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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 13:19
Un et tous


Une grande entreprise se conclut avec bonheur dans laparacha Pekoudei. Le Sanctuaire est achevé par Moïse et les Enfants d’Israël.

Ce magnifique prototype du Temple fut l’œuvre de tous. L’artisan principal, le maître d’œuvre, en fut Betsalel, mais tout le monde avait participé. La Torah mentionne les hommes et les femmes, en mettant l’accent sur les talents artistiques mis en œuvre par ces dernières. Nos Sages ajoutent que les enfants aussi y prirent part.

Considérons cet événement selon la vision de chaque individu. Chacun ressentit que du fait de sa participation à la construction du Sanctuaire, et ce, quelle que soit la mesure de sa contribution personnelle, la structuretout entière avait été construite. Il est vrai que sans les autres centaines de milliers de personnes, le Sanctuaire n’aurait pu être achevé. Cependant, chacun ressentit qu’il ou elle avait réussi dans la tâche d’amener le Sanctuaire tout entier à l’existence.

Nos Sages rapportent qu’à la conclusion de l’ouvrage, Moïse donna une bénédiction : « Puisse D.ieu accorder que Sa Présence réside dans l’œuvre de vos mains. » Le Sanctuaire est appelé « l’œuvre de vos mains », l’œuvre de la nation tout entière d’un point de vue collectif, mais aussi l’œuvre de chacun, d’un point de vue individuel.

Dans quel cas un individu peut-il ressentir ce sentiment d’accomplissement, pas seulement dans sa petite contribution, mais dans l’ouvrage tout entier ? Le Rabbi de Loubavitch suggère la réponse suivante : c’est lorsque l’on participe au maximum de ses capacités pour satisfaire la volonté divine. Si vous vous investissez totalement, quand bien même cela reste en soi un apport très limité par rapport à l’ensemble de l’ouvrage, il est légitime que vous ressentiez que l’édifice sacré tout entier est le produit de vos efforts.

Cette idée à propos du rôle de l’individu ne concerne pas seulement la construction du Sanctuaire il y a des millénaires, mais aussi tous les défis que nous devons relever collectivement aujourd’hui, en tant que peuple juif. Nous avons de grandes tâches à accomplir. Il ne s’agit pas seulement de « préserver » le Judaïsme. Nous, tous les Juifs, œuvrant en harmonie, devons nous amener, nous-mêmes et le monde entier, à la prochaine étape de l’histoire.

C’est une tâche qui nous concerne tous. Cependant, suivant la logique appliquée au Sanctuaire, si chacun d’entre nous donne son « tout », nous pouvons tous ressentir que ce dessein tout entier est notre réalisation particulière et personnelle. C’est entre nos mains !

 



'HABAD
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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 11:42
veau-d-or.jpg


Pourquoi les Israélites ont-ils fait un veau d’or ?
Une quête d'un lien avec D.ieu





C’était un moment de grande tension. Moïse était monté sur le mont Sinaï et avait promis qu’il serait de retour quarante jours plus tard. Le quarantième jour était arrivé et il ne donnait aucun signe de retour.

Le peuple avait été sceptique quant à sa capacité à survivre au sommet de la montagne, sans eau ni nourriture. Mais Moïse avait une réputation d’homme de D.ieu et et les Juifs le connaissaient comme un faiseur de miracles : ils l’avaient vu frapper les Égyptiens par les plaies, ouvrir la Mer Rouge, les guider dans un désert aride, faire tomber la Manne du ciel et couler l’eau d’un rocher. Ils avaient pu l’observer se tenant droit sur la montagne alors que la terrible Présence de D.ieu y descendait.

Mais c’était maintenant le quarantième jour – le jour promis de son retour – et leur guide ne donnait aucun signe de vie. De toute évidence, il avait péri sur la montagne !1

Le peuple se tourna vers Aharon, sachant qu’il était, lui aussi, un homme divin, destiné à la Grande Prêtrise. Ils lui demandèrent : « Fais pour nous un dieu. » Aharon accéda à leur demande et façonna un veau d’or qu’ils s’empressèrent de révérer.2

C’était là une violation stupéfiante du second commandement : « Tu n’auras pas d’autres dieux que Moi, »3 seulement quarante jours après qu’il eut été énoncé. Si les foules furent conduites à l’idolâtrie sous l’impulsion d’agitateurs, qu’en fut-il d’Aharon ? Et plus précisément, on pourrait se demander pourquoi nos ancêtres, qui cherchaient à remplacer Moïse, ont-ils remplacé D.ieu ?

Un intermédiaire matériel

Nos ancêtres ne se rendirent pas, en fait, coupables d’avoir remplacé D.ieu mais d’avoir fabriqué une image corporelle de D.ieu, ce qui est également interdit, mais ne constitue pas un véritable culte idolâtre. Ce comportement, bien qu’inexcusable, était, étant donné les circonstances, tout à fait compréhensible.4

Ils vivaient dans un monde où toutes les cultures ne s’identifiaient qu’à des divinités matérielles. Elles étaient basées sur la croyance que l’homme doit rendre hommage à D.ieu et gagner Sa grâce, mais ne peut se lier directement à un D.ieu immatériel. Elles avaient donc conclu que l’homme doit déifier des objets de sa fabrication qui représentent sa plus haute idée de la divinité dirigeant le monde. Ces objets seraient alors investis par D.ieu de divinité et deviendraient les porteurs du destin humain.

Nos ancêtres, élevés dans la foi d’Avraham en un D.ieu omniprésent et immatériel, étaient néanmoins influencés par les cultures environnantes. Contrairement aux idolâtres, ils pensaient que l’homme peut réellement se lier à un D.ieu immatériel, mais ils restaient d’idée qu’un intermédiaire concret et tangible demeure nécessaire.

Et les instruments matériels de D.ieu semblaient justifier cette thèse. En effet, les Israélites avaient constaté que la Présence divine avait souvent résidé dans des symboles tangibles ou du moins visibles, voire même des objets. Lors de la traversée de la mer des joncs, c’était le bâton de Moïse, au Sinaï, une nuée de gloire, dans le Tabernacle, ce serait une Arche sacrée et ses Chérubins. Le peuple voyait ces manifestations comme des intermédiaires déifiés entre un D.ieu immatériel et un peuple fait de chair et de sang.

Leur erreur fut de ne pas saisir que ces objets avaient bien été choisis par D.ieu pour véhiculer Ses manifestations, mais qu’ils ne pouvaient l’être qu’en conséquence du choix Divin et de Son action. L’homme, quant à lui, n’a ni l’autorité ni la capacité de choisir son propre véhicule et le désigner comme lien avec D.ieu, et encore moins de lui attribuer des qualités divines.

Après la révélation au Sinaï, le peuple considérait Moïse comme l’intermédiaire principal. Quand D.ieu prononça les Commandements, les Juifs furent écrasés par cette expérience. Ils demandèrent à Moïse de servir d’intermédiaire et de leur transmettre le message de D.ieu.5 Ils considéraient Moïse comme ayant été investi de qualités divines et le percevaient comme un lien vers le véritable D.ieu, Créateur du ciel et de la terre.

À nouveau, leur erreur était de considérer leur « intermédiaire » – plutôt que D.ieu – comme étant à l’initiative de la révélation. Pour eux, ce n’était pas D.ieu qui les avait sortis d’Égypte par l’intermédiaire de Moïse, mais Moïse qui avait influencé D.ieu de sorte qu’Il les libère. Ils n’avaient pas encore intégré le concept juif selon lequel l’homme peut se lier directement à D.ieu, mais c’est D.ieu et non l’homme qui désigne les actions et les instruments par lesquels Il peut être atteint.6

Un objet matériel

Lorsqu’ils pensèrent que Moïse était mort, il leur apparut crucial de lui trouver un remplaçant. Faute de quoi, il n’y aurait plus moyen d’accéder à D.ieu ni de méthode pour obtenir Sa grâce. Mais cette fois-ci, ils recherchèrent un objet matériel plutôt qu’un être humain.

Les objets, raisonnèrent-ils, peuvent être facilement préservés ; ils ne s’en vont pas et ne peuvent donc disparaître comme l’avait fait Moïse.7

Le rôle d’Aharon

Aharon comprit l’erreur du peuple, mais il sut également que s’il refusait ou les réprimandait, ils agiraient de leur propre chef, sans entrave.8 Il décida de les rejoindre et de mettre en route le processus afin de gagner du temps, certain que Moïse ne tarderait pas.

