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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 09:02

 

 

 

Une première en Syrie : vers l’entrée d’un ministre kurde au gouvernement

Syrie - Des promesses aux Kurdes pour diviser les opposants. Mais qui peut encore croire le régime ?

mardi 29 mars 2011 - 21h58, par Mediarabe.info

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Selon un responsable kurde syrien, interrogé par "Radio Irak Libre" l’ambassadeur syrien à Washington, Imad Mustapha, est entré en contact avec un représentant du "Conseil national kurde syrien" aux Etats-Unis, ces derniers jours, afin de diviser l’opposition et de convaincre les Kurdes de ne pas rejoindre le mouvement de contestation.


Reprise par le site « Middle East Transparent », « Radio Irak Libre » affirme que l’ambassadeur syrien à Washington a pris une initiative historique, sans doute à la demande de Bachar Al-Assad, et a proposé aux représentants kurdes de maigres promesses. Il a affirmé que « le régime de Damas était disposé à naturaliser certains kurdes et à nommer un ministre kurde dans le prochain gouvernement ». Son interlocuteur a rétorqué que « les Kurdes sont solidaires avec le reste de la population syrienne dans ses revendications légitimes, dont notamment un règlement juste et définitif du problème kurde ».

En effet, depuis 1963 et l’arrivée du Baas au pouvoir, les Kurdes sont privés de leur nationalité, spoliés et expropriés. Leur terre est colonisée pour créer une « ceinture arabe » séparant l’ouest du Kurdistan (syrien) du nord (Turquie) et de l’est (Irak), afin d’empêcher tout rapprochement entre les trois composantes kurdes et d’étouffer toute velléité autonomiste ou indépendantiste. Le Baas a ainsi implanté des colonies de populations arabes dans le cadre de la politique d’arabisation forcée. Il a arabisé les noms des villes et villages, et imposé aux Kurdes l’attribution de prénoms arabes à leurs enfants. Ce n’est que la semaine dernière que la télévision d’Etat consacre, pour la première fois de l’histoire, des reportages aux célébrations de la fête kurde de Norouz (printemps), dans une tentative fragrante d’isoler cette communauté et de lutter contre toute propagation des contestations dans leurs régions (Hassaka, Qamichli, Deir Ezzor...).

Ainsi, craignant une convergence entre les Arabes et les Kurdes autour de la nécessaire chute du régime, Damas panique et doute. De ce fait, son ambassadeur Imad Mustapha a pris l’initiative de contacter des représentants de la communauté à Washington - étant donné que les Kurdes de Syrie sont plutôt en prison - pour les soudoyer et diviser les opposants. Or, ses promesses (naturalisation de certains kurdes et désignation d’un ministre) prouvent d’une part la fragilité du régime, et d’autre part ses capacités à renier 48 années d’une politique discriminatoire.

Faut-il encore que les Kurdes prennent ces promesses pour argent comptant et qu’ils acceptent de se faire berner une nouvelle fois. Sont-ils capables d’oublier les massacres de Qamichli et les souffrances de près de cinq décennies de discrimination ? Sont-ils prêts à troquer une cause de plusieurs millions d’habitants contre un ministre et quelques naturalisations ? Les jours à venir et l’ampleur de la mobilisation, à partir de vendredi prochain, devraient apporter la réponse.

MediArabe.info

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 21:37

 

Yémen : Al-Qaeda s'empare d'une ville

opex360

 

La situation sécuritaire du Yémen est cauchemardesque. Le pays est en effet aux prises avec une rébellion chiite au nord, laquelle avait contraint l’Arabie Saoudite à intervenir à la fin de l’année 2009, pendant que des tensions séparatistes persistent dans le sud.

Là-dessus est venu se greffer la présence d’al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), à l’origine de la tentative d’attentat contre le vol Amsterdam-Détroit le jour de Noël de la même année et qui protège l’imam al-Awlaqui, recherché par les Etats-Unis pour notamment avoir été en contact avec l’auteur de la fusillade de Fort Hood.

Et puis, à l’instar d’autres pays arabes, le Yémen est traversé par le vent de la contestation à la fois sociale et politique, qui demande le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis près de 32 ans. Ce dernier a d’ailleurs été lâché par une partie de l’armée, la semaine passée.

L’avenir du Yémen inquiète les Etats-Unis, qui y ont déployé des drones, mais aussi l’Arabie Saoudite, qui craint les débordements chiites dans sa province pétrolière du Hasa et l’instauration, en territoire yéménite, d’une base arrière solide d’AQPA. Par le passé, cette organisation s’en est déjà pris à la famille royale saoudienne.

Et comme la crainte n’éloigne pas le danger, c’est ce qui semble arriver. En effet, des membres présumés d’al-Qaïda ont pris, le 27 mars, le contrôle de la ville de Jaar, située dans la province d’Abyane, dans le sud du Yémen, au terme de violents accrochages.

« Il n’y a plus aucune présence des autorités locales à Jaar où les combattants d’al-Qaïda se sont emparés de bâtiments publics, dont une radio régionale, et une caserne » a confié un responsable yéménite à l’AFP.

Les militants d’al-Qaïda ne se sont pas arrêtés là puisqu’une trentaine d’entre eux ont pénétré à l’intérieur de « l’usine de munitions 7 octobre », située à Batige, à 10 km de Jaar, où ils ont embarqués des caisses de cartouches pour des fusils AK-47.

Cette même usine a été le théâtre d’une forte explosion, ce 28 mars. Au moins 70 personnes, venues pour récupérer des munitions ont été tuées, selon un bilan encore provisoire. On compte, au Yémen, plus de 70 millions d’armes pour 24 millions d’habitants.

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 20:05

 

 

 

 

LIBYE : À PROPOS DES MERCENAIRES
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Beaucoup de choses ont été dites ou écrites sur les « mercenaires » servant dans les forces de sécurité libyennes. Il semble que la vérité soit beaucoup plus nuancée. A savoir que cela fait des dizaines d'années que des étrangers servent le régime de Mouammar Kadhafi, soit au sein d'unités militaires, soit dans des milices armées. Leur importance réelle sur le plan opérationnel reste limitée.

A l'origine, le bouillant colonel avait constitué une « Légion islamique » - un peu à l'image de la Légion étrangère française - qui devait intervenir sur l'ensemble du continent dont il rêvait de faire les « Etats-Unis d'Afrique ». Après les échecs rencontrés au Tchad en 1987, cette unité a été dissoute de facto. Une partie de ces soldats étrangers se sont donc retrouvés encasernés en Libye.

