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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 12:03
Le Sédère


Le plateau du Sédère
Le plateau du Sédère
Les ingrédients et leur placement
Zeroa, Beitsa, Maror, 'Harosseth, Karpass et 'Hazéreth : leur préparation, leur signification et leur rôle dans la merveilleuse aventure du Sédère de Pessa'h
La Haggadah en français
La Haggadah de Pessa'h
Le texte intégral de la Haggadah en français
Préparez votre Sédère : retrouvez la traduction intégrale de la Haggada, accompagnée des instructions relatives à chaque étape.
Haggadah complète à imprimer
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La Haggada complète en hébreu, prête à imprimer pour votre Seder de Pessa'h.
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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 11:54
Les lois de Yom Tov
Savez-vous faire la fête ?

Note : Dans cet article, le terme « Yom Tov » fait référence aux jours de fêtes bibliques suivants : Roch Hachana, les deux premiers jours1de la fête de Souccot, Chemini Atséret, Sim'hat Torah, les deux premiers jours ainsi que les deux derniers jours de Pessa'h, et enfin les deux jours de Chavouot. Pour plus d'informations sur ces différentes fêtes, voir notre rubrique sur les fêtes juives.

Réjouissance

L'obligation principale liée à Yom Tov est ainsi exprimée dans la Torah2 : « Et tu te réjouiras lors de ta fête... et tu seras seulement joyeux. »3L'obligation biblique de se réjouir concerne exclusivement le Yom Tov (le Chabbat il nous est seulement commandé de l'honorer et de mener des activités agréables).

Voici les principales directives liées au Yom Tov, enseignées par nos Sages:

  • Nous prenons deux repas chaque jour de Yom Tov : le premier, la veille au soir et le second durant la journée.4 C’est une mitsva de consommer de la viande et du vin5 à chaque repas (le verre de vin du Kiddouch ne suffit pas à cette obligation6 ). 
  • Il est de coutume d'avoir une plus grande diversité de plats le jour de Yom Tov que le jour de Chabbat. De même, la garde robe de Yom Tov est traditionnellement plus élégante que celle de Chabbat.
  • Les hommes ont l'obligation d'offrir à leur épouse un nouveau vêtement ou un nouveau bijou en l'honneur de Yom Tov. Les enfants reçoivent des sucreries ou un nouveau jouet.
  • « Quand il mange et bois [le jour de Yom Tov], il a le devoir de nourrir l'étranger, l'orphelin et la veuve, ainsi que les autres personnes dans le besoin... Cependant, celui qui ferme la porte de sa cour et mange et boit avec ses enfants et sa femme, sans donner à manger et à boire aux nécessiteux et aux malheureux, ce n'est pas là la joie de la mitsva, mais la joie de son estomac. ».7

Activités permises et interdites

En bref :

De façon générale, tout ce qui est interdit le jour de Chabbat, l'est aussi le jour de Yom tov. Des activités telles qu’utiliser des appareils électriques, se rendre au travail, manipuler de l'argent, écrire, sont toutes interdites. La grande différence réside entre Chabbat et Yom Tov tient au fait que le jour de Yom Tov, il sera permis – sous certaines conditions détaillées plus loin – de préparer un repas, de cuire, d’allumer un feu à partir d'une flamme préexistante, de porter un objet dans le domaine public, toutes choses qui sont interdites le jour de Chabbat.

En détail

Les lois de Yom Tov sont pratiquement identiques à celles de Chabbat, exception faite que le jour de Yom Tov, il est permis de réaliser de nombreux travaux nécessaires à la préparation des aliments. Cela inclut des activités interdites le Chabbat telles que pétrir, cuisiner, cuire au four. A ce sujet, la Torah s'exprime en ces termes : « Aucun travail ne pourra être fait ces jours [le jour de Yom Tov] ; toutefois, ce qui sert à la nourriture de chacun, cela seul vous pourrez le faire. »8 Toutefois, l'utilisation d'appareils électriques reste interdite pour certaines raisons expliquées plus loin.

De plus, nos sages ont enseigné que « puisque ces travaux sont permis dans le but [de préparer de la nourriture], ils sont aussi permis à [d'autres] fins ».

Ainsi donc, faire du feu est permis (d'après la Torah), tout comme porter dans un domaine public, même si ces activités sont sans rapport avec la préparation d'aliments, car elles peuvent également y contribuer.

Exceptions :

  • Bien qu'il soit permis de faire certaines activités même si la raison n’est pas liée à la préparation d'aliments, elles doivent néanmoins avoir une raison constructive. Il est par exemple interdit de porter sans raison. Ainsi, si on transporte un enfant dans sa poussette, il faut avant tout s'assurer qu'il n'y ait rien d'inutile à l'intérieur.
  • Il est permis de préparer des aliments à condition qu'ils soient destinés à être consommés le jour même. On ne peut préparer de la nourriture d'un jour à l'autre, y compris d'un premier jour de Yom Tov pour le second.9 C'est pourquoi, à l’issue du premier jour de Yom Tov, on veillera à attendre jusqu'après la tombée de la nuit pour réchauffer le repas du second soir.10 Néanmoins, il sera permis de préparer un plat en plus grande quantité, avec l'intention de manger le surplus le jour suivant, à condition que tout ait été préparé dans un seul ustensile.
    De même, il est permis de porter, dans le domaine public, un objet nécessaire pour le jour même. On ne pourra pas porter des clefs à la synagogue l'après-midi, afin de pouvoir  rentrer chez soi le soir. (L’usage de la « ceinture de Chabbat » est alors opportun.)
  • Nos sages ont interdit de faire, le jour de Yom Tov, tout travail qui aurait pu être fait avant – tant que cela n’a pas d’effets indésirables sur la qualité de la nourriture.11 Or, du fait que la plupart des aliments préparés à l'avance perdent leur fraîcheur, il est permis de les cuisiner le jour de Yom Tov.
    Quelques exemples d'activités pouvant être réalisées avant Yom Tov sans effets indésirables : faire du fromage ou du beurre, couper du bois pour faire du feu, faire de la confiture, trapper un animal pour l'abattre, pêcher ou encore tamiser de la farine.
    Pour cette raison, nous ne pouvons allumer du feu qu’à partir d'une flamme préexistante.
    12 Allumer une nouvelle flamme, en grattant une allumette par exemple, reste interdit13, car cet acte peut être fait avant Yom Tov.14 Porter dans le domaine public fait exception à cette règle, étant donné qu'il est permis de transporter un objet qui aurait pu l'être avant Yom Tov. Cette exception est dans le but d'augmenter la joie de Yom Tov, en « déliant les mains d'une personne », et lui permettant de transporter tout ce qu'elle souhaite.
  • Bien qu'il soit permis de préparer des aliments le jour de Yom Tov, il n’est pas permis de préparer des ustensiles de cuisine. Il est donc interdit d'affûter un couteau le jour de Yom Tov. Ce genre de travail sera permis seulement dans le cas où il n'a pu être fait avant Yom Tov (soit du fait que la personne n'ait pas été avertie que le travail aurait du être fait avant Yom Tov, soit à cause d’un problème survenu durant Yom Tov).

Les lois de Yom Tov sont complexes et comportent beaucoup de détails. Ce qui suit traite seulement des lois les plus courantes :

Éteindre un feu

Éteindre un feu est interdit.15 C'est pourquoi, il est permis d'augmenter et non de diminuer le feu d'une cuisinière.16 Pour la plupart des plaques électriques, le fait d'augmenter la température génère du courant sur une nouvelle bobine, ce qui serait l'équivalent d'allumer une nouvelle flamme, c'est pourquoi, il est interdit d'augmenter la température d'une plaque électrique. Les autorités halakhiques contemporaines débattent sur l’éventuelle permission de diminuer la flamme de la cuisinière pour éviter de brûler le plat, ou pour qu’il cuise correctement. Certains le permettent, tandis que d'autres statuent qu'il est préférable de retirer la casserole de ce feu, en allumer un autre de la force désirée et y poser la casserole.

Mouktsé

Tout objet ne pouvant être utilisé pendant Chabbat est appelé « Mouktsé ». Cet objet ne peut donc être tenu en main ni déplacé durant Chabbat. Des exemples courants d'objets Mouktsé sont les stylos, portefeuilles, bougeoirs, allumettes... La règle du Mouktsé s'applique aussi au Yom Tov, avec l’exception évidente des objets servant à un travail interditle Chabbat, mais permis le Yom Tov. Ainsi, transporter des bougeoirs, ou même une bougie allumée, est interdit le jour de Chabbat, mais permis le jour de Yom Tov. 

Électricité.

Allumer ou éteindre la lumière éléctrique, mettre en marche ou éteindre un appareil électrique est interdit durant Yom Tov.17

L'eau chaude

Faire chauffer de l'eau est une forme de cuisson. Ouvrir le robinet d'eau chaude durant Chabbat est interdit, du fait qu'il provoque un afflux d'eau froide dans la chaudière afin qu'elle y soit chauffée. Par contre, il est permis d'ouvrir le robinet d'eau chaude le jour de Yom Tov, pour faire la vaisselle, se laver les mains ou une autre partie du corps. En revanche, prendre un bain ou une douche à l'eau chaude, reste interdit.

Presser un fruit

Presser un fruit pour en extraire le jus est interdit le Yom Tov comme ça l’est le Chabbat.18




NOTES
1. En Diaspora, les règles de Yom Tov s'appliquent à la fois au premier jour de Yom Tov mandaté par la Torah et au second « célébré en Diaspora ».  Avec deux exceptions (ces exceptions concernent tous les seconds jours de fête mis à part le deuxième jour de Roch Hachana): a) Il est permis de prendre toutes sortes de médicaments, même pour un léger désagrément. b) Il est permis de procéder à des funérailles. Toutefois, de nos jours, on a pris l'habitude de ne pas le faire dans la plupart des communautés.
Il serait judicieux de consulter un rabbin, dans le cas où un résident en Diaspora se rendrait en Israël pour Yom Tov, ou vice-versa.
Tout comme durant le Chabbat, il est interdit de faire exécuter un travail par un non-juif le jour de Yom Tov.
2. Deutéronome 16, 14-15.
3. L'obligation de se réjouir ne s'applique pas aux deux jours de Roch Hachana qui sont considérés comme les « jours solennels » et non parmi les « fêtes ». Néanmoins, il nous est demandé de célébrer et de se réjouir à Roch Hachana par un bon repas par lequel nous exprimons notre confiance que D.ieu nous bénira d'une bonne et douce année.
4. Il n'est pas nécessaire de faire une Séoudat Chelichit (prendre un « troisième repas » en après-midi) le jour de Yom Tov.
5. Seuls les hommes ont l'obligation de boire du vin.
6. Pour que le vin fasse stimule efficacement la joie, il doit être accompagné de nourriture.
7. Choul'hane Aroukh HaRav, Ora'h 'Haïm 529:11.
8. Exode 12,16.
9. Quand un Yom Tov est immédiatement suivi d'un Chabbat, il est possible de préparer de la nourriture Yom Tov pour Chabbat en faisant un Erouv Tavchilin.
10. Dans la loi juive, le « jour suivant » commence à la tombée de la nuit.
11. Cette interdiction vise à accorder plus de temps à la célébration et au repos plutôt qu'à des travaux « permis ».
12. Le second soir de Yom Tov, nous allumons les bougies de la fête à partir d'une flamme déjà existante, comme par exemple une bougie de 24 heures ou encore le feu de la cuisinière allumé avant Yom Tov.
13. Il est intéressant de noter que l'interdit ne porte pas sur le fait « d'allumer », puisqu'il est permis de le faire à partir d'une flamme préexistante et qu'ainsi, une nouvelle bougie (ou une allumette) se trouve allumée, mais porte sur l'action de « molid » dont l'idée est d'amener quelque chose de nouveau dans le monde, en l'occurrence une flamme.
14. Nos sages ont également interdit tout travail qui est habituellement fait en grande quantité, même s'il est lié à la nourriture. Par exemple récolter, battre, moudre. La raison de cet interdit est la même que celle mentionnée dans la note 11.
15. Même indirectement. Par exemple, en plaçant une bougie allumée à un endroit où le vent l'éteindrait.
16. Il existe une opinion minoritaire selon laquelle il est permis de diminuer le feu d'un fourneau à gaz.
17. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles l'utilisation de l'électricité est interdite le Chabbat. Sans entrer dans le détail, ces raisons sont également valables pour Yom Tov.
18. Presser est une « sous catégorie » de battre (travail qui consiste à séparer les grains de leurs cosses). Battre est interdit, cf. note 14.

 
 
par Naftali Silberberg
Le Rav Naftali Silberberg, érudit réputé pour sa sagacité et sa vaste connaissance talmudique originaire de Detroit, est membre de l'équipe éditoriale de Chabad.org. Il réside à Brooklyn avec son épouse Haya Mouchka et leurs trois enfants.
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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 11:50

Par le Rav Chimchon STEIN
POUR
 universtorah


Les dix plaies: comme si vous y étiez !




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Les dix plaies


Le but des dix plaies était de prouver aux Béné Israël et aux Égyptiens que tout est entre les mains de l’Éternel. 


Les plaies ont établit 3 vérités :

1) Que D. existe et qu’il est le maître du monde, 

2) Qu'il dirige tout l’univers et qu’il porte une attention toute particulière aux enfants d’Israël :

ה' מנהיג את העולם בהשגחת פרטית ובמיוחד את ישראל 

3) Il n’y a aucune autre force autre que lui, comme il est écrit :

”אין עוד מלבדו“

Pharaon a justement nié ces trois vérités. 

La Hagada de Pessa’h rapporte que Rabbi Yéhouda divise les dix plaies en trois groupes: Comme il est dit: 

« Rabbi Yéhouda en a donné des signes. »

ר‘ הודהי היה נותן בהן סימנים 

En prenant les premières lettres de chaque plaies, Rabbi Yéhouda a composé trois nom: 

דצך / עדש / באחב 

DÉ.TSA.KH / ‘A.DA.CH. / BÉ.A.’HA.V

Chacun de ces groupes vient nous enseigner un des trois principes fondamentaux énoncés précédemment.

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Les trois premières plaies 
viennent prouver l’existence de D. comme il est dit: « Pour que tu sache que je suis l’Éternel ton D. » 

1) La plaie du sang, D. agit a frappé le Nil qui est le dieu des Égyptiens. 

2) Dans la seconde plaie, les grenouilles ont proclamé haut et fort à Pharaon l’existence de D. 
Il avait osé crier qu’il n’avait jamais entendu parler de lui:

לא ידעתי את ה‘ 

3) La plaie des poux a amené les sorciers Égyptiens à proclamer et à reconnaître l’existence de D. comme il est dit: « c’est le doigt de D. » 


אצבע אלוקים היא

Les trois plaies suivantes, sont venues démontrer l’intervention divine dans le déroulement du monde:

למען תדע כי אני ה' בקרב הארץ

Ainsi les bêtes sauvages, la peste, les ulcères font la différence entre les Égyptiens et les Bné Israël, prouvant ainsi que D. dirige le monde en permanence.

Les quatre dernières plaies viennent mettre en évidence qu’il n’y a rien d’autre en dehors de lui et qu’il dirige tout. Comme il est dit avant l’annonce, par Moché à Pharaon, de ce troisième groupe de plaies. 

בעבור תדע כי אין כמוני בכל הארץ 


Dans la plaie de la grêle, D. a réuni le feu et l’eau, deux entités contraire.

La plaie des sauterelles met en relief la main mise de D. même sur les insectes. 

La plaie de l’obscurité a révèle aux Égyptiens que même le soleil ( qui représentait une divinité pour eux) était sous l’autorité de l’Éternel Tout puissant. 

La mort des premiers nés vient prouver que D. fait mourir et que nul ne peut vivre contre sa volonté.



La plaie du sang  


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Dans la plaie du sang, Moché et Aharon transforment le Nil en sang. 
Le sang créé par Moché n’était pas une eau rougie (comme en ont créé les sorciers Égyptiens par la suite), mais bien du véritable sang , avec l’aspect, l’odeur et le goût du sang. 
Non seulement le Nil se transforme en sang, mais aussi toute l’eau d’Égypte.
Lorsque Pharaon vit cela, il fit appel à ses sorciers pour montrer à Moché que eux aussi ont le pouvoir de transformer l’eau en sang. Pour cela, ils achetèrent de l’eau aux enfants d’Israël et lui donnèrent l’apparence du sang. 

C’est la toute leur force, alors que toute l’Égypte manque d’eau et que le Nil est rouge de sang, les sorciers reussissent eux aussi a transformer de l’eau en sang. Mais il aurait été plus impressionnant, et plus intelligent de leur part de retransformer en eau le sang de Moché! Mais cela, ils ne le pouvaient pas. 


Malgré tout, 
cela n’a pas empêcher Pharaon de s’endurcir et de nier l’existence de D.