Il leur demanda d’abord d’enlever leurs boucles d’oreille,9 espérant qu’ils hésiteraient à se séparer de leurs bijoux, mais le peuple se hâta d’obtempérer. Après avoir fondu l’or, Aharon commença, à lui seul, à façonner un veau.10 Il prit un outil de gravure et orna le veau de belles figures.11

Ayant achevé le veau, il se mit à lui construire un autel. Insistant sur le fait que seul le Grand Prêtre pouvait construire un autel pour D.ieu, il refusa toute aide et le construisit péniblement durant toute la nuit, espérant le retour de Moïse pour le lendemain matin. Mais Aharon avait sous-estimé le zèle du peuple. Ils se levèrent très tôt, alors qu’Aharon dormait encore,12 ils déifièrent le veau et l’adorèrent.

Seule une poignée de Juifs se rendirent coupables de véritable idolâtrie ce matin-là en déclarant que le veau serait « le D.ieu d’Israël. »13 La plupart des Juifs ne furent responsables que d’avoir déifié un objet matériel dans leur quête d’un lien avec D.ieu. Dès que Moïse revint, leur besoin du veau disparut et ils ne se révoltèrent pas quand Moïse le détruisit.14

Le Tabernacle

Après le fiasco du Veau d’Or, le Tabernacle (Michkan) fut érigé au centre du camp pour abriter la Présence Divine. Selon les mots de D.ieu à Moïse :« Ils me feront un Sanctuaire et Je résiderai en eux. »15

Le Tabernacle réussit là où le veau avait échoué parce que, dans le Tabernacle, les objets matériels ne deviennent saints que parce qu’ils ont été désignés comme tels par D.ieu. Contrairement au veau, le Tabernacle avait été choisi par l’injonction divine et devint donc sacré. Le Tabernacle fut ainsi considéré comme une expiation et une rectification de la faute du Veau d’Or.

NOTES

1.

Exode 32,1. Voir le commentaire de Rachi (Rabbi Chlomo Its’haki de Troyes, 1040-1105), Abrabanel (Don Itsh’ak Abrabanel, Espagne, 1437-1508) et du Malbim (Rabbi Meir Leib ben Ye’hiel Mikhael, Russie 1809-1879).

2.

Exode 32,2-6.

3.

Exode 20,3.

4.

Cette conception du Veau d’Or fut avancée pour la première fois par Rabbi Yéhouda Halévy (Espagne 1075-1141) dans son traité philosophique le Kouzari, puis développé par des commentateurs ultérieurs tels que Ibn Ezra (Rabbi Abraham Ibn Ezra, Espagne, 1089-1167), Ramban (Rabbi Moché ben Na’hman, Espagne, 1194-1270), Rabbénou Bé’hayé (Rabbi Bé’hayé ben Acher, Saragosse, Espagne, 1255-1340), Abrabanel, Malbim, Keli Yakar (rabbi Ephraim Chlomo de Linsthitz, 1550-1619), Ohr Ha’haïm (Rabbi ‘Haïm ben Attar, Jérusalem, 1696-1743), Rav Shimshon Refael Hirsch (Frankfort, 1808-1888) et d’autres.

5.

Exode 20,16 ; Deutéronome 5,20-28.

6.

Voir le commentaire de Rav Shimshon Refael Hirsch sur l’histoire du veau d’or.

7.

Cela peut expliquer pourquoi ils demandèrent “un guide qui marcherait devant eux” (Exode 32,1) et non un guide qui monterait sur les montagnes et s’éloignerait comme Moïse. Cela peut aussi expliquer  pourquoi ils ne demandèrent pas à Aharon de succéder à son frère. Voir le commentaire d’Abrabanel.

8.

Bien plus, ils auraient même pu le tuer comme ils avaient tué ‘Hour, le neveu d’Aharon, quand il les avait semoncés. Aharon ne craignait pas une mort noble, pour la sanctification du Nom de D.ieu, mais il se souciait de la responsabilité du peuple et de la punition inévitable qui s’ensuivrait.

9.

Il y avait en cela un reproche subtil : les oreilles qui avaient eu le privilège en or d’entendre les Dix Commandements ne devaient pas les trahir (Malbim).

10.

Différentes raisons sont données pour ce choix d’un veau. Ibn Ezra affirme que c’était un choix arbitraire ; n’importe quelle figure matérielle aurait fait l’affaire du moment qu’elle était investie de la gloire divine. Le Ramban enseigne (se basant sur le Midrache Rabbah Exode 3:3) que le veau représentait la face nord du Char céleste vu en prophétie par Ézéchiel, qui était celle d’un bœuf. Notre tradition enseigne que le mal provient du Nord et, en employant l’image du bœuf du côté nord du Char, Aharon souhaita contrebalancer les forces du mal. Hirsch voit dans le veau une version atténuée du bœuf. Le bœuf, en tant qu’animal qui se place au service de l’homme, est une bonne allégorie d’un intermédiaire qui se placerait a service de la dévotion de l’homme pour D.ieu.

11.

Ceci suit la seconde interprétation que Rachi donne du mot ba’héret dans Exode 32,4. Voir Malbim pour une interprétation sensiblement différente. Toutefois, la plupart des commentaires suivent la tradition midrachique selon laquelle le veau a miraculeusement et spontanément surgi du feu. Voir Midrache Tan’houma Ki Tissa 19 et une version légèrement différente dans le Pirkei deRabbi Eliezer, ch. 45.

12.

Abrabanel et Malbim.

13.

Midrache Rabbah, Chémot 42:6 explique que l’instigateur du passage de l’intermédiaire à la véritable idolâtrie fut le Erev Rav (« multitudes mélangées »), les Égyptiens qui s’étaient joints à nos ancêtres à leur sortie d’Égypte. Cependant les commentateurs affirment que les trois mille hommes qui furent plus tard exécutés par la tribu de Lévi (moins d’un demi-pour cent de la population) étaient des Juifs qui avaient été influencés par les Égyptiens.

14.

Voir le commentaire du Ramban. Ces Juifs méritaient néanmoins un châtiment, car leur approche était une approche païenne. L’homme ne doit pas donner de représentation corporelle de D.ieu en cherchant à rapprocher D.ieu de lui, mais soumettre l’intégralité de son être à D.ieu, se rapprochant alors de D.ieu.

15.

Exode 25,8.

  
'HABAD 

 

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 11:15


la pierre du Diable


Raisonner la pierre
Le défi des Commandements


Et Moïse se retourna et descendit la montagne, et les deux Tables du Témoignage étaient dans sa main : des tables écrites d’un bout à l’autre, sur un côté et sur l’autre elles étaient écrites.

Et les tables étaient l’œuvre de D.ieu, et l’écriture était l’écriture de D.ieu, gravée sur les Tables.

Exode 32, 15-16

La Torah se réfère à ses 613 commandements par une série de synonymes :Mitsva (commandement), dibour (parole), michpat (loi), ed (témoignage) et ‘hok (statut), entre autres.

‘Hok implique un décret inaccessible à la raison, une loi observée par soumission à une autorité suprême que nous n’avons ni le droit ni la capacité de questionner. Aussi, ‘hok est-il également le nom d’un certain type de mitsvot, les ‘houkim, que l’esprit humain ne peut comprendre : des mitsvot comme l’interdiction de mélanger la viande et le lait et les lois de la pureté rituelle, qui sont un exemple de notre incapacité à concevoir la volonté divine.

Le sens littéral de ‘Hok est « graver ». En fait, explique Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, la différence entre un ‘Hok irrationnel et une loi rationnelle ou un témoignage est la même que celle qui différencie des lettres gravées et des lettres écrites.

La Torah nous fut donnée par écrit : par un commandement divin et sous la dictée de D.ieu, Moïse l’écrivit avec de l’encre matérielle et sur un parchemin matériel, nous donnant le ‘Houmach (les cinq Livres de Moïse), que l’on appelle également Torah Chébikhtav (la Torah écrite). Même dans son incarnation spirituelle, avant que D.ieu n’émette la volonté qu’elle soit traduite en un guide pour la vie matérielle, la Torah est décrite par le Midrach comme écrite par «  un feu noir sur un feu blanc  », équivalents célestes de l’encre sur un parchemin.

