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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 11:55







[Dimanche 18/04/2010 22:05]

 

La cérémonie du souvenir, en la mémoire des 22 684 soldats morts au combat et des victimes de la haine s’est ouverte dimanche soir au Kotel avec la sirène qui a marqué la traditionnelle minute de silence.

Les principales personnalités présentes qui ont participé à la cérémonie sont le président de l’Etat, Shimon Pérès, le maire de Jérusalem, Nir Barkat, et le chef d’état-major, Gabi Ashkenazi.

Le président a pris la parole et s’est adressé aux familles des soldats disparus:

« Vous représentez plus de vingt mille foyers qui ont perdu un être cher, dans la tourmente des combats, pendant l’exercice de leurs fonctions. C’est le fils ou la fille qu’on ne reverra plus. C’est le sourire d’une fille, le rire d’un père qui ont été à jamais perdus. Je sais qu’il n’y a aucune consolation… »

Il a poursuivi son discours et s’est penché sur la situation internationale. Faisant allusion à la haggadah, il a déclaré: « On cherche encore dans notre génération à nous détruire. Aujourd’hui, c’est l’Iran qui se tient à la tête de nos ennemis. Ce régime dictatorial veut étendre son hégémonie sur l’ensemble du Moyen-Orient, en le paralysant sous la menace de l’arme destructrice, propageant la haine d’Israël tout en endormant la vigilance de l’Occident.

Nous n’avons pas le droit de dénigrer cette menace. Quant à eux, qu’ils se gardent bien de mépriser nos possibilités. »

Il a parlé des aspirations à la paix: « Nous ne cherchons pas la guerre. Nous sommes un pays qui recherche la paix, mais nous savons, et nous saurons nous défendre.

Notre pays est démocratique, nous avons beaucoup de partis, de disputes intestines, mais nous savons également, en cas d’alerte, nous unir pour revendiquer notre droit à la vie et infliger de cuisantes défaites à ceux qui menacent notre existence. »

Le chef d’état major s’est adressé à son tour aux personnes présentes:

« Je vous comprends. Pendant mes trente-six années de service en tant que combattant et commandant, j’ai perdu les meilleurs de mes amis. Je comprends l’impression de la perte et de la langueur.  »

Il a parlé des deux soldats morts au combat le mois dernier à la bordure de la bande de Gaza.

« Nous sommes obligés de nous unir, de nous respecter les uns les autres. De la sorte, tous ces sacrifices n’auront pas été vains. »

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 10:45

Les israéliens montreront leur solidarité avec les polonais lors de la marche à Auschwitz

Il y a 60 minutes - Juif.org
Les israéliens montreront leur solidarité avec les polonais lors de la marche à Auschwitz - © Juif.org
La marche des vivants a Auschwitz de tiendra comme prévu, tout en montrant leur solidarité avec les victimes de l’accident d’avion qui a coûté la vie au président polonais, selon le directeur de l’initiative.
 
« Lors de l’événement, nous montreront notre tristesse et présenteront nos condoléances pour ce qui est arrivé ici, » a déclaré le directeur de la marche des vivants, Aharon Tamir. « Nous attacherons des rubans noirs à nos drapeaux afin d’honorer la peine des polonais. Le président Kaczynski était un grand ami de la marche, et recevait les délégations. Je l’ai personnellement rencontré à trois reprises. »
 
A ce moment, des milliers d’israéliens sont déjà en Pologne pour le jour de souvenir de la Shoa. Le conseiller du président Shimon Peres, Yoram Dori, qui est aussi à Varsovie avec la délégation israélienne, a déclaré qu’une atmosphère de catastrophe s’est emparée des rues de la capitale.
 
« Des milliers de personnes se rendent sur la place face au palais présidentiel avec des fleurs et des bougies, » a-t-il dit. « La Pologne tente de digérer cette catastrophe majeure. »
 
Dori a aussi déclaré qu’à ce moment, il est difficile de dire si la marche des vivants se tiendra comme prévue.
 
Entre-temps, le ministre des sciences, Daniel Hershkowitz, s’est exprimé à la mémoire des victimes du crash aérien lors d’une cérémonie à Cracovie en mémoire des justes des nations.
 
Le ministre a évoqué « l’amitié spéciale » de l’ancien président pour Israël, et a souligné que Kaczynski était « sans aucun doute un des plus grands amis d’Israël ».
 
« Même si nous ne pouvons pas comparer les heures actuelles à l’époque de la Shoa, nous pouvons parler de lui comme d’un juste, » a déclaré Hershkowitz.
 
Les « justes parmi les nations » sont désignés comme tel par Israël pour avoir risqué leurs vies pour sauver des juifs pendant la Shoa.
 
Les responsables de Jérusalem n’ont pas encore décidé qui représentera Israël lors des funérailles de Kaczynski et attendent actuellement les invitations officielles pour prendre leur décision.
 
Selon les règles du protocole, le président Peres est censé représenter Israël en tant qu’équivalent de Kaczynski. Toutefois, si une invitation était envoyée aux chefs d’états, autant Peres que Netanyahou pourraient assister à la cérémonie.
 
Les funérailles sont attendues à une date problématique pour Peres et Netanyahou, vu que les deux sont tenus d’assister aux cérémonies de souvenir de la Shoa.
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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 20:56
Nissan: la rédemption en fleursNissan ! Le mot lui-même évoque la fraîcheur et le renouveau. Depuis le tout début de l’histoire juive, Nissan a été le synonyme du désir de redéfinition et d’espoir.


Auteur :Tsipporah Heller
pour :lamed
traduction :Claude Krazetski
Adapté par Aschkel


Le Talmud nous enseigne qu’Abraham a observé Pessa’h. Bien entendu, il ne s’agissait pas de commémorer l’Exode qui n’eut lieu que quelques siècles plus tard. Selon le Maharal, la saison de Nissan « lui parlait ». Plus Abraham constatait l’évidence physique de l’amour et de la créativité de D.ieu, plus il se sentait humble. Aussi, pendant Pessa’h, Abraham décidait d’éliminer tout ce qui dans sa vie avait un semblant d’ego boursouflé et bouffi.

Ceci incluait toute nourriture fermentée. C’était le moyen par lequel Abraham s’agrippait à sa reconnaissance de la véritable signification du renouveau et de son origine.

TROUPEAU DE MOUTONS

Homélie 4° dimanche de Pâques: Y a-t-il un berger dans la bergerie? 

Le signe astral de Nissan est le Bélier. Les moutons broutent en troupeau et suivent fidèlement le berger. Suivre n’est pas toujours un défaut de passivité mais peut être quelquefois un choix réfléchi. Le peuple juif décida de suivre D.ieu et non pas son propre ego surgonflé en tant que nation. En Egypte, alors que nous oscillions entre les forces égales de l’assimilation et de l’oppression, nous finîmes par réaliser que de nous fier à des êtres humains éphémères pour notre auto-définition conduisait à un suicide national. Nous choisîmes de suivre D.ieu.

Nous en vînmes également à saisir que la liberté spirituelle à laquelle nous aspirions si fortement ne dépendait d’aucune action politique autonome. Nous avons fini par reconnaître humblement que le seul moyen que nous ayons jamais eu de sortir d’Egypte était dû à la miséricorde divine.

Quelque chose en nous-mêmes s’agita, suffisamment pour nous pousser à suivre D.ieu dans le désert et accepter plus tard Sa Torah. Nous étions comme des agneaux qui découvraient finalement le berger qui en prenait soin. Et ô combien opportun que la libération d’Egypte eût lieu durant le mois du Bélier.

Nissan est désigné dans la Torah par trois noms qui permettent chacun d’en comprendre la signification de manière plus profonde :

1. « le Premier Mois » - Le mois de la rédemption est considéré comme étant même plus grand que Tichri, le mois où l’univers apparut. Le monde fut créé dans le but que, nous les hommes, le dotions justement d’un but, afin de nous corriger nous-mêmes à titre individuel et de corriger le monde dans son ensemble. Nissan est le mois pendant lequel notre peuple émergea, avec cet objectif comme devise nationale.

Na’hamanide, le grand sage et commentateur du 13 ème siècle, va jusqu’à affirmer que lorsqu’on attribue un nombre à chaque mois, c’est une mitsva de compter à partir de Nissan, afin d’avoir une conscience accrue des miracles qui nous ont conduits à notre libération. Il est d’avis qu’il vaut mieux , si possible, se référer au mois grégoriens par leurs noms - janvier, février, etc... Leur assigner des numéros risquerait de nous faire oublier que le numéro un est réservé au mois qui nous a amenés à notre auto-définition nationale.

2. « Aviv » - Ce mot veut dire printemps, la période où les messages physiques et spirituels de renaissance se rencontrent et s’épanouissent.

3. « Nissan » - Bien que techniquement ce nom soit d’origine babylonienne, le mot araméen Nissan s’apparente au mot hébraïque Nitsan, le bourgeon. Dans le Cantique des Cantiques, le poème épique de Salomon dans lequel il décrit l’amour qui nous rattache à D.ieu, la rédemption est désignée symboliquement comme « le temps où l’on voyait les bourgeons dans notre pays, » ce qui signifie que la terre inerte donna naissance à un peuple qui, sans tarder, a fleuri.

JOURS SPECIAUX

Outre Pessa’h, d’autres jours du mois de Nissan ont une grande importance. Le premier jour de Nissan marque l’inauguration du Michkan, le tabernacle transportable qui accompagna le peuple juif durant les quarante ans de pérégrinations dans le désert. Son rôle fut de montrer de manière allégorique comment le macrocosme et le microcosme peuvent tous deux être transformés en un sanctuaire de D.ieu. Chaque récipient, chaque matériel et chaque métal était soigneusement sélectionné afin de symboliser les voies spécifiques par lesquelles les mondes animal, végétal et minéral peuvent être élevés.

Des années plus tard, c’est le premier jour de Nissan que les Juifs de l’exil babylonien entamèrent leur retour vers Israël. Les bourgeons avaient commencé à fleurir.

