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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 21:03
« Arbeit Macht Frei »

Par Simon Frajdenrajch, analyste

samedi 19 décembre 2009


http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_article=16321

Fils de déportée, je ne dois ma présence au monde qu’au courage – et à la jeunesse – d’une femme dont la famille a été « éliminée », réduite en esclavage puis cendres à Auschwitz. Hier, des malfaisants ignobles ont voulu encore une fois assassiné la mémoire de mes grands-parents, des proches que je n’aurai jamais connus à cause de leurs prédécesseurs de la même engeance.

Un million et demi d’êtres humains, juifs et tsiganes, après les prisonniers russes qui « firent l’ouverture » du camp n°1 d’Auschwitz, y ont été assassinés de sang-froid, suivant une méthode industrielle toute germanique, sous le regard plutôt bienveillant d’une population polonaise nourrie au lait de l’antisémitisme.


Mais comme Auschwitz est le symbole de l’inhumanité dans toute son horreur, et que ce frontispice « Arbeit Macht frei » est la substantifique moëlle de cette ironie de l’anéantissement, il fallait le faire disparaître, avant même que les témoins encore vivants n’aient disparu.


Les agences de presse se sont empressées de déclarer que cet acte était « probablement commandité par un collectionneur » !? De qui se moque-t-on ? Interrogé hier, Serge Klarsfeld répondait avec clairvoyance que ce frontispice sera probablement détruit, on ne le retrouvera pas, il sera fondu, réduit en cendres lui aussi.


On pourrait en forger un autre, pour remplacer l’original ? Ce serait farce, hein !
Les faussaires de l’histoire auraient alors beau jeu de répandre que la Shoah est une « fabrication », « a forgery » comme disent les anglo-saxons.


Pour que le crime soit presque parfait, il faut que la mémoire s’efface. Complètement ?
Voilà un objectif impossible.


La Shoah est probablement le crime antisémite le plus documenté de tous ceux, et ils sont nombreux, commis au 20ème siècle. C’est du moins une proposition que je tiens de la bouche d’Elie Wiesel lui-même, à la fin d’une conférence donnée à la Sorbonne en décembre 2002.

En 2009, presque jour pour jour, c’est un représentant du Hezbollah libanais, invité dans le grand amphi de la Sorbonne, temple de nos « humanités » à la française, qui intervenait sous les vivats des « indigènes de la République ». Ceux-là, perdant toute vergogne, rejetèrent avec violence les représentants de l’Union des Etudiants juifs de France, venus protester contre cette intrusion intolérable du représentant d’une organisation terroriste qui a juré la disparition d’Israël, refuge légitime du Peuple juif.

Et personne, ou presque n’a rien trouvé à redire, pas même la représentante du doyen.

Nous vivons une époque formidable !


Les actes antisémites ont doublé en France depuis le début de l’année. Les Français devraient se souvenir que tous les pays qui ont fait fuir leurs Juifs se sont irrémédiablement appauvris peu après leur départ.


Nos dirigeants devraient y repenser : songer que les synagogues, les centres culturels juifs, les célébrations organisées par la communauté juive lors des fêtes religieuses doivent se faire sous la protection de la police, est-ce normal ?


Mon père me racontait l’atmosphère de sa Pologne natale.
J’ai plus ou moins l’impression de revivre ce cauchemar.

Joyeux H’anoukah !

Dr Simon Frajdenrajch,

le 18 décembre 2009

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 21:57
La descendance d'Abraham : la rivalité Isaac-Ismaël
Rav Léon Askénazi-Manitou


La plus grande erreur de toutes les théologies - quand on parle de la révélation de la parole de Dieu - c'est de croire que Dieu a révélé une ``confession religieuse'' dans le sens d'un code religieux ne concernant qu'une conduite de la vie : la conduite proprement religieuse, c'est-à-dire l'expression du sentiment religieux et du culte. En fait, à travers la prophétie biblique, on s'aperçoit que ce que Dieu a révélé, c'est essentiellement 
Sa volontépour le développement de l'histoire du monde et particulièrement celle des hommes. Avant de dire le code, la Torah nous donne comme une préface - depuis l'histoire du premier homme - pour expliquer pourquoi l'accent va être mis assez rapidement sur la racine : Israël, matrice de l'engendrement de l'histoire du salut et lieu de la Révélation prophétique.

 

Dépasser la théologie

Or, il y a un écueil à éviter : depuis la fin de la prophétie, on a perdu l'habitude de comprendre le sens de la parole prophétique comme telle. On l'a un peu réduite à une sorte de philosophie religieuse - la théologie, qui est une pensée humaine - très tardive par rapport à la prophétie biblique. Cela vient de l'arrêt de l'expérience prophétique, à l'échelle objective, bien qu'elle ait continué jusqu'à nous. L'inspiration1 à l'échelle individuelle est encore un peu, je ne dirais pas de même nature, mais du même degré de communication de Dieu à l'homme, alors que la philosophie religieuse, elle, est une tentative de communication de l'homme à Dieu, ce qui est extrêmement différent.

La tradition juive connaît aussi l'expérience religieuse qui va de l'homme à Dieu, mais l'essentiel de la religion juive, c'est la Parole qui vient de Dieu à l'homme, et c'est d'une toute autre nature.

Par conséquent, puisque notre époque connaît les grands bouleversements de l'histoire mondiale, il est évident que ces grands bouleversements concernent Israël et que la Parole de Dieu le concerne au premier chef. On a oublié que l'essence de la préface historique que nous voyons en particulier dans le Livre de la Genèse et la première partie du Livre de l'Exode est une révélation de la conception que Dieu Se fait de l'histoire humaine - avec, en gros plan, Israël - avant de révéler Sa volonté pour la conduite religieuse. C'est donc là que l'homme doit étudier et comprendre comment la Torah comprend et entend les règles de conduite du peuple juif dans les grands événements qui le concernent.

 

Le pays des Hébreux

Or un des graves problèmes que nous avons à résoudre en notre temps, c'est la revendication de la terre d'Israël par Ismaël. Et c'est intentionnellement que je dis cela en termes bibliques, directement, car il ne s'agit pas seulement d'un conflit politique, comme se complaisent à le présenter diplomates, historiens et journalistes. Il s'agit d'une histoire qui a commencé avec la famille d'Abraham et qui est la revendication de la terre d'Israël par Ismaël.

Il serait donc inconcevable - en tout cas pour la conscience d'un croyant, qu'il soit chrétien, juif ou musulman - que la Bible ait parlé de tout, sauf ... de l'essentiel. Il faut repenser ce problème pour qu'il y ait une solution positive en fin de compte. A quelles conditions ? Cela nous devons le demander à la Bible elle-même.

Il y a une ``légende'' concernant la dénomination de ce que nous appelens Erets Israël. La Bible l'appelle ``pays de Canaan'' parce qu'au temps des Patriarches, il était occupé par les Cananéens (Gen. XIII, 7). En fait, dans le récit de la Genèse (XL, 15), il est appelé ``pays des Hébreux''. Ce terme est employé par Joseph, en prison en Egypte, lorsqu'il raconte son histoire aux ministres du Pharaon tombés aussi en disgrâce : ``J'ai été volé du ``pays des Hébreux''. Les ministres du Pharaon comprennent de quoi il s'agit, et pourtant qu'y avait-il en ce temps là comme Hébreux au pays de Canaan? Jacob et ses fils. Cela signifie qu'à l'époque, il y avait une donnée culturelle et que ce pays était connu comme celui des Hébreux. De la même manière, pendant deux mille ans, alors que les Juifs étaient en exil, on savait que leur pays était la ``Palestine'', nom donné par les Romains à la Judée. Or, les Juifs étaient partout - sauf ici (en dépit d'une petite minorité), mais tout le monde savait que la Palestine était le pays juif.

Les Hébreux étaient en exil dans la civilisation de Babel d'où est sorti Abraham. Que faisaient-ils en Babylonie ? Il faut d'abord restituer ceci : les Hébreux étaient en dispora dans la civilisation de Babel - dont le roi était Nemrod. Lorsque cette civilisation est devenue totalitaire - un peu à la manière de l'Allemagne nazie - une famille des Hébreux, rescapée d'Our Kasdim2 (la fournaise de Kasdim), la famille d'Avram (il ne se nomme pas encore Abraham) quitte Babel et revient au pays de ses ancêtres (ancêtre d'Abraham : Ever, lui-même descendant de Sem). Or, pour les historiens, Abraham serait un Mésopotamien qui, magiquement, se découvre Hébreu. Cela n'a aucun sens. C'est très frappant de voir qu'Our Kasdim (Ur) est très exactement à la frontière entre le Koweit et l'Irak.

 

Rivalités familiales

En Babylonie, Abraham s'appelait Avram, nom araméen. Lorsqu'il revient au pays des Hébreux, il se nomme Abraham. De cette identité des Hébreux dans l'exil de Babylone, une partie seulement est revenue au pays des Hébreux. Les autres branches se sont installées en rivalité d'Israël. Térah, le père d'Abraham eut trois fils : Nahor, Haran (son fils, Loth fondera les peuplades d'Amon et Moab) et Abraham. Haran est mort en Babylonie. Nahor a quitté la Babylonie, mais n'est pas revenu au pays des Hébreux. Il s'est installé dans la région du Liban et de la Syrie où il a fait souche et est devenu un des pires ennemis d'Israël (cf. dans la Bible les guerres du roi Aram contre David !).

Une de ces rivalités est venue d'Ismaël. La Torah a raconté comment Sarah - qui n'avait pas d'enfant - a demandé à Abraham de prendre Agar pour avoir un enfant en attendant la réalisation éventuelle de la Promesse. C'était de la part de Sarah une générosité et une impatience que l'histoire juive a très souvent connues. Nous avons énormément d'épisodes de ce genre. Comme le temps de la Promesse n'est pas là, on passe le relais à une autre société. Un exemple : les Juifs au temps de la Révolution française étaient persuadés que le relais messianique passait par la France. C'est dire le choc pour un Juif de trouver un pays où les principes politiques étaient censés être : ``liberté-égalité-fraternité''...

 

Il y a rire et rire

Or voici ce qui se passa (Gen. XXI, 8-12) : Sarah a vu Ismaël rire3 et elle dit à Abraham : ``Renvoie la servante et son fils parce qu'il n'héritera pas avec mon fils Isaac.'' Le nom d'Isaac veut dire ``il rira'' au futur. Les deux fils d'Abraham sont ici définis par le rire. Le rire est possible parce que Abraham a enseigné qu'il y a un Créateur. S'il y a un Créateur, la joie est possible et aussi le salut. Donc, tout fils d'Abraham sait rire, seulement la seule différence est qu'Ismaël rit au présent. Il est satisfait du monde tel qu'il est. Tandis qu'Isaac n'aura le droit de rire qu'au futur, quand le monde aura trouvé sa Rédemption. Sarah, quand elle voit Ismaël rire, dit : il faut les séparer.