Mais il existe également un niveau plus fondamental de la Torah, la Torah non comme une loi écrite mais comme une loi gravée. Le Zohar parle d’un niveau où la Torah existe comme la genèse de la volonté de D.ieu, gravée dans la spiritualité céleste. Dans sa transmission à l’homme, la Torah écrite fut également précédée par une Torah gravée : l’ensemble de la loi divine nous fut d’abord donnée concentrée dans les Dix Commandements, gravés par la main de D.ieu sur deux tablettes de pierre.

Quand quelque chose est écrit, la substance des lettres qui l’exprime (l’encre) reste une entité séparée de la substance sur laquelle elles ont été placées (le parchemin). Il est vrai que les deux ont été liés pour former un tout unique, le document, mais cela reste un ensemble composé de deux matières : l’encre et le parchemin, le message et son moyen de transmission, les formes définies et le contexte abstrait. Par contre, des lettres gravées dans la pierre ne sont pas ajoutées à leur moyen d’expression mais forgées en lui : les mots sont en pierre et la pierre forme des mots.

L’aptitude d’un individu à comprendre et à ressentir est marquée à l’encre dans son âme. Ce sont des choses qu’il a acquises et avec lesquelles il est parvenu à s’identifier au point qu’elles constituent sa personnalité. Néanmoins, elles restent un ajout à son moi profond. Il peut faire la distinction entre ce qu’il est réellement et son intellect ou ses sentiments : le premier est fixe et inaltérable alors que les seconds se développent et changent au cours de sa progression dans la vie.

C’est pourquoi les Mitsvot rationnelles, celles que nous observons en comprenant et appréciant leur fonction positive, ce qui est la manière adéquate de les accomplir car c’est dans ce but qu’elles ont été revêtues des habits de la raison, sont inscrites avec de l’encre sur le parchemin de notre âme. Quelque chose a été ajouté à notre moi, a été collé à notre esprit avec l’adhérence de la raison et de l’émotion. Je ne fais cette Mitsva que dans la mesure où mon intellect et mes sentiments sont « moi », au point que l’encre et le parchemin sont unifiés dans le document.

Cependant, le ‘Hok est un décret gravé. Nous ne l’observons pour aucune autre raison que mus par notre obéissance innée à D.ieu. Et notre obéissance à D.ieu n’est pas quelque chose que nous acquérons ou développons (bien qu’il puisse y avoir, parfois, le besoin de la réveiller quand elle est silencieuse ou supprimée par les atteintes de la vie matérielle). C’est quelque chose qui fait partie de notre essence même, quelque chose qui est imprimé dans l’étincelle de Divinité au cœur de notre âme elle-même.

L’apparence de la raison

Mais le ‘Hok n’est pas simplement un certain type de Mitsva, c’est aussi le nom global pour tous les commandements de D.ieu. Car chacune des Mitsvot est une expression de la volonté de D.ieu. Il est évident qu’aucune raison ni aucune fonction accessible à l’entendement humain, ne peuvent concevoir ou comprendre, expliquer ou décrire un désir divin. Il est donc erroné de penser que la Torah consiste en deux parties : les lois rationnelles, inscrites à l’encre, d’une part et les ‘Houkim irrationnels, de l’autre. Ces deux dimensions de la Torah constituent un tout, chaque Mitsva possède un élément écrit en plus de son essence gravée.

Si l’esprit humain comprend la Mitsva « tu ne tueras pas », s’il apprécie l’impact profond de l’observance hebdomadaire du Chabbat sur sa vie, ce n’est qu’accéder à une dimension extérieure de la Mitsva par laquelle D.ieu a voulu exprimer Sa volonté. Par ailleurs, le ‘Hok le plus étonnant peut être étudié et analysé et l’on peut en tirer de profondes leçons qui guideront et inspireront notre vie.

Effectivement, les Dix Commandements gravés (qui d’ailleurs sont tous des Mitsvot logiques) renferment toute la Torah, alors que les ‘Houkim les plus irrationnels furent inscrits par Moïse sur le parchemin. Chaque Mitsva peut (et donc doit) être considérée comme la volonté impénétrable de D.ieu, observée avec l’obéissance à D.ieu gravée dans le cœur de notre âme. Et chaque Mitsva peut (et donc doit) être appréciée intellectuellement et émotionnellement et ainsi être appréhendée par notre pensée et nos sentiments.

Nous devons aspirer à observer les Mitsvot qui nous paraissent tout à fait logiques avec une simple obéissance, une soumission à D.ieu. Et concernant les ‘Houkim, le défi consiste à étudier leur signification et à y réfléchir (y compris au sens et à la fonction du fait qu’ils sont irrationnels et suscitent une obéissance aveugle à D.ieu) au point que nous les observions avec la passion et l’implication intellectuelle qui caractérisent l’étude des lois ou des témoignages compréhensibles.

'Habad 

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 10:20

Des lingots d'or
Le piège de l’argent
Sauriez-vous gérer une immense richesse ?








Ils oublièrent D.ieu

Moïse était encore au sommet de la montagne mais, à cause d’une erreur de calcul, le peuple d’Israël pensait qu’il aurait dû revenir la veille. Quand le jour passa, le peuple s’imagina avec angoisse que D.ieu l’avait gardé. Ils craignirent qu’il ne revienne jamais et demandèrent à Aharon de créer un nouveau dieu matériel.1

Aharon fut bouleversé. Un nouveau dieu ? Cela faisait à peine quarante jours que D.ieu, le Créateur du ciel et de la terre, leur avait donné au Sinaï le commandement de ne servir que Lui. Il leur avait expressément interdit d’adorer toute autre divinité. Avaient-ils si vite oublié ?

Mais soudain, Aharon fut frappé par un nouveau discernement. La responsabilité de ce comportement revenait à la richesse fabuleuse qui avait été attribuée au peuple avant l’Exode d’Égypte.

Les gens de richesse ont l’habitude de voir chacun de leur désir contenté et ils apprennent à se sentir en droit d’être exaucés. S’ils désiraient un dieu matériel, ils ressentaient qu’ils devaient l’obtenir. Cela posait-il un problème ? Aucun souci, nous y mettrons de l’argent et le problème disparaîtra de lui-même. Tous les autres obstacles semblent se dissoudre lorsque les pattes sont graissées avec les sommes appropriées.2

Aharon tenta de traiter la racine du problème

C’est dans cette perspective qu’Aharon tenta de traiter la racine du problème. Il demanda au peuple : « Qui possède de l’or ? » Il avait l’intention d’expliquer que tout l’or vient de D.ieu et que lorsque nous avons mérité la richesse, nous devons nous sentir humbles devant la générosité de D.ieu. Il espérait les encourager à méditer sur ce concept, pensant qu’une telle réflexion permettrait de résoudre le fond du problème.3

De l’or au creuset comme de l’huile sur le feu

Mais le peuple ne lui permit pas d’aller au bout de sa démarche. Quand ils l’entendirent demander de l’argent, ils pensèrent reconnaître cette requête : finalement, tout était question d’argent. « Tu veux de l’or ? demandèrent-ils. Aucun problème. Nous avons de l’or en abondance. » Et ils se mirent à en apporter des quantités énormes.4

Comment Aharon réagit-il ? À cette étape, il était trop tard pour les mots. Cette situation extrême nécessitait une action radicale. Il jeta l’or au feu. Il entendait communiquer ainsi l’idée que tout l’or vient du ciel et la richesse doit nourrir les flammes de notre amour pour D.ieu plutôt que l’inverse.

Mais à son grand désarroi, il était trop tard. Leur attitude était si corrosive qu’elle ne pouvait être changée en une nuit. Comme Aharon devait l’attester plus tard : « J’ai jeté l’or dans le feu et il en est sorti ce veau. » L’image même de l’or brillant dans le feu réveilla la passion du peuple pour l’argent. Cela souleva en eux le sens de leur propre infaillibilité. Le feu engendra un veau d’or, et cela, ils l’adorèrent.

Quand le « Je » est au-dessus de tout

Moïse perçut le problème ainsi que ses racines dès sa descente de la montagne. Il dit à son disciple Josué qui l’attendait au pied de la montagne : « Ce n’est pas le son d’une victoire, ce n’est pas le son d’une défaite, c’est [plutôt] un son de blasphème, je perçois. »5

Pourquoi conclut-il ses paroles avec ces mots apparemment superflus, « je perçois » ? Selon au moins un commentateur, Moïse disait ainsi à Josué que la source du blasphème venait d’un sens excessif de l’ego. C’était le sens arrogant du « je » du peuple qu’il percevait. « Je vois que c’est le “je” qui stimule leur blasphème et leur idolâtrie. »6

Ce dilemme a suivi l’humanité au fil des générations. Rarement les gens riches se sentent-ils comparables au commun des mortels. Ils se perçoivent plutôt comme une élite. Cependant, le plus grand éloge que l’on puisse faire à quelqu’un de riche est précisément d’avoir surmonté cette tentation. C’est lorsque les nantis évoluent parmi les gens ordinaires qu’ils jouissent de l’estime de tous.