Si la majorité a maintenant quitté le service actif, plusieurs d'entre eux ont fait venir des membres de leur famille, attirés par l'appât de la solde. Si cette dernière n'atteint pas les 2 000 dollars par mois annoncés par la propagande adverse, elle est tout de même conséquente si on la compare aux salaires de misère qui sont en vigueur dans les pays d'origine des volontaires.

Les recrues sont majoritairement de nationalités malienne, tchadienne, nigérienne, congolaise et soudanaise. La plupart d'entre elles reconnaît le leader libyen comme un « grand africain », certains le qualifiant même de « Roi des rois ». En effet, les investissements financiers à long terme consentis par le colonel Kadhafi en Afrique, grâce aux ressources tirées de l'exploitation du pétrole, ont payé et lui ont attiré la reconnaissance de beaucoup d'Africains. Ces admirateurs ont aussi été séduits par son discours anti-occidental en général, et anti-américain en particulier.

Même le budget de l'Union Africaine (OUA) a été financé à 15% par la Libye, ce qui permet de comprendre le peu d'empressement de cette organisation à condamner Kadhafi, à la différence de la Ligue arabe qui le considère comme un égocentrique totalement imprévisible. L'OUA s'est contentée d'envoyer des « négociateurs » qui ne négocient rien mais ont leurs frais payés dans les hôtels de luxe de Tripoli.

Au cours des années, les largesses du leader libyen se sont étendues de l'Afrique du Sud au Libéria, en passant par Madagascar et les pays de la zone sahélienne. Il a ainsi permis de financer des hôtels, des restaurants, des sociétés, des organisations islamiques, un réseau de distribution d'essence via la société OiLibya, des commerces, des manifestations ludiques - comme le Festival du désert au Mali - et souvent, des groupes d'opposition. Le régime libyen avait d'ailleurs fait une de ses spécialités l'organisation de négociations entre différents adversaires en jouant les « bons offices ». Toujours au Mali, la télévision nationale a été financée en grande partie, dans les années 1980, par le bouillant colonel qui, plus récemment, a aussi construit les infrastructures gouvernementales tout en soutenant discrètement la rébellion touareg !

Cette popularité rencontrée au sein des populations pauvres et la tolérance des gouvernants africains lui a permis de recruter de nouveaux volontaires qui sont venus renforcer les unités composées en partie par leurs aînés. Les effectifs - difficiles à évaluer - seraient de plusieurs milliers. Le journal Libération parle de 6 000 hommes, dont 3 000 à Tripoli. Il est très probable que ces chiffres soient très exagérés et qu'un amalgame ait été fait entre des Libyens d'origine étrangère et de véritables volontaires venus d'autres pays.

Il n'en reste pas moins que ces étrangers, dont les plus anciens ont été naturalisés, ne constituent qu'une partie infime des forces de sécurité libyennes. En effet, l'armée de terre comporte quelques 50 000 hommes qui arment notamment 10 bataillons blindés, 10 bataillons mécanisés, 18 bataillons d'infanterie et 6 bataillons commando, auxquels il faut ajouter 22 bataillons d'artillerie. Sur le plan des matériels, plus de 500 chars de bataille (T-72, T-62 et T-55), 1 500 blindés divers et 2 000 pièces d'artillerie seraient toujours opérationnels. La faiblesse de l'armée de terre réside dans son manque cruel d'entraînement et dans le fait qu'une partie des armements sont stockés.

Pour sa part, l'armée de l'air serait forte d'environ 18 000 personnels et alignerait plus d'une centaine d'appareils de combat (MiG 21/23, Su 24, etc.), sans compter les hélicoptères (comme pour l'armée de terre, une partie des appareils est également stockée). Certains pilotes seraient d'origine serbe. Cette force aérienne peut représenter une menace pour les vols et les navires civils croisant en Méditerranée (voire sur les infrastructures terrestres de l'Europe du Sud) si le chef de la Jamajiriya met ses menaces de représailles à exécution en cas d'intervention militaire étrangère. Les responsables militaires occidentaux ont donc bien conscience qu'il faut clouer l'aviation libyenne au sol avant d'entreprendre toute action offensive qui viserait à neutraliser la composante terrestre libyenne. Bien que les armements soient vétustes et mal entretenus, la défense sol-air libyenne n'est pas à négliger.

La marine avec 8 000 personnels et peu de vaisseaux serait négligeable sur le plan opérationnel.

Il convient de rajouter à ces forces militaires les effectifs (non connus) de la police et des différentes milices locales qui dépendent des chefs de tribus.

 

 

*

 

 

Si le régime de Kadhafi ne tombe pas[1], il peut très bien utiliser dans l'avenir ces « mercenaires » pour attaquer les intérêts occidentaux en général, et français en particulier, en Afrique. Pour cela, il est même capable de soutenir Al-Qaida au Maghreb Islamique via certaines tribus touaregs qui lui sont favorables, uniquement dans le but de se « venger ». A noter qu'en 2010, il a gracié la plupart des activistes du Groupe islamique des combattants libyens (GICL)[2], qui étaient incarcérés dans le pays. Quant à son pétrole, il est un client qui n'attend que la reprise de l'exploitation de ses puits : la Chine. La Libye ne manquera donc pas de devises... Une reprise du soutien au terrorisme international n'est donc pas à exclure.



  • [1] Il semble désormais acquis que l'opposition interne ne parviendra pas seule, à le déstabiliser. Reste à voir ce que va donner l'intervention internationale autorisée par l'ONU.
  • [2] Mouvement qui a fait allégeance à Oussama Ben Laden. De nombreux activistes libyens ont servi en Irak et en Afghanistan.
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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 20:01

 

 

BAHREïN, ARABIE, IRAN : RISQUE D'UN EMBRASEMENT ?

Par Alain Rodier .cf2r.

 

 

Alors que le monde a les yeux tournés vers le Japon - suite au tremblement de terre du 11 mars qui a eu les conséquences terrifiantes que l'on sait - environ un millier de militaires saoudiens et cinq cents policiers des Emirats arabes unis sont entrées au Bahreïn, le 13 mars, pour épauler le roi Hamad bin Isa al-Khalifa face à l'insurrection qui prend de plus en plus d'ampleur[1]. Cette intervention entre dans le cadre des accords militaires du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe le Bahreïn, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes Unis, Koweït, le Qatar et Oman, depuis la création de cette organisation le 25 mai 1985. Les Etats-Unis et l'ONU ont fait état de leur préoccupation suite à cette initiative sécuritaire car ils craignent une extension du conflit dans cette région particulièrement sensible sur les plans économique et stratégique.