Chose étonnante, Nissan est la période pendant laquelle les Juifs disent une bénédiction spéciale sur la nouvelle floraison. En voyant des arbres fruitiers en fleur, on récite la bénédiction suivante :

« Soit béni, D.ieu notre Seigneur, Roi du monde qui ne prive le monde de rien qui a créé d’excellentes créatures et des arbres productifs, pour en faire profiter les hommes. »

Le premier jour de Nissan est aussi le moment où la plupart des associations d’entraide lancent la collecte de fonds pour kim’ha depis’ha (littéralement « farine pour Pessa’h »). Aucun Juif ne peut éprouver la liberté de ces jours s’il est seul. Ce fut une nation entière qui fut libérée pendant l’Exode et non pas des individus. Nul n’est libre s’il sait que son frère juif n’a pas ce dont il a besoin.

Jadis, le rabbin de la ville avait l’autorité légale de rendre obligatoire les cotisations. Alors que ce n’est plus le cas, le principe demeure implicitement inchangé : la liberté authentique n’est obtenue qu’en donnant et non pas en prenant.

LE CHABBAT HAGADOL

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Lorsque D.ieu créa le monde, Son intention était que nous décidions de Le reconnaître. Quand nous intériorisons Sa présence en choisissant le bien, en un certain sens nous recevons le plus grand des présents : D.ieu Lui-même. Les kabbalistes expriment cette idée sous la forme suivante : « Un réveil [de la miséricorde divine] d’en-haut doit être précédé par un réveil [ de l’engagement] d’en-bas. » C’est pourquoi, D.ieu ne nous a pas délivrés d’Egypte sans nous donner pour challenge de contracter un engagement envers Lui, afin que nous partagions le processus de la rédemption.

La manière dont D.ieu nous mit au défi, fut d’exiger que chaque famille prenne un mouton, un symbole important dans le panthéon de la croyance païenne qui était l’apanage de l’Egypte ancienne. Chaque famille attacha un mouton aux colonnes d’un lit pendant quatre jours puis l’offrit en sacrifice à D.ieu. Le jour où elles prirent le mouton fut chabbat, le dix de Nissan.

Nous considérons ce jour comme le début de la rédemption car c’est ce jour que nous suivîmes les instructions de D.ieu puis nous abattîmes les moutons au risque même de rendre furieux nos geôliers. Cet acte fut possible grâce à notre confiance en D.ieu.

Lors du Chabbat Hagadol, c’est une tradition bien établie de lire les passages de la Haggadah décrivant les miracles de la délivrance - c’est-à-dire depuis « Nous étions des esclaves » jusqu’à « Tu nous a amenés au Temple pour expier nos péchés. » C’est également une coutume que le rabbin de chaque synagogue prononce ce jour-là un sermon important.

BEDIKAT ‘HAMETS

C‘est la nuit précédant le Seder qu’il faut avoir éliminé de chez soi tout aliment fermenté (« gonflé »). Débarrasser le ‘hamets de nos maisons, c’est un moyen de nous défaire de son équivalent spirituel, l’égocentrisme. Celui-ci est la source de tout mal. D.ieu insuffle dans cette période la force spirituelle de détruire l’étreinte de l’ego sur notre personnalité.

Cette nuit exige quelque peu de se préparer physiquement et spirituellement. Pour certains « le nettoyage de Pâque » débute au moins un mois avant. Ils passent des jours et des jours à éliminer toute trace de nourriture fermentée dans la maison et quelquefois se laissent entraîner à faire le ménage général de printemps et même un peu de remise à neuf ou de peinture. Notons néanmoins que, du point de vue religieux, il n’est pas nécessaire d’en faire tant et que quand il n’est pas possible de faire beaucoup de ménage, il vaut mieux s’en tenir à l’essentiel : s’appliquer à faire la volonté de D.ieu, c’est-à-dire, de se débarrasser des aliments fermentés et de supprimer son ego.

En effet, c’est en se défaisant de son auto-importance et en se donnant le droit d’être simple, qu’on peut plus facilement être spontané et rajeuni. Car plus on laisse entrer dans son cœur la présence et l’amour de D.ieu, plus nos manières pompeuses nous semblent ridicules.

L’acte effectif par lequel on cherche à éliminer le ‘hamets s’appelle bedikat ‘hamets. Le contrôle commence la nuit. On doit vérifier chaque recoin et chaque fissure. Il faut utiliser une lumière directe, c’est-à-dire une bougie ou une lampe de poche. Il est d’usage de dissimuler dix morceaux de pain (ne pas oublier où on les a mis), qui symbolisent les dix Sefirot mystiques dans l’ordre inverse.

Les kabbalistes utilisent les Sefirot pour décrire les manières dont D.ieu nous révèle Sa présence, par exemple en répandant continuellement Sa bonté. Puisque nous vivons dans un monde dans lequel le libre arbitre est indéniable, nous admettons que, s’il est possible d’être bons et nous trouvons cela séduisant, faire le mal nous semblera également comme irrésistible.

A chacune des dix Sefirot correspond sa contrepartie négative. Pâque est une période où toutes les forces du mal peuvent vaincues, tout comme cela l’a été en Egypte il y a plus de 3000 ans.

Le minutage est crucial. Selon ‘Haïm Vital, les treize premiers jours de Nissan sont similaires aux treize premières années de notre vie. Lorsque la treizième année est passée et que la quatorzième est sur le point de commencer, quelque chose de décisif nous arrive. Dans la bataille livrée pour affirmer sa personnalité, le yetser tov (le bon penchant) devient tout aussi énergique que le yetser hara (le mauvais penchant). C’est alors que débute notre aptitude à nous examiner et à faire notre introspection, de la même manière que, quand le 13 Nissan se termine, nous sommes en mesure désormais de chercher, de trouver et finalement de détruire le ‘hamets véritable qui fait tant partie de notre vie.

BITOUL ‘HAMETS

La déclaration suivante marque le point culminant de notre recherche du ‘hamets « Que tout ‘hamets qui se trouve en ma possession, que je n’ai pas vu et que je n’ai pas débarrassé, soit annulé et considéré comme la poussière de la terre. »

Le lendemain, les dix morceaux de pain et tout reste de ‘hamets doivent être détruits.

Une fois assis à la table du Seder, on mange la matsa et on boit le vin afin de revivre l’esclavage et l’Exode. Ce sont les outils qui nous aident à écrire notre propre histoire personnelle de rédemption, s’ajoutant aux millions d’histoires qui font partie de notre histoire non écrite.

Puissions-nous tous mériter de voir les bourgeons de Nissan en fleur dans une pleine et authentique rédemption. Et puissions-nous passer le prochain Seder tous ensemble, dans Jérusalem libre et reconstruite.

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 20:07

Par Rav Meir 'HAZAN
Univers Torah




1. Le mois de Adar  

C'est le dernier des moisde l'année, qui dans les textes bibliques est désigné sous le nom de douzième mois (même dans les années intercalaires, Adar II s'appelle également le douzième mois). 

Ce mois a toujours deux jours de Roch 'Hodèch puisque Chèvate, qui le précède, compte toujours trente jours. Dans une année intercalaire, Adar I a également trente jours. Adar II par contre en a 29. 

Le signe du zodiaque est celui des Poissons. C'est un signe de bénédiction (Mazal Chèl Bérakha). Ya’akov notre ancêtre, en bénissant les fils de Yossèf (Gen. 48, 16) a dit : qu'ils se multiplient et fructifient à l'image des poissons ! 

Rachi commente ce passage: "ils se multiplient sans que le mauvais oeil ait prise sur eux" ! On peut ajouter que la malédiction qui frappa le règne animal lors du Déluge, n'a pas frappé les poissons. 


Ce mois est aussi un mois qui porte bonheur au peuple d'Israël, qui est lui aussi comparé aux poissons. 

De même que ceux-ci ne peuvent vivre que dans l'eau qui est leur élément naturel, de même Israël ne peut subsister que par la Tora qui est comparée à l'eau dans de nombreux passages prophétiques! 

Or le mois d'Adar est doublement bénéfique pour l'acquisition de la Tora. Le 7 de ce mois est né notre Maître Moïse, celui qui nous a transmis la Tora. 

En ce mois d'Adar, à l'époque de Mardochée et d'Esther, Israël a accepté de plein gré ce qu'ils avaient déjà reçu au Sinaï (Kièmou ma Chékibélou).


2. Adar: le mois de la joie  

Alors que l'entrée du moisd'Av est marquée par la suppression de toute manifestation de joie (Michna Ta'anite IV, 6), celle du mois d'Adar doit être marquée par la multiplication de celles-ci. 

Ainsi que nos Sages l'ont souligné maintes fois dans le Talmud (Ta'anite 29 a), il y a des mois qui portent chance aux juifs, et parmi eux, en tête, le mois d'Adar. Et ce ne sont pas seulement les deux jours de Pourim, c'est le mois tout entier qui est désigné dans le livre d'Esther comme période de joie : « ..le mois où leur tristesse s'étant changée en joie et leur deuil en fête... en faire des jours de festin et de joie... » 


Aucun ennemi ne peut se mesurer avec nous sauf si nous relâchons l'étude de la Tora, ce qui arriva malheureusement bien souvent au cours de notre histoire ! Mais dès qu'Israël se ressaisit, il devient invincible.



On rapporte dans la Guémara Bérakhote 61b, l'histoire de Rabbi ‘Akiba et de Papus fils de Yéhouda. Après la révolte de Bar Kokhba, les Romains interdirent sous peine de mort d'enseigner le Tora. Or Papus Bèn Yéhouda vint trouver Rabbi ‘Akiba qui, malgré l'interdiction enseignait la Tora en public. Il lui demanda s'il n'avait pas peur d'être arrêté et exécuté par l'ennemi impitoyable. 

Le Rabbi lui répondit par une parabole : un renard se promenant sur la berge d'une rivière interpella les poissons qui se déplaçaient sans cesse dans l'eau : "pourquoi fuyez-vous ainsi", leur dit-il. Ils lui répondirent : "pour échapper aux filets que nous tendent les hommes" ! 

Pourquoi leur dit-il, ne venez-vous pas vous mettre à l'abri sur la terre sèche ? Comment, lui dirent-ils, toi qu'on appelle le plus intelligent des animaux... Tu n'es qu'un sot ! Si déjà dans l'eau, notre milieu naturel, nous nous sentons menacés, combien plus serions-nous en danger en dehors de l'eau; nous y mourrions tout simplement ! ». 

Nous aussi, poursuivit Rabbi ‘Akiba, « maintenant que nous sommes assis à étudier la Tora, qui est notre raison de vivre, l'ennemi nous menace. Combien plus serions-nous en danger si nous l'abandonnions ! »

Oui, elle est grande, la force du peuple d'Israël il la puise dans les eaux de la Tora !



