caractère unique des Juifs. C’est leur besoin de miner les Juifs qui les fait en réalité les élever.

 

L’étude de l’histoire de l’Europe au cours des siècles passés nous enseigne une leçon uniforme : que les nations qui ont reçu et d’une certaine manière ont traité avec justice et clémence les Juifs ont prospéré, et que les nations qui les ont torturés et opprimés ont tracé eux-mêmes leur propre fléau."

Partager cet article
Repost0
10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 05:24

 

 

10 août 1391. Les juifs de Gérone (Espagne) sont massacrés par des maraudeurs castillans, aidés par la population locale.
La grande émeute de la nuit du 10 août amena la destruction, physique et spirituelle, de la communauté juive de Gérone, qui ne s'en releva jamais.
LES MASSACRES DE 1391 [5]
 
 
Quelques jours avant le début de la Semaine sainte, le 15 mars 1391, un groupe de chrétiens tenta de mettre en pratique le conseil de Ferrant Martínez, l’archidiacre de Écija, en débarrassant Séville de ses juifs [6]. Les représentants de l’autorité royale parvinrent à réprimer le mouvement pendant plus de deux mois mais, le 6 juin, le quartier fut pris d’assaut, et plusieurs de ses habitants tués ou convertis de force. La violence s’étendit rapidement : à la fin du mois d’août, elle avait atteint plus de soixante-dix autres villes et cités de la péninsule.
L’un des survivants, Reuben, fils du rabbin Nissim de Gérone, décrit les événements de cet été-là dans les marges de la Torah de son père, qu’il a sauvée des décombres :
Pleure, sainte et glorieuse Torah et mets des vêtements sombres car les interprètes de ta claire parole ont péri dans les flammes. Durant trois mois la conflagration s’est étendue dans les saintes congrégations de l’exil d’Israël à Séfarade. Le sort [de Sodome et Gomorrhe] a frappé les saintes communautés de Castille, Tolède, Séville, Majorque, Cordoue, Valence, Barcelone, Tàrrega, et Girone, et soixante villes et villages des environs [...]. Les armes, les massacres, la destruction, les conversions forcées, la captivité et la spoliation étaient à l’ordre du jour. Beaucoup furent vendus comme esclaves aux Ishmaelites [musulmans]; 140 000 ne purent résister à ceux qui les forçaient de manière si barbare et s’abandonnèrent à l’impureté [c’est-à-dire se convertirent].
Le nombre de convertis cité par Reuben – presque la moitié de l’ensemble de la population juive des Royaumes de Castille et d’Aragon telle que nous pouvons raisonnablement l’évaluer à cette époque – est effrayant. D’autres observateurs contemporains ont également souligné le nombre important de convertis ainsi que la disparition des juifs de nombreuses villes et cités. Hasdai Crescas, un courtisan  en vue, écrit ainsi qu’il ne restait plus de juifs dans le royaume de Valence, à l’exception de la ville de Murviedro. Décrivant la vaste population juive de Gérone, la chancellerie royale se contenta de déclarer que la majorité s’était convertie tandis que les autres avaient été passés au fil de l’épée. Des termes très proches de ceux utilisés par le chroniqueur  Pedro López de Ayala pour décrire le sort de la communauté de Séville [7].
Ni Reuben, ni Hasdai, pas plus qu’aucun autre contemporain ne fournit une estimation du nombre de victimes. Les documents décrivant les massacres sont rares, et les informations qu’ils fournissent sont le plus souvent secondaires. Ainsi, si l’on connaît la façon dont les fonctionnaires de Barcelone s’occupaient des morts, c’est uniquement parce que le nouveau propriétaire d’une maison dans l’ancien quartier  demanda la permission de réparer le puits fournissant le voisinage en eau, lequel était obstrué par les cadavres [8]. Ce n’est que plusieurs siècles après les événements que les chroniqueurs hébraïques commencèrent à chiffrer les victimes (150 000 dans le cas de Joseph ha-Cohen). Les historiens modernes, toujours prompts à mettre en doute les statistiques de l’époque pré-moderne, soulignent avec raison que de tels chiffres ne sont pas plausibles, et les remplacent par des estimations plus modestes, bien que tout aussi conjecturales. On peut réduire ces chiffres autant que l’on veut, mais on ne peut douter du fait que ces tueries et conversions avaient pour but de transformer la démographie religieuse de la péninsule Ibérique, ce en quoi elles furent un succès [9].
De nombreux éléments montrent qu’un grand nombre des acteurs des événements de 1391 partageaient une vision de la société chrétienne libérée de ses juifs : les cris de « la conversion ou la mort pour les juifs » qui accompagnaient les foules assiégeant les quartiers juifs, les sièges prolongés des fortifications où les juifs avaient dans certains cas trouvé refuge, les campagnes de conversion et d’expulsion menées par les responsables municipaux de villes telles que Barcelone dans les semaines suivant les massacres [10]. Autrement dit, aussi contingentes qu’aient pu être les causes, l’idée exprimée par les massacres et conversions de masse de 1391 était que la séparation d’avec le judaïsme, et même son élimination, étaient structurellement nécessaires à l’amélioration de la communauté chrétienne.
Contrairement aux émeutiers de la Semaine sainte, qui se contentaient de mettre en scène une vision de la perfection apocalyptique du monde, les activistes de 1391 cherchaient à réaliser cette perfection par l’élimination des juifs. Leurs efforts ne se limitèrent pas à cette année-là. Après 1391, dans les villes de Valence et de Barcelone, les gouvernements s’opposèrent à la restauration des colonies juives en puisant dans plusieurs registres de justification, qui allaient de la théologie politique à l’invocation de la sûreté publique [11]. Des prédicateurs se joignirent à ces efforts pour élargir les implications de « l’explosion utopique ». Peu après les émeutes, Antoni Rieri de Lérida fut accusé, entre autres, de prêcher que le temps de la prophétie était venu « où il fallait tuer les juifs, afin qu’aucun  ne demeure plus dans le monde [12] ». Antoni fut accusé d’hérésie, mais son eschatologie était irrécusable. Les lectures apocalyptiques de l’Épître aux Romains expliquaient depuis longtemps qu’à la fin des temps, une poignée de juifs justes se convertiraient au christianisme. Les autres, serviteurs de l’antéchrist, seraient tués. « L’erreur » qu’avait commise Antoni était seulement de croire que la première moitié de cette prophétie avait été accomplie par les événements de 1391.
D’un autre côté, Vincent Ferrer, un contemporain d’Antoni, était considéré comme saint de par sa conviction, légèrement différente, que le travail n’était pas encore accompli. Plutôt que de prêcher l’élimination des juifs, Vincent et ses partisans développèrent un programme pour le millénaire dont l’objectif était d’obtenir leur conversion complète ou leur ségrégation totale [13]. À partir de 1411-1416, Vincent encouragea et coordonna les efforts du Pape, des rois de Castille et d’Aragon, et d’innombrables conseils et officiers municipaux pour élaborer l’une des tentatives les plus abouties d’évangélisation de la période pré-moderne. Les juifs devaient être placés dans des quartiers totalement séparés. Même les contacts à caractère commercial entre juifs et chrétiens étaient strictement limités : dans certains villes, les chrétiens refusaient de vendre de la nourriture aux juifs [14]. Des communautés entières furent expulsées, et « des enfants moururent dans le froid et la neige ». Des années après ces événements, Abraham Zacuto les considérait dans ses écrits comme « la plus grande persécution jamais accomplie ». De même qu’en 1391, une des conséquences (pleinement anticipée) de ces persécutions fut la conversion massivededizainesdemilliersdejuifs [15]. L’ensembledelapopulationjuiveseconvertit dans de nombreuses villes et certaines, comme Alcañiz, obtinrent du roi une interdiction perpétuelle de résidence pour les juifs afin d’assurer la permanence de leurs gains spirituels [16].
Sans multiplier davantage les exemples, notons que les massacres et conversions massives de 1391 firent naître dans l’esprit des chrétiens de la péninsule Ibérique, peut-être pour la première fois depuis les Wisigoths au VIIe siècle, la possibilité d’un monde sans juifs. Ce monde parut sur le point de devenir réalité dans le quart de siècle qui suivit. Les juifs disparurent de plusieurs des plus grandes villes de Castille, Catalogne, Valence etMajorque. Ce furent des tempsd’exaltationpour une société chrétienne formée à associer le bruit des pas des juifs battant en retraite à celui des sabots de l’Apocalypse [17]. Mais ce fut aussi une époque dérangeante et déstabilisante sur deux points importants. Tout d’abord, la « disparition messianique des juifs » revenait à éliminer les représentants vivants d’un pôle négatif vital à la compréhension que les chrétiens avaient d’eux-mêmes. Ensuite, l’émergence de ce qui serait ensuite interprété comme une nouvelle classe religieuse, celle des « nouveaux chrétiens » ou conversos, provoqua un rétrécissement rapide de l’espace social qui séparait auparavant les chrétiens et les juifs, et par conséquent la perception de l’érosion des privilèges chrétiens.
Partager cet article
Repost0
6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 11:09

