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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 12:22
LE MONT SINAILa rencontre entre Hachem et les Juifs au Mont Sinaï a été un événement totalement unique dans toute l’histoire humaine.


Auteur : Le Rabbin Ken Spiro
pour : lamed
Traduction : Jacques Kohn
Adapté par Aschkel

On définit souvent Pessa‘h comme la fête de la liberté. Et la liberté, dans les démocraties occidentales, est généralement comprise comme l’aptitude à faire ce que l’on veut sans qu’un pouvoir despotique nous dicte notre conduite. Ce n’est cependant pas ainsi que la Bible et le judaïsme définissent la liberté.

L’idée juive de liberté est le mieux résumée par une expression célèbre : « Louez les serviteurs de Dieu qui ne sont pas les serviteurs de Pharaon. » Cela veut dire que la liberté est considérée comme un moyen vers une fin, et non comme une fin en soi. Elle consiste à être libre de l’emprise d’une autorité despotique afin de se tenir au pied du Mont Sinaï et d’assumer une certaine responsabilité.

Qu’est-il arrivé au Mont Sinaï ?

 Coucher de soleil sur le mont Sinaï

On peut répondre  succinctement que chaque homme, chaque femme et chaque enfant du peuple juif y a rencontré Dieu.

Ce fut un événement totalement unique dans toute l’histoire humaine. La Bible elle-même énonce dans "Deutéronome 4, 33" que cela n’est jamais arrivé nulle part ailleurs. Vous aurez beau relire tous les livres d’Histoire, vous ne trouverez jamais une histoire similaire de Dieu parlant à tout un peuple.

Toutes les autres revendications dans l’histoire humaine qui prétendent à une révélation divine sont basées sur l’expérience d’un individu unique, ou au mieux d’un petit groupe d’initiés. L’islam, par exemple, est fondé sur les enseignements de Mahomet qui a annoncé que Dieu s’est adressé à lui dans une grotte et lui a révélé les enseignements contenus dans le Coran.

L’assertion du judaïsme est la seule qui ne puisse pas être truquée.

La notion d’une rencontre d’un peuple entier avec Dieu est rigoureusement spécifique au judaïsme. Et c’est la seule assertion qui ne puisse pas être truquée. Je peux prétendre, par exemple, que j’ai vu Dieu la nuit dernière et qu’Il m’a parlé. Si je suis suffisamment charismatique et que vous soyez assez crédules, vous pourrez croire que je suis un prophète. Mais je ne parviendrai jamais à vous convaincre que vous avez vu quelque chose dont vous savez pertinemment que vous ne l’avez pas vue.

Nous autres Juifs disons que nous avons observé la Tora pendant des milliers d’années, non pas à cause de miracles ou d’autres phénomènes surnaturels qui auraient traversé l’histoire juive, mais parce que nous nous sommes tous tenus au pied du Mont Sinaï et que nous avons entendu Dieu parler. Ce message ayant été transmis de génération en génération.

L’histoire de la survie du peuple juif est dans une large mesure celle de ce qu’on a appelé chalchéleth hakabbala le processus de transmission de la Tora d’une génération à la suivante.

 

UNE NATION EST NEE

 

Au Mont Sinaï le peuple juif est devenu une nation. Ce fut là une nouvelle fois un événement unique qui en dit long sur le peuple juif. En quoi a-t-il été si unique ?

Examinons la manière dont les Français sont devenus des « Français ». Se sont-ils tous réveillés un beau matin pour décider collectivement qu’ils aimaient le vin blanc et le fromage persillé et qu’ils allaient parler français ? Absolument pas. Le processus a été long et, comme pour toutes les autres nations, il a concerné un peuple qui vivait dans une zone géographique spécifique pendant un long laps de temps et qui partageait une langue et une culture communes nées d’une expérience historique partagée. En fin de compte, ce peuple s’est constitué autour d’une entité politique et d’un gouvernement, dirigé par un roi, ils ont défini leurs frontières, fait flotter un drapeau, battu monnaie, et ils se sont appelés la France.

Nous sommes devenus une nation dans les pires conditions, conçues pour effacer toute identité culturelle ou historique.

Chez les Juifs, le processus de transformation en une nation a commencé en dehors de leur patrie, sous l’esclavage et dans les pires conditions, conçues pour effacer toute identité culturelle ou historique. Les Juifs ne sont pas devenus une nation en promettant fidélité à l’Etat d’Israël. Une bande disgracieuse d’esclaves en fuite est devenue une nation dressée au pied de Mont Sinaï disant à Dieu: « Nous ferons et nous écouterons ! » Ils s’engageaient ainsi à exécuter les commandements de la Tora et à apprendre à assumer la mission qui allait avec.

Abraham avait dit, de nombreuses générations auparavant : « Je choisis de vivre, et de mourir si nécessaire, pour la réalité de Dieu. » Ses descendants ont pris le même engagement.

Voilà comment les Juifs sont devenus la nation d’Israël.

C’est pourquoi nous disons que le judaïsme n’est pas seulement une religion il est une identité nationale. Etre juif, ce n’est pas comme être chrétien. Le christianisme est exclusivement une croyance religieuse. On peut être britannique, américain, français et rester chrétien.

Il n’en va pas ainsi chez les Juifs.

Il est vrai que les Juifs peuvent devenir citoyens des pays dans lesquels ils vivent, où ils ressemblent souvent à leurs compatriotes et se comportent comme eux. Mais il n’en demeure pas moins qu’eux-mêmes et les autres savent qu’ils sont différents. S’ils choisissent de nier ce fait, le reste du monde se chargera de le leur rappeler.

Etre un Juif signifie appartenir à un peuple et une nation distincts, qui possède une terre, une langue, une histoire et une mission universelle.

Plus important, les Juifs ont un rapport spécifique avec Dieu qui ne se situe pas seulement au niveau spirituel et religieux, mais qui embrasse tous les domaines de l’existence et dicte la manière de vivre à chaque seconde de la vie, ce qui est unique dans le monde.

L’identité nationale juive a été forgée par l’expérience au Mont Sinaï où nous nous sommes engagés à exécuter une mission, et à mener un mode de vie spécifique, conforme aux commandements de la Tora, qui est le guide pour accomplir cette mission à un niveau personnel et national.

 

LE SCRIBE ULTIME

 

Après la révélation d’origine, Moïse a passé quarante jours à écouter Dieu qui s’adressait à lui, et lui dictait les "613 commandements de la Tora" (qui sont contenus dans Dix « Paroles », souvent appelées les « Dix Commandements »), et aussi les principes sur la manière d’appliquer ces commandements (ce que l’on nomme la Loi Orale).

Il est à noter que la Loi Orale a été donnée en premier, et qu’elle appartient exclusivement aux Juifs. Les Chrétiens ont adopté la Loi Ecrite, la Tora et d’autres parties de la Bible hébraïque font partie de leurs Ecritures mais la Loi Orale est restée uniquement juive. Parce que c’est la Loi Orale qui nous dit comment vivre en tant que Juifs.

Je n’insisterai jamais assez sur l’importance de la Loi Orale. On ne peut vivre en Juif sans elle.

Je n’insisterai jamais assez sur l’importance de la Loi Orale. On ne peut vivre en Juif sans elle. Cette affirmation développera toute son importance quand nous aborderons les sectes juives de renégats qui fleuriront plus tard dans l’histoire.

La Loi Ecrite a été écrite sur une période de quarante ans tandis que les Juifs erraient dans le désert et que Dieu la dictait à Moïse. La Tora contient de nombreux documents qui évoquent ce qui leur est arrivé au cours de leurs pérégrinations et dont il est manifeste qu’ils n’ont pas été révélés au Mont Sinaï, car sinon il ne pourrait y avoir eu de libre-arbitre.

Bien que la Tora, la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et les Deutéronome soient appelés les Cinq Livres de Moïse, ce n’est pas Moïse qui en a été l’auteur. Moïse en a été le scribe, le scribe ultime. Dieu a dicté à Moïse.

Mais il est très clair, et la Bible le répète souvent, que Moïse a été unique parmi tous les prophètes.

"Et il ne s’est plus levé de prophète en Israël comme Mochè, que Dieu ait connu face à face" (Deutéronome 34, 10).

La prophétie signifie qu’un être humain est capable de transcender à un niveau plus élevé de réalité spirituelle, et que ce niveau dépend, bien sûr, de l’expérience directe de l’infini par le prophète. La plupart des prophètes obtenaient une vision et transcrivaient cette vision en des mots. La prophétie de Moïse a été unique en ce que Dieu lui parlait. Il « entendait » Dieu directement.

La Tora est considérée comme une dictée directe, ce qui explique que les cinq Livres de Moïse occupent une position unique parmi tous les livres sacrés du peuple juif et détiennent une autorité exceptionnelle dans le monde juif.

Avec les "Dix Commandements" en main, Moïse est descendu de la montagne, et ce qu’il a vu l’a indigné à un point tel qu’il a lâché les tables de pierre. Au bas de la montagne, là où ils venaient de rencontrer Dieu quelques semaines avant, les Juifs adoraient une idole en violation directe de la loi qui venait de leur être donnée.

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 12:57
Les vrais sauveurs des Juifs soviétiques ?
Par SHEILA SILVER 
18.01.10

.jpost.com


Quarante ans ont passé depuis les premières manifestations de l'Union nationale des étudiants israéliens, organisées à l'Université hébraïque de Jérusalem par une poignée de meneurs déterminés. Des manifestations qui ont servi de catalyseur, poussant le gouvernement israélien et l'Agence Juive à initier la campagne mondiale en faveur des Juifs soviétiques. Mais, comme toujours, les véritables héros restent dans l'ombre, et d'autres s'attribuent le mérite de l'affaire. "La réussite a de nombreux parents, mais l'échec est orphelin", disent les Américains. Or cette histoire compte sans doute parmi les plus belles réussites de notre temps.
En mai 1969, Yona Yahav, étudiant à l'Université hébraïque de Jérusalem et président de l'Association nationale des étudiants israéliens, suggère à Zvi Raviv, un autre étudiant, de créer un comité de soutien aux Juifs d'URSS, qui subissent des persécutions. Devant la surprise de Raviv, qui ignore tout du problème, Yahav lui propose de rencontrer un nouvel immigrant russe à Tel-Aviv.

“Laissez sortir mon peuple” : tel est le slogan inscrit sur les pancartes brandies, à travers le monde, dans toutes les manifestations contre le traitement infligé par l’URSS aux Juifs. 
PHOTO: JPOST

Raviv accepte, à condition qu'ils n'y passent pas toute la soirée et qu'ils aillent retrouver des amis ensuite. Ils se rendent donc dans la métropole côtière où ils rencontrent Dov (Boris) Sperling. Ce que leur relate ce dernier sur la situation des Juifs d'Union soviétique les stupéfie à tel point qu'ils en oublient l'un comme l'autre les amis qui les attendent. Sperling leur raconte des histoires de persécution et de départ en exil vers la glaciale Sibérie, à bord de longs trains, des histoires qui réveillent chez les deux auditeurs le souvenir hérité d'une époque pas si lointaine où l'on persécutait les Juifs et où on les conduisait dans des wagons à bestiaux vers les chambres à gaz.

De retour à Jérusalem, les deux jeunes gens réfléchissent à ce qu'ils viennent d'entendre : ils en arrivent à la conclusion que ces récits renferment une grande part d'exagération. Aussi passent-ils plusieurs semaines à se documenter sur le sujet et à vérifier chacun des détails fournis par Sperling. Ils doivent se rendre à l'évidence : Sperling n'a rien inventé. Il n'a dit que la vérité.

Mais que fait l'Etat ?

Une question se pose alors à eux : pourquoi le gouvernement israélien, qui ne peut ignorer la situation, ne cherche-t-il pas à la faire connaître et se contente-t-il de timides actions sans impact et de démarches diplomatiques courtoises ?

Conscients de l'extrême nécessité de sauver les Juifs d'URSS, Raviv et Yahav initient un mouvement à l'Université hébraïque. Ils défilent à la tête de manifestants porteurs de pancartes qui proclament : "Laissez sortir mon peuple !", faisant écho aux paroles bibliques de Moïse, soucieux de libérer les enfants d'Israël.
En apprenant leur intention d'interrompre les cours une heure durant et d'appeler l'ensemble des étudiants à protester, le recteur de l'université s'alarme et appelle Raviv à son bureau. Il lui explique qu'il est interdit de manifester dans l'enceinte du campus et de troubler l'organisation des cours. La grève d'une heure doit donc être annulée.

Sans se démonter, Raviv lui répond que si l'université interdit la manifestation, le corps étudiant se mobilisera pour faire grève une journée entière. De mauvaise grâce, le recteur se résigne donc à tolérer la manifestation d'une heure. Celle-ci est retransmise à la radio, dans la très populaire émission Bahatzi Hayom, et attire l'attention du Shin Bet. Les Services généraux de sécurité israéliens contactent les trois leaders (Avi Plaskow s'est joint aux deux premiers) pour les encourager à renoncer à leur mouvement de protestation.

Les trois jeunes gens ne se laissent pas intimider, bien au contraire, et demandent un entretien au chef du gouvernement. A leur grande surprise, Golda Meïr leur accorde un rendez-vous de 20 minutes. C'est ainsi que Raviv, Yahav et Plaskow se retrouvent dans le bureau du Premier ministre, qui leur explique que le gouvernement a choisi la voie diplomatique douce pour venir en aide aux Juifs d'URSS. Faire trop de vagues mettrait en danger les Juifs vivant sous le régime communiste, explique Golda Meïr. Puis elle les reconduit poliment vers la sortie, convaincue que ses paroles ont fait mouche. Elle se trompe.
"Mme Meïr", lui déclare Raviv, "nous allons continuer à manifester, à brandir des pancartes et à envoyer des cartes postales, parce que, dans vingt ans, quand j'aurai des enfants et qu'ils me demanderont ce que j'ai fait pour sauver les Juifs d'Union soviétique, je veux pouvoir leur répondre. Contrairement à la génération de mon père, qui n'a rien fait et a vu mourir six millions de Juifs."

