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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 20:35

 

Israël rompt ses relatoins avec le Qatar

 

Le gouvernement israélien a décidé «d’ôter ses gants » et de prendre des mesures radicales contre le Qatar. Un Rapport confidentiel du ministère des Affaires étrangères détaille toutes les mesures déjà prises ou en préparation contre cet émirat qui est devenu extrêmement hostile à Israël.
Le ministère explique « que le Qatar déploie une intense activité anti-israélienne dans le monde, sur les plans politique, juridique et financier, notamment du fait de sa position de président de la Commission de suivi de la Ligue arabe, en vue du vote à l’ONU au mois de septembre ». Le document révèle que la diplomatie israélienne œuvre depuis des mois pour freiner et contrer les initiatives du Qatar, parfois avec succès mais pas toujours. Au mois de mars déjà, Israël avait décidé de manière unilatérale de fermer sa représentation à Doha, afin de couper l’herbe sous les pieds d’éventuelles pressions de la part du gouvernement qatarien. Par ailleurs, les ressortissants de l’émirat ne pourront plus entrer sur le territoire israélien, y compris en Judée-Samarie. Le Rapport du ministère des AE précise également « que le Qatar entretient des relations très étroites avec le Hamas » et « qu’il finance la campagne judiciaire contre Israël dans l’affaire du ‘Marmara’ turc». Le gouvernement de Doha organise également des « Colloques interreligieux qui sont en fait de tribunes anti-israéliennes et antisémites ».
Le rôle du Qatar, actuellement l’un des meneurs de la lutte contre Israël dans l’arène internationale est d’autant plus grave qu’il est le siège de la chaîne Al-Jazeera qui entre dans tous les foyers musulmans du monde et qui diffuse des informations totalement biaisées sur le conflit israélo-arabe. Le gouvernement israélien a d’ailleurs commencé à réduire les autorisations d’entrée de journalistes d’Al-Jazeera en Israël jusqu’à les interdire totalement.
Les relations entre les deux pays avaient connu une période « faste » jusqu’à l’Opération « Plomb Durci » où des relations diplomatiques presque normales avaient été établies entre Jérusalem et Doha. Récemment, le Qatar avait tenté un nouveau rapprochement avec Israël dans le but d’obtenir l’accord de Jérusalem pour de projets de construction à Gaza et dans les zones de Judée-Samarie cédées aux terroristes de l’AP. Par cette manière, l’émirat voulait consolider son statut d’Etat incontournable dans la région. Mais le Premier ministre ainsi que le ministre des Affaires étrangères n’ont pas été dupes et ont opposé une fin de non-recevoir.
Parmi d’autres mesures prises par le gouvernement israélien, l’interdiction totale de ventes d’armes israélienne à l’émirat, et le maintien de l’organisation « Qatar Foundation » dans la liste des associations interdites en Judée-Samarie. Cette puissante fondation créée par l’émir du Qatar Hamad bin Khalifa Al Thani, est censée aider la population arabe palestinienne sur le plan éducatif et social, mais l’on sait très bien ce qui est enseigné dans ces écoles et où va une partie de l’argent !
Petit rappel : grâce notamment à Zinedine Zidane, le Qatar ami et soutien des terroristes a été choisi par la FIFA pour accueillir le « Mondial » de Football de 2022…

 

Par Shraga BLUM

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 14:49



DEBKAfile Reportage exclusif  23 août 2011, 10:04 PM (GMT+02:00)

Par Marc Brzustowski

Pour © 2011 lessakele et © 2011 aschkel.info

 

 

debka

 

 

Kadhafi est tombé de son piédestal.

 

Les sources militaires de Debkafile rapportent que Mouammar Kadhafi, ses fils et son élite militaire et politique ont dû abandonner leur forteresse de Bab al Aziziya, aux premières lueurs du jour, marid 23 août, en utilisant l’appirition surréaliste de son fils Saïf al-Islam face aux reporters étrangers, trèès tôt dans la journée comme subterfuge pour couvrir leur évasion.


Nos sources pensent qu’ils ont quitté ce bastion à travers l’un des tunnels souterrains du complexe militaire de cette place forte. Mais les experts du renseignement régional restent perplexes devant l’énigme de cette disparition aussi soudaine que mystérieuse des divisions de Kadhafi au beau milieu de la nuit. Tout se passe comme si le sol les avait avalées en ne laissant aucune trace derrière elles.

 

Nul ne connaît la destination de Kadhafi, mais des observateurs informés s’attendent à ce qu’il ait choisi la direction de Sehba, dans le sud de la Libye, où des tribus qui lui sont restées fidèles, où et avec lesquelles I aurait établi des installations militaires souterraines. C’est d’ailleurs là qu’il aurait situé ses installations nucléaires libyennes en 2000, qu’il s’était ensuite résolu à démanteler. Kadhafi a, sans doute, pré-positionné un sanctuaire à Sehba, disposant d’installations militaires et résidentielles, à partir d’où lancer une guérilla de harcèlement contre quiconque prendrait le pouvoir à Tripoli et contre des cibles de l’OTAN en Libye et en Europe, afin d’infliger des actions punitives à ceux qui l’ont destitué.


 

Des milliers de combattants des tribus loyales à Kadhafi ont été aperçues, selon les sources militaires de Debkafile, se redéployant vers cette ville du désert, au cours des dernières semaines. Un nombre prédominant d’entre eux sont membres de sa propre tribu, Gaddadfa, qui compte 100 000 membres et qui est basée à Sirte, une ville située sur la côte méditerranéenne, dans le nord, entre Tripoli et la base rebelle de Benghazi. Kadhafi aura besoin de l’aide d’autres tribus que la sienne, dans une région située à 800 kms au sud de sa ville natale, aux marges du Sahara, pour mener une guérilla durable contre les nouveaux dirigeants à Tripoli.

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 06:51

 

 

 


 

Des dizaines de civils du camps de "réfugiés palestiniens" tués à Lattaquié - Bashar fait nettoyer le sang et planter des fleurs avant la visite de l'ONU

 

 

 Adapté par Aschkel -  © 2011 www.aschkel.info

 

 

maannews

 

Les forces syriennes se sont empressées samedi de détruire toutes les preuves de la répression et des effusions de sang qui se sont produites la semaine dernière à Lattaquié et qui ont tué des dizaines de palestiniens et en ont fait fuir d'autres avant l'arrivée de la délégation d'observation de l'ONU à DAMAS.

 

Des forces de la sécurité ont été réquisitionnées pour frotter et nettoyer le sang des rues et des murs du camp de "réfugiés" palestiniens de AL-Ramel avant l'arrivée de la mission inter-agence dans la ville portuaire, qui a été partiellement évacuée lors des attaques sanglantes.

 

Cette délégation a été envoyée de Genève en réponse à un rapport accablant du Conseil de Sécurité exhortant la fin de l'usage excessif de la force et le massacre des manifestants, la torture et les mauvais traitements de détenus et les disparitions forcées.

 

Un diplomate européen affirme que le nettoyage de dernière minute à Lattaquié ne fait que confirmer les soupçons de massacre et semble coïncider avec l'arrivée des fonctionnaires de l'ONU.

Il s'inscrit parfaitement avec les dires du régimes qui nie avoir attaqué le camp et tué plus d'une soixantaine de civils "palestiniens". Ce camps abrite des milliers de ces dits réfugiés palestiniens et sont enregistrés sur les fiches onusiennes. Des milliers d'autres ont été forcés de fuir les canonnières, déclare ce diplomate à Ma'an

 

Samedi Une équipe de télévision a été envoyée dans les rues propres et nettoyées et plantées de fleurs.

 

 

Par Hannah Patchett et George Hale

 

 

 

Ces syriens risquent leurs vies pour demander de l'aide à l'Onu, en accrochant des affiches sur un pont de Khan Sheykhun.

Une délégation de l'onu est bien passé en Syrie Mardi, pour observer la situation.

Bachar a fait nettoyer le sang des civils dans les rues et sur les murs de Lattaquié par exemple.

La délégation a donc été conduite dans des endroits propres et même fleuris, Bachar a fait replanter des fleurs.

Navy Pillay du Conseil de sécurité essaie d'attirer l'attention sur les exactions du boucher de Damas, mais rien n'y fait, les condamnations sont faibles, notamment provenant de la Ligue arabe.

On pourra compter sur les Russes pour bloquer les résolutions contre son ami Bachar.

 

Et puis l'ordre du jour à l'Onu est la condamnation Israël, toujours Israël...et la création d'un état terroriste.

 


 

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 14:02

 

Lybie - Fin de Kadhafi ?

 

Publié le 21.08.2011, 07h19 | Mise à jour : 22.08.2011, 00h27

Pour les rebelles, la fin de Kadhafi n'est plus qu'une question d'heures. 