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Le Nil: un fleuve de sang

Le Midrach Hagadol rapporte que même les murs suintaient de sang. Cela fait allusion au principe de mesure pour mesure, car les Égyptiens avaient obligé les Bé

né Israël à leur construire des maisons et y avaient emmuré vivants des bébés juifs.
Pharaon avait l’habitude de se baigner tous les jours dans du sang juif. Il égorgeait pour cela 300 enfants quotidiennement. 
A leur tour les Égyptiens ont la possibilité de jouir, eux aussi, de bain de sang.

Dans leur recherche désespérée après l’eau, les Égyptiens se tournent vers les juifs mais l’eau fournie par ces derniers se transformait automatiquement en sang. 
La seule solution qui permettait aux Égyptiens de se procurer de l’eau, était de l’acheter au Béné Israël. 


Ainsi la plaie du sang venait rappeler aux Égyptiens le sang juif versé injustement et cruellement.



La plaie des grenouilles  


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Cette plaie provenait comme la précédente du Nil, le dieu des Égyptiens.

L’apparition des grenouilles en provenance du Nil était en soi un miracle, car la plaie du sang avait détruit toute vie dans le Nil.

Au cours de la plaie, des myriades de grenouilles gluantes, repoussantes et croassantes, envahirent l’Égypte, s’introduisant partout (maisons, lits, fours, toilettes etc.).
Elles sautaient sur les personnes, se glissaient sous leurs vêtements, pénétraient dans leurs bouches… 

Ces hordes de grenouilles s’élançaient, et croassaient en permanence, rendant impossible tout repos. 




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Leur vacarme venait rappeler aux Égyptiens les cris des enfants juifs. 

Pour manger les Égyptiens, devaient avant toute chose écarter (ou tout au moins essayer de le faire) ces bêtes qui « se promenaient » dans tous les sens (tables, assiettes, verres…). 
Les grenouilles s'introduisirent jusque dans l’estomac des Égyptiens et y croassaient. 



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Il y a lieu de rappeler que chacune des plaies (sauf la dernière) a duré une semaine.

Les souffrances des Égyptiens étaient telles qu’au bout d’une semaine, pharaon appela Moché pour lui demander de faire disparaître les grenouilles.

Moché pria alors et demanda à D. de les faire mourir. 


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A la fin de la plaie, les grenouilles moururent sur place.

Les Égyptiens durent passer les 3 semaines de répit qui suivirent la plaie, à débarrasser les maisons et les rues de ces milliards de grenouilles qui pourrissaient au soleil.


La plaie des poux  


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Contrairement aux deux premières plaies qui avaient été précédées de trois semaines durant lesquelles Moché avait, jour après jour, mis en garde Pharaon et toute l’Égypte de la prochaine plaie, celle des poux arriva sans préavis.

Le Ramban rapporte que Moché et Aharon se trouvaient dans les jardins du palais de Pharaon, lorsque Aharon frappa le sol de son bâton. 

Il transforma ainsi toute la terre d’Égypte sur une profondeur d’une Ama (60 cm) en poux et vermine qui recouvrirent rapidement, tout d’abord Pharaon et sa suite, puis toute l'Égypte.
Les Égyptiens s’enfonçaient, « pataugeaient » dans les poux jusqu’aux genous. 


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Le « Tana Débé Eliyahou » explique qu’il y avait 14 sortes de poux. Le Yalkoute Chimoni rajoute que les plus petits avaient la taille d’un œuf de poule et les plus grands la taille d’un œuf d’oie. 

Au cours de la plaie, même les animaux furent recouverts de poux. 



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Les Égyptiens furent recouverts de la tête aux pieds, de poux qui les piquaient et les mordaient, ne leur laissant aucun répit. Les Égyptiens ressentaient dans tout leur corps des démangeaisons et un besoin intense de se gratter.

A partir de la plaie des poux, s’arrête l’esclavage des Béné Israël. 

Mais ils étaient toujours prisonniers des Égyptiens. 
Les sorciers Egyptiens ne réussirent ni à créer des poux, ni à faire disparaitre ceux de Moché, et furent obliger de reconnaitre que cette plaie, ainsi que les précédentes étaient l'oeuvre du doigt de D.



Les bètes sauvages  


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La plaie des bêtes sauvages fut envoyée par D. sans l’intermédiaire de Moché et Aharon. Afin d‘empêcher Pharaon de se tromper en pensant que ces animaux étaient venus tous seuls, la plaie avait été précèdée de trois semaines aux cours desquelles Moché avait prévenu Pharaon, il lui avait même donné un signe: les bêtes sauvages n’entreraient pas dans le pays de Gochen ou résidaient les Béné Israël, et même celles qui s’y trouvaient déjà, en sortiraient pour entrer en Égypte.

Cette plaie comprenait non seulement des bêtes féroces, telles que lions, panthères, mais aussi des oiseaux prédateurs tels que vautours, faucons, et aussi des insectes et reptiles de tout genres tels que tarentules, scorpions, guêpes. 


L’habitude des animaux sauvages et de ne pas se mélanger les uns aux autres, mais ici D. fit qu’ils arrivent tous ensemble. C'est d’ailleurs la raison pour laquelle, la Tora a donné à cette plaie le nom de ערב (‘Arov)qui signifie mélange. 



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Les bêtes sauvages ont en général peur des hommes et donc fuient les lieus habités, mais D. les a forcé à envahir les villes et les maisons.

Les poux et les grenouilles revinrent eux aussi au cours de cette plaie.
Le Midrach Hagadol rapporte que même le bétail, qui est de nature docile, se « révolta » durant cette plaie. 


Il est difficile d’imaginer la semaine d’horreur, de peur et d’effroi qu’endurèrent les Égyptiens, en compagnie de ces bêtes, sans aucune possibilité de leur échapper. 

Des enfants Égyptiens furent arrachés à leurs parents par ces bêtes. Ce fut leur punition car les Égyptiens avaient arraché les enfants juifs de leurs parents pour les jeter dans le Nil.
De nombreux Égyptiens furent blessés ou tués au cours de cette semaine.
Le Sforno rapporte que pendant la nuit des serpents remontaient du sol des maisons. 


Il y a lieu de préciser qu’aucun des Béné Israël ne fut importuner par les bêtes sauvages.

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La peste  


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Cette plaie fut précédée de trois semaines de préavis. 
Le dernier jour Moché prévint Pharaon que les animaux qui se trouveraient dans les champs mourront. 

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Les Égyptiens qui eurent foi en Moché firent en sorte de mettre à l’abri leurs animaux dans leurs maisons.
D’autres les cédèrent à bas prix aux Béné Israël. 

De cette manière, ces derniers récupérèrent les animaux qu’on leur avait extorqué.

Le premier jour, moururent en même temps tous les animaux qui se trouvaient à l’extérieur. Ainsi que tout le bétail qui était idolâtré par les Égyptiens. 

Durant la semaine qui suivie, les animaux qui sortirent des maisons, ou que les Égyptiens firent sortir d’eux même pour voir si la plaie avait cessé, périrent aussi. 

Le fait que la peste aurait pu frapper les hommes plutôt que les animaux, n’influença en rien Pharaon, qui continua à s'entêter



Les ulcères  


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Cette plaie termine le deuxième groupe des plaies, et ne fut précédé d’aucun avertissement. 

Le premier jour de la plaie, Moché et Aharon pénétrèrent dans la cour du palais et recueillir chacun deux poignées de terre. 
Moché prit alors les quatre poignées dans sa main et les jeta vers le ciel jusqu’au trône divin (Midrach Tan’houma).

En retombant, la poussière se répandit sur toute l’Égypte provoquant des ulcères. 



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Vingt quatre sortes d’ulcères furent envoyés par D., ce qui rendit impossible toute guérison. 
Le remède à l’un des ulcères était mauvais pour l’autre. Ils étaient humides à l’extérieur et secs à l’intérieur. 
Les Égyptiens en furent recouverts de la tête aux pieds. 



Le Midrach rapporte que durant cette plaie, les Égyptiens furent frappés aussi de lèpre.
Les irritations et les brûlures dues aux ulcères étaient telles qu’ils n’arrivaient pas à trouver une position adéquate pour se reposer ou s’endormir un peu. Tout mouvement ou tout contact leur causaient des douleurs intolérables.

Il faut rappeler, que même les animaux des Égyptiens, étaient frappés par cette plaie.


La grêle  


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Cette plaie qui est la première du troisième groupevenait prouver que « rien ne m’est comparable sur toute la surface de la terre » et « qu’il n’y a rien en dehors de D. ».
Dans cette plaie, D. changea la nature du monde et réunit ensemble le chaud et le froid, le sec et l’humide, le feu et la glace.
Le feu ne fit pas fondre la glace et celle-ci n’éteignit pas le feu!

D., dans sa bonté, avait fait prévenir par Moché (D. n’avait pas besoin de l’effet de surprise pour pouvoir frapper les Égyptiens), que seuls les hommes et les bêtes se trouvant dans les champs, seraient touchés par la grêle.
En effet le but de cette plaie était de détruire les cultures. 


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Les Égyptiens qui écoutèrent Moché, en mettant leur bétail à l’abri dans les maisons, réussirent à sauver toutes leurs bêtes. Ils durent malgré tout passer la semaine de la plaie en compagnie de leurs animaux.

Bien qu’il ne pleuve pratiquement jamais en Égypte, D fit tomber la grêle.
Cette plaie fut précédée par les éclairs et le tonnerre.
C’était une réponse à Pharaon qui avait dit: « qui est ce D. pour que j’écoute sa voie ».

Il était maintenant dans l’obligation d’entendre la voie de D. comme il est dit : « la voie de D. plane sur la surface des eaux et fait jaillir des flammes ardentes ».

Ensuite, la terre se mit à trembler (Midrach Hagadole), puis la grêle se mit à tomber.
Les grêlons avaient la taille des pastèques. Chacun d’entres eux contenait à l’intérieur une boule de feu. 
Le Midrach explique que la grêle en tombant, cassait et détruisait tout se qui se trouvait à l’extérieur des maisons (hommes, bêtes, arbres et cultures). Puis le feu brûlait et calcinait tout ce qui se trouvait sur son passage.

Au bout d’une semaine de bombardement, Pharaon capitula et fit appeler Moché pour lui dire : « j’ai péché encore une fois et je reconnais que c’est D. qui est juste. Moi et mon peuple sommes les mécréants ». 

Cela ne l’empêcha pas, une fois la grêle passée, de refuser de libérer les Béné Israël.



Les Sauterelles  


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Une invasion de sauterelle regroupe 100 milliards d’insectes et recouvre une surface de 2000 km2. 
Chaque sauterelle ne pèse que deux grammes mais mange chaque jour un gramme de culture, soit au total et par jour 100000 tonnes de cultures. 
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Ces chiffres ne sont qu’une estimation moyenne, mais la plaie des sauterelles en Égypte fut encore plus forte, comme il est dit : « comme tes ancêtres n’en ont jamais vu de toute leur existence sur terre jusqu’à ce jour ».

 

Quand les serviteurs de Pharaon entendirent l’avertissement de Moché concernant la plaie des sauterelles, ils prirent peur et demandèrent à Pharaon de libérer les Béné Israël. 
Celui-ci autorisa alors Moché à partir avec les hommes pour offrir un sacrifice à D. Mais Moché refusa : il voulait sortir avec tous les Béné Israël (hommes, femmes et enfants).

D. envoya en Égypte sept sortes différentes de sauterelles. 
Le début de la plaie fut marqué par l’arrivée d’un nuage noir qui recouvrit toute l’Égypte et cacha le soleil.

Ce nuage était constitué de myriades de sauterelles qui s’abattirent sur l’Égypte et recouvrirent le sol.

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Elles détruisirent et mangèrent toute la végétationqui avait échappée à la plaie de la grêle.
Ensuite, elles s’introduisirent dans les réserves des Égyptiens et mangèrent toute la nourriture qui y était entreposée. Elles s’introduisaient partout, dans les maisons, les chambres, les lits…

Au bout d’une semaine, Pharaon fit appelé Moché et Aharon :« j’ai péché envers l’Éternel votre D. et envers vous ».
D. fit alors soufflé un vent puissant qui emporta les sauterelles.

Certains parmi les Égyptiens avaient voulu ruser et avait mis en conserve des sauterelles pour remplacer la nourriture détruite. Mais même ces sauterelles disparurent à la fin de la plaie.




Les ténèbres  

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Cette plaie qui termine le troisième groupe venait prouver que D. est : « le créateur de la lumière et le créateur de l’obscurité ». 
Cette plaie ne fut précédée d’aucun avertissement. 
Trois semaines après le départ des sauterelles, au milieu de la matinée, les Égyptiens furent plongés dans l’obscurité totale. 
Ce n’était pas comparable à l’obscurité de la nuit car celle-ci est en fait une absence de lumière. 
Ici l’obscurité était une création de D. (comme l’obscurité d’avant la création), qu’aucune lumière ne pouvait atténuer. 

On peut imaginer la stupeur, puis l’angoisse des Égyptiens qui se trouvèrent subitement plongés dans le noir. Ceux qui se trouvaient au dehors durent rentrer chez eux en tâtonnant comme un aveugle, ou même en rampant pour limiter les risques de chute. 

A la maison les attendaient des enfants épouvantés qui n’osaient bouger de peur de se blesser. 

Au bout de trois jours, l’obscurité s’épaissit de plus en plus jusqu’à devenir palpable et empêcher tout mouvement. Cette situation dura trois jours durant lesquels les Égyptiens restèrent figés sur place : ceux qui étaient debout restèrent debout et certains se retrouvèrent même bloqués avec un bras ou un pied en l’air. 

La plaie de l’obscurité avait aussi un autre but : durant les 3 premiers jours moururent 80% des Béné Israël. Ceux-ci étaient des Récha’im ou n’éprouvaient pas le désir de quitter l'Égypte. 


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Au cours des trois derniers jours, les Béné Israël inspectèrent les maisons Égyptiennes afin de découvrir les cachettes de leurs richesse (pour les réclamer au moment de la sortie d’Égypte).

Les Égyptiens, figés par l’obscurité n’avaient aucun moyen de s’opposer à la fouille de leur maison. 

Les Béné Israël, eux, jouissaient de la lumière, alors qu’à coté d’eux, les Égyptiens étaient immobilisés dans le noir. 

Les Béné Israël auraient très bien fuir au cours de la plaie de l’obscurité, mais ils restèrent car ce n’était ni le but de la plaie ni la volonté de D.




Mort des premiers nés  

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Alors que dans toutes les plaies ou les Égyptiens avaient eu droit à un avertissement, Moché avait prévenu ces derniers, jours après jour, durant trois semaines, dans la plaie de la mort des premiers nés, il n'y eut qu'un seul avertissement. 


A la fin de la plaie de l’obscurité, Pharaon appela Moché pour lui dire qu’il acceptait le départ des Béné Israël mais sans leurs troupeaux. 

Devant le refus de Moché de partir sans le bétail, Pharaon interdit alors à Moché de réapparaître devant lui, sous peine de mort. 


D. apparut alors à Moché pour lui dire d’annoncer à Pharaon la mort prochaine des premiers nés Égyptiens.
Celui-ci (qui était lui-même un premier né), ainsi que de nombreux Égyptiens, ne s’émurent point de la menace de Moché.

Par contre les premiers nés, eux, s’inquiétèrent : tous les avertissements de Moché s’étant réalisés, il y avait lieu de le croire… 
Ils se révoltèrent donc contre leurs parents et leurs frères afin de faire libérer les Béné Israël. 
Les autres Égyptiens estimaient que pouvoir garder leurs esclaves valait bien la mort des premiers nés ! Même Pharaon refusa, arguant qu’il préférait mourir plutôt que de libérer les Béné Israël (Yalkoute Chim’oni).

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La nuit du 15 Nissan, Pharaon va dormir alors que dans les rues, des combats opposent les premiers nés aux autres Égyptiens. 
A ‘Hatsote (milieu de la nuit), les combats s’arrêtent : les premiers nés, ainsi qu’ils s’en inquiétaient s’écroulent frappés de mort par D.
Non seulement les premiers nés du père, mais aussi ceux de la mère, meurent. 
Les filles premières-nées moururent elles aussi.


Rachi rapporte qu’en l’absence du premier né dans la maison, le plus âgé mourait à sa place. Ainsi il n’y avait pas de maison sans mort. 
Dans beaucoup de foyers il y avait même plusieurs morts ! 
En effet de nombreux premiers nés avaient fui leurs maisons dans l’espoir de survivre : certains s’étaient cachés chez les Béné Israël, d’autres avaient quitté l’Égypte. 
D’autres encore s’étaient réfugiés dans leur temple d’idolâtrie. Ils moururent malgré tout, quelque soit l’endroit ou ils se trouvaient.

Les femmes enceintes, de premiers nés moururent elles aussi.