Effectivement l'Islam comme religion et le Judaïsme comme religion se ressemblent avec cette grande différence que si la théologie est compatible - il y a un Créateur - la morale n'est pas la même. Le Musulman se satisfait du monde au présent. Le Juif ne se satisfait pas du monde comme il est et son rire est réprimé. Il rira au futur. C'est une légende de dire que nous avons le même père car Avram n'est pas encore Abraham ; le Dieu de l'Islam, c'est le Dieu Créateur au présent, alors que le nôtre, c'est le Créateur avec un projet d'avenir.

Avec l'Islam nous n'avons pas de problème théologique. Leur monothéisme est compatible avec le nôtre, mais nous avons un problème moral. Pour la conscience islamique, il y a une difficulté à penser la responsabilité morale. Pourquoi ? C'est Dieu qui décide de tout. Penser que l'homme est libre, c'est un blasphème. Lorsqu'un Musulman est cultivé, formé à l'occidentale, il perçoit le problème moral. Il a alors des difficultés avec sa religion. Je suis né dans un pays d'Islam et je connais bien ce problème. Supposer que l'homme est libre, cela porte atteinte à la souveraineté de Dieu. Le Musulman a une foi absolue qu'il existe un Créateur qui décide de tout. Tout est écrit, dit-on. Ecrit, mais pas dans le sens de la fatalité, c'est la Volonté de Dieu. Il veut soumettre le monde à la Volonté de Dieu...

Le texte suivant (Gen. XXV, 9) prédit qu'Ismaël fera repentir. Ismaël revient d'Egypte où il vivait avec sa mère. Il revient dans la ``maison de son père'' à Hébron où vit Isaac. Abraham mort, il est dit : ``Isaac et Ismaël, ses fils, l'enterrèrent...'' C'est la fin du cycle d'Abraham qui meurt en bonne vieillesse puisque les deux frères se sont réconciliés et que le rire d'Ismaël a trouvé sa Rédemption.

 

Bar Yochaï explique...

Un texte du Talmud dit ceci : Trois maîtres veulent expliquer pourquoi Sarah, voyant rire Ismaël, a pu demander une chose aussi terrible à Abraham : expulser Agar et Ismaël ! Alors qu'elle avait donné Agar à Abraham dans sa générosité. Il y a là contradiction. Sarah n'est pas une mégère, finalement !

Or, le premier dit : ce rire, c'est l'idolâtrie ; le second dit : c'est le meurtre ; le troisième dit : c'est la débauche4. Car celui qui se satisfait du monde tel qu'il est tombe dans ces trois fautes. Et Rabbi Shimon bar Yochaï, qui cite ces trois maîtres, déclare qu'il est étonnant que dans la maison de ce Juste (Abraham), quelqu'un puisse agir ainsi. Il explique le rire d'Ismaël comme une moquerie. Il se rit de son frère. Se croyant l'aîné, il prétend à deux parts d'héritage (l'Arabie et la Palestine, remarque ironiquement le Rabbin !). C'est moi l'aîné. Le monde entier et la terre d'Israël me reviennent ! Mais à la mort de son père, il revient à la maison. Il fait repentir, reconnaissant qu'Israël est chez lui à Hébron, car il a reconnu la religion de son père (avant Mahomet, les Ismaélites étaient des païens).

Le rire d'Ismaël, ce rire de rivalité, trouvera donc un jour sa Rédemption. Pour nous, il suffit - mais il faut - que l'Islam reconnaisse que cette terre a été donnée par Dieu à Israël ; alors on établira le statut de ceux qui voudront y demeurer.

Les Arabes n'ont jamais connu la situation d'exil. Ils ont été des conquérants - partout et toujours. Et voici qu'ici, et pour la première fois, ils connaissent cette situation d'exil. Cela leur est insupportable : être en exil chez les Juifs... à Jérusalem !

 

Le Maharal explique...

Le Maharal a établi pourquoi notre exil n'a commencé qu'avec Jacob alors qu'il avait été annoncé à Abraham. Si l'exil avait commencé avec Abraham, Ismaël aurait été concerné. S'il avait commencé avec Isaac, Esaü aurait été concerné. Mais il commence avec Jacob parce que la promesse de la terre ne concerne que la descendance d'Abraham qui accepte l'éventualité de l'exil. Seule la descendance de Jacob a connu l'exil et la promesse de la terre ne concerne qu'elle.

Or, pour la première fois aussi, il y a des communautés chrétiennes et musulmanes qui vivent en Israël, chez Israël, et commence un temps où le lien avec la terre peut les concerner5.

Depuis Vatican II, on sent que la chrétienté cherche à être plus universaliste qu'universelle. Il y a un tournant. Mais, et c'est évident, l'impérialisme musulman reste universel dans l'Islam.

Abraham mort, ``Isaac et Ismaël, ses fils, l'enterrèrent dans la grotte de Makhpelah''. Alors seulement, Ismaël a le privilège d'être ici désigné comme fils d'Abraham. La préséance du fils de la Promesse, Isaac, est établie ici, et reconnue, puisque Isaac est nommé le premier. C'est un peu ce que nous attendons.

La Bible a raconté notre histoire et il y a une cohérence dans cette histoire. On ne peut la juger d'après les notes des journalistes ou les critères - uniquement politiques - des assemblées internationales.

 

 


Notes:

1L'esprit de sainteté : ne pas confondre avec la fonction du ``Saint-Esprit'' dans le Rouah Haqodesh.

2Our Kasdim : Ur. Comme l'explique le Midrash, les hébreux étaient jetés dans les ``fours'' d'Our kasdim.

3Concernant Gen. XXI, 9, il est des traductions qui disent que les deux enfants ``jouaient''. L'hébreu dit ``riant'', un participe présent.

4Il y a trois axes des commandements dans la Torah :
- dans les rapports avec Dieu, la faute, c'est l'idolâtrie ;
- dans les rapports avec autrui, c'est le meurtre ;
- dans les rapports avec soi-même, c'est la débauche.

5Les Juifs ont connus quatre grands exils dont ils sont sortis, la sortie étant accompagnée de grands ébranlements de civilisation :
- de l'empire de Babel (géographiquement l'Irak) avec Abraham ;
- de l'empire de Perse (géographiquement l'Iran) avec Esther ;
- de la colonisation grecque avec les Hasmonéens ;
- de l'Empire romain (symboliquement l'Occident) par leur retour contemporain dans l'Etat d'Israël
.

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 05:00

Déclaration Balfour: Un message à toutes les terres où la race juive a été dispersée
(Morris on Shlaim’s latest extended exercise in anti-Zionism)

http://jcdurbant.wordpress.com/

5 décembre, 2009

Balfour declarationEn gros l’islam aurait remplacé le bouddhisme pour celles et ceux qui ne connaissent de l’islam que le thé à la menthe à la mosquée de Paris, le couscous chez le “copain maghrébin” les vacances au Maroc et la nounou sympa qui fait aussi le ménage, bref, l’islam est appréhendé comme fait uniquement culturel et exotique ou le vieil orientalisme qui faisait aimer la Turquie par Théophile Gauthier lorsqu’il en parlait au club des Hachichins. Ce qui fait que la dimension politique de l’islam sera évacuée et que toute critique à son égard sera taxée de racisme, y compris lorsque l’islam recèle les mêmes propositions de vie que dans le christianisme et le judaïsme alors que celles-ci seront vivement critiquées par les mêmes qui devant l’islam font par contre silence, ce silence de cristal qui fascina certains écrivains dans les années 30 lorsqu’ils virent s’ériger le nazisme et le fascisme. Lucien Oulahbib

 

Les mosquées sont nos casernes, les coupoles nos casques, les minarets nos baïonnettes et les croyants nos soldats. Erdogan (1998)

Vous avez la psychologie d’un coupable (…) Vous savez très bien tuer les gens.Erdogan (à Peres, Davos, janvier 2009)
Bienvenue, conquérant de Davos! Slogan accueillant le premier ministre turc à son retour de Davos (janvier 2009)
Recep Tayyip Erdogan a dit la vérité, en faisant triompher la justice, la liberté et le peuple palestinien. Tu nous rappelles la position glorieuse de tes ancêtres ottomans. Que les dirigeants musulmans écoutent comment l’Histoire fait des héros et comment les hommes font l’Histoire. Khalil al-Hayya (chef du Hamas à Gaza, le 30 janvier 2009)
La Turquie est en Europe (…) Les opposants à l’adhésion avancent de faux prétextes. En réalité, ils veulent maintenir une Europe conçue comme un club chrétien, réservé aux pays de tradition chrétienne. De même qu’on a souhaité l’adhésion de pays de l’Est parce qu’ils sortaient du communisme, il convient de tendre la main à la Turquie, le seul pays musulman à avoir su organiser la séparation entre la religion et l’Etat. Bernard Kouchner (le 11 décembre 2002)

Pour ceux qui croiraient encore qu’Israël a été créé dans le seul but de remercier l’Alfred Nobel juif …

Au lendemain de la mort à New York du dernier prétendant au trône de la Sublime Porte, le petit-fils du sultan Abdulhamid II Osman Ertugrul et à la veille de l’arrivée à Washington d’un président qui déclarait il y à peine dix ans que “les mosquées sont nos casernes” …

Et qui, suite à son coup de colère de Davos contre son homologue israélien, fut accueilli en nouveau conquérant par un pays en pleine nostalgie d’un empire qui avait, pendant 600 ans et des Balkans à l’Océan indien et jusqu’aux portes de Vienne (y compris, sous ses successeurs, par le génocide ), imposé l’islam à près des deux tiers de l’humanité …

Pendant que, profitant du complexe de culpabilité d’un Occident postmoderne déstabilisé par la crise financière (les croisades et le colonialisme comme seules explications du sous-développement des pays musulmans !), les islamistes masqués avancent leurs pions (minarets, appels à la prière, tribunaux spécifiques, voiles, burkas) …

Et que nos prétendument progressistes anti-mondialistes (d’ailleurs rejoints sur ce point par l’extrême-droite opposée à la globalisation libérale) tentent de se refaire une santé en nous vendant l’islam comme “nouveau creuset révolutionnaire” et “résistance face à l’américanisation du monde” et à la menace d’un petit Etat de 7 millions d’habitants qui refuse de collaborer à sa propre disparition (notamment via les 4,5 millions voire 7 millions de prétendus réfugiés que voudraient lui imposer, avec la complicité occidentale, l’Autorité palestinienne ou le Hamas) .…

Favoriser l’engagement des Etats-Unis et des juifs dans la guerre, préempter la Palestine face à la France, protéger le Canal de Suez et les routes commerciales de l’Empire, satisfaire les fondamentalistes protestants, limiter les frais de l’effort de guerre, remercier Weizmann pour la synthèse de l’acétone …

Les historiens n’ont, on le voit en ces temps de révisonnisme rampant, jamais manqué d’imagination pour expliquer la fameuse Déclaration de Balfour de 1917 pour l’établissement d’un foyer juif.