3. Le sept Adar....  

Selon une parole parole bien connue de nos Sages (Roch Hachana 11a), le Saint béni soit-Il veille à ce que les Tsadikim achèvent leurs années selon le verset de la Tora (Ex. 23, 26) : « je comblerai la mesure de tes jours » ! 

Car le dernier jour de sa vie, Moïse en prenant congé de son peuple, lui dit : « je suis aujourd'hui âgé de 120 ans » ! Cent vingt ans exactement se sont écoulés depuis le jour de ma naissance. Ce jour est observé comme jeûne volontaire par les 'Hassidim et les gens d'action

Ce double anniversaire doit apprendre à chaque juif deux choses essentielles l'espoir inébranlable en l'arrivée du Libérateur, mais aussi la crainte, l'appréhension du jugement dernier !


4. Espoir en l'arrivée de la Guéoula  

Peu de temps avant la naissance de Moïse, Pharaon avait ordonné de faire jeter dans le Nil tout enfant mâle qui naîtrait chez les juifs. Et chaque femme enceinte tremblait qu'on vienne lui arracher son enfant, à peine né. Nos ancêtres de plus en plus désespéraient de ne voir jamais la fin de leurs souffrances ! 

Amram, père de Myriam et d'Aron, prit donc la résolution de répudier sa femme, et cet exemple devait inciter d'autres à l'imiter ! 

Alors, l'esprit prophétique s'empara de sa fille Myriam, âgée de 5 ans, qui dit à ses parents : le sauveur d'Israël doit naître de votre union ! 

Impressionnés par ces paroles, Amram et Yokhébèt reprirent la vie commune. Moïse devait naître dans l'année qui suivit ! Et l'exemple des parents de Moïse rétablit la confiance dans les foyers juifs, et la certitude que le Sauveur arriverait (Rachi Ex. 2. 1). 


Le Rabbinat français a proclamé cette journée Yom Halimoud (Journée nationale de l'Étude), au cours de laquelle des cérémonies marquent par des Siyoumim ou assemblées de fin d'études, la conclusion en commun de la Tora Ché Bé'alpé (Tradition orale) dont Moché fut le premier maître.



5. Appréhension du jugement dernier  

Notre Maître Moïse, père de tous les prophètes, celui qui a délivré son peuple en accomplissant tous les signes et les miracles en Égypte, qui a divisé les flots de la Mer rouge, qui a reçu la Tora au Sinaï celui avec qui le Seigneur a communiqué face à face. 

Celui qui a enseigné la Tora à Israël, qui a assuré la subsistance de ce peuple pendant 40 ans dans le désert ; qui a mené le combat contre Si'hon et Og, devra cependant mourir avant l'entrée dans la Terre promise pour avoir commis une faute légère aux eaux de Mériba au lieu de faire éclater la Sainteté de l'Éternel devant tout le peuple rassemblé.

Nous apprenons par cet exemple combien l'homme doit se garder de toute faute, même involontaire !



6. Minhag lié au 7 Adar  

Dans de nombreusesCommunautés en Israël, le 7 Adar a été choisi par la 'Hévra Kadicha (Confrérie qui dans chaque Communauté a pour mission de s'occuper des derniers devoirs à l'égard des morts, de visiter les malades, etc.) pour son Assemblée générale annuelle. On organise un banquet, on désigne le nouveau comité, bref c'est la fête annuelle de cette association, dont tout le monde connaît le rôle exceptionnel dans la vie de la Communauté. 

Pourquoi cette date a-t-elle été choisie ? C'est peut-être tout simplement parce que ce 7 Adar ne tombe jamais un Chabbate ! 

En rapport avec cet anniversaire, rappelons une parole de nos Sages. Combien est grave une malédiction prononcée par un 'Hakham (un Maître érudit) ; nous l'apprenons par l'exemple de Moché Rabbénou. 

En effet, ,lorsque Moché implora sur un ton pathétique le pardon pour son peuple après la faute du veau d'or, il dit à l'Éternel (Ex. 32, 22) «et maintenant, si tu pardonnais leur faute... ! Sinon, efface-moi de Ton livre que Tu as écrit !». 

Or bien que l'Éterneldevait pardonner la faute de son peuple (puisqu'il devait permettre la construction du Sanctuaire), le nom de Moché devait rester absent au moins de l'une des sections de la Tora, celle de Tétsavé c'est donc que la malédiction prononcée par Moché contre lui-même, encore qu'elle fût liée à une condition, est restée valable malgré tout ! 

Or, la section de Tétsavé nous la lisons presque chaque année dans la semaine du 7 Adar, jour anniversaire du décès de notre Maître Moché !
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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 19:49
Le signe zodiacal des poissons
Le signe des Poissons se fait l'écho des événements du mois d'Adar.


Auteur : Lamed 
pour le magazine conversations avec les jeunes
Pour : lamed. 
Adapté par Aschkel


Le Créateur a formé d'innombrables étoiles et planètes qu'Il réunit et rangea dans un certain ordre, comme nous le disons dans la prière : " Il ordonne les étoiles au firmament selon Sa volonté. " Les corps célestes s'en tiennent strictement à l'ordonnance qui leur a été imposée et arrivent ainsi à former entre eux dans le ciel des tracés et parfois des figures qui rappellent des créatures terrestres.

L'Astronomie (science des étoiles) moderne a dénombré quatre-vingt-huit groupes d'étoiles appelés constellations. A chacune fut donné le nom d'une créature ou d'un instrument, etc.

Les plus célèbres d'entre elles sont les douze signes zodiacaux de l'année. Ils sont connus depuis les temps les plus reculés. Au cours de l'année, le soleil les traverse successivement, passant un mois avec chacun d'eux.

On dit qu'un Mazal (signe zodiacal) spécial domine chaque mois de l'année ; c'est, en effet, la constellation qui est traversée ce mois-là. Le Créateur envoie Ses bénédictions par l'intermédiaire du signe zodiacal du mois. C'est ainsi que le mot " Mazal " est devenu synonyme de bénédiction. On dit fréquemment : " Que ce soit une heure de Mazal " ou : " Bon Mazal ! " (Mazal Tov !)

Nos Sages disent, toutefois, qu'il n'y a pas de signe zodiacal réservé à Israël, parce que les juifs se situent au-dessus du Mazal et bénéficient, grâce à leur observance de la Torah et des Commandements directement de la protection et des bénéfiques décisions du Tout-Puissant.

 

LA SIGNIFICATION DES SIGNES

 

Les signes du Zodiaque les plus remarquables sont les suivants : le Bélier pour Nissan ; le Taureau pour Iyar; les gémeaux pour Sivan ; la Balance pour Tichri ; les Poissons pour Adar ; et ainsi de suite.

Il se dégage de ces signes zodiacaux mensuels une profonde signification qui présente des liens certains avec la vie juive. Le rapport est évident entre le Bélier et Nissan, puisque ce mois de Pessa'h se place sous le signe de l'agneau pascal, sacrifice propre à la Pâque, et sous celui de la naissance du peuple juif, qui est comparé à l'agneau.

Ce que les Balances peuvent avoir de commun avec Tichri, s'avère très vite, dès que l'on songe à Roch-Hachanah et à la période du jugement divin qu'elle inaugure. N'est-ce pas alors que le Créateur pèse les oeuvres humaines sur les Balances de la justice ?

Voyons Adar maintenant, et ses Poissons. Quels furent les principaux événements de ce mois ? Moïse naquit en Adar. Une prodigieuse délivrance, celle de Pourim, se produisit en Adar.

Moïse reçut pour nous la Torah du ciel. La Torah est comparée à l'eau, sans laquelle toute vie est impossible. Les juifs sont comparés aux poissons qui ne peuvent vivre hors de l'eau. De même qu'un poisson retiré de l'eau s'agite quelques instants et se meurt, un juif retiré de la Torah et des Mitzvoth (commandements) s'agite vainement et meurt.


AU TEMPS D'ASSUERUS

 

Or, c'est justement ce qui se produisit aux temps d'Assuérus, où de nombreux juifs firent une tentative pour se détacher de la Torah. Assuérus, en effet, avait offert un banquet à quiconque désirait y prendre part, et il y eut beaucoup de juifs qui ne purent se tenir éloignés de ce repas impur. Une dangereuse tendance se manifesta aux fins d'assimilation aux peuples ambiants et à leurs mœurs.

Que fit Dieu ? Il dépêcha Haman le pervers, qui décréta l'anéantissement de tous les juifs. Où un homme peut il puiser tant de pouvoir sur les juifs ? Dans le simple fait qu'un poisson, fût-il des plus vigoureux, perd toute force dès lors qu'il se trouve hors de son élément. II n'a plus la force de se mouvoir ni de se défendre. II est comme une chose morte. Des juifs qui se détachent de la Torah sont comme des poissons que l'on retire de l'eau.

Sur ce, Mardochée et Esther survinrent et entreprirent de ramener les poissons vers leur élément. Ils rassemblèrent les enfants juifs, créèrent des écoles et des universités consacrées à l'étude de la Torah. Ils organisèrent un grand mouvement pour la restauration de la Foi et le retour à la Torah, aux sources vives des forces de notre peuple. Or, un poisson, ne dût-il présenter encore que de très faibles manifestations de vitalité, il suffit de le rejeter à l'eau pour qu'il se ranime bien vite. L'eau le recouvre aussi et le protège.

 

COMME LES POISSONS HORS DE L'EAU

 

Il est arrivé fréquemment, au cours de l'Histoire juive, que des juifs tentassent de sauter hors de l'eau. C'étaient des poissons bien stupides qu'étranglait l'envie de vivre comme les bêtes de la terre ferme. Ils se disaient qu'il y avait là aussi des créatures vivantes, heureuses de déambuler librement à travers bois et champs, et qu'après tout ,eux, les poissons, pourraient bien en faire autant.

Mal leur en prit, chaque fois. Ces poissons stupides ne pouvaient pas se rendre compte décidément que le Créateur les avait prédisposés à vivre dans cet élément-là et non pas sur la terre ferme ; qu'ils n'avaient rien de commun avec les créatures qui s'agitaient sur les continents, qu'il y avait là un monde différent, étranger pour eux, mortel pour eux. Ce n'était pas leur monde.