 

Pour les rebelles, la fin de Kadhafi n’est plus qu’une question d’heures. |AFP/FILIPPO MONTEFORTE



 

Tout porte maintenant à croire que la bataille de Tripoli a fait vaciller le régime de Kadhafi. Déclenchée samedi soir par le Conseil national de transition, sous le nom de code «opération sirène», l’offensive menée dimanche par les rebelles sur le dernier bastion du régime a tenu ses promesses.

Et même si le gouvernement libyen ne s’avoue pas encore vaincu, les nombreuses images des insurgés signant un V comme victoire parlent d’elles-mêmes : la Libye vit un tournant décisif dans son histoire après 42 ans de pouvoir sans partage de Kadhafi.

Plus tôt dans la journée, l’Otan, venu en renfort, a entièrement bombardé le QG de Kadhafi et mené plusieurs autres frappes aériennes sur les lieux stratégiques. Les quartiers populaires de Tajoura et de souk Al-Jomaa, situés dans la banlieue est de Tripoli, sont rapidement passés entre les mains des rebelles. Les insurgés de l’Ouest libyen, arrivés en début de soirée dans la capitale libyenne, n’ont même pas rencontré de résistance. Bien au contraire. Des centaines de Tripolitains ont rejoint les rebelles dans la soirée sur la fameuse place verte de la capitale pour fêter la fin du régime de Kadhafi.
La contestation du peuple libyen avait débuté mi-février, après le soulèvement d’autres pays arabes (dans la Tunisie voisine et en Egypte).

0h15.  L’Otan exhorte Kadhafi à arrêter. Le secrétaire général de l’Otan dans un communiqué, estime que le régime est «clairement entrain de s’effondrer». «Plus tôt Kadhafi réalisera qu’il ne peut se battre contre son peuple, mieux ce sera». L’organisation atlantique appelle à une transition pacifique tout en précisant qu’elle poursuivra ses actions militaires avec le même but qu’au début de l’engagement de la coalition à la mi-mars.

23h53. Message de Kadhafi.
 Dans un message audio, Kadhafi appelle les Tripolitains à «nettoyer» la capitale des rebelles. On ne sait pas si ce dernier message est récent ou pas.  Il s’agit du troisième en 24 heures sans qu’on sache où ce dernier a été enregistré.

23h42. Kadhafi aurait fui en Algérie. D’après le porte parole du conseil de transition à Londres, cité par la chaîne d’information France 24, Kadhafi se serait réfugié en Algérie.

23h30. Intervention du porte-parole du régime. Malgré les scènes de joie sur la place verte de Tripoli, le porte-parole du gouvernement libyen Moussa Ibrahim, continue d’affirmer que «son régime est toujours fort et que des milliers de volontaires et de soldats sont prêts à se battre». Il fait état de 1 300 personnes morts à Tripoli depuis les dernières 24 heures.

23h13. Le fils de Mouammar Kadhafi , Seif al-Islam, a été capturé par les rebelles.

23 heures. Des drapeaux aux couleurs de la rebellion flottent sur une place verte noire de monde.

 

 

22h50. Scènes de liesse sur la place verte. D’après Sky News et la télévision Al Jazeera Arabic, les rebelles qui ont atteint le centre ville de Tripoli ont été rejoints par des centaines de personnes. «Des scènes sont incroyables», décrit le correspondant de Sky News sur place. «Il ya des centaines de gens qui sont sortis dans les rues pour saluer ce convoi de soldats rebelles. Vous pouvez les entendre chanter et danser».

22h40. La garde rapprochée du colonel Kadhafi se serait rendue, d’après Al Jazeera.

22h25. Radio rebelle à Tripoli. Les insurgés libyens viennent de mettre en service une radio rebelle à Tripoli. Ils commencent à diffuser des enregistrements de conversations sonores entre des soldats pro-Kadhafi, qui ordonnent l’exécution sommaire de manifestants anti-régime ainsi que leurs familles.
«91.1 FM Radio Tripoli débute ses émissions dans la soirée», indique le communiqué du Centre des médias du conseil militaire de Misrata.

22h15. L’ex numéro 2 ne donne pas cher de la peau de Kadhafi
. Pour l’ex-premier ministre libyen Salam Jalloud, le colonel Kadhafi ne pourra pas survivre très longtemps à Tripoli. «Il n’a plus aucun moyen de quitter Tripoli. Toutes les routes sont bloquées. Et il est déjà trop tard pour qu’il puisse trouver un accord avec la communauté internationale», affirme-t-il dans la presse italienne. «Je pense qu’il sera difficile pour Kadhafi de se rendre».

22h11. Kadhafi va rester jusqu’à la fin. D’après Abdullah Al-Senoussi, chef du Service de renseignement libyen, Mouammar Kadhafi aurait déclaré dimanche qu’il comptait bien rester à Tripoli «jusqu’à la fin» et appellerait encore ses partisans à travers tout le pays pour venir l’aider à libérer la capitale de l’offensive rebelle.

22 heures
L’Allemagne réclame le départ de Kadhafi. Dans une interview à la télévision ZDF, la chancelière allemande Angela Merkel affirme qu’il serait «bon que Kadhafi abandonne aussi vite que possible» et éviter ainsi de nouvelles effusions de sang. Si l’Allemagne a refusé de participer aux frappes aériennes de l’Otan en Libye, elle a toutefois reconnu le Conseil national de transition comme étant le seul représentant légitime de la Libye.

20h37. Pas de pronostic pour BHL. Sur BFM-TV, Bernard Henri-Lévy prend acte de la défaite de Kadhafi sans pour autant «vouloir faire de pronostic». «Ce qui se passe, d’après le philosophe très proche de la rébellion, ce n’est pas la bataille de Tripoli. C’est le soulèvement de Tripoli, un soulèvement intérieur des citoyens qui attendent cela depuis des mois.» «Six mois pour renverser 42 ans de dictature, ce n’est finalement pas si mal que cela.»

20 heuresUn bateau pour évacuer les étrangers. Un navire affrété par l’Organisation internationale pour les migrations, le Tasucu, doit quitter dans la soirée le fief de la rébellion, Benghazi, pour rejoindre Tripoli et procéder à l’évacuation près de 300 ressortissants étrangers. «Nous envisageons d’affréter d’autres bateaux pour évacuer les milliers de migrants étrangers qui restent coincés à Tripoli», précise un responsable de l’OIM.

19h48. Premier bilan. Le gouvernement libyen estime que 376 personnes ont été tuées depuis samedi soir au cours des affrontements dans la capitale.

19h40. Les rebelles de l’Ouest libyen sont entrés dans Tripoli.

 

 19h37Un journaliste de CNN qui se trouve dans l’hôtel Rixos raconte sur son compte twitter que tous les journalistes portent désormais un gilet pare-balles.

19h33. Un hôtel qui héberge la presse sous les balles. Des hommes fidèles à Kadhafi, armés de kalachnikov, sont postés devant l’hôtel Rixos où se trouve bon nombre de journalistes. Ils tiraient en direction de l’est, probablement vers des rebelles. Des reporters sortent des draps blancs sur lesquels est écrit «TV» pour indiquer leur présence et éviter d’être pris pour cible. Les journalistes ont reçu des laissez-passer de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en vue d’une éventuelle évacuation par mer.

19 heures. Les renforts arrivent de l’Ouest. Des rebelles libyens venus des montagnes de Nefoussa dans l’Ouest sont désormais à seulement 12 km de la capitale. Le convoi d’une centaine de véhicules est accueilli sur la route par des scènes de liesse et des tirs de joie.

VIDEO. Les insurgés arrivent dans la capitale libyenne

 

Libye : arrestation de Saïf el-Islam. Al-Saïdi Kadhafi serait encerclé
dimanche 21 août 2011 - 23h03
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http://mediarabe.info/spip.php?breve3229

Les révolutionnaires affirment avoir arrêté les deux fils de Kadhafi, Saïf El-Islam, dans une villa située dans la rue Omar Mokhtar. Le commandant de la Défense aérienne de Kadhafi a également été arrêté. Al-Saïdi Al-Kadhafi serait encerclé dans un hôtel de la banlieue de Tripoli. Le fils du chef des renseignements, Abdallah Sannoussi, a été tué. Un cousin de Kadhafi a lancé un appel à toutes les forces armées pour cesser les combats, rendre les armes et rejoindre les révolutionnaires. Aucune résistance n’est signalée dans la majeure partie de Tripoli après la chute des bases militaires (armée de terre et forces aériennes) à l’est et à l’ouest de la capitale. Les révolutionnaires sont entrés de plusieurs axes et ont réalisé une jonction au centre de Tripoli, avant de se diriger vers la base fortifiée de Bab Al-Aziziya. Selon un témoin libyen interrogé à l’instant par la télévision « Al Arabiya », le colonel Kadhafi a demandé l’autorisation de se rendre en exil en Algérie, mais Alger n’a pas encore donné son accord. Kadhafi serait réfugié dans une localité frontalière avec l’Algérie, non loin de Gadamès. (NDLR : Ce qui pourrait justifier l’accrochage entre un groupe armé libyen et les forces de sécurité tunisiennes, vendredi, dans la région frontalière algéro-tuniso-libyenne.