Tout ça pour éviter, comme le montre l’historien israélien Benny Morrisà l’occasion de la sortie du dernier ouvrage d’Avi Shlaim (“Israel and Palestine: Reappraisals, Revisions, Refutations”), de reconnaître que, derrière les considérations impériales classiques, les dirigeants britanniques aient pu sincèrement se sentir redevables d’un des peuples les plus persécutés de l’histoire humaine.

Et ce, non seulement de la part des Européens, mais également de l’Empire ottoman et ses siècles d’oppression et d’expulsions.

D’où l’intérêt de ce discours oublié de Lord Balfour qu’il cite au moment où était remise en cause au sein même de son parti l’accès à l’auto-détermination du peuple juif que venait d’ouvrir, après six siècles de domination sans partage, la destruction de l’Empire ottoman.

Et qui, dans son langage nécessairement daté et au-delà des siècles de persécutions occidentales mais aussi ottomanes, avait le mérite de rappeler l’apport totalement disproportionné du peuple juif à l’humanité dont, alors comme aujourd’hui et avec les mêmes conséquences de sous-développement et d’archaïsme, le monde musulman s’obstine à vouloir se priver …

Extraits (traduits au babelfish):

Mon noble ami nous a dit dans son discours, et je le crois absolument, qu’il n’a aucun préjugé contre les juifs. Je pense que je peux dire que je n’ai aucun préjugé en leur faveur. Mais leur position et leur histoire, leurs liens avec les religions et la politique du monde sont absolument uniques. Ces liens sont sans précédent et sans et sans pareil dans n’importe quelle autre branche de l’histoire humaine. Voici une petite race habitant à l’origine un petit pays, pas plus grand je le pense que le Pays de Galles ou la Belgique, en tout cas de taille comparable à ces deux petits pays, n’ayant possédé à aucun moment de son histoire ce que l’on pourrait considérer comme une puissance temporelle, parfois écrasé entre de grandes monarchies orientales, ses habitants expulsés, puis dispersés, puis expulsés tout à fait de toutes les parties du monde et pourtant maintenant une continuité de tradition religieuse et raciale dont nous n’avons aucun parallèle ailleurs.

(…)

De façon à que nous puissions envoyer un message à toutes les terres où la race juive a été dispersée, un message qui leur indiquera que la Chrétienté n’est pas oublieuse de leur foi, du service qu’ils ont rendu aux grandes religions du monde et surtout à la religion que la majorité de Vous mes Lords professent, et que nous désirons autant que possible leur donner cette occasion de développer… ces grands cadeaux que jusqu’ici ils ont été contraints de faire fructifier dans des pays qui ne connaissent pas leur langue et n’appartiennent pas à leur race ? Tel est l’idéal que je désire voir accompli, tel est le but qui se trouve à la racine de la politique que j’essaie de défendre ; et bien que celle-ci soit défendable en effet à tous les niveaux, tel est le principal motif qui anime mon action. Lord Balfour (Discours à la Chambre des Lords, 1922)

Voir aussi les extraits de Morris :

Shlaim omet complètement de mentionner la pertinence du philo-sémitisme et du philo-sionisme comme facteur décisif dans l’établissement de la déclaration. En effet, c’était probablement le facteur le plus important dans l’appui des membres du Cabinet britannique: Lloyd George, Arthur James Balfour lui-même, Lord Milner, Robert Cecil, et janv. Smuts. Elevé dans la lecture de la Bible et dans croyance à la contribution des juifs à la civilisation judéo-chrétienne, ces leaders croyaient que la chrétienté avait une dette envers les juifs – et qu’elle devait réparer deux mille ans de persécution en leur rendant leur terre.

(…)

Comme Balfour l’avait déclaré à la Chambre des Lords en 1922 :

Pour Shlaim, Balfour, George, Milner, Smuts, et Cecil étaient tous des menteurs ou des dissimulateurs. Je préfère les croire. C’était principalement leur estime et leur sympathie pour les juifs qui les ont conduits à soutenir l’arrangement écervelé connu sous le nom de sionisme. Même si bien sûr les intérêts matériels de guerre et le calcul impérial d’après-guerre y ont également joué un rôle.

(…)

Les aspirations politiques palestiniennes, alors et maintenant, étaient « justes » selon Shlaim. Il n’applique jamais le mot aux aspirations sionistes, avant 1948 ou après. L’établissement d’Israël était-il « juste» et son existence continue « juste » à la lumière de l’ « injustice » monumentale qu’elle avait causé aux Palestiniens ? Les juifs n’auraient-ils jamais dû établir leur Etat en Palestine ? Shlaim laisse implicitement sur la table l’argument palestinien standard que les Palestiniens ont dû payer une injustice commise contre les juifs par d’autres.

Nulle part dans ce livre Shlaim ne dit un mot au sujet du lien vieux de 3000 ans du peuple juif à la terre d’Israël–que cette terre était le berceau du peuple juif; qu’ils ont plus tard régné sur elle, par intermittence, pendant plus de mille ans ; et que pendant les deux millénaires suivants, après l’entrée dans l’exil, ils ont aspiré et désiré ardemment d’y retourner.

Ni ne mentionne-t-il que les Arabes, qui n’avaient aucun lien avec la Palestine, l’ont arraché « injustement » au septième siècle à l’empire bizantin et s’y sont« illégalement » installés, la convertissant de force en terre « arabe ». Si la conquête n’accorde pas de revendication légitime, cela ne devrait-il pas être universellement vrai?

Nulle part Shlaim ne nous parle de la persécution, de l’oppression, et de l’assassinat de masse occasionnel des juifs par les Arabes musulmans au cours des siècles, à commencer par la destruction des communautés juives du Hijaz par Mahomet et pour finir avec les pogroms d’Aden et du Maroc en 1947-1948.

Et nulle part Shlaim ne précise-t-il que les Arabes palestiniens ont eu une main indirecte dans la mort des juifs européens pendant l’Holocauste, en conduisant les Anglais, par la violence anti-Britannique et anti-sioniste, à fermer les portes de la Palestine, qui était le seul asile sûr possible, après que les Etats-Unis et le monde anglo-saxon aient fermé leurs portes aux juifs européens en fuite. Et, plus directement, que les leaders palestiniens (et arabes en général) ont contribué à l’Holocauste en soutenant politiquement Hitler et, dans le cas de Haj Amin Al Husseini, en travaillant réellement à Berlin pour le Troisième Reich, colportant la propagande nazie dans le monde arabe et levant des troupes pour la Wehrmacht.

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 04:54

 

La vie d’Isaac

aux enseignements si actuels !


http://yerouchalmi.web.officelive.com/Itshak1.aspx

Yerouchalmi,
 basé sur S.R. Hirsch, Manitou, Rav Uriel Avigès, D. Sibony,... 

          La passivité d’Isaac, trait distinctif - Isaac patriarche discret, puis aveugle - Isaac, de crainte,comme mort - Une vie qui laisse sa place au futur.
          
Rires d’incrédulité et de joie des parents - Rires opposés d’Isaac et d’Ishmaël - Le Rire d’Ishmaël - La rédemption du Rire d’Ishmaël
          
Rivalité Isaac/Ismaël, fruit de l’impatience de Sarah-Ismaël ! - Isaac/les Philistins et descendants d’Isaac/d’Ismaël  - Haine des Nations, retour à Sion
          Isaac dans le sillon d’Abraham - Isaac imprime sa marque 


1) Quelques caractéristiques d’Isaac 
Généralités
   
       - Isaac / ITSHAK résumerait pour la Cabbale les plus hautes vertus humaines (citées dans les prières des Chabat et Fêtes), de par les lettres qui composent son nom : Iachar (le juste), TSadik (le saint), Hassid (le pieux), Kadosh (le sacré). 
       - Selon des versets bibliques, Abraham aurait institué la prière du matin, Isaac celle de l’après-midi, Jacob, du soir. 
       - Abraham est tout en bonté (‘Hessed), Isaac représente la Justice (Din, qui inclue aussi rigueur etlogique) et Jacob l’équilibre des ces vertus ou bienveillance (Ra’hamim).
       - Offert en sacrifice par son père Abraham en réponse à une première demande divine, passif mais sauvé de la mort in extremis par l’ange de D. ieu, Isaac préfigure le non sens des sacrifices humains (et pour les chrétiens, l’inverse, avec le sacrifice de Jésus). 
La passivité d’Isaac, un trait distinctif 
   a) lorsqu'Abraham s'apprête à le sacrifier, il avance sa nuque vers le couteau 
   b) Eliezer ramène Rebecca du pays des ancêtres et il l’accepte sans mot dire 
   c) il ne fait rien pour contrecarrer les actes violents d’Esaü 
   d) Malgré le subterfuge de Rebecca, Jacob peut capter sa bénédiction.
Isaac, patriarche discret, puis aveugle        
     - Isaac est très discret :
  a) il ne change jamais de nom (Abram devient Abraham, Jacob devient Israël) 
  b) il ne connaît qu'une femme (Abraham en a eu 2, Jacob en a eu 4) 
  c) il ne quitte jamais la terre d'Israël 
  d) il ne prend jamais les armes 
  e) il finit ses jours aveugles, comme pour souligner qu'il n'est même pas vraiment de ce monde. Il devient aveugle et reste longtemps cloitré (Rachi).
     - Selon Rachi sa vue était troublée pour 3 raisons 
  a) par la fumée des offrandes idolâtres des femmes d’Esaü 
  b) par les larmes de l’ange tombées dans ses yeux au moment du sacrifice (en langage moderne par le post trauma de l’émotion au moment de la mort entrevue)
  c) il a accepté de son fils impie le gibier et les ragoûts qu’il aimait. 
     - Comme on dirait en français Isaac est ‘aveuglé’ par la puissance de son fils. Cet aveuglement a conduit Isaac a perdre son amour de D. pour ne lui laisser subsister qu’une pure « crainte » de Dieu car Genèse 31,42 appelle D.ieu  « Pa’had Itshak » ou la « Crainte d’Isaac » comme si cette crainte/terreur suffisait à résumer D. pour lui !
Isaac, de crainte, est comme mort     
       - Il est difficile de comprendre cette crainte; sentiment tabou aujourd'hui. Pour Rachi, après avoir survécu sur l'autel, Isaac s'est considéré toute sa vie durant comme un sacrifice holocauste, (c'est à dire un sacrifice qui doit être entièrement brûlé pour D.ieu ; tout son travail était alors de rester à ce niveau de spiritualité, annulé complètement dans un seul sentiment de proximité avec D. 
       - On remarque que la Torah nous relate la mort d'Isaac avant l'histoire de Joseph, alors qu'il est mort bien après la vente de Joseph: le Midrach explique qu'Isaac était si proche de D. qu'il était considéré comme sans libre-arbitre et donc comme mort.
Isaac, une vie au présent qui laisse sa place au futur    
   - L'aveuglement d'Isaac c'est l'incapacité de voir les choses à l'avance, mais uniquement de les comprendre après coup, comme dans le récit du ligotage Lorsqu'Isaac comprend ce qui s’est passé, il est bouleversé aussi fortement qu’au moment où des années plus tôt il fut ligoté pour être sacrifié. Pourquoi est-il si ébranlé ? Isaac qui a fondé ses espoirs et ses rêves sur Esaü et vient de réaliser son erreur, c’est un véritable choc qu’il subit. Comme en fin de XXème siècle, des fidèles du PC qui assisteraient à son effondrement ! 
   - Ces attributs d’Isaac nous semblent aujourd'hui très étrangers et rébarbatifs, et pourtant il est appellé "celui qui rira" ! Pourquoi cette dichotomie apparente ? Il ne se projette jamais dans une image il ne voit pas le futur, mais peut vivre le jaillissement du présent. Ne voyant pas le futur, tout lui est surprise : il ne voit pas donc ne "s'imagine" pas et ne fait pas de plan. En conséquence, il laisse sa place au futur et la place à son rire.
 