Un message d’humilité

C’était leur sens arrogant du « je » qu’il percevait

C’était là le message de D.ieu à Moïse quand Il consentit à lui donner les secondes Tables de la Loi. D.ieu dit à Moïse d’extraire les Tables d’un gisement de saphir, particulièrement créé à cette intention sous sa tente. Quand D.ieu lui dit de graver ces pierres, Il ajouta le mot lekha qui signifie « pour toi » : « Grave pour toi. » 7

Les tables n’appartenaient pas à Moïse. Elles constituaient l’héritage de la nation entière. Pourquoi D.ieu dit-Il alors à Moïse de les graver « pour lui » ? Le mot hébreu pour « graver » est psal, un mot qui signifie également « inférieur ». Nos Sages nous enseignent que Moïse s’enrichit des éclats de pierres précieuses qui tombèrent pendant la gravure.

D.ieu ne disait pas à Moïse que les Tables lui appartenaient, mais que « psal lekha », ce qui est inférieur (les éclats de pierre) est pour toi.8

Le sens profond de ces mots est qu’un Juif doit toujours garder un sentiment d’infériorité lorsqu’il contemple D.ieu. Quand nous nous tenons devant les Tables sur lesquels les commandements de D.ieu sont inscrits, un sentiment d’infériorité s’impose parce que l’humilité est l’attitude adéquate en présence du Tout-Puissant.

Même lorsque nous sommes bénis d’une immense richesse, comme l’était Moïse, nous devons nous souvenir, comme le fit Moïse, que la richesse, tout comme la personne qui en est bénie, est inférieure à sa source. La source de la bénédiction est D.ieu et c’est à Lui que doit revenir notre allégeance.

C’est le roi que je veux

Le Baal Chem Tov expliqua ce concept à l’aide d’une parabole. Un jour, le roi offrit d’accéder au désir de tous ses sujets. Ceux-ci firent la queue et chacun, arrivé devant le roi, lui demanda tout ce qu’il désirait. L’un des sujets fit une requête unique en son genre : « Je souhaiterais obtenir une audience quotidienne avec le roi. »9

Quand nos désirs sont exaucés, les bénédictions sont aussi limitées que nos désirs le sont, et la richesse peut nous conduire à l’arrogance. Mais quand nous nous en remettons à la miséricorde de Sa Majesté, les bénédictions sont infinies et, ce qui est plus important, nous restons toujours humbles et reconnaissants.


 'habad

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 10:15
Dialogues au sommet
Extrait du midrache




- Quand le Veau d'Or fut achevé, D.ieu dit à Moïse : « Va, descends. Car ton peuple, que tu as fait sortir du pays d'Égypte, s'est corrompu » (Exode 32, 7). Moïse dit : « Maître de l'Univers, depuis quand est-il mon peuple et non le Tien ? »

Et D.ieu répondit : « Quand il était en Égypte, Je dis :“Je ferai sortir du pays d'Égypte Mes armées, Mon peuple, les Enfants d'Israël” (Ex. 7:4). Je ne t'ai point dit de les mêler à une multitude d'autres peuples qui voulaient quitter l'Égypte avec eux. Mais toi, plein de bonne volonté, tu les as emmenés avec toi. Et voilà, ce sont ces étrangers qui ont fait le Veau d'Or et entraîné Mon peuple dans le péché ; eux qui ont dit : “Ceux-ci sont tes dieux, ô Israël !” (Ex. 32,8). C'est donc ton peuple, que forme la multitude de peuples mêlés (erev rav), qui est corrompu. »

- Moïse demanda à D.ieu : « Pourquoi, ô D.ieu, es-Tu irrité contre Ton peuple que Tu as fait sortir du pays d'Égypte ? »

Pourquoi Moïse a-t-il mentionné ici l'Égypte ? Parce qu'il voulait dire : Que peut-on attendre d'un peuple qui a vécu pendant des siècles au milieu d'adorateurs d'agneaux ? Si D.ieu ne l'avait pas gardé si longtemps dans cette atmosphère, la corruption des Égyptiens n'aurait pas déteint sur lui.

Au nom de Rabbi Lévi, la même explication a été donnée par le truchement d'une parabole :

Un homme voulut acheter un esclave.

– Est-ce un bon ou un mauvais esclave ? demanda-t-il au maître.

– C'est un mauvais esclave, répondit celui-ci, c'est pourquoi je désire le vendre.

Cela n'empêcha pas l'homme de l'acheter. Il l'emmena chez lui. L'esclave désobéit à son maître, qui commença à le battre.

L'esclave se mit à pleurer.

– Ce n'est pas juste ! gémit-il. Et le maître de s'écrier :

– Tu te conduis si mal, et tu oses parler de justice ?

– Mais oui, ce n'est pas juste ! On m'a vendu à toi comme un bon ou un mauvais esclave ?

– Comme un mauvais esclave, convint le maître,

– Alors tu ne peux pas attendre de moi que je sois bon. Tu ne devrais pas être déçu.

Moïse parla à D.ieu en ces termes : « Tu m'as dit que Tu libérerais les Enfants d'Israël pour l'amour d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, car Ton peuple n'avait encore aucun mérite personnel dont il pût se prévaloir. Tu devrais montrer plus de patience à son égard. »

Une autre parabole :

Un roi possédait un champ de dimensions importantes. Il donna l'ordre à un de ses serviteurs d'y planter de la vigne. Ce que le serviteur fit. Mais les raisins que produisit le vignoble étaient acides, et le vin qu'on en fit se changea en vinaigre. Le roi en fut irrité ; il ordonna à son serviteur d'abattre toutes les vignes et ajouta :

– De quelle utilité peut être pour moi un si mauvais vignoble ?

– Majesté, répondit le serviteur, des frais considérables ont été engagés pour transformer ce champ en vignoble, et vous voulez maintenant tout détruire ? Il est jeune encore. Donnez-lui le temps de se bonifier, et il deviendra un beau vignoble qui produira de beaux fruits !

 'Habad

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 06:25

Pourquoi les Israélites ont-ils fait un veau d’or ?
Une quête d'un lien avec D.ieu


Le veau d'or



C’était un moment de grande tension. Moïse était monté sur le mont Sinaï et avait promis qu’il serait de retour quarante jours plus tard. Le quarantième jour était arrivé et il ne donnait aucun signe de retour.

Le peuple avait été sceptique quant à sa capacité à survivre au sommet de la montagne, sans eau ni nourriture. Mais Moïse avait une réputation d’homme de D.ieu et et les Juifs le connaissaient comme un faiseur de miracles : ils l’avaient vu frapper les Égyptiens par les plaies, ouvrir la Mer Rouge, les guider dans un désert aride, faire tomber la Manne du ciel et couler l’eau d’un rocher. Ils avaient pu l’observer se tenant droit sur la montagne alors que la terrible Présence de D.ieu y descendait.

Mais c’était maintenant le quarantième jour – le jour promis de son retour – et leur guide ne donnait aucun signe de vie. De toute évidence, il avait péri sur la montagne !1

Le peuple se tourna vers Aharon, sachant qu’il était, lui aussi, un homme divin, destiné à la Grande Prêtrise. Ils lui demandèrent : « Fais pour nous un dieu. » Aharon accéda à leur demande et façonna un veau d’or qu’ils s’empressèrent de révérer.2

C’était là une violation stupéfiante du second commandement : « Tu n’auras pas d’autres dieux que Moi, »3 seulement quarante jours après qu’il eut été énoncé. Si les foules furent conduites à l’idolâtrie sous l’impulsion d’agitateurs, qu’en fut-il d’Aharon ? Et plus précisément, on pourrait se demander pourquoi nos ancêtres, qui cherchaient à remplacer Moïse, ont-ils remplacé D.ieu ?