© Nos informations, analyses et articles sont à la disposition des lecteurs. Pour toute utilisation, merci de toujours mentionner la source « MediArabe.info »

 

 

Libye : les révolutionnaires sur la Place Verte, à Tripoli. La brigade de protection de Kadhafi se serait rendue. Les révolutionnaires auraient arrêté Saïf el-Islam
dimanche 21 août 2011 - 22h50
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Selon les informations relayées par les télévisions arabes, mais qui attendent confirmation, les révolutionnaires libyens sont déjà arrivés sur la Place Verte, au cœur de Tripoli. D’autres informations font état de l’arrestation de Seïf El-Islam Al-Kadhafi, le fils du Guide. D’autres proches et membres de la famille Kadhafi seraient encerclés dans un hôtel de Tripoli. Enfin, des informations non-confirmées soulignent que la brigade chargée de la protection rapprochée du colonel Kadhafi se serait rendue aux révolutionnaires, sans combattre. Pendant ce temps, la télévision libyenne annonce que des problèmes techniques l’empêchent de diffuser ses programmes. Les révolutionnaires pensent que le colonel Kadhafi a déjà quitté le pays vers un pays africain, probablement le Tchad, ou dans un lieu souterrain protégé dans le sud de la Libye.

 

 

Libye : de violents combats à Bab Al-Aziziya, fief de Kadhafi
lundi 22 août 2011 - 07h41
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Selon les télévisions arabes, de violents combats se déroulent ce matin autour du principal fief de Kadhafi, à Bab Al-Aziziya. Plus tôt, des sources médiatiques avaient estimé que Kadhafi se trouvait dans un hôpital du quartier de Tajoura, où de violents combats avaient opposé ses partisans aux révolutionnaires, la nuit dernière. Ce matin, tout semble indiquer que le colonel Kadhafi se trouve dans sa base fortifiée de Bab Al-Aziziya. Une source proche des révolutionnaires n’exclut cependant pas que Kadhafi soit réfugié ailleurs et qu’il commandite ces combats à Tajoura et à Bab Al-Aziziya afin de brouiller les pistes

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 13:59

 

 

 

 

 

ANALYSE-A-LA-UNE

 

Les priorités sécuritaires du Sud d’Israël, au métronome de l’instabilité en Egypte ?


 

 

Par Marc Brzustowski

 

 

Pour © 2011 lessakele et © 2011 aschkel.info 

 

Israël n’a pas de stratégie ! C’est, du moins, ce que pense Nahum Barnéa, dans un éditorial d’ynetnews. D’énormes moyens technologiques, mais pas de réel talent pour les mettre en musique avec la maestria d’antan. Cela s’est vérifié au Liban, en 2006, et l’on en vit le contrecoup, actuellement : à force d’éviter de « tomber dans le piège »  du cycle provocation-représailles, la dissuasion recule. Entretemps, « Plomb Durci » a été comme un regain d’orgueil et de mise au pas, avant retour aux savants calculs diplomatiques. C’est qu’on joue au mikado avec le pouvoir instable du Caire et l’huile sur le feu des révolutions, versée conjointement par l’Iran des Ayatollahs et les Frères Musulmans…

 

 On a dénombré au moins 15 tirs de roquettes contre Israël, au cours de la nuit précédente, mais pas une mouche qui vole depuis une piste d’envol israélienne, au petit matin. Principe de la trêve unilatérale, avant déclaration unilatérale, pourrait-on ironiser.

 

Plus prosaïquement, mais aussi alarmiste, Netanyahou et le nouveau chef d’Etat-major se sont contentés de faire « passer le message » à la Junte égyptienne, chargée de mettre au pas les groupes jihadistes et d’attendre leur bon vouloir de faire graduellement baisser l’intensité de volume. Pas plus que Guilad Shalit n’a été libéré par ces entremises, on ne doit s’attendre à ce que la population du Sud cesse d’être l’otage de ces tractations.

 

A titre d’échantillon, 3 des principaux chefs et opérateurs des Comités populaires de la Résistance et du Jihad islamique ont, néanmoins, été rapidement localisés et rayés des organigrammes. Mais atteindre des cerveaux, surtout dans l’immédiat après-coup,  n’enraie pas l’infrastructure souterraine qui leur a permis de duper toutes les « prévisions », à la date du 18.

 

Si, dans les heures à venir, deux des groupes récalcitrants, le Jihad Islamique en tête et les Comités populaires de la résistance, continuent de narguer Tsahal, célébrant leur « d.ivine victoire », façon Hezbollah, par de nouvelles salves, on peut s’attendre à ce que la pression de la rue devienne vite insupportable pour le tandem des décideurs (Netanyahou-Gantz). Ils tentent de convaincre les autres membres du cabinet restreint -au double-sens du terme- du bien-fondé de leur « vision » (s’il y en a une) de long terme. Ehud Barak, qui s’était, entretemps, métamorphosé en « coupeur de têtes » terroristes, devrait, assez souplement s’y plier et donc, remiser sa langue dans sa poche.

 

Il faut aussi être clair : une réoccupation de Gaza requerrait, après opération musclée, la permanence de 10 000 soldats à tous les coins de rue de Gaza-City. C’est soutenable, parce que cela s’est déjà vu. Mais cela n’offre aucune perspective de long terme. Sauf à offrir en cadeau de noces ce territoire qu’il a perdu en 2007, à Mahmoud Abbas, pour l’inciter à multiplier les provocations à l’international, tout en risquant d’être renversé par des forces reconstituées autour du Hamas ou du Jihad « glocal », un peu plus tard. Quoi qu’il en soit, Israël cherche à ne pas amplifier la pression diplomatique et médiatique, à l’aube du 20 septembre, devant l’ONU, pour s’assurer que la situation sur le terrain reste foncièrement similaire, malgré un rehaussement de la représentation symbolique de l’AP dans ces instances. Laquelle ne maîtrise absolument rien d’autre, sauf à suivre les injonctions du Fatah de rejoindre « la lutte armée », vieux mot d’ordre d’un appareil sur le déclin.

 

Le Jihad a ouvert une nouvelle brèche : l’axe Sinaï-Néguev, à partir de la Bande de Gaza, le centre de commandement de ses opérations. Son isolement relatif antérieur s’est grandement amélioré de l’interface avec les chefs de tribus du Sinaï et leurs hôtes, trafiquant et seigneurs de guerre de tout l’Orient entre Gibraltar et Téhéran. C’est donc  cet Alien en voie de mutation qui, à l’heure qu’il est, dispose de la profondeur stratégique pour mettre en péril le traité de paix avec l’Egypte de Sadate en 1979. Il apparaît clairement que cet accord de « paix froide » est l’objet réel de toutes les attentions. On compte sur l’aide américaine massive au Caire et la détermination de l’armée à conserver ses prébendes essentielles, au-delà des élections d’octobre-novembre, pour que cet état de fait perdure sur le terrain, malgré les tentatives de détournement des Frères Musulmans et de leurs alliés de Gaza.

 

A l’aune de la révolution du square Tahrir (il y a… 7 mois) et en toute éventualité, il semble, a relire la tragédie du 18 août, que la planification sécuritaire aurait dû mettre un soin particulier à sécuriser la frontière du Sinaï. Lenteurs bureaucratiques, rivalités au sommet pour le poste (affaires Galant-Gantz, dont on paie les premiers arriérés aujourd’hui), autres chats à fouetter, ni l’Aman d’Aviv Kochavi, ni l’Etat-Major de Benny Gantz n’ont particulièrement insisté sur ces failles, visibles à l’œil nu du terroriste un tant soit peu avisé et organisé. Deux solutions techniques de moyen terme sont mises en avant : poursuivre le développement de la barrière de sécurité, dotée de détecteurs électroniques, sur les 180 kms qui ne sont actuellement pas couverts. Et s’en remettre à la production du Dôme de fer, par l’adjonction de pièces supplémentaires d’ici la fin 2011. Les patrouilles seront sûrement renforcées sur les points sensibles. Ce faisant, c’est un aveu de faiblesse aux yeux des assaillants et d’improvisation dans la planification.

 

L’Egypte commence à renforcer sa présence dans le Sinaï. Il est vrai qu’elle a lancé une première opération de grande envergure, après avoir offert Moubarak en pâture aux télévisions-guillotine, avides de tête à trancher (Fernandel dans « François 1er »). Israël, par l’entremise américaine en était parfaitement informé. Là encore, l’écume d’une vague terroriste, évacuée vers Israël à cause du rouleau-compresseur de l’armée égyptienne, était prévisible. Cafouillage : on le savait, mais ne s’y attendait pas en plein jour. Mais cela n’explique rien du niveau de préparation des tueurs coordonnés du jeudi 18 août. L’attentat complexe était planifié de longue date, les opérateurs étaient parfaitement préparés à frapper au moment opportun, celui-là en valant, qualitativement, un autre. Ils ont bénéficié de complicités et de couverture au poste-frontière. Ce paramètre de l’islamisation progressive de certains cadres de l’armée en Egypte entre dans les bases de données, même si le phénomène n’atteint pas l’ampleur des 50% d’officiers pro-Hezbollah dans les renseignements et les forces libanaises, au nord.