Il arrive non moins fréquemment que les nations - les habitants de la terre ferme - tiennent à nous faire sortir de l'eau. Ils s'y emploient par toutes sortes de procédés, parfois par l'appât, parfois par le harpon, - parfois par la douceur, parfois par la force.

 

LE RENARD QUI GUETTE

 

C'est ce qui arriva au temps de Rabbi Akiba, où les Romains décrétèrent l'interdiction pour les juifs d'étudier la Torah. Rabbi Akiba n'en continua pas moins à réunir autour de lui de grandes assemblées de disciples afin de les instruire. Un certain Pappos ben Juda, qui avait déjà sauté hors de l'eau, le surprit à agir de la sorte et lui dit : " Akiba ! Ne crains-tu donc pas la mort ? "

- Je vais te raconter une histoire, lui répondit Rabbi Akiba. Un renard qui se promenait le long d'une rivière vit les petits poissons qui nageaient çà et là. II leur dit : " Pourquoi donc, chers amis, êtes-vous si terrorisés ?
- Nous craignons les filets par lesquels on nous piège, répliquèrent les poissons. 
- Sortez donc de l'eau, poursuivit le renard, et venez donc me rejoindre sur la terre ferme ! Nous y demeurerons en fort bonne entente ensemble ! C'est ainsi que vos ancêtres ont vécu d'antan en compagnie des miens. 
- Et tu serais la bête la plus sage de la terre, comme on le dit, s'étonnèrent les poissons. Tu n'es qu'un sot ou un hypocrite ! Vois donc : Ici, dans notre élément, nous sommes bouleversés de frayeur à cause des filets que l'on tend pour nous prendre ! Et nous irions de nous-mêmes sur cette terre ferme qui est notre mort certaine ? "

" II en est ainsi de nous, conclut Rabbi Akiba. La Torah est notre élément et nous sommes les petits poissons qui y vivent. Les peuples qui veulent nous retirer de l'eau ressemblent au renard de cette histoire. Cela peut-il avoir un sens pour un poisson que de sauter sur la terre ferme à seule fin d'échapper aux filets qui veulent, justement, l'y emporter de force? Non, Pappos ! C'est dans l'Océan de la Torah seul que nous sommes sûrs de survivre. "

Voilà justement ce que le signe zodiacal des Poissons nous enseigne au mois d'Adar.

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 04:03



Le mois de Chevat : Sous le signe du Verseau

 

La signification spirituelle du mois de Chevat

Auteur : Tsipporah Heller
pour : lamed
Traducteur : Monique SIAC
Adapté par : Aschkel




Le symbole astrologique (mazal) du mois de Chevat, le cinquième mois de l’année juive, est le seau, qui correspond au signe du Verseau. Un seau n’est qu’un récipient ordinaire, destiné à contenir de l’eau, mais l’eau, dans le judaïsme, est dotée d’une très forte connotation spirituelle. C’est, avec la terre, l’air et le feu, l’un des « quatre éléments ». Examinons-les chacun à leur tour.

Le feu : la flamme tend naturellement à s’élever. Son action peut être soit créatrice, soit destructrice. De même, la passion, créée pour nous inciter à nous élever et à nous rapprocher de notre Source initiale, peut, en cas de déviation, transformer cette aspiration positive en fureur qui consume et détruit tout sur son passage.

La terre : Elle est stable par nature. Sa résilience et sa permanence sont la source spirituelle de l’humilité et de la tolérance, qui peuvent, en cas de mauvais usage, donner lieu à de la passivité, ou, pire encore à du désespoir.

L’air : Il est constamment en mouvement. Il nous fournit l’oxygène, indispensable à la vie. Nous avons tendance à associer vie et mouvement. Il symbolise, sous sa forme la plus accomplie la tension interne qui nous permet de dépasser le stade léthargique de l’auto-satisfaction. Sa force utilisée de manière négative conduit à une agitation perpétuelle qui fait que nous ne nous soucions jamais de rien ni de personne

L’eau : Elle aussi permet la vie. En hébreu, le mot qui signifie la matérialité est « gashmi », qui signifie littéralement « pluvieux ». L’eau s’écoule naturellement vers le bas. En raison de ces deux facteurs, la Torah est considérée comme le complément spirituel de l’eau. Elle nous donne la vie au sens le plus fondamental. C’est à partir de ses enseignements que les concepts moraux essentiels (l’intégrité, le dépassement de soi, la justice) sont devenus la base du lexique moral universellement admis.

La mission du peuple juif est d’agir comme un récipient permettant à la spiritualité de « l’eau » de se déverser

De par sa nature fluide, l’eau est insaisissable à moins que nous n’ayons le moyen de la transporter là où elle est nécessaire. Nous disposons, de nos jours, de réservoirs, de tuyauteries et de réseaux d’irrigation sophistiqués. Si nous oublions un instant toute cette technologie à laquelle nous sommes maintenant habitués, nous voyons que le récipient le plus élémentaire permettant de transporter l’eau est le seau.

La mission du peuple juif est d’agir comme un récipient permettant à la spiritualité de « l’eau » de se déverser, rendant ainsi les enseignements de la Torah accessibles au monde entier, grâce à l’exemple et à l’étude. Pour cela, il faut nous emplir constamment de la force vitale de la Torah et l’exprimer dans les actes de notre vie quotidienne.

 

L’HISTOIRE DU MOIS DE CHEVAT

 

Le 1er Chevat est le jour où Moïse a commencé à commenter la Torah qu’il avait transmise aux Hébreux dans le désert. Moïse était un « récipient » vivant d’où s’écoulait en permanence une sagesse qui est en nous pour l’éternité.

Nous sommes bien le seul peuple au monde dont les héros sont des maîtres, plutôt que des conquérants ou des chefs de guerre. Depuis Moïse et rabbi Akiva, qui, au risque de sa vie, enseignait ouvertement la Torah pendant l’occupation romaine, jusqu’à nos maîtres actuels qui étudient encore dix-huit heures par jour alors qu’ils ont largement dépassé les quatre-vingts ans, nous avons toujours idéalisé ceux qui donnent suffisamment de prix aux « eaux » de la Torah pour consacrer une part importante de leur vie à remplir la fonction de « récipient » humain.

Tous ne sont pas célèbres. Ainsi, ma voisine est, à sa manière, une héroïne dans ce récit ininterrompu qu’est l’histoire de notre peuple. Leah Horowitz, aujourd’hui âgée de 80 ans, était arrivée aux Etats-Unis juste après la première Guerre Mondiale. Elle termina sa scolarité à l’école publique en ayant acquis une certaine fierté de son identité juive, assez inattendue à une époque où la plupart des Juifs américains faisaient tout pour être considérés d’abord Américains, et accessoirement Juifs. Elle se maria et s’installa avec son mari à Canarsie, au sud de Brooklyn. Ils respectaient la cacherout et observaient scrupuleusement le Chabbath. Mais ce n’était pas suffisant. Son « récipient » était vide, et elle le savait.

Sa vie prit un tour nouveau le jour où son mari, Zelig, rentra à la maison en lui disant qu’on avait commencé une collecte dans leur synagogue, à la suite de la visite d’un rabbin qui estimait que le moment était venu de construire une yeshiva à Brooklyn 
(à l’époque, les seules écoles juives à temps plein se trouvaient à Manhattan). Il était aussi important pour les enfants d’étudier la Torah que de manger ou de se vêtir. Le jeune couple tint conseil dans leur minuscule cuisine. Ils calculèrent combien ils pouvaient prélever sur les 40 dollars mensuels que gagnait Zelig sans se ruiner, et parvinrent à la conclusion qu’ils ne pouvaient donner que 5 dollars.

Elle vit l’expression de son mari lorsqu’il introduisit l’unique billet dans l’enveloppe qu’il remettrait à l’envoyé de la yeshiva lorsqu’il repasserait le mois prochain. Son visage était défait. Elle ne l’avait jamais vu ainsi, même lorsque des voisins leur avaient annoncé qu’ils déménageaient pour aller vivre plus confortablement en dehors de New-York, ou que des amis leur avaient dit qu’ils avaient trouvé un travail mieux payé, mais où ils seraient obligés de travailler le samedi.

« J’ai une idée » s’exclama soudain Léah. « Attends. Tu vas pouvoir faire un don digne de ce nom ».

Elle se mit au travail. Elle rédigea à la main des affichettes qu’elle accrocha dans tous les lieux où des femmes juives avaient l’habitude de se réunir. On pouvait y lire : « Soirée Mélavé Malka. Animation musicale. Buffet à volonté. Venez passer un bon moment », suivi de son nom et de son adresse. Leah emprunta des chaises pliantes à des voisines non-juives. Ses belles-sœurs préparèrent leurs plats favoris et son amie Blanche chanta accompagnée par le piano mécanique du salon.

La soirée rapporta 50 dollars. Deux jours plus tard, Zelig apporta l’argent au représentant de la yeshiva. Ce fut un moment très important pour les deux hommes.

Pour Zelig, c’était la preuve tangible qu’il pouvait apporter sa contribution à un grand projet. Quant au rabbin, c’était pour lui le début de la réalisation d’un rêve et de l’affirmation que la Torah continuerait à vivre dans le Nouveau Monde.

Le rabbin dit à Zelig : « Cet argent sera consacré à payer le premier salaire du directeur de notre yeshiva. Nous avons en vue un jeune homme très prometteur : le rabbin Haïm Pinchas Scheinberg. »

Au cours des cinquante années suivantes, le rabbin Scheinberg devait se révéler être l’un des grands érudits, décisionnaires et leaders spirituels de sa génération.





TOU BI-CHEVAT

 

Le 15 du mois de Chevat (Tou Bi-Chevat) est appelé dans la Mishna le nouvel an des arbres. On ne lui accorde pas le statut de fête, mais les Juifs ont coutume de le fêter. Nos coutumes ont une origine très particulière : elles trouvent leur source dans l’âme juive.

Comment célèbre-t-on Tou Bi-Chevat, et qu’apprenons-nous de cette célébration en tant que peuple ? La tradition veut qu’en ce jour nous consommions des fruits. De préférence, les sept espèces qui font la richesse de la terre d’Israël : le blé, l’orge, la figue, la grenade, le raisin, l’olive et la datte. On peut ajouter autant de fruits que l’on veut (y compris des fruits secs) jusqu’à arriver à un total de quinze en tout.