aschkel.info et lessakele

 

Le 06 Août 1942 - Le groupe précurseur de la brigade Juive est crée -Photos/documentaire

 

 

DOCAS

LE GROUPE DE LA BRIGADE JUIVE


Soldats du régiment de Palestine (les “Buffs”) de l’armée britannique, composé de volontaires de Palestine, lors d’exercices de DCA. Ce régiment fut le précurseur de la Brigade juive. Palestine, 14 octobre 1944.

Soldats du régiment de Palestine (les “Buffs”) de l’armée britannique, composé de volontaires de Palestine, lors d’exercices de DCA. Ce régiment fut le précurseur de la Brigade juive. Palestine, 14 octobre 1944.

— United States Holocaust Memorial Museum


 


ushmm.


A partir de 1920, la Grande Bretagne administra la Palestine au titre d'un mandat accordée par la Société des Nations. Les Britanniques avaient pour mission de faciliter la création d'une patrie juive moderne. A cause de l'opposition arabe à la création d'une patrie juive, les Britanniques refusèrent d'abord la création d'une unité de combat composée de volontaires juifs de Palestine. Cependant, pour répondre aux besoins en personnel et assurer la défense stratégique du Moyen Orient, ils permirent finalement la création de 15 bataillons juifs palestiniens. Ces unités furent incorporées à l'armée britannique en septembre 1940.