- Vous ne connaissez pas notre histoire, jeune homme, rétorque Golda Meïr, surprise par tant d'insolence. Nous avons envoyé des parachutistes en Europe.
- A la vérité, Madame, je suis étudiant en histoire. Nous avons envoyé 37 parachutistes, dont la majorité n'a pas réussi à échapper à l'ennemi, répond Raviv.
- A l'époque, nous n'avions pas de pays, se défend Golda Meïr.
- Certes, mais maintenant, nous en avons un, riposte Raviv.
D'une mentalité
de diaspora vers la conscience d'un Etat

Ce jour-là, dans le bureau du Premier ministre d'Israël, Raviv, à son grand désarroi, vient de s'apercevoir qu'il ressent la même angoisse qu'ont dû éprouver, avant lui, ceux qui se sont levés pour résister en tant que Juifs. Apparemment, vingt ans après la Shoah, et presque autant pour la création de l'Etat, Golda Meïr n'avait toujours pas assimilé que la mentalité de diaspora n'était plus de mise. Les paroles de Raviv vont lui en faire prendre conscience.

Golda Meïr reconduit alors les trois jeunes gens dans son bureau. Là, elle leur pose des centaines de questions sur la stratégie à adopter, la faisabilité de l'entreprise, et commence à réfléchir sur les façons d'éduquer et d'assimiler un nombre d'immigrants potentiels aussi considérable. Pour chacune de ses questions, Yahav (aujourd'hui maire de Haïfa) sort des dossiers remplis de chiffres et de propositions. Au lieu des 20 minutes initialement allouées, les trois étudiants restent près d'une heure et demie avec le Premier ministre.

En sortant, plus que jamais convaincus que leur houtzpa était justifiée, Raviv, Yahav et Plaskow comprennent à quel point Golda Meïr les a pris au sérieux lorsqu'ils découvrent les visiteurs qui, à bout de patience, attendent à la porte : Yigal Allon, vice-Premier ministre, et Zvi Zamir, chef du Mossad, quelque peu surpris de voir ces trois étudiants quitter le bureau en aussi bons termes avec le Premier ministre. Trois jours plus tard, la secrétaire personnelle de Golda Meïr, Adi Yafé, appelle Yahav pour informer l'organisation estudiantine que le Cabinet s'est réuni en session extraordinaire : il a voté pour "rendre public" le combat en vue de sauver les Juifs soviétiques et de les ramener à la maison.
Par la suite, le Premier ministre accepte d'apparaître sur une scène en compagnie d'anciens refuzniks et de plaider publiquement pour l'aliya des Juifs d'URSS. Le gouvernement la suit, tant sur le plan diplomatique et financier qu'émotionnel.


La campagne devient alors mondiale. Les différentes communautés et organisations juives commencent à faire pression sur le gouvernement soviétique, sous la banière : "Laissez sortir mon peuple !". Au programme : organisation de manifestations silencieuses à l'occasion des événements culturels russes, envoi de cartes postales aux ambassades d'Union soviétique pour exiger la liberté de quitter le pays, sans parler du merveilleux mouvement que lance la SACSJ (Student and Academic Campaign for Soviet Jewry) à Londres, "Hands accross the Embassies".


D'une campagne nationale à un éveil international

En 1977, avec le Keren Hayesod, Raviv organise la première mission de jeunes dirigeants de communautés de30 pays, le "Yahdav". A cette occasion, il rencontre Avital Sharansky, qui lui parle de son mari emprisonné : il sera exilé en Sibérie sous peu. Raviv l'invite à s'exprimer devant le Yahdav, et lui offre ainsi sa première tribune internationale. L'épouse d'Anatoly (Natan) Sharansky fera par la suite des centaines de discours à travers le monde et sa détermination à obtenir la libération de son mari deviendra le symbole de la lutte en faveur de tous les Juifs soviétiques.
Raviv, de son côté, milite lui aussi à travers le monde. Son objectif : éveiller les consciences sur les souffrances des Juifs d'URSS et recueillir de l'argent pour favoriser leur venue en Israël. Les pancartes "Laissez sortir mon peuple" surgissent un peu partout dans des manifestations aux quatre coins
du globe. Un lobbying de diplomates de nombreux
pays encourage la perestroïka (reconstruction russe). Progressivement, les Juifs russes obtiennent le droit de partir en Israël. Le rêve devient réalité en 1990, quand ils arrivent à Ben Gourion, non plus au compte-gouttes, mais par flots successifs : plus d'un million d'entre eux acquièrent la nationalité israélienne, tandis que plus de 500 000 autres deviennent des citoyens libres de divers autres pays.

En 1991, Raviv se rend à Moscou avec un groupe de dirigeants du Keren Hayesod. Sur la place Rouge, il sort de sa poche un immense drapeau d'Israël, qu'il déploie. Le groupe se fait fièrement photographier à deux pas du Kremlin, sans se douter que l'homme qui vient de sortir le drapeau est celui qui a déclenché, en Israël, tout le processus de libération des Juifs soviétiques. Un touriste américain qui passe par là lance à sa femme : "Cette fois, j'aurai tout vu !"
Un grand nombre de personnes à travers le monde ont œuvré avec zèle et dévotion pour faire connaître au grand public le calvaire des Juifs d'URSS et il est impossible de les citer tous. Toutefois, il existe aujourd'hui en Israël un petit groupe d'initiateurs qui méritent une reconnaissance. Grâce à eux, notre petit pays s'est agrandi et enrichi de gens de valeur, scientifiques, médecins, artistes, et de toute une génération nouvelle d'Israéliens.

Ces initiateurs, ce sont ces trois étudiants qui, par une journée d'octobre 1969, avec une bonne dose de houtzpa et forts du souvenir de l'impensable désastre qui s'était abattu sur le peuple juif, à peine plus de 20 ans plus tôt, ont mis en branle la roue de l'Histoire.

Mais en fin de compte, les vrais héros de cette aventure, ce sont les centaines de Juifs d'URSS qui furent les fers de lance du combat. Ces hommes qui se sont levés au péril de leur vie pour parler au nom de tous les Juifs soviétiques, afin de pouvoir réaliser leur rêve : être un jour reconnus en tant que Juifs et jouir du droit de pratiquer leur judaïsme en toute liberté et, surtout, d'émigrer en Israël, de rentrer à la maison. 
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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 09:16
Par Aschkel


L'Affaire Mortara


Edgardo+Mortara+enfant.jpg







L'affaire Mortara est nommée d'après Edgardo Mortara (1851 – 1940), un enfant juif de 6 ans, vivant à Bologne en Italie et qui fut enlevé par les autorités papales en 1858 pour être élevé au sein de la religion catholique. Cette affaire devint un scandale international et le catalyseur de profonds changements politiques. Son souvenir influe toujours sur les relations entre l'Église catholique et les organisations juives.

 


Le 23 juin 1858 à la nuit tombante, la police pontificale, accompagnée de représentants des forces de l'ordre de Bologne, fait irruption au domicile de la famille juive de Salomon et Marina Mortara. Ils réveillent les huit garçons et s'emparent d'Edgardo, six ans et dix mois, en annonçant aux parents que l'enfant a été baptisé secrètement par leur ancienne employée, Anna Morisi, lors d'une maladie. La servante était alors mineure puisqu'elle avait 14 ans. Elle ne "révèle" ce baptême que six ans plus tard1.

Les faits
 

L'enfant ne peut donc rester dans une famille juive car, en grandissant, il serait très probablement devenu israélite. Or, ayant été au préalable baptisé, il aurait donc été apostat, et donc promis de façon certaine à l'Enfer, du point de vue catholique.

Afin de "sauver son âme", l'Église avait alors le devoir moral d'empêcher cetteapostasie[réf. nécessaire]. L'enlèvement a été orchestré par l'Inquisiteur Feletti, sur ordre deRome, c'est-à-dire de Pie IX.

Le petit Mortara est conduit immédiatement à Rome et, au cours du voyage, est renommé Pio, c'est-à-dire Pie, du nom du pape Pie IX2. L'étrangeté apparente de ce baptême vient que du fait même de sa maladie, le jeune garçon avait seulement été ondoyé et des rites restaient encore à accomplir : l'ondoiement est en effet un baptême sommaire, réduit à l'effusion d'eau, réservé aux cas d'urgence.

Canoniquement valide, il doit être si possible complété[réf. nécessaire].

Impact international 

À cette époque, les juifs de Bologne connaissent de nombreuses restrictions :

  • ils n'ont pas de synagogue,
  • ils vivent en de petits ghettos,
  • il leur est interdit d'avoir des employés chrétiens.

La tragédie de la famille Mortara devient bientôt une « affaire » internationale, mais ne parvint jamais devant un tribunal impartial. Les Mortara accumulent les preuves de vices de forme et de machination, font d'innombrables tentatives pour rejoindre et récupérer leur fils, reçoivent des appuis de nombreux pays d'Europe :

  • des princes et des souverains catholiques, le comte CavourNapoléon IIIFrançois-Joseph d'Autriche écrivent personnellement au pape, lui recommandant de ne pas défier l'Europe ;
  • Guillaume, roi de Prusse, regrette auprès d'une association juive de ne pouvoir intervenir de crainte qu'une intercession protestante soit mal interprétée ;
  • la congrégation juive de Sardaigne invoque l'aide de divers gouvernements ;
  • de nombreux rabbins allemands conduits par Ludwig Philippson envoient une pétition au pape ;
  • les Juifs anglais tiennent des meetings, et Sir Moses Montefiore porte à Rome leur pétition au pape pour la libération de l'enfant ;
  • l'Alliance protestante ;
  • la Société de la Réforme écossaise ;
  • l'Alliance chrétienne universelle.

Rien ne vient infléchir la décision de Rome qui, au contraire, multiplie les obstacles et les fins de non recevoir.

La création de l'Alliance israélite universelle, en 1860, sera en partie liée à l'affaire Mortara. L'AIU participera également aux tentatives pour faire rendre le jeune Mortara à sa famille.

En 1867, à seize ans, Pio Mortara est ordonné prêtre malgré la promesse du cardinal Antonelli à Sir Moses Montefiore de laisser la liberté de choix au jeune homme à ses dix-sept ans. En 1870, il prêche au Ier concile œcuménique du Vatican. Il est envoyé comme missionnaire dans de nombreuses villes d'Allemagne : MayenceBreslau ; il prêche aussi à New York. Son père meurt en 1871, après avoir été la cible du parti clérical, et faussement accusé d'avoir jeté une servante par la fenêtre ; après quelques mois de prison, il sera disculpé. En 1878, enfin, sa mère le rencontre à Paris et il tente de la convertir au catholicisme... Sa mère meurt en Suisse en 1895, et Pio assiste aux funérailles. Il meurt près de Liège, en 1940.

Précédents et autres cas 

Les enlèvements d'enfants non-chrétiens trouvent leur source dans les décisions du quatrième concile de Tolède (633), dont le corpus dedroit canon reconnaissait à l'Église le droit « d'arracher à des familles non chrétiennes des enfants oblats, offerts à l'Église en état d'inconscience invitis parentibus, c'est-à-dire sans l'accord explicite des parents ; il suffisait qu'un chrétien affirmât les avoir baptisés3 ».

Ceci a entrainé à travers les siècles de nombreux rapts d'enfants juifs ou de familles « infidèles ». Lorsqu'en 1775, Léon XII (1760-1829) confirme l'édit sur les Juifs, une série d'enlèvements se produisent :

  • 1814 : Saporina de Angeli, à Reggio de Calabre, baptisée par une servante alors que l'enfant était malade
  • 1824 : Davide di Anselmo Tedeschi à Gênes
  • 1826 : le petit Diena à Modène
  • 1840 : l'Affaire Montel (affaire franco-romaine)
Article détaillé : Affaire Montel.
  • 1844 : Pamela Maroni à Reggio di Calabria, baptisée par une servante catholique, enlevée et élevée dans la foi catholique jusqu'à l'âge adulte4
  • et encore d'autres à Lugo et à Ancône.

L'affaire Mortara n'est donc pas la première du genre. L'émotion internationale soulevée montre cependant que l'évolution des sociétés européennes rendait ces comportements anciens de plus en plus inacceptables. De fait, la pratique des enlèvements d'enfants non-chrétiens devient de plus en plus rare, même si l'affaire Finaly (en France), à la fin de la Seconde Guerre mondiale, montre qu'elle restera longtemps considérée comme acceptable par une partie du clergé et de l'opinion catholique.

Si la position du pape fut critiquée, elle eut aussi ses soutiens. Le journaliste Louis Veuillot justifia ainsi avec violence, dans le journal catholique L'Univers, l'attitude du Vatican. Il accusera les journaux qui défendent l'opinion contraire à la sienne d'être à la solde des Juifs et les désignera comme étant la « presse juive ». Ces articles constituent une des premières manifestations de l'antisémitisme moderne.

Source Wilipédia 

L'affaire Mortara s'est trouvée remise sous les feux de l'actualité lors de la béatification du pape Pie IX en 2000.