 

Mais la diplomatie militaire fait qu’Israël a intérêt à appuyer en profondeur la tentative de la Junte de reprendre le contrôle du territoire, sans donner trop d’arguments à la rue du Caire d’incendier plus de drapeaux et d’exiger le départ de l’Ambassadeur israélien. Pour Washington, et sûrement Paris et Londres, après l'écroulement de Kadhafi, il s'agit d'une priorité : ne pas permettre à Al Qaeda de contaminer le nouveau conseil libyen et d'infecter par métastases Le Caire...

 

Ce n'est pas une vue de l'esprit : après l'élimination de Ben Laden, deux noms ressortent au top de l'organigramme : le nouveau PDG de la multinationale, Ayman Al-Zawahiri, l'Egyptien, et son chef des opérations, l'autre égyptien Saïf al Adel, ancien officier de l'armée d'Egypte (qui peut y avoir conservé des contacts), lancé en Afghanistan dans les jambes de l'OTAN, par l'Iran, dès octobre 2010. On pourrait voir sa cosignature (avec d'autres, expériementés, comme le Hezbollah, alias Al Qods iranien) dans la configuration complexe d'Eilat -de type "Mumbaï 08". Lorsque les prisons ont été prises d'assaut par la foule, durant le "printemps", ce fut pour mieux laisser s'évader de nombreux cadres du Jihad islamique égyptien, le parti qui assassina Sadate (donc le signataire du traité) et dont le guide spirituel n'est autre... qu'Al Zawahiri. Penser que les Jihad islamiques d'Egypte et de Gaza n'ont strictement rien à voir l'un avec l'autre, qu'il s'agit d'une pure homonymie, relèverait de l'aveuglement volontaire. Résumons-nous : Hamas pour les Frères Musulmans, Jihad Islamique égypto-gazaouï -qui n'est qu'une émanation radicale du précédent- pour Al Qaeda et l'Iran, dans leur front commun anti-américano-sioniste... ça colle et risque de faire d'immenses dégâts dans le gruyère des "révolutions". 

 

A l’extrême, Israël pourrait, en cas de besoin, réaliser une poussée de tanks dans le Sinaï contre une armée régulière, pas se lancer dans un second Liban au Sud, pour déloger des montagnes centrales les nouveaux Taliban qui s’y sont installés. La « coopération froide » avec la Junte, reste la voie de la sagesse, surtout vue de Washington… L'idée de réinvestir le Sinaï en totalité est saugrenue, sauf à ce que l'actuel pouvoir s'effondre définitivement, et que les Frères Musulmans réalisent le coup d'état dont ils rêvent. Il n’empêche que l’armée d’Egypte n’a, peut-être pas la volonté ni les moyens de reprendre, mètre par mètre, les montagnes du Sinaï central, nouveau bastion d’Al Qaeda dans la Péninsule. Encore moins ceux d'isoler la Confrérie islamiste au sein de l'opinion. Et pas plus, elle n'éprouve le besoin d'alimenter la brouille avec l'Iran, comme du temps de la rupture sous l'ancien Raïs.

 

Le véritable problème, lié à ces dispositions à l'indécision dans la Junte, est qu’il s’agit d’un pouvoir transitoire extrêmement sensible aux poussées de la rue.

 

D’autre part, la stratégie d’Israël semble ancrée à des modèles déjà obsolètes, où les principaux adversaires demeurent l’Autorité Palestinienne, pour les assauts diplomatiques, et le Hamas, pour la maîtrise relative des factions plus radicales à Gaza. Il suffirait de faire pression sur Haniyeh, par Le Caire interposé, pour qu’il comprenne son intérêt à contrôler les départs de feu et à maintenir un calme relatif : thèse de la « boîte postale ».

 

Mais le « monopole de la violence légitime » (ici, illégitime) est en train de glisser entre les mains d’outsiders. Ils n’ont rien d’anarchiques dans leurs coups de sonde des failles sécuritaires israéliennes. Ils réagissent aux impulsions de l’actualité internationale (chute de Kadhafi, sanctions contre Assad, déboires du Hezbollah au Liban…). Ils ont profité des mois et années de no man’s land sécuritaire pour établir leurs bases, centres de liaisons et de passage, à travers tout le Sinaï (deux fois la taille d’Israël) jusqu’en Libye et au Soudan. Leurs commanditaires à Téhéran et Damas, ont pour objectif de saper définitivement le traité de paix avec l’Egypte et de prendre le contrôle des forces radicales à chacune des frontières d’Israël. Peu importe les foules en colère, dans chacun des pays concernés, il suffit d’en massacrer une quantité suffisante, pour que le bras de fer se poursuive… Ils jouent des hésitations de leurs ennemis pour ajouter aux troubles et délégitimer les pouvoirs trop « tièdes » sur leur passage.

 

Le « blitz » de ces derniers jours est le fruit d’une opération de subversion iranienne qui surfe sur les conséquences incertaines et l’absence de perspective des « révolutions  arabes ». Elles déstabilisent les coalitions hétérogènes de substitution aux anciens régimes autoritaires et clouent Israël dans la posture de citadelle assiégée, en manque total d'initiative, en panne de créativité... Surtout, elles laissent les Etats-majors sans solution de rechange que le « wait and see », offrant une « autoroute » aux expéditions terroristes. Ces groupes (CPR/J.I) se sont surarmés entraînés, bénéficient d’instructeurs Pasdaran et du Hezbollah. Ces nouvelles milices tirent parti des erreurs de leurs aînés (comme le Hamas en janvier 2009), bien qu’elles soient encore en apprentissage.

 

L’attentisme, au nord depuis août 2006 et au Sud, depuis décembre 2010, résulte aussi de la perte de coopérants fiables au sein des renseignements de certains pays arabes, comme l’Egypte. Elle laisse place à la percée des agents des pouvoirs qui n’ont rien à perdre, à miser tout leur savoir-faire dans le détournement du courant des révolutions. 

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 14:54

 

 

 

Le point de vue de Dario S. (Mediarabe.info)

La seule promesse tenue par Bachar Al-Assad, ses alliés et ses protégés : mettre la région à feu et à sang. L’Irak, la Turquie et Israël sont les premières cibles

Le Liban et le Golfe retiennent leur souffle

jeudi 18 août 2011 - 22h41, par Dario S. (Rome)

 

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En avril 2007, Bachar Al-Assad avait prévenu le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, reçu à Damas, que la Syrie mettrait la région à feu et à sang si la communauté internationale s’en prenait à son régime, ou si elle se sentait menacée par la justice internationale dans l’assassinat de Rafic Hariri. Depuis le début du soulèvement populaire syrien, les attaques terroristes se multiplient. Y a-t-il un lien de cause à effet ?


Bachar Al-Assad multiplie les promesses à son peuple et à la communauté internationale : accélération des réformes, démocratisation et respect des libertés, arrêt de la répression et retour de l’armée aux casernes. Mais sur le terrain, aucun de ces engagements pris n’a été constaté. Bien au contraire, la liste des victimes de la répression s’allonge, avec une moyenne de 20 morts par jour. Ce qui justifie la saisine de la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité.

Déjà, sous les pressions françaises notamment, Assad avait promis de reconnaître la souveraineté du Liban, d’échanger des ambassades avec Beyrouth, de délimiter les frontières et de respecter les résolutions internationales relatives à l’arrêt des trafics d’armes en directions des milices et autres groupes terroristes, comme les organisations palestiniennes et le Hezbollah. De toutes ces promesses, seule l’ouverture d’une ambassade à Beyrouth a été réalisée, une manœuvre pour remplacer, légalement, l’occupation.