2) Isaac et les rires
lors de bifurcations de son histoire, préfigurant l’histoire juive
Rires d’incrédulité et de joie des parents  
Isaac , fils d'Abraham (99 ans) et de Sarah (90 ans), naîtra suite à l'intervention miraculeuse de Dieu accompagnée lors de son annonce par leur double rire d'incrédulité et de joie, d’où son nom Isaac/ Itshak = il rira ! 
Rire futur d’Isaac 
Le rire est possible parce qu’Abraham a enseigné qu'il y a un Créateur ; la joie est possible et aussi le salut. Le nom Isaac / Itshak veut dire "il rira" au futur : Il n'aura le droit de rire qu'au futur, quand le monde aura trouvé sa Rédemption.
Rires opposés d’Isaac et d’Ismaël  
       - Sarah a vu Ismaël rire et dit à Abraham : Renvoie la servante et son fils. Les deux fils d'Abraham sont ici définis par le rire.La seule différence est qu'Ismaël rit au présent, satisfait du monde tel qu'il est alors qu’Isaac attend pour cela la rédemption. Sarah, quand elle voit Ismaël rire, dit donc : il faut les séparer. 
       - L'Islam et le Judaïsme comme religions se ressemblent avec cette grande différence que si la théologie est compatible - il y a un Créateur - la morale n'est pas la même. Le Juif ne se satisfait pas du monde comme il est et son rire est réprimé. Il rira au futur. 
       - Le monothéisme de l’Islam est compatible avec le nôtre, mais a une difficulté à penser la responsabilité moral car, le Musulman ayant une foi absolue en un Créateur qui décide de tout ("Mektoub", tout est écrit, la Destiné), penser que l'homme est libre devient un blasphème. Le monde est bon par définition et ainsi Ishmaël peut-il rire au présent ! 
Le Rire d’Ismaël    
En quoi le rire d’Ismaël est-il odieux aux yeux de Sarah pour qu’elle demande son expulsion, alors qu'elle avait donné Agar à Abraham dans sa générosité. Le Talmud a des explications liées aux grandes fautes sous-tendues par ce rire : 
   a) défaillance des rapports à Dieu avec connotations d'idolâtrie 
   b) inadéquation des rapports à autrui connotations de meurtre
   c)anomalie des rapports à soi-avec indications d’homosexualité
   d) Ishmaël se serait ri de son frère de rivalité triomphante, se croyant l'aîné, il prétendait à 2 parts  (Arabie et Palestine?...)
La rédemption du Rire d’Ismaël   
     - Mais, la Thora est rassurante… car,  à la mort d’Abraham, Ismaël revient à la maison et  fait repentir, reconnaissant qu'Israël est chez lui à Hébron, et la religion de son père. 
     - Isaac et Ismaël, ses fils, l'enterrèrent dans la grotte de Makhpelah. Le texte à cette occasion et pour une fois, désigne Ishmaël comme fils d'Abraham et nomme Isaac en premier, reconnaissant explicitement la préséance à ce fils de la Promesse. 
     - Isaac sera, à son tour, enterré dans la tombe de ses parents à Makhpelah / Hebron par ses propres fils, eux-aussi réconciliés pour un temps. La Genèse annonce en arrière-plan un D. qui met à l’épreuve et sauve, ses épreuves conduisant à le craindre, le comprendre. 
     - Le rire d'Ismaël, ce rire de rivalité, trouvera donc un jour sa Rédemption. 
A cet effet, il suffit - mais il faut - que l'Islam reconnaisse que cette terre a été donnée par D. ieu à Israël ; alors on établira le statut de ceux qui voudront y demeurer. 

3) Isaac / Ismaël et l’actualité ?
Rivalité Isaac / Ismaël, fruit de l’impatience de Sarah    
   - Sarah, stérile, pousse sa servante Agar dans les bras d’Abraham pour lui assurer une postérité. Ishmaël naît de cette union. De cette naissance d’Ismaël, voué à être destitué de son droit d’aînesse  résultera une des rivalités essentielles face au peuple juif. (qui évoque Israël, vouée à s’installer en plein cœur du monde arabe). 
   - L’initiative de Sarah avec Agar témoigne surtout d’une impatience que l'histoire juive a trop souvent connue. Comme le temps de la Promesse n'est pas là, les juifs passent le relais à une autre société : au temps de la Révolution française et des Lumières, plus tard avec le marxisme ou la Haskala, de nos jours vers l’Occident messianique… 
Ismaël en exil, comme hier les descendants d’Itshak !   

Les Arabes n'ont jamais connu la situation d'exil, ayant été conquérants. Voici que pour la 1è fois, ils connaissent l’exil. Cela leur est insupportable : être en exil chez les Juifs... 
Le Maharal de Prague explique... pourquoi notre exil n'a commencé qu'avec Jacob alors qu'il avait été annoncé à Abraham. Seul le peuple juif était voué à l’exil par l’acceptation de l’Alliance associée à la Promesse de la Terre. Cet exil ne concerne en conséquence ni les chrétiens (Esaü), ni l’Islam (Ismaël). Or, si l'exil avait commencé avec Abraham, Ismaël aurait été concerné. S'il avait commencé avec Isaac, Esaü aurait été concerné. Il ne peut donc commencer qu’avec Jacob parce que la promesse de la terre ne concerne que la descendance d'Abraham qui accepte l'éventualité de l'exil. Seule la descendance de Jacob a connu l'exil et la promesse de la terre ne concerne qu'elle. 
          Des communautés chrétiennes et musulmanes en Israël, connaissent pour la 1è fois un exil théologique inconnu d’eux jusque là et qui les angoisse au plus haut. Depuis Vatican II, en réaction constructive, la chrétienté cherche à être plus universaliste qu'universelle. Mais, et c'est évident, l'impérialisme musulman reste universel dans l'Islamisme. 

Réussite matérielle d’Isaac et jalousie résultante   
  
   - Isaac creuse de nombreux puits et trouve des sources qui nourriront son troupeau et ceux de ses voisins philistins. Il préfigure le Juif qui dans l'histoire s'investira dans les champs arides et incultes pour produire les éléments de la civilisation: les sciences, l'art, la philosophie, les techniques (High-Tech),ces puits où les fils pourront boire, en fraternité. 
   - Il préfigure aussi le Juif qui, rejeté d'une nation, s'en ira fructifier une autre. Itshak, l'homme, travaille d'abord, alors Dieu le bénit. Dieu ne bénit que l'investissement de l'homme. La Bible nous apprend à ne pas attendre les miracles. Réussite individuelle d'Isaac , certes, mais qui pourrait profiter à tous.  Car pour la Bible, le scandale n'est pas dans la réussite, mais dans l'orgueil ; il n'est pas dans la richesse, mais dans la pauvreté ; il n'est pas dans le déséquilibre des forces naturelles, mais dans l'injustice. 
Isaac/les Philistins et descendants d’Isaac / d’Ismaël     
   - Les Philistins ne l'entendent pas ainsi : ils jalousent Itshak, emplissent les puits de terre. Au lieu de remercier, ils haïssent ; au lieu de profiter, détruisent. Summum de la haine de soi : personne ne profitera de la bénédiction ni toi, ni nous. Ce peuple a en fait une seule vocation: celle de contester tout ce qu'Israël réalise ! Il nous faut tranquillement poursuivre notre mission: "lls creusèrent un nouveau puits et se disputèrent également à son sujet". 
   - Alors se dévoilent leurs véritables intentions, c'est pourquoi Isaac nomme ce puits "Sitna" (haine). Cette dispute n'est pas un conflit passager mais repose sur la haine qui les habite contre Israël. Face à cela, Isaac poursuit son chemin: "Il alla et creusa un nouveau puits, et ils ne se disputèrent plus à son sujet". Ce sont donc les Philistins qui se sont inclinés devant son obstination. D. se manifeste à nouveau à lui, renouvelant sa bénédiction. Isaac Lui bâtit un autel etprie, creuse un nouveau puits et trouve de l’eau. 
Haine des Nations et retour à Sion     
   - La Torah décrit, dans son langage laconique, les symptômes de la haine.  Les membres de cette société malade chercheront alors des boucs émissaires à sacrifier : Isaac et sa maisonnée. Et puis après les coups en douce, les paroles en face-à-face qui font mal : « Tu es plus riche que nous, décampe ! » Chanson d'Herbert Pagani : "Lon étoile d'or"...
   - Et Isaac décide de rentrer chez lui à Beersheva (pourquoi le peuple juif veut-il revenir sur sa terre ? Réponse simple: l’antisémitisme (pogroms, infériorité, affaire Dreyfus, Shoah…). Il réalise que l’opposition à propos des puits qu’il a creusés est suscitée par D.ieu pour le - - Le puits qu’il y creuse et la source qui s’y dévoile, la prière qu’il y fait (inaugurant la prière de l’après midi), la révélation, sont des leçons de foi dont même Abimelek et philistins saisissent l’importance : « Nous avons vu que D. est avec toi, et voudrions faire alliance». 