La Fin De L'Inquisition (1 sur 3)

 


La Fin De L'Inquisition (2 sur 3)

La Fin De L'Inquisition (3 sur 3)



Autre version

Rapt d’un garçon de six ans, Edgardo Mortara, par la police du pape Pie IX
Edgardo+Mortara+enfant.jpg
Arraché à ses parents par la police du pape Pie IX


 

Un soir de juin 1858 la police se présenta à l’improviste au domicile de Momolo et Marianna Mortara, un couple de juifs vivant à Bologne depuis une dizaine d’années. Le choc éprouvé par la femme à la vue des policiers se transforma très vite en panique quand l’officier demanda à voir ses jeunes enfants.

– Pourquoi voulez-vous les voir, demanda-t-elle?

– S’il vous plaît, laissez-nous seulement les apercevoir, nous ne leur voulons pas de mal, répondit le policier qui aurait de tout son cœur préféré être ailleurs.

Les Mortara le conduisirent d’une pièce à l’autre en lui présentant leurs enfants. Quand vint le tour d’Edgardo, leur fils de six ans, le policier se tourna vers Momolo et Marianna.

– Je crains qu’on ne vous ait dénoncés, dit-il, mais Edgardo a été baptisé et nous devons l’emmener.

– Il doit y avoir une affreuse méprise, répondit Momolo. Edgardo n’a jamais été baptisé. Il est juif. Comme nous tous. Qui prétend que quelqu’un l’a baptisé?

– Désolé. Tout ce que je sais, c’est ce que m’a dit l’inquisiteur.

Suite à une journée entière de scènes déchirantes, la police finit par arracher Edgardo des bras de son père pour le propulser dans une voiture de police. Ses parents l’ignoraient encore mais le petit Edgardo partait pour Rome, à la maison des Catéchumènes.

Le ghetto et la maison des Catéchumènes étaient les deux clés de voûte de la politique de l’Église envers les juifs. Le ghetto incarnait toutes les interdictions et restrictions que les papes jugeaient bon d’imposer aux juifs. Les Catéchumènes le havre censé les sauver, l’issue permettant aux juifs d’échapper au ghetto et d’intégrer la vie normale, la société chrétienne.

Le ghetto était nécessairement un endroit sombre, correspondant à la position inférieure du peuple juif qui avait renié et tué le Christ avant d’être à son tour banni par Dieu. La maison des Catéchumènes, au contraire, était un lieu saint, reflétant la pitié de Dieu et son pouvoir salvateur. Chaque conversion de juif faisait rejaillir la gloire et la suprématie divine de l’Église catholique romaine. La conversion des juifs était en fait l’une des pièces maîtresses de la vision millénariste de l’Église, puisque selon la foi chrétienne les juifs seraient convertis à la fin des temps, lors de la seconde venue du Messie. – Ce texte classique du Nouveau testament est de Paul (épître aux Romains 9:11). Pour plus d’information sur cet aspect de la théologie chrétienne, cf. Caffiero, 1991

Selon la hiérarchie catholique, un enfant baptisé devait obligatoirement être éduqué dans la religion catholique. Il n’appartenait plus à ses parents juifs.

La rumeur du baptême du petit garçon juif était venue aux oreilles du père Feletti le mois précédent. Anna Morisi, que la famille Mortara avait employée comme servante, avait confié à un quidam qu’elle avait baptisé l’enfant quelques années auparavant. Convoquée par l’inquisiteur, elle répéta son histoire. Le petit Edgardo âgé de quelques mois était tombé malade. Craignant pour le salut de son âme, et profitant que la mère de l’enfant avait quitté la pièce, elle lui avait versé un peu d’eau sur la tête au-dessus d’une cuvette en prononçant la formule de baptême. Le petit garçon s’était rétabli et elle n’y avait plus pensé.

Le père Feletti envoya un rapport au Saint-Office romain. Simple affaire de routine. Le pape et les cardinaux avisèrent et donnèrent l’ordre à Feletti de faire retirer le garçon à sa famille et de l’amener à la maison des Catéchumènes.

Que Pie IX n’ait pas songé aux répercussions d’une telle décision en 1858 en dit long sur sa vision du monde. Il se contentait d’agir selon les lois canoniques, comme ses prédécesseurs l’avaient fait depuis des siècles.

L’exercice du pouvoir séculier au sein des États pontificaux offrait un avantage indéniable: il existait au moins un endroit dans le monde où la séparation de l’Église et de l’État n’existait pas. Le pape pouvait imposer ce que lui dictaient les commandements de la religion.

Il allait bientôt apprendre que le monde avait changé. Les soldats français avaient beau quadriller les rues de Rome et les troupes autrichiennes occuper Bologne, le bon vouloir de Sa Sainteté n’était plus ce qu’il avait été.

Quand au XVIIIe siècle, ou même dans les premières années de la restauration de l’autorité pontificale au XIXe siècle, on envoyait la police se saisir d’un enfant juif, le Vatican savait que les seules protestations ne pouvaient venir que de la communauté juive, et encore, dans les termes les plus respectueux. Les juifs des États de l’Église étaient à la merci du pape et ne tenaient pas à susciter ses foudres.


Protestations à l’échelle mondiale...

Dans les années 1850, en revanche, l’enlèvement d’Edgardo Mortara suscita une réaction inédite. Le mouvement pour l’unification de l’Italie gagnait chaque jour du terrain. Son dernier obstacle sérieux était le pape qui s’obstinait à exercer ses pouvoirs de droit divin sur les États de l’Église. Les justifications pontificales à l’enlèvement du fils Mortara tombèrent comme une aubaine. Elles témoignaient sans fard d’un anachronisme qui n’avait plus sa place dans l’Europe contemporaine. Les journaux européens firent des gorges chaudes de l’affaire, jusqu’aux lointains États-Unis où l’on organisa de grandes manifestations pour la libération du petit garçon.

Pour comble, le gouvernement français signifia bientôt au pape son mécontentement. Neuf ans auparavant, Pie IX était rentré à Rome dans les fourgons des troupes françaises, lesquelles y stationnaient toujours pour parer à un éventuel nouveau soulèvement. Difficile, dans ces conditions, de froisser le gouvernement français.

Le duc de Gramont, l’ambassadeur de France, était en contact quasi quotidien avec le cardinal Giacomo Antonelli. Celui-ci, qui occupait le poste de secrétaire d’État depuis presque dix ans, était connu pour ses dons de diplomate, la tiédeur de sa foi et sa moralité douteuse. Le pape s’en remettait systématiquement à lui pour pallier sa propre ignorance des questions de politique internationale. – Sur Antonelli, voir Aubert, 1961; Coppa, 1990; Falconi, 1983

Dès juillet, Gramont prit l’initiative de mettre en garde le secrétaire d’État sur l’attitude de l’Église dans l’affaire Mortara, avant même d’en rendre compte à son propre ministre des Affaires étrangères, le compte Walewski. – AMAE, Correspondance politique, Rome, vol. 1008, p. 343-348, ambassade de France à Rome. Direction politique n. 54, Rome, 24 juillet 1858


L’ambassadeur de la France le duc de Gramont rencontre le pape Pie IX

Début septembre, suite à plusieurs entretiens avec le secrétaire d’État, Gramont alla trouver le pape en personne. Quelques jours plus tard, il écrivait à Walewski une lettre où il décrivait la houleuse entrevue: “Je n’ai pas caché au Saint-Père l’impression pénible que produit cette triste affaire et combien les ennemis de la religion et du Saint-Siège sauront l’exploiter. Sa Sainteté s’est montrée profondément affectée par le tableau que j’ai cru devoir placer sous ses yeux mais [...] ne se croit pas autorisée à repousser dans le judaïsme un enfant devenu chrétien.” – AMAE, Correspondance politique, Rome, vol. 1008, p. 432-434

Gramont avait tenté de mettre toutes les chances de son côté en ne soufflant mot à quiconque au Vatican de son intention de voir le pape. Ses prérogatives, en tant qu’ambassadeur de France, l’autorisaient à se présenter dans les appartements pon- tificaux sans y être invité. À l’époque, ses craintes se tournaient du côté des conseillers du pape. Il comprit vite que le problème venait non des conseillers, mais de Pie IX en personne.

Gramont eut recours à tout son talent de persuasion. Il présenta au pape le risque qu’il y avait de faire fi de l’opinion publique comme des sentiments les plus naturels et les plus légitimes, ceux qui lient parents et enfants. Il fit remarquer qu’on n’avait pas la preuve formelle du baptême du petit garçon, ce qui suffirait à justifier qu’on renvoyât l’enfant à ses parents sans que le pape eût l’air de renoncer à sa politique à l’égard des juifs. Enfin, il ne cacha pas que l’empereur français prenait l’affaire très au sérieux et que la cour comme l’ensemble du peuple français éprouveraient un énorme soulagement si le pape rendait Edgardo à sa famille.

“Le Pape était profondément ému, relatait Gramont, mais au-dessus de cette émotion, dominait visiblement chez le Saint-Père l’inébranlable résolution de maintenir une détermination dictée par la conscience.” Le pape mesurait l’impopularité de son attitude – et savait qu’il dressait contre lui une bonne partie du monde civilisé – mais mettait la défense d’un principe au-dessus de tout.

“Des larmes coulaient lentement de ses yeux, rapportait l’ambassadeur français, et je ne pouvais, je l’avoue, me défendre moi-même d’une certaine angoisse en assistant à ce combat solennel que j’avais dû provoquer entre la rigueur absolue des devoirs du Saint Pontife et la voix de la nature dont la Tiare n’a pas chez Pie IX étouffé les accents.”

Mais l’affaire Mortara allait connaître quelques nouveaux aléas. Les parents avaient raconté l’émouvante scène – reproduite largement par la presse libérale – de leur petit garçon épouvanté, sanglotant éperdument, jeté par les policiers dans une voiture qui l’emportait vers Rome. Lors de la visite des Mortara à la maison des Catéchumènes – une concession sans précédent due aux protestations internationales – les mêmes scènes se reproduisirent, du moins selon les parents.

Le petit Edgardo, désemparé et effrayé, les avait suppliés de ne pas l’abandonner, car il voulait rentrer à la maison rejoindre ses frères et sœurs.


Le mensonge prend le dessus dans l’opinion publique

Puis, au fil de la tempête politique soulevée par l’affaire [Mortara], une version fort différente commença à circuler. Les journaux catholiques européens et américains répandirent l’histoire de la métamorphose miraculeuse d’un garçonnet de six ans, une fois libéré des griffes de sa famille juive. Le baptême pouvait enfin exercer son effet, et l’enfant ne songeait désormais qu’à devenir catholique. Il implorait le recteur des Catéchumènes de ne pas laisser ses parents l’approcher. Par ailleurs, le pape en personne portait un intérêt tout particulier à Edgardo et était devenu rapidement son père de substitution.

Au cours de l’entrevue éprouvante avec le duc de Gramont, début septembre, Pie IX avait lui-même abordé la question de ce que souhaitait l’enfant. Il lui avait posé la question, avait-il dit à l’ambassadeur de France. Le garçonnet, montrant une intelligence bien au-dessus de son âge, avait supplié “qu’on lui permît de rester chrétien et qu’on ne le repoussât pas hors de l’Église”, avait affirmé le pape. En une telle circonstance, avait-il conclu, “il était impossible au chef de cette Église, au représentant de Jésus- Christ sur la terre, de refuser à cet enfant qui l’invoquait avec une foi presque surnaturelle, le bénéfice du sang de Notre-Seigneur versé pour sa rédemption et de rejeter hors du christianisme cette âme qui, bien qu’entrée par une voie irrégulière dans la foi catholique [...] n’en voulait plus sortir”. Le pape avait ajouté qu’il “avait longuement et péniblement réfléchi (ce sont là les propres paroles de Sa Sainteté, précisait Gramont) à l’étendue de ses devoirs, il avait imploré les lumières du ciel pour éclairer sa conscience, sa résolution était inébranlable”. – AMAE, Correspondance politique, Rome, vol. 1009, p. 8-16

Le même mois, le comte Alexandre Walewski, ministre français des Affaires étrangères – un personnage haut en couleur, lui-même fils naturel de Napoléon – avait expédié un télégramme à son ambassadeur à Rome pour le féliciter de sa ligne de conduite dans l’affaire. Le ministre ne pouvait être plus clair dans sa dénonciation du Vatican: “Les résolutions prises et maintenues par le Saint-Siège dans cette circonstance constituent une violation outrancière des garanties les plus élémentaires sur lesquelles reposent le respect du foyer domestique et de l’autorité paternelle.”