Au 16ème siècle, le grand cabbaliste Isaac Louria (le Ari’zal) et ses disciples avaient créé un court « seder » qui mettait en lumière le sens profond de cette journée. Pour entrevoir comment la Cabbale envisage Tou Bi-Chevat, nous devons examiner trois de ses composants : l’arbre, le fruit, et le sens à donner à ce jour du mois qui va marquer un « nouvel an ».

« L’arbre du champ, c’est l’homme même » nous dit la Torah en nous donnant l’ordre d’épargner les arbres fruitiers lors du siège d’une ville (Deutéronome ch20, v19). En quoi l’être humain est-il comparable à un arbre ? Comme pour l’arbre, ce sont nos racines qui nous maintiennent en vie. Lorsqu’un homme se coupe de ses racines, c’est-à-dire, pour un Juif, de la Torah et de ses commandements, il y a inévitablement des conséquences. Il ne saura plus, quoi qu’il fasse, comment se relier à notre Source. Chaque mitzva que nous accomplissons réveille l’aspiration à la vie spirituelle qui sommeille toujours en nous.

La Mishna nous dit qu’en ce jour la sève recommence à monter. C’est un jour de renaissance et d’espoir.

Alors que deux des sept espèces (le blé et l’orge) fournissent la base de notre alimentation, les fruits, eux, ne nous ont été donnés que pour notre plaisir. Le blé et l’orge, qui sont des aliments de base, sont comparés à la loi juive, la « hala’ha », qui, en hébreu signifie « la manière de marcher ». Les êtres humains ont un sens de la destinée, et les directives de la loi juive nous disent quelles sont les voies qui ne nous amèneront pas où nous voulons aller, et quelles sont celles qui nous permettront d’y accéder.

Le message transmis par les fruits, qui ne sont pas des aliments de base, mais qui agrémentent nos vies par leur variété, leur goût, leur parfum et leurs couleurs, est que la joie fait partie du voyage. Aller de l’avant, s’éloigner des habitudes routinières et des automatismes nous procure un grand plaisir. Lorsque nous répondons aux milliers de sollicitations auxquelles nous sommes confrontés quotidiennement en interrogeant notre conscience et en faisant toujours le choix de la vie au sens le plus haut du terme, nous nous rendons compte que nous découvrons de nouvelles « saveurs » à nos actions. Lorsque nous servons Dieu avec cette qualité de joie et de conscience, nous « mangeons » en quelque sorte, les fruits qu’Il a plantés pour nous.

Tou Bi-Chevat se place au milieu du mois, lorsque la lune est pleine. C’est le symbole de la plénitude et de l’unité entre Dieu, le dispensateur de toute chose, et la terre en tant que réceptacle.

Puisse Tou Bi-Chevat être un jour d’émerveillement et de renouveau pour nous tous. Puissions-nous nous emplir jusqu’à saturation de son pouvoir, de telle sorte que nous puissions également abreuver ceux qui cheminent à nos côtés.

 

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 06:25

A Lire ou relire....

Rappel  : Aujourd'hui le 8 TEVET 










Lundi 21 décembre 2009

ANTIQUITES JUDAÏQUES Flavius Josèphe texte numérisé et mis en page par François-Dominique FOURNIER http://remacle.org/  le texte grec a été vérifié et remis en UNICODE (F.-D. F) Traduction de Julien Weill  Sous la direction de Théodore  Reinach Membre de l’Institut  1900 Ernest Leroux, éditeur - Paris 1. Ptolémée Philadelphe, sur le conseil de […]
Par Aschkel - Publié dans : HISTOIRE DU PEUPLE JUIF - Communauté : J.A.G - HISTOIRE et JUDAISME 
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Lundi 21 décembre 2009

 Par Aschkel   A peine sortis de 'Hanoucca, période à laquelle donc les Maccabim montrèrent un héroisme incroyable face à l'héllénisme et qui donna lieu au miracle de 'Hanoucca, Héllénisme n'ayant que pour seul but de vaincre intellectuellement et spirituellement les juifs, nous voilà plongés dans le mois de Tévet, au IIIème siècle avant l'ère […]

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 20:26

http://www.universtorah.com/ns2_dossier-504-le-mois-de-tevete.htm





1. Mois d'épreuves et de peines  


      Le nom de ce mois, le dixième de l'année en comptant à partir du mois de Nissane, est mentionné dans le livre d'Esther, chapitre 2, 16 : " Esther fut conduite au Roi A'hachevéroch dans son palais royal, le dixième mois qui est le mois de Tévète... ". 

      Il existe donc deux jours de Roch 'Hodèch, puisque on l'a vu précédemment, le mois de Kislèv peut contenir 29 ou 30 jours. 

      La tradition nous apprend que trois événements tristes se sont produits en Tévète, et en conséquence trois jeûnes y ont été fixés : le 8, le 9 et le 10 du mois. 

      Les deux premiers, appelés jeûnes des Tsadikim, ne sont observés que par des volontaires, le 10 étant un jeûne public (Ta'anite Tsibour). 

 
Ptolémée II
      Le 8 Tévète est le jour funeste (à certains égards tout au moins) où la Tora fut traduite en grec, sur ordre de Ptolémée II (Philadelphos) roi d'Égypte, dont dépendait la province de Judée à cette époque (3e siècle avant l'ère chrétienne). 

      Ce jour-là, est-il dit dans Méguilate Ta'anite, fut aussi funeste pour Israël que celui où fut fabriqué le veau d'or. 

      Effectivement, les Juifs d'Égypte se réjouirent beaucoup de la facilité qui leur fut donnée ainsi de lire la Tora en traduction grecque; mais ils finirent par oublier leur attachement à la croyance de leurs ancêtres, et s'hellénisèrent rapidement! 

      Il faut rappeler que le 9 Tévète est le jour anniversaire de la mort de 'Ezra et de Né'hémia, selon la même tradition (Méguilate Ta'anite). 

 
Cyrus rendant les Ustensiles du 1er Temple
      Enfin, le 10 Tévète a été institué par les prophètes comme jeûne public parce que ce jour-là, Nabuchodonosor, Roi de Babylone, commença à investir Jérusalem, qui fut prise d'assaut un an et demi plus tard. 

      Une autre épreuve a frappé le peuple d'Israël au cours de ce mois, qui selon la tradition, tombe le 1 er Tévète et dans lequel le Roi de Babylone emmena en captivité le Roi Yéhoyakhine (avant-dernier roi de Juda). 

      Avec lui, l'élite du peuple c'est à dire dix mille personnes en tout (parmi eux, Mordékhaï comme nous lisons dans le chapitre II du Livre d'Esther)furent éxilés. 

      C'est le 23 Tévète qu'eut lieu en l'an 5258, l'expulsion des Juifs du Portugal, quelques années seulement après celle des Juifs d'Espagne (9 Av 5252). Une minorité d'entre eux accepta le baptême pour la forme et continua à pratiquer en secret les lois de la Tora.


2. Le jeune du 10 Tévète  


 
Retour en Babylonie des armées 
victorieuses de Nabuchodonosor
      Durant 850 ans, le peuple d'Israël a habité le pays de Cana'ane depuis le jour où ils y étaient entrés sous les ordres de Yéhochoua'. Plus de 20 générations s'y sont succédées jusqu'à l'époque où Nabuchodonosor, roi de Babylone, conquit le pays et emmena captifs les habitants, en Mésopotamie. 

      Sur ces huit siècles et demi, 440 années se sont écoulées jusqu'à la construction du Temple de Salomon, et 410 années jusqu'à sa destruction par les Chaldéens. L'Éternel avait promis à Abraham " tout le pays que tu aperçois, je te le donne, et ta descendance, à perpétuité ! " (Gen. 13, 15).

      Mais cette promesse était assortie d'une condition (Lev. 20, 22) : " observez toutes Mes lois et tous Mes statuts, et les exécutez, afin qu'il ne vous rejette point, ce pays où Je vous mène pour vous y établir" ! 

      De même " craignez que cette terre ne vous vomisse si vous la souillez, comme elle a vomi le peuple qui l'habitait avant vous" (Lévitique 18, 28) ! Rachi remarque à ce propos : " on peut comparer cela à un fils du Roi à qui l'on fait manger une chose répugnante : elle ne se conserve pas dans ses intestins, ceux-ci la rejettent! " ainsi le Saint béni soit-Il ne garde pas ceux qui transgressent Sa loi! 



Nabuchodonosor tuant les enfants 
du Roi Sédécias à ses yeux
      On sait que sur les 20 générations qui ont séjourné en Erèts Israël avant que la terre les rejette, nombreuses étaient celles qui n'ont pas observé l'alliance, qui ont souillé le pays en y pratiquant l'idolâtrie, adorant le Baal, l'Astarté et les dieux de tous les peuples ... ". 

      De même, tous les chefs des prêtres et le peuple multiplièrent leurs félonies, en se livrant à toutes les abominations des peuples, et souillèrent la Maison de l'Éternel, sanctifiée par Lui à Jérusalem. Ils raillaient les messagers de Dieu, dédaignaient ses paroles et tournaient en dérision ses prophètes, jusqu'à ce que le courroux du Seigneur s'accrut contre son peuple, de façon irrémédiable " (II Chroniques 36). 

      Alors, dans la neuvième année du règne de Sédécias, le dixième mois, le dixième jour de ce mois, Nabuchodonosor Roi de Babylone, marcha avec toute son armée contre Jérusalem. Il campa sous ses murs, et on éleva des retranchements tout autour. La ville subit le siège jusqu'à la onzième année du règne de Sédécias ... Le neuf du quatrième mois, la ville fut ouverte par une brèche " (II Rois, 25, 1-3). " Le dixième jour du cinquième mois ... Nébouzaradan chef des gardes, entra dans Jérusalem, il mit le feu au Temple du Seigneur ... " (Jérémie 52, 12-13). 

      Ainsi, le commencement du châtiment, eut lieu le 10 Tévète, jour funeste où Jérusalem fut investie par Nabuchodonosor ! C'est la raison pour laquelle le jeûne de Tévète a été fixé.


3. But du jeûne : réparer ses fautes  


      Le 10 Tévète - comme toutes les dates fixes d'abstinence où la Communauté entière jeûne en mémoire des malheurs qui nous ont accablés à ces dates - a été institué afin de réveiller nos cœurs au retour vers Dieu et de frayer la voie à la pénitence. 