Les premiers nés ne moururent pas immédiatement mais agonisèrent toute la nuit. 
Les chiens déterrèrent les corps des premiers nés mort depuis longtemps et les traînèrent dans les rues. 
Juste 2 aînés ne moururent point : Pharaon et sa fille Batia (qui avait sauvé Moché du Nil). 
Alors que les Égyptiens pleuraient leurs morts, les Béné Israël fêtaient Péssa’h et le sacrifice de l’agneau Pascal (l’agneau représentait le dieu des Égyptien !).

Rav Chimchon Stein

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 10:45
Chabbat HaGadolLe Chabbat précédant Pessah est appelé Chabbat HaGadol – « le Grand Chabbat ». En quoi ce Chabbat est-il différent des autres ?



Auteur : Ari Kahn
pour : lamed
traduction : Ra'hel Katz
Adapté par Aschkel




On appelle le Chabbat qui précède Pessah, Chabbat HaGadol. L’origine de cette appellation n’est pas claire car, bien qu’au Moyen Age, de nombreuses autorités aient cherché à en expliquer la provenance, elle ne se trouve ni dans la Bible, ni dans la littérature Talmudique
(1)
.

Une des approches consiste à lier le Chabbat HaGadol à un verset particulier de la Haftara qui parle d’un jour dans le futur qui sera 
gadol, ce qui signifie « grand »
(2)
.

« Or, Je vous enverrai Elie le prophète, avant qu’arrive le jour grand et redoutable de l’Eternel ». (Malachie 3:23)

Le prophète parle du jour de délivrance qui surviendra dans le futur. Pessah, qui, de tout temps, a représenté le jour de la délivrance, est, en fait, l’archétype de cette future rédemption3. Le Talmud nous enseigne donc :

Rabbi Yehochoua dit : « C’est en Nissan que le monde fut créé ... l’esclavage de nos ancêtres en Egypte cessa et c’est en Nissan qu’ils seront délivrés. » (Talmud Roch HaChana 11a)

La tradition, qui confère à Elie un rôle primordial dans les temps messianiques, nous incite à lire la section relative à l’allusion que fait le prophète sur ce « grand » jour.

LE DEROULEMENT DE L’EXODE


D’autres commentateurs puisent dans le passé pour trouver une explication à cette dénomination. Le Talmud nous enseigne que les Juifs ont quitté l’Egypte un jeudi - le 15 du mois de Nissan -et que le 10 était donc le Chabbat qui le précédait.

« Quant au mois de Nissan de la Sortie d’Egypte, le 14, ils firent le sacrifice pascal, le 15, ils partirent et le soir [de ce même jour] les premiers-nés furent châtiés… et ce jour-là était un jeudi ». (Chabbat 87b)

L’importance du 10 Nissan est mentionnée dans la Torah :

« Parlez à toute la communauté d’Israël en ces termes : « Au dixième jour de ce mois, que chaque homme se procure un agneau, pour la maison de son père, un agneau par maison. » (Exode 12 :3)

Tossfot
(4)
fait remarquer qu’en prenant un agneau, les Juifs excitèrent l’intérêt et le courroux des premiers-nés d’Egypte qui implorèrent Pharaon de laisser partir les Juifs. Devant le refus du monarque, ils se rebellèrent et s’en prirent à leurs propres parents
(5)
. Ce jour est donc considéré comme grand, en raison du miracle manifeste que D.ieu accomplit et qui provoqua par la suite le déclin de la société Egyptienne. De plus, en abattant l’objet même de l’adoration des Egyptiens, les Juifs se libérèrent eux-mêmes des chaînes de l’esclavage spirituel.

Lorsque le Saint, béni soit-Il, dit à Moïse de tuer l’agneau pascal, il Lui répondit : 
« Maître de l’Univers! Comment puis-je accomplir une telle chose ? Tu sais bien que l’agneau est un dieu égyptien. Comme il est dit : Si nous sacrifions l’abomination des Egyptiens sous leurs yeux, ne vont-ils pas nous lapider ? » (Exode 8:22) 

D-ieu répliqua : « Aussi longtemps que tu vivras, Israël ne partira pas d’ici avant d’avoir tué les dieux égyptiens précisément sous leurs yeux, afin de leur montrer que leurs dieux ne sont vraiment rien. » C’est effectivement ce qu’Il [D-ieu] fit, car cette nuit-là, Il tua les premiers-nés égyptiens et cette même nuit, les Juifs abattirent leurs agneaux et les mangèrent. Lorsque les Egyptiens virent leurs premiers-nés tués et leurs dieux abattus, ils ne purent rien faire, ainsi qu’il est dit : Tandis que les Egyptiens enterraient ceux que l’Eternel avait châtiés parmi eux, même tous leurs premiers-nés ; parmi leurs dieux, l’Eternel exécuta aussi Son décret. (Midrach Rabbah - Exode 16:3)

D-ieu dit ensuite à Moïse : « Aussi longtemps qu’Israël adorera les dieux égyptiens, Il ne sera pas délivré ; va leur dire de renoncer à leur mauvaise conduite et de rejeter l’idolâtrie. » C’est de cela qu’il s’agit dans le verset : « Retirez et prenez-vous des agneaux ». Ce qui signifie : Retirez vos mains de l’idolâtrie et prenez pour vous des agneaux, de cette manière, tuez les dieux d’Egypte et préparez la Pâque ; ce n’est qu’en accomplissant cela que l’Eternel passera au-dessus de vous. Tel est le sens de En restant assis immobiles, vous serez sauvés. (Midrach Rabbah - Exode 16 :2)

Le choix de l’agneau était également significatif à un autre niveau. Les Juifs étaient dès lors occupés à accomplir une prescription Divine ; en plus du rejet des dieux égyptiens, ils s’employaient activement à exécuter l’ordre de D-ieu.

UN MYSTERE


Toutes ces explications, toutefois, semblent ne concerner que l’importance du 10 Nissan
(6)
, plutôt que le Chabbat précédant Pessah
(7)
. Le 10 Nissan en Egypte s’est trouvé être un Chabbat, pourtant, sa signification ne semble pas, en apparence, être liée avec ce jour sacré. Nous pouvons donc en conclure, en se basant sur les sources que nous avons examinées jusque-là que nous devrions célébrer le 10 Nissan tout aussi bien que le 15. Quant à savoir pourquoi nous célébrons le Chabbat HaGadol, cela demeure un mystère
(8)
.

Afin de comprendre le problème, nous devons tout d’abord examiner la relation qui existe entre Chabbat et les Fêtes. Chabbat et les Fêtes juives se trouvent sur différentes orbites. Le Chabbat est une commémoration de la Création tandis que les Fêtes tirent leur impulsion de l’Histoire. De plus, le Chabbat existe au sein d’un système établi avec la Création dont il est en même temps le produit. Chaque septième jour de la semaine est un Chabbat, indépendamment de toute autre donnée du calendrier. Le précepte Divin qui a introduit la Fête de Pâque a débuté avec le commandement de garder le temps, de le sanctifier.

« L’Eternel parla à Moïse et Aaron dans le pays d’Egypte, en ces termes : « Ce mois-ci sera pour vous le commencement des mois ; il sera, pour vous, le premier mois de l’année. Parlez à toute la communauté d’Israël en ces termes : "Le dixième jour de ce mois, que chaque homme se procure un agneau, pour la maison de son père, un agneau par maison." » (Exode 12 :1-3)

Sanctifier le temps relève de la responsabilité des Juifs. Le Tribunal décide que le nouveau mois est arrivé et c’est à partir de ce moment-là et de ce moment-là seulement, que les dates des Fêtes sont fixées. On pourrait dire que le Chabbat vient du Ciel tandis que les Fêtes viennent d’ici-bas
(9)
. Le Chabbat fut sanctifié en raison de la création et du repos de D-ieu :

« Car en six jours l’Eternel a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment, et Il s’est reposé le septième jour ; c’est pourquoi l’Eternel a béni le jour du Chabbat et l’a sanctifié ». (Exode 20 :11)

 

 

LE CALENDRIER JUIF


C’est l’homme qui détermine le calendrier et les Fêtes :

Rabbi Yo’hanan dit : « Lorsque les anges se rassemblent devant D-ieu pour lui demander : "À quelles dates sont Roch Hachana et Yom Kippour ?" D-ieu leur répond : "Pourquoi Me demandez-vous cela à 

Moi ? Vous et Moi, allons au Tribunal sur terre [et informons-nous de cette question auprès d’eux]." » (Midrach Rabbah - Deutéronome 2 :14)

Chabbat existant depuis le moment de la création, seul D-ieu était lié à ce concept qui ne semblait en rien concerner l’homme. La description du Chabbat, exprimée ci-dessus, comme étant le résultat de la création est absente la seconde fois que les Dix Commandements figurent dans la Torah. Cette fois-ci, le verset met en avant un aspect différent de Chabbat :

« Et souviens-toi que tu fus esclave au pays d’Egypte et que l’Eternel, ton D-ieu, t’en a fait sortir d’une main forte et d’un bras étendu ; c’est pourquoi l’Eternel, ton D-ieu, t’a ordonné d’observer le jour du Chabbat ». (Deut. 5 :15)

Nous trouvons ici une composante historique à Chabbat. Notre devoir d’observer le Chabbat ne vient pas exclusivement du concept théologique de création et de repos Divins, mais plutôt, des événements historiques que sont notre esclavage et notre délivrance.
Ce n’est qu’avec la délivrance des Juifs d’Egypte que le Chabbat acquiert l’identité historique venant s’entremêler à la théologie.

Le Sfat Emet nous enseigne que le terme « Chabbat HaGadol » résulte de cette nouvelle importance que revêt le Chabbat. Ce n’est qu’avec la délivrance des Juifs d’Egypte que le Chabbat acquiert l’identité historique venant s’entremêler à la théologie. Le Sfat Emet explique que Chabbat est, dès lors devenu « plus grand » : à présent, le second aspect de Chabbat, exprimé clairement dans la répétition des Dix Commandements, peut être réalisé

(10)
.

EN QUOI CE CHABBAT EST-IL DIFFERENT ?


Ce Chabbat en Egypte fut différent de tous les autres Chabbat précédents car, pour la première fois, l’homme s’était joint à D-ieu pour observer Son jour sacré. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le mode d’observance ne fut pas le repos dans son sens habituel. En effet, l’homme avait reçu l’ordre de se munir d’un agneau, un acte qui, comme nous l’avons déjà noté, était une déclaration ferme affichant une intention clairement polémique lancée au visage des Egyptiens polythéistes et adorateurs de l’agneau.

Le Sfat Emet affirme
(11)
qu’en prenant un agneau, les Juifs observèrent Chabbat en Egypte. Ce fut leur premier Chabbat en tant que peuple, un moment de transition pour devenir une nation : ils avaient atteint l’âge de la majorité, étaient devenus des adultes (« guedolim ») qui avaient des responsabilités. Ce fut donc un Chabbat « HaGadol »
(12)
. L’enseignement le plus basique en ce qui concerne le Chabbat est la reconnaissance que D-ieu a créé le monde en six jours. En prenant un agneau, les Juifs rejetèrent l’idolâtrie et acceptèrent D-ieu. Ce ne fut pas simplement un acte qui eut lieu le 10 Nissan, mais un tournant décisif dans l’histoire juive : désormais les Juifs se joignaient à D-ieu pour observer le Chabbat.

Le Talmud enseigne que celui qui profane le Chabbat se rend coupable d’idolâtrie, car il a rejeté l’œuvre de D-ieu. Il est donc clair que ceux qui rejettent l’idolâtrie sont considérés comme « observant le Chabbat ». De plus, en se procurant un agneau, ils observèrent l’unique commandement du Chabbat qui leur fut donné et cet « accomplissement parfait » fit de ce jour un Chabbat réellement grand
(13)
.

Nos sages nous enseignent que si tout le peuple d’Israël observe complètement deux Chabbatot seulement, il méritera la venue du Messie :

Rabbi Yo’hanan dit au nom de Rabbi Chimon bar Yo’haï : « Si Israël observait deux Chabbat selon les lois qui s’y rapportent, il serait immédiatement délivré. » (Chabbat 118b)

Il est intéressant de noter que, selon le courant de pensée juive dominant, le monde a été créé en Nissan, ce qui signifie que le Chabbat qui eut lieu le 10 du mois constitua le second Chabbat dans l’histoire du monde. Si ces deux Chabbat avaient été observés correctement, le monde aurait été délivré.

Dans les Sifré Hapardes, Rav Yechiel Epstein explique que les deux Chabbat devant être observés sont Chabbat Hagadol et Chabbat Chouva. Chacun de ces deux Chabbat possède un pouvoir spécifique qui lui est propre :

L’un de ces Chabbat tombe entre Roch Hachana et Yom Kippour et enseigne à l’homme la manière de retourner vers D-ieu ; l’autre fut le premier Chabbat observé en Egypte et contient en lui les germes de la délivrance.

Que l’homme parvienne à maîtriser ces deux Chabbat et le Messie arrivera promptement.

 

 

Traduction et Adaptation de Ra'hel Katz

 

NOTES

1. Le Makhzor Vitri section 259 précise : « Il est d’usage d’appeler le Chabbat qui précède Pessah "Chabbat HaGadol" sans que l’on en connaisse la raison. Ce terme se trouve dans le Zohar 1 47b, 2 204a, les Tikounei Zohar 40b. 
2. Cité au nom de Rav Chlomo Louria, plus connu sous le nom de Maharchal, voir Maté Moché section 542, Rav Ovadia Yossef, Yabia Omer 4:39. Ainsi que le Maharal dans Guevourot Hashem chapitre 39, et Tiféret Israel chapitre 44. 
3. Le Rav Soloveitchik souligne que le terme « guéoula » n’est utilisé que pour décrire deux événements : la rédemption d’Egypte et les temps messianiques. Pour d’autres moments de délivrance, on emploie le terme de "pourkan," comme pour ‘Hanoucca et Pourim. 
4. Commentaire sur Chabbat 87b. 
5. « À Celui qui frappa l’Egypte dans ses premiers-nés » (Psaumes 136 :10). Lorsque D-ieu envoya la plaie des premiers-nés, chaque premier-né alla trouver son père pour lui dire : « Tout ce que Moïse a dit s’est révélé vrai, ne désires-tu pas que nous vivions ? Faisons sortir les Hébreux de nos maisons sinon nous mourrons tous. » Les pères répondirent : « Même si toute l’Egypte devait en mourir, ils ne partiront pas. » Tous les premiers-nés se rassemblèrent devant Pharaon et s’écrièrent : « De grâce, fais partir ce peuple, parce qu’à cause d’eux, le mal s’abattra sur nous et sur toi. » Pharaon dit alors à ses serviteurs : « Faites-les sortir et brisez-leur les genoux. » Que firent-ils ? Chacun d’eux prit son épée et tua son père. Ainsi, il est dit : À Celui qui frappa l’Egypte dans (avec) ses premiers-nés. (Midrach Téhilim 136 :6, Ancient Tan’houma Bo 18). Pour en savoir plus sur cette idée, voir mes Notes sur la Parachat Bo, 5759. 
6. Cette question a été soulevée par de nombreux commentateurs : Voir Taz, Maguen Avraham ainsi que d’autres commentaires de la section 430 du Orakh ‘Haïm. 
7. Il existe un débat sur la question de savoir si, dans l’éventualité où le premier jour de Pâque est un dimanche, la Haftara spécifique doit être lue la veille ou le Chabbat précédent. 
8. Certains ont la coutume de lire la Haggada durant le Chabbat HaGadol. Cet usage est mentionné dans les coutumes du Maharil, "Les lois du soir de Pessah" section 10 et fut institutionnalisé par le Ramah Orakh ‘Haïm 430 :1. Le Gaon de Vilna (Biour Hagra 430) voyait d’un œil désapprobateur cette coutume basée sur le fait que la Mekhilta et la Haggada elle-même suggèrent que le commandement de raconter l’histoire de l’Exode doit éventuellement être accompli le premier du mois. En fait, le verset insiste : "Et tu raconteras à ton fils ce jour-là, en disant : Ceci est accompli en raison de ce que l’Eternel a accompli pour moi lorsque je suis sorti d’Egypte." (13 :8) ce jour-là, tu dois raconter à ton fils et pas le Chabbat qui précède Pessah.
9. Rav Tsadok Hacohen de Lublin, Pri Tsadik Chabbat Hagadol 3. 
10. Sfat Emet Chabbat Hagadol 5637. 
11. Sfat Emet Chabbat Hagadol 5646. 
12. Sfat Emet Chabbat Hagadol 5674. 
13. Voir ‘Houlin 5a et les commentaires de Rachi.
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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 06:06
Le 'Hamets


               Zalman Kleinman
               Burning the Chametz (Biur Chametz) before Peseach


prof-symboles

Le 'hamets est le symbole de notre mauvais penchant. Par exemple, le Hametz rappelle l’orgueil car de même que la pâte gonfle pour former du Hametz, la personne orgueilleuse se gonfle devant les autres pour mieux se montrer. Le Hametz rappelle aussi la fainéantise car de même qu’il faut laisser la pâte sans la travailler pour la voir gonfler, le fainéant lui aussi se laisse aller et n’a pas la force de travailler sur lui-même. Ainsi, de même que nous avons cherché le Hametz dans tous les coins et recoins de la maison à Pessah pour le brûler totalement, nous devions aussi fouiller dans tous les coins et recoins de notre personnalité pour brûler tous nos mauvais côtés.