Plusieurs gouvernements, écrivait Walewski, avaient approché l’empereur, exprimé la même colère et demandé au gouvernement français d’user de son influence afin que l’enfant fût rendu à sa famille: “Vous voudrez donc bien, Monsieur le Duc exprimer au cardinal secrétaire d’État tout le regret [que cette décision] cause au gouvernement de l’Empereur, en lui faisant remarquer combien le sentiment public a été profondément blessé en apprenant que M. Mortara avait vainement réclamé, du gouvernement [pontifical] qui lui devait son appui, la restitution de son fils.” Il demandait à Gramont de faire savoir avec toute la force nécessaire combien il jugeait l’affaire sérieuse: “Le sentiment de pénible surprise qu’en ont éprouvé les fidèles n’est égalé que par la joie qu’en éprouvent les ennemis du Catholicisme.” – Il y a deux versions légèrement différentes de cette lettre du comte Walewski, toutes deux datées du 22 septembre 1858, Biarritz. On les trouve dans AMAE, Correspondance politique, Rome, vol. 1008, p. 443-444 et p. 445-446

La note du ministre des Affaires étrangères invoquait la nécessité de convaincre le secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Antonelli, mais Gramont savait qu’Antonelli était déjà persuadé de l’opportunité politique de rendre Edgardo à sa famille. Le problème était d’en convaincre le pape. Le 29 septembre, Gramont télégraphia à Paris pour demander s’il pouvait laisser au cardinal une copie du télégramme du ministre, afin qu’il ait quelques munitions lorsqu’il soulèverait à nouveau la question auprès du pape. Le lendemain tombait la réponse chiffrée de Walewski: “Il me semble qu’il suffirait de donner lecture de la dépêche sur Mortara. Cependant si vous avez des raisons de le croire utile, je vous autorise à en laisser copie.” – AMAE, Correspondance politique, Rome, vol. 1008, p. 458-459

Gramont alla immédiatement trouver le cardinal. Comme il l’avait espéré, celui-ci saisit parfaitement l’importance de la dépêche et la transmit au pape le 1er octobre 1858. Il ajouta même sa propre opinion à celle des diplomates français: il fallait trouver le moyen de rendre l’enfant à ses parents [Mortara]. – AMAE, Correspondance politique, Rome, vol. 1009, p. 18-19

Le pape faisait grand cas des avis de son secrétaire d’État en matière politique, conscient de ses compétences et de sa connaissance des différents gouvernements et potentats internationaux. Mais en matière de foi catholique, Pie IX se passait de conseils, surtout de ceux formulés par un cardinal qui n’avait même pas été ordonné prêtre.

L’ambassadeur de France apprit rapidement l’échec de la nouvelle démarche. L’ambassadeur du royaume de Naples auprès du Saint-Siège était passé le voir juste à la sortie d’une audience que lui avait accordée Pie IX. De retour d’un voyage à Naples, l’ambassadeur avait fait part au pape de la désastreuse impression que l’affaire Mortara avait produite là-bas. Il lui avait également parlé de l’inquiétude de son souverain au sujet de l’isolement international que la décision du pape risquait de lui valoir.

Le pape assura l’ambassadeur qu’il n’était pas moins préoccupé par les événements: “Moi aussi, lui dit le pape, j’ai eu dernièrement, j’ai encore de véritables tourments. On me presse de tous côtés pour rendre aux Juifs cet enfant qui est devenu chrétien. Antonelli lui-même s’est mis contre moi et j’ai le malheur de mécontenter tout le monde. Avez-vous su comment on me traite dans les journaux français? Mais j’ai vu mon devoir par la grâce de Dieu et je me ferais plutôt couper les doigts de la main que de m’en écarter.”

L’ambassadeur napolitain avait confié à Gramont un autre détail qui éveilla son attention. En se plaignant de se sentir bien seul, le pape avait non seulement fustigé son secrétaire d’État mais également le nonce à Paris, le cardinal Sacconi. Qu’avait donc fait Sacconi pour l’aider, dans cette crise? “Il me serait utile et peut-être à vous, aussi, avait confié le pape au Napolitain, d’avoir là quelqu’un de plus intelligent et plus influent; mais c’est réellement pénible d’avoir à nommer cardinal un “minchione come quello”. (Ce sont les propres mots du Saint-Père: ‘minchione’ en langue vulgaire signifie stupide, précisait Gramont.)”

L’ambassadeur français avait trouvé l’anecdote bien révélatrice de la personnalité du pape. Des remarques aussi désobligeantes à l’encontre de son propre émissaire montraient bien qu’il n’avait rien d’un diplomate: “Sa religion profonde et parfaite au point de vue théologique porte un caractère très prononcé de mysticisme qui paraît tendre plutôt à se développer qu’à s’amoindrir. Dans le silence de l’oratoire, seul en présence de Dieu et des lumières de sa conscience, le Souverain Pontife prend des déterminations qu’il regarde comme des inspirations divines. [...] Les convenances du siècle, les soulèvements de l’opinion publique, s’effacent en regard de ces prescriptions célestes, et le pape puise en cette croyance la fermeté inébranlable qu’il déploie en certaines occasions.”

Le pape semblait en effet s’éloigner du monde réel pour adopter une attitude de plus en plus fataliste. “Au siècle où nous sommes, constatait l’ambassadeur, cette disposition d’esprit peut devenir la source de grandes complications et de dangers sérieux, surtout quand elle s’allie comme elle le fait chez Pie IX avec une nature vive, soudaine, quelquefois impétueuse.” – Lettre du 9 octobre 1858. Ibid., p. 19-24

En fait, en dépit de la montée des protestations internationales, des conseils de son secrétaire d’État qui craignait que la position diplomatique du Vatican, déjà fort compromise, en fût encore affaiblie, le pape n’allait pas en démordre.

Edgardo était chrétien et il n’était pas question de le rendre à sa famille juive. Si ses parents voulaient le retrouver, pensait-il, rien de plus facile: ils seraient accueillis à bras ouverts à la maison des Catéchumènes. Eux aussi pouvaient jouir de la lumière du saint baptême. S’ils désiraient si fort récupérer leur fils, pourquoi refusaient-ils eux-mêmes d’accueillir le Saint-Esprit?

La famille Mortara paierait cher l’entêtement du pape: Edgardo ne retourna jamais chez ses parents. Il fut élevé dans un séminaire romain et devint prêtre.

Mais le prix à payer par le pape et l’Église ne fut pas moindre. Le cardinal Antonelli avait vu juste. Le rapt de l’enfant [Edgardo Mortara] renforça la conviction, en Italie comme en Europe, que le régime pontifical n’était jamais que le vestige d’une époque révolue, un véritable anachronisme en cette seconde moitié du XIXe siècle.

Un an après l’enlèvement d’Edgardo, les troupes pontificales durent évacuer Bologne. Les champions de l’unification italienne – avec le soutien des Français – s’emparèrent d’une bonne partie des États pontificaux. L’un des premiers actes du nouveau gouvernement fut d’envoyer la police au couvent des dominicains de Bologne et d’arrêter le père Feletti. Accusé du kidnapping d’Edgardo Mortara, on l’enferma dans un cachot humide.

En 1861, le règne séculier du pape ne s’exerçait plus que sur Rome et la région environnante. On avait proclamé un nouveau royaume d’Italie laïque dans tout le reste de la péninsule. Le pape ne vit dans l’effondrement de ses États qu’une nouvelle épreuve voulue par Dieu. Ce n’était pas la première fois que les États pontificaux succombaient sous l’emprise de forces impies – plus d’une fois en vérité pour le seul XIXe siècle – et chaque fois l’Église en était ressortie triomphante. Elle avait vaincu les forces du mal. Ce serait le cas cette fois encore, pensait le pape, avec l’aide de Dieu.

Entre-temps, les inquisiteurs étaient expulsés de leurs monastères et les juifs libérés du ghetto dans tous les ex-États pontificaux. L’Inquisition ne sévissait plus qu’aux environs immédiats de Rome, même si les cardinaux du Saint-Office ne pouvaient s’empêcher de songer que ses jours étaient comptés.

Le Saint-Père se fit infliger la perte de la plupart de ses États entre 1859 et 1861. Pie IX, jadis si affable, devint dans ses dernières années de plus en plus amer. Sa rancœur se portait tout spécialement sur les juifs. Ils n’avaient montré aucune gratitude pour tout ce qu’il avait fait pour eux. N’avait-il pas mis fin, après tout, aux rites humiliants du carnaval et aux sermons imposés? Mais non. En guise de remerciement, les juifs avaient multiplié les attaques contre sa personne durant l’affaire Mortara et fait leur possible pour amener la chute de son pouvoir séculier. 

http://touteveriteestbonnealire.blogspot.com/ 

 

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 08:25

Qui a permis à Christophe Colomb de découvrir
l’Amérique ?

 


Il est vrai qu'Isabelle et Ferdinand ces satanés rois catholiques amassèrent un magot considérable en dépouillant les juifs qu'ils expulsèrent !!!


Par ARIé

La réponse habituelle à cette question est: mais bien évidemment l’Espagne, représentée par les très Chrétiens rois, Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, et on oublie généralement de se demander: mais où Ferdinand et Isabelle, plutôt fauchés, ont-ils trouvé l’argent pour financer ces expéditions ?

 

 

 

Avant de frapper à la porte de la Cour d’Espagne, Christophe, en bonshnorer, est à la recherche de ce qu’aujourd’hui on appelle des sponsors. Après s’être fait jeter par le roi Jean II de Portugal, les villes de Venise et de Gènes, ainsi que par la Cour d’Angleterre, il fait un terrible forcing auprès d’Isabelle de Castille qui, après l’avoir envoyé promener deux fois, finit par accepter de financer son voyage, séduite par les retombées économiques que lui fait miroiter le malin marin. En 1492, Cordoue, le dernier bastion musulman finit par tomber dans l’escarcelle d’Isabelle, et celle ci se décide enfin à financer le voyage de Colomb vers les Indes, par la route de l’ouest. Nous connaissons la suite. Le 3 Août 1492 les trois navires larguent les amarres.

Le 31 Mars de la même année, les mêmes rois, très catholiques, signent le décret de l’Alhambra, qui enjoint aux juifs espagnols de choisir entre la conversion et l’exil, leur accordant gracieusement trois mois pour vendre leur biens. Ca ne vous rappelle rien ? A l’approche du mois de juillet, volte face; on fait proclamer qu’aucun Juif ne pourra emporter de l’or, mais on leur autorise leurs vêtements et leurs bagages. Les bijoux sont confisqués par les conseils urbains et par les Inquisiteurs. Les juifs sont fouillée à l’embarquement et parfois ils devront se vendre comme esclaves pour payer leur voyage.

La très large majorité des juifs d’Espagne décide de quitter le royaume. Les chercheurs contemporains évaluent le nombre d’exilés à 200 000 individus, bien que le chiffre d’un million ait circulé à l’époque. Le départ dans l’ensemble fut précipité et confus.

En conséquence, la couronne d’Espagne récupéra un trésor considérable abandonné par les Juifs, ce qui permit de régler sans problème le financement du voyage de Christophe Colomb..

La découverte de l’Amérique n’a donc été rendue possible que parce qu’en l’an de disgrâce 1492 les monarques très catholiques et encore plus antisémites et cupides, ont décidé d’exiler et de dépouiller les juifs qui vivaient en paix depuis des siècles dans la belle Espagne, sans jamais leur causer d’ennuis comme les mahométans. Une partie de cet argent a permis de sponsoriser l’expédition de Colomb, destinée à les enrichir d’avantage.

A signaler que le décret de l’Alhambra est resté officiellement en vigueur jusqu’en 1967; il y a des procès en récupération de biens spoliés qui se perdent.

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 11:29
Comme nous sommes à cheval sur deux parachiots VAERA et BO qui parlent des plaies d'Egypte, je vous propose ce texte .....


Les Dix PlaiesLa plupart des miracles sont des phénomènes naturels déclenchés selon un chronométrage impressionnant. Les Dix Plaies sont une exception notable. Ici les lois de nature ont été bouleversées pour aider à la libération des Juifs.

 

Auteur : Le Rabbin Ken Spiro
pour lamed
Traducteur : Jacques Kohn
Adapté par Aschkel





Lorsque les plaies ont commencé de frapper l’Egypte le sang, les poux, les grenouilles, etc. la dévastation s’est poursuivie pendant plus d’une année. Chaque plaie a été un miracle apparent, parce que chacune représentait une manipulation fantastique de la nature. Les lois de la nature ont été bouleversées pour aider à la libération des Juifs.

 

Les miracles apparents sont une partie très importante des débuts de l’histoire juive. Ils vont cesser après la destruction du premier Temple, tandis que l’on peut raisonnablement soutenir que notre peuple n’aurait pas pu survivre longtemps sans des miracles cachés permanents.

Pourquoi Dieu a-t-Il choisi de libérer le peuple juif au moyen d’un processus si long et si complexe

Il est une question évidente à nous poser quand nous examinons les plaies : « Pourquoi ? » Pourquoi D.ieu a-t-Il choisi de libérer le peuple juif au moyen d’un processus si long et si complexe ? S’Il l’avait voulu, Il aurait pu, dans Sa toute-puissance, faire mourir instantanément tous les Egyptiens lors de la première rencontre avec Moïse, ou Il aurait pu les congeler sur place, et permettre ainsi aux les Juifs de faire leurs bagages et de partir immédiatement.

Pour expliquer pourquoi il a fallu nécessairement en passer par les Dix Plaies, il nous faut d’abord exposer la manière dont le judaïsme considère les miracles en général.

Le judaïsme pense que la nature n’agit pas indépendamment de D.ieu, mais, en même temps, que D.ieu a créé les lois de la nature et qu’Il n’interfère pas avec elles. D.ieu est certainement capable de faire ce qu’Il veut, mais Il ne s’amuse pas avec le monde physique et ses œuvres. C’est pourquoi la plupart des miracles sont des phénomènes naturels déclenchés selon un chronométrage impressionnant.

Mais il existe à cette règle une exception notable : les Dix Plaies.

 

UNE EXCEPTION TOTALE

 

Contrairement aux Dix Plaies, le partage de la Mer Rouge, ou Mer des Joncs  Yam souf peut être expliqué comme ayant constitué un événement naturel survenu selon un chronométrage opportun.

20 ROPS TRAVERSEE DE LA MER ROUGE

.....Agrandir ( Au format d'origine )

 

 

Il y a plusieurs années, des océanographes ont expliqué que tous les 2 500 ans environ, une combinaison propice des vents et des marées provoque le partage de l’océan dans la région de l’actuelle Mer Rouge. Contrairement à la version cinématographique, qui nous fait assister à un partage des eaux intervenu en quelques minutes, le récit de la Bible rapporte le processus interminable tout comme celui décrit par ces hommes de science d’un vent soufflant toute une nuit, suivi d’un passage à pied sec rendu possible le matin.