4) Fidélité et originalité d’Isaac et des juifs
Isaac dans le sillon d’Abraham     
La Thora montre que la vie d’Isaac est répétition des expériences d’Abraham : 
   - Dieu fait une alliance avec Abraham ; Il la confirme avec Isaac. 
   - Au début de la vie d’Abraham, une famine, comme dans la vie d’Isaac. 
   - Confiant dans le renouvellement de l’alliance abrahamique annoncée par D, Isaac conduit à Guérar puis vers le sud en Egypte son troupeau impressionnant. 
Ayant peur qu’on ne le tue pour lui ravir son épouse (aussi belle que la femme d’Abraham), Isaac, comme Abraham, la fait passer pour sa sœur
   - Abraham ment ainsi à Abimélek1 et Isaac devant Abimélek2. Abimélek1 recherche un traité avec Abraham, voyant que D.ieu est avec lui puis Abimélek2 avec Isaac. 
   - Abraham a triomphé de l'assimilation, tout en vivant en harmonie avec son entourage, sachant se fixer des limites à ne pas dépasser pour préserver son identité. Isaac, à son tour, saura puiser dans son propre puits et sauvegarder sa source d'inspiration : il creuse les puits déjà creusés par son père, et leur donne les mêmes noms. 
          Marcher selon ses pères qui suivent la Parole de D. nous rapproche ainsi de Lui, sachant que servir D. ieu ne garantit pas une vie sans problème : Esaü est la cause de bien des chagrins « avec sa femme, ils rendirent la vie amère à Isaac et à Rebecca». 
Isaac imprime sa marque
          - La relation personnelle avec Dieu débute en acceptant l’alliance et pour les juifs avec la Circoncision/ Brit-Mila qui la matérialise. Isaac est confronté aux mêmes problèmes qu’Abraham, mais dans des circonstances différentes, les résout à sa manière, tout en s’inspirant de la tradition de son père. 
          - Chaque génération possède son approche de la réalité et des mêmes impératifs. Le judaïsme des ancêtres Abraham, Isaac et Jacob, vécu à notre manière. L’aspect extérieur n’entame pas la pureté du message. Une seule condition : Isaac comprend l’importance du choix de la future conjointe et confirme à Jacob la directive d’Abraham, la future épouse doit être de la foi en l’Eternel. Importance clef de préserver l’identité juive par le mariage
          - Lorsque les juifs regardent en arrière, avec l’avantage de l’ancienneté unique de leur foi, ils sont ébahis par la similarité entre eux, ceux des anciens et ceux qui leur succèderont.
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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 07:04
Traduction de Jacques KOHN
Adaptation Aschkel


Source : http://www.lamed.fr/

Les Croisés sont venus libérer la Terre Sainte des « Infidèles », et malheur à tout Juif qu’ils trouvaient sur leur chemin !

Aussi longtemps que l’Empire byzantin (à l’est), avec son siège à Constantinople, domina l’Eglise chrétienne, il s’est efforcé de maintenir un équilibre entre le pouvoir de l’évêque de Constantinople et celui de Rome. Mais quand il commença de s’affaiblir, Rome entreprit de prendre le dessus.


Les Croisades, comme nous le verrons, ont pris naissance à Rome. Cependant, avant de pouvoir traiter des Croisades et de leurs conséquences sur les Juifs, nous devons commencer par en brosser un tableau général et remonter dans l’histoire.

Depuis le quatrième siècle, l’Empire d’Occident, ayant sa capitale à Rome, n’avait cessé de perdre de sa puissance, sous les coups que lui portaient les Goths et les Francs. Il finit par disparaître complètement en 476. Le vide qui en résulta dans les infrastructures économiques, légales et administratives entraîna une situation de chaos. L’Eglise, devenue l’alliée des Francs, entreprit de restaurer l’ordre.

Modelant soigneusement son cadre bureaucratique sur le modèle laissé par ses prédécesseurs, l’Eglise créa des titres et des fonctions administratives du genre de celles auxquelles étaient habitués les habitants. Ce n’est pas par hasard que le pape (du latin papa, ou « père ») a été appelé le « pontife » (de 
pontifex maximus, ou « prêtre en chef ») titre attribué auparavant à l’Empereur romain.

Lorsque nous évoquons aujourd’hui l’époque où l’Eglise a gouverné l’Europe de l’Ouest d’une main de fer, nous sommes tentés de l’appeler « l’âge des ténèbres », même si des historiens plus charitables l’appellent le « Moyen âge ».

LA FÉODALITÉ

Avec sa bureaucratie bien organisée, l’Eglise se mit à jouer un rôle d’une importance primordiale et elle favorisa l’évolution de la féodalité dans la société européenne.

Les racines de la féodalité se retrouvent dans toutes les activités guerrières de cette époque. Pour soutenir la chevalerie, les rois ont donné à leurs soldats des propriétés foncières affermées à des travailleurs qui dépendaient d’eux. C’était une énorme pyramide avec la majorité de la population située à la base, travaillant comme serfs, c’est à dire presque comme des esclaves, au profit d’autres qu’eux mêmes.

Les serfs féodaux étaient astreints à des travaux épuisants, de l’aube au crépuscule. Ils vivaient dans la saleté et la misère absolues.
Les serfs féodaux étaient astreints à des travaux épuisants, de l’aube au crépuscule. Ils vivaient dans la saleté et la misère absolues. Il nous est impossible de nous représenter aujourd’hui les conditions de vie et les privations qui avaient cours à cette époque là.

Le rôle de l’Eglise dans le système féodal était assez paradoxal. Non seulement elle n’a pas combattu cette injustice, mais elle a aidé à la créer, et elle en a, de plus, largement profité.

L’Eglise a apporté son soutien à l’inégalité contenue dans le système féodal par diverses formulations rhétoriques, qui impliquaient que Dieu Lui même le voulait ainsi, que la pauvreté possédait une grande valeur spirituelle, et que le roi était un souverain terrestre de droit divin dont l’autorité ne pouvait être mise en question.
Pourquoi ? Parce que l’Eglise a joué un rôle essentiel dans l’aventure féodale. Elle a commencé de très bonne heure d’acquérir des terres. 

Au début, elle a confisqué les propriétés des temples et des prêtres païens. Puis elle a continué d’augmenter ses possessions, au point qu’elle est devenue de loin le plus grand propriétaire foncier de toute l’Europe, percevant de lourds impôts que devaient lui payer des paysans misérables.
Henry Phelps-Brown, dans 
Egalitarianism and the Generation of Inequality (p. 33), suggère que l’Eglise, tout en incarnant le monothéisme, n’était pas encore arrivée à se débarrasser de vieilles tendances païennes à fond hellénistique :

C’est ainsi que le christianisme, malgré la vision négative qu’il avait de la richesse et du pouvoir, n’a pas bravé l’inégalité qui caractérisait le monde séculier, mais a eu plutôt tendance à la soutenir… Dans cette disposition, il a suivi l’orientation imprimée aux philosophies païennes. L’inégalité de l’espèce humaine était évidente, la nécessité de la subordination inévitable.

Avec le développement de la puissance de l’Eglise augmentèrent aussi ses besoins d’argent pour la préserver. Si les Croisades ont été lancées, en partie, pour combattre l’expansion de l’islam, une autre motivation non moins essentielle a été la volonté de s’approprier de nouvelles terres et de nouvelles richesses pour la population européenne en voie d’accroissement. Ces enjeux offraient un dérivatif aux soifs de conquêtes des chevaliers et des gentilshommes.

Cependant, la raison apparente invoquée à l’époque était la nécessité de reprendre aux Musulmans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. Cette église avait été bâtie à l’origine sur le site identifié au quatrième siècle par l’impératrice Hélène, mère de Constantin, comme celui où Jésus avait été enterré après sa crucifixion.

(Cette église existe toujours aujourd’hui, après avoir été reconstruite par les Croisés. C’est là qu’aboutissent les pèlerinages chrétiens à Jérusalem, encore que les dénominations protestantes prétendent qu’elle ne correspond pas à la tombe de Jésus.)
LA « NOBLE » EXPÉDITION


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Pour nos esprits occidentaux, formés par les versions hollywoodiennes de l’histoire, les Croisades sont les hauts-faits d’armes de nobles chevaliers se portant au secours de jeunes filles en détresse.
A-t-on jamais vu pareil mensonge ?

Il est vrai qu’il y a eu des chevaliers, qu’il y a eu des rois, et qu’il a existé un idéal chevaleresque. Il est non moins exact que le roi Richard Cœur de Lion, qui a dirigé une Croisade, était galant envers les femmes. Mais c’est à peu près tout ce que l’on peut dire à son avantage, alors qu’il a été l’un des pires rois que l’Angleterre ait jamais connus.

Les Croisades se sont transformées en une suite de massacres, de viols et de pillages. Malheur aux pauvres Juifs qui se présentaient sur leur chemin ! Les Croisades vont constituer, en fait, les premières manifestations de violences à grande échelle dirigées contre les Juifs, manifestations qui deviendront malheureusement un modèle dont on s’inspirera pendant des centaines d’années. Les pogroms futurs ne seront rien d’autre qu’une répétition de ces atrocités.

 

Les Juifs n’ont pas été les seules victimes, de loin s’en faut , des Croisés. Les Musulmans l’ont été bien plus.
Les Juifs n’ont pas été les seules victimes de loin s’en faut des Croisés. Les Musulmans l’ont été bien plus. Tout observateur averti de l’islam sait que l’attitude du monde arabe, aujourd’hui, est due en grande partie à l’image qu’il a conservée des Croisades. Les atrocités dont il a été victime l’ont ruiné au plan économique, l’ont renfermé sur lui même et ont contribué à sa haine du monde occidental.
(Pourquoi les Arabes peignent ils, aujourd’hui encore, les portes de leurs maisons en bleu ? Pour se préserver du mauvais œil. Pourquoi en bleu ? L’une des explications est que les Européens qui sont venus les massacrer avaient les yeux bleus.)

Il y a eu au total dix Croisades, qui se sont poursuivies entre le onzième et le treizième siècles :

La première Croisade, de 1095 à 1099, a abouti à la prise de Jérusalem sur les Musulmans, au massacre des populations de la ville tant musulmanes que juives, et à l’instauration par les Croisés du Royaume latin de Jérusalem, qui a duré jusqu’en 1187.




La deuxième Croisade, de 1147 à 1149, a été organisée pour aider les Chrétiens à récupérer les territoires qu’ils avaient perdus au profit des Turcs, mais elle se termina par un échec cuisant.

La troisième Croisade, de 1189 à 1192, a été organisée après que Saladin, le Sultan d’Egypte, eut repris Jérusalem. C’est à cette Croisade que participa Richard Cœur de Lion. Elle s’acheva sur un échec.

La quatrième Croisade, de 1202 à 1204, aboutit à la prise de Constantinople, alors occupée par les Chrétiens grecs-orientaux de rite orthodoxe, qui ne reconnaissaient pas l’autorité du Pape.
La « Croisade des enfants », en 1212, envoya des milliers d’enfants en Terre Sainte, où ils furent capturés par les Musulmans pour être vendus comme esclaves ou mourir de faim ou de maladie.

La cinquième Croisade, de 1217 à 21, avait pour objectif l’Egypte, mais elle échoua.
Quatre autres croisades, organisées au treizième siècle, n’ont pas permis de reconquérir les gains obtenus par les Musulmans. En 1291 tomba le dernier bastion des Croisés, à Saint-Jean-d’Acre.

Nous venons de brosser une description générale des Croisades. Examinons à présent ceux de leurs aspects qui ont le plus rejailli sur les Juifs.
LIQUIDER LES INFIDÈLES

 


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 Prêche d'Urbain II
Urbain II
 
 

Le Pape Urbain II organisa la première campagne, en partie pour répondre à un appel à l’aide des Chrétiens assiégés par les Musulmans à Constantinople. Son objectif était de lutter contre les « infidèles » (appellation que les Chrétiens appliquaient aux autres monothéistes) et de reprendre la Terre Sainte.

Pour leur dorer la pilule, le Pape promit à ceux qui y prendraient part un important butin, en plus du bénéfice spirituel d’un entier pardon de leurs péchés par Dieu.
Le Pape reçut une réponse enthousiaste. Une armée de 15 000 hommes, dont 5 000 chevaliers et le reste en infanterie, se mit en route après avoir reproduit sur leurs vêtements extérieurs une grande croix rouge (d’où leur nom de « Croisés », dérivé du mot « croix », quoiqu’ils se désignassent comme des « pèlerins »).