Le Bahreïn, lieu d'affrontements entre l'Arabie saoudite et l'Iran

A la différence des insurrections qui se sont déroulées et se déroulent encore sur le continent africain (Tunisie, Egypte, Libye), la situation dans le Golfe persique est bien plus alarmante sur le plan international. En effet, deux grands pays s'y opposent depuis des années pour conserver ou asseoir leur influence.

D'un côté l'Arabie saoudite, où la famille Saoud est mise en difficulté, en particulier par la minorité chiite (10%) qui réclame plus de reconnaissance. Cette population est surtout présente dans la province sud-est d'Ash-Sharqiyah et en particulier dans la ville de Qatif, proches du Bahreïn. Le royaume est déjà menacé à ses frontières avec le Yémen et, dans une bien moindre mesure, avec Oman. Le cas du Bahreïn est crucial car la crédibilité de la famille régnante Al-Khalifa, qui est sunnite, est fortement ébranlée par la majorité de la population qui est chiite (70%).

Alors que le parti d'obédience chiite le plus important, le Al Wefaq, acceptait de négocier avec le pouvoir en place, ne remettant pas en cause la constitution du pays, la « Coalition pour la création d'une république » - qui regroupe depuis le début du mois de mars trois formations chiites plus modestes mais plus extrémistes[2] - se montrait intransigeante. Ses militants occupaient la Place de la perle au centre de Manama et menaçaient directement les quartiers d'affaires. L'intervention du CCG emmené par l'Arabie saoudite démontre d'ailleurs que le régime se sent très vulnérable puisqu'il ne parvient plus à maîtriser la situation avec ses propres forces de sécurité.

De l'autre côté, l'Iran trouve là l'occasion d'étendre son influence en soutenant les rebelles chiites. Cela était une constante depuis des années au nord du Yémen, dans la région de Saada, et jusqu'à maintenant d'une manière plus discrète au Bahreïn.

L'intervention des forces du CCG est le prétexte rêvé pour Téhéran afin de prendre toutes les mesures nécessaires pour « défendre ses frères agressés ».

La problématique se complique lorsque l'on sait que l'état-major de la Ve flotte américaine qui couvre l'océan Indien se trouve au Bahreïn.

Pour l'Occident, la situation dans la région du Golfe persique est encore plus sensible que celle qui prévaut en Afrique du Nord[3]. En effet, la majorité de ses approvisionnements en hydrocarbures provient de cette zone. Une déstabilisation durable de la région aurait des conséquences catastrophiques pour l'économie mondiale.

 

 

*

 

 

Si un conflit ouvert semble peu probable tant le rapport des forces est défavorable à l'Iran, il est toutefois prévisible que Téhéran va se lancer dans une surenchère de déclarations enflammées sur la scène internationale et intensifier ses opérations secrètes menées par la force Al-Qods des pasdarans et ses services spéciaux, le Vevak. Des démonstrations de force ne sont pas non plus à exclure, en particulier des manœuvres aéronavales dans le Golfe persique et en mer d'Oman. A cette occasion, des incidents dus à des dérapages plus ou moins voulus sont également à craindre.

Enfin, employant une tactique de « contournement » qui lui est chère, Téhéran peut intensifier ses opérations secrètes en Afghanistan, en Irak, au Liban et à Gaza. Les mouvements rebelles et le Hezbollah libanais pourraient voir leurs approvisionnements en armes[4] et instructeurs considérablement augmenter.

Toutefois, les Iraniens savent pertinemment qu'ils ne doivent pas fournir à leur tour le prétexte à une intervention militaire américaine. En gros, sauf accident, ils savent jusqu'où ils peuvent aller.

Il reste l'inconnue de la politique israélienne dont le gouvernement ne rêve que d'une chose : anéantir l'effort nucléaire militaire iranien qui est considéré comme une menace existentielle pour l'Etat hébreu.



  • [1] Il est possible que la date de cette intervention n'ait pas été tout à fait choisie au hasard. En effet, l'attention du monde est effectivement focalisée sur le Japon. L'opération militaire en question a donc moins de retentissement dans les medias internationaux que cela n'aurait été le cas en période « calme ». A noter que le roi Abdallah, âgé de 86 ans, est rentré fin février d'une longue absence pour des raisons médicales.
  • [2] Le parti islamique Al-Wafa, le mouvement pour la vérité (Haq) et le mouvement du Bahreïn libre.
  • [3] A l'exception de la Libye où la production de 1,6 millions de barils/jour de pétrole est quasi arrêtée
  • [4] Les saisies de chargements d'armes en provenance d'Iran ont considérablement augmenté ces derniers temps. Soit les autorités douanières sont plus vigilantes, soit les expéditions sont plus nombreuses.
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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 15:31

 

 

 

egypt protests

Syrie - Quels seront les gagnants et les perdants lors d'un changement de régime éventuel ? Par le Colonel Jacques NERIA

http://jerusalemcenter.wordpress.com/2011/03/28/syria-winners-and-losers-in-eventual-regime-change/

Adapté par Aschkel 

pour © 2011 www.aschkel.info

 

 


 Les récentes manifestations en  Syrie et la répression qui s'en est suivi (et qui continue d'ailleurs) ont montré une fois de plus que les vieux concepts régissant l'évaluation de la stabilité en Afrique du Nord (Maghreb) et du Proche et Moyen-Orient (Maschkek) n'ont pas réussi à prédire la disparition des régimes totalitaires dans le mode arabe.

Le vieil adage disait-  les régimes  totalitaires arabes tiennent  par la peur leur population grâce aux puissants appareils de sécurité intérieure et de ce fait peuvent survivre à tout soulèvement populaire.

Le "Printemps arabe" prouve que ces vieilles notions ne sont plus applicables à la réalité du XXIème siècle et ont contribué à tirer des conclusions erronées sur la stabilité de ces différents régimes.