Les unités juives combattirent aux cotés des Alliés en Grèce en 1941 ; 100 Juifs palestiniens y furent tués et 1 700 furent faits prisonniers par les Allemands. Le 6 août 1942, l'armée britannique constitua un régiment palestinien à partir de trois bataillons juifs et d'un bataillon arabe palestinien. Ce régiment combattit en Egypte et en Afrique du Nord.

La Brigade juive de l'armée de terre britannique, qui combattait sous drapeau sioniste, fut officiellement créé en septembre 1944. Il comptait plus de 5 000 volontaires juifs de Palestine organisés en trois bataillons d'infanterie et diverses unités de soutien. Sous le commandement du général de brigade Ernest Benjamin, la Brigade juive combattit les Allemands en Italie à partir de mars 1945 et jusqu'à la fin de la guerre.

Après la capitulation allemande, la Brigade juive fut stationnée le long de la frontière italienne avec l'Autriche et la Yougoslavie et plus tard en Belgique et aux Pays-Bas. Certains de ses soldats aidèrent à créer les camps de personnes déplacéespour les survivants juifs de la Shoah. Ils s'impliquèrent également dans l'organisation de la fuite des réfugiés juifsd'Europe orientale et de leur entrée clandestine en Palestine. Des soldats, à titre individuel, acquirent des armes pour la Hagana, la principale organisation juive clandestine de défense en Palestine.

Les Britanniques procédèrent à la dissolution de la Brigade juive à l'été 1946. Quelque 30 000 volontaires juifs de Palestine avaient servi aux côtés des forces britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale. Plus de 700 furent tués alors qu'ils étaient en service actif.

 

Partager cet article
Repost0
29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 04:17

 

 

 

La " montée " en puissance de l'alya de France !

hamodia

  28 juillet 2010, 

Ce sont plus de 500 Olim de France qui s'apprêtent à réaliser ensemble cette semaine leur rêve de s'installer en Israël. Certains ont choisi "l'alya de groupe" devenue très populaire, d'autres vont s'installer avec leur famille, et d'autres enfin entameront leurs études. Comme l'a dit le grand rabbin Sitruk à certains d'entre eux, cette alya s'inscrit dans l'histoire même de notre peuple. Et comme l'explique Oren Tolédano, le délégué de l'Alya à l'Agence Juive en France, cette arrivée massive est le reflet d'une " remontée " en puissance de l'alya en provenance de l'Hexagone . 
« L'alya en hausse de 20 % en 2010 »
Directeur du département de l’alya à l’Agence juive en France, Oren Tolédano règle les derniers détails du « vol groupé » du 28 juillet organisé dans le cadre de l’« Alya Tapis rouge ». Pour Hamodia, il fait ici le point sur l’année 2010 et sur les enjeux et défis que veut relever son institution.
- Hamodia : Comment se présente pour l’instant le « cru 2010 » de l’alya de France ?
- Oren Tolédano : Fort bien ! À la fin du mois d’août, nous aurons en effet déjà quelque 20 % d’immigrants de plus que l’année dernière à la même époque, avec un total de 1 300 olim, dont 500 pour le seul départ groupé du mercredi 28 juillet. Et sauf imprévus, nous passerons la barrière des 2 000 « montées » à la fin 2010, le chiffre définitif devrant tourner entre 2 100 et 2 200 olim, contre 1 909 en 2009.
Pour l’Agence juive, c’est donc un bon cru, qui nous place dans la fourchette « haute » des moyennes de l’alya de France. Ce sera donc une confirmation du sursaut enregistré en 2009 après deux à trois années où nous avons plutôt stagné dans la « moyenne basse ».
Parmi les olim, les contingents de jeunes et de retraités restent stables, avec 400 à 500 départs en moyenne pour chacun de ces groupes. En réalité, la variable d’une année sur l’autre, c’est surtout le nombre de familles. Quand un groupe d’une dizaine de familles nombreuses de Villeurbanne s’apprête à faire son alya ensemble - comme c’est le cas cette année -, cela fait une grosse différence au niveau des chiffres globaux. De manière générale, l'alya familiale est en nette progression par rapport à la période 2007-2009. Surtout en été, qui est la période idéale puisque l’année scolaire est terminée en France et que cela permet d’être prêt pour celle de septembre en Israël.
- Où s’installent tous ces olim ? Existe-t-il des « tendances » dans ce domaine ?
- Depuis une dizaine d’années, la répartition reste assez stable au niveau de l'habitat, avec trois villes qui rencontrent un grand succès : Nétanya, Jérusalem et Ashdod. Mais il y a aussi Raanana qui attire beaucoup de familles aisées. Toutes ces villes sont désormais des pôles bien établis d’implantation des olim de France en Israël.
On note cependant une forte poussée de Tel-Aviv chez les jeunes, qui connaissent bien cette ville pour y avoir souvent passé des vacances et qui savent qu’ils pourront facilement y trouver du travail.
Ce sont là les principaux pôles francophones en Israël. Mais je n’oublie pas non plus « l’alya de groupe », notamment celle organisée avec succès par Chalom Wach (voir article) qui depuis déjà deux ans permet d'installer des familles à Hadera.
- Nathan Charansky, le président de l’Agence juive, explique régulièrement que le renforcement de l’identité juive en Diaspora doit être une priorité de l’institution. Confirmez-vous que c’est un objectif majeur ?
- C’est même déjà plus que cela puisque c’est un principe qui a été adopté lors du dernier Conseil des gouverneurs de l’Agence juive en juin dernier. Bien évidemment, l’alya va rester un pôle très important d’expression de l’identité juive, mais effectivement le discours de l’Agence juive à ce niveau-là va peut-être évoluer.
Il faut comprendre que la vision de Nathan Charansky est très influencée par la situation des communautés juives américaine et russe, où l’assimilation est galopante… L’idée, c’est de ne pas encourager l’alya à tout prix, mais d’en faire une étape d’un processus identitaire devenu plus clair. Il s’agit donc de d'abord renforcer l’identité juive, ce qui rend les communautés bien plus fortes. À leur tour, elles attirent alors plus de Juifs actifs, ce qui permet d’accroître le sentiment de proximité avec Israël et conduit bien évidemment une partie d’entre eux à faire leur alya. En fait, c’est là un processus dans lequel tout se tient !
- Les réalités communautaires russe et américaine sont-elles à ce point transposables en France ?
- Les enjeux sont différents ici. D’abord, parce que contrairement à ce qui se passe aux États-Unis, on n’y connaît pas les âpres débats qui opposent sans cesse orthodoxes, conservateurs et réformés. Et puis surtout, en France, l’identité juive de la communauté est déjà très forte !
Mais le fond du problème reste le même : que fait-on avec les Juifs qui n’ont aucun lien avec la vie communautaire ? Ce sont eux dont il faut renforcer l’identité, car une fois qu’ils sont très assimilés, je ne suis pas sûr que nous, à l’Agence juive, nous ayons les moyens d’aller les chercher et de leur proposer un projet d’alya…
- Alors, quel est le « réservoir » de l’Agence juive en France ? De combien de Juifs susceptibles de monter en Israël parle-t-on dans une communauté d’un demi-million de personnes ?
- C’est tout l’enjeu du problème ! Lorsque vous parlez avec les dirigeants communautaires, ils vous expliquent que ce chiffre de 500 000 Juifs ne veut pas dire grand-chose aujourd'hui. Car ce qui compte, c’est le nombre de personnes qui entretiennent un lien, même réduit au strict minimum, avec la communauté. Pour cela, on peut se baser sur l’affluence dans les synagogues au moment de la Neïla de Yom Kippour, quand même les gens habituellement les plus éloignés de la vie juive font l’effort de venir entendre le son du chofar. Eh bien, selon les estimations du SPCJ, on recense alors au maximum ce jour-là 180 000 personnes…
Le nombre potentiel d’olim est donc ce chiffre-là ; parce que l’on sait très bien qu’en dehors de circonstances qui deviendraient exceptionnelles, des gens non liés à la communauté ne vont pas monter en Israël !
Dans ce contexte, 2 000 olim par an, c’est un bon résultat. Mais cela ne doit pas empêcher de constater que la communauté juive de France ne cesse de se réduire en raison de l’assimilation. Je le constate tous les jours dans mes fonctions… C’est là un véritable fléau !