      Ce jeûne doit nous rappeler notre mauvaise conduite et celle de nos pères, conduite semblable à la nôtre, qui a amené aux uns et aux autres les épreuves dont nous souffrons encore aujourd'hui. Ce souvenir nous incitera à faire Téchouva, ainsi qu'il est dit (Lev. 26, 40) : " …ils confesseront leurs péchés et les péchés de leurs frères " (Extrait de Rambam Hilkhote Téchouva, chap. 5). 

      En effet, nos Sages ont dit (Yérouchalmi Yoma chap. 1) : " toute génération qui ne voit pas le Temple reconstruit est fautive comme si elle en avait causé la destruction. Ainsi, chaque génération peut, en revenant vers Dieu de tout son cœur, hâter par sa Téchouva agissante qui ne se contente pas de verbalisme -, la venue du Libérateur et le rassemblement de tous nos frères dispersés. Tant que la Guéoula tarde à venir, c'est le signe que nous n'avons pas encore vraiment fait pénitence et nous sommes en quelque sorte responsable de ce que le Temple reste en ruines ! 


 
Reconstruction à l'époque de 'Ezra
      Mais en aucun cas, nous ne devons renoncer à l'espoir de le voir bientôt reconstruit car Dieu n'a pas " répudié Son peuple par un acte de divorce " (selon Isaïe 50, 1). Il n'a pas décrété un bannissement perpétuel à son égard, ni un abandon définitif de son pays et de son Sanctuaire ! 

      L'éxil la ruine, les souffrances ne sont que des manifestations passagères de son courroux (Is. 54, 7) ! Chaque jour qui se lève peut être le jour de notre Libération, si nous le voulons ! 

      Le verset du Lévitique (18, 28) cité plus haut " que cette terre ne vous vomisse pas, si vous la souillez, comme elle a vomi le peuple qui l'habitait avant vous " n'est pas seulement une mise en garde. Il peut être compris comme une promesse. 

      Il n'arrivera jamais, même si vous la souillez, que cette terre vous vomisse comme elle a vomi le peuple qui l'habitait avant vous : les Cananéens ne devaient jamais y revenir, pas plus que la vomissure ne revient dans l'organisme qui l'a rejetée ! Mais vous, enfants d'Israël, vous n'en serez· chassés que temporairement! Faites Téchouva, revenez vers Dieu de tout votre cœur, et vous serez assurés de reprendre possession de cette terre, bénie pour toujours ! 

 
Le prophète Yona à Ninive
      Aussi en ce jour de souvenir des malheurs qui ont frappé notre peuple, chacun de nous doit réfléchir aux fautes qu'il a pu commettre et faire pénitence. 

      Car l'essentiel du Ta'anite, ce sont les actes ; n'est-il pas dit au sujet des habitants de Ninive : " Dieu vit leurs actes, il vit leurs efforts pour réparer les torts qu'ils avaient faits à autrui " ? Le jeûne, la mortification ne sont que des moyens pour arriver à ce résultat ! 

      C'est pourquoi, dit le 'Hayé Adam chapitre 133, ceux qui jeûnent mais ne s'occupent ce jour là que de choses futiles, ont bien saisi l'accessoire mais ils ont négligé l'essentiel ! 

      Pourtant la Téchouva seule ne suffit pas non plus : c'est une Mitsva imposée par les prophètes de jeûner avec la Communauté en ce jour de Ta'anite Tsibour ! 
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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 18:25


Où es-tu ?
La clé de la libération du 19 Kislev


Le 19 Kislev célèbre la libération de Rabbi Chnéour Zalman, le Baal HaTanya, maître fondateur du ‘hassidisme ‘Habad, des prisons tsaristes dans lesquelles il était retenu prisonnier suite à une dénonciation calomnieuse. Les chefs d’accusation était graves et sa libération, au-delà du miracle qu’elle constitue, revêt pour la tradition 'hassidique une dimension spirituelle : l’approche de Rabbi Chnéour Zalman, par laquelle il diffusait les secrets les plus profonds de la Torah, non plus à la manière elliptique du Baal Chem Tov, mais avec force analyses et détails, faisait l’objet d’une accusation spirituelle au tribunal céleste dont l’impact dans le monde physique était cet emprisonnement. Sa libération marqua donc le début d’une ère nouvelle où le tribunal céleste permettait la diffusion des enseignements ésotériques du 'hassidisme 'Habad.

Le précédent Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Yits’hak Schneerson, rapporte à ce propos que le juge chargé de l’instruction du dossier était un homme doté d’une parfaite connaissance de la Bible et de tout ce qui a trait au judaïsme. Parmi les questions qu’il posa au Baal HaTanya, il lui demanda la signification du verset de la Genèse selon lequel D.ieu, constatant la faute originelle de l’homme, lui demanda « Où es-tu ? » D.ieu ne savait-il pas où se trouvait l’homme ? Le juge précisa qu’il connaissait déjà la réponse de Rachi à cette question, mais qu’il souhaitait connaître celle proposée par le Baal HaTanya. Celui-ci lui répondit : « lorsqu’un homme atteint tel âge, » – il cita alors l’âge précis du juge – « D.ieu s’adresse à lui et lui demande : où es-tu ? Connais-tu la finalité de ton existence sur Terre, ce qui t’est demandé, et ce que tu en as réalisé ? » En d’autres termes, la question doit être comprise au sens « où en es-tu ? » et D.ieu demanda au premier homme de s’interroger sur le niveau spirituel qui était le sien. Cette question revêt une dimension intemporelle que Rabbi Chnéour Zalman signifia au juge avec force.

Mais, au-delà de l’anecdote, le Rabbi voit dans cette réponse la clé de la libération spirituelle qui s’est alors jouée. En effet, l’accusation du tribunal céleste à l’encontre des enseignements du Baal HaTanya tenait au fait qu’une diffusion trop large des secrets de l’ésotérisme juif présentait un danger. Elle pouvait avoir pour conséquence une quête de spiritualité si intense qu’elle aboutirait à un refus du monde matériel, à une extase dans laquelle l’âme aspire à son créateur avec une telle intensité qu’elle aurait pour unique désir de quitter le corps.

À cela, Rabbi Chnéour Zalman répondit en citant cette éternelle question que D.ieu pose à l’homme : te rappelles-tu que tu as une mission sur Terre, dans un monde matériel, qui consiste à lui insuffler cette spiritualité à laquelle tu aspires tant ? Car c’est bien dans cette perspective que l’enseignement du ‘hassidisme ‘Habad s’inscrit : présenter les concepts ésotériques les plus profonds de manière méthodique et détaillée de sorte qu’ils soient perceptibles à l’intellect humain et qu’ils puissent avoir, par cette voie, un impact dans la dimension matérielle du monde et de l’homme.



Libérations 'hassidiques Le 19 Kislev


Une accusation spirituelle

La tradition 'hassidique rapporte qu’alors qu’il avait été emprisonné à la suite d’une dénonciation calomnieuse, le Baal Hatanya, fondateur du 'hassidisme Habad, 'hassidisme de l’intellect, eut la révélation de ses maîtres, le Maguid de Mézéritch et le Baal Chem Tov. Le Baal Hatanya leur demanda alors la raison d’une telle épreuve et ce qu’on exigeait de lui. Ils lui répondirent qu’une accusation spirituelle était portée dans les cieux contre lui du fait qu’il enseignait les profondeurs de l’ésotérisme 'hassidique de manière excessive et publique. Il leur demanda alors s’il devrait, à sa sortie de prison, arrêter son enseignement. Ils lui répondirent : « Puisque tu as commencé, ne t’arrête pas. Et, au contraire, lorsque tu sortiras de prison, tu l’enseigneras de façon encore plus intensive. »

En d’autres termes, l’emprisonnement du Baal Hatanya qui eut lieu dans ce monde physique est la conséquence de l’accusation spirituelle causée par l’enseignement public qu’il faisait de l’ésotérisme 'hassidique. C’est la raison pour laquelle il se posa la question de savoir s’il devait interrompre cette attitude. A cette interrogation, ses maîtres lui répondirent : « lorsque tu sortiras de prison, tu l’enseigneras de façon encore plus intensive ».

« C'est précisément dans ces dernières générations qu’il est permis et exigé de dévoiler cette sagesse »A priori, cette histoire demande à être expliquée. En effet, tradition 'hassidique rapporte aussi qu’une telle accusation était déjà apparue lorsque que le Maguid de Mézéritch était à la tête du mouvement 'hassidique. On connaît d’ailleurs les conditions dans lesquelles cette accusation spirituelle vit le jour alors qu’un manuscrit contenant des concepts 'hassidiques d’une grande profondeur fut trouvé dans un lieu qui ne convenait pas à sa sainteté. On accusa donc dans le ciel le Maguid de Mézéritch de, selon les termes du verset, « jeter les pierres sacrées en pleine rue ». Mais la même tradition 'hassidique rapporte aussi comment le Baal Hatanya annula cette accusation en comparant la situation spirituelle du peuple juif de l’époque à celle du fils d’un roi qui serait tombé gravement malade au point de risquer sa vie. Le seul remède consistait à prendre le plus beau joyau de sa couronne, de le faire piler, de le diluer dans de l’eau et de tenter de lui en faire avaler quelques gouttes. Le roi était prêt à un tel sacrifice, même si les chances de réussir à faire pénétrer ces quelques gouttes dans la bouche du prince étaient infimes du fait de sa faiblesse extrême. Et même si le liquide si précieux devait pour cela se répandre en partie à terre. Ainsi en était-il, pour le Baal Hatanya, du peuple juif. Le seul espoir de remède spirituel résidait dans l’enseignement des secrets de la Torah les plus profonds. De ce fait, l’accusation spirituelle causée par la diffusion des secrets de la Torah avait déjà été levée à cette époque par le Baal Hatanya en invoquant son caractère indispensable pour sauver le peuple juif d’un danger de mort spirituelle. Et si la génération du Maguid de Mézéritch pouvait être considérée comme étant en danger, A fortiori celle du Baal Hatanya, du fait du principe de « chute des générations », selon lequel chaque génération est moins élevée spirituellement que celle qui la précède.

Quel est donc l’élément qui intervint lors de la direction spirituelle du Baal Hatanya et qui suscita à nouveau cette accusation spirituelle au point qu’il remit en cause son enseignement, et ce, alors que c’est lui-même qui avait annulé cette accusation du temps de son maître le Maguid ?