Napoléon, il y a 200 ans, a attesté d’un phénomène similaire.

Essayons d’imaginer que ce phénomène se soit produit pour nous. A l’instant même où nous aurions eu besoin de traverser un bras d’eau, il se serait partagé pour nous dans la nuit. S’il nous arrivait à l’instant même où nous en avons besoin un événement qui se produit, selon les lois de la statistiques, tous les 2 500 ans, nous ne dirions pas : « Voici une opportune combinaison des vents et des marées ! » Mais nous dirions : « Mon Dieu, c’est un miracle ! » C’est ce qui arrive pour la plupart des miracles mentionnés dans la Bible.

Il n’existe en revanche aucune explication naturelle pour les Dix Plaies. Les Dix Plaies sont un exemple éclatant d’un bouleversement par D.ieu des lois de la nature.

Prenons la grêle : Au lieu d’être de la glace, elle prend la forme d’un feu. Les ténèbres : elles sont si épaisses que personne ne peut rien voir ni bouger d’un pouce. Ce qui est arrivé aux Egyptiens n’est pas arrivé aux Juifs. Nous assistons à du surnaturel à l’état pur. Pourquoi ? En voici la raison :

L’essence profonde de l’idolâtrie est la croyance que chaque force dans la nature a une divinité qui la dirige.

L’essence profonde de l’idolâtrie est la croyance que chaque force dans la nature a une divinité qui la dirige. Les Egyptiens adoraient le dieu-Nil, le dieu-soleil, le dieu-chat, le dieu-mouton, etc. Les Dix Plaies ont été infligées par D.ieu en se moquant de toutes les lois de la nature à l’effet de démontrer, non seulement au peuple juif mais à toute l’humanité, et à travers toute l’histoire, qu’Il dirige seul toute la nature, tout le monde physique, et qu’il n’y a rien qui échappe à Sa direction.

Si nous examinons attentivement les plaies, nous pouvons facilement constater que chacune a été conçue pour démontrer la domination de D.ieu sur toutes forces dans la nature : l’eau et la terre, le feu et la glace, les insectes, les reptiles et les mammifères, la lumière et les ténèbres, et enfin la vie et la mort.


 

LES PREUVES ARCHEOLOGIQUES

 

Est-ce que nous disposons pour les Dix Plaies de preuves tirées de l’archéologie ?

Ainsi que nous l’avons noté dans notre précédent chapitre, l’histoire égyptienne a enregistré, juste à cette époque, une période de chaos de dix ans. Il existe d’autres références indirectes, la plus célèbre étant le « papyrus d’Ipouer ». Il s’agit de toute une série de papyrus, qui décrivent divers événements cataclysmiques survenus en Egypte, avec du sang partout, des morts violentes, etc.

Immanuel Velikovsky utilise le « papyrus d’Ipouer » à l’appui de son livre, Worlds in Collision, où il affirme que l’histoire de l’Exode correspond entièrement à la vérité, mais que les plaies ont eu lieu à cause d’une comète qui s’approchait de la terre. Il affirme que la poussière de la comète a fait rougir l’eau, que l’attraction du champ gravitationnel de la comète a fendu la mer, etc.

Dieu voulant forcer Pharaon à libérer les enfants d’Israël d’Egypte frappa l’Egypte d’une série de malheurs : les dix plaies. Ces plaies ont-elles existé ?

Le Professeur Immanuel Velikovski va éclairer notre horizon d’un regard nouveau. Il utilise pour ce faire un papyrus appelé « Le Papyrus d’Ipuwer ».

Image :  chretien-biblique

Velikovski a été frappé par le parallèle qui existe entre les faits relatés dans ce manuscrit et ceux relatés par le texte biblique. Il analyse ce manuscrit dans ses livres « Les désordres des Siècles » et « Mondes en collision » et établit un parallèle entre les catastrophes décrites par le prêtre égyptien Ipuwer et le récit tel qu’il est rapporté dans le livre de l’Exode. Les ressemblances sont stupéfiantes.

Quelques mots pour expliquer ce qu’est le Papyrus d’Ipuwer. Ce papyrus du scribe égyptien Ipuwer fut découvert à Memphis. En 1828, le Musée de Leiden aux Pays-Bas 
 acquit ce papyrus et le classa sous le numéro « Leiden 344 ». En 1909, il fut traduit et publié à Leipzig par l’un des plus grands égyptologues anglais, Sir Alan Gardiner,  spécialiste de l’écriture hiératique sous le titre : « Les Admonitions d’un Sage égyptien selon le Papyrus Hiératique de Leiden ».




Ce texte constitue la description triste et amère d’événements extraordinaires dont Ipuwer était témoin. C’est la version d’une grande catastrophe. La description des ruines et d’horreur.

Selon le Professeur Velikovski,  qui retrace de nouveau la généalogie des rois d’Egypte, ce papyrus correspond de façon exacte à l’époque de la sortie d’Egypte, conformément à la date qui est acceptée par la tradition juive. Le papyrus d’Ipuwer serait donc un compte rendu exact « de ce qui s’est passé ».

Nous comprenons dès lors la pression faite par certains scientifiques de ne pas publier l’ouvrage du professeur Velikovsky même si des scientifiques renommés soutenaient ces thèses.

Afin d’être plus concrets et surtout pour éclairer nos propos, nous reproduisons ci-dessous une partie des similitudes entre les versets bibliques et la description faite par Ipuwer. Nous reproduisons quelques points de comparaison sans les explications fournies par le Professeur Walikowski lui-même. Car nous pensons que cela suffirait pour nous donner une idée claire de l’authenticité du texte biblique...

Cliquez pour aggrandir


L’étude comparative du texte biblique et du manuscrit d’Ipuwer montre bien une description similaire des plaies. Et bien que le Papyrus détérioré ne fournisse aucune référence explicite au peuple d’Israël ni à Moïse, il décrit selon Verblovski trois phénomènes consécutifs : le soulèvement du peuple, la fuite des misérables et des pauvres et la mort du roi dans des circonstances inhabituelles. Ainsi les racines de l’Exode ne sont ni babyloniennes, ni grecques mais bien égyptiennes.
 

 

On constate cependant, en lisant les textes, que la plaie du sang n’a pas simplement consisté en une transformation de l’eau en un « rouge poussiéreux ». Le Midrach nous dit aussi que les Egyptiens ont subi les effets nocifs de cette eau sanglante, mais pas les Juifs.

En dépit des plaies, les Egyptiens ont refusé avec la dernière énergie de laisser partir les Juifs.

En dépit des plaies, non seulement Pharaon, mais tous les Egyptiens ont refusé avec la dernière énergie de laisser partir les Juifs. C’est là de nouveau un modèle classique d’antisémitisme : « Peu m’importe de mener mon pays au naufrage, du moment que les Juifs sombrent avec moi ! »

Ce modèle historique a souvent servi. Nous l’avons vu avec Hitler : Les Nazis avaient besoin de trains pour approvisionner leur front de l’est, mais ils les ont déroutés pour expédier des Juifs à Auschwitz. Alors qu’ils étaient en train de perdre la guerre, ils ont continué d’investir toutes leurs énergies, non pas dans des opérations militaires, non pas à préserver leur propre survie, mais à tuer les Juifs.

Finalement, après la mort des premiers-nés, Pharaon a dit : « Partez ! »

Les Juifs sont partis, la mer s’est fendue, les Egyptiens ont suivi et se sont noyés. Ce fut le grand événement final jusqu’au… Mont Sinaï.


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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 20:48
Nécropoles antiques, cimetières médiévaux, synagogues, bains rituels, écoles talmudiques, juiveries, carrières en Provence, calls en Catalogne : l'essor de l'archéologie préventive au cours des vingt dernières années a révélé une myriade de vestiges qui rappellent que des communautés juives vécurent en Europe de l'Antiquité jusqu'au Moyen Age.

Ces découvertes font émerger la réalité de communautés connues à travers la littérature rabbinique mais dont ne subsistait la trace que dans de rares monuments et dans des noms de lieux : on recense ainsi, dans des centaines de communes, des "rues aux juifs", "de la juiverie" ou "de la synagogue", mais aussi des chemins, pas, prés, champs, herbages "aux juifs" ou "aux juives", remontant à l'époque médiévale. Sur notre territoire, ces communautés, qui purent compter jusqu'à 100 000 habitants à la fin du XIIIe siècle, ont presque toutes disparu à la fin du Moyen Age en raison des édits d'expulsion dont le premier - pris par Philippe Auguste en 1182 - inaugure la sinistre litanie des bannissements des juifs d'Europe occidentale.

Un jeu de rappels moyennant finances, et d'expulsions accompagnées de la spoliation des biens et des terres, se poursuivra avec les décrets pris par Philippe le Bel en 1306, Philippe V en 1322 et Charles VI en 1394. De Provence, les juifs ne seront chassés qu'en 1501, tandis qu'ils demeureront sous la protection des papes dans le Comtat Venaissin, et que des communautés de "nouveaux chrétiens", d'origine hispano-portugaise, renaîtront à Bayonne et à Bordeaux au XVIe siècle.

Ces découvertes "contribuent à recomposer un passé plus complexe, échappant à la réécriture strictement chrétienne (...) des sociétés médiévales européennes", comme le notent les archéologues Astrid Huser et Claude de Mecquenem. Et si l'expulsion de 1306 a pu faire l'objet d'une très discrète mention au titre de commémoration nationale en 2006, la présence juive dans la France médiévale est presque absente des synthèses historiques sur le Moyen Age. Du "Petit Lavisse" aux manuels scolaires des années 1980, le judaïsme médiéval n'appartient pas au "roman national", comme l'a montré l'historienne Suzanne Citron.

Et au-delà de l'historiographie scolaire, rares sont les ouvrages généraux sur l'histoire de France qui abordent ces persécutions en dehors des lapidaires chronologies de fin de volume. Il en va de même pour les synthèses d'histoire de l'art et les grandes expositions, qui font l'impasse sur les manuscrits juifs médiévaux français, admirables par l'originalité de la calligraphie et la singularité du rapport de l'image au texte.

Un corps étranger

Il en est également ainsi des sommes d'histoire culturelle qui ignorent, par exemple, le nom de Rachi, le maître champenois dont les commentaires monumentaux sur la Bible et le Talmud constituent, dès son vivant et jusqu'à aujourd'hui, l'accès le plus indispensable à la compréhension de ces textes. Sa méthode l'a conduit à insérer dans l'hébreu de ses commentaires des traductions en langue romane des termes rares ou difficiles à une époque où la langue des lettrés chrétiens reste le latin. Rachi rassemble ainsi un thésaurus de cinq mille mots qui constitue le premier témoignage de l'ancien français. Omettrait-on Bernard de Clairvaux et Pierre Abélard, ses (presque) contemporains, ou Chrétien de Troyes dans nos synthèses historiques ?

Dans un raisonnement circulaire qui prévaut encore aujourd'hui en dehors des études juives, les juifs du Moyen Age n'appartiennent pas à la communauté nationale et n'ont pas leur place dans l'histoire de France. Les représentations conventionnelles font d'eux un corps étranger, un Autre dont l'exclusion est un fait "normal", donc inexorable. L'absence de référence au judaïsme dans l'histoire médiévale entérine l'idée fausse que les juifs n'auraient pas existé en France avant la fin du XVIIIe siècle ou que leur contribution à la société médiévale serait dérisoire.

On peut s'étonner de l'amnésie durable qui frappe l'historiographie française. L'antijudaïsme chrétien dans la France médiévale serait-il d'une telle "évidence" qu'il ne mériterait pas d'être évoqué et que l'histoire contrastée, parfois catastrophique, des juifs sur notre territoire serait insignifiante ? Les exactions, massacres et expulsions ont eu raison des êtres. En 1242, le brûlement de monceaux de manuscrits du Talmud à Paris en place de Grève tenta d'en effacer l'esprit. Qui se souvient de Yéhiel de Paris qui avec ses pairs - Moïse de Coucy, Samuel dit Morel de Falaise et Juda Ben David de Melun - fut sommé à une disputation théologique par Louis IX (le "bon roi" Saint Louis), lequel ordonna la destruction par le feu du texte incriminé.

Les découvertes récentes signalent donc, comme par effraction, que les "archives du sol" recèlent les traces d'une histoire ignorée. La connaissance de la présence juive y gagne en profondeur : chaque site exhumé témoigne d'une terre où, au Moyen Age, les juifs ont vécu, produit, reçu, pensé, échangé mais aussi été persécutés et chassés. Il ne s'agit pas ici de stigmatiser les historiens, mais de montrer un déni collectif qui contribue à la persistance du fantasme d'une France historiquement chrétienne et homogène.

A l'instar des recherches archéologiques concernant le paléolithique, le néolithique ou l'Antiquité tardive, qui montrent que notre pays est le fruit de vagues de peuplement et d'acculturations successifs, chaque découverte de vestiges juifs vient réinscrire une réalité ancienne dans l'environnement d'aujourd'hui et, par là même, modifie nos représentations. L'archéologie provoque ainsi une forme de "retour du refoulé" et contribue à l'écriture d'une nouvelle histoire nationale. 


 

Directrice du Musée d'art

et d'histoire du judaïsme à Paris

Directeur du développement culturel à l'Institut national

de recherches archéologiques préventives

 

Laurence Sigal-Klagsbald - Paul Salmona 
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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 05:50
MOISEL’histoire que nous conte l’Exode est certainement l’un des événements les plus significatifs de toute l’histoire juive. Il est un modèle au niveau du microcosme de ce qui arrivera plus tard. Nous assistons encore et toujours à une évolution de type « montagnes russes ». Généralement, plus les Juifs montent haut, plus bas ils tomberont.