Les Sages nous enseignent que pendant l’esclavage d’Egypte, les enfants d’Israël étaient tellement imprégnés de la dépravation de la culture égyptienne qu’ils atteignirent le 49e degré d’impureté et que la raison pour laquelle D... les libéra est parce qu’il l’avait promis à Avraham et non par leur mérite personnel. Cependant, une fois sortis d’Egypte, les enfants d’Israël devaient se préparer au don de la Torah et contrairement à la libération d’Egypte qui pouvait se dérouler même en l’absence de mérites, la Torah, elle, ne peut être donnée sans avoir le niveau requis et ce niveau est le 49e degré de sainteté !

Quand nous sommes sortis d’Egypte, nous étions plongés dans l’impureté et nous ne savions pas nous servir de nos défauts pour le bien. La Torah nous a donc ordonné de brûler tout le Hametz, c’est-à-dire tous nos mauvais penchants, à cause du danger que nous retombions dans l’impureté de l’Egypte. Mais, après que nous avons progressé pendant le compte de l’Omer et que nous avons purifié tous nos traits de caractère au service de D..., il devient non seulement possible de servir D... avec nos défauts mais c’est même un commandement car nous voyons que la Torah nous ordonne d’amener une offrande à base de Hametz à Chavouot !

Selon cette explication, nous arrivons maintenant à comprendre les paroles du Ramban car voici vraiment ce qu’il se produira au monde futur : un service de D... accompli par tous les côtés de la personnalité que D... nous a donné, Hametz et Matza, qualités comme défauts. Et comme le dit Rachi sur le passage que l’on lit dans le Chema (Devarim 5,6) : « Tu serviras l’Eternel de tous tes cœurs - avec tes deux penchants, le bon et le mauvais. »
De la même manière, nous pouvons maintenant expliquer les paroles de la Michna Pessahim (chapitre 9, michna 3) qui demande la différence entre Pessah et Pessah Cheni1 et répond que pendant Pessah, il est interdit de voir, de posséder et de manger le Hametz tandis qu’à Pessah Cheni, le Hametz et la Matza sont tous deux dans la maison. Si la Torah donne une autre occasion de faire Pessah aux personnes n’ayant pas pu le faire la première fois, pourquoi n’impose-t-elle pas les mêmes règles halakhiques que pendant Pessah ? Car en fait, Pessah Cheni ne ressemble pas totalement à Pessah : entre-temps, nous avons pu progresser et nous avons commencé à apprendre comment nous servir de notre Hametz intérieur. Et donc, contrairement à Pessah où il est interdit de voir, de manger et de posséder du Hametz ; à Pessah Cheni, le Hametz est encore interdit à la consommation mais il est permis de le posséder dans la maison et de le voir pendant que l’on mange la Matza. Et ensuite, au moment de Chavouot, la consommation du Hametz devient même une Mitzva!
Et de même que nous pourrons accélérer la venue du monde futur en apprenant à orienter à la fois nos bons penchants et nos mauvais penchants vers le service de D..., ainsi devra se faire la réparation du peuple. L’union entre le Machiah ben Yossef et Machiah ben David annoncée dans les prophètes est l’union des forces plus matérielles du peuple d’Israël représentées par Yossef avec les forces spirituelles de Yehouda dont descendra David. Et c’est seulement dans cette union entre le matériel et le spirituel, au niveau individuel comme au niveau collectif, que nous pourrons faire venir le Machiah ben Yossef et le Machiah ben David ainsi que la délivrance complète. Que D... nous accorde la joie de voir et de vivre ces moments le plus vite possible bimhera beyameinou amen
Jonathan Zazoun 
col


Le 'Hametz est tout aliment à base des 5 céréales : blé, orge, avoine, seigle, épeautre, qui au contact de l'eau a fermenté pendant 18 minutes et plus. Il est interdit de consommer, de tirer profit et de garder chez soi un tel 'Hametz pendant la durée de Pessa'h, même mélangé dans un autre aliment. C'est pourquoi tout ce qui est à base des 5 céréales est 'Hametz.

Si quelq'un a beaucoups de 'Hametz et il hésite à s'en défaire, il a la possibilité de le vendre à un non-juif (cette vente est une vente réelle, effective et non fictive), le 'Hametz peut être racheté après Pessa'h. Ce 'Hametz doit être entreposé dans un endroit fermé.

Donc il est nécessaire de parfaitement nettoyer la maison (même les vêtements doivent être inspectés) afin d'éliminer le 'Hametz avant la fête de Pessa'h. Généralement le nettoyage de la maison commence juste après la fête de Pourim.

Dès la tombée de la nuit du 13 à 14 Nissan, on procéde à la recherche du 'Hametz à la lueur d'une bougie. La recherche du 'Hametz est précédée de la bénédiction suivante :

Eternel notre Dieu, roi du monde, Toi qui est source de toute bénédiction, nous a sanctifiés par tes commandements et nous as ordonné d'élimier tout 'Hametz.

La mistva consiste non pas à trouver le 'Hametz, mais à le rechercher dans la maison. Afin de ne pas prononcer la bénédiction en vain, on al'habitude de mettre des morceaux de pain (10) bien enveloppés dans du papier, que l'on dissémine en différents endroits de la maison.

Après la recherche, l'on procéde à l'annulation du 'Hametz qui aurait pu échapper à notre vigilance.

Après avoir brûlé le 'Hametz, on répète la formule d'annulation : 

Que tout 'Hametz ou tout levain que j'ai pas vu ou n'ai pas détruit ou dont je n'ai pas eu connaissance soit considéré comme n'existant plus, comme la poussière de la terre 
mjlf
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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 13:06

Par le Rav Yitshak Jessurun
pour universtorah







ARTICLES PESSAH
 

Dans la Paracha Bo(Chémote/l'Exode chap.12) la Torah énumère les différentes prescriptions concernant le "Korbane Péssa'h", lesacrifice pascal, que jadis le peuple juif devait apporter la nuit qui précédait la sortie d'Egypte. 

Ainsi fallait-il se procurer un agneau par famille et pour l'ensemble des consommateurs dès le 10 du mois de Nissan, c'est à dire 3 jours entiers avant l'acte du sacrifice qui allait avoir lieu seulement le 14 au soir. 

L'agneau devait être Bèn Chana(âgé d'un an), Tamim (entier), Zakhar(mâle) et être gardé à l'intérieur des demeures jusqu'à la nuit du 14 (attaché au pied du lit). Après l'avoir finalement abattu, il fallait appliquer du sang de l'animal aux montants de la porte et au linteau. Pour la préparation à la consommation, il devait être exclusivement rôti dans le feu et surtout pas le consommer cru, ni bouilli dans l'eau. Lors de la grillade, la bête devait rester entière sans la dépecer auparavant en morceaux. Il était aussi interdit de casser les os (même pour en retirer la moelle). 

Il était proscrit d'en laisser jusqu'au matin ; tout devait être consommé la nuit même. 

La consigne était de consommer toute la viande à l'intérieur d'une seule maison, sans à aucun moment faire sortir celle-ci de cette demeure. 

Ce Korbane Péssa'hest unique déjà dans le fait que c'est le seul sacrifice qui se faisait en dehors du Temple de Jérusalem. De surcroît, ici, il s'effectuait encore en Egypte, en plein pays païen! 

Quelle signification donner à toute cette multitude de précisions tout à fait particulières ?

L'Egypte était alors un pays d'idolâtrie. Pas question pour le peuple juif de sortir de là en traînant derrière lui la moindre forme de paganisme. 

Pas question d'emporter la moindre parcelle de culte de statues ou d'animaux. La seule et unique justification de la sortie d'Egypte était bien le perspectif que désormais il y aurait au moins un peuple sur terre qui consacrerait sa vie au D. unique! Il fallait donc impérativement d'abord se débarrasser de toute "poussière" et de tout reste d'idolâtrie qui pourrait encore subsister dans la vie du peuple juif. 

Alors, à cette époque, l'idolâtrie par excellence des Egyptiens fut le culte de l'agneau. 

Alors, Celui-ci représentait était la bête sacrée dans le pays, et même la toucher était formellement interdit, à plus forte raison toute utilisation ou profanation de l'animal sacré! 

Quelle était l'attitude du peuple juif envers l'animal saint et tout ce qu'il représentait ? Ce peuple, à vocation divine, pouvait-il vraiment, soudainement, être complètement détaché d'un culte qui lui était imposée dans la vie de tous les jours pendant 400 ans ? 

Il fallait donc absolument lui donner les moyens d'abord de réaliser et ensuite de prouver à lui même le détachement le plus total de tout 'Avoda Zara. 

D. estima qu'il fallait un acte extraordinaire qui engagerait dans cette voie de détachement. Quel acte mieux que de demander au peuple de carrément abattre le tout puissant symbole de l'idolâtrie. 

D. ordonna au peuple juif d'égorger cet agneau aux yeux mêmes des Egyptiens. Certainement pas en tant qu'un acte de provocation mais seulement pour permettre aux Juifs de s'affirmer pour eux mêmes comme des êtres qui n'ont strictement aucune affinité avec tout le culte païen. 

C'est ainsi que l'acte devrait être exemplaire, sans la moindre ambiguïté. Et ce n'était sûrement pas clandestinement qu'il fallait agir! Des le 10 du mois on allait réquisitionner à cette fin tous les agneaux et brebis du pays. Cela ne manquerait certainement pas à susciter la curiosité des Egyptiens. Il allait donc falloir s'expliquer, savoir répondre et surtout être sur de soi! On allait prouver ; c'est à dire prouver à soi même. Soyons toutefois bien lucides, les Egyptiens resteraient sans doute à l'affût pour suivre la suite des événements... 

Prenez l'animal jeune Bèn Chana, en pleine vigueur, car une vieille bête aurait pu être interprété comme un acte d'élimination. Tamim, parfait sans défaut et Zakhar, mâle, représentant la virilité. Bref, les animaux de choix incarnant la puissance de l'idolâtrie devaient être abattus pour mieux faire ressortir justement leur impuissance... 

Après l'abattage, il était impossible d'aller vite cacher l'acte compromettant. Le sang de l'animal devait être bien appliqué, visiblement comme acte d'affirmation, aux montants et au linteau de la porte. Uniquement dans ces conditions pouvait-on plus tard jouir de la protection divine. 

On aurait encore toujours être tenté de dissimuler l'acte dramatique et de réduire l'effet au stricte minimum : par exemple en mangeant la chair cru pour ne pas attirer l'attention des Egyptien par l'odeur de cuisson. Ou, du moins, de cuire la viande dans une marmite bien fermée pour que l'odeur trahissante ne s'échappe point.

Or, la Torah prescrit justement de rôtir l'animal, la procédure qui dégage le maximum possible d'odeur... Pour ne pas contrarier les idolâtres du pays il aurait peut être été sage, lors de la grillade, de découper la bête en morceaux pour dissimuler que c'était en effet vraiment l'agneau qu'on avait abattu - la Torah précise qu'il faut rôtir l'animal en entier de tête aux pieds sans aucune découpage... 

De même que la Torah interdit rigoureusement de sortir l'animal de la maison pour aller le manger discrètement ailleurs à l'abri de la vue des habitants du pays. Pensons à certaines personnes qui veulent bien être Juifs à l'intérieur de leur foyer mais dans la rue ou au travail préfèrent être perçues comme des non-Juifs... Etre Juif signifie d'être engagé. Non point en tant que militantisme mais pour être clair avec soi même et pour être clair avec son entourage. 

Une fois de plus il est tout à fait contraire à l'esprit de la Torah de chercher à être provoquant. L'enjeu dans toute cette Mitsva du Korbane n'est en aucun instant les Egyptiens. Les païens et les idolâtres sont, pour le dire ainsi, aux yeux de la Torah tout simplement 'hors jeu'. 

C'est le peuple Juif, et lui seul, qui est concerné ici ; ceux qui souhaitent servir le D. unique et seulement Lui! Chaque membre de ce peuple doit clairement savoir où il en est dans sa vie, sans hésitations, sans ambiguïtés et sans compromises. La condition sine qua non d'appartenir à ce peuple et d'avoir un sens dans la vie et de renier à toute expression idolâtrie, non seulement théoriquement mais surtout pratiquement. 

Rav Yitshak Jessurun directeur du Centre d'Etudes Juives Ohel Torah
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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 12:50



ARTICLES PESSAH


Par le Rav Aharon BIELER

universtorah




1. Introduction  


Pélerinage à Jérusalem

La fête de Péssa’h est l’une des trois fêtes de pèlerinage (Péssa’h, Chavou’ote et Soukote). La fête de Péssa’h a été instituée par l’Éternel lors de la sortie d’Égypte. Dans la Tora, on trouve trois passages qui parlent de Péssa’h. On y trouve l’origine de toutes les lois et de tous les usages permettant de célébrer cette fête. 

1) Chémote, Chapitre XII (dont voici les versets essentiels): Sidra Bô. 
V. 8 — On mangera la chair de l’agneau cette nuit-là. On la mangera rôtie au feu, avec des Matsote et des herbes amères. 
V. 15 — Pendant sept jours vous mangerez des Matsote. Dès le premier jour vous ferez disparaître le levain de vos maisons. Et quiconque mangera du pain fermenté, du premier jour au septième jour, celui-là sera retranché d’Israël. 
V. 16 — Au premier jour vous aurez une réunion sacrée. Au septième jour, il en sera de même. Ces jours-là, on ne fera aucun travail, mais on pourra seulement faire le repas de chacun de vous. 



Hagada d'Espagne en l'an 1300
V. 17 — Vous observerez les Matsote, car en ce jour-là, j’ai fait sortir vos armées du pays d’Égypte. 
V. 18 — Au premier mois, le quatorzième jour du mois, au soir, vous mangerez du pain sans levain jusqu’au vingt et unième jour du mois au soir. 
V. 19 — Pendant sept jours, on ne trouvera pas de levain dans vos maisons. 
V. 20 — Vous ne mangerez aucune pâte fermentée. 


2) Vayikra, Chapitre XXIII versets 4 à 8 (Sidra Emor). 
V. 4 — Voici les fêtes solennelles de l’Éternel... 
V. 5 — Le quatorzième du 1er mois, au crépuscule: c’est Péssa’h pour l’Éternel. 
V. 6 — Le 15 de ce même mois, c’est la fête des Matsote pour l’Éternel. Pendant sept jours vous mangerez du pain sans levain... 
V. 8 — Chacun des sept jours, vous présenterez des sacrifices à l’Éternel. 



 
Premiers bourgeons
3) Dévarim, Chapitre XVI versets I à 8 (Sidra Choftim): 
V. 1 — Observe le mois de la germination et tu feras Péssa’h pour l’Éternel, car c’est au mois de la germination que l’Éternel ton D. t’a fait sortir d’Égypte. 
V. 2 — Tu feras le sacrifice de Péssa’h avec du menu et du gros bétail. 
V. 3 — Pendant sept jours tu mangeras du pain sans levain. 
V. 4 — On ne verra pas de ‘Hamets chez toi. 
De ces textes, nos Sages ont tiré toutes les lois et toute la signification de la fête de Péssa’h qui porte plusieurs noms: 


1) ‘Hag Hapéssa’h: la fête de Péssa’h. 
2) ‘Hag Hamatsote: la fête des Matsote. 
3) Zémane ‘Hérouténou: l’époque de notre délivrance. Péssah est également la fête du Printemps, ‘Hag Haaviv, époque de la moisson de l’orge. Haaviv signifie également épi, il s’agit de l’orge, dont on offrait une mesure (‘Orner) le second soir de Péssa’h, au Temple de Jérusalem.


2. Les symboles de Péssa’h  

La fête de Péssa’h est célébrée par trois symboles:

Péssa’h Matsa Maror



Che'hita du Korbane Péssa'h
Péssa’h qui signifie Che'hita du Korbane Péssa'h. Péssa’h veut dire en d'autres termes Passage par-dessus, en souvenir du passage de l’Éternel par-dessus les maisons des Hébreux lors de la dixième plaie d’Égypte. Ces maisons portaient des marques de sang de l’agneau sacrifié en l’honneur de l’imminente sortie d’Égypte. L’agneau sacrifié a également reçu le nom de Péssa’h, plus exactement, Korbane Péssa’h, sacrifice pascal. 