Mais de toutes les promesses syriennes, la plus importante a être tenue est celle qui fut faite à Ban Ki-Moon, le 24 avril 2007, quand Bachar Al-Assad avait prévenu le secrétaire général des Nations Unies qu’il mettrait la région à feu et à sang (Pour rappel, cliquez-ici pour lire ou relire le compte-rendu de la rencontre Assad- Ban Ki-Moon)

En effet, à travers ses alliés et ses protégés, la Syrie semble avoir mis ses menaces à exécutions. Depuis le début de la contestation à Deraa, le 15 mars dernier, les Palestiniens proches de Damas ont multiplié les provocations pour pousser Israël à se lancer dans une nouvelle guerre susceptible de détourner l’attention et de permettre à Assad d’achever son peuple. Ainsi, des dizaines de missiles ont été lancées sur Beer-Sheva, dans le Neguev, pendant des semaines depuis le 17 mars ; un attentat suicide a frappé Jérusalem, fin mars ; un projectile antichar a visé un bus scolaire à Ashkelon, début avril ; des Palestiniens de Syrie, acheminés par le régime, ont franchi la zone démilitarisée dans le Golan, en juin...). Faisant part d’une grande retenue, et refusant de jouer le jeu syrien, l’Etat hébreu a rendu furieux le régime syrien, au point que le cousin d’Assad, Rami Makhlouf, ose lier la sécurité d’Israël à la stabilité de la Syrie. Selon plusieurs activistes syriens, « les propos de Makhlouf ont nui au régime syrien ». Car, estiment-ils - à tort ou à raison - que « le financier du clan Assad a indirectement confirmé la complicité qui a toujours existé entre Damas et Tel-Aviv... ». Ses déclarations à la presse américaine n’étaient en fait, selon les opposants syriens, qu’« une façon à peine détournée d’appeler les Israéliens au secours du clan Assad, moyennant la perpétuation du calme au Golan ».

L’échec de la tentative de Makhlouf semble avoir obligé Assad à changer de stratégie. Désormais, il vaut que toute la région sombre avec son régime. Ce qui explique la multiplication des attentats contre l’armée turque menées par le PKK, que Damas exploite pour neutraliser Ankara. Les attaques coordonnées en Irak, qui frappent simultanément une quinzaine de villes et font plus de 70 morts et 300 blessés en quelques minutes, seraient aussi l’œuvre de services étatiques, selon des experts irakiens. Selon le quotidien « Asharq Al Awsat », « Al-Qaïda n’aurait pas les moyens de réaliser des attaques de cette ampleur, même si l’envie ne lui manque pas ».

La conclusion du quotidien « Asharq Al Awsat » pourrait également s’appliquer aux attaques menées ce jeudi à Eilat, tuant sept Israéliens. Car, selon plusieurs observateurs, « les terroristes n’auraient pu mener leur attaques coordonnées sans le soutien logistique de services étatiques ». Or, le Caire, qui a démenti que l’attaque ait été menée depuis le territoire égyptien, mène une vaste opération contre les terroristes dans le Sinaï et renforce son dispositif sécuritaire et militaire dans la presqu’île. Les forces de l’ordre ont arrêté quatre terroristes ces dernières heures, qui planifiaient le sabotage du gazoduc desservant l’Etat hébreu. Ce qui exclut logiquement une complicité égyptienne dans l’attaque d’Eilat. Rappelons aussi que l’Egypte a annoncé, le 17 août, l’arrestation de Massaad Abdelrahim Charif, membre de la fameuse cellule du Hezbollah condamné à 10 ans d’emprisonnement, et qui s’était échappé de sa prison en compagnie de ses complices lors de la révolution contre Hosni Moubarak.

Au moment où Israël ripostait contre Gaza, ce jeudi soir, faisant au moins six morts, le Hamas palestinien a démenti toute implication dans les attaques au bord de la Mer rouge. Selon un porte-parole du mouvement islamiste, « Gaza n’a rien à voir avec les événements », sans pour autant les condamner.

Dans ces conditions, et au moment où la Maison Blanche annonçait le renforcement des sanctions contre le régime syrien, et invitait Assad à démissionner, et au moment où la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et le Canada notamment, pressent Assad à quitter le pouvoir, les forts soupçons qui planent sur la Syrie dans les attaques d’Eilat deviennent plausibles. Directement, ou par l’intermédiaire de l’Iran, du Hezbollah, d’Al-Qaïda ou des organisations palestiniennes (FPLP, Jihad islamique, Comités populaires...), la Syrie aurait réédité en Israël l’expérience irakienne, déjà rodée au Liban durant trois décennies. Jamais le régime syrien n’a autant usé de son terrorisme d’Etat, et menace actuellement le Liban et les monarchies du Golfe. Le premier pour le sanctionner d’avoir revendiqué sa liberté et réclamé une justice internationale qui resserre son étau sur le Hezbollah et ses commanditaires ; les seconds pour avoir autorisé leurs médias à couvrir l’intifada des Syriens. Particulièrement, l’Arabie saoudite est dans le collimateur de l’axe syro-iranien depuis que le Roi Abdallah ait appelé, la semaine dernière, le président Assad à cesser la répression.

Ainsi, l’unique promesse prise par Assad, en onze ans de pouvoir, et qui est respectée - parmi tant d’autres oubliées - est celle qui répand le chaos dans la région. Damas a toujours affirmé détenir les clés des solutions dans la région, reconnaissant de facto qu’il provoque sciemment les crises pour proposer ses services ! Il était donc temps que la communauté internationale mette un terme à ce chantage et qu’elle arrête de caresser la bête dans le sens du poil pour éviter ses griffes. Avant que le peuple syrien n’en paie le prix, ces six derniers mois, le monde libre a déjà payé très cher sa complaisance avec le Baas syrien : au Liban depuis 1976, et en Irak depuis 2003 particulièrement.

Dario S.

© Nos informations, analyses et articles sont à la disposition des lecteurs. Pour toute utilisation, merci de toujours mentionner la source« MediArabe.info »

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 16:59

http://www.israel7.com

Depuis quelques jours, l’armée syrienne fait irruption dans des villes du nord du pays près de la frontière avec la Turquie. Craignant des vagues de réfugiés en direction de la Turquie, le chef d’état-major a décidé de mobiliser des troupes de réservistes et les déployer les long de la frontière entre les deux pays. Selon un quotidien turc, tous les officiers qui ont quitté l’armée durant les cinq dernières auraient été rappelés au service. Le gouvernement turc veut aussi éviter que l’armée syrienne ne s’approche trop de la frontière.

 
Par ailleurs, Ankara craint une intervention des forces de l’OTAN contre Bachar El-Assad, car la Turquie tient à jouer le rôle de « pacificateur » dans la région sans faire intervenir des pays occidentaux « qui diviseraient encore d’avantage le monde musulman ». Cela fait aussi partie de la volonté turque affirmée de manière à peine voilée de s’emparer du leadership du monde musulman.

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 18:24

DEBKAfile Reportage spécial 10 août 2011, 8:44 PM (GMT+02:00)

 

 

Pour © 2011 lessakele et © 2011 aschkel.info 



Tags:  Bashar Assad     Syria    Turkey    US sanctions    NATO   Iran 

 

 

Les tanks syriens en action près de la frontière turque.

 

Moins de 24 h après que le Ministre des Affaires étrangères turques Ahmet Davutoglu soit venu livrer à Bachar Al Assad à Damas, un « dernier avertissement », pour qu’il stoppe le massacre ou il en paierait les conséquences, Assad a démontré froidement qu’il n’est pas le moins du monde effrayé par la perspective d’une intervention militaire ou dissuadé par la mise en garde qu’il risque le même sort que Mouammar Kadhafi –c’est-à-dire une attaque de l’OTAN. Le jour suivant le départ de son hôte, mercredi 10 août, il a lancé plusieurs assauts militaires contre trois villes de la région de la frontière turque.

 

 

Des tanks, des véhicules blindés et des unités de l’infanterie motorisée ont pénétré dans Taftanaz et Sermin, dans la province d’Idlib, à moins de 30 kms de la frontière, alors que les troupes entraient dans Binnish, une ville carrément à cheval sur la frontière.

 

Cette manœuvre fut aussi la réplique d’Assad à la diffusion du rapport de l’Administration Obama de la nuit de mardi, que dans les heures à venir, Washington appellerait, pour la première fois, à la démission d’Assad, de la même façon que l’ordre de marche que les Etats-Unis ont donné au Président Hosni Moubarak et au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.  


Cette stratégie (américaine) est jusqu’à present dans le rouge, alors qu’un seul est tombé (Moubarak) et que deux (Kadhafi et le Président yéménite Abdullah Ali Saleh) doivent encore quitter leurs fonctions. Assad espère rejoindre le second groupe, même si tous devaient en sortir après une répression sauvage. Il n’a pas seulement balayé d’un revers de main l’exigence de Davutoglu au nom de la Turquie, membre de l’OTAN, de mettre un terme à ses opérations militaires contre les civils, il les a étendues, mercredi, de la façon la plus provocante qui soit. Le cinquième mois de conflit entre l’armée syrienne et les rebelles est entré, désormais,  dans sa semaine la plus sanglante, qui fait rage sur trois fronts : dans le nord, depuis mercredi, sur la frontière turque à l’Est, où les tanks syriens et les forces de l’artillerie frappent contre les villes de Deir al-Zour et d’Abu Kamal, près de la frontière irakienne, et contre deux centres de l’insurrection, dans les banlieues de Damas de Duma et Kharasta.