Un intermédiaire matériel

Nos ancêtres ne se rendirent pas, en fait, coupables d’avoir remplacé D.ieu mais d’avoir fabriqué une image corporelle de D.ieu, ce qui est également interdit, mais ne constitue pas un véritable culte idolâtre. Ce comportement, bien qu’inexcusable, était, étant donné les circonstances, tout à fait compréhensible.4

Ils vivaient dans un monde où toutes les cultures ne s’identifiaient qu’à des divinités matérielles. Elles étaient basées sur la croyance que l’homme doit rendre hommage à D.ieu et gagner Sa grâce, mais ne peut se lier directement à un D.ieu immatériel. Elles avaient donc conclu que l’homme doit déifier des objets de sa fabrication qui représentent sa plus haute idée de la divinité dirigeant le monde. Ces objets seraient alors investis par D.ieu de divinité et deviendraient les porteurs du destin humain.

Nos ancêtres, élevés dans la foi d’Avraham en un D.ieu omniprésent et immatériel, étaient néanmoins influencés par les cultures environnantes. Contrairement aux idolâtres, ils pensaient que l’homme peut réellement se lier à un D.ieu immatériel, mais ils restaient d’idée qu’un intermédiaire concret et tangible demeure nécessaire.

Et les instruments matériels de D.ieu semblaient justifier cette thèse. En effet, les Israélites avaient constaté que la Présence divine avait souvent résidé dans des symboles tangibles ou du moins visibles, voire même des objets. Lors de la traversée de la mer des joncs, c’était le bâton de Moïse, au Sinaï, une nuée de gloire, dans le Tabernacle, ce serait une Arche sacrée et ses Chérubins. Le peuple voyait ces manifestations comme des intermédiaires déifiés entre un D.ieu immatériel et un peuple fait de chair et de sang.

Leur erreur fut de ne pas saisir que ces objets avaient bien été choisis par D.ieu pour véhiculer Ses manifestations, mais qu’ils ne pouvaient l’être qu’en conséquence du choix Divin et de Son action. L’homme, quant à lui, n’a ni l’autorité ni la capacité de choisir son propre véhicule et le désigner comme lien avec D.ieu, et encore moins de lui attribuer des qualités divines.

Après la révélation au Sinaï, le peuple considérait Moïse comme l’intermédiaire principal. Quand D.ieu prononça les Commandements, les Juifs furent écrasés par cette expérience. Ils demandèrent à Moïse de servir d’intermédiaire et de leur transmettre le message de D.ieu.5 Ils considéraient Moïse comme ayant été investi de qualités divines et le percevaient comme un lien vers le véritable D.ieu, Créateur du ciel et de la terre.

À nouveau, leur erreur était de considérer leur « intermédiaire » – plutôt que D.ieu – comme étant à l’initiative de la révélation. Pour eux, ce n’était pas D.ieu qui les avait sortis d’Égypte par l’intermédiaire de Moïse, mais Moïse qui avait influencé D.ieu de sorte qu’Il les libère. Ils n’avaient pas encore intégré le concept juif selon lequel l’homme peut se lier directement à D.ieu, mais c’est D.ieu et non l’homme qui désigne les actions et les instruments par lesquels Il peut être atteint.6

Un objet matériel

Lorsqu’ils pensèrent que Moïse était mort, il leur apparut crucial de lui trouver un remplaçant. Faute de quoi, il n’y aurait plus moyen d’accéder à D.ieu ni de méthode pour obtenir Sa grâce. Mais cette fois-ci, ils recherchèrent un objet matériel plutôt qu’un être humain.

Les objets, raisonnèrent-ils, peuvent être facilement préservés ; ils ne s’en vont pas et ne peuvent donc disparaître comme l’avait fait Moïse.7

Le rôle d’Aharon

Aharon comprit l’erreur du peuple, mais il sut également que s’il refusait ou les réprimandait, ils agiraient de leur propre chef, sans entrave.8 Il décida de les rejoindre et de mettre en route le processus afin de gagner du temps, certain que Moïse ne tarderait pas.

Il leur demanda d’abord d’enlever leurs boucles d’oreille,9 espérant qu’ils hésiteraient à se séparer de leurs bijoux, mais le peuple se hâta d’obtempérer. Après avoir fondu l’or, Aharon commença, à lui seul, à façonner un veau.10 Il prit un outil de gravure et orna le veau de belles figures.11

Ayant achevé le veau, il se mit à lui construire un autel. Insistant sur le fait que seul le Grand Prêtre pouvait construire un autel pour D.ieu, il refusa toute aide et le construisit péniblement durant toute la nuit, espérant le retour de Moïse pour le lendemain matin. Mais Aharon avait sous-estimé le zèle du peuple. Ils se levèrent très tôt, alors qu’Aharon dormait encore,12 ils déifièrent le veau et l’adorèrent.

Seule une poignée de Juifs se rendirent coupables de véritable idolâtrie ce matin-là en déclarant que le veau serait « le D.ieu d’Israël. »13 La plupart des Juifs ne furent responsables que d’avoir déifié un objet matériel dans leur quête d’un lien avec D.ieu. Dès que Moïse revint, leur besoin du veau disparut et ils ne se révoltèrent pas quand Moïse le détruisit.14

Le Tabernacle

Après le fiasco du Veau d’Or, le Tabernacle (Michkan) fut érigé au centre du camp pour abriter la Présence Divine. Selon les mots de D.ieu à Moïse :« Ils me feront un Sanctuaire et Je résiderai en eux. »15

Le Tabernacle réussit là où le veau avait échoué parce que, dans le Tabernacle, les objets matériels ne deviennent saints que parce qu’ils ont été désignés comme tels par D.ieu. Contrairement au veau, le Tabernacle avait été choisi par l’injonction divine et devint donc sacré. Le Tabernacle fut ainsi considéré comme une expiation et une rectification de la faute du Veau d’Or.




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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 12:02
Le rôle du dirigeant
À quoi ça sert un dirigeant juif ?




Pour le peuple juif, le passé, le présent et le futur sont inextricablement liés entre eux. La Torah décrit en détail le service dans le Temple qui, bien qu’il ait été détruit il y a plus de deux mille ans, demeure la réalité profonde de la conscience juive. Le Temple fait partie du passé, mais il existera aussi dans le futur. Ainsi nous éclaire-t-il sur le présent.

Une partie du service du Temple consistait en ce que le Grand Prêtre pénétrait chaque jour dans le saint vestibule du Temple où brillaient les lumières de la Menorah d’or. La Torah décrit les vêtements rituels qu’il portait à cette occasion et cela nous offre, entre autres, une leçon sur la nature de ce qu’est un dirigeant juif.

Le Gand Prêtre était le représentant spirituel de tout le peuple juif. C’est en son nom qu’il pénétrait dans le Temple, où était révélée la Présence de D.ieu. Nos Sages expliquent que ses habits exprimaient son lien profond avec tous les autres Juifs.

Sur chaque épaule, il portait une pierre d’onyx sertie dans une monture d’or. Sur ces pierres étaient gravés les noms des Douze Tribus, six sur chaque pierre. Une chaîne d’or partant de chaque pierre d’onyx sur l’épaule portait le « Pectoral de Justice », porté sur la poitrine du Grand Prêtre. Sur ce pectoral étaient enchâssées douze pierres précieuses différentes sur lesquelles étaient gravés les noms des Douze Tribus.

Cela signifie que le Grand Prêtre portait sur lui les noms des Douze Tribus, c'est-à-dire de l’ensemble du peuple juif. Quand il pénétrait dans le Temple, cela constituait un souvenir devant D.ieu, exprimant la requête qu’Il se souvienne de Son peuple et qu’Il le juge avec bienveillance.

Cette évocation était-elle seulement celle de ces Juifs pieux dont le comportement dévoué exprime les nobles traditions de leur peuple ? Non. Les Sages expliquent que les vêtements du Grand Prêtre le liaient avec tous les Juifs. C’est pourquoi l’un des vêtements qu’il portait était une robe bleue. À sa lisière étaient accrochées des « grenades » faites de laine colorée, contenant des clochettes d’or. Quand il marchait, les clochettes tintaient, sans doute comme le font les clochettes  de la couronne du Sefer Torah aujourd’hui

Le Talmud nous dit que les « grenades » sont le symbole de ces Juifs qui s’imaginent être totalement à l’écart Judaïsme. Ils peuvent se considérer ainsi, mais les Sages déclarent que « même le plus vide d’entre vous est plein de bonnes actions tout comme la grenade est pleine de grains ». Quand le Grand Prêtre entrait dans le Sanctuaire, il amenait aussi ces Juifs avec lui, avec tous les autres, et il invoquait pour eux les bénédictions divines et suscitait chez tous le sentiment d’être unis à D.ieu.