Texte du Rabbin Ken Spiro
Pour lamed
Traduction par Jacques Kohn
Adapté par Aschkel




L’Exode raconte que les Juifs sont passés d’une bonne situation (celle dont ils ont bénéficié quand ils ont été accueillis par Pharaon lui-même) à une situation très mauvaise (celle de leur asservissement), puis aux sommets les plus sublimes, situés au summum de la spiritualité (quand ils ont été libérés de l’esclavage par dieu Lui-même et qu’ils ont reçu la Tora au Mont Sinaï).
A supposer que chaque famille ait eu douze enfants, ils auraient été au moins trois millions en cinq générations.

Au moment où commence l’histoire de l’Exode, la famille de soixante-dix individus qui était arrivée en Egypte à l’époque de Joseph est devenue une nation de près de trois millions de personnes. Ce calcul n’est pas aussi surévalué qu’il paraît l’être. Il suffit de supposer que chaque famille ait eu douze enfants comme Jacob, et comme cela arrive aujourd’hui encore en Israël dans certaines familles ultra orthodoxes et l’on peut aisément calculer que cinq générations plus tard la population aura atteint ce nombre, sinon plus. Nous sommes loin, ici, des événements les plus surnaturels survenus au cours de l’histoire juive.

La multiplication rapide des Juifs a rendu les Egyptiens nerveux : « Ils sont devenus trop nombreux ! Que se passera-t-il s’ils se dressent contre nous ? » Pharaon a alors promulgué un décret génocidaire : « Tuez tous les garçons juifs ! ». On se trouve ici en présence d’un modèle classique d’antisémitisme : le Juif en Diaspora est toujours loyal envers son pays d’accueil, mais sans jamais échapper à un soupçon injustifié de déloyauté.

C’est à ce moment-là que naît le petit Moïse. Ses parents décident de le cacher, mais ils se rendent compte après quelques mois qu’ils risquent d’être bientôt découverts. Aussi sa mère, afin de le sauver coûte que coûte, le dépose-t-elle dans un panier étanche et le fait flotter sur le Nil. Comme nous le savons tous, il est secouru par la fille de Pharaon elle-même.

Ironie des ironies ? Tout cela fait partie du plan. Comme noté plus tôt, Dieu fournit le remède avant d’envoyer la maladie. C’est là un autre cas classique.

C’est ainsi que le futur sauveur du peuple juif va être élevé dans la maison du pire ennemi des Juifs. Le seul équivalent moderne aurait été un homme que son destin aurait amené à détruire l’Allemagne nazie et qui aurait été élevé par Hitler comme son fils adoptif. C’est ce que nous avons ici. Quelle histoire si cela s’était passé de nos jours !

HISTOIRE DE L'ÉGYPTE

A propos, qui est le Pharaon de notre histoire ?

Les événements de l’Exode ont eu lieu vers 1314-1313 avant l’ère commune, selon la datation le plus souvent en usage aujourd’hui. Mais cette datation est trompeuse. En effet, les chronologies égyptiennes que nous utilisons actuellement ont été calculées au siècle dernier par des érudits qui ont essayé d’évaluer la longueur des règnes des rois d’Egypte et d’Assyrie, deux des plus vieux empires du monde. Leurs travaux contiennent cependant une foule d’approximations. Ouvrons n’importe quel livre sur l’Egypte ancienne et nous y trouverons maintes opinions différentes sur les époques des règnes des différents Pharaons.

On estime généralement que les Pharaons associés aux événements de l’Exode ont été Seti et Ramsès. Ramsès II a certainement été le grand constructeur de cette époque. Et il est intéressant de noter que la Bible précise que les esclaves juifs ont construit les villes de Pitom et Ramsès (voir Exode 1, 11). Et comme il a fallu 116 ans pour construire ces villes, cela couvre le règne de plus d’un Pharaon.

Après Ramsès, l’histoire égyptienne enregistre une période de chaos de dix ans, qui pourrait correspondre à celle des dix plaies.

Il est fascinant de constater que l’Egypte a connu, après Ramsès, une période de chaos de dix ans, selon ce que nous apprennent les documents à notre disposition. Cela pourrait correspondre à une dévastation de l’Egypte qu’auraient provoquée dix plaies surnaturelles, lesquelles l’auraient ruinée pendant de nombreuses années. Voilà qui nous fournirait un commencement de preuve extérieure.




La stèle dite "d'Israël", due au  pharaon Mineptah.                          
Le mot 
Israël figure en écriture hiéroglyphique,

                                                                                                                      

 

 La stèle de Mineptah



       Les récits de l'Ancien Testament présentent pourtant les immigrants hébreux comme un groupe déjà constitué, ayant une identité nettement affirmée. Nous savons que ce groupe avait aussi un nom. On a trouvé en 1895 à Thèbes en Egypte, une imposante stèle de granite gravée d'un long texte hiéroglyphique. Elle est due au pharaon Mineptah, successeur immédiat de Ramsès II, et mentionne les noms des peuples qu'il a vaincus, et parmi eux, Israël. C'est la première fois que le mot Israël figure dans un document non biblique. La bonne traduction du mot "Israël" ne fait aucun doute, d'autant plus qu'il est suivi du signe hiéroglyphique signifiant "peuple" (un homme et une femme, plus trois traits). Cette pierre est auto-datée de l'an 5 du règne de Mineptah, c'est-à-dire vers 1210 avant notre ère. Il est donc établi qu'à cette date, les Israélites étaient déjà présents en Palestine en tant que groupe ethnique. Voici la traduction du passage en question [8] :

        "Leurs chefs se prosternent et implorent la paix : Canaan est dévasté, Askhelon est vaincu, Gezer est prise, Yenoam est annihilé, Israël est dévasté, sa semence n'est plus, la Syrie est devenue veuve pour l'Egypte, et tous les territoires ont été pacifiés".

        Cette inscription soulève en outre une remarque qui accroît encore son intérêt. Tous les noms des peuples cités dans le texte sont suivis du signe déterminatif des trois collines signifiant "cité-état dotée d'un territoire", à l'exception précisément d'Israël. Le déterminatif qui définit Israël (l'homme et la femme) ne le présente qu'en tant que peuple, dépourvu de territoire. Ainsi, il est clair que le scribe a délibérément fait la différence entre les peuples installés et le peuple d'Israël migrant. On peut donc en conclure qu'en l'an 1210 av. J.-C., un peuple nommé Israël était présent au Proche-Orient, mais non encore établi dans un territoire précis. Au début du XIIIème siècle avant notre ère, l'installation des Israélites en Palestine était donc en train de commencer.
http://bible.archeologie.free.fr/


Le Pharaon qui a régné après Ramsès est nommé Mineptah, et il a régné de la fin du 13
ème au début du 12ème siècles avant l’ère commune. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que l’on a trouvé une inscription relative à son règne appelée aujourd’hui la « stèle d’Israël ». Sur cette stèle est gravée la chronique d’une campagne de ce souverain en terre de Canaan. Ce document est le premier de toute l’histoire humaine, extérieur à la Bible, à mentionner le nom « Israël ». Nous parlons ici de quelque chose qui a eu lieu il y a environ 3 200 ans. Et cela devrait correspondre dans la chronologie juive à un certain temps après l’histoire de l’Exode.

Et que dit la stèle ? « Israël est une veuve. Sa semence n’est plus. » Ce qui pourrait vouloir dire : « Nous avons écrasé le peuple juif, ils sont partis. » On remarquera :

1 - Que les Egyptiens mentent quand ils rédigent des chroniques. Les Juifs existent aujourd’hui depuis 3 200 ans. On ne peut donc pas dire qu’ils ont été écrasés. En fait, ils sont partis. (Cette outrance dans l’expression n’a rien de surprenant quand on sait que les peuples de l’Antiquité mentaient notoirement dans leurs chroniques officielles pour mieux glorifier leurs souverains.)

2 - A cette époque ancienne dans l’histoire, qui correspond à l’entrée des Juifs en Terre Promise, nous avons des références concrètes à un peuple appelé Israël dans les chroniques d’un autre pays. C’est une pièce très significative d’archéologie.

LE PRINCE DE L'ÉGYPTE

Moïse a grandi comme le petit-fils de Pharaon, qui était alors l’être humain le plus puissant de la terre, puisqu’il était le souverain de la nation la plus puissante de la terre.

Il aurait facilement pu évoluer vers une assimilation totale, comme un petit Egyptien outrageusement gâté. Mais la fille de Pharaon engagea comme nourrice la propre mère de l’enfant, de sorte qu’il n’a jamais perdu le lien qui l’unissait au peuple juif.

Il n’est donc pas étonnant que, quand il voit un jour un contremaître égyptien battre un Juif, il ne puisse le supporter et le tue. Alors, bien sûr, des Juifs le dénoncent, ce qui est un autre cas classique que nous rencontrerons dans l’histoire juive : des Juifs dénonçant d’autres Juifs. Et Moïse doit fuir pour échapper à la mort.

Il se réfugie dans le pays de Midyan, quelque part dans la péninsule du Sinaï. Il y rencontre Yithro, un prêtre excommunié, père de plusieurs filles, dont l’une va devenir sa femme. Elle s’appelle Tsipora, et la Bible la décrit comme étant noire. Ils auront deux fils, Guerchone et Eliézer, sur lesquels le texte ne nous apprend pas grand-chose. Moïse devient berger.

Le métier de berger n’est pas considéré aujourd’hui comme un métier honorable pour un bon garçon juif.

A cet égard, il suit l’exemple des autres grands dirigeants du peuple juif. Abraham, Isaac, Jacob, et les douze fils de ce dernier ont tous été bergers. Aussi devons-nous nous demander : Pourquoi tant de dirigeants juifs ont-ils exercé cette activité ?

Ceux qui ont regardé un jour travailler des bergers ont pu remarquer que la plupart restent assis à rêvasser. Un berger dispose de beaucoup de temps pour réfléchir, et c’est là une condition absolue pour être prophète. On a besoin, pour s’élever au niveau le plus haut, là où l’on transcende la réalité physique et où l’on entre dans une dimension plus élevée de communication avec l’Infini, d’une somme énorme de travail, et de beaucoup de temps pour méditer.

Une autre raison pour laquelle les dirigeants du peuple juif étaient des bergers tient à ce que le travail d’un pasteur consiste à guider de nombreuses créatures vivantes. Diriger les Juifs est le travail le plus dur qui soit sur notre planète. Une des grandes leçons que nous enseigne l’histoire juive a trait à la difficulté d’unifier et de mener la nation la plus individualiste de toutes. Le métier de berger est un bon apprentissage en vue de cette tâche angoissante.

LE BUISSON ARDENT  
Moïse au buisson ardent: "Seigneur, quel est ton nom?"

Alors que Moïse fait paître des moutons, il perçoit la vision du buisson ardent.

L’épisode de la rencontre de Moïse avec Dieu au buisson ardent est extrêmement profond et chargé de beaucoup de significations pénétrantes, mais nous considérerons le buisson ardent, pour les besoins de notre récit, comme synonyme du peuple juif.

Le buisson ardent brûle, mais il n’est jamais consumé par le feu. De même le peuple juif semble être toujours sur le point de disparaître, et pourtant nous survivons toujours. A un autre niveau, nous pourrions dire que le peuple juif brûle du feu de la Tora, porteur d’une idéologie qui va changer le monde.

Quand Moïse rencontre Dieu au buisson ardent, Il Se définit souvent (Exode 3, 6 ; 3, 13 ; 3, 15 ; 3, 16 ; 4, 5) comme le Dieu de ses aïeux Abraham, Isaac et Jacob avec lesquels Il a conclu une alliance éternelle.

C’est là un passage extrêmement important parce que plus tard dans l’histoire juive beaucoup de gens les Chrétiens, par exemple viendront prétendre que Dieu a changé d’avis, qu’Il a abandonné les Juifs et qu’Il a conclu avec eux une nouvelle alliance, un nouveau « testament » pour employer le terme grec.

Hachem a conclu une alliance « éternelle » avec Abraham, Isaac et Jacob, et Il l’a renouvelée à plusieurs reprises.

Mais Dieu a conclu une alliance « éternelle » avec Abraham, Isaac et Jacob, et Il l’a renouvelée à plusieurs reprises. Nous apprenons que Dieu a un plan directeur pour l’humanité et que les Juifs en constituent une partie absolument essentielle.

A ce moment-là, Dieu a décidé de faire sortir les Juifs hors d’Egypte. Et il est important à garder à l’esprit que c’est Lui qui les y avait fait entrer, car Dieu est responsable des mauvaises comme des bonnes choses.

Le Talmud enseigne que l’on doit bénir le mal comme le bien. Quand une personne meurt, le Juif doit déclarer : « Béni est le Juge de vérité », parce que tout ce que fait Dfait partie d’un plan, même si nous ne voyons pas toujours de quelle manière. Il arrive qu’Il mette des gens dans une situation fâcheuse afin qu’ils accomplissent leur mission sur la terre. Il n’est pas exact de soutenir que les choses mauvaises seraient le produit du « diable », et les bonnes celui de Dieu.

C’est ainsi que l’Egypte a fonctionné comme une matrice, où les Juifs ont été constitués en une nation dans une situation très difficile, de sorte que, une fois qu’ils ont été prêts, Dieu a pu les en faire sortir et établir avec eux un rapport spécifique.