Même si Bachar Al Assad réussit a survivre a ce tsunami politique (comme il le fit deux fois avant depuis qu'il a pris le pouvoir en 2000), le régime syrien aura des concessions à faire sur la liberté d'expression et sur les droits de l'homme qui sont une limite aux pouvoirs absolus. Il a bénéficié pour cela de 10 ans

 

Si le régime syrien ne parvient pas à apaiser les protestations, celles-ci pourraient sonner le glas du régime chi'ite alaouite. Pour rappel Assad fait partie de l'infime minorité alaouite qui ne compte que 10 % de la population syrienne.

 

La majorité sunnite a été écartée du pouvoir depuis plus de 40 ans et réclame maintenant sa part du jeu au niveau du pouvoir.

On peut établir un parallèle avec l'Irak voisin où les chi'ites ont finalement pris le pouvoir sur la minorité sunnite (avec l'aide des américains) et Bahreïn où la majorité chi'ite demande à être partenaire dans le partage du pouvoir, Bahreïn ou se déroulent des troubles très importants actuellement. Ces troubles ont  été ressentis par la famille régnante en Arabie Saoudite. De même au Yémen, les chi'ites du nord exigent d'être séparés du sud sunnite.

 

Dans le cas de la chute du régime d'Al Assad quel pourrait être le scénario suivant la chute ?

 

Depuis plus de 40 ans l'opposition a été harcelée, persécutée, emprisonnée, déportée, et/ou tuée. Il est très difficile aujourd'hui d'identifier une personnalité vers laquelle l'opposition se rallie. Si le régime tombe, il peut-être prévu que le parti Baas au pouvoir ne sera pas autorisé à continuer de l'être, (en exemple la Tunisie ou l'Egypte n'ont pas tardé à démanteler leur système de parti unique).

 

Aujourd'hui, les principaux opposants vivent et agissent en dehors du pays. Les frères musulmans – ont été actifs en Syrie jusqu'en 1952 jusqu'à ce qu'Hafez Al Assad le père réprime leur rébellion dans le sang et qui a coûté entre 17.000 et 40.000 vies humaines.

Certains hommes politiques sunnites pourraient être appelés et ont demandé à faire partie d'un gouvernement de transition. Une autre possibilité est qu'un militaire sunnite émerge et prenne la direction du pays.

Historiquement jusqu'à ce qu'Hafez Al Assad organise le coup d'état en 1970, la Syrie a toujours été un pays très instable où les gouvernements se succédèrent à un rythme étonnant. Les militaires ont organisé des coups d'état militaire pour remplacer la fragilité des gouvernements civils.

 

La stabilité qui a caractérisé la Syrie pendant les quatre décennies sera remplacée par l'instabilité, ce qui pourrait déborder sur ses voisins et certainement sur Israël aussi.

 

Depuis 1974 (au lendemain de la guerre d'Octobre 1973) Israël a connu un calme relatif sur sa frontière nord avec la Syrie. Un changement de régime et notamment agressif ne serait pas à l'avantage d'Israël, surtout si le nouveau régime syrien se sent tenter de "réchauffer" sa frontière avec Israël pour détourner son opinion publique des problèmes internes.

 

Si Israël par le passé a été tenté d'ouvrir des négociations de paix avec la Syrie,  il est possible qu'un changement de régime reporte ces négociations

 

 

L'Iran aurait beaucoup a perdre si un changement de régime devait s'opérer en Syrie, car le régime actuel est un allié stratégique qui a poussé loin ses relations avec Téhéran. Le pays est devenu sous Assad une zone de transit pour les armes, l'équipement et la main d'œuvre pour le 'Hezbollah au Liban  et vice-versa

 

 

Les manifestants dans Déraa crient "Ni l'Iran, ni le 'Hezbollah" ce qui pourrait signifier que la "nouvelle Syrie" devienne réticente a l'égard de la milice terroriste et de son parrain

 

Une telle évolution pourrait alors créer des tensions entre les parties (pro-Assad  et anti-Assad) plutôt favorable à Israël.

 

On peut cependant être certains que la Syrie ne renoncera jamais à ses revendications territoriales au Liban qu'elle considère comme son rejeton (la vallée de la Bekaa et autres secteurs le long de la frontière commune)

 

Bachar Al Assad a consenti pour la première fois dans l'histoire à ce qu'il y ait un ambassadeur libanais à Damas. Ses successeurs auront à réévaluer cette concession stratégique.

 

Est-ce qu'un changement de régime en Syrie, elle qui abrite la direction du 'Hamas et est le siège d'organismes extrémistes palestiniens , aura une incidence ?

 

On peut s'attendre à ce que ces organisations gardent un profil bas jusqu'à ce que les nouveaux dirigeants soient connus et leurs politiques analysées. A partir des signaux reçus lors des manifestations on peut tirer la conclusion que peu de choses changeront dans ce domaine.

 

 

Que deviendraient les relations dirigées par les chi'ites qui dirigent l'Irak ? Là encore on ne peut compter que sur la rivalité historique entre les deux pays.

 

Quand à l'Occident et les Etats-Unis, la Syrie est et restera un acteur clé au Moyen-Orient, avec de grandes ressources de pétrole et de gaz à exploiter

 

 

Il est dans l'intérêt des Etats-Unis et l'Occident de cultiver des relations  avec les pays émergents comme la Syrie afin de fournir un arrière sécuritaire en Irak et surtout pour contenir l'Iran.

 

Une autre question centrale sera l'avenir des relations entre la Syrie et la Turquie avec qui Bachar Al Assad avait conclu un accord sur une zone revendiquée par la Syrie et actuellement sous domination turque (Iskenderun – Alexandrette)

 

Le colonel (retraité) Jacques NERIA est analyste spécial pour le Proche-Orient au Jerusalem Center for Publics affairs, il était auparavant conseiller en politique étrangère du Premier Ministre Yitzhak Rabin et vice-chef pour l'évaluation des services de renseignements militaires israéliens.

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 06:58

 

 

Syrie : bénéficiant de l’impunité et/ou de la complicité internationale, le régime banalise le massacre des populations civiles et désarmées

Après les Libanais, les Palestiniens et les Irakiens, le régime du Baath massacre son propre peuple

mardi 29 mars 2011 - 02h01, par Mediarabe.info

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La population dénonce le massacre de plus de 120 morts depuis une semaine. Les opposants accusent le Hezbollah et les Gardiens de la Révolution iranienne d’avoir contribué à cette boucherie, qui s’ajoute aux crimes commis par le Baath au Liban sur les Libanais et les Palestiniens entre 1976 et 1990, puis à partir de 2005, et en Irak depuis 2003.