A l’époque du Temple, quatre jours avant la fête, le 10 Nissane, de nombreux pèlerins arrivaient à Jérusalem avec leurs agneaux. Les pèlerins débarrassaient leurs maisons de tout ‘Hamets avant de partir, et ils n’en avaient plus dans leurs provisions à partir du 14 Nissane à midi. 
Le ‘Hamèts qui restait était rassemblé et brûlé dans les terrains vagues, comme on peut le voir aujourd’hui encore en Israël. 

D’après le Midrach de Péssa’him, l’offrande de l’agneau pascal se faisait en trois groupes successifs. Le premier groupe entrait dans le parvis jusqu’à ce qu’il fût rempli. On fermait alors les portes du parvis et on commençait à sacrifier les agneaux. 


Les Kohanim étaient placés en file à partir de l’autel. Dès qu’un agneau était sacrifié, un Kohen en recueillait un peu de sang dans un bol à fond arrondi, qu’il passait au Kohen suivant, et ainsi de suite jusqu’au Kohen debout près de l’autel, qui versait le sang d’un seul jet vers le fond de l’autel. La coupe vide revenait, en passant de main en main, vers son point de départ. 

Les agneaux étaient accrochés par leurs pattes arrière à des crochets fixés au mur dans ce but. Puis après nettoyage, ils étaient rendus à leurs propriétaires qui devaient les consommer en famille, grillés sur le feu, accompagnés de Matsote et d’herbes amères. 

Le premier groupe ayant terminé, les portes du parvis s’ouvraient pour le laisser sortir et permettre au deuxième groupe de pénétrer. Il en était de même pour le troisième. 

Aujourd’hui, nous n’avons plus malheureusement de Temple à Jérusalem. Aussi, nous représentons le sacrifice de l’agneau de Péssa’h par un os grillé que l’on dispose sur la table du Sédèr. La présence de cette grande foule à Jérusalem donnait lieu à de grandes réjouissances. 


Matsa (pluriel: Matsote) 
Le mot Matsa signifie pain sans levain. La Matsa symbolise la liberté de la sortie d’Égypte mais elle rappelle également la misère de l’esclavage, le pain du pauvre que consommaient nos ancêtres en Égypte. La Matsa est un pain qui n’est pas ‘Hamets. Par extension, est ‘Hamets non seulement du pain levé mais également tout aliment non fabriqué spécialement pour Péssa’h. En général, un aliment est ’Hamets s’il contient de la farine de l’une des cinq céréales suivantes: blé, orge, avoine, épeautre, seigle, seules susceptibles de fermenter. Les autres céréales comme le riz ne fermentent pas mais pourrissent et ne sont interdites à Péssa’h, dans certaines régions, que par assimilation avec les céréales qui fermentent. 

La Tora n’a pas seulement interdit de consommer du ‘Hamets pendant les 7 jours de Péssa’h (8 jours en dehors d’Israël), elle a également interdit d’en avoir chez soi ou d’en posséder, même en dehors de sa maison. C’est la notion de Bal Yéraé (il ne sera pas vu) et de Bal Yimatsé (il ne sera pas trouvé) qui a donné naissance d’une part à la Bédikate ‘Hamets (recherche du ‘Hamets) et au Bi'our ‘Hamets (destruction du ‘Hamets) et d’autre part à la vente du ‘Hamets Mékhirate ‘Hamets 

La Bédikate ‘Hamets La Bédikate ‘Hamets se fait le 13 Nissane au soir, dès la tombée de la nuit. On recherche le ‘Hamets de manière minutieuse, à la lumière d’une bougie. Le ‘Hamets ainsi ramassé sera brûlé le lendemain. A certains moments de la Hagada, le récit s’arrête pour nous permettre de revivre symboliquement l’esclavage et la sortie d’Égypte. Dans la Hagada, le chiffre 4 apparaît plusieurs fois pour rappeler que la délivrance d’Égypte a suivi 4 étapes, selon les 4 termes employés dans la Tora: 

1) Véhotséti (je vous ferai sortir). 
2) Véhitsalti (je vous délivrerai). 
3) Végaalti (je vous affranchirai). 
4) Vélaka’hti (je vous adopterai comme peuple). 


Ainsi nous trouvons dans la Hagada: Les 4 questions de l’enfant. Les 4 sortes d’enfants (le sage, le méchant, le simple, celui qui ne sait pas poser de questions). Les 4 coupes que nous buvons au cours de la soirée. 


Le Maror Le Maror, ou herbes amères, nous rappelle la dure servitude de l’Égypte. Les Égyptiens faisaient travailler nos ancêtres, en leur donnant des tâches pénibles. 

Le Midrach dit qu’ils donnaient aux hommes les travaux des femmes et aux femmes les travaux des hommes. 

Les enfants d’Israël versaient alors des larmes de douleur et d’amertume. 

Le Maror peut être soit du raifort, soit de la romaine, soit des endives; tout dépend de la tradition dans chaque famille. 


Le sédèr :
Nous célébrons le Sédèr principalement à l’intention des enfants; et nous célébrons le Sédèr, même s’il n’y a pas d’enfant à la table du Sédèr. 

Pour s’acquitter de son devoir de Sédèr, il faut au minimum prononcer les mots Péssa’h, Matsa et Maror et en donner l’explication. 
La sortie d’Égypte se dit en hébreu: Yétsiate Mitsraïm



L’afikomane :
A la fin du repas, on consomme la grosseur d’une olive (Kazayite) de la Matsa mise de côté au début du repas appelée Afikomane et qui symbolise l’agneau pascal. 

Les trois Matsote que l’on met sur le plat du Sédèr doivent être spécialement préparées pour cet usage. On les appelle Matsote chél Mitsva.

La Matsa ne contient que de l’eau et de la farine, et l’on fait attention à la préparation de cette Matsa, pour que toute l’opération à partir du pétrissage jusqu’à la cuisson ne dure pas plus de 18 minutes.


Le mérite d’Israël

Les enfants d’Israël ont été délivrés d’Égypte à cause de trois mérites: 
1) Le mérite de ne pas avoir changé de nom. 
2) Le mérite de n’avoir pas changé de langue. 3) Le mérite de n’avoir pas fait du colportage ou de la médisance en gardant le secret du jour de la sortie d’Égypte. 


Le mérite des femmes 

Malgré la dure servitude et le danger qui planaient sur les enfants (tout garçon était jeté dans le Nil sur les ordres du Pharaon), les femmes ont continué à avoir des enfants et à faire confiance à D.. C’est ainsi que Moïse est né et fut choisi par D. pour faire sortir les enfants D’Israël d’Égypte. 


Nous remercions le grand Rabbin Jacques Ouaknin qui nous a autorisé à prendre pour ce dossier des passages de son livre " De génération en génération être juif "
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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 09:53

Le ménage de Pessa'h est un cauchemar pour vous ? 

Nettoyage de Pessa'h : comment se simplifier la tâche ?



Informez-vous ce qu'il est vraiment nécessaire de nettoyer, et sur ce qui est superflu. Après cela, ce devrait être une partie de plaisir !

 

Auteur : yits'hak berkowitz
pour : lamed
traduction :claude krazetski
Adapte par Aschkel

 

D.ieu fit sortir le peuple juif d'Egypte au printemps. Le Talmud observe que D.ieu fut très attentionné. Non seulement Il voulut le libérer mais Il le fit dans les conditions météorologiques optimales. Ni trop chaud ni trop froid.

Tout ce qui touche à la période de Pessa'h est beau. "Refaire sa maison", c'est-à-dire son environnement, pour la fête devrait être une expérience vraiment agréable. Mais pour toutes sortes de raisons, ce nettoyage nous donne souvent l'impression d'être un si lourd fardeau que nous perdons toute la joie que devrait apporter Pessa'h.

Je ne voudrais pas seulement rendre le nettoyage de Pessa'h plus facile mais surtout changer, une bonne fois pour toutes, l'attitude qui consiste à en avoir peur. Pessa'h n'est pas un monstre. C'est le plus beau moment de l'année.

Et pour changer de comportement, deux choses sont nécessaires. La première est de connaître la hala'ha (la Loi juive). En effet, on fait tant de tâches qui, en fait, ne sont pas indispensables; si vous voulez les accomplir en extra, c'est bien. Mais sachez distinguer entre ce qui est fondamental et ce qui est facultatif.

Deuxièmement, ce sont des conseils pratiques. Je veux vous faire partager certains trucs que j'ai recueillis tout au long de ces années. Vous verrez que le nettoyage de Pessa'h peut en réalité se réaliser facilement; il suffit de faire marcher son sens de la créativité et cela devient même amusant.

 

L'OBLIGATION DE SE DEBARRASSER DU 'HAMETS

 

En nettoyant pour Pessa'h, nous accomplissons tout d'abord la mitsva de biour 'Hamets - élimination du 'Hamets. Biour 'Hamets est en fait une mitsva assez facile à pratiquer car elle n'exige pas de grands efforts physiques. La Torah dit: " tachbitou séor mibatei'hem " vous ferez disparaître le levain de vos maisons (Exode, 12,15).
D'après son commandement, vous pouvez posséder tout le 'Hamets que vous voulez mais, dans votre esprit il doit être comme de la poussière, abandonnée et sans valeur.

Il est évident que c'est là quelque chose de subtil et de vague. Ce qu'il y a dans votre pensée, seul D.ieu et vous-même le savez. C'est facile d'admettre que tout est "nul et non avenu" alors que, en réalité, vous ne pouvez pas éliminer de votre pensée, et cela jusqu'après Pessa'h, toutes ces bonnes choses que vous aimez tant consommer.

C'est pourquoi nos Sages ont exigé que le 'Hamets soit détruit physiquement. C'est la mitsva de bedikat 'Hamets (Recherche du 'Hamets). Ils ont dit qu'il n'était pas suffisant de considérer mentalement le 'Hamets comme de la "poussière" mais qu'il fallait le chercher et le détruire physiquement.

 

QUAND FAUT-IL CHERCHER?

 

La mitsva de bedikat 'Hamets doit être effectuée dans la nuit du 14 Nissan, veille du seder. Pourquoi la nuit? Parce qu'il y a dans votre habitation toutes sortes de fissures, de fentes, de coins qui doivent être observés à la lumière artificielle, efficace seulement le soir.

Pourquoi le 14? Parce que nos Sages ont dit: Que chacun fasse la bedikat 'Hamets le 14, de telle sorte qu'il puisse se souvenir qu'il l'a vraiment réalisée. Imaginons que certains le fassent le 12, d'autres le 13; vous perdriez alors la force que possède une communauté tout entière occupée au même moment à accomplir cette mitsva et dont chaque membre rappelle à l'autre de la faire et s'encourage mutuellement. De la sorte, la période est fixée dans la nuit du 14.

Cependant, nos demeures ont augmenté de taille au fur et à mesure des années et sont devenues, par conséquent, plus difficiles à nettoyer. Il en résulte que la bedikat 'Hamets n'est pratiquement plus faisable en quelques heures la nuit du 14. Même si vous restez debout toute la nuit, vous avez peu de chances de vérifier chaque partie de votre maison. C'est pourquoi, nous commençons plus tôt la bedikat 'Hamets. Vous devez donc comprendre que, quand vous entamez le nettoyage de Pessa'h, vous procédez déjà à la bedikat 'Hamets. C'est très important de le savoir car il y a des règles très précises à son sujet.

 

NETTOYER LE JOUR OU LA NUIT

 

Comme nous l'avons dit, la bedikat 'Hamets doit se faire la nuit, parce que c'est le seul moment où la lumière artificielle est opérante. Il en découle la règle suivante: vous pouvez examiner tout ce qui ne nécessite pas de lumière artificielle, c'est-à-dire soit les objets mobiles que vous pouvez rapprocher de la fenêtre, soit les endroits de la maison qui sont suffisamment éclairés. (Si vous voulez ajouter un éclairage électrique pendant la journée, il n'en sera que mieux.)

D'autre part, toutes les parties de la maison qui ont besoin d'être éclairées, comme les toilettes, les coins, les meubles, doivent être inspectées la nuit. Vérifiez alors que l'éclairage soit suffisant.

Le seul moment où vous ne pouvez pas faire la bedikat 'Hamets est au crépuscule. Il n'y a pas assez de lumière naturelle et néanmoins, il ne fait pas assez sombre pour que la lumière artificielle soit efficace. De ce fait, vous pouvez nettoyer au lever ou au coucher du soleil, si cela vous est commode, mais vous devrez contrôler ces parties soit au jour soit la nuit à la lumière artificielle.

QUE CHERCHONS NOUS?

Quelle sorte de 'Hamets devons-nous éliminer? Et qu'est-ce que donc est le "Hamets" ?

La Torah dit: Lo yéré le'ha 'Hamets velo yéré le'ha séor be'hol guévoulé'ha - Qu'on ne voie ni 'Hamets ni levain chez toi dans tout ton territoire (Deutéronome 16,4).

Le 'Hamets est le résultat de la fermentation des céréales. Séor est le levain, pâte à pain aigrie que l'on incorpore à la pâte fraîche pour faire lever le pain. Au lieu d'utiliser de la levure, nos ancêtres, et même encore beaucoup de nos contemporains, faisaient lever de la pâte à pain fraîche en la mélangeant avec un petit morceau de pâte plus ancienne. Ce sont ces deux choses que la Torah nous demande de faire disparaître.

Mais la différence entre les deux est beaucoup plus fine. Le 'Hamets est de la nourriture;'un aliment non comestible par les êtres humains n'est pas 'Hamets car, par définition, le 'Hamets est comestible. D'autre part, personne ne mange de séor - le levain. Le séor est constitué de céréales fermentées et non comestibles qui servent à faire lever la pâte.

Il y a une troisième catégorie: du 'Hamets non comestible qui, de plus, ne peut faire lever d'autres pâtes. Ce n'est ni du 'Hamets ni du séor. Du point de vue de la hala'ha, nous l'appelons "détritus" et il n'est nul besoin de s'en débarrasser pour Pessa'h. De la même façon, le Talmud dit que le séor qui est si mauvais que même un chien n'en voudrait pas - c'est vraiment du poison - n'est pas considéré par la hala'ha comme du levain et ne pose ainsi aucun problème à Pessa'h.

Revenons sur les trois catégories:

1. Le 'Hamets est un produit fait de céréales qu'on a fait lever sous forme de pâte et qui est comestible en fonction des normes humaines. Si on vous le servait, vous le mangeriez.
2. Le séor est inconsommable mais a le pouvoir de faire lever d'autres pâtes.
3. Les "détritus" sont soit incapables de faire lever la pâte soit sont si peu comestibles que même un chien n'en mangerait pas. Dans les deux cas, vous n'avez pas besoin de les faire disparaître.

 

DESODORISANTS ET COSMETIQUES

 

Parlons maintenant de différents produits qui se trouvent dans la maison, par exemple, les désodorisants et les cosmétiques (parfums, eaux de toilette) qui peuvent contenir des composants à base de céréales. Bien sûr, vous n'avez pas l'intention de les consommer. Mais sont-ils pour cela automatiquement exclus de la catégorie du 'Hamets? Et qu'en est-il du séor? Est-ce qu'un déodorant peut faire lever la pâte? Il ne le peut pas et donc n'appartient pas non plus à la catégorie du séor.

Il y a quelques années, le Rav Moshe Feinstein (un des plus importants décisionnaires du XXème siècle) a suggéré d'aborder le problème du 'Hamets d'une manière qui en a bouleversé les applications pratiques : si, dans son état actuel, quelque chose était inconsommable, le fait qu'après distillation, le produit obtenu soit du 'Hamets comestible, alors on peut l'appeler "Hamets". Par conséquent, il a statué que tout produit qui contient de l'alcool de grain (alcool éthylique) est considéré comme du 'Hamets.

Quoique vous n'eussiez jamais envisagé de le boire, après sa distillation, le déodorant produira un breuvage tout à fait buvable. (Il est courant que des alcooliques, par manque de boisson, distillent des produits toxiques telles que des lotions d'après-rasage). Pour cette raison, tout cosmétique contenant de l'alcool de grain - en France, l'alcool utilisé dans les industries pharmaceutiques et cosmétiques est souvent produit à partir du vin mais il est difficile de le vérifier car cela n'est pas mentionné spécifiquement dans les formules de composition figurant sur les emballages - doit être éliminé pour Pessa'h.

Ceci ne s'applique qu'aux liquides car on ne peut distiller un solide. Par conséquent, la hala'ha vous permet de posséder à Pessa'h toute substance solide, comme des déodorants en stick ou des pains de savon, qui sont immangeables (c'est-à-dire n'appartenant pas à la catégorie du 'Hamets), qui ne peuvent pas faire monter la pâte (ce n'est pas du séor) et qui ne peuvent pas être distillés; vous n'êtes pas obligé de vous en débarrasser. Techniquement, vous pouvez même vous en servir à Pessa'h bien que la coutume soit d'éviter d'utiliser des produits contenant du 'Hamets. Les gens, pour cette raison, achètent du savon "Casher pour Pessa'h".