 

 

Assad a été conforté, selon les sources militaires et du renseignement de Debkafile, par la faiblesse apparente qu’il a relevée chez le Ministre des Affaires étrangères turques, quand ils se sont entretenus mardi. Le dictateur syrien n’a retenu que l’impression que le Premier Ministre turc Tayyip Erdogan hésite encore sur la décision d’ordonner à son armée de franchir la frontière syrienne et, donc, de frapper tant que le fer est chaud. En concentrant des unités aussi près de la frontière turque, assad a aussi gagné un avantage au cas où Erdogan décidait de l’envahir.

 

Assad a découvert un autre signe de faiblesse quand Erdogan s’est permis de rapporter que son Ministre des affaires étrangères avait obtenu la promesse de Damas de procéder à des réformes politiques et a cru pouvoir prendre pour lui que les tanks se retiraient d’Hama. Il n’a été fait aucune mention du nombre de civils tués auparavant ni des exécutions publiques sur leprincipal square de la ville. Le Premier Ministre turc semble avoir oublié que toutes les dernières promesses de réformes émanant d’Assad se sont avérées creuses.

 

Selon nos sources, le Président a reçu de nouvelles garanties iraniennes, mardi dans la nuit, d’apport d’un bouclier de missiles dans l’éventualité d’une attaque par la Turquie ou les forces de l’OTAN. Cela équivaut à la promesse que les missiles iraniens prendraient les bases aériennes du Moyen-Orient pour cibles d’où les avions d’attaque devraient s’envoler et que l’Iran enverrait ses troupes à la rescousse de l’armée syrienne.

 

Par conséquent, Assad se sent libre de ne pas tenir compte des nouvelles sanctions que les Etats-Unis ont imposé de façon ferme, mercredi dans la nuit, contre la plus grande banque commerciale syrienne, la Banque Commerciale de Syrie, et sa filiale délocalisée au Liban, sous l’injonction exécutoire présidentielle de viser ceux qui participent à la prolifération des armées de destruction massive et leurs soutiens. Un ordre séparé a désigné Syriatel, le plus grand opérateur téléphonique du pays, pour son soutien aux violations des droits de l’homme en Syrie.

 

Il n’a pas été plus embarrassé par son isolement croissant dans le monde arabe, à la suite du rappel des ambassadeurs des pays du Golfe à Damas, dans le sillage de l’Arabie Saoudite, en signe de protestation contre l’effusion de sang sans retenue, que l’éventualité d’une frappe de l’OTAN ne l’a fait changer de cap.

 

 

Il a observé l’OTAN  mis en échec au cours de sa campagne aérienne en Libye, au bout de six mois, qui n’a réussi ni à déloger Kadhafi ni à détruire son armée. Cela a eu, au contraire, l’effet inverse de renforcer ce régime. Tout comme pour l’aide occidentale aux rebelles syriens, les forces gouvernementales sont parvenues à saisir la plupart des armes et des cargaisons d’aide logistique convoyée en Syrie. 

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 16:15

 

 

 

 

La rivalité turco-iranienne en hausse

par Daniel Pipes
25 juillet 2011

http://fr.danielpipes.org/blog/2011/07/rivalite-turco-iranienne

Version originale anglaise: Turkish-Iranian Rivalry on the Rise
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

  Soyez le premier de vos amis à indiquer que vous aimez ça.

La Turquie et l'Iran sont deux des plus importants, des plus centraux, avancés, et influents pays du Moyen-Orient, et leurs gouvernements ont une histoire de rivalité remontant aux périodes des Séfévides [1501-1732][pour l'Iran] et des Ottomans [1302-1924][pour les Turcs] et à une période aussi récente que les années 1990. La dernière décennie, cependant, a été un moment de bonnes relations alors que les deux pays faisaient l'expérience de l'islamisme.

Je vois, cependant, que les tensions entre ces deux poids lourds régionaux sont en augmentation et je prédis qu'elles vont continuer à augmenter, avec Dieu sait quelle issue. Cet article du blog note, en ordre chronologique inverse, certains des développements les plus intéressants dans leurs relations.

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Hezbollah: le 30 avril, Süddeutsche Zeitung, a cité des diplomates occidentaux disant que les autorités turques avaient arrêté un camion contenant une importante cargaison d'armes destinées au Hezbollah à Kilis, près de la frontière de la Turquie avec la Syrie. (4 août 2011)

Syrie: le 31 mars, Ankara a informé le Conseil de sécurité de l'ONU au sujet de la saisie d'une cargaison d'armes , répertoriée comme "pièces automobiles de rechange", que les Iraniens ont essayé d'exporter sur un avion à destination de la Syrie.

De façon plus générale, l'ex espion de la CIA, connu sous le nom de Reza Khalili note comment les deux régimes ont répondu de façon différente à l'insurrection syrienne contre Bachar al-Assad: « les manifestations en cours en Syrie ont inquiété les dirigeants iraniens. La survie du dictateur syrien,. Bachar al-Assad, est essentielle pour le régime dictatorial islamique de Téhéran parce que la Syrie sert de porte d'entrée à l'expansion de pouvoir de l'Iran au Moyen-Orient et à ses politiques extrémistes contre Israël et les Etats-Unis. » En revanche, « la Turquie voisine a dénoncé le massacre syrien. Des milliers d'habitants remplis de crainte des régions du nord de la Syrie ont trouvé refuge en Turquie. »

Khalili rapporte que

Un article récent publié dans le magazine hebdomadaire Sobh'eh Sadegh, l'un des médias des Gardiens de la Révolution, avertit sévèrement la Turquie contre sa position vis-à-vis de la Syrie, soulignant que l'Iran est carrément avec le régime d'Assad. L'article, intitulé «la position sérieuse de l'Iran face aux événements syriens », a mis en garde que «Si les responsables turcs revendiquaient leur comportement d'opposition et s'ils continuaient dans leur voie actuelle, de graves questions ne manqueraient pas de suivre. Nous serions mis en position d'avoir à choisir entre la Turquie et la Syrie. La justification de la Syrie à se défendre de refléter des perceptions idéologiques devrait faire pencher l'Iran à choisir la Syrie. »

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 16:00

 

 

 

Le soulèvemennt syrien   : implications pour Israël

 

 

Eyal Zisser

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

jcpa

 

Remarque : cette conférence date du 16 juin. Entretemps, les évènements n'ont fait que se précipiter un peu plus en Syrie. Certaines données utilisées, à l'époque, sont à réactualiser : notamment, la participation de certaines villes et minorités au soulèvement ( ex : Kurdes), les massacres de Deraa, Hama et ailleurs ; des manifestations plus près des "centres" : Damas, Lattaqiyeh, Alep ; l'implication plus régulière de la Turquie, à la frontière-Nord, ou la publication de documents certifiant la main du régime dans l'organisation des journées de la Nakba et de la Naksa. Hormis ces points de "détail", la perspective historique mérite qu'on s'y arrête.

 

Aschkel et Gad.  

 

  • En Syrie, l’histoire a pris le tournant de l’émergence de groupes sociaux depuis la périphérie et à leur lutte pour accéder au pouvoir et conquérir le centre. L’apparition du parti Baath et de la dynastie des Assad, dans les années 1960 a impliqué une coalition de forces venues de la périphérie, conduite par les Alaouites, mais beaucoup d’autres les ont rejoint qui, tous, provenaient de la périphérie. Aujourd’hui, pour des raisons socio-économiques, la périphérie s’est retournée contre le pouvoir.

 

  • Avant l’insurrection, Les mouvements radicaux islamistes du Moyen-Orient soutenaient Bachar al-Assad. La plupart des Frères Musulmans le soutenaient –en Jordanie, en Egypte ainsi que le Hamas . Désormais, ils lui tournent le dos, conduits par le Cheikh Youssouf al-Qaradawi, dirigeant des Frères Musulmans à l’échelon global, qui leur rappelle qu’après tout, Bachar est un alaouite et qu’il est porté par le camp chi’ite.

 

  • La Turquie , sous la férule du Premier Ministre Erdogan, était devenue une alliée proche de la Syrie. Mais Erdogan n’émet aucune réserve en ce qui concerne la possibilité que des radicaux islamistes puissent arriver au pouvoir en Syrie, si jamais Bachar tombe. Au contraire, les radicaux sunnites et les Frères Musulmans syriens sont les alliés proches d’Erdogan, tout comme le Hamas. De sorte que la Turquie n’a rien à perdre si Bachar tombe.
  • Si Bachar tombe, il est probable que la situation sera identique à celle des décennies précédentes, avec un régime centrale très faible. Cela pourrait conduire à des incidents de frontières avec Israël, mais pas à une guerre, avec des actes terroristes qu’un régime faible ne pourra empêcher.
  • L’opposition syrienne finira probablement par l’emporter et, comme dans le cas de l’Egypte, elle sait que leur intérêt repose sur l’amitié avec les pays occidentaux, comme les Etats-Unis, et non avec l’Iran. Aussi, sur le long terme, un nouveau régime syrien pourrait s’avérer plus favorable pour Israël que le régime actuel.

 

La périphérie s’est retournée contre le régime.