Le régime syrien, impuni depuis le massacre de 30.000 à 40.000 de ses citoyens en 1982 à Hama, et depuis ses crimes au Liban, récidive aujourd’hui avec le soutien du Hezbollah et des Iraniens. Deraa serait en ce moment encerclée par 5.000 Gardiens de la Révolution, et ses habitants affirment en avoir capturé cinq. Selon un opposant syrien, sans doute inspiré par la sociologue d’origine syrienne Wafa Sultan, « Israël peut rougir de honte, car il ne peut pas rivaliser avec la cruauté d’Assad, y compris contre les palestiniens de Gaza » !.

Attention : il s’agit ci-après d’images particulièrement choquantes. Elles sont strictement déconseillées aux âmes sensibles. Ces vidéos, diffusées par les sites de l’opposition syrienne, se multiplient sur YouTube à fur et à mesure du crime étatique. Ces quelques vidéos ont été tournées à Lattaquié et Deraa notamment, ces derniers jours.

Massacre à Lattaquié
Massacre à Tafas (région de Deraa)
Les cadavres jonchent les rues à Deraa, sous les tirs des snipers tout comme à Lattaquié
Ces images sont recensées et rassemblées pour démontrer, au besoin, et si certains ont encore des doutes sur la nature du régime, la cruauté du clan Assad. Elles devraient également étayer les charges qui pèseront sur Assad et son clan le jour où ils seront jugés pour crimes contre l’humanité (certains interlocuteurs syriens affirment lui prévoir une issue à la Ceausescu, d’autres préfèrent le voir juger à la Saddam Hussein, les deux ailes du Baath ayant été nourri au même sein). D’ailleurs, selon nos sources, un collectif d’avocats syriens songe déjà à instruire son dossier.

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 06:46

 

 

 

Syrie : révélations accablantes pour Assad. Il opte pour le scénario libyen et prépare un bain de sang

Par son comportement, le régime s’est déjà condamné 

mardi 29 mars 2011 - 00h25, par Khaled Asmar - Beyrouth

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Le bain de sang qui a endeuillé plusieurs régions syriennes doit se prolonger, le régime ayant appelé ses partisans à manifester ce mardi 29 mars pour soutenir Assad. Mais le peuple n’est pas prêt à oublier, encore moins à pardonner le passé terroriste du régime. De nouvelles révélations accablent Assad dans l’assassinat de Rafic Hariri et la disparition de témoins.


Le régime syrien est en mauvaise passe, à en croire les communiqués hostiles publiés par ses opposants, y compris les kurdes qui se sont jusque-là tenus à l’écart. Plusieurs mouvements politiques kurdes affirment attendre que la mobilisation s’étende sur l’ensemble du territoire pour entrer en scène. Car, ils ne veulent pas donner l’occasion au régime de les accuser d’une quelconque tendance indépendantiste. En attendant, les tribus multiplient les appels à la mobilisation et menacent de prendre les armes pour venger Deraa et Lattaquié, les deux villes les plus endeuillées, avec plus de 130 morts et des centaines de blessés. Les promesses d’une future levée de l’état d’urgence, en vigueur depuis mars 1963, ne convainquent personne. D’autant plus que la loi d’exception ne sera abrogée qu’une fois une autre loi de lutte contre le terrorisme aura été votée !

Plusieurs signes laissent présager la fin proche du régime :

Le régime a appelé les Syriens à manifester mardi 29 mars pour soutenir le président Bachar Al-Assad dans tout le pays. Selon l’usage syrien, les écoliers, collégiens et lycéens, ainsi que les ouvriers et les syndicalistes seront associés par la force.

Selon plusieurs sources, le régime a décidé d’armer les sections ouvrières du Baath pour faire face à toute désobéissance des forces de l’ordre. Un policier aurait déjà été abattu par son supérieur, mercredi dernier à Deraa, pour avoir refusé de tirer sur les manifestants. Quatre autres militaires sont portés disparus depuis samedi, pour les même raisons.

Le recours aux milices privées. Le projet d’armer les ouvriers du Baath n’est pas nouveau. Déjà, les bandes armées dirigées par Maher Al-Assad, frère du président et commandant de la Garde présidentielle, et la milice privée de son cousin Namir Al-Assad, sévissent à Lattaquié et Tartous, sur la côte syrienne. Certains estiment que cette région est convoitée par Assad pour y installer un Etat alaouite si le régime actuel devait s’effondrer.

L’utilisation des armes lourdes contre la population. La semaine dernière, la Garde présidentielle a bombardé Deraa par hélicoptères. Aujourd’hui, la ville est encerclée par les chars d’assaut. Le recours massif aux armes lourdes et aux massacres à grandes échelles attestent que le régime est fragile et ne tient que par la terreur.

Les tribus syriennes et les partis d’opposition sont décidés à poursuivre la mobilisation jusqu’à la chute de la dictature. Ils appellent à la désobéissance civile et invitent les fonctionnaires et autres employés de rester chez eux pour paralyser le pays. Ils promettent d’accentuer la pression pour « renverser le dictateur avant le 65ème anniversaire de l’indépendance (17 avril 1946) ».

Le régime se voile la face, refuse de regarder la réalité du pays et de concevoir que les Syriens puissent aspirer à la liberté, à l’heure d’internet. Pour Damas, les Syriens restent des mineurs et leur refuse l’accès au 21ème siècle. Bien au contraire, il brasse du vent et leur vend des promesses creuses, jamais tenues.

Damas persiste à attribuer la révolte du peuple compressé depuis 48 ans à des comploteurs étrangers. « Ceux-ci alimenteraient le confessionnalisme pour diviser le pays », affirme la conseillère du président Assad. Bouthaïna Chaabane accuse aussi les islamistes radicaux d’être à l’origine des troubles, au service de l’étranger. Cliquez ici pour relire « les révélations inquiétantes d’un officier syrien : le régime songe à commettre des attentats pour justifier la répression ». A cet égard, les observateurs lient l’enlèvement de sept touristes Estoniens dans la Bekaa libanaise, jeudi dernier, et l’attentat contre une église de Zahlé, dimanche, à ce plan machiavélique syrien qui consiste à exporter sa crise et à déstabiliser l’ensemble de la région. Or, le cafouillage dans la communication syrienne est révélateur de l’embarras du régime, lui qui avait excellé dans la manipulation de l’islamisme et du terrorisme. Il avait ouvert son territoire à Al-Qaïda pour s’installer en Irak. Il avait installé et armé le Hezbollah et le Fatah Al-Islam au Liban, ainsi que le Hamas et le Jihad islamique à Gaza... Sans oublier son soutien au FPLP-CG et autre Fatah-Intifada et PKK... autant de groupes terroristes financés, armés et exploités par Damas, à des degrés divers.