Qu'en est-il au sujet des déodorants liquides ne contenant pas d'alcool de grain mais des germes de blé? Ou bien que faire avec les shampooings à base de bière? Est-ce du 'Hamets? Non, parce que vous ne les consommerez pas. Peuvent-ils lever la pâte? Non. Peut-on les distiller? Non. (Seul l'alcool peut être obtenu par distillation; cette opération ne transformerait pas votre désodorisant en vapeur de germe de blé.) En conséquence, ces produits ne posent pas de problème à Pessa'h. Vous êtes autorisé à les conserver bien que l'habitude soit aussi de ne pas les employer.

 

LES MIETTES DE PAIN

 

Que faire des miettes de pain qui se trouvent sur le sol de la cuisine? Il y a plusieurs options exposées dans la hala'ha, mais je vais vous présenter seulement celle qui est la plus facile à comprendre.

Ainsi que nous l'avons vu, la troisième catégorie - "détritus" - concerne tout ce qui ne peut pas faire lever la pâte et est si repoussant que même un chien n'en mangerait pas.

Selon les autorités qui fixent la hala'ha, il y a une autre substance définie comme "détritus": du 'Hamets qui est plus petit qu'un kezaït (environ 30 grammes) et qui ne servirait à rien. C'est ce que la plupart des gens appellent "détritus". Vous le jetteriez sans y faire attention car dans votre esprit, cela ne vaut rien. Les miettes font partie de cette catégorie.

Le seul type de miettes qui pose problème est celui que vous attrapez avec le doigt et portez à la bouche. Ainsi, celles qui se trouvent sur la table sont bien du 'Hamets. Par contre, les miettes tombées par terre, que vous ne mangeriez pas, sont des "détritus". Vous n'avez donc pas l'obligation de faire disparaître toute miette que vous considérez comme sale et qui est plus petite qu'un kezaït.

(Qu'un bébé puisse en manger, ne les transforme pas en 'Hamets. Car, quand un bébé décide de manger quelque chose, il ne décide pas consciemment qu'il s'agit d'un "aliment". Il pourrait manger même ce qui n'est pas comestible!)

 

REVISONS RAPIDEMENT!

 

Avant de continuer, vérifions que tout est clair. Que cherchons nous quand nous faisons la bedikat 'Hamets?

Une miette de 'Hamets comestible - vous ne pouvez pas la conservez chez vous et vous devez la détruire. Au sujet de tout produit contenant de l'alcool éthylique, puisque vous pouvez le distiller, nous l'appelons 'Hamets consommable" et vous devez vous en débarrasser également.

Nous cherchons aussi tout aliment plus gros qu'un kezaït, que vous la jugiez comme mangeable ou non. Si c'est du 'Hamets non-comestible plus petit qu'un kezaït, vous ne devez pas vous en débarrasser car, pour vous, c'est sale. Et si c'est quelque chose qu'un chien ne mangerait pas, la taille n'a pas d'importance.

Le pain, les gâteaux, les crackers, tous sont du 'Hamets. Ils sont emmagasinés dans votre réfrigérateur, dans votre congélateur ou dans des armoires; vous devez vous en débarrasser d'une manière ou d'une autre. Mais en dehors de ces endroits, vous ne trouverez pas beaucoup d'aliments dans votre maison. La bedikat 'Hamets n'est, de la sorte, pas si compliquée. Dans les chambres à coucher, par exemple, vous n'avez pas besoin de vous accroupir, muni d'une aiguille, pour y gratter chaque coin!

Il y a même plus: admettons que toutes sortes de résidus de nourriture restent collés à vos récipients 'Hamets; s'ils ne sont pas mangeables et ne pèsent pas plus d'un kezaït, n'en tenez pas compte. Il n'y a aucune nécessité de passer des heures à les racler avec une brosse à récurer. Vérifier seulement qu'il n'y a aucun produit consommable sur ces plats et moins d'un kezaït de ces résidus et rangez-les.

Un point important: si vous sentez le besoin impérieux de faire plus qu'il n'est nécessaire, c'est-à-dire de frotter même les murs et les plafonds, allez-y. Ce n'est évidemment pas exigé, mais la hala'ha dans le Choul'han Arou'h statue expressément que personne n'a le droit de se moquer de vous. Les rabbins interprètent le verset Israël kédochim hèm - Les Juifs sont saints quand ils vont au-delà de la lettre de la hala'ha.

Faites attention cependant de ne pas aller trop loin et, de la sorte, provoquer des réactions hostiles envers la fête de Pessa'h. Si vous appréhendez Pessa'h à cause de tout ce nettoyage supplémentaire et superflu, alors ne le faites pas. Et bien sûr, n'entreprenez pas des travaux qui vous rendront complètement exténué la nuit du Seder. Une partie de la "sainteté" consiste aussi à apprécier Pessa'h.

 

L'INTERDICTION DE MANGER DU 'HAMETS

 

Outre la mitsva de bedikat 'Hamets, il y a un second volet du nettoyage de Pessa'h, qui prend beaucoup plus de temps. Et cela tourne autour de l'interdiction de la Torah de ne manger aucun 'Hamets à Pessa'h. En fait, si vous consommez intentionnellement même une molécule de 'Hamets, vous violez une interdiction de la Torah.

En raison de cela, les Sages ont bâti une "barrière autour de la barrière" et pour ce faire, ont défendu des choses à Pessa'h que vous n'auriez pu pas imaginer être seulement interdites.

Premier cas: Les Sages disent que si une miette de 'Hamets tombait dans une grande marmite de soupe de poulet, même si la miette était enlevée, le goût insignifiant de pain qu'elle aurait donné à la soupe la rendrait "'Hamets".

Second cas: Tout le long de l'année, nous savons que nous ne devons pas utiliser de la vaisselle ou des marmites non-cachères. Mais si, par accident, vous cuisinez dans un récipient qui avait été utilisé il y a longtemps (il y a plus de 24 heures) pour des aliments non-cachers, la hala'ha spécifie que l'aliment cuit maintenant est cacher. Il y a quelques exceptions, mais d'une façon générale, le "goût ancien" qu'a la casserole ne gâtera pas votre denrée. Cependant, à Pessa'h, les Sages disent que si un récipient avait été employé jadis même une fois pour du 'Hamets, puis utilisé à Pessa'h, l'ancien goût du 'Hamets absorbé alors revient et confère à votre aliment le statut de 'Hamets.

Ces règles s'appliquent pendant Pessa'h, mais si le cas N° 2 survenait avant la fête, c'est-à-dire que la casserole avait été utilisée il y a très longtemps pour du 'Hamets et que par mégarde vous y prépareriez un plat pour Pessa'h, celui-ci, d'après la hala'ha, resterait cacher.

Quant au premier cas, les Sages disent que, s'il demeure la plus infime trace de 'Hamets dans votre aliment, même si cela advient avant Pessa'h, la hala'ha le considère comme du 'Hamets. (Note: cela ne s'applique qu'aux Ashkénazes)

Il en découle que nous avons besoin que tout soit "Cacher pour Pessa'h", casseroles, poêles et même tous les ingrédients que nous utilisons pour cuisiner. De plus, nous devons être extrêmement vigilants avec ce qui se passe dans notre demeure et, plus particulièrement, dans la cuisine. Si la moindre parcelle de 'Hamets s'introduit dans notre plat, nous devons le jeter. A l'encontre des règles de bedikat 'Hamets, cela n'a aucune importance s'il y a plus ou moins qu'un kezaït. De même, nous devons veiller à ce qu'un aliment chaud destiné à Pessa'h ne touche pas un endroit qui a pu absorber du 'Hamets (Par exemple, le plan de travail dans la cuisine).

Une exception à cette règle: du 'Hamets tombé dans votre plat mais totalement impropre à la consommation, n'est pas appelé 'Hamets; votre aliment restera cacher pour Pessa'h à moins que vous ne l'ayez ajouté volontairement. (Cependant, comme nous l'avons dit, du 'Hamets, quelle que soit sa quantité, tombé dans un aliment le rend 'Hamets)

 

VETEMENTS

 

Puisqu'il faut empêcher le 'Hamets d'entrer en contact avec de la nourriture, commençons avec quelque chose à laquelle vous n'avez peut-être pas pensé. S'il se trouve un grain de 'Hamets sur l'habit que vous portez à table à Pessa'h, il risque de tomber dans la nourriture.

Quand vous nettoyez les penderies, sélectionnez les vêtements que vous pensez mettre à Pessa'h et envoyez-les au pressing ou lavez-les; du moins brossez-les soigneusement afin de vous assurez qu'il n'y a aucune trace de 'Hamets.

Que faire des habits que vous ne mettrez pas à Pessa'h? Inspectez-les rapidement, videz-en les poches de tout ce qui pourrait être du 'Hamets comestible et rangez-les. Ne vous inquiétez pas à propos des grains qui y demeureraient.

Essayez de conserver vos vêtements de Pessa'h en dehors de la penderie où sont les autres habits. Quant aux draps et aux couvertures, vous pouvez être amené en pleine nuit à vous lever et pénétrer dans la cuisine. Changez-les juste avant Pessa'h.

 

LES JOUETS DES ENFANTS

 

Il vaut mieux que les enfants n'apportent pas leurs jouets à table pendant Pessa'h. Mais il y a loin du désir à la réalité, car vous ne pourrez jamais savoir s'ils vont toucher la nourriture.

Pour ce faire, nous procédons ainsi: d'abord, mettez de côté tous les jouets dont le nettoyage est compliqué. Ne tentez pas de les nettoyer; assurez-vous seulement qu'il n'y a pas à l'intérieur du 'Hamets mangeable ou un kezaït de 'Hamets immangeable. Cela prendra deux minutes. En ce qui concerne la vente du 'Hamets, le contrat inclut tout 'Hamets que vous avez dans votre maison; vous n'avez donc pas besoin d'y inscrire les jouets car ils sont également couverts.

Quant aux jouets qui vont être utilisés à Pessa'h, vérifiez qu'ils soient lavables. Mettez les petits éléments dans une taie d'oreiller et passez-les à la machine à laver. (Fermez-la bien pour ne pas abîmer la machine). Une autre méthode est de plonger les jouets dans la baignoire. Savonnez-les et rincez-les à forte pression. Vous n'avez pas besoin d'en faire plus, par exemple de les laver à l'ammoniaque. La bicyclette? Elle peut être utilisée après contrôle que du 'Hamets n'y a pas adhéré. Cependant, il ne faut pas rouler dehors pendant Pessa'h car du 'Hamets se trouvant sur les trottoirs ou la chaussée pourrait se coller aux pneus.

Certaines personnes ont des jouets spéciaux pour Pessa'h; c'est une excellente idée car les enfants aiment s'amuser avec des jeux qu'ils n'ont pas vus depuis un an. Même si vous avez l'intention de laver des jouets pour la fête, donnez-leur des jeux nouveaux avant Pessa'h; ils seront de la sorte occupés pendant que vous êtes en pleine préparation.

 

LES LIVRES

 

Les livres qui pourraient se trouver sur la table de Pessa'h doivent être cent pour cent propres. Comment faire pour y arriver? C'est presque impossible. C'est pourquoi tout livre utilisé à table, comme la Haggadah, doit être conservé dans un sac plastique ou placé à part tout au long de l'année afin qu'il soit absolument exempt de 'Hamets. Si vous voulez étudier la Haggadah avant Pessa'h, prenez-en une spéciale qui sera votre "Haggadah 'Hamets".

Pour ce qui est des livres que vous n'utiliserez pas pendant les repas de Pessa'h, vous avez juste à vérifier qu'ils ne contiennent pas de 'Hamets comestible ou qu'un kezaït de résidu de nourriture ne s'est pas accumulé entre les pages. Vous pouvez y trouver aussi des miettes de pain encore consommables. Secouez les livres dans tous les sens et frappez-les ou bien exposez-les au vent. C'est suffisant pour supposer que tout le 'Hamets a été emporté.

 

LA SALLE A MANGER ET LE SALON (et tous les endroits ou il y a eu de la nourriture)

 

De nombreux objets dans votre salle à manger peuvent entrer en contact avec la nourriture.

La table elle-même doit être cachère car vous y posez des plats chauds. Evidemment, ce n'est pas facile à nettoyer; la solution consistant à l'asperger d'eau bouillante ne conviendra certainement pas dans le cas d'un beau meuble en bois. En outre, des miettes se sont incrustées dans les nombreuses fentes qui parcourent la surface; les enlever est pratiquement impossible.

Que devons-nous faire? Il faut couvrir la table. Le revêtement, quel qu'il soit, doit être obligatoirement étanche à l'eau car, autrement, en posant un plat chaud sur la table, l'humidité se trouvant au sein du bois pénétrera dans la nappe et de là s'infiltrera dans votre nourriture qui deviendra par conséquent 'Hamets! Il n'y a pas de différence si la nappe est sur le nylon ou inversement. Si vous préférez, vous pouvez mettre sur la surface de votre table un carton ondulé qui, du fait de son épaisseur, est supposé isoler votre nourriture de l'humidité se trouvant dans le bois. Bien sûr, vous devez également nettoyer toute la table. Il ne vous est pas demandé de vous agenouiller muni d'un cure-dent pour dénicher le 'Hamets qui s'est glissé dans les rainures des pieds de la table. Mais vous devez veiller à ce qu'aucune particule de puisse se détacher et tomber sur le sol et éventuellement faire son chemin jusque sur la table de Pessa'h.

Les chaises? Si elles sont couvertes de tapisserie, il faut bien les nettoyer. Le mieux est d'utiliser un shampooing si cela ne les abîme pas. S'il y a des parties amovibles, vérifiez-les; vous y trouverez sans doute des quantités de miettes. Vous devez faire très attention car les chaises sont déplacées çà et là et des miettes peuvent s'accrocher sur les vêtements de quelqu'un puis arriver dans un plat de Pessa'h.

En ce qui concerne les canapés, enlevez les coussins et contrôlez-les. Il est fréquent d'y trouver un kezaït de 'Hamets. Nettoyez chaque fissure et interstice. Pour cela, employez un aspirateur.


Pendant les repas, vous touchez aussi les interrupteurs électriques. Il est suffisant d'y passer un linge humidifié avec de l'ammoniaque ou un puissant détergent afin d'enlever toute trace de 'Hamets.

Vous devez faire la même chose pour les poignées de porte. Cependant, ce n'est pas suffisant pour des boutons fantaisie embellis par des textures. Frottez avec un chiffon plus saturé, de telle sorte que le 'Hamets qui resterait, deviendra ainsi impropre à la consommation.

 

LES PRINCIPES A OBSERVER DANS LA CUISINE

 

Il y a des objets dans la cuisine qui ne toucheront pas les aliments mais indirectement peuvent entrer en contact avec eux, car vous-même, pendant que vous cuisinez, les touchez. Les exemples sont nombreux: les boutons de porte, les portes, les fenêtres, les parois des armoires, la radio et surtout le téléphone. Leurs surfaces doivent être parfaitement propres ou, au moins, sans la moindre trace de matière comestible. Employez de l'ammoniaque ou un fort détergent (les liquides nettoyants pour les vitres contiennent de l'ammoniaque). C'est une bonne chose de démonter le téléphone car, sinon, vous ne saurez jamais combien de miettes de pain s'y sont amassées.

Il y a des ustensiles dans la cuisine qui ne nécessitent pas autant d'efforts. Ce sont ceux que vous allez ranger pendant Pessa'h comme, par exemple, vos récipients 'Hamets. Assurez-vous qu'ils ne contiennent ni 'Hamets comestible ni de résidu plus gros qu'un kezaït. Enfermez-les alors dans un placard sur lequel vous inscrirez 'Hamets de façon à ne pas les utiliser par accident pendant Pessa'h.

Au sujet des ustensiles 'Hamets utilisés seulement dans les grandes occasions - les assiettes en porcelaine de Limoges ou les verres en cristal de Baccarat exposés dans une vitrine - vous pouvez les laisser en place. Puisque vous ne les prenez pas régulièrement, il n'y a aucun danger que vous vous en serviez à Pessa'h. (Il n'y a aucun inconvénient à être propriétaire du "goût" du 'Hamets absorbé dans ces plats). Cependant, les gens n'aiment pas tellement laisser en vue ce type d'objets; aussi est-ce parfaitement légitime de les éloigner. Mais la hala'ha ne vous oblige pas à le faire.

Toujours dans le domaine du sentiment de gêne, les gens voileront les tableaux qui représentent du pain. Là aussi, il n'y a aucune obligation de le faire mais on peut apprécier le fait que les Juifs ne désirent pas avoir devant eux un dessin de 'hala pendant les repas de Pessa'h.