Partager cet article
Repost0
23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 17:36

 

 

 

Histoire - Le Saviez-vous ? la ville de Yavneh

À l'époque de la destruction du second Temple (le 9 Av 3828), une ville connut la célébrité dans le pays d'Israël ravagé. Non seulement le cruel général romain Vespasien l'épargna, mais il permit qu'elle devînt le centre de l'érudition juive.

Le grand sage Rabbi Yo'hanan ben Zackaï, constatant que la situation était sans espoir, décida de sortir de la ville assiégée afin d'essayer d'en sauver quelque chose. Il s'entendit avec ses fidèles disciples pour feindre d'être mort après une brève, mais « grave » maladie. Alors son corps serait porté hors de Jérusalem puisque le cimetière se trouvait au-delà des murs de la Ville Sainte. Cette ruse était nécessaire, car les zélés défenseurs de la capitale assiégée n'eussent permis à personne d'en sortir vivant.

Le plan se réalisa comme il avait été conçu. Une fois hors de la ville, Rabbi Yo’hanan ben Zackaï se rendit auprès du général romain Vespasien qui dirigeait le siège de Jérusalem, et s'adressa à lui en ces termes : « Que la paix soit avec toi, Majesté Impériale ! » Vespasien avertit le rabbin que ce qu'il disait là était de la haute trahison puisque l'empereur régnait à Rome et il lui demanda de s'en expliquer. La réponse du Sage fit une profonde impression sur le général : « Nos prophètes, dit-il, nous ont prédit la chute de Jérusalem entre les mains d'un homme au faîte de la puissance. » Il avait à peine achevé sa phrase que des messagers arrivèrent de Rome porteurs de la nouvelle : l'empereur était mort, et le Sénat avait élu Vespasien pour lui succéder. Les faits confirmaient les paroles que le Sage venait de prononcer. La sainteté et la sagesse de ce dernier ne pouvaient manquer de frapper Vespasien. Dans un élan de magnanimité, il demanda au Sage d'exprimer un désir, quel qu'il fût, il serait exaucé.

– Donne-moi Yavneh et ses érudits, fut la demande de Rabbi Yo'hanan.