Le comble est qu’au moment où certains porte-voix de Damas accusaient les Etats-Unis, et particulièrement Jeffrey Feltman, d’avoir fomenté le complot contre le régime syrien, « champion de la résistance », Assad aurait envoyé plusieurs émissaires à Washington lui proposant un marché pour sauver son régime. Selon le quotidien koweïtienne « Al Raï Al Am », du 27 mars, Assad aurait demandé aux Américains « d’exercer des pressions sur les médias, notamment arabes (« Al Jazeera », « Al Arabiya » et « Orient ») afin de réduire leur couverture des événements en Syrie et de lui permettre d’éradiquer la contestation ». Il leur aurait également demandé d’intervenir auprès de la Jordanie pour interdire l’utilisation de son réseau de téléphonie mobile par les habitants de Deraa -région frontalière) notamment pour diffuser les images de la répression. En contrepartie, Assad aurait promis de s’éloigner de l’Iran, de signer la paix avec Israël et de collaborer avec le Tribunal international pour le Liban, en chargeant le Hezbollah et en lui attribuant l’assassinat de Rafic Hariri. Selon le journal koweïtien, les Américains auraient rappelé aux intermédiaires d’Assad que le Tribunal international était indépendant et qu’il leur était impossible d’y intervenir.

Précipitation et maladresse : le début de la fin ?

Ce dernier point est capital pour le régime syrien, puisqu’il a balayé, d’un seul coup, toute sa stratégie de défense face à la justice internationale, en accusant le Tribunal d’être politisé et instrumentalisé. Or, c’est Assad en personne, à travers ses émissaires, qui vient de se condamner doublement en proposant ce chantage. Une première fois en voulant politiser le Tribunal, une seconde fois en proposant d’accuser le Hezbollah pour sauver sa propre tête. Car, il n’est pas certain, dans ce cas de figure, que le Parti chiite et Hassan Nasrallah acceptent d’être sacrifiés sur l’autel syrien.

De plus, de nouvelles révélations embarrassent le régime syrien et la famille Assad. Un site syrien a diffusé, vendredi dernier, une vidéo du massacre de la prison de Saidnaya, commis en juillet 2008, une semaine avant la visite de Bachar Al-Assad à Paris.

Selon un officier syrien, appelé à témoigner devant le Tribunal international dans l’affaire Hariri, et qui serait à l’origine de cette « fuite fatale pour le régime », le massacre de Saidnaya visait à « supprimer des témoins encombrants » [lire également nos analyses sur les autres éliminations : Abdbelkarim Abbas etGeorges Al-Gharbi et Mohammed Fawwaz, ou encore Imad Maghnieh etMohammed Sleimane].

Le site à l’origine de cette vidéo affirme que parmi les nombreux cadavres filmés sous les décombres de la prison figure celui d’Ahmed Abou Adass, le kamikaze apparu sur la vidéo revendiquant l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais, remise à la télévision « Al-Jazeera » quelques minutes après l’explosion. Abou Adass n’aurait ainsi pas été tué dans l’attentat du 14 février 2005 à Beyrouth, mais le 5 juillet 2008 à Damas. Les enquêteurs internationaux avaient émis des doutes sur l’identité du kamikaze, puisque les tests ADN pratiqués sur les débris retrouvés à Beyrouth ne correspondaient pas aux empruntes génétiques d’Abou Adass. Plusieurs sites libanais avaient divulgué un document signé par le général Jamil Sayyed, l’un des agents syriens au Liban, confirmant la remise d’Abou Adass aux Services syriens trois semaines avant l’attentat contre Hariri. Le site affirme en outre que sur la vidéo, on distingue Maher Al-Assad (en civil) qui aurait supervisé l’opération contre les prisonniers.

Attention : âmes sensibles s’abstenir

Au pire, cette vidéo confirme que le régime syrien est impliqué dans l’assassinat de Hariri, au mieux dans la destruction de preuves, élimination de témoins et obstruction à la justice internationale. Désormais, quoi qu’il fasse, Assad est condamné sinon par le Tribunal international, du moins par son propre peuple.

Khaled Asmar

© Nos informations, analyses et articles sont à la disposition des lecteurs. Pour toute utilisation, merci de toujours mentionner la source« MediArabe.info »

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 15:53


 

Libye : l'Amérique glisse vers un engagement militaire durable

 

DEBKAfile Analyse exclusive 28 mars 2011, 12:38 AM (GMT+02:00)

 

Adapté par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

 http://www.debka.com/article/20807/


 

 

Les victoires des Rebelles dépendent entièrement des frappes aériennes américaines contre les forces de Kadhafi.

 

 

Malgré les affirmations du contraire, les sources militaires et du renseignement de Debkafile déduisent que le rôle de l’Amérique dans l’opération contre Mouammar Kadhafi se poursuit dans une seule direction : plutôt qu’une transition « dans à peine quelques jours » vers une direction des opérations par l’OTAN, c’est-à-dire, en fait, l’Europe – ce que le Président américain Barack Obama ne manquera pas de rappeler encore une fois, lorsqu’il s’adressera à la nation, mardi 29 mars – les Etats-Unis s’enfoncent plus profondément, jour après jour, vers une troisième guerre dans un pays musulman.

 

Au cours des trois derniers jours, les frappes aériennes américaines se sont abattues sur les forces de Kadhafi pour les contraindre à une retraite tactique de toutes leurs zones de conquête dans la province de Cyrénaïque tenue par les rebelles. Cette opération est venue à la rescousse des rebelles, confrontés à une défaite certaine, au milieu de la semaine dernière, leur permettant de reprendre les villes pétrolières stratégiques d’Ajdabiya, Brega et Ras Lanuf et de leur ouvrir la voie pour se diriger vers la ville natale de Kadhafi, à Syrte, le verrou pour la prise de Tripoli.