Le principe fondamental du Arizal

Pour répondre à cette question, il faut d’abord revenir au principe énoncé par le Arizal, maître fondamental de l’ésotérisme juif, selon lequel « c’est précisément dans ces dernières générations qu’il est permis et exigé de dévoiler cette sagesse ». En d’autres termes, le Arizal, qui, au seizième siècle, a jeté les fondements de l’ésotérisme juif dans la forme que nous connaissons, considérait déjà que son enseignement devait en être fait à tous. Or, on sait que dans les premières générations, cet enseignement « a été caché à tous les sages, à l’exception d’une élite, et même pour eux (elle fut enseignée) en secret et non publiquement, comme l’enseigne le Talmud ». Puisque, selon les sages du Talmud, il y a nombre de conditions et de restrictions quant à la manière de dévoiler cette sagesse et que la loi juive a été tranchée par Maïmonide selon cet avis, comment expliquer qu’il a été permis, pour les dernières générations, de « dévoiler cette sagesse » ?

Chacun sera dans une situation où il pourra méditer profondément et convenablement à ces sujetsEn fait, il faut d’abord remarquer que les conditions et les contraintes que nos sages ont posées comme préalable à l’étude de l’ésotérisme juif ne sont pas intrinsèques à la nature de cette sagesse. Ces interdictions sont liées à la nature de celui qui les aborde et qui doit y être préparé. De ce fait, la majorité des hommes ne pouvant pas comprendre et réellement assimiler ces concepts, leur étude peut provoquer une chute, à l’image du principe de nos Sages selon lequel « si l’on ne mérite pas, la Torah devient pour lui un poison mortel ». Cependant, cette sagesse elle-même fait partie intégrante de la Torah et, par là, constitue, selon les termes du verset « l’héritage de la communauté de Jacob ». Chacun a donc le devoir de l’étudier, du fait de l’obligation d’étudier toute la Torah. Cette idée est d’ailleurs confirmée par le passage suivant traitant des temps messianiques et par lequel Maïmonide conclut son œuvre maîtresse, Michné Torah :

« Et, à cette époque,...la seule préoccupation du monde entier ne consistera qu’à connaître D.ieu et c’est pourquoi les enfants d’Israël seront de grands sages, connaîtront les choses cachées, et percevront la sagesse de leur créateur de manière adaptée à la force de l’homme comme il est dit “et la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme les eaux recouvrent les océans”... »

Il est clair ici qu’avec les temps messianiques, l’essentiel de l’étude de la Torah ne portera pas sur la partie législative de la Torah que nous connaissons, mais sur la connaissance du Créateur, ce que Maïmonide désigne par l’expression « les choses cachées », et ceci constituera « la seule préoccupation du monde entier ». On comprend donc bien que les contraintes évoquées plus haut ne s’appliqueront pas. Or, Maïmonide lui-même établit que la loi juive prévoit les conditions citées plus haut pour aborder l’étude des secrets de la Torah et la loi juive ne changera pas avec les temps messianiques.

Il faut donc en déduire que cette interdiction est liée au fait que notre génération, dans sa grande majorité, ne peut pas encore l’aborder. Par contre, avec les temps messianiques, lorsqu’il n’y aura plus, selon les termes de Maïmonide, « ni famine, ni guerre, ni jalousie, ni rivalité » et que chacun sera dans une situation où il pourra méditer profondément et convenablement à ces sujets, alors, « la seule préoccupation du monde entier ne consistera qu’à connaître D.ieu ».

Deux manières d’enseigner l’ésotérisme juif

Nous pouvons à présent expliquer comment le Arizal peut affirmer qu’il est à présent « permis et exigé de dévoiler cette sagesse ». Cette réponse peut s’appuyer sur deux argumentaires distincts.

Les profondeurs ésotériques du 'Hassidisme réveillent les forces profondes et cachées de l’âme juive et l’aident à surmonter les épreuves intérieures et extérieures dues à l’exilUne première explication peut être donnée en se fondant sur un principe énoncé par Maïmonide dans son introduction au « Guide des Egarés ». En effet, il y explique qu’il a décidé d’écrire ce livre, qui contient selon lui « des secrets (de la Torah) », en vertu du principe de nos sages selon lequel « comme c’est le moment d’agir pour D.ieu, on a annulé Ta Torah ». Ce principe, tiré d’un verset des Psaumes, est celui sur lequel Rabbi Yéhouda Hannassi s’est appuyé pour compiler par écrit la Tradition Orale malgré l’interdiction qui en était faite jusque-là par la loi juive. En d’autres termes, le fait que le peuple juif était à son époque dans la situation d’« égarés » quant à leur foi ancestrale l’a obligé, malgré les contraintes prévues A priori par la loi juive à ce propos, à dévoiler des secrets de la Torah pour le sauver. De la même manière, la chute spirituelle qu’ont connue les dernières générations ainsi que celle du monde dans son ensemble ont rendu nécessaire et impérieux le dévoilement des profondeurs ésotériques qui, parce qu’elles réveillent les forces profondes et cachées de l’âme juive, l’aident à surmonter les épreuves intérieures et extérieures dues à l’exil, à réveiller l’amour et la crainte de D.ieu, et à Le servir d’un cœur entier.

Une deuxième explication trouve son fondement dans la notion de préparation aux temps messianiques. En effet, Maïmonide lui-même mentionne le fait que la venue du prophète Élie, qui précédera celle duMachia'h (le Messie) aura pour but de « relever le niveau moral d’Israël et de préparer leur cœur » à l’avènement des temps messianiques. Ce principe s’applique donc A fortiori à ce qui constitue l’aspect essentiel de cet avènement. Or, selon les termes de Maïmonide, « les sages et les prophètes n’ont souhaité les temps messianiques que pour pouvoir se consacrer entièrement à la Torah et à sa Sagesse », sagesse qui est donc une référence à la « connaissance de D.ieu » et aux « choses cachées » mentionnées dans sa conclusion du Michné Torah. Une préparation à un tel changement est donc nécessaire et il n’est possible qu’en dévoilant les secrets de l’ésotérisme juif.

Et à ces deux manières de justifier la révélation de l’ésotérisme juif exigée par le Arizal correspondent deux formes d’enseignement, à l’image de la distinction qui peut être faite entre la Michna (première compilation écrite de la Loi Orale) et la Guémara (compilation écrite des explications orales nécessaires à la compréhension de la Michna).

Si la raison de ce dévoilement provient du danger spirituel que courent nos générations du fait de l’exil, un enseignement succinct, transmis sous la forme d’idées brèves, suffit. En effet, l’ésotérisme juif a cette particularité de sécréter une force qui n’est pas quantifiable parce qu’elle relève du divin, ce que le Midrach désigne par « la source de lumière qui est en elle »  et qui peut donc revivifier l’âme juive. On a donc un enseignement qui est similaire à celui de la Michna par son caractère elliptique et qui, parce qu’il suffit à lever le danger spirituel, ne doit pas être explicité plus avant.

Par contre, si ce dévoilement s’inscrit dans la perspective d’une préparation spirituelle à l’avènement des temps messianiques, le niveau de compréhension de cette sagesse qui régnera alors étant complètement intériorisé et assimilé, « adapté à la force de l’homme », la préparation à cette ère doit suivre le même chemin. Cet enseignement doit donc être, à l’image de la Guémara, une analyse explicative des idées fondamentales de l’ésotérisme qui sont encore elliptiques et mal comprises.

L’explication d’une accusation spirituelle

Nous pouvons à présent expliquer le sens profond de l’accusation mentionnée au Baal Hatanya par le Baal Chem Tov et le Maguid de Mézéritch comme la cause spirituelle de son emprisonnement.

L’élément nouveau apporté par le Baal Hatanya par rapport au Baal Chem Tov et au Maguid de Mézéritch dans son enseignement de l’ésotérisme 'hassidique peut être constaté aisément. En effet, l’enseignement des deux premiers maîtres du 'hassidisme se présente sous la forme d’idées concises et elliptiques, à l’image de la Michna. Par contre, l’enseignement du 'hassidisme Habad introduit par le Baal Hatanya, à commencer par le Tanya, se présente comme une longue analyse systématique et construite de ces idées. Le terme Habad, qui symbolise les trois forces de l’intellect, rend d’ailleurs bien cette perspective.

Et c’est cette différence qui provoqua une nouvelle accusation spirituelle, qui n’avait pas été levée par le Baal Hatanya au moyen de l’allégorie du fils du roi en danger. En effet, dans cette allégorie, seule une goutte du remède fabriqué à partir du joyau de la couronne du roi suffisait à sauver l’enfant. Cette vision des choses rejoint donc la première explication évoquée plus haut selon laquelle le dévoilement de l’ésotérisme est justifié par le danger spirituel, mais peut et doit se transmettre sous une forme concentrée. Une preuve peut même en être apportée du fait que l’enseignement du Baal Chem Tov et du Maguid de Mézéritch, sous cette forme, a effectivement revivifié le peuple juif et posé la base de générations attachées à la spiritualité.

Lorsque le Baal Hatanya commença donc à aller plus loin que ses maîtres et à enseigner l’ésotérisme 'hassidique non plus sous une forme elliptique (« une goutte ») mais sous la forme d’une analyse approfondie, cela ne pouvait plus être justifié par le seul danger spirituel du peuple juif et éveilla une accusation céleste. Et c’est aussi la raison pour laquelle le Baal Hatanya lui-même envisagea la possibilité d’interrompre un tel enseignement, c’est-à-dire un enseignement sous cette forme.

À cette question, le Baal Chem Tov et le Maguid de Mézéritch répondirent que son emprisonnement eut pour effet dans le ciel d’annuler l’accusationet qu’au contraire, lorsqu’il sortirait de prison, il « enseignerait encore plus », et ceci, dans le but cette fois de préparer le peuple juif à la révélation messianique des secrets de la Torah, ce que Rachi appelle dans son commentaire du Cantique des Cantiques « Sod taameiha oumistar tsefounoteiha - les secrets de ses raisons et l’aspect caché de ses trésors ».

Un enseignement concret

Cette analyse nous permet de tirer aussi un enseignement pour notre génération.

En effet, la réponse du Baal Chem Tov et du Maguid de Mézéritch au Baal Hatanya dépasse en fait le seul cadre de son emprisonnement et doit être comprise comme s’adressant aussi à tout le peuple juif. C’était une manière d’indiquer que chacun doit à présent se préparer aux temps messianiques en étudiant l’ésotérisme juif selon la perspective de l’analyse méthodique du 'hassidisme Habad.