Cette requête bizarre parut insignifiante à Vespasien. Pour le peuple juif c'était ni plus ni moins que le salut. Car, aussi longtemps que les Juifs avaient la possibilité d'étudier en paix la Torah, et, de plus, de disposer d'un centre spirituel bien à eux, une douce consolation s'insinuait dans une situation qui autrement eût été désespérée. Rabbi Yo'hanan se rendait bien compte que ce qui pouvait préserver le peuple juif de l'anéantissement c'était, plutôt que la forteresse matérielle, la forteresse spirituelle.

Vespasien fit droit à sa requête. Rabbi Yo'hanan ben Zackaï s'attela aussitôt à la tâche de fonder à Yavneh une grande académie. Ainsi, alors qu'il détruisait Jérusalem et le Saint Temple, Vespasien accordait, à son insu, un nouveau bail, pour ainsi dire, aux enfants d'Israël. Grâce à la prévoyance du Sage, la survie du peuple juif était assurée.

C'est ici, à Yavneh, que la terrible nouvelle de la destruction parvint au grand Rabbi Yo'hanan et à ses disciples. La catastrophe affligea profondément le peuple, mais ne le désespéra point. Chacun sentit tout le poids de la nouvelle responsabilité qui incombait à ce qui restait d'Israël. Il fallait, avec plus de ténacité que jamais, s'attacher à la Torah en tant « qu'arbre de vie ». Chacun se rendit compte que c'était là précisément le sévère châtiment provoqué par la non-observance des préceptes de la Torah.

Beaucoup de réfugiés vinrent à Yavneh, et le nombre des disciples s'accrut considérablement dans l'importante académie. La plupart des Sages furent sauvés, et Rabbi Yo’hanan fonda le Sanhédrine (la plus haute cour de justice) à Yavneh.

Soixante ans durant, cette ville fut le centre spirituel et vital du peuple juif. Là, fonctionna le Sanhédrine, l'instance la plus haute dans la vie juive. Beaucoup de lois et d'ordonnances importantes entrèrent en vigueur afin de sauvegarder et de renforcer l'existence précaire du peuple sous la domination des conquérants romains. En leur qualité de maîtres de générations nouvelles d'érudits décidés à perpétuer les traditions de notre peuple, l'activité des Sages fut déterminante. Le plus grand parmi les dirigeants illustres du peuple d'Israël à Yavneh fut Rabban Gamliel II, l'arrière-petit-fils d'Hillel.

Pendant cette période de brillante érudition à Yavneh, des mesures d'une portée considérable sont prises. Les prières quotidiennes reçurent leur forme définitive et furent destinées à se substituer aux sacrifices dans le Temple désormais en ruines. Le Targoum Onkelos, traduction de la Bible par Onkelos le Prosélyte (un membre de la famille royale à Rome), fut sanctionné. On jeta les bases de la Michna (qui fut finalement éditée par Rabbi Judah HaNassi), la Loi Orale qui devait réglementer la vie juive en toute circonstance.

Alors que le plus profond désespoir s'emparait des autres peuples – trop heureux quand ils ne disparaissaient pas tout à fait, écrasés qu'ils étaient par le « rouleau compresseur » romain –, les Juifs, eux, tenaient bon, grâce à la force spirituelle qui les animait et à la conviction inattaquable que D.ieu rachèterait son peuple et reconstruirait Jérusalem et le Beth-Hamikdache, à condition qu'Israël demeurât fidèle au Créateur et à sa Torah.

L'oppression romaine, de plus en plus intolérable, devait conduire à la révolte de Bar-Kokhba, quelque cinquante ans après la Destruction. La révolte échoua et fut cause d'un surcroît de souffrances. Yavneh était cette fois détruite, mais le Sanhédrine installa son quartier général dans la ville d'Oucha où il continua à siéger comme auparavant.

Nous n'avons parlé de Yavneh qu'au jour où elle commença à être célèbre. Elle n'a cependant pas cessé d'exister de longues années auparavant. À l'époque du premier Temple, Ouziah, roi de Juda, enlève Yavneh aux Philistins. Elle avait été une ville fortifiée et servait aux Philistins de point de départ pour leurs attaques contre Juda. Ouziah fit tomber ses murs ; la menace qu'elle constituait cessa du coup.

Beaucoup d'années plus tard, au temps des Macchabées, Yavneh est à nouveau une ville fortifiée pourvue d'un port. Sa population ne nourrit pas des sentiments particulièrement amicaux à l'égard du peuple juif. Judah Macchabée détruit le port et son frère Siméon qui lui succède s'empare de la ville. Les Juifs commencent à s'y installer fort nombreux sous le règne d’Alexandre Yannaï.

Quand Pompée soumit Juda lors de la guerre civile provoquée par les successeurs d'Alexandre, il fit de Yavneh une ville libre. Plus tard, l'empereur Auguste la donna à Hérode qui en fit don à sa sœur Salomé. Celle-ci, à son tour, l'offrit à l'impératrice Lyvie. Yavneh devenait ainsi propriété privée d'Auguste.

La ville continua à compter une population juive fort nombreuse jusqu'à la destruction du Beth-Hamikdache ; elle est alors à son apogée, et, comme nous l'avons dit, la ville la plus importante du pays.

Yavneh est mentionnée par le célèbre voyageur Benjamin de Tudèle en 1172, lors de sa visite aux ruines de l'illustre académie.