A cette armée se joignirent des meutes de paysans. Ces paysans ont précédé, dans leur traversée de l’Europe, l’armée des Croisés, et comme ils avaient besoin de nourriture, ils se sont procuré de quoi manger en pillant les campagnes. Chemin faisant, l’idée commença de germer qu’ils pourraient tout aussi bien se débarrasser des infidèles dans leur propre milieu, c’est à dire des Juifs.

Voici une narration rapportée par un témoin oculaire de l’agression des Juifs de Mayence en mai 1096. Elle est extraite de l’ouvrage The First Crusade, par August Krey, sous la forme d’une lettre écrite par un Juif survivant :

Les Juifs de la ville, informés du massacre de leurs frères, s’enfuirent auprès de l’évêque de Röthardt, espérant y trouver sécurité. Ils déposèrent un trésor en échange de sa protection. Il installa les Juifs dans une salle très spacieuse dans sa propre maison afin qu’ils restent sains et saufs en un lieu sûr et protégé.

Cependant… la bande tint conseil, et elle attaqua à l’aube les Juifs dans la salle avec des flèches et des lances, forçant les serrures des portes. Ils tuèrent près de 700 Juifs, incapables de résister à tant de milliers d’assaillants. Ils tuèrent également les femmes et transpercèrent de leurs épées leurs tendres enfants, quel que fût leur âge et leur sexe…

Voilà comment disparut entre 30 et 50 % de la communauté juive d’Europe. Sur une population estimée à 20 000 ou 30 000 personnes, 10 000 ont été massacrées par les bandes de Croisés.

 

LA CHUTE DE JÉRUSALEM

 


Après avoir pris Antioche, en Turquie, les Croisés arrivèrent à Jérusalem, non sans avoir essuyé de lourdes pertes dans les combats qui ont marqué leur progression.

Arrivés aux portes de Jérusalem, et luttant par un soleil torride qui les accablait sous leurs lourdes armures, beaucoup d’entre eux tombèrent au combat.
Au chapitre 44, nous avons mentionné à propos de Rachi le gentilhomme français Godefroy de Bouillon. C’est lui qui, ainsi que Raymond de Saint-Gilles, Raymond de Flandre et Robert de Normandie, assiégea les portes de Jérusalem où vivaient alors de nombreux Juifs. Leurs troupes firent tomber les murs et se répandirent dans la ville.

(Signalons que c’est de l’époque des Croisades que provient le cri : « Hep ! Hep ! ». Il représente les initiales des mots latins : 
Hierosolyma est perdita [« Jérusalem est perdue ! »]. Avec le temps il est devenu : « Hip, hip, hip, hourrah ! » une exclamation qu’un Juif ne devrait jamais employer.)

 

Les Croisés ont enfermé les malheureux Juifs dans une synagogue et ils les y ont brûlés vivants.
Qu’est-il arrivé après l’entrée des Croisés dans la ville ?

Nous disposons d’un témoignage de Ibn Al Kalanisi, un chroniqueur musulman, qui décrit leur comportement marqué par une férocité inutile. Les malheureux Juifs s’étaient tous blottis ensemble dans une synagogue, et c’est là que les Croisés les ont découverts. Ils y ont mis le feu et les ont brûlés vivants.

Les Croisés, après avoir conquis Jérusalem, se sont répandus dans tout 
Erets Yisrael. On y trouve encore aujourd’hui les ruines de beaucoup de forteresses et d’églises qu’ils ont construites. La plupart ont été détruites par les Musulmans après qu’ils ont reconquis leurs possessions antérieures, dans la crainte que les Croisés ne reviennent.

Les Croisés ont institué des ordres de chevalerie chargés spécialement de veiller sur ce royaume. Nous nous intéresserons particulièrement aux Templiers et aux Hospitaliers (ou « Chevaliers de l’Hôpital »).

Les Templiers se sont installés sur le Mont du Temple, d’où leur nom. Il est intéressant de remarquer qu’ils n’ont pas détruit le Dôme du Rocher, et ce bien que les Croisés aient détruit toutes les mosquées qu’ils n’ont pas transformées en églises. Ils pensaient en effet que c’était le « Temple de Salomon », et que la mosquée 
Al Aksavoisine était le « Palais de Salomon ». (Voir Jerusalem: An Archeological Biography par Hershel Shanks, p. 238 et 239.)

Qu’en ont-ils fait ? Ils ont retiré le croissant qui ornait le sommet du Dôme du Rocher, l’ont remplacé par une croix, et ont appelé l’endroit : Templum Domini (« Temple de Dieu »). Ils ont transformé la mosquée 
El Aksa, ainsi que l’espace voûté situé en dessous d’elle, en un monastère. Dans la logique de leurs autres erreurs, ils ont appelé cet endroit, qui avait été construit par Hérode, les « étables de Salomon ».

(Ces prétendues étables ont été récemment dégagées par le 
Waqf musulman et transformées en une autre mosquée après d’énormes dévastations archéologiques, que le gouvernement d’Israël n’a pas réussi à empêcher.)

Les Chevaliers Hospitaliers étaient chargés de fournir l’hospitalité aux nombreux pèlerins qui visitaient les lieux saints chrétiens, et de soigner ceux parmi eux qui étaient malades.

Ils ont construit leur établissement principal près de l’église du Saint-Sépulcre, un endroit tout à fait approprié. Un autre complexe, avec une église, un hospice et un hôpital, a été construit dans ce qui forme aujourd’hui le cœur du quartier juif de la Vieille Ville de Jérusalem, près de l’escalier principal donnant accès au Mur Occidental. Cette ruine a été conservée et constitue une attraction touristique. 

A proximité immédiate, des bâtiments de Croisés ont été rénovés et transformés en appartements, écoles et magasins. (Voir 
Jerusalem Architecture par David Kroyanker, p. 37 à 43.)

Il va sans dire que les Chevaliers Hospitaliers n’accueillaient pas de Juifs. En fait, ils ont introduit dans la ville des tribus arabes chrétiennes pour aider à son peuplement par des Chrétiens.


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Mais les Juifs ont toujours pleuré d’être séparés de la ville sainte. L’un d’eux, qui a bravé l’occupation de la Terre Sainte par les Croisés, n’était autre que le célèbre écrivain et poète Yehouda HaLévi (dont nous avons parlé de l’œuvre maîtresse, le Kouzari, au chapitre 44).

Yehouda HaLévi a réussi à atteindre la ville, mais il fut piétiné à mort par un cavalier arabe chrétien alors qu’il atteignait l’une des portes de la ville. On raconte qu’il récitait au moment de mourir l’un de ses propres poèmes : « Sion, je te vois… Je chérirai tes pierres et les embrasserai, et ton sol me sera plus doux que du miel. » (Voir Martin Gilbert, 
Jerusalem: An Illustrated Atlas, p. 21.)
LE SULTAN SALADIN


Saladin à Jérusalem
Saladin

Le règne des Croisés sur la Terre Sainte fut de courte durée. Moins de cent ans plus tard, en 1187, les Croisés furent vaincus par le Sultan Saladin d’Egypte (dont la famille avait eu Maïmonide pour médecin, comme nous l’avons vu au chapitre 44).

Le Sultan Saladin battit les Croisés à l’une des plus importantes batailles de l’histoire médiévale du Moyen-Orient, celle des Cornes de Hattin (4 juillet 1087), au nord-ouest du lac de Tibériade. Il y réussit avec adresse à attirer les Croisés au-dehors et à découvert. En plein été et sous une chaleur torride, ils se trouvèrent complètement pris à revers et dominés en nombre, et c’est ainsi que Saladin les détruisit.


Les Croisés se rendent à Saladin

Les croisés se rendent à Saladin


Même après qu’ils eurent perdu Jérusalem, les Croisés ne renoncèrent pas à la reconquérir. Ils montèrent campagne sur campagne pour reprendre la Terre Sainte. Ils ne réussirent cependant jamais à reprendre Jérusalem, bien que les Musulmans leur aient garanti un libre accès aux lieux saints chrétiens. C’est en 1291 que tomba le dernier bastion des Croisés, à Saint-Jean-d’Acre, également connu sous le nom d’Acco.


Il subsiste aujourd’hui partout en Israël de nombreuses ruines datant de la période des Croisades. Les plus importantes et les plus impressionnantes se trouvent à Césarée, Saint-Jean-d’Acre, Tibériade ainsi qu’à Belvoir (près du site de la bataille de Hattin). Gardons-nous d’oublier, lorsque nous visitons et admirons ces vestiges, ce que les Croisés ont fait aux Juifs !
Notre prochain chapitre : L’accusation de crime rituel.


http://pages.usherbrooke.ca/croisades/big_images/_images.htm 
http://nonnobisdominenonnobissednominituodagloriam.unblog.fr/2007/05/03/ 

 

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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 05:59
27 novembre 1095. Le pape Urbain II appelle à la croisade pour « libérer le tombeau du Christ ».
Les croisés sont des soldats qui agissent sur des motifs strictement religieux. Par leur action, ils entendent obtenir le salut. Le cri de ralliement de la première croisade, c’est « Dieu le veut ! ». L’objectif de la croisade est de « chasser les infidèles du tombeau du Christ ». Or, devant les difficultés concrètes de cette entreprise, des idées voient le jour pour obtenir le salut sans aller jusqu’à Jérusalem. Il s’agit de s’occuper des infidèles qui vivent en terre chrétienne, autrement dit des Juifs. « Tuez un Juif et sauvez votre âme », devient le cri de ralliement du croisé de circonstance, le plus souvent membre d’une populace excitée par le clergé. Pierre de Cluny dit : « A quoi bon aller combattre les Musulmans puisque nous avons les Juifs parmi nous, les Juifs pires que les Sarrazins ? » La route de Jérusalem passe alors par les communautés Juives. Une croisade populaire est déclenchée, et provoque de nombreux massacres et conversions forcées dans les communautés juives du nord de la France et des pays rhénans, ces dernières étant les principales à en souffrir. On estime à 10 000 le nombres de Juifs assassinés en Europe centrale au cours de la première croisade (1096-1099).
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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 05:01
23 novembre 1956. Une des répercussions immédiates de la campagne de Suez est la publication, le 23 novembre 1956, d'une proclamation mentionnant que tous les Juifs sont des sionistes et des ennemis de l'État, et qu'ils seront bientôt expulsés.
Quelques 25 000 Juifs, soit à peu près la moitié de la communauté juive, quittent l'Égypte pour s'installer en Europe, aux États-Unis et en Amérique du Sud, mais un grand nombre émigre aussi en Israël, après avoir signé une déclaration mentionnant qu'ils quittent le pays volontairement et acceptent la confiscation de leurs avoirs. Un millier d'autres sont emprisonnés. Des mesures similaires sont prises à l'encontre des nationaux britanniques et français en représailles à la participation de leur pays à la guerre.
Source : Wikipedia
et 
http://www.lamed.fr/ 
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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 19:48

La pierre de Jérusalem et le génocide de Titus

 

 

 

 

 carriere jerusalem

 

 

Par James Lewis in :

http://www.commentarymagazine.com/link.cfm?http://www.americanthinker.com

Traduction : Gilles Raphel

pourwww.aschkel.info et http://lessakele.over-blog.fr

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Les grands immeubles d’Israël à Jérusalem sont bâtis en pierre de Jérusalem, un beau matériau naturel de construction, ainsi, la ville nouvelle semble glorieusement ressuscitée d’entre les collines elles-mêmes. Obama est un socialiste du Tiers-Monde, cela signifie qu’il voit tout à travers le prisme de la vengeance contre le colonialisme occidental du 19ème siècle. Là où Obama voit « des colonies », les Israéliens voient 900 logements dans de magnifiques bâtiments construits à partir de la roche de vie tirée de la terre.