 

Il est clair que le régime a échoué dans ses efforts à réprimer les manifestants, dont les actions se sont répandues à travers tout le pays. En même temps, le régime est encore en place, il est toujours fort et capable de combattre. L’armée, qui comprend des soldats et officiers qui n’appartiennent pas seulement à la communauté alaouite d’Assad, mais également à d’autres confessions et communautés, est toujours prête à se battre pour le régime. A la différence de l’Egypte, où le fossé entre l’armée et les cercles politiques dirigeants est devenu quasiment évident, ce n’est pas le cas en Syrie. Et à la différence de la Libye, quand, immédiatement après le début du soulèvement, on a enregistré beaucoup de défections d’ambassadeurs, de responsables de premier plan, et d’officiers de l’armée, ce n’est clairement pas le cas en Syrie.

 

En Egypte, on a assisté à une dimension générationnelle évidente de la révolution, qui était menée, à un certain degré, par la génération la plus jeune. En Libye, la tension se situe entre l’Est et l’Ouest –Tripolitaine et Cyrénaïque. Au Yémen, existe un facteur tribal – la lutte pour le pouvoir entre le Sud et le Nord, et également, entre les différentes configurations tribales. En Syrie, l’histoire relève d’une lutte entre la périphérie et le centre, avec l’émergence de groupes sociaux provenant de la périphérie, dans leur lutte pour gagner l’accès au pouvoir et de conquérir le centre.

Ce fut également la même situation en Syrie, entre les années 1950 et 1960. L’émergence du parti Baath et de la Dynastie des assad résultait de la lutte de la périphérie. Il s’agissait d’un coalition de forces périphériques conduites par les Alaouites, la dynastie Assad, mais beaucoup d’autres ont rejoint cette coalition et ils venaient de la périphérie. Farouk al-Sharaa, l’actuel vice-Président et, précédemment, Ministre des affaires étrangères, qui rejoint le combat du Baath pour le pouvoir, venait de Deraa. Mustapha Tlass, qui a été Ministre de la Défense sous Hafez al-Assad, durant environ 30 ans, venait de Rastan, une petite ville près de Homs, où se sont déroulées de graves violences.

 

Alors que les personnages essentiels de l’échelon politique sont Alaouites, la majorité des Ministres du gouvernement sont des Sunnites, ce qui reflète la composition de la société syrienne. Ce sont des Sunnites des grandes villes, ou des Sunnites qui sont venus, il y a plusieurs années, de la périphérie et qui ont perdu toute relation avec la périphérie. La périphérie supportait le régime Baath, même au cours d’une période difficile, dans les années 1980, lorsque le régime se mit à combattre les islamistes radicaux. Aujourd’hui, pour des raisons socio-économiques, la périphérie s’est retournée contre le régime. Ainsi, ce régime a perdu une base essentielle de son soutien.

 

Comparons cela avec l’Egypte, par exemple. En Egypte, nous n’avons pas entendu parler de la périphérie, au cours de la révolution, parce que le mouvement y été mené par des gens jeunes, instruits et appartenant aux classes moyennes à supérieures, qui ont décidé de descendre dans la rue et de manifester contre Moubarak. Les Syriens appartenant à la jeunesse des classes moyennes à Damas et Alep ne se sont pas encore décidés et attendent encore de voir ce qui va se passer. Les troubles se limitent encore à la périphérie, alors que les principaux centres urbains de Damas et Alep, bien qu’ils ne soutiennent pas le régime, n’ont pas encore rejoint la révolte. Dès qu’elle atteindra ces endroits, cela pourrait bien être la fin du régime, mais nous n’en sommes pas encore à cette étape. Nous devrions observer de plus près le changement d’attitudes des élites sunnites urbaines dans ces deux villes.

 

Le soulèvement gagne en dynamique. Il est monté des petits villages vers de plus grandes villes, puis s’est répandu vers les grandes métropoles, comme Homs et Hama. La chose essentielle à observer est la cohésion continuelle de l’armée syrienne. Combien de temps les soldats et officiers sunnites vont-ils accepter de tirer sur les manifestants et de prendre part aux efforts du régime pour réprimer sauvagement la rébellion ?

 

Il n’y a pas de réelle opposition constituée, en Syrie. Il y a beaucoup d’intellectuels, de nombreux détracteurs du régime et un grand nombre de militants des droits de l’homme, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Syrie. A l’extérieur de Syrie, il existe plusieurs groupes qui se désignent eux-mêmes comme l’opposition, mais ils n’ont pas de réelle influence sur les évènements à l’intérieur de Syrie. Des conférences des militants de l’opposition se sont déroulées en Turquie, et, plus tard, à Bruxelles, qui pourraient bien conduire à l’émergence d’une opposition bien plus efficace, disposant d’un cercle dirigeant clair et d’une plus grande influence sur le cours des évènements. Cela pourrait s’avérer être une menace très dangereuse pour le régime, parce que ce groupe pourrait éventuellement être reconnu par les européens et, plus tard, par d’autres pays, comme le leadership légitime de Syrie. Au jour d’aujourd’hui, il n’existe pas de groupes qui puissent être reconnus comme tels, mais cela pourrait arriver dans l’avenir.


 

Le Régime de Bashar al-Assad

 

Il y a seulement dix ans, Bachar al Assad était perçu comme un réformateur ayant une mentalité occidentale. Cependant Bachar s’est empressé de rappeler qu’il avait grandi dans la Maison d’Hafez al-Assad, et qu’il n’était pas différent de lui. Les pays occidentaux et l’Administration américaine voulaient croire qu’il n’existait pas de meilleure alternative au régime Assad. Si ce régime s’effondrait, le cas de l'Irak risquait de se reproduire, avec son cortège de chaos, de terrorisme et d’Islamisme radical. Mais, désormais, se fait jour un changement dans l’attitude de l’Occident à l’égard de la Syrie.

 

La Syrie de Bachar al Assad est une partie déterminante de l’Axe du Mal, soutenue par l’Iran et le Hezbollah . Cependant, l’Iran et le Hezbollah ne peuvent pas faire grand-chose pour l’aider, particulièrement en Syrie, parce qu’une part du soulèvement et des troubles est motivée par la tension sunnite- chi’ite et, de toute évidence, l’Iran chi’ite paiera cher son soutien à Bachar, s’il est renversé.

 

Avant le soulèvement, Les mouvements islamistes radicaux au Moyen-Orient soutenaient Bachar. La plupart des Frères Musulmans le soutenaient. En Jordanie, en Egypte, ainsi que le Hamas. Désormais, ils lui ont tourné le dos, menés par le Cheikh Yousouf al-Qaradawi, guide des Frères Musulmans à un échelon global, qui leur rappelle qu’après tout, Bachar est un Alaouite, et la mascotte du camp chi’ite. Actuellement, Qaradawi, comme d’autres Frères Musulmans, à travers tout le monde arabe, et même le Hamas, doivent avoir des arrière-pensées concernant leur alliance avec Bachar.

 

Bachar jouissait également du soutien des panarabistes. Un exemple nous est fonné par Azmi Bishara, ancien député arabe israélien, qui vit, à présent, au Qatar. Il est chrétien, mais soutenait la Syrie, en tnt que Bastion de la « résistance » contre Israël. Aujourd’hui, ces  individus doivent penser que Bachar constitue un obstacle à la renaissance du panarabisme.

 

La Turquie , sous le règne du Premier Ministre Erdogan, était devenue une alliée proche de la Syrie. Mais Erdogan n’émet aucune réserve en ce qui concerne la possibilité que des radicaux islamistes puissent arriver au pouvoir en Syrie, si jamais Bachar tombe. Au contraire, les radicaux sunnites et les Frères Musulmans syriens sont les alliés proches d’Erdogan, tout comme le Hamas. De sorte que la Turquie n’a rien à perdre si Bachar tombe.


De toute évidence, les troubles en Syrie ont à voir avec l’économie. Nous tendons à penser que l’économie syrienne se portait bien, mais cette prospérité profite au centre et à quelques élites sunnites, mais elle a peu d’impact en périphérie (ce qui est exactement ce qui s’est passé en Egypte, également). La Banque Mondiale était très satisfaite de la conduite de l’économie syrienne, mais la périphérie manifestait des réticences. Maintenant, l’économie syrienne est paralysée, et Bachar a effectué des changements dramatiques, en suspendant les subventions. L’industrie du tourisme s’est effondrée. Même s’il survit, Bachar pourrait payer chèrement et se trouver en demande désespérée, non tant de missiles iraniens que d’aide économique.

Dans les semaines et mois à venir, si le désordre se poursuit, l’économie syrienne restera paralysée et Bachar se trouvera sans ressources pour satisfaire les élites urbaines de Damas et Alep, moment où la classe moyenne risque de se retourner contre lui. Aussi est-il en train de ruser pour gagner du temps, mais le temps n’est pas avec lui. Il a besoin de stopper les troubles immédiatement, car s’ils se poursuivent, ils menaceront ses intérêts.