Dieu dit cela à Moïse et lui ordonne : « Retourne dire à Pharaon de laisser sortir Mon peuple ! »

« LAISSE SORTIR MON PEUPLE ! »

Conformément à l’ordre reçu, Moïse retourne en Egypte, où il va se confronter à Pharaon avec son frère Aaron, et il lance : « Le Dieu de mes aïeux m’a dit de te déclarer : “Laisse sortir Mon peuple !” » Par sa réponse, Pharaon marque son incrédulité : « De qui parles-tu ? Qui est ce Dieu? Je ne Le connais pas ! »

Les Egyptiens avaient environ 2 000 dieux, mais ils ne disposaient d’aucun instrument de recherche pour les identifier individuellement.

Les anciens Egyptiens avaient environ 2 000 dieux. Ils prenaient très au sérieux leur spiritualité et la connaissance du monde spirituel. Mais ils ne disposaient d’aucun instrument de recherche pour identifier individuellement ces divinités, de sorte que leurs prêtres ont compulsé fiévreusement leurs listes des différents dieux sans pouvoir y découvrir Celui invoqué par Moïse.

La notion d’un Dieu unique, infini et tout-puissant, était incompréhensible aux anciens peuples païens, car elle ne s’accordait pas avec leur manière fragmentée de considérer le monde.

Quand il voit que Pharaon ne l’écoutera pas, que fait Moïse ? Il prend son bâton et le jette à terre, le transformant en un serpent.

Pharaon n’en est pas impressionné, car ses magiciens peuvent faire la même chose.

Il est très important d’insister sur le fait que le monde ancien comprenait la spiritualité d’une manière qui nous est devenue aujourd’hui incompréhensible. Quand nous parlons aujourd’hui de magie, il s’agit d’une magie constituée par des illusions, et non d’une manipulation des forces de la nature comme ils étaient capables d’y procéder.

L’une des idées fondamentales du judaïsme est qu’il existe une réalité spirituelle à côté d’une réalité physique. On peut transcender le physique au niveau du spirituel ; on peut employer le spirituel à manipuler le physique. Et on peut faire cela en accédant aux forces des ténèbres ou à celles de la lumière. Les Egyptiens étaient capables d’accéder aux forces des ténèbres et ils savaient comment transformer un bâton en un serpent, de sorte qu’ils n’ont pas été troublés par ce qu’avait fait Moïse.

Mais Moïse ne faisait que commencer.

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 05:03

 



Richard Coeur de Lion à la prise d'Acre
Richard Coeur de Lion à la prise d'Acre

 



La ville de Saint Jean d’Acre (Akko) est perchée sur un promontoire, à l’extrémité nord de la baie de Haïfa. La première ville fut fondée au cours de l’âge du bronze à Tel Akko (en arabe Tel el-Fukhar - le tertre des tessons de poteries), situé juste à lest de l’actuelle ville.

 

Akko est mentionnée dans les anciennes sources écrites comme une ville importante de la côte nord du Pays d’Israël. L’abondance des découvertes, notamment les vestiges de fortifications mis à jour à Tel Akko, témoignent de l’occupation prolongée et ininterrompue du site à l’époque biblique.  

Lancien site d’Akko fut abandonné pendant la période hellénistique. Ptolémaïs, une nouvelle ville entourée de murailles, fut construite sur le site de l’actuelle Saint Jean d’Acre. Les Romains améliorèrent et élargirent le port naturel de la partie sud de la ville, et construisirent une digue qui en fit l’un des principaux ports du littoral oriental de la Méditerranée 

L’importance de Saint Jean d’Acre - une ville fortifiée bien protégée dotée d’un port en eau profonde - se reflète dans son histoire fertile en événements durant la domination des croisés en Terre sainte.  

Les croisés, qui fondèrent le royaume latin de Jérusalem en 1099, ne parvinrent pas, dans un premier temps, à venir à bout des fortifications de Saint Jean d'Acre. Le 26 mai 1104, après plusieurs mois d'un siège difficile, et grâce à l'aide de la flotte génoise, la ville se rendit et fut remise au roi Baudouin Ier. Conscients de l'importance de la ville et de son port pour la sécurité de leur royaume, les croisés entreprirent immédiatement de construire un système perfectionné de fortifications constitué par des murailles et des tours d'un style entièrement inédit.  

Ces fortifications furent érigées le long de la mer, à l'ouest et au sud de la ville, alors qu'à  l'est et au nord, un rempart (probablement une double muraille) flanqué  d'un large et profond fossé séparait la ville de l'arrière-pays. Le port fut également reconstruit et, d'après des sources littéraires et des cartes, comportait une partie extérieure et une partie intérieure, cette dernière étant aujourd'hui envasée. Une nouvelle digue, protégée par une tour, fut dressée à son extrémité ; c'est ce qu'on appelle aujourd'hui la Tour des mouches.  

Les fortifications de Saint Jean d'Acre, dans lesquelles les croisés placèrent leur confiance, furent prises relativement aisément par les musulmans. Peu après leur victoire à la bataille des Cornes de Hattin, le 9 juillet 1187, la ville se rendit à Salah-al-Din (Saladin), et ses habitants chrétiens en furent chassés.  

Les croisés revinrent assiéger Saint Jean d'Acre en 1188, mais ne parvinrent pas à forcer les massives fortifications qu'ils avaient eux-mêmes érigées. Le 12 juillet 1191, les musulmans capitulèrent cependant devant le roi d'Angleterre, Richard Coeur de Lion, et le roi de France, Philippe-Auguste (les chefs de la troisième croisade). Au cours des cent années suivantes, les croisés administrèrent Saint Jean d'Acre. Jérusalem demeura (pour une brève période) sous domination musulmane, ce qui accrut considérablement l'importance de Saint Jean d'Acre devenue, durant le XIIIe siècle, la capitale politique et administrative du royaume latin. Bastion des croisés en Terre sainte, la puissante forteresse de Saint Jean d'Acre se trouvait en permanence sous la menace des musulmans. Son port assurait la liaison entre le royaume des croisés et l'Europe chrétienne ainsi que le transbordement vers l'Occident des marchandises de valeur en provenance de l'Orient.  

Le palais (castrum) des rois croisés, situé dans la partie nord de la ville, était entouré de puissantes fortifications. Des quartiers commerçants, désignés sous le nom de communes, furent créés à proximité du port par les villes maritimes italiennes de Venise, Pise et Gênes. Chaque quartier possédait une place de marché, avec ses entrepôts et ses échoppes, ainsi que des demeures pour les familles des marchands. En outre, les différents ordres militaires - les Hospitaliers, les Templiers, etc. - chargés de la défense du royaume latin, disposaient de centres d'hébergement. Dans toute la ville, nombre d'édifices publics comme des églises et des hospices, furent construits.  

Au début du XIIIe siècle, un nouveau quartier résidentiel, appelé Montmusard, fut créé au nord de la ville. Il était entouré de ses propres remparts (probablement aussi une double muraille). Au milieu du siècle, parrainée par Louis IX de France, Saint Jean d'Acre s'étendit et gagna en prospérité. Dotée d'une population d'environ 40 000 habitants, c'était la ville la plus importante du royaume des croisés.  

La dernière bataille que se livrèrent les croisés et les musulmans pour le contrôle de Saint Jean d'Acre commença en 1290. Après un long siège imposé par les Mamelouks sous la direction de al-Ashraf Khalil, une partie de la muraille nord céda ; la ville fut conquise le 18 mai 1291. Cette date marque la fin de la présence des croisés en Terre sainte.  

Les constructions de la période croisée, notamment les remparts de la ville, furent partiellement ou totalement ensevelies sous les édifices des XVIIIe et XIXe siècles, la cité faisant alors partie de l'empire ottoman.  

Vestiges de la période des croisés 

D'importants vestiges de la période des croisés furent découverts pour la première fois à Saint Jean d'Acre pendant les années 1950 et 1960, lorsque des ensembles de constructions, situés au-dessous du niveau du sol et presque intégralement conservés, furent en partie dégagés des débris. Au cours des années 1990, dans le cadre du plan d'urbanisme, des fouilles furent entreprises aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur des remparts de la Vieille Ville d'aujourd'hui, mettant à jour de fascinants vestiges de l'histoire médiévale de Saint Jean d'Acre, connus auparavant principalement par les récits des pèlerins.  

L'enceinte des Hospitaliers 

Les vestiges souterrains les plus importants de la Saint Jean d'Acre des croisés sont situés dans la partie nord de l'actuelle Vieille Ville. Il s'agit du quartier général de l'ordre des Hospitaliers (les chevaliers de Saint-Jean), un ensemble important d'une superficie d'environ 4 500 mètres carrés, comprenant de vastes salles et de nombreuses pièces s'ordonnant autour d'une vaste cour centrale à ciel ouvert. Les murs épais étaient construits en kurkar (grès local) soigneusement taillé et le complexe était protégé par des tours d'angle. Lorsque Ahmed al-Jazzar, le gouverneur ottoman de Saint Jean d'Acre, décida de bâtir une citadelle et un palais à cet endroit, il combla de terre l'édifice des Hospitaliers.  

Ces dernières années, la terre remplissant l'édifice des Hospitaliers sur une épaisseur de trois à quatre mètres a été déblayée, révélant la cour centrale, d'une superficie de 1 200 mètres carrés. Les murs de cette cour sont percés de larges ouvertures conduisant aux vastes salles et pièces qui l'entourent. Des voûtes de style gothique, jaillissant d'épais pilastres encastrés dans les murs, soutiennent l'étage supérieur. Sur le côté est de la cour, un escalier de 4,5 mètres de large, soutenu par des voûtes, donne accès au deuxième étage. Un important système d'évacuation entraînait les eaux de pluies tombées dans la cour jusqu'à l'égout principal. Dans l'angle sud-ouest de la cour, un puits en pierre assurait l'approvisionnement en eau des habitants.  

Au sud de la cour, se trouve une vaste salle appelée à tort de crypte de Saint-Jean. C'est une pièce rectangulaire, de style gothique, de 30 mètres sur 15, haute de 10 mètres, au plafond en voûte d'arête reposant sur trois piliers centraux de trois mètres de diamètre chacun. Les cheminées indiquent qu'elle servait de cuisine et de réfectoire. Aux deux angles de la salle, des fleurs de lys (l'emblème de la famille royale française) sont sculptées dans la pierre.  

Plus au sud, se dresse un ensemble de constructions connu sous le nom de al-Bosta. Il se compose d'une vaste pièce avec plusieurs piliers épais soutenant un plafond en ogive. Ce bâtiment souterrain correspond en fait à la crypte de Saint-Jean au-dessus de laquelle fut construite l'église, mise à jour partiellement ainsi que ses décorations durant les fouilles.  

Au nord de la cour centrale, s'alignent parallèlement plusieurs longues salles voûtées souterraines de dix mètres de plafond, appelées Salles des chevaliers. D'un côté, des portes ouvrent sur la cour ; de l'autre, des fenêtres et une porte donnent sur l'une des rues principales de la ville des croisés. C'était les quartiers d'habitation des membres de l'ordre des Hospitaliers.  

A l'est de la cour, la grande salle des colonnes s'étendant sur 45 mètres de long et 30 mètres de large et servant d'hôpital, a été mise à jour. Son plafond de 8 mètres de haut est soutenu par trois rangs de cinq piliers à section carrée. Au-dessus de cette salle, se dressaient probablement les quatre étages du palais des croisés figurant sur des dessins de l'époque.  

La plupart des bâtiments du côté  ouest de la cour n'ont pas encore été mis à jour. On a retrouvé de nombreux chapiteaux décorés, caractéristiques du style architectural recherché de cette aile. Dans la partie nord, à chacun des deux étages, des toilettes comprenant 30 cabinets étaient reliées par un système de canalisations à l'égout principal de la ville.  

Un système d'égouts souterrain très  élaboré a été retrouvé sous les bâtiments des Hospitaliers. D'un mètre de diamètre, et d'une hauteur de 1,8 mètre, il permettait d'évacuer, sur un parcours nord-sud, les eaux de pluies et les eaux usées jusqu'à l'égout municipal.  

Les rues 

Certaines rues de l'époque des croisés ont été partiellement mises à jour : dans le quartier génois, au centre de l'actuelle Vieille Ville de Saint Jean d'Acre, on a découvert un tronçon de 40 mètres de long d'une rue couverte, d'orientation est-ouest et de 5 mètres de large. Elle était bordée par des bâtiments dotés de cours ainsi que de pièces donnant sur la rue qui servaient de boutiques. Dans le quartier des templiers, situé dans la partie sud-ouest de la ville, une autre portion de la rue principale conduisant au port, a également été mise à jour. Une portion d'environ 200 mètres de cette rue bordée de plusieurs constructions des croisés ensevelies sous des édifices ottomans, a été exposée.  

Les remparts de la ville des croisés 

L'emplacement des remparts de la ville des croisés est bien connu grâce aux cartes de l'époque, fort détaillées, qui ont subsisté, mais on en a retrouvé bien peu de traces au cours des fouilles. Une partie des murailles est enfouie sous les fortifications ottomanes ; d'autres ont été endommagées lors de la construction des quartiers modernes.  

Près de l'angle nord-est des fortifications ottomanes, une portion du rempart des croisés, longue de 60 mètres, a été retrouvée ; construit en grès local, son épaisseur est de trois mètres.  

Non loin, vers l'est, l'angle d'une tour bâtie en grandes pierres de grès a été partiellement préservé jusqu'à une hauteur de six mètres. La façade de la tour donnait sur un profond fossé de 13 mètres de large, et était protégée de l'autre côté, par un mur en contrescarpe. Cette portion de murailles fait partie des fortifications extérieures du nord, construites au XIIIe siècle pour protéger le quartier de Montmusard, nouveau à l'époque. C'est probablement la tour vénitienne figurant sur les cartes de l'époque des croisés. Sur le littoral, à quelque 750 mètres au nord de la Vieille Ville, on trouve les vestiges des fondements d'une tour circulaire se prolongeant vers l'est par une muraille et recouverte aujourd'hui par la mer. Pour les chercheurs, il s'agit de la tour d'angle circulaire qui se dressait à l'extrémité ouest des remparts entourant le quartier de Montmusard.  