 

USTENSILES UTILISES POUR LA CUISSON

 

Maintenant, nous allons parler des surfaces qui entrent réellement en contact avec les aliments. Les exemples les plus typiques concernent les marmites, les casseroles et les poêles. Parmi ces ustensiles, la catégorie la plus difficile porte sur les récipients qui vont sur le feu et dans lesquels il n'y a pas de liquide, c'est-à-dire les poêles à frire. Si vous voulez les utiliser pour Pessa'h, vous devez en brûler le 'Hamets. Ceci est appelé liboun; il consiste à chauffer le métal au rouge. Deux méthodes sont possibles: le chalumeau ou le four auto-nettoyant (Faire attention que les poignée en plastique ne fondent pas).

Que dire des marmites ou des casseroles dans lesquelles on cuit avec de l'eau, comme les spaghettis? Il suffit de les tremper complètement dans de l'eau bouillante. L'opération s'appelle hagala.

Comment réaliser la hagala? Tout d'abord, nettoyez bien les récipients. Emplissez une très grande marmite d'eau; faites-la bouillir et immergez complètement les ustensiles que vous voulez cachériser. Puisqu'ils sont froids, ils vont tempérer un peu l'eau; laissez-les donc assez longtemps pour que l'eau atteigne à nouveau la température d'ébullition. Le temps d'immersion optimal est de trente secondes; retirez-les alors. Si vous les laissez trop longtemps, ils risquent de réabsorber du 'Hamets.

La hagala devient un plus compliquée quand il s'agit d'une grande marmite. Comment l'immerger? Un des moyens est de la remplir à ras bord avec de l'eau qu'on porte à ébullition; cette eau va déborder sur les parois extérieures du récipient.

L'autre moyen est de contacter votre synagogue et de demander si elle organise un jour de "cachérisation pour Pessa'h". Ce jour, elle met à la disposition du public un vaste fût avec de l'eau bouillante. Vérifiez que la personne en charge est suffisamment patiente pour attendre trente secondes. L'usage est de ne pas faire la hagala si le récipient a servi à cuire du 'Hamets depuis moins de 24 heures. En général, les gens possèdent une vaisselle spéciale pour Pessa'h, ce qui simplifie les choses.

LA RIGUEUR MEME POUR LES BOUGEOIRS

Il y a un autre point où il faut être particulièrement rigoureux pour Pessa'h. Les Ashkénazes ont pour coutume de ne mettre aucun objet sur la table de Pessa'h qui a été sur la table tout au long de l'année, à moins qu'il n'ait été cachérisé. Cela comprend tout ce qui a été en contact seulement à froid avec du 'Hamets, comme le verre du kidouch. Généralement, ces ustensiles n'absorbent pas de "goût de 'Hamets" car seule la chaleur le permet. Néanmoins, pour pouvoir les utiliser à Pessa'h, il faut les cachériser avec de l'eau bouillante, de même, si l'on pose les bougeoirs sur la table.

Il est cependant suffisant de les remplir d'eau bouillante, sans besoin de les immerger. Mais attention, si ce sont des objets en argent ciselé, avec plein de nervures, vous devrez bien les nettoyer avant l'opération d'ébouillantage. Utilisez une crème d'entretien pour argent; si vous n'arrivez pas à les nettoyer parfaitement, il vaut mieux utiliser d'autres objets pour Pessa'h.

Reprenons: tout récipient servant à cuire doit être immergé dans l'eau bouillante (Bien que la coutume est d'avoir une vaisselle spéciale pour Pessa'h), tandis qu'il faut seulement ébouillanter les ustensiles que vous n'utilisez pas pour cuisiner mais qui sont mis sur la table pendant l'année.

LES GRILLES DU FOURNEAU

De manière surprenante, il n'est nul besoin de les cachériser. Cela se passe toute l'année. Par exemple, si un peu de sauce de viande coule sur les grilles de la cuisinière et ensuite du lait s'y renverse, c'est encore cacher. La raison est que toute goutte répandue est brûlée sur le champ; les grilles étant constamment sur le feu n'ont pas le temps d'attraper le moindre goût.


Pour Pessa'h, nous faisons la même supposition, c'est-à-dire que le 'Hamets a, lui aussi, brûlé avant que son goût ne soit absorbé. Toutefois, les Ashkénazes ont pour coutume de cachériser les grilles. Nous procédons à un "léger brûlage", libun kal. Pratiquement, vous devez chauffer la grille de telle sorte que, si un papier entre en contact, il brunisse. La façon la plus simple est d'allumer le gril de votre four et d'y faire tourner les grilles du fourneau; cela devrait être suffisant. Une autre méthode est d'allumer tour à tour un ou deux feux de la cuisinière et d'y déposer le bleï'h, la plaque de chabbat. (N'allumez pas tous les feux en même temps car, par manque d'oxygène, ils risquent de s'éteindre.) Dans tous les cas, les grilles doivent être suffisamment chaudes pour brunir un papier.

 

LES PLANS DE TRAVAIL DANS LA CUISINE

 

Les surfaces en acier inoxydable peuvent être cachérisées. D'abord, assurez-vous que du 'Hamets chaud n'y a pas été déposé depuis moins de vingt-quatre heures. Nettoyez-les bien. Puis versez-y de l'eau bouillante.

Le problème est que c'est un travail fastidieux car il vous faudra remplir de nombreuse fois la bouilloire. Une autre méthode est de répandre de l'eau froide sur toute la surface (mettre des objets sur les bords de telle sorte que l'eau ne coule pas) puis y passer un fer électrique à vapeur. Cela va rendre l'eau "grésillante", ce qui est équivalent, du point de vue de la hala'ha, à l'utilisation d'une pierre portée au rouge - even melouban. Ne vous inquiétez pas, un fer à vapeur est étanche à l'eau.

Mais rappelez-vous, cela ne marche que pour les surfaces en inox.

Que faire pour les surfaces en marbre? Cela dépend du type de matériau. En Israël, la plupart des cuisines ont des plans de travail en chaïch. C'est une combinaison de pierre et d'époxy. On ne peut pas les cachériser pour Pessa'h. Vous devez les couvrir d'un revêtement étanche à l'eau. Et bien que ce ne soit pas nécessaire, beaucoup de personnes les ébouillantent avant.

Si vous avez ce qu'on appelle du "granit", il s'agit réellement de pierre qu'il est possible de cachériser. (Utilisez les mêmes méthodes que pour l'acier inoxydable). Seules les jonctions entre les plaques de granit posent problème, car elles sont remplies de plâtre. Certaines personnes recouvrent toute la surface avec des tapis en caoutchouc (même si elles l'ont cachérisée) afin de couvrir ces joints. Mais, d'après la hala'ha, cela devrait être suffisant.

Et les murs adjacents au plan de travail? Puisque les récipients les touchent, recouvrez-les quelle qu'en soit la matière.

Vous devez aussi recouvrir le bas des armoires qui sont au-dessus du plan de travail. Pourquoi? Parce que des aliments de Pessa'h pourraient les toucher. En outre, de la vapeur qui s'en échapperait pourrait attraper du goût de 'Hamets qui s'y est absorbé. Tout le monde n'est pas d'accord avec moi mais je suis persuadé qu'il faut les couvrir.

Quant aux parois verticales extérieures des armoires, nous présumons que la nourriture n'entrera pas en contact direct avec elles. Cependant, vérifiez qu'elles soient propres.

La cachérisation de la table de la cuisine suit la même méthode que celle que nous avons exposé pour la table de la salle à manger: vous devez la recouvrir d'un revêtement étanche à l'eau. Si sa surface est faite de bois, de métal ou de marbre, vous pouvez l'asperger avec de l'eau bouillante sans besoin de la couvrir. Cela ne marche pas avec le formica.

LE REFRIGERATEUR

En général, on ne met pas de plats chauds dans le réfrigérateur. Mais si vous le faites, évitez-le absolument à Pessa'h.

La règle de base pour le réfrigérateur est la même que pour les boutons de porte. Cela signifie qu'il doit être nettoyé impeccablement. Enlevez d'abord les étagères et laver l'intérieur avec un produit qui rendra les résidus de nourriture impropres à la consommation. Il est peut-être difficile de s'y pencher mais les surfaces sont lisses et assez faciles à nettoyer.

Les étagères elles-mêmes comportent de nombreuses lamelles. Les nettoyer à la main une par une vous prendra un temps incalculable. Le mieux est de remplir la baignoire à moitié avec de l'eau et un peu d'ammoniaque et de les y tremper. Rincez-les sous pression et vérifiez qu'il n'y reste accroché aucun aliment comestible.

Bien que cela soit suffisant, beaucoup de personnes ne se sentent pas à l'aise d'y déposer directement les aliments de Pessa'h. Vous pouvez couvrir les étagères, mais attention de ne pas le faire avec quelque chose qui empêchera l'air de circuler dans le réfrigérateur; le thermostat pourrait ne pas fonctionner correctement et votre moteur serait en marche constamment, ce qui pourrait l'endommager. Utilisez des feuilles de papier style essuie-tout; sinon faites des trous dans les feuilles d'aluminium.

Quant au congélateur, dégivrez-le et nettoyez-le intégralement. S'il est muni d'un système auto-dégivreur, assurez-vous de vider le récipient dans lequel s'accumule l'eau. Si vous ne l'avez pas fait récemment, il peut contenir un kezaït de miettes.

Qu'en est-il du joint d'étanchéité en caoutchouc qui est autour de la porte du réfrigérateur? Evidemment, nettoyez-le avec un chiffon. Mais le plus important est de nettoyer les plis en accordéon. Pour cela, la manière la plus efficace est d'utiliser un coton-tige trempé dans l'ammoniaque et de le passer entre les plis. Le coton-tige attrapera toutes les saletés.

Comment conserver dans le réfrigérateur ou le congélateur des aliments que vous désirez inclure dans la vente du 'Hamets? Vous devez les emballer et les mettre dans un coin du réfrigérateur ou du congélateur et les recouvrir afin d'éviter tout contact à Pessa'h.

En ce qui concerne l'extérieur du réfrigérateur, nettoyez la porte et les poignées car vous les toucherez souvent à Pessa'h. Contrôlez également le haut du réfrigérateur, spécialement quand il y a des enfants à la maison. Qui peut savoir ce qu'ils ont pu y jeter! Quant aux parois latérales, nettoyez-les bien. Certaines personnes les recouvrent mais la hala'ha ne l'exige pas.

LES ARMOIRES DE CUISINE

Nous avons déjà parlé des parois extérieures des armoires de cuisine. Qu'en est-il des étagères? Puisque, normalement, vous n'y déposez aucun aliment chaud, vous n'avez pas besoin d'utiliser d'eau bouillante; simplement lavez-les bien avec un détergent et assurez-vous qu'il n'y reste aucun résidu consommable.

Cependant, là aussi, beaucoup de personnes se sentent gênées d'y mettre la vaisselle et les aliments de Pessa'h. C'est l'origine de "l'ancienne coutume juive" du papier d'étagère qu'on pose sur le fond des tiroirs et des placards; il y en a même qui en recouvrent les côtés.

 

L'EVIER DE LA CUISINE

 

L'évier doit être, bien sûr, cacher pour Pessa'h. S'il est en acier inoxydable, il peut être cachérisé à l'eau bouillante. Toutefois, le joint de l'évacuation ne peut pas être nettoyé correctement. La solution est de passer l'évier au chalumeau. Mais la plupart des autorités rabbiniques pensent qu'il suffit, en plus de l'ébouillantage, de faire couler par l'évacuation un détergent puissant. De cette manière, tout ce qui s'est collé, soit sur le joint soit dans la canalisation d'évacuation elle-même, deviendra totalement inconsommable. Si vous avez une conduite en plastique, un déboucheur à base de soude ou d'acide pourrait l'endommager; un détergent puissant est donc suffisant. En addition, certains y mettent une cuvette en plastique ou un tapis en caoutchouc afin que rien ne puisse toucher l'évier lui-même. Mais ce n'est pas nécessaire.

Un évier en porcelaine ne peut pas être cachérisé. Vous devez le nettoyer complètement et y mettre un récipient en plastique. Mais quelques fois, l'évier peut refouler de l'eau dans la cuvette en plastique! Son utilité s'en trouve annulée. Pour éviter cela, il faut enlever le filtre qui se trouve dans l'évier et en mettre un dans le récipient en plastique. Par ce moyen, tous les détritus y resteront - vous pourrez aisément les enlever- et ce qui passera, s'écoulera facilement sans rester dans l'évier.

De plus, le récipient en plastique doit est légèrement surélevé, afin de ne pas toucher le fond de l'évier. Vous pouvez mettre deux petits morceaux de bois dans l'évier sur lesquels le récipient en plastique reposera.

Peut-on coller un papier adhésif sur l'évier? Le problème est que des gouttes d'eau peuvent s'y piéger. Et cette eau va transmettre le goût de votre évier non cacher pour Pessa'h. Si vous êtes certain qu'il n'y aura aucune goutte d'eau, vous pouvez utiliser un tel papier.

Pendant que nous sommes sur le sujet de l'évier, n'oubliez pas le robinet lui-même! Les boutons doivent être nettoyés parfaitement. Il y a des gens qui ont un jeu spécial pour Pessa'h. Si vous ne vous sentez pas le courage de les démonter, lavez-les au moins avec un détergent qui rendra toute particule non mangeable. Pour ce qui est du robinet lui-même, vous devez l'ébouillanter car il est contact avec la vapeur de 'Hamets tout le temps. Un robinet en plastique pose problème car il ne peut pas être cachérisé. Ce que vous devez faire dans ce cas pendant Pessa'h est d'en éloigner vos casseroles et d'empêcher toute vapeur de l'atteindre.

 


LE LAVAGE DE LA VAISSELLE A PESSA'H

 

Juste un conseil. Afin d'éviter toutes sortes de problèmes dans votre évier, ne lavez pas la vaisselle à l'eau très chaude à Pessa'h. Ainsi, il n'y aura aucun risque d'arriver à une température où des résidus de 'Hamets, restant au fond de la canalisation, pourraient cuire et émettre de la vapeur. (Le point de cuisson d'après la hala'ha, appelé yad solèdète - littéralement "Trop chaud pour être touché", est de 45°C). Il n'est pas interdit de laver à l'eau très chaude mais il vaut mieux ne le pas le faire. Vos plats seront suffisamment propres si vous utilisez de l'eau tiède. C'est précaution n'est à prendre qu'à Pessa'h.

 

LE FOUR

 

Si vous avez un four auto-nettoyant, mettez le système en marche pour un cycle; votre four sera alors cacher pour Pessa'h. S'il y a à l'intérieur des éléments en caoutchouc ou en toute autre matière qui d'après la hala'ha ne peuvent pas être cachérisés, recouvrez-les d'une feuille d'aluminium et contrôlez qu'ils restent couverts à chaque fois que vous vous en servez.

Si vous n'avez pas l'intention de vous en servir durant Pessa'h, ouvrez-le, vérifiez qu'il n'y a ni aliments consommables ni un kezaït de résidu à l'intérieur, puis fermez la porte et scotchez-la. Si vous voulez être méticuleux, pulvérisez un produit nettoyant pour four, attendez trois minutes, essuyez-le et fermez la porte. Du point de vue de la hala'ha, si vous n'utilisez pas votre four à Pessa'h, il n'a pas besoin de reluire. Ce n'est pas la peine de le frotter pendant des heures. Simplement, assurez-vous qu'il n'y a pas à l'intérieur du 'Hamets consommable ou un kezaït de résidu.

Si vous n'avez jamais utilisé votre four pour du 'Hamets, et que vous voulez l'employer pour Pessa'h, vous devez quand même le cachériser. Mais dans ce cas, contentez-vous seulement de tourner le bouton du thermostat à la plus forte température.

Que dire de la tôle de la cuisinière sur laquelle sont fixés les brûleurs? Nous avons déjà parlé des grilles- on leur fait un liboun kal, ce qui signifie qu'elles deviennent assez chaudes pour brunir un papier. La même règle s'applique aux brûleurs; nettoyez-les bien puis allumez-les et vérifiez que tout aliment a brûlé.

Mais c'est une toute autre histoire pour le support des brûleurs lui-même. En réalité, cette surface est toujours tarèf - non-cachère, car elle reçoit des éclaboussures de lait et de viande. Toute l'année, ce n'est pas un problème. Pourquoi? Parce que premièrement, vous veillez à ce que ces éclaboussures n'atteignent pas ce que vous cuisinez. Et si cela arrive, alors cela dépend si elles sont consommables et quelle en est la proportion. De surcroît, si la surface est propre, le seul problème est l'absorption de goût de viande et de lait, que nous présumons s'être passé il y a plus de 24 heures. Dans ce cas, il est peu probable que ces éclaboussures rendent votre plat non-cacher.

Mais à Pessa'h, la condition des 24 heures ne joue pas. Un objet utilisé il y a un an pour du 'Hamets demeure 'Hamets. Par conséquent, vos aliments de Pessa'h ne doivent absolument pas toucher cette surface; Pour ce faire, recouvrez-la entièrement avec une feuille d'aluminium, qui soit suffisamment solide pour ne pas se déchirer.