 

Presque tous les Israéliens servent dans l’armée et, si vous regardez ces bâtiments en pierre d’un point de vue tactique, comme le font les soldats, vous voyez, rang après rang, des positions défensives. Même les armes à rayonnement ne pénètrent que dans un ou deux rangs d’immeubles, ce qui permet aux positions défensives d’être érigées loin derrière. Bien que rien ne soit imperméable à des explosifs ou de puissantes roquettes, chacune des rangées des grands immeubles de Jérusalem peut servir de fortification tactique : un fossé pour les chars ou pour la position d’un groupe de soldats. Ayant subit un siècle d’attaques menées par les Arabes, les Israéliens ne peuvent éviter de penser ainsi.

 

A cinquante miles au sud, le Hamas persiste à tirer chaque semaine des roquettes sur les villages israéliens environnants.  A une centaine de miles au nord, le Hezbollah a été réapprovisionné en dizaines de milliers de nouveaux missiles longue portée en provenance de Téhéran. Alors, pendant qu’Obama voit Israël comme les colonisateurs néerlandais d’Afrique du Sud, les Israéliens voient la bataille de Stalingrad : un lieu où Israël peut mener son ultime combat contre un assaut de chars et de missiles, ou encore inverser le cours des choses.

 

Les Israéliens, d’habitude divisés, ont enfin trouvé un ennemi commun, et c’est Obama. La politique en Israël est toujours très disputée, même au parlement, dans le style taïwanais. Mais aujourd’hui Obama réunit tout le mécontentement des Israéliens, en quelque sorte. Quatre vingt six pour cent de la population israélienne estime que Obama est une menace pour leur survie. Israël est uni contre une menace commune. Je vous remercie Mr. Obama.

 

Il y a peu, un archéologue israélien a présenté une découverte de pièces bibliques remontant à la chute de Jérusalem, en 67 – 70 avant le temps présent. L’empereur romain Titus Flavius Vespasien a conquis Jérusalem cette année-là et l’a rasée jusqu’au sol.


http://www1.alliancefr.com/~temple/arctitus01.jpg
 

 

 http://blog.le-miklos.eu/wp-content/Rome-ArcdeTitus-2.jpg


C’était il y a longtemps, dites-vous. A Jérusalem il y a un flux incessant de découvertes archéologiques. C’est ici et maintenant. La plupart des sicles du Second Temple ont fondu dans l’incendie qui a balayé la ville quand les Romains en ont détruit les murs, tuant un nombre indescriptible de Juifs. Ce génocide a été justifié par les romains comme une punition à l’encontre d’une révolte contre Rome. Dans la ville de Rome vous pouvez encore voir aujourd’hui l’arc de triomphe construit par Titus pour sa propre gloire illustrant son défilé de célébration à travers Rome suivi par les Juifs vaincus et enchaînés. Ils portent une énorme Menorah sculptée dans le marbre tout en haut de l’arc de triomphe de Titus.

 

Les militaires américains peuvent encore le comprendre mais pas la plupart des Américains ; nous ne vivons que dans l’instant présent. L’Américain moyen a même oublié Pearl Harbor, sans parler des sacrifices sanglants d’autres Américains encore aujourd’hui, pour notre sécurité. Les socialistes actuels comme Obama ne le pourront jamais, ne comprendront jamais. Obama a affirmé benoîtement que «  plus de constructions de colonies ne fera pas d’Israël un pays plus sûr ». Cette platitude hautaine et arrogante est, en règle générale, contredite par les Israéliens quand ils regardent les rangées de bâtiments en pierre de Jérusalem, chaque ligne est un rempart contre un ennemi qui n’a jamais cessé ses attaques. Les « colons » sont des personnes qui mettent leur corps et le corps de leurs enfants sur la ligne de défense.

 

 http://palestine1967.site.voila.fr/images/religion/masada06.jpg


Il n’y a pas une seule famille en Israël qui n’ait pas perdu des proches dans la guerre et le génocide, dont, souvent, des générations entières dans la Shoah. Ou un fils ou un père bien-aimé dans la guerre permanente menée contre Israël par la Syrie, l’Egypte, le Hamas, le Hezbollah, et maintenant l’Iran. Des millions d’Israéliens qui viennent des pays musulmans savent les deux mille ans de statut de dhimmi, où chaque acte de l’oppression musulmane n’avait que pour but de blesser ou de briser le moral des Juifs qui y vivaient. Israël a obtenu sa terre pour cent années de paix, ce que le militant arabe ne désire pas. Et Obama tente de grignoter cela, ces nouveaux remparts et la ville fortifiée de Jérusalem. Pendant ce temps, la télévision du Hamas endoctrine les enfants arabes pour les préparer à un nouveau génocide et Ahmadinejad promet de le faire avec l’arme nucléaire.

 

 http://pagesperso-orange.fr/gira.cadouarn/multilingue/images/histoire/palestine_jesus_petite.jpg


Et pourtant, les Israéliens aspirent à la paix. Ils sont comme nous. La guerre leur semble une anomalie, cependant les temps de guerre dans l’histoire sont une norme et la paix une exception. Les Européens ont été protégés par les Etats-Unis durant soixante ans et maintenant ils considèrent cette protection comme un droit, tout comme Obama. Lorsque les Etats-Unis ne parviennent pas à répondre à ces installations de défense en Pologne et en République Tchèque, la gauche européenne, qui a hurlé des années contre George W. Bush, prend soudain peur. Où diable est l’Oncle Sam quand on a besoin de lui ? C’est ce qu’ils appellent l’impérialisme américain.

 

En fait ; ils sont tout simplement hostiles à tout, comme un adolescent qui ne veut plus sortir de la maison. Sa colère est réelle et constante, mais il ne parvient toujours pas à nettoyer sa chambre ou à gagner sa vie. Ainsi est l’Europe aujourd’hui, tout comme nos populations qui vivent sur l’aide sociale. C’est leur droit, damned ! Donnez votre argent ! Car vous nous êtes redevables, car, hummm … c’est à cause de l’esclavage.  Mais ils ne savent rien de l’esclavage.

 

http://bible.archeologie.free.fr/flavusjosephe.JPG

Flavius Josèphe a écrit l’histoire de la fin de la Guerre des Juifs. Il était un converti qui avait commencé comme rebelle juif et était devenu ensuite citoyen de Rome – en adoptant le nom de l’Hitler de l’époque, Titus Flavius Josèphe.  Cependant, il a connu les deux bords et a pu écrire une histoire éternelle.

 

http://media.paperblog.fr/i/148/1483816/reflexions-sur-chatiment-juifs-L-1.jpeg

Donc, au livre VII, chapitre 1 de son livre « Guerre des Juifs » ou « Histoire de la destruction de Jérusalem » nous pouvons lire, après que Titus a conquis Jérusalem : «  Dès que l’armée n’eut plus personne à tuer ou à piller, car il n’en restait plus pour assouvir sa fureur … César donna l’ordre de démolir immédiatement toute la ville et le Temple … et aussi le mur sur le côté ouest de la ville. Ce mur fut épargné afin d’offrir un camp aux soldats romains, pouvant abriter une garnison … les tours aussi ont été épargnées afin de montrer la prospérité de la ville et, bien que fortifiée, la Légion Romaine l’avait domptée, mais pour tout le reste, le sol a été nivelé jusqu’aux fondations afin de laisser croire que ce lieu n’avait jamais été habité. Ce fut la fin de Jérusalem qui est devenue par la suite … une ville d’une magnificence encore plus grande, de renommée divine pour toute l’humanité. »

 

Cela c’était simplement hier.

 

Sur l’essentiel, rien n’a changé !

 

http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Flajose/destruction.jpg

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 18:57

Merci Gilles pour ce témoignage qui me rappelle tant de choses !



Chaque ride a son histoire

Voici le bouleversant témoignage de toute une vie vue avec les yeux d'une enfant sur les mains de sa grand-mère, une histoire faite de tendresse et de drames mais, avec au final, une douce chaleur comme un éternel espoir 

 

par BROCHI Rossen onhttp://www.aish.com/f/hotm/69061842.html


Traduction Gilles Raphel


pour aschkel.over-blog.com et lessakele.over-blog.fr

 

J'ai toujours su qu'il y avait quelque chose de spécial chez ma grand-mère. Mama, comme nous l'appelions affectueusement, était une personne unique. Son visage a brillé avec une chaleur inégalable et quasiment intemporelle.

 

Mama était une jumelle, née à Emden, en Allemagne en 1904 dans une chaleureuse famille européenne, elle était la 11ème de 12 enfants. En tant qu’enfant, Mama était, dit-on, audacieuse et pleine de vie. Elle nous racontait beaucoup d'histoires de facéties qu’elle avait jouées à ses frères et sœurs plus âgés, tout en plaisantant et de bon goût. Mama a épousé mon grand-père et, ensemble, ils ont bravé les horreurs du régime nazi en Allemagne et en France, réussissant à survivre comme tant d'autres, seulement par pur miracle.

 

Mama était emplie de force, de dignité et de courage comme ceux qui ont triomphé de l'adversité. Elle était intrépide et audacieuse. Une fois, plus tard dans sa vie, après qu’un cambrioleur l’a suivie dans son appartement de Manhattan et poussée au sol tout en exigeant de l'argent, elle se releva, lui  remis de l'argent, lui offrit à boire et l’accompagna vers la sortie. 

 

Malgré les nombreux défis que Mama a endurés, sa joie de vivre brilla au firmament tout au long de sa vie. Son sac était toujours empli de friandises à distribuer aux enfants et vous trouviez un chaleureux sourire sur son visage. Mama a vécu jusqu'à 101 ans et ses yeux brillaient encore de l'éclat et de l’audace d'une enfant.

 


 

Même enfant, je sentais que Mama était une femme de grand caractère et de force, mais ce qui me frappait le plus étaient ses mains. Quand j'étais une petite fille, je voulais prendre Mama par les mains pour y admirer les nombreux plis et rides. Souvent je me demandais comment les mains de ma grand-mère avaient pu avoir tant de rides. Ces mains ridées brillaient, elles étaient chaudes et douces quand elles enlaçaient ma main avec amour.