Au cours de l’histoire, telle fut la fonction des dirigeants juifs : demander à D.ieu de bénir le peuple juif et nous rappeler à tous que nous possédons une grande puissance spirituelle.1

Tel fut le rôle de Mordekhaï, durant les temps troubles commémorés par Pourim. De nombreux Juifs dans le vaste Empire perse s’étaient profondément assimilés. Mordekhaï réussit toutefois à les motiver à affronter la menace d’Haman et à leur faire revendiquer et défendre leur identité juive. Ils avaient la possibilité d’échapper à l’extermination en se convertissant à la religion d’Haman, en s’inclinant devant lui et en le déifiant. Mordekhaï, se souciant de chaque juif, fut capable de les inspirer tous. Il put leur faire reconnaître que, quel que soit l’éloignement qu'ils peuvent parfois ressentir, la véritable nature de chaque personne est la parcelle de D.ieu qui est en elle. Cette conscience suscita la réponse divine décrite dans le Rouleau d’Esther, le miraculeux renversement de situation grâce auquel le peuple juif fut sauvé.

'HABAD 

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 11:50




Le Cohen Hagadol en habit de ceremonie pour ses fonctions officielles..
:
Habit de ceremonie du Chen Hagadol.jpg

dafina. 




L'habit du Cohen Gadol: une tunique, un pantalon, une tiare, une ceinture, le pectoral, le tablier,la robe (d'azur) et le diadème.



Les habits du sacerdoce

Quatre et huit vêtements
La Mishna Yoma traite du service du jour de Kippour [Le terme "Yoma" est l'araméen de "Hayom" : le jour (de Kippour).
Une mishna décrit les habits des prêtres : quatre pour le prêtre de service et huit pour le grand prêtre.



Mishna traité Yoma chapitre 7, mishna 5
Le grand prêtre officiait avec huit habits, et le cohen simple avec quatre habits: une tunique, un pantalon, une tiare, une ceinture. A cela le grand prêtre ajoutait : le pectoral, le tablier, la robe (d'azur) et le diadème. Et c'est par cet appareil que l'on consultait les ourim et toumim.
Et ces consultations ne valaient que pour le roi, le tribunal et lorsque la ommunauté en avait besoin [Ce qui excluait des demandes privées].

Rambam (Maïmonide 1138-1204)
Nos sages ont dit "par eux ont faisait la demande", c'est-à-dire que ne consultait les ourim et toumim que le grand prêtre habillé des huit habits. Et la manière de la demande est comme nous l'avons déjà dit : le grand prêtre tournait son visage vers l'arche d'Alliance, et le demandeur tournait sa face derrière le prêtre, et il demandait "dois-je faire ceci ou non", et le prêtre répondait "fais" ou "ne fais pas", selon ce qu'il voyait sur le pectoral. Car l'ensemble de l'alphabet y était inscrit, puisque y étaient marqués les noms des patriarches ainsi que les noms des douze tribus (ce qui donne tout l’alphabet), et en dessous il était mentionné "tribus de Dieu". Et le cohen devait être prophète. Et c’est une tradition pour nous que tout cohen, qui parle par esprit de sainteté et sur qui réside la Présence divine, peut être consulté; non dans le cas contraire.


Des habits expiatoires

L'un des procédés herméneutiques utilisés par les rabbins est celui de la juxtaposition des versets ou des paragraphes qui n'ont aucun lien a priori.
Sur ce principe le Talmud établit que les habits du grand prêtre avaient une fonction expiatoire. Pour beaucoup de commentateurs, il ne s'agit pas de conduite magique, mais d'une fonction éducative pour rappeler au peuple, à travers les habits du Cohen Gadol, les "péchés capitaux" d'Israël.

Talmud de Babylone traité Zébahim page 88 b
Rabi Iniani fils de Sasson enseigne : pourquoi le chapitre traitant des sacrifices est juxtaposé à celui traitant des vêtements du Cohen? Pour t'enseigner que les habits du Cohen font expiations comme les sacrifices. La tunique fait expiation pour le meurtre, comme il est dit (Gn 37, 31) : "ils immolèrent un chevreau et ils trempèrent la tunique dans le sang" ; le caleçon fait expiation des unions interdites, comme il est dit (Ex 28, 42) : "Fais des caleçons de lin pour couvrir la nudité de leur chair" ; la tiare fait expiation de l'orgueil, d'où savons nous cela? Car Rabbi Hanina enseigne : ce qui se trouve à la hauteur [sommet] du corps fait expiation du regard hautain. La ceinture fait expiation des mauvaises pensées, [car elle se porte au dessus des organes génitaux] ; le pectoral fait expiation des injustices, car il est dit (ibid., 15) "tu feras un pectoral de jugement". Le manteau (éphod) fait expiation de l'idolâtrie, car il est dit (Osée 3, 4) : "sans éphod, et idoles"; la robe fait expiation de la mauvaise langue, d'où le savons-nous? Car Rabbi Hanina enseigne : il est normal que l'élément qui fait du bruit [il y avait des clochettes au bout de cette robe] efface les mauvais bruits. Le diadème d'or fait expiation de l'impudence, en effet pour le diadème il est dit "elle sera le front d'Aaron (Ex 28, 38) et pour l'impudence "tu avais le front d'une prostituée" (Jérémie 3,3).


Le 'hoshen Mishpat:


En français : 
"le pectoral du jugement", il était sur la poitrine du Cohen Gadol, enchâssé de 12 pierres précieuses, au nombre des Bené -Israél,les 12 tribus , sur eux étaient gravé leurs noms. Aaron et ses successeurs le portait quand il entrait faire la âvoda dans le qodesh qodashim.( le Saint des Saints ) La Thora décrit dans le détail comment tous ces éléments étaient les uns par rapports aux autres, l'idée d'unité revient. 

Ce que le Rashi dit du 'hoshen Mishpath:

Shemoth 28:30 
"-Et tu mettras sur le pectoral de jugement ('Hoshen HaMishpath) les Ourim et les toummim, et ils seront sur le coeur d'Aaron, quand il entrera devant D.; et Aaron portera le jugement des Benéï -Israél sur son coeur, devant D.,continuellement."

Rashi : 
"im laâssoth Davar o lo laâssoth" : 
"Pour savoir si on doit faire ou ne pas faire telle chose". 
(Le 'hoshen hamishpat possédait les ourim et toummim permettant de consulter la volonté de D., ainsi, dans le Tanakh, si l'on devait partir en guerre ou non, devant des cas difficiles, il y à dans les midrashim beaucoup d'histoires sur le sujet). 

Rashi continue: 

"Le 'hoshèn fait l'expiation des iniquités dans le jugement"niqra "Mishpat" "Seli'hath HaMishpat"

"Nous appelons "jugement" le "pardon du jugement"(C'est-à-dire que l'expression est une contraction pour le pardon concernant les erreurs dans l'application de la justice). 

Plus loin, Rashi explique que le 'hoshèn faisait "meratsèh", en bon Français "propitiation" : rendre HaQadosh Baroukh Hou propice à son peuple, en 
agrément et désirable à ces yeux. Il est intéressant de noter que ce n'est pas tout fils d'Iisraél qui y allait de lui-même mais c'était dans la personne d'un Shalia'h Ha Tsibour, un représentant du peuple,s'il faut parler ainsi, consacré pour cela et de la lignée de Levi. 