La reprise des fouilles à Saint Jean d'Acre a été menée par A. Druks, M. Avissar, E. Stern, M. Hartal et D. Syon pour le compte de la Direction des antiquités d'Israël. Les fouilles effectuées dans l'enceinte des Hospitaliers ont été dirigées par E. Stern, également pour le compte de la Direction des antiquités d'Israël.

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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 05:40

06/01/1286
Sacre de Philippe IV le Bel


Le nouveau roi de France reçoit l'onction du sacre à Reims à 18 ans. Il règnera pendant 29 ans. Grâce à son mariage avec Jeanne de Navarre en 1305 il deviendra roi de France et la Navarre. Ses contemporains le jugent comme étant d'une rare beauté, et son physique tout entier "semblait une vivante image de la grandeur et de la majesté des Rois de France" (d'après une chronique médiévale).
http://www.lessignets.com/ 

Sous Philippe le Bel (1285-1314) : 
persécutions, spoliations et expulsion
 

Philippe le Bel est certainement le pire roi de France pour les Juifs et malheureusement pour eux, jamais le domaine royal n'a été aussi grand qu'à son avènement et donc jamais autant de Juifs n'ont dépendu du roi. De plus, sa femme est comtesse de Champagne où est établie une riche communauté juive, longtemps protégée par les comtes de Champagne. Dès 1288, treize Juifs sont condamnés par l'Inquisition au bûcher à Troyes pour une prétendue affaire de meurtre. Deux ans plus tard, c'est le miracle du Dieu bouilli ou miracle des Billettes, une affaire de profanation d'hostie imputée à un Juif.

En fait, dès avant son accession au trône, Philippe le Bel a compris l'intérêt qu'il peut tirer des Juifs. Lorsque sa femme prend possession de la Champagne en 1284, il obtient des Juifs un paiement de 25 000 livres pour confirmer leur droit d'établissement en Champagne. Les années suivantes, il continue à les défendre contre l'Église de façon à conserver une source de revenus.

En 1292, une taxe supplémentaire est levée sur les Juifs. En 1295, ils sont arrêtés, voient leurs biens saisis et disposent de huit jours pour les racheter, sinon ils sont vendus au bénéfice du Trésor. De nouvelles taxes sont encore levées en 1299 et 1303.

Enfin, en 1306, le Trésor étant vide, le roi se décide à « tuer la poule aux œufs d'or », selon l'expression de la Jewish Encyclopedia. Il fait arrêter les Juifs, leur fait signifier leur exil et saisit leurs propriétés y compris leur créances, ne rendant même pas le service à ses autres sujets de les libérer de leurs dettes envers les Juifs. On a pu estimer le nombre de Juifs exilés à cent mille. Le poète Geoffroi de Paris écrit à ce propos dans sa Chronique rimée :

L’an mil trois cens six, en cel an
Furent les juifs pris à pan:
De ce ne fas-je mie doute,
Faus Juis qui ne voient goute
En nostre loi chretiennée
Furent pris, à une jornée,
Droit le jor de la Magdelaine
47
Mainte grant prison en fu plaine.

Je dis seignors, comment qu’il aille,
Que l’intencion en fu bonne,
Mès pire en es mainte personne
Qui devenu est usurier,
Et en sera ça en arrièr
Trop plus assez qu’estre ne sceut
Dont tout povre gent se deut;
Car Juifs furent débonnères
Trop plus en fesant telz affaires
Que ne furent ore chrestien
48

Cet exil se fait dans des conditions très dures. Le chroniqueur Jean de Saint-Victor raconte que les Juifs doivent payer pour pouvoir quitter le royaume et que nombre d’entre eux meurent en chemin d’épuisement et de détresse. Le royaume s'étant agrandi depuis la première expulsion sous Philippe-Auguste, les Juifs doivent se réfugier plus loin cette fois-ci, dans les pays alentours, en Alsace, en Savoie et en Provence (hors du royaume de France à cette époque), en Italie, en Allemagne et en Espagne. Il en reste aujourd'hui des familles Tsarfati (qui signifie Français en hébreu), Narboni, Bedersi, (de Béziers) etc... suivant l'habitude répandue de nommer les personnes du nom de la ville ou du pays d'où ils sont originaires.

Même si les Juifs sont rappelés en 1315, cette expulsion marque la fin du judaïsme français au Moyen Âge. Comme la révocation de l'Édit de Nantes qui condamne les protestants à l'exil en 1685, cette décision est pour l'historien Siméon Luce, un désastre pour la France et sa vie économique. 

Source : Wikipédia


Retour sur l'expulsion des juifs de France

Geoffroi de Paris revient sur les rafles des juifs opérées le 22 juillet 1306. Résolue par le roi, cette captio des juifs ne figure sur aucune ordonnance mais les clercs de Philippe le Bel produisent un arsenal de circulaires prescrivant la spoliation des biens meubles et immeubles, privés et communautaires des juifs du royaume. Les sources latines, françaises et hébraïques disent la dimension tragique de l’événement tant pour l’histoire de la France, que pour celle du judaïsme.

Présents dans la Gaule romaine, quelque 100 000 au XIVe siècle, les juifs vivent dans les bonnes villes, les bourgs et les villages, surtout dans l'Île-de-France, en Champagne, en Normandie, dans les pays de la Loire et le Bas-Languedoc. Ils tirent leur subsistance de la culture de champs et de vignobles, d’artisanat, de commerce et de -crédit. Ils versent aux seigneurs et au roi cens, tailles et dons. En 1301, leur apport au revenu royal atteint 10 273 livres.

Distincts de ceux de la langue d’oïl voués au commentaire de la Bible et du Talmud, les juifs de la langue d’oc s’adonnent aux sciences, à la médecine, à la philosophie, à la poésie sacrée et profane.

Durant le XIIIe siècle, l’impact des conciles sur les Capétiens avait dégradé leur statut, leur interdisant l’exercice des fonctions publiques et l’emploi de domestiques chrétiens. Depuis 1269, ils portent sur leur vêtement la rouelle.

Au printemps 1306, les clercs du roi dépêchent en secret des instructions verbales à des commissaires ad hoc validées par des lettres royales rendues le 21 juin 1306 en faveur de Jean de Saint Just, chantre d’Albi, et de Guillaume de Nogaret. Le vendredi 22 juillet, au lendemain du jeûne qu’observent les juifs au jour anniversaire de la destruction du Temple de Jérusalem, les sergents du roi incarcèrent leurs familles et saisissent leurs biens, registres, effets jusqu’aux Ketoubot ou « chartes nuptiales » de leurs épouses. On leur signifie ensuite leur bannissement sous peine de mort. Les sources hébraïques – Abba Mari Moïse de Lunel, Menahem b. Zerah, Isaac de Lattes, Kalonymos d’Arles, Yedaya de Béziers, Matityabu ha-Yizhari de Narbonne, Gersonide de Bagnols-sur-Cèze, Baruch b. Isaac de Corbeil, Aaron ha-Cohen de Narbonne, En Duran de Lunel – égrènent les malheurs des expulsés et leur nostalgie de la patrie perdue. Jean de Saint-Victor résume : « En cette même année, en août et en septembre, tous les juifs, sinon quelques-uns qui voulurent se faire baptiser, furent expulsés du royaume ; le roi s’appropria leurs biens et les fit collecter par ses officiers, à l’exception d’une somme d’argent laissée à chaque juif pour payer son départ du royaume ; nombre d’entre eux moururent en chemin d’épuisement et de détresse. »

Les commissaires préposés « à la besogne des juifs » procèdent plusieurs années durant à l’inventaire et à la vente à l’encan des terres, des vignes, ouvroirs et demeures des juifs au profit du roi. Ainsi adjuge-t-on pour 200 livres leur cimetière à Mantes-la-Jolie (stèles au musée de l’hôtel-Dieu) et pour 140 livres leur escole petite d’Orléans. Le roi gratifie son charretier d’une synagogue de la rue de l’Attacherie et les religieuses de Saint-Louis de Poissy du cimetière des juifs à Paris. Il recouvre à son profit les créances juives rappelant au besoin pour un temps certains créanciers en leur promettant un cinquième des sommes récupérées avec leur aide. Au gain en numéraire – 40 775 livres pour la seule sénéchaussée de Toulouse au 3 décembre 1307 – s’ajoute une embellie monétaire, la réévaluation de la monnaie décrétée grâce aux fonds entrés au Trésor du Louvre du fait des spoliations. Les historiens Robert Chazan et William Chester Jordan estiment le total de la recette entre 200 000 et 1 000 000 de livres.

Pourquoi Philippe le Bel expulse-t-il les juifs, se privant ainsi du revenu régulier de leurs impositions ? Pense-t-il satisfaire une opinion publique hostile aux juifs ? Souhaite-t-il parfaire l’unité religieuse du royaume ? Entend-il revenir à la bonne monnaie de saint Louis ? Vraisemblablement à court de liquidités au lendemain de la guerre en Flandre, ses clercs ont pris la mesure de l’impossi-bilité d’augmenter le revenu régulier tiré des juifs. Un seul recours : saisir capital et patrimoine immobilier sans lequel les juifs ne peuvent subsister, spécialement dans le midi où ce patrimoine, plus visible, ressortit de la mouvance de seigneuries. Dépouillés, les juifs perdent toute utilité et leur expulsion permise par saint Thomas d’Aquin dans son Épître à la duchesse de Brabant fournit la solution logique.

Expédient lucratif, l’expulsion ampute la population de la composante juive qui avait contribué à la pénétration de la Bible, par l’œuvre de Rashi, des Tossafistes et de savants rabbins écrivant en hébreu – deuxième langue savante de l’Occident – à façonner la physionomie culturelle de la France. 
Arrachés à leur terroir, les exilés gagnent la Catalogne, l’Aragon, la Navarre, la Bourgogne, la Savoie, les principautés italiennes et allemandes, voire la Croatie et la Terre sainte. Certains prennent pour nom celui de leur ville -d’origine, Bedersi (de Béziers), Narboni, Segré, voire du pays Sarfati (français) mais, sauf exceptions locales en Italie, ne constituent pas une diaspora spécifique. Du foyer par excellence du savoir juif médiéval désormais perdu, des bribes de langage, des termes français transcrits en caractères hébraïques dans les manuscrits bibliques et talmudiques passeront sous d’autres cieux et pour l’éternité dans la lit-térature sacrée des juifs.

Dans le royaume même, des lieux-dits ruraux et urbains, des rues et places gardent le souvenir des juifs, tandis que leurs monuments aliénés -sombrent dans l’oubli malgré la « denonciatio » des chroniques de Saint-Denis, de Saint-Martial, de Jean de Saint-Victor, de Guillaume de Nangis, voire même du rappel des juifs par Louis X inscrit dans une ordonnance des 18 mai et 28 juin 1315 et rendue « de commune clamour du peuple ».

http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/celebrations2006/expulsion.htm 

 

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 05:38






En cet hiver 406 plusieurs hordes de barbares franchissent le Rhin, et déferleront sur l'Europe occidentale, L'empire romain est déjà vacillant et peine à se défendre, en 455 eut lieu le sac de Rome par  Genséric remontant d'Afrique du Nord avec ses troupes qu'il venait de piller.

Une partie du trésor du Temple est emportée pendant le Sac de Rome.

Alaric permit à ses troupes trois jours de pillage, exigeant seulement qu'on épargnât, autant que possible, les Chrétiens et leurs biens. Mais tous les trésors de la Rome païenne tombèrent aux mains des Barbares, en particulier les richesses entreposées au temple de Jupiter Capitolin. 
Selon certains, dans le butin se serait trouvé le trésor de Temple de Jérusalem, que l'empereur 
Titus avait rapporté à Rome après sa victoire contre les Juifs en l'an 70. C'est très probablement faux ! L'or sacré de Jérusalem resta à Rome jusqu'à l'autre grand sac de Rome, celui commis en juin 455 par le roi Genséric, Vandale et fier de l'être. Le trésor du Temple fut alors transporté en Afrique, sans doute à Carthage. Moins d'un siècle plus tard (en 533), le général byzantin Bélisaire mit fin au royaume vandale, rattacha l'Afrique du Nord à l'Empire romain de Justinien… et déménagea une nouvelle fois le fabuleux trésor, qui se retrouva à Constantinople. Ensuite, on perd définitivement sa trace.
http://www.empereurs-romains.net/emp70.htm



406
Invasions barbares

Les Vandales pillant Rome, par Heinrich Leutemann (1824-1904)

Les Vandales, les Alamans, les Suèves et de nombreuses bandes de barbares franchissent le Rhin
Ce sont des peuples germaniques. Ils s'illustrèrent en pillant successivement la Gaule, la Galice et la Bétique (en Espagne), l'Afrique du nord et les îles de la Méditerranée occidentale lors des Grandes invasions, au Ve siècle de l'ère chrétienne. Ils fondèrent également un éphémère « royaume vandale d'Afrique », ou « royaume de Carthage » L'empire Romain vieillissant est incapable de réagir. Bientôt ils occuperont l'Espagne et le nord de l'Afrique.

Carte du Völkerwanderung


La période des grandes invasions a bouleversé les bases du monde antique sédentaire et lui a mis un point final :
c'est la fin de l'Antiquité qui se joue entre 400 et 600.

Source : http://www.lessignets.com/ 



 
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