 

Selon la perspective des experts militaires proches de Debkafile, les gains de l’opposition libyenne ne sont rien moins qu’une victoire sur le papier, et non sur le champ de bataille. Kadhafi et ses commandants ont mis  sur pied des actions de retraites tactiques à partir de ces villes – pas tant parce qu’ils étaient battus sur le terrain, que pour éviter d’être cloués sur place par la puissance de feu nettement supérieure de l’aviation et de la marine américaine. Cette puissance de feu a ouvert la porte à l’opposition rebelle, lui permettant de recouvrer les villes qu’elle avait perdues au cours des trois dernières semaines et de prendre des postures victorieuses.

 

Pour Washington, les conséquences sont évidentes : poursuivre le soutien à l’élan des rebelles contre les forces de Kadhafi dépend de l’engagement des Etats-Unis en deux étapes :

 

Poursuivre le bombardement aérien et maritime des forces gouvernementales. Rien, sinon, n’arrêtera les troupes de Kadhafi si elles se retournaient encore une fois et se relançaient à la conquête des villes et du terrain perdu. La contention de l’armée de Kadhafi ne peut être laissée aux capacités limitées de la France et de la Grande-Bretagne, ni à tout autre membre de l’OTAN, qui a assuré reprendre le commandement des opérations en Libye.

 

Organiser les rebelles en unités combattantes régulières en leur fournissant des armées, un soutien financier et des instructeurs militaires. L’autre alternative, pour les Américains, consisterait à engager un nombre croissant de forces terrestres en Libye, afin de défendre les provinces de l’Est contre une reprise de contrôle par Kadhafi.

 

 

Samedi 26 mars, le Secrétaire américain à la défense, Robert Gates, a admis que : “La Libye ne représentait pas un danger sérieux pour les Etats-Unis avant que les Etats-Unis ne se lancent en campagne. » Lorsqu’on lui a demandé si les développements en cours indiquaient que l’engagement de l’armée américaine devrait se poursuivre au moins jusqu’à la fin de l’année, Gates a répliqué : «  Je ne pense pas que quiconque dispose de la réponse à cette question. ».

 

 

En d’autres termes, personne à Washington, et pas même le Président, n’est en mesure de dire avec certitude, jusqu’où, exactement, la campagne américaine en Libye se poursuivra et combien de temps elle durera. En à peine quelques jours, l’écart n’a fait que se creuser de façon exponentielle, avec le premier engagement américain de ne faire que soutenir une opération européo-arabe mandatée par l’ONU, de façon à faire appliquer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye et protéger les civils, assortie d’un transfert imminent du rôle de meneur de l’Amérique, ainsi que de la promesse du Président Obama de ne pas engager de troupes au sol – toutes ces limites d’action étant en dépassement au cours d’un engagement étendu au soutien à une révolte armée contre le régime Kadhafi.

 

 

Parfaitement averti du dilemme qui occupe l’Administration Obama, Kadhafi a offert à Washington une porte de sortie. En retirant ses troupes des villes de l’Est, il a donné une opportunité aux Américains de marquer une victoire rebelle à la craie – ou, au moins, un statuquo- et de pouvoir quitter le navire à ce moment-là. A ce stade, il accepterait la perte de la Cyrénaïque aussi longtemps que les Américains remettrait leur offensive aux calendes grecques. Cependant, si l’Administration Obama persistait dans son soutien militaire actif à la rébellion, le tyran libyen pourrait envisager trois contre-mesures :

 

Un, mettre à exécution la menace, qu’il a proférée au début de la campagne de la coalition contre son régime,  de frapper des cibles américaines, britanniques et françaises en représailles, au Moyen-Orient et en Europe.

 

Deux, activer des réseaux terroristes clandestins en Europe contre des cibles américaines, autant que contre des cibles locales.

 

Trois, se retirer, aux côtés de sa famille vers un refuge secret parmi les tribus loyales du Sahara et, depuis là, lutter pour sa survie contre aussi bien les Américains qu’al Qaeda, qu’il accuse d’avoir infiltré les rangs de l’opposition et d’avoir retourné son peuple contre lui. 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 14:08


Assad doit endiguer les troubles au sein de sa majorité Sunnite

... Avant qu'ils ne contaminent son armée.

 

DEBKAfile Analyse exclusive 26 mars 2011,

Adapté par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

debka.

 

Tags : SyrielBachar Al AssadIran, menace iranienne

 

 

Sa minorité alaouite mise au défi par la majorité sunnite

 


Lire aussi :

>L'Iran envoie ses milices bassidji massacrer le peuple syrien

>Syrie - vidéo - la constestation gagne tout le pays même Damas la capitale

>Syrie - Bachar Al Assad massacre son peuple - Vidéo



 

Les protestations contre le régime de Bashar al-Assad s’étendent. Elles se sont répandues depuis son premier épicentre de Deraa, la ville du sud, vendredi 25 mars, vers de nouveaux centres urbains : Homs, Alep, Lataqieyh et certains quartiers de Damas. Elles ont rapidement atteint une échelle jusqu’alors jamais imaginée par le régime, celle d’un soulèvement populaire de la majorité sunnite de la population (74%) contre la loi imposée par la minorité alaouite (15%).

 

Les soldats de troupe de l’armée ont tiré sur les manifestants dans ce que les témoins ont appelé un massacre, atteignant des taux de centaines de blessés, qui ont provoqué des appels criants, de la part de l’opposition, à une intervention internationale.

 

 

Le nombre de tués et de blessés ne peut être déterminé de façon vérifiable. Les sources du renseignement de Debkafile rapportent que les forces spéciales de sécurité syriennes ont assigné à des unités de faire disparaître les corps aussitôt qu’ils s’effondrent sous les balles.

 

Les autorités ont été prises au dépourvu par la vague de rassemblements dans les rues qui ont immédiatement fait suite aux prêches dans des centaines de mosquées sunnites, appelant leurs fidèles à sortir dans la rue et à renverser le pouvoir des Assad et de la minorité alaouite. Les services secrets syriens n'ont pas su détecter la main des Frères Musulmans dans l’organisation de cette éruption de masse dans les rues. L’appel le plus vibrant au rassemblement est venu du prêcheur radical égyptien le plus influent, Youssouf al Qaradawi, qui a appelé la communauté sunnite syrienne à se lever pour faire valoir ses droits en tant que majorité.