En fait, une telle approche donne à cette étude une perspective toute différente, car elle concerne alors aussi celui qui considère que sa vie spirituelle n’est pas dans la situation de danger qui pourrait justifier cette étude. Un tel individu peut trouver suffisante l’étude de la partie de législative de la Torah, des livres d’éthique juive (en hébreu « Moussar »), voire de la pensée 'hassidique telle qu’elle a été dévoilée par le Baal Chem Tov et ses élèves. Mais alors, comment pourrait-il se considérer exempté de l’étude d’une partie de la Torah, alors que la loi juive stipule que chacun doit étudier toute la Torah, « qu’il s’agisse du sens simple de la loi, des allusions, des allégories ou et des secrets ». A fortiori en est-il ainsi si l’on considère le devoir que chacun a d’après nos Sages de « mettre en évidence une idée cachée dans la Torah », principe qui concerne « le domaine de la loi juive, celui des récits rapportés à propos de nos Sages, la partie révélée comme dans la partie cachée ».

Et grâce au fait que les sources du Baal Chem Tov se répandront à l’extérieur, nous mériterons, selon la promesse faite par le Machia'h au Baal Chem Tov, l’avènement des temps messianiques et alors se réalisera la promesse selon laquelle « la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme les eaux recouvrent le fond des océans ».

(Extrait de Likoutei Si'hot vol. 30)

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 19:02
Kislev : Unir les couleurs de l’arc-en-cielChacun de nous écarte l’obscurité à sa manière.


Première partie :
http://www.aschkel.info/article-judaisme-le-mois-dekislev-39489146.html 

Les longues nuits d’hiver, blanches et silencieuses, ont une qualité presque mystique. Elles nous encouragent parfois à abréger notre journée en prenant un livre, en écrivant une page dans notre journal, ou tout simplement en écoutant. Le silence nous permet de capter les messages de notre cœur en l’absence des interférences de la vie quotidienne.

Nous avons tendance à nier l’impact de l’influence des saisons, à tuer leur message, depuis l’intrusion (et la bénédiction) de l’électricité. Nous avons changé l’été en printemps grâce à l’air conditionné. Avec le chauffage, nous vivons l’hiver en regardant par la fenêtre et sentons le froid en posant notre main sur la vitre. Nous prolongeons les jours en gardant les lumières allumées. Tout cela est, bien sûr, extrêmement profitable. Après tout, personne ne regrette ces étés étouffants qui nous vident de nos forces, nous laissent tendus et en nage, ni ces hivers qui nous emprisonnent dans des demeures glaciales à nous languir du soleil. Pourtant, il est parfois bon de prendre le temps d’écouter le monde qui nous entoure.

Chaque mois a son propre message. Le Ari zal, nous apprend que la force spirituelle de chaque mois est en parallèle avec chacune des 12 tribus (pour le mois de Kislev, c’est la tribu de Benjamin, bien connue pour sa foi en D.ieu inébranlable et sa capacité remarquable à combattre le mal) et le signe astral de chaque mois (en Kislev, c’est le sagittaire). Tout ceci nous permet de définir la nature d’un mois et peut-être même de découvrir un morceau de nous-même (puisque chaque juif est un composite des 12 tribus).

Alors que les jours raccourcissent et s’assombrissent, nous sentons intuitivement que cette partie de nous qui est noire, vulnérable et incurable, se trouve plus près de la surface qu’en été. La science a d’ailleurs découvert un fondement biologique à ce sentiment. Ce qui nous échappe, c’est justement le caractère inappréciable de pouvoir entrer en contact avec cette partie de nous-même.

Deux évènements qui se sont produits en Kislev, nous apportent un éclairage sur l’atmosphère de ce mois. Le premier : D.ieu nous a présenté l’arc-en-ciel comme signe d’alliance après la destruction du Déluge. Nous associons difficilement l’arc-en-ciel aux courtes journées d’hiver, il en fait pourtant partie. Noé quitta la sécurité de l’arche et réintégra le monde le 28ème jour du mois de ‘Hechvan (mois qui précède Kislev dans le calendrier hébraïque). Il contempla une désolation immense, totale et indescriptible. Nous ne pouvons imaginer le monde ravagé et silencieux qui s’étalait sous ses yeux. Il comprit que c’était à lui de dresser un plan devant le mener lui et sa descendance à redéfinir le monde. Il offrit donc des sacrifices pour symboliser son engagement à rapprocher le monde et tout ce qu’il contient de sa Source divine.

Nous ne sommes pas simplement une sorte d’animal un peu plus évolué, nous sommes une espèce tout à fait unique

D.ieu répondit à son acte, le premier jour de Kislev, en le bénissant, lui et sa famille. Il établit de nouvelles règles pour eux. Dès lors, l’homme pourra consommer de la viande et il sera responsable s’il a versé le sang d’un autre homme. Le fait que nous ayons été créés à l’image de D.ieu, doit laisser sa marque dans le monde. Nous ne sommes pas simplement une sorte d’animal un peu plus évolué, nous sommes une espèce tout à fait unique. L’étincelle d’éternité qui est en nous, ne peut jamais disparaître totalement. Quels que soient les déguisements que nous arborons en adoptant des comportements animaux, nous ne pouvons nous « convertir » et devenir des animaux, pas plus qu’un bouton de porte ne peut se changer en canari. Les animaux peuvent être tués et mangés, mais aucun être humain n’est un animal. D.ieu a promis de ne plus amener de déluge, scellant la promesse de notre existence continue par un signe - l’arc-en-ciel.

POURQUOI L’ARC-EN-CIEL ?

Il y avait déjà des arcs-en-ciel avant le déluge. Ce qui a changé, c’est leur message. Que nous dit l’arc-en-ciel sur le territoire que nous foulons ? Il indique notre futur. Après le déluge, l’humanité doit évoluer autrement. Jusque lors, il n’existait pas de notion de nation, ni de cultures différentes. Dès ce moment, les peuples se sont différenciés progressivement. L’arc-en-ciel est une preuve vivante (une carte) de ce que cela signifie (le territoire). Un arc-en-ciel se forme quand la lumière blanche pure se réfracte en sept couleurs. Le rouge est la plus proche de la lumière blanche originelle, le violet la plus éloignée.

Ceci connaît un parallèle sur le plan humain. Certaines personnes sont plus proches de D.ieu et mènent une vie qui révèle leur intimité avec le Créateur. D’autres sont plus éloignées de leur Source, et rien dans leur vie n’indique leur relation avec Lui. En réalité, toutes viennent d’une même source, tout comme le rouge et le violet sont issus de la même lumière blanche.

Dans nos vies personnelles aussi, nous expérimentons la totalité du spectre de la lumière, qui s’étend du plus brillant au plus sombre. Trois heures de l’après-midi est peut-être le moment idéal - le travail bat son plein, le ciel est bleu, tout semble parfait. A trois heures du matin, c’est une toute autre histoire. Vous êtes étendu dans votre lit sans pouvoir dormir. Rien dans votre vie ne semble avoir d’importance, rien ne semble pouvoir changer. Parfois, ces moments de cafard sont déclenchés par des facteurs extérieurs - rejet, échec ou impression de rejet, d’échec - parfois, ils font simplement partie du cours de la vie. A chaque fois, nous sommes en mesure de voir que D.ieu a introduit en nous un rythme intérieur qui fait passer notre lumière interne du rouge éclatant au violet sombre, que notre âme reste éternelle et que notre vie a un sens. Chaque âme humaine est et sera toujours attachée à la vie, qu’est D.ieu Lui-même. Toutes les nuances de notre existence proviennent de cette même source de Lumière, bien que nous ne soyons pas toujours assez sages pour le voir.


LA LUMIERE DE ‘HANOUKA

Le deuxième évènement qui marque le mois de Kislev est ‘Hanouka. Ce fut l’un des moments les plus sombres de notre histoire. Nous avions, d’une certaine manière, perdu de vue tout ce qui était réel et durable. Un pourcentage significatif de notre peuple se définissait comme helléniste, adorateur de la culture grecque. Les Grecs avaient étudié la carte mieux que toutes les nations qui les avaient précédés. Ils voyaient les collines et les vallées ; l’esprit et le corps. Ils étaient dotés d’une exactitude peu commune et représentaient ce qu’ils voyaient avec une beauté et une force sans pareil.

Ils déclarèrent la circoncision hors-la-loi, parce qu’elle impliquait que le corps humain n’est pas parfait et requiert le perfectionnement de l’homme


Mais ils ne connaissaient pas le terrain. Moralité, divinité, spiritualité dépassaient leur entendement. Et le pire, c’est qu’ils trouvaient l’idée même de spiritualité menaçante et dangereuse pour leur monde qui était centré sur l’homme. Ils déclarèrent la Torah hors-la-loi, parce qu’elle invitait chaque personne qui décidait de l’observer, à se voir comme faisant partie d’un monde qui doit rendre des comptes à son Créateur, plutôt que comme un membre du monde des hommes qui ne tient pas compte de la moralité. Ils déclarèrent la circoncision hors-la-loi, parce qu’elle impliquait que le corps humain n’est pas parfait et requiert le perfectionnement de l’homme.

Au cœur de tout cela, nous avons expérimenté la renaissance et la découverte nationale. Puis, le miracle s’est produit. Les Grecs ont profané la Ménorah, symbole de l’esprit, comme ils avaient profané tout le Temple. Quand le Temple fut repris, l’une des premières choses que les combattants hasmonéens (autrement dit les descendants d’une famille de prêtres du nom de ‘Hachmonaï) firent, fut de rallumer la Ménorah. Pourquoi était-ce si important pour eux ? Ils ne luttaient pas pour leur indépendance nationale, ils luttaient pour le renouveau spirituel. Allumer la Ménorah était leur réponse à l’obscurité.

L’huile d’un jour en dura huit.

Chacun de nous doit combattre l’obscurité à sa manière. Aucun de nous n’est semblable ; chacun de nous est un monde en soi. Usons de ce temps pour voir les arcs-en-ciel, produits d’une rencontre entre le soleil et la pluie. Usons de ce temps pour allumer la Ménorah toujours présente dans nos cœurs.

 

Traduction et Adaptation de Tsiporah Trom
Pour http://www.lamed.fr/
 
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