 

Puis j'ai grandi et appris à en connaître plus sur la vie de Mama, j'ai commencé à en comprendre plus sur chaque pli et ride des mains de Mama. J'ai découvert que chaque ride racontait une histoire, chaque pli une leçon. Il y avait les plis qui disaient avoir pétri la pâte de la Challah pour Chabbat et aussi avoir allumé avec amour les cierges de Chabbat chaque vendredi soir.

 

Il y avait les rides qui parlaient du miracle de la caresse sur ses propres bébés venus après 15 ans de mariage.

 

Puis il y avait les plis qui témoignaient de l'arrestation déchirante de ma grand-mère par les nazis et son expérience dans le camp de concentration de Gurs tristement célèbre en France.

 

Il y avait les rides qui parlaient des nombreuses lettres d'amour que Mama a écrites à son mari alors qu'il était emprisonné dans un camp de travaux forcés de la France occupée par les Nazis, des lettres précieuses que nous possédons encore aujourd'hui.

 

Les plis qui s’étaient formés dans la préparation fiévreuse de grandes quantités de nourriture pour les enfants juifs orphelins accueillis par l’Œuvre de Secours aux Enfants française. Et les plis qui avaient enregistré la souffrance tout en réconfortant et en serrant ces petits enfants privés de parents par les nazis dans la France occupée. 

 

Il y avait les rides qui parlaient du miracle d’avoir eu et d’avoir pu enfin caresser ses propres enfants, ceux que ma grand-mère avait attendus si longtemps pour qu’enfin ils arrivent, après 15 ans de mariage. Bien sûr il y avait les rides qui disaient la peur et le courage d’avoir protégé et dissimulé ses précieux enfants des rafles du mal nazi. Enfin, les plis qui parlaient des embrassades offertes à chacun de ses petits-enfants tant aimés et de ses arrière-petits enfants.

 


 

Les nombreux plis des mains de Mama portaient chacun une histoire secrète. Certains parlaient de l'amour et des rires, d'autres de la douleur, de la lutte, du deuil, de la survie et de l'espoir. Les mains de Mama avaient une douce lumière, elles étaient ridées et belles. Elles ont brillé de l’éclat d’une charge de travail acharné, d’une persévérance et d’une foi inébranlables.

 

La dernière fois que j'ai tenu les précieuses mains de Mama, c’était juste avant qu’elle ne rende son dernier souffle à 101 ans. Les mains de Mama étaient encore chaudes et je peux encore sentir la chaleur qu'elles m’ont transmise. Ces mains, avec leurs nombreux plis racontant chacun une histoire différente, ont transmis plus qu'une chaleur. Ces mains qui ont tenu les miennes ont transmis la flamme éternelle de la foi de l’âme sainte de ma grand-mère pour tous ses descendants.


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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 05:38




16/11/1491. — A La Guardia (Espagne), 5 juifs sont arrêtés sous l'accusation d'avoir tué un enfant dont le corps n'a jamais été retrouvé. 3 d'entre eux sont des juifs baptisés de force. Ils sont garrottés et brûlés. Les autres sont écartelés. Le dominicain Tomàs de Torquemada, responsable des persécutions, vise à renforcer par un décret les sentiments antijuifs en Espagne.

Tomás de Torquemada, premier Inquisiteur général d'Espagne.

Le livre de la mémoire Simon Wiesenthal




L'inquisition : la boucle est bouclée500 ans après avoir dû abandonner le Judaïsme, quelques descendants des Marranes commencent à y revenir

La reine Isabelle la Catholique doit se retourner dans sa tombe. Cinq siècles après que cette souveraine despotique ait décidé d'effacer tout vestige de vie juive dans la Péninsule ibérique, un nombre grandissant de descendants de ses victimes commencent à sortir de l'ombre et à revendiquer l'héritage dont ils avaient été dépossédés.

C'est le cas de Nuria Guasch Vidal, dont les ancêtres avaient été convertis de force au catholicisme en Espagne. Au péril de leur vie, ses aïeux avaient réussi secrètement à préserver une identité juive, qu'ils n'avaient cessé de chérir clandestinement, et qu'ils avaient transmise de génération en génération, au mépris de l'Inquisition et de ses sbires. Nuria, qui avait passé son enfance aux alentours de Barcelone, n'avait jamais vraiment compris pourquoi sa famille ne fêtait pas Noël, n'allait pas à l'église comme les voisins, et faisait tous les vendredis soirs un repas de fête qui commençait par du pain trempé dans le sel.

Ce n'est que lorsque son grand-père âgé de 88 ans, sur son lit de mort , l'eut prise à part que Nuria commença à apprendre la vérité sur sa famille et sur son passé.

Après lui avoir fermement interdit de laisser entrer un curé dans sa chambre, lorsqu'il serait mort, le grand-père de Nuria lui dit de manière assez énigmatique : "Je voudrais que tu réfléchisses par toi-même à ton héritage. Alors, tu trouveras toutes les réponses aux questions que tu te poses. Tu dois reprendre le flambeau.

" Ces paroles influencèrent de manière décisive la vie de Nuria et la poussèrent à entreprendre une enquête à la recherche d'elle-même. Les réponses qu'elle obtint des autres membres de sa famille ne laissèrent pas subsister le moindre doute: ses ancêtres étaient juifs. Et s'ils n'avaient pas été persécutés par l'Inquisition, ils le seraient restés.

Comment imaginer le traumatisme et la souffrance qu'ils avaient dû subir, vivant extérieurement comme des Catholiques mais secrètement comme des Juifs, environnés d’hostilité, d'inimitié et de haine non dissimulée. Nous connaissons, d'après les archives de l'Inquisition, l'ensemble des mesures qui étaient prévues pour traquer et écraser ce qui pouvait rester de juif en Espagne.

D'après l'historien Cecil Roth, plus de 30 000 prétendus "judaïsants" furent mis à mort par les zélateurs de l'Inquisition.

La torture, la délation et les exécutions publiques étaient de pratique courante dans cette politique de terreur qui frappait quiconque étant suspect de "retomber" dans le judaïsme. D'après l'historien Cecil Roth, plus de 30 000 prétendus "judaïsants" furent mis à mort par les zélateurs de l'Inquisition en Espagne et au Portugal, la plupart brûlés vifs sur le bûcher, devant des foules de spectateurs enthousiastes, tandis que des centaines de milliers d'autres étaient jugés et condamnés par ses tribunaux pour poursuite de pratiques juives.

On sait moins que l'Inquisition continua à sévir pendant plusieurs siècles, traquant des "Juifs cachés" aussi loin qu'en Angola et en Amérique du Sud. Ce n'est qu'au 19ème siècle que les persécutions cessèrent officiellement.

"Depuis les premiers temps de l'Histoire," écrit Cecil Roth dans son ouvrage de référence Histoire des Marranes, "il n'y eut probablement jamais un autre endroit au monde où une persécution aussi systématique et aussi longue ait été perpétrée au nom d'une cause aussi innocente".

La triste et tragique histoire des ancêtres de Nuria a cependant trouvé, très récemment, un heureux épilogue. Elle et son mari Edward se sont convertis à Jérusalem, devant un tribunal rabbinique qui les a accueillis et réintégrés officiellement au sein du peuple d'Israël.

RETOUR AUX SOURCES

Ce qu'au XVème siècle, les souverains espagnols Ferdinand et Isabelle avaient tenté de détruire au moyen de l'Inquisition et de l'expulsion, Nuria était bien déterminée à le faire revivre. Son retour au Judaïsme marquait l'aboutissement d'une quête spirituelle qui les avait conduits, elle et son mari, à étudier avec un rabbin orthodoxe de Barcelone qui les avait accueillis à bras ouverts et entourés de chaleur et de compréhension.

Petit à petit, ils avaient fait du Judaïsme le centre de leur vie, adoptant les rites et le style de vie des Juifs traditionnels. Ils allaient maintenant régulièrement à la synagogue, observaient le Chabbath et la cacherout. Nuria avait même créé un groupe de militants qui s'étaient donné pour but la tâche ingrate de défendre Israël auprès des médias locaux espagnols dans lesquels l'Etat juif faisait l'objet de critiques fréquentes et féroces.

Après que le tribunal rabbinique les eut convertis, Nuria décida de devenir "Nurit", et Edward prit, fort à propos, le nom d'"Itzhak", en souvenir du patriarche qui, sur le point d'être sacrifié sur l'autel ne dut son salut, in extremis, qu'à l'intervention divine.

Ca y est, je l'ai fait, grand-père ! Je suis revenue, je suis juive !

Lorsque je vis Nurit le lendemain, elle se trouvait au Kotel (le Mur occidental) , et ses yeux étaient pleins de larmes. Elle me raconta que la première chose qu'elle avait faite en s'approchant de cet antique vestige du Temple, ç'avait été d'en caresser les pierres. Puis, levant les yeux vers les cieux, elle s'était écriée : "Ca y est, je l'ai fait, grand-père ! Je suis revenue, je suis juive !" En entendant cette histoire, je fus gagné par l'émotion. Comment pouvait-on mieux témoigner de la puissance de l'âme juive, de cette résistance qui perdure chez le plus simple des Juifs, de la petite étincelle juive qu'on n'est jamais parvenu à éteindre ? En Espagne et dans le monde hispanique en général, il y a des milliers, peut-être davantage, d'individus qui portent en eux cette étincelle et qui voudraient revenir au sein de leur peuple, retrouver la foi et les coutumes dont ils ont été si cruellement coupés depuis des siècles.

Le peuple juif doit reconnaître la douleur et les souffrances que ces hommes et leurs ancêtres ont endurées, et doit les aider à revenir vers leurs sources. Les descendants des "anoussim" (mot hébreu signifiant "ceux qui ont été forcés") sont confrontés à de graves problèmes concernant leur identité, leur histoire, leur foi. Ils ne devraient pas se retrouver seuls face à ces problèmes.

Il existe déjà un certain nombre d'aides concrètes qui pourraient leur être apportées, telles que la publication, en espagnol, d'un plus grand nombre d'ouvrages portant sur des sujets juifs, l'ouverture de petites bibliothèques facilement accessibles dans toute l'Espagne, et une prise de conscience plus aigüe de leur existence auprès des rabbins et des chefs de communautés pour faciliter leur réintégration au sein de la communauté juive Israël devrait également envisager la construction d'un monument aux victimes de l'Inquisition, et insister pour que le gouvernement espagnol fasse de même. Ceci serait une démarche hautement symbolique, mais importante pour enseigner aux générations futures ce drame que fut l'Inquisition, et aussi pour accorder à ses victimes une reconnaissance justement méritée.

En un temps où de nombreux jeunes Juifs quittent le bercail, ce serait une chance pour Israël de retrouver d'innombrables frères perdus depuis longtemps. Un nombre croissant d' "Anoussim", venant d'Espagne, du Brésil et d'Amérique du Sud, commence à sortir de l'ombre. Il est temps que nous les encouragions à revenir chez eux.

 

Traduction et adaptation de Monique Siac
 http://www.lamed.fr/
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