Partager cet article
Repost0
27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 00:12

 

Par occam

pour aschkel.info et lessakele

 

De l'esprit des lois, Montesquieu (1748) - "je remarquerai, en passant, combien on s'est joué de cette nation [juive] d'un siècle à l'autre".
 

 

http://www.amazon.fr/lesprit-lois-2-Montesquieu/dp/2080703269/ref=sr_1_6?ie=UTF8&s=books&qid=1277563551&sr=8-6
Livre XXI, Chapitre XX, Comment le commerce se fit jour en Europe à travers la barbarie - extraits :
  

 

"La philosophie d'Aristote ayant été portée en occident, elle plut beaucoup aux esprits subtils, qui, dans les temps d'ignorance, sont les beaux esprits. Des scolastiques s'en infatuèrent, et prirent de ce philosophe bien des explications sur le prêt à intérêt, au lieu que la source en était si naturelle dans l'évangile ; ils le condamnèrent indistinctement et dans tous les cas. Par là, le commerce, qui n'était que la profession des gens vils, devint encore celle des malhonnêtes gens : car, toutes les fois que l'on défend une chose naturellement permise ou nécessaire, on ne fait que rendre malhonnêtes gens ceux qui la font.
    Le commerce passa à une nation pour lors couverte d'infamie ; et bientôt il ne fut plus distingué des usures les plus affreuses, des monopoles, de la levée des subsides, et de tous les moyens malhonnêtes d'acquérir de l'argent.
    Les Juifs, enrichis par leurs exactions, étaient pillés par les princes avec la même tyrannie : chose qui consolait les peuples, et ne les soulageait pas.
    Ce qui se passa en Angleterre donnera une idée de ce qu'on fit dans les autres pays. Le roi Jean ayant fait emprisonner les Juifs pour avoir leur bien, il y en eut peu qui n'eussent au moins quelque oeil crevé : ce roi faisait ainsi sa chambre de justice. Un d'eux, à qui on arracha sept dents, une chaque jour, donna dix mille marcs d'argent à la huitième. Henri III tira d'Aaron, juif d'York, quatorze mille marcs d'argent, et dix mille pour la reine. Dans ces temps-là, on faisait violemment ce qu'on fait aujourd'hui en Pologne avec quelque mesure. Les rois ne pouvant fouiller dans la bourse de leurs sujets à cause de leurs privilèges, mettaient à la torture les Juifs, qu'on ne regardait pas comme citoyens.
    Enfin, il s'introduisit une coutume, qui confisqua tous les biens des Juifs qui embrassaient le christianisme. Cette coutume si bizarre, nous la savons par la loi qui l'abroge 
(édit donné à Baville, le 4 avril 1392). On en a donné des raisons bien vaines ; on a dit qu'on voulait les éprouver, et faire en sorte qu'il ne restât rien de l'esclavage du démon. Mais il est visible que cette confiscation était une espèce de droit d'amortissement, pour le prince ou pour les seigneurs, des taxes qu'ils levaient sur les Juifs, et dont ils étaient frustrés lorsque ceux-ci embrassaient le christianisme. Dans ces temps-là, on regardait les hommes comme des terres. Et je remarquerai, en passant, combien on s'est joué de cette nation d'un siècle à l'autre. On confiscait leurs biens lorsqu'ils voulaient être chrétiens ; et, bientôt après, on les fit brûler lorsqu'ils ne voulurent pas l'être."

Partager cet article
Repost0
18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 15:52

Par Univers Torah

 

Merci à Univers Torah

 

 
Synagogue Ibn 'Ezra au Caire
La Guéniza du Caire (hébreu : (Guenizat Qahir) est un dépôt d'environ 200 000 manuscrits juifs datant de 870 à 1880, dont l'étude systématique a été entreprise à la fin du XIXe siècle par le professeur Solomon Schechter dans la Guéniza de la Synagogue Ben Ezra du Caire, en Égypte. 

En 1897 alors qu'une partie des manuscrits sont déjà dispersés dans diverses bibliothèques du monde (Saint-Petersbourg, Paris, Londres, Oxford, New York), les 140 000 derniers fragments sont transférés par Schechter à l'université de Cambridge. 

Ces textes sont écrits en hébreu, arabe et araméen sur des supports variés (vélin, papier, tissu ou papyrus). Les thèmes abordés sont très divers (traductions de la Bible, copies de la Torah, grammaires hébraïques, commentaires sur les cinq livres de la Torah, etc.). Certains textes apportent également de nombreuses informations sur le Rambam ainsi que sur d'autres nombreux Richonim (Rachi, Rachba, Rambane....).


1. Découverte et emplacement  


 
Rabbi Ya'akov Sapir
L'importance de la Guéniza du Caire a été reconnue pour la première fois par Rabbi Ya’acov Sapir, grand voyageur et chercheur (1822-1886). 

Mais c'est surtout vers la fin de ce siècle que le travail de Solomon Schechter a attiré l'attention des érudits et du public sur les trésors qu'elle contenait. 

Ces documents ont maintenant été archivés dans plusieurs bibliothèques en Amérique et en Europe. 

La collection Taylor-Schechter de l'Université de Cambridge comprend 140 000 manuscrits; 40 000 autres se trouvent au Jewish Theological Seminary of America. 