Chaque mot hébraïque a une valeur numérique. Celle du mot ‘Hochen - חשן est de 358, donc égale à celle du mot Machia’h – משיח . Car, le Machia’h aura le pouvoir de juger et de résoudre les problèmes d’Israël simplement par l’inspiration Divine. 
Talmud Sanhédrin 


A propos des vêtements que portait Aharon Hacohen il est écrit :

« Tu feras des vêtements de sainteté pour Aharon ton frère pour l’honneur et la splendeur…un pectoral, un ‘éfod’, une robe, une tunique brodée, un tiare, une ceinture…ils prendront de l’or et de l’azur, du pourpre, de l’écarlate et du lin…(Dévarim 28 ;2-5). Le Ramban écrit que les vêtements des Cohanim, d’une splendeur royale, étaient principalement destinés à distinguer le Cohen Gadol (Grand Cohen) aux
yeux du peuple et à l’investir d’une aura souveraine.
-On trouve cependant une idée contradictoire au sujet des vêtements des Cohanim. Il est écrit à propos de la tunique du Grand Cohen qu’elle devait être bordée de clochettes d’or et de grenades placées en alternance sur le pourtour de l’ourlet, comme il est dit :
« Elle sera, pour Aharon, pour faire le service; son tintement s’entendra à sa venue vers le sanctuaire devant Hachem et à sa sortie, et il ne mourra pas ». Rabbénou Béh’ayé explique que lorsqu’un homme se présente devant un Roi, le protocole lui interdit d’entrer de façon brusque et inopinée, sous peine de mort. De même, les clochettes d’or qui tintaient au bas de la tunique d’Aharon devaient lui rappeler en permanence la soumission qu’il devait montrer devant Hachem et que c’est seulement avec Sa permission qu’il entrait et sortait « comme des pauvres et des indigents viennent frapper à la porte du Roi ».
Ces vêtements avaient donc pour but de glorifier le Cohen Gadol par leur apparence royale mais également de lui faire prendre conscience de son insignifiance; comment concilier ces deux états d’esprit a priori contradictoires ?
Les vêtements du Cohen Gadol avaient pour but de l’élever parmi tous les Bné Israël afin que le peuple prenne conscience de l’immense valeur du Service Divin. L’objectif n’était pas de faire honneur au Cohen Gadol lui même, mais qu’il soit intermédiaire pour faire honneur au Roi des rois. La tâche devient alors difficile pour Aharon : apprendre à ne pas s’enorgueillir au sein de cette splendeur et de cette majesté, et même savoir cultiver modestie et soumission à Celui que l’on doit réellement honorer.
La solution : les clochettes ! Un rappel permanent de la présence d’Hachem et que c’est Lui qui dispense les qualités de chacun, la richesse, le rang social (Cohen, Levi, Israël)...
Avec une pleine conscience de cette vérité les habits majestueux du Cohen gadol ne sont plus une source d’orgueil pour celui qui les revêt, au contraire ils lui permettront d’être encore plus humble et soumis à l’image de ce Gouverneur qui se « faisait de plus en plus petit » à chaque fois qu’on l’acclamait.



Traité talmudique Erkhine :
« Rabbi Anéni bar Sasson enseigne : ‘Tout comme que les sacrifices apportent l’expiation des fautes, de même les vêtements du Cohen réparent les fautes. La tunique (kétonete) expie le meurtre, comme il est dit : ‘Ils trempèrent la tunique dans le sang’, (Béréchit, 37, 31). Le pantalon (mi’hnassaïm), la dépravation des moeurs, comme il est dit : ‘Fais-leur des pantalons de toile afin de couvrir la nudité de la chair’, (Chémot, 28, 42). La tiare (mitsnéfèt), l’orgueil ; ainsi que l’a enseigné rabbi ‘Hanina quand il a dit : ‘Que vienne ce qui est haut pour pardonner l’action hautaine’. L’écharpe (avnèt) apporte l’expiation des pensées impures qui viennent du coeur (hirhour haLev), puisqu’en effet c’est là qu’elle était attachée. Le pectoral (‘hochen), les mauvais jugements, comme il est dit : ‘Tu feras le pectoral de jugement’, (Chémot, 28, 15). L’éphod, la faute d’idolâtrie, ainsi qu’il est écrit : ‘Sans éphod, ni pénates’, (Osée, 3, 4). Le manteau (méïl), la médisance ; le Saint béni soit-Il a affirmé en effet : ‘Que vienne ce qui est sonore [sur l’ourlet du manteau étaient cousues 72 clochettes d’or, ainsi que 72 grenades d’or, chacune entre chaque clochette- Ndlr.] et qu’il apporte l’expiation de cette action effectuée avec la voix’. La plaque (tsits), l’arrogance, car il est écrit ici : ‘Elle sera sur le front d’Aharon’, (Chémot, 28, 38), et il est écrit là-bas : ‘Tu avais le front d’une pervertie’, (Jérémie, 3, 3) ».

La Tiare en or
Sur le front du Cohen Gadol, vous voyez aussi le Tsits, tiare en or, sur laquelle est gravée la phrase "Sanctifié pour D.ieu". Le nom de D.ieu y est ici gravé avec ses soixante dix lettres



La beauté de l'homme idéal et son vêtement 
La beauté de participation (nature d'Israël reliant le bas et le haut) 
Il faut se souvenir que le Sanctuaire d’en-bas a son parallèle dans les mondes d’En-Haut, pour comprendre que les vêtements de beauté sont tellement une expression de la beauté de Hachém Lui même que les commentateurs les mettent en rapport direct avec les lettres des noms saints de Hachém (voir toute l'oeuvre du Ari et des Sages qui s'en inspirent); de plus, ils soulignent le fait que l'éphod ne pouvait pas être séparé de l'autre vêtement pour garder la conscience de la relation continue à la source de cette beauté. Toute beauté doit être perçue comme reliée à la source de l'intériorité (pnimioute). Cela est exprimé également par la forme des fenêtres du Temple de Salomon (I Rois 6, 4) qui étaient plus étroites à l'intérieur du Temple qu'à l'extérieur, afin de montrer que le rayonnement vient de l'intérieur et non pas de l'extérieur. 

prof-symboles
 
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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 11:46
Moïse disparaît
Le pourquoi de son absence


La Torah consiste en cinq livres, subdivisés en 54 « Parachas ». Ces livres sont communément appelés « Les Cinq Livres de Moïse ».

À première vue, ce nom ne semble pas utilisé avec exactitude. Il est vrai que c’est Moïse qui les transcrivit et aussi qu’il est le personnage central du récit. Mais n’est-ce pas la Torah de D.ieu ? Le Talmud s’interroge, dans la même veine, devant l’invective du prophète (Malachie 3, 22) : « Rappelle-toi la Torah de Moïse, Mon serviteur ». Serait-ce donc la Torah de Moïse ? Oui, ça l’est, affirme le Talmud, « parce qu’il lui a consacré sa vie, elle est appelée de son nom. »

Il n’est pas fait mention de Moïse dans le premier livre, Beréchit (la Genèse). Cela a du sens dans la mesure où il n’était pas encore né. Le nom « Moïse » n’apparaît que quelques fois dans le cinquième livre, Devarim (Deutéronome). Cela également se comprend : le livre de Devarim est un long discours de trente-sept jours que Moïse adresse au peuple d’Israël avant sa disparition. Tout au long des onze Parachas de Devarim, nous entendons sa voix : « À ce moment-là, D.ieu me dit... », « Et nous continuâmes notre voyage... » – (Ceci contrasteavec le reste de la Torah qui est écrit à la troisième personne : « Et D.ieu parla à Moïse... », « Et Moïse monta sur la montagne...  », etc.)

Dans les trois autres livres, le nom « Moïse » apparaît de nombreuses fois dans chaque Paracha, souvent des douzaines de fois sur la même page. Dans chaque Paracha, à l’exception d’une seule : la section de Tetsavé (Exode 27, 20 - 30, 10) qui ne comporte pas la moindre mention du nom de Moïse.

Le commentaire sur la Torah du Baal Hatourim explique ce phénomène comme la conséquence de quelque chose que Moïse dit à D.ieu à la découverte de la faute du Veau d’Or. Quand le peuple d’Israël trahit son alliance avec D.ieu, tout juste quarante jours après avoir reçu la Torah au mont Sinaï, D.ieu dit à Moïse qu’Il avait l’intention de détruire la nation corrompue et d’édifier un nouveau et meilleur peuple à partir des descendants de Moïse. Moïse plaida et argumenta en faveur du peuple, et finalement s’écria à D.ieu : « Maintenant, si Tu pardonnes leur péché... Mais si Tu ne le fais pas, efface-moi du livre que Tu as écrit » (Exode 32, 32). C’est la raison pour laquelle, écrit le Baal Hatourim, le nom de Moïse est absent de la Paracha de Tetsavé.