Lorsque Bachar parle de réforme, ce qu’il a en tête, c’est d’ouvrir de nouvelles écoles, de lancer de nouveaux projets touristiques, d’encourager l’industrie. Cela n’a rien à voir avec aucun changement politique ou « réforme », car cela irait à l’encontre de la nature-même du régime.

 

 

Bachar se bat actuellement pour sauver sa vie et ce qui arrive à l’extérieur de la Syrie n’a aucune pertinence à l’heure qu’il est. Nous savons très précisément ce qui lui arriverait, ainsi qu’à tous ses généraux, dans l’éventualité d’un changement de régime. Tant qu’il se bat pour survivre, il fera tout ce qui est nécessaire pour vaincre, et il se fiche que les Américains et Européens le condamnent à cause de sa brutalité.

 

Les Syriens ne perçoivent pas l’Egypte comme un modèle pertinent pour eux. Le modèle dont ils s’inspirent pour l’avenir de la Syrie, c’est l’Irak ou le Liban. Les Syriens regardent le modèle irakien comme un exemple de ce qui doit se produire si le régime s’effondre : désintégration de l’Etat, massacre et affrontements ethniques.

 

Jusqu’à présent, la protestation se limite à la périphérie sunnite. Nous n’avons pas entendu parler de troubles dans les zones druzes du sud de la Syrie. Les Chrétiens, de toute évidence, soutiennent pleinement le régime Assad, tout comme les autres minorités. Les Kurdes de l’Est de la Syrie sont encore dans une position consistant à attendre et voir.

 

 Les relations syriennes avec Israël.

 

Le régime syrien n’a aucun intérêt à une escalade le long de la frontière israélo-syrienne. La Syrie sait que le plus petit incident peut tourner à la guerre totale, comme au Liban en 2006. Je me demande si c’est vraiment le régime syrien qui a organisé toutes ces manifestations le long de la frontière, lors des jours de la Nakba et de la Naksa. Vraiment, lorsque le régime était fort, cela n’aurait pas pu arriver. Maintenant que le régime est affaibli et qu’Assad est focalisé l’essentiel de son attention sur les émeutes à travers toute la Syrie, de tels évènements peuvent survenir. Mais lorsque le régime a perdu le contrôle, le régime a fait un effort pour contenir et mettre un terme aux incidents. Bachar a besoin de ses soldats pour combattre le peuple syrien et pour réprimer la révolte. La dernière chose dont il a besoin, c’est d’une guerre avec Israël, dans laquelle Israël pourrait détruire son armée. Le laissant sans bouclier de défense contre le soulèvement.

 

[sur ce point, voir : Des documents d’état syriens prouvent qu’Assad a orchestré l’assaut du plateau du Golan, le Jour de la Nakba ]

 

Faire la paix avec Israël n’est pas une idée très populaire dans le monde arabe. Un dirigeant faible ne la prendre même pas en compte. Il y a un consensus en Syrie qu’un jour il sera possible de réfléchir à la façon de régler le conflit avec Israël, mais dans un régime faible dont le dirigeant est attaqué, ce n’est pas le bon moment. Personne en Syrie n’a prêté la moindre attention aux manifestations des jours de la Nakba et de la Naksa. Tout dont on se préoccupe, c’est de Bachar et de son régime. Le peuple de Syrie est indifférend à ce que font les Israéliens actuellement.

 

Israël devrait percevoir le régime syrien comme une menace stratégique, parce que Bachar al-Assad a cherché à développer des capacités nucléaires. Il a fourni un soutien au Hamas et au Hezbollah – pas le genre de soutien que son père avait l’habitude de leur apporter, mais un soutien stratégique, qui a transformé le Hezbollah en un défi stratégique majeur pour Israël. Bachar  est celui qui a amené les Iraniens en Syrie et dans la région. Les Iraniens étaient présents, mais seulement comme invités. Aujourd’hui, ils sont dans toute autre position et l’alliance devient plus étroite. Au même moment, Bachar maintient le calme sur la frontière des hauteurs du Golan  et affirme qu’il voulait signer un accord de paix avec Israël.

 

Le dirigeant syrien en est arrivé à la conclusion que le fait de posséder une puissance nucléaire est ce qui sauve le régime coréen, jusqu’à présent, et que ce qui a permis aux Américains d’attaquer Saddam Hussein est, précisément, le fait qu’il ne disposait pas d’une telle option nucléaire. Un régime syrien différent pourrait ne pas avoir les ressources économiques et les mêmes relations intimes avec la Corée du Nord et l’Iran, et ne pas ressentir ce besoin d’acquérir, à tout prix, une puissance nucléaire. Cette Syrie-là, sous un nouveau régime pourrait être différente de la Syrie sous la tutelle de la dynastie Assad. Hafez al Assad, avec l’aide occidentale, s’est montré capable de transformer la Syrie – un petit pays d’arrière-garde – en une puissance régionale. Sortir la dynastie Assad de l’équation et la Syrie restera un Etat important sur le plan géographique, mais pas le pouvoir régional qu’elle était auparavant.

 

Tout comme la question de la paix avec Israël contenait une dimension personnelle dans l’exigence d’un retrait israélien sur les rives de la Mer de Galilée, parce qu’Hafez al Assad, en tant que Ministre de la Défense, était celui-là même qui avait perdu la guerre de 1967. Si vous sortez la dynastie al Assad de l’équation, peut-être que la position syrienne n’en deviendra que plus flexible.

 

Un nouveau régime syrien serait mieux pour Israël

Plus la Syrie sera faible, plus le Liban se renforcera. Tout changement de régime en Syrie pourrait constituer un sérieux revers, pour le Hezbollah, même si le Hezbollah représente un grand nombre de Chi’ites. C’est u authentique pouvoir central chi’ite libanais, ayant des racines profondes. Cependant, c’est bien l’aide de la Syrie et de l’Iran qui a transformé le Hezbollah en puissance régionale. Sortir la Syrie de l’équation devrait réduire le Hezbollah à une taille plus raisonnable : le contraindre à devenir un parti libanais fort, mais pas plus que cela.

 

La Syrie soutenait les Chi’ites du Liban, mais, simultanément, apportait également quelque soutien aux Sunnites, parce que la logique derrière l’intervention syrienne au Liban a toujours été : diviser pour mieux régner. Un régime sunnite en Syrie puorrait modifier l’équilibre au Liban en faveur des Sunnites.

 

Un nouveau régime en Syrie pourrait vouloir dire un retour aux années 1950-1960, lorsqu’il y avait un gouvernement syrien faible et décentralisé, mais dote de régions fortes. Chaque région a ses propres caractéristiques ethniques et communales, et cela peut déboucher sur un coup d’état de temps à autre et un manque de stabilité. Le pire scénario serait que la Syrie se transforme en nouvel Irak, car il n’existe pas seulement des comptes historiques à régler, mais aussi des comptes très actuels, qui peuvent ressurgir : on a dénombré plus de 2000 syriens tués et les familles réclameront vengeance, pas seulement à Bachar, mais à leurs voisins Alaouites et Chrétiens.

 

Je ne pense pas que ce soit dans l’intérêt d’Israël que Bachar reste au pouvoir. Certainement, tout comme en Egypte, il est toujours possible que les Frères Musulmans prennent le dessus en Syrie, mais je ne suis pas sûr que ce sera effectivement le cas. Si Bachar est renversé, la situation sera probablement assez similaire à ce qu’elle a été ces dernières décennies, avec un régime central très faible. Cela pourrait mener à des incidents de frontières avec Israël, mais pas à une guerre, avec son lot d’actes terroristes qu’un pouvoir faible ne saurait contenir. L’opposition syrienne prendre probablement le dessus, et comme dans le cas de l’Egypte, elle sait que son intérêt repose sur l’amitié avec les pays occidentaux comme les Etats-Unis, plutôt qu’avec l’Iran. Aussi, sur le long terme, un nouveau régime syrien devrait être plus favorable pour Israël que l’actuel régime.

*     *     *

Prof. Eyal Zisser est le Doyen de la Faculté des Humanités, et l’ancien chef du Département d’Histoire du Moyen-Orient et d’Afrique, ainsi que du Centre Moshe Dayan des études moyen-orientales et africaines, à l’Université de Tel Aviv. C’est un expert chevronné de la Syrie qui a écrit, depuis une longue période, sur l’histoire et les politiques contemporaines en Syrie, au Liban et concernant le conflit israélo-arabe. Parmi ses livres les plus connus : Au nom du Père, les premières années au pouvoir de Bachar al –Assad ; Liban : le défi de l’Indépendance et : La Syrie d’Assad à un carrefour. Ce briefing sur un sujet à This Jerusalem  se fonde sur sa présentation à l’Institut pour les Affaires Contemporaines du Centre de Jérusalem des Affaires Publiques, le 16 juin 2011. 

 


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