La Bibliothèque de la John Rylands University à Manchester contient elle aussi une collection de plus de 11 000 fragments, en cours de numérisation pour être téléchargés vers une archive en ligne.


2. Contenu et importance  


 
Reproduction d'une maquette de la Guéniza du Caire
La pratique couranteet normale pour lesGuénizote (pluriel de Guéniza) était d'en enlever de temps à autre le contenu et de l'enterrer dans un cimetière (documents qui gardent leur sainteté mais qui ne peuvent plus avoir une utilité quelconque vu le délabrement dans lequel ils se trouvent). 

Bon nombre de ces documents ont été écrits en langue arabe mais en utilisant l'alphabet hébraïque. Celle-ci étant considérée comme sacrée, son écriture ne devra en aucune manière être détruite, et cela longtemps même après que le document ait été jugé hors d’usage. Les Juifs qui ont écrit les nombreux documents trouvés dans la Guéniza connaissaient bien la culture et la langue de la société de leur temps.

 
Fragment d'une Kétouba datant de 1641
 
Fragments de chèques datant de 1600

Ces fragments écrits ont une valeur inestimable pour établir comment on parlait et on comprenait l'arabe à cette époque. Ils prouvent aussi que les Juifs qui les ont créés étaient pleinement intégrés dans la société de leur temps : ils pratiquaient les mêmes métiers que leurs voisins musulmans et chrétiens, y compris l'agriculture; ils achetaient des propriétés à leurs contemporains, leur en vendaient ou leur en louaient. 


Professeur Shlomo Dov Goitein
On ne saurait exagérer l'importance d'un tel matériel quand il s'agit de reconstituer l'histoire sociale et économique pour la période située entre 950 et 1250 pour le peuple juif. 

Un spécialiste des manuscrits, le professeur Shlomo Dov Goitein, a consacré sa vie à créer pour cette période de temps un index qui rassemble environ 35 000 individus. On y trouve environ 350 grandes personnalités parmi lesquelles Maimonide et son fils Abraham, et 200 familles parmi les mieux connues ; il y est fait mention de 450 professions et de 450 sortes de biens. 

Il a identifié des objets en provenance d'Égypte, d’Erets Israël, du Liban, de Syrie, de Tunisie, de Sicile et même issus du commerce avec l'Inde. Les villes mentionnées vont, d'est en ouest, deSamarkand (l’Ouzbékistan actuel, en Asie centrale) à Séville (Espagne) et Sijilmassa(Maroc) ; du nord au sud de Constantinople (aujourd'hui Istanbul, en Turquie) à Aden(Yémen) ; l'Europe n'est pas seulement représentée par les ports méditerranéens deNarbonneMarseilleGênes et Venise, car même Kiev et Rouen sont quelquefois mentionnés. 

Le matériel retrouvécomprend un grand nombre de livres (dont ceux des Guéonim et des Richonim), la plupart sous forme de fragments ; le nombre de leurs feuilles est estimé à 250 000. 

Le matériel non-littéraire, qui comprend des documents judiciaires, des écrits juridiques et la correspondance de la communauté juive locale sont en nombre un peu moins grand, mais impressionnant tout de même. Le professeur Shlomo Goitein a estimé qu'il y avait « environ 10,000 documents d'une certaine longueur, dont 7,000 sont des unités indépendantes assez importantes pour être considérées comme les documents de valeur historique. Seule une moitié d'entre eux a été conservée plus ou moins complètement». 

 
Lettre autographe de 
Rabbi Avraham fils du Rambam
Le nombre de documents qui s'est ajouté à la Guéniza a varié au fil des années en fonction des heurs et malheurs que connaissaient les Juifs. 

Par exemple, le nombre de documents ajoutés a été le plus bas en 1266 et il s'est accru vers 1500 quand la communauté locale a été renforcée par des Juifs expulsés d'Espagne suite au Décret de l'Alhambra. 

Ce sont en particulier eux qui ont apporté au Caire plusieurs documents qui jettent un nouvel éclairage sur l'histoire des Khazars, à savoir la Correspondance khazare (entre Hasdaï ben Shatprut, vizir juif du calife de Cordoue Abd al-Rahman III, et Yossèf, souverain des Khazars. 

La Guéniza a continué à être utilisée jusqu'au moment où elle a été vidée par les chercheurs occidentaux éblouis de ce qu'ils y trouvaient. Il n'est pas surprenant que ces documents - pour la plupart en hébreu, araméen ou judéo arabe - provenant de centres très éloignés de la vie juive, aient été retrouvés dans la Guéniza du Caire. Entre leXe et le XIIIe siècle, l'Egypte - située au carrefour des grandes routes commerciales - était un centre d'activité dans tous les domaines. Y affluaient également périodiquement des réfugiés d'Espagne fuyant l'Inquisition, tandis que d'autres arrivaient de la Terre Sainte pour échapper aux Croisés. Découverts par hasard dans un grenier poussiéreux, les papiers de la Guéniza du Caire fournissent une documentation fascinante sur la vie méditerranéenne au moyen-âge. Des échantillons de ces documents - qu'il s'agisse des minutes d'un tribunal ou de contrats de dettes courants - sont aujourd'hui exposées au Musée d'Israël à Jérusalem.
Partager cet article
Repost0
2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 22:33

 

 

 

La tragédie du Struma ou quand la Turquie a laisse sombrer 769 juifs en mer 

Par Myriam Esther

 pour Aschkel.info et Lessakele

 
Je me demande quelle aurait été la réaction internationale suite a cette tragédie ?