 

 

Parce que la 4ème division de son armée, commandée par Maher Assad, le frère de Bashar, qui est la seule unité composée d’Alaouites, est occupée à mettre un terme aux émeutes qui se déroulent dans la ville de Deraa, au Sud, et que la majorité de ses troupes dans les autres bataillons sont des Sunnites, Assad se trouve à court de contingents de confiance pour défendre âprement son régime. Il pensait bien que de nouvelles explosions de violence à Deraa risquaient d’enflammer le reste du pays, et c’est bien pourquoi il a ordonné à la 4ème Division de se maintenir sur place. Mais cela n’a pas empêché que les troubles s’étendent à d’autres villes essentielles, suivant des slogans appelant à la solidarité avec les martyrs de Deraa et qui menacent ses centres de pouvoir à Damas même et au-delà.

 

En aucune façon, les mesures de conciliation de jeudi, ni la répression féroce de la sécurité contre les manifestants n’ont réussi à étouffer le ressentiment ni à évacuer les tensions critiques.

 

Le climat de défiance est toujours de rigueur à Deraa même, alors que les manifestants se sont fait tirer dessus à balles réelles. La mosquée Al Omari, prise d’assaut par les forces de sécurité, dans la nuit de jeudi, est retombée entre les mains des insurgés, d’après les reportages.

 

L’heure de vérité, pour le régime Assad, qui tient depuis 11 ans (et qui a pris la suite de celui établi par son père, par un coup d’état militaire) est, par conséquent, très proche ; à moins qu’il ne sache prendre la bonne décision ou qu’il ne reçoive un soutien extérieur.

 

Il peut encore, par exemple, opter pour une solution à la Kadhafi, ou suivre l’exemple du Roi du Bahreïn.

  

Depuis l’éclatement de la révolte libyenne, en février, Mouammar Kadhafi a choisi d’abandonner l’Est et de concentrer son effort militaire sur la préservation de ses centres de pouvoir à Tripoli et dans les villes environnantes. Après avoir stabilisé son régime, il a conçu le plan visant à progresser et à reprendre le reste du pays aux mains des rebelles, ses opposants.

 

Jusqu’à présent, ce risque calculé a été couronné de succès. Les rebelles, soutenus par la coalition des forces internationales, ne sont pas parvenus à le renverser.

 

 

Assad décidera t-il, après ce vendredi sanglant, qu’il dispose de suffisamment de forces loyales pour imposer sa loi à l’ensemble de la Syrie, ou choisira t-il de se retirer dans ses retranchements et de se concentrer pour sauver Damas ?

 

Alors que le soutien de la majorité de son armée n’est pas acquis, le dirigeant syrien pourrait opter pour le remède bahreïni – à savoir, faire appel à une aide extérieure, comme l’a fait le Roi Hamid al Khalifa, qui a demandé le soutien de Riyad, de façon à ce que les forces saoudiennes viennent l’aider à défendre son trône contre l’insurrection menée par les Chi’ites.

 

Les alliés qui viennent à l’esprit, dans le cas d’Assad, sont l’Iran, le Hezbollah libanais, les groupes palestiniens pro-iraniens basés à Damas –le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire palestinien d’Ahmad Jibril-Commandement Général.

 

Il ne prendrait pas plus de quelques heures à Téhéran pour envoyer des avions bourrés d’unités des Gardiens de la Révolution sur Damas. Une structure de Commandement iranien est déjà positionnée dans les quartiers-généraux de l’armée syrienne à Damas. Pourrait aussi être très utile à Téhéran de déléguer une milice chi’ite irakienne, celle de l’armée du Mahdi de l’imam radical Moqtada Sadr, un très grand ami personnel, aussi bien d’Hassan Nasrallah du Hezbollah que d’Assad.

 

Samedi, on s’est livré à des spéculations croissantes, selon lesquelles Téhéran ferait son maximum pour venir à la rescousse du tyran syrien, qui n’a que récemment ouvert le port de Lataqiyeh en tant que base iranienne.

 

Donner au Hezbollah un pied à terre en Syrie est plus compliqué, étant donnée la rivalité inavouée entre le dirigeant syrien et lui et ses réserves quant à la puissance militaire émergente du second, ainsi que ses capacités terroristes et de renseignement. Assad devrait assurément prendre en compte qu’une fois que le Hezbollah aurait obtenu une assise confortable en Syrie, il serait bien difficile de l'en déloger.

 

Remettre le destin du régime Assad entre les mains des organisations radicales palestiniennes serait également imprudent, et pire, ceci constituerait une véritable humiliation pour Damas.

 

Cela ouvrirait aux Palestiniens leur seconde porte au cœur d’un soulèvement arabe, le premier ayant donné au Hamas un levier de commande inespéré en Egypte.  

 

Assad pourrait même mettre en scène une attaque contre Israël, pour se construire une tactique de diversion désespérée afin de se sortir des troubles qui agitent son propre pays. 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 00:16

Al Qaida au Magreb (AQMI) met la main sur des missiles et armes lourdes en Lybie

 

Par Melba -bivouac-id

 

http://www.defensenews.com/story.php?i=6060143&c=MID&s=LAN

 

Al-Qaïda et l’Iran sont pour l’instant les deux seuls grands vainqueurs des événements en Libye qui commencent à ressembler à un début  de guerre mondiale.

Aqmi aurait pillé des armes en Libye. Le président tchadien Idriss Deby Itno affirme, dans un entretien à l’hebdomadaire Jeune Afrique à paraître lundi, qu’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a profité du soulèvement en Libye pour s’emparer de missiles sol-air. «Les islamistes d’Al-Qaïda ont profité du pillage des arsenaux en zone rebelle pour s’approvisionner en armes, y compris en missiles sol-air, qui ont été par la suite exfiltrés dans leurs sanctuaires du Ténéré (NDLR : partie centrale du Sahara)», ajoute-t-il. «C’est très grave. Aqmi est en passe de devenir une véritable armée, la mieux équipée de la région», estime Idriss Deby, en assurant qu’il est certain «à 100%» de ses affirmations.

Confirmation du Mali et du Niger 

Des sources sécuritaires malienne et nigérienne affirment que Al-Qaida au Maghreb islamique a récupéré des armes lourdes appartenant à l’insurrection populaire libyenne. «Aqmi se procure des armes de deux manières : des gens vont chercher les armes en Libye pour les livrer à Aqmi dans le Sahel, ou des éléments d’Aqmi vont eux-mêmes sur le terrain, pour se procurer ses armes. C’est dangereux pour des pays commes le Mali, le Niger et la Mauritanie», ajoutent ces sources.

Le président tchadien affirme par ailleurs qu’al-Qaïda au Maghreb a joué un rôle important dans l’insurréction contre kadhafi.  

Source : Le Parisienal-Arabiya

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