Il reste néanmoins à comprendre un certain nombre de choses :

  1. En fin de compte, bien sûr, D.ieu ne détruisit pas le peuple d’Israël et n’effaça pas le nom de Moïse de la Torah. Pourquoi donc fut-il omis dans Tétsavé ? Était-ce là une sorte de punition ou de « retombée » de ses mots audacieux, ou bien y a-t-il un sens plus profond à leur réalisation partielle ?
  2. Qu’essayait d’obtenir Moïse ? Était-ce une sorte de « menace » pour forcer la main de D.ieu ? En quoi l’effacement du nom de Moïse de la Torah pouvait-il permettre de sauver le peuple d’Israël ?
  3. Pourquoi, de toutes les 54 Parachas de la Torah, est-ce précisément celle de Tetsavé qui perd le nom de Moïse ? D’autant plus que le récit du péché d’Israël et de l’« ultimatum » de Moïse apparaît dans la Paracha suivante, celle de Ki Tissa !

Le Zohar parle de D.ieu, de la Torah et du peuple d’Israël comme « trois liens qui sont liés les uns dans les autres... chacun consistant en un niveau au-dessus d’un niveau, caché et révélé. »

Que sont ces niveaux « cachés » et « révélés » dont parle le Zohar ? Les Maîtres de la ‘Hassidout expliquent qu’il existe deux niveaux auxquels D.ieu, Israël et la Torah sont interconnectés. Au plan « révélé », la Torah est le lien entre D.ieu et Israël. D.ieu est infini et insondable, et nous sommes des êtres finis et mortels. Mais D.ieu nous a donné Sa Torah, décrétant qu’elle incarnerait Sa sagesse et Sa volonté. Lorsque nous étudions la Torah et accomplissons ses préceptes, nous nous connectons avec D.ieu.

À un niveau plus profond, toutefois, cette connexion s’opère dans l’autre sens : ce sont les âmes d’Israël qui lient la Torah à D.ieu. A ce niveau, l’âme est une étincelle de l’essence divine, et la Torah est le produit de cette unicité. D.ieu, comme Il est en Lui-même, est au-delà du fait de posséder une « sagesse » ou une « volonté ». Il les acquiert uniquement comme un moyen à travers lequel exprimer Sa relation intrinsèque avec nous.

En d’autres termes, au niveau « révélé », un peuple juif qui rejette la Torah, à D.ieu ne plaise, perd son lien avec D.ieu. Mais au niveau caché, c’est la Torah qui « a besoin » de nous pour être liée avec le Tout-Puissant.

(C’est pourquoi il y a des versets et des Midrachim qui décrivent le peuple juif comme les « enfants » de D.ieu : la relation d’un enfant avec ses parents dérive du fait qu’il est une extension de l’être de ses parents. À d’autres endroits, la Torah apparaît comme la source de notre lien, comme dans le Midrache qui décrit la Torah comme la « fille » de D.ieu et Israël comme le « gendre du Roi ».)


Nous pouvons dès lors comprendre ce que réalisa Moïse en insistant pour que D.ieu « efface son nom » de la Torah.

Le « nom » de la personne représente le moi qu’il présente au monde, au-delà duquel réside une identité plus profonde et plus essentielle qui transcende toute appellation et toute description. Ainsi nos Sages nous disent que « toute la Torah consiste en noms de D.ieu », c'est-à-dire la manière dont D.ieu Se fait connaître de nous.

Quand D.ieu dit à Moïse que la trahison d’Israël avait détruit son lien avec lui, Moïse comprit que cela signifiait que D.ieu se liait alors avec eux selon Son niveau de « nom », c’est-à-dire dans la dimension « révélée » de leur lien où la Torah est ce qui relie D.ieu et Israël. Il savait que pour sauver le peuple, il lui fallait évoquer la relation « cachée » avec D.ieu, le lien intrinsèque qu’aucune transgression ne peut ébranler. C’est pourquoi il dit à D.ieu : « Efface mon nom de la Torah. »

La Torah est ma vie, disait Moïse. Bien plus encore, c’est la substance de ma relation avec le peuple que j’aime : je suis leur maître, celui qui leur transmet Ta sagesse. Mais mon lien ultime avec eux est encore plus profond. Si profond que je désire oblitérer mon nom de la Torah, puisque tant que je définis mon rôle dans leur vie comme leur source de la Torah, leur abandon de la Torah signifiera que je ne suis plus lié à eux.

Les actes des Justes ont un effet intéressant sur D.ieu : ils le « forcent » à agir de la même façon. Les paroles de Moïse poussèrent D.ieu à, Lui aussi, endosser sa relation « cachée » et « sans nom » avec Son peuple ; un lien qui transcende la Torah et est en réalité la source et la raison d’être de la Torah. (C’est pourquoi, en dernier ressort, Moïse ne sauva pas uniquement le peuple d’Israël – il sauva également la Torah.)


La Paracha de Tetsavé constitue ainsi un monument à la gloire de l’acte extraordinaire de Moïse et de ce qu’il accomplit. Car s’il est vrai que son nom est « absent » de la Paracha, son essence qui transcende l’appellation, l’imprègne d’autant plus. Cela apparaît dans la toute première phrase de Tetsavé qui rappelle les mots de D.ieu à Moïse : « Et toi, tu commanderas aux enfants d’Israël… » Dans le tout premier mot : veata, « et toi », Moïse est présent. Non par son nom, mais par ce pronom qui transcende le nom, « toi ».

Pourquoi Tetsavé ? Le 7 Adar – à la fois la date de la naissance et de la disparition de Moïse –tombe toujours à proximité de la semaine au cours de laquelle Tetsavé est lue dans le cycle annuel de lecture de la Torah. C’est donc la semaine la plus appropriée pour nous amener au « Toi » intrinsèque de Moïse. 

'Habad

 

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 11:19




La dimension personnelle
Le Judaïsme est-il une affaire purement collective ?


Le Temple, point de convergence entre le D.ieu et le monde, fut de tout temps un thème majeur de la conscience juive. La Torah décrit avec force détails le prototype du Temple, le Sanctuaire portatif que Moïse et le peuple juif construisirent dans le désert du Sinaï.

La paracha de la semaine dernière décrivit de quelle manière le Sanctuaire devait être construit. Il y avait la Cour, avec l’Autel de cuivre pour les sacrifices. Puis, à l’ouest, il y avait le Sanctuaire intérieur, avec des murs de bois de cèdre recouvert d’or et un toit formé de délicate tapisserie. Cette parachadécrivit aussi la plupart des objets sacrés qui devaient y être placés : l’Arche d’or contenant les Tables de la Loi ; la Table d’or et la Ménorah, candélabre à huile en or à sept branches. Mais l’élément principal ne fut pas mentionné, comme nous allons le voir.

La paracha de cette semaine, Tetsavé (Exode 27,30-30,10), décrit les vêtements des « prêtres » qui officiaient dans le Sanctuaire : Aharon et ses fils. Elle relate ensuite la manière dont ceux-ci devaient être sanctifiés avec de l’huile d’onction, et comment le service dans le Sanctuaire devait débuter.

Tout à fait à la fin de la paracha de cette semaine, un dernier élément est décrit : c’est l’Autel d’Or sur lequel le prêtre offrait l’encens deux fois par jour, chaque matin et chaque après-midi. Il était placé dans le Sanctuaire intérieur, près de la Menorah en or.

Nos Sages s’interrogent sur le fait qu’une partie si importante du Sanctuaire soit évoquée en dernier. Pourquoi ne fait-elle pas partie de la paracha de la semaine passée dans laquelle étaient décrits tous les autres composants du Sanctuaire ?

L’une des réponses à cela est :

L’Autel d’Or est réservé pour la fin parce qu’il exprime la raison d’être du Sanctuaire tout entier. C’est son apogée.

Ceci parce que le service de l’Autel d’Or était accompli de façon solitaire. Tous les autres services du Temple étaient publics. Le Talmud de Jérusalem (Yoma 5:2) déclare que lorsque que le prêtre pénétrait dans le Sanctuaire pour offrir l’encens sur l’Autel d’Or, il était seul avec D.ieu.

Ceci souligne la dimension personnelle et intime de toute l’observance juive. À cause de la chaleur sociale de la vie juive, nous oublions parfois la joie et le sentiment d’accomplissement que le Judaïsme peut nous apporter en tant qu’individus. Chaque mitsva (commandement divin) constitue un lien personnel avec D.ieu.

Que l’on accomplisse une mitsva seul ou avec un groupe de gens, celle-ci comporte toujours une dimension personnelle et intime. L’accent mis sur l’Autel d’Or dans la paracha nous rappelle que par la pratique juive dans notre vie quotidienne, chacun peut pénétrer l’atmosphère parfumée du Sanctuaire et offrir des encens à D.ieu.1

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