Rappel des faits : 


Le port roumain de Constanza, sur la Mer Noire, était un lieu d’embarquement important pour les Juifs qui tentaient de quitter l’Europe pour la Palestine. Des milliers de Juifs, cherchant désespérément à échapper aux Allemands, se rendirent en bateau de Constanza en Palestine en passant par la Turquie, malgré les restrictions britanniques à l’immigration. 



Le 12 décembre 1941, le Struma quitte le port roumain de Constanta pour Istanbul. Le moteur tombe plusieurs fois en panne, le navire doit retourner à Constanta, repartir, et le voyage de 176 milles marins, qui normalement dure 14 heures, dura 4 jours. Le 16 décembre, le Struma arrive dans le port turc de Büyükdere, au nord du Bosphore, mais les autorités turques interdisent tout débarquement, à l'exception de 8 passagers qui avaient déjà des visas britanniques pour la Palestine, obtenus à Bucarest, et d'une femme sur le point d'accoucher. Puis le Struma est mise en quarantaine. En dehors des soldats turcs devant garder le bateau, seules trois personnes seront autorisées à monter à bord : Simon Brod et Rifat Karako, personnalités de la communauté juive d’Istanbul, et N.G. "Dan" Malioğlu, représentant du Service maritime roumain à Istanbul (et membre de l'"Étoile du Danube"). Mais même ces personnes durent attendre dix jours pour être autorisés à distribuer aux passagers la nourriture chaude, achetée par elles grâce aux 10 000 dollars envoyés par le Comité juif américain au grand rabbinat d’Istanbul.


Avec l'aide de la Croix-Rouge, Brod, Karako et Malioğlu ravitaillent les passagers et tentent d'obtenir une solution, démarchant les pays neutres, les Soviétiques et les Britanniques, mais les conditions de vie à bord se détériorent. Il y avait parmi les passagers des médecins, et Malioğlu a pu leur fournir certains médicaments. Le 10 janvier, le capitaine Garabetenko envoie une lettre alarmée aux autorités turques et à l'ambassade britannique, et le 19 janvier, l'Agence juive demande aux autorités mandataires britanniques d'accepter les réfugiés. Après soixante-trois jours d’une terrible attente, le 13 février, Moshe Shertok obtient des Britanniques l'octroi de 28 titres de voyage pour les enfants âgés de 11 à 16 ans. Mais les autorités turques refusèrent de lever la quarantaine.

Mais les autorités turques refusèrent de lever la quarantaine.

Mis au courant de ce refus, les passagers du Struma pendirent des deux côtés du bateau de grands draps où étaient écrits (en grandes lettres et en français) “Immigrants juifs”. Ils hissèrent également un drapeau blanc sur lequel était écrit : “Sauvez-nous”. Le 23 février, environ 200 policiers maritimes turcs encadrèrent le Struma, menaçant de tirer sur quiconque tenterait de se jeter à l'eau, et arrachèrent les draps. Les autorités portuaires ordonnent au navire d'appareiller, mais après que les mécaniciens eurent saboté la machine de manière à rendre ses pannes irréparables, la marine turque remorqua le Struma en Mer Noire .

Le 24 février 1942, à 2 heures du matin, il fut coulé par un sous-marin soviétique. Lorsque des canots de sauvetage arrivèrent sur le lieu du naufrage, il ne restait plus des passagers que quatre corps qui flottaient. David Stoliar, un jeune homme âgé alors de 19 ans, fut le seul survivant de cette tragédie. Après avoir reçu des soins dans un hôpital militaire turc, Stoliar fut emprisonné dans une cellule de la direction de la police turque à Istanbul et interrogé pendant deux semaines. Lorsqu’il demanda ce qu’on lui reprochait, on lui répondit qu’il était “entré en Turquie sans visa”. Il fut finalement remis en liberté et Simon Brod, qui l’avait accueilli, lui expliqua que c’était un miracle d’avoir survécu à ce naufrage, mais qu’en réalité le véritable miracle, c’était qu’il soit ressorti vivant des griffes des autorités officielles turques alors qu’il était l’unique témoin de ce drame..

Le gouvernement turc ne s’exprima qu’une seule fois sur la tragédie du Struma et ce fut pour dire que la Turquie n’avait “aucune responsabilité dans cette catastrophe” et que la seule chose qu’elle avait faite avait été d’“empêcher des individus de pénétrer illégalement sur son territoire”
Partager cet article
Repost0

Traducteur/translator

 

 

France  ISREAL  English

Recherche

logo-lien-aschkel-copie-1.jpg

 

France  ISREAL  English
Traduire la page:
By
retour à l'acueil

------------------------------------- 

 

Communication and Information

 

Vous souhaitez 

- proposer un article ?
 - communiquer une info ?

Contactez la rédaction

bOITE-a-mail.jpg

-------------------------------

 

Nous remercions par avance tous ceux

qui soutiendront le site Aschkel.info

par un don

icone paypal

Paiement sécurisé


Consultez les dossiers

Archives

Mon livre d'or

 

 Livre_dor

 


 

Visites depuis la création du site


visitors counter

Catégories