La partie la plus problématique de votre fourneau est la partie invisible se trouvant sous cette plaque. Si vous la retirez, vous trouverez des restes de tout ce que vous avez cuit pendant l'année. Il peut y avoir également des miettes comestibles ainsi qu'un kezaït de résidus visqueux. Vous devez donc démonter cette tôle; en général, c'est très faisable en dévissant quelques vis. Sinon, il faut les enlever avec le bout des doigts, ce qui n'est pas facile et le seul moyen est d'entrouvrir de force et de pulvériser un détergent à l'ammoniaque pour rendre tout ce qui s'y trouve inconsommable.

En supposant que vous ayez pu démonter la plaque, la première chose à faire est d'actionner l'aspirateur et de faire disparaître toutes les miettes afin qu'elles ne s'éparpillent pas dans tous les coins. Si vous n'avez pas pas d'aspirateur, prenez un chiffon humide et passez-le sur toute la surface. Les miettes colleront au tissu. Ne le mouillez pas trop car cela salirait tout le fourneau. Cette opération est obligatoire même si vous n'utilisez pas votre cuisinière à Pessa'h.

Si votre fourneau est intégré dans le plan de travail, cela ne pose pas de problème car les éclaboussures ne peuvent pratiquement pas pénétrer sous la plaque.

D'autres fourneaux posent des problèmes. Si la plaque est en verre ou en porcelaine et les éléments de chauffage en-dessous, vous ne pouvez pas la cachériser, en raison de la matière. Il est possible de la recouvrir d'aluminium mais la cuisson sera beaucoup moins efficace. A moins de trouver une solution à ce problème, le mieux est d'utiliser un fourneau différent pour Pessa'h.

Si ce sont des feux électriques extérieurs, vous n'avez besoin que de les nettoyer, sans procéder à un processus de cachérisation.

Une plaque chauffante électrique (plata) doit être nettoyée aussi bien que possible et si vous voulez l'utiliser pour Pessa'h, couvrez-la d'une feuille épaisse d'aluminium qui ne risquera pas de se déchirer. Quant à la plaque de métal pour chabbat (bleï'h), posée sur les feux du gaz, qu'il faudrait soit cachériser soit recouvrir, il paraît plus simple d'acheter une plaque mince pour Pessa'h; autrement, une feuille épaisse d'aluminium suffit, quoiqu'il puisse y avoir émission de fumées désagréables.

Beaucoup de fourneaux ont un couvercle que vous baissez quand vous ne cuisinez pas. Il est en permanence souillé par des éclaboussures. Vous devez donc le nettoyer et le recouvrir (ou le démonter). De même, le mur derrière le fourneau a absorbé du 'Hamets; éloignez la cuisinière du mur de façon que les casseroles ne le touchent pas ou couvrez-le.

Si vous avez une hotte aspirante au-dessus du fourneau, cela pose problème. Il y a là un nid où s'accumule de la vapeur et des particules de 'Hamets. La meilleure chose est de la recouvrir et de ne pas l'utiliser à Pessa'h. De plus, s'il y a des substances consommables à l'intérieur (ou un kezaït de résidus), vous devez les enlever.

MICRO-ONDES ET LAVE- VAISSELLE

Un four à micro-ondes peut être cachérisé pour Pessa'h à condition que les parois internes soient métalliques (même si le métal est peint). Introduisez un bol d'eau et faites-le bouillir pendant 20 minutes. Il est préférable d'avoir une nouvelle plaque en verre pour Pessa'h ou au moins de la couvrir.

Si vous avez différents éléments dans le micro-ondes qui sont, par exemple, en caoutchouc, c'est un gros problème. Tout d'abord, cette matière n'est pas cachérisable. Deuxièmement, ces pièces ne peuvent évidemment pas être recouvertes de feuille d'aluminium - nous sommes dans un micro-ondes - La solution est d'avoir des pièces de rechange conservées seulement pour Pessa'h. Sinon, vous ne pouvez pas l'utiliser.

Si l'intérieur est en plastique, le micro-ondes ne peut pas être cachérisé.

Pour utiliser une machine à laver la vaisselle, ses parois intérieures doivent être métalliques. De plus, vous devez avoir un panier spécial pour Pessa'h.

 

LE PETIT ELECTRO-MENAGER

 

Il y a d'autres appareils que nous n'utilisons pas à Pessa'h. Cela inclut le grille-pain, le petit four à pâtisserie et le mixeur, que vous avez utilisés toute l'année pour le pain et les gâteaux. Bien qu'il soit possible de les cachériser, cela nous mènerait beaucoup trop loin; aussi nous ne le faisons pas.

Alors que faites-vous? Tout d'abord, si vous pensez qu'ils contiennent des substances consommables, nettoyez-les. Enlevez les miettes de votre grille-pain et de votre four. Faites pour le mieux mais ne devenez pas fou; ne les démontez pas.

La raison est que, de toute façon, vous les inscrirez dans le contrat de vente du 'Hamets. Ainsi, bien que nous ayons la coutume de ne pas vendre du 'Hamets gamour (c'est-à-dire du pain et des gâteaux), il n'y a aucun de problème de vendre un grille-pain avec des miettes à l'intérieur. Enlevez tout ce que vous pouvez et pour ce que vous n'arrivez pas à atteindre, reposez-vous sur la vente.

Quant à votre mixeur, si vous craignez qu'il n'y ait encore de la pâte, elle est probablement non-consommable. Dans ce cas, vérifiez qu'il n'y pas un kezaït. En fait, le mieux est de le laver avec un détergent qui rendra tout impropre à la consommation.

LE SOL

Les miettes sur le sol, en supposant que leur quantité est inférieure à un kezaït, sont considérées comme de la saleté. Le problème est que les vêtements tombent sur le sol, que les enfants jouent par terre, etc. Aussi, afin de minimiser les problèmes, essayez de maintenir les sols bien ordonnés pendant que vous nettoyez pour Pessa'h. Et ensuite, ultime étape, quand tout a été cachérisé dans la maison, lavez bien les sols (Vous n'avez pas besoin d'utiliser d'ammoniaque).

Que se passe-t-il durant Pessa'h lui-même? Soyez conscient que, chaque fois que quelqu'un entre dans la maison, il apporte sur ses habits, et particulièrement sur ses chaussures, des particules qui peuvent être du 'Hamets. Vous pouvez passer votre temps à balayer mais cela n'aidera pas vraiment.

Aussi la règle est la suivante: tout objet qui tombe par terre pendant Pessa'h n'est pas remis sur la table. De nos jours, nous permettons de le laver. Par exemple, si un couvert en argent est tombé, une fois lavé vous pouvez le réutiliser. De même pour un jouet - si un enfant veut l'apporter à table, il faut le rincer auparavant.

Et les tapis? Ils sont pleins de miettes - en général tout à fait mangeables - et il est extrêmement difficile de les nettoyer. La meilleure méthode est de les shampooiner avant Pessa'h, ce qui éliminera toute trace de particules comestibles. Sinon, les gens les roulent, les mettent de côté et les vendent avec le 'Hamets. Ce n'est pas exigé mais c'est certainement recommandable (à moins de les avoir shampooiné).

Une chose capitale à se rappeler: vous avez passé tout votre temps à nettoyer pour Pessa'h. Où est donc tout le 'Hamets que vous avez enlevé? Il s'est collé aux poils du balai, il est passé dans la poubelle et dans le sac de l'aspirateur. Vous devez nettoyer votre balai ou mieux avoir un balai pour Pessa'h. Vérifiez que votre poubelle est bien propre et surtout, jetez le sac de l'aspirateur. C'est justement là que vous avez vraisemblablement un kezaït de 'Hamets.

 

VENTE DU 'HAMETS

 

La coutume la plus répandue est de ne pas vendre du vrai 'Hamets comestible comme le pain, les crackers, le whisky, etc. à moins que cela ne cause une perte financière importante, c'est-à-dire que vous en avez une grande quantité ou c'est difficile de vous en procurer ou c'est cher. Vous pouvez certainement inclure une demie bouteille de whisky dans la vente. Sinon faites-en cadeau à une connaissance non-juive.

Mais qu'en est-il des aliments qui ne sont pas "réellement" du 'Hamets, par exemple des boîtes de thon non étiquetées comme "Cacher pour Pessa'h" ou un mets cuit dans une casserole 'Hamets? Vendez-les et ne les utilisez pas pendant Pessa'h. Si possible, rangez-les dans un placard ou, au moins, recouvrez-les. Mettre un ruban adhésif sur la porte des l'armoires où est emmagasiné le 'Hamets est nécessaire afin de vous empêcher de les ouvrir par inadvertance à Pessa'h. Attention! Même le 'Hamets d'un non-juif doit être rangé dans un endroit à part et recouvert.

Puissiez-vous passer une fête de Pessa'h cachère et joyeuse, et que le nettoyage se passe en douceur!



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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 09:15
"Pâque" : étymologie


Auteur : Le Rav Max WEIMAN
Pour : lamed
traduction : Ra'hel Katz
Adapté par Aschkel

Le mot Pessa’h n’est pas toujours très bien compris. La plupart des gens sont habitués à sa traduction "Pâque" et certains savent qu’elle fait référence au fait que D.ieu est passé au-dessus des maisons des Juifs durant la plaie des premiers-nés en Égypte (voir Exode 12:13). De manière plus directe, nous sommes reconnaissants envers D.ieu de nous avoir épargnés durant cette plaie. Toutefois, cette explication comprend deux difficultés manifestes.

Premièrement, le fait que D.ieu ait sauté de maison en maison est plutôt contradictoire avec ce que nous connaissons de Lui. Il est capable de frapper n’importe quelles maisons de Son choix, toutes au même moment précis. Pour un Être de nature infinie, "sauter" une maison n’a aucun sens. Il n’est pas Superman volant dans les airs.

Lorsque le mot Pessa’h devint le nom d’une fête, un fait métaphysique fut concrétisé au sujet de la semaine de Pâque : la possibilité de faire un bond dans son développement spirituel.

Deuxièmement, le fait d’avoir sauté de maison en maison n’est certainement pas le point le plus significatif de l’Exode. Pourquoi nommer une fête d’après une partie d’une seule plaie ? Et les neuf autres ? Et qu’en est-il de la délivrance de l’esclavage ? Et du partage de la Mer Rouge ? On aurait plutôt tendance à penser que le nom d’une fête corresponde à la caractéristique la plus extraordinaire de tout l’événement.

La réponse à chaque question permettra de résoudre la suivante. Lorsque D.ieu nous a dit de répandre du sang sur le linteau des portes de la maison afin qu’elle soit sautée, Il sous-entendait que les Juifs méritaient d’une certaine manière que la plaie des premiers-nés les affectât eux aussi en même temps que les Égyptiens. Soit dit en passant, le commandement de racheter les premiers-nés, mentionnée dans l’Exode 13:12, fait écho à l’idée que D.ieu a épargné nos premiers-nés. C’est la miséricorde de D.ieu qui L’a incité à sauter les maisons juives.

 


La miséricorde de D.ieu L’a également incité à nous épargner de nombreuses années de la période d’exil en Egypte telle qu’elle avait été initialement prévue. En effet, à l’origine, Il avait dit à Abraham que ses descendants seraient asservis durant 400 ans. Pourtant, la durée de l’exil fut raccourcie à 210 ans.

Un autre type de saut se produisit la nuit même de l’Exode. La sortie d’Egypte donna lieu à une course insensée qui trouva son expression dans le fait qu’on ait sauté le détail pratique de laisser à la pâte le temps de lever. Bien entendu, D.ieu peut nous faire enjamber le temps ou l’espace à Son gré pour renforcer notre relation avec Lui.

À quoi se rapportent donc tous ces éléments ? Lorsque le mot Pessa’h devint le nom d’une fête, un fait métaphysique fut concrétisé au sujet de la semaine de Pâque : la possibilité de faire un bond dans son développement spirituel.


LES CABLES DE DEMARRAGE DE D.IEU


Le mot "pessa’h" lui-même renferme une notion de saut mystique. Pessa’h se compose de trois lettres: Pé, Samekh et ‘Het. Les kabbalistes disent que 
pessa’h peut être lu en deux mots, révélant ainsi un sens plus profond : Pé Sakh, ce qui signifie : "la bouche parle". Ces deux mots sont formés de quatre lettres : Pé, Hé, Samekh et ‘Het. La Tradition Orale nous dévoile donc que la lettre Hé fut sautée.

Qu’est-ce que parler ? C’est rendre réel des idées. Partir d’un potentiel pour en faire une réalité.

Du point de vue conceptuel, la "bouche qui parle" fait référence à ce qui se passe durant le Séder lorsque nous racontons la sortie d’Egypte. Le mot Haggada signifie "parole". La Kabbale nous enseigne que chaque mois du calendrier possède un lien étroit avec une faculté humaine spécifique. Ce mois de Nissan est relié à la faculté de parler. Qu’est-ce que parler ? C’est rendre réel des idées. Partir d’un potentiel pour en faire une réalité. Nissan est le mois au cours duquel le monde est devenu une réalité. C’est également le mois durant lequel le peuple juif, de nation potentielle, est devenu une réalité.

Cette transformation de potentialité à réalité a nécessité un bond surnaturel procuré par D.ieu. Telle est l’essence même de Pessa’h. Nous désirons tous donner plus de sens à notre vie. Nous aimerions vivre une expérience transcendante. Mais, il nous faut lutter pour nous élever spirituellement. C’est difficile et demande que nous nous changions. Durant Pessa’h, nous avons une occasion exceptionnelle d’utiliser les câbles de démarrage de D.ieu : le "bond" suprême. Saisissez l’opportunité qui se présente à vous et demandez à D.ieu de vous donner le tonus que vous attendez.


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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 08:44
Le calendrier de Pessa'h 2010
Vue d'ensemble de la fête de Pessa'h en 2010

Dimanche 28 mars – 13 Nissan

Avez-vous déjà vendu votre 'Hamets ? Votre autorité rabbinique locale peut vous aider (cliquez ici pour trouver l'émissaire 'Habad-Loubavitch le plus proche de chez vous) ou bien envoyez par e-mail votre formulaire "d'autorisation de vente du 'Hamets".

Faites la recherche du 'Hamets à la tombée de la nuit (cliquez ici pour l'heure exacte). Récitez la bénédiction avant la recherche, puis l'annulation du 'Hamets (Kol 'hamira) suite à la recherche. Cliquez ici pour plus d'information sur la recherche et la suppression du 'Hamets.

Lundi 29 mars – 14 Nissan
La Veille de Pessa'h

Lois & Coutumes :

Le Jeûne des premiers-nés. Pour être exempté du jeûne, il faut participer à un repas donné en l'honneur de l'accomplissement d'une Mitsva, par exemple pour la conclusion de l'étude d'un traité du Talmud ("Siyoum massekhet"). De tels repas sont généralement organisés dans les synagogues après la prière du matin de ce jour.

Avez-vous bien vendu votre 'Hamets ? Dernier appel ! Votre autorité rabbinique locale peut vous aider (cliquez icipour trouver l'émissaire 'Habad-Loubavitch le plus proche de chez vous) ou bien envoyez par e-mail votre formulaire "d'autorisation de vente du 'Hamets".

Arrêtez de manger du 'Hamets avant la fin de la quatrième "heure solaire" (cliquez ici pour l'heure exacte).

Brûlez votre 'Hamets restant (qui n'a pas été vendu) avant la cinquième "heure solaire" (cliquez ici pour l'heure exacte).

Il est de coutume de réciter "L'ordre de l'offrande du sacrifice Pascal" après l'office de Min'ha.

Allumez les bénédictions de la fête après la tombée de la nuit en utilisant une flamme existante, en récitant les bénédictions 2 et 4Cliquez ici pour les bénédictions et icipour l'heure d'allumage des bougies dans votre ville.Cliquez ici pour un résumé des lois de Yom Tov.

Le Halel complet est récité durant l'office de Maariv (office du soir) de la fête.

Premier Sédère : le Sédère inclut l'observance de nombreuses Mitsvot bibliques et rabbiniques, parmi lesquelles manger de la Matsa et du Maror (herbes amères), boire quatre verres de vin, raconter l'histoire de la sortie d'Égypte à nos enfants, s'accouder en signe de liberté, etc. (Cliquez ici pour le guide du Sédère.)

Pour trouver un Sédère public près de vous, cliquez ici (en anglais).

La première nuit de Pessa'h est dénommée "Leïl Chimourim" (une nuit protégée), en référence à Exode 12, 42.

Mardi 30 mars – 15 Nissan
1
er jour de Pessa'h

Lois & Coutumes :

Office du matin. Le Halel entier est récité. Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l'arche.
Lecture de la Torah : Exode 12, 21 à 51 et Nombres 28, 16 à 25.
Haftarah : Josué 3, 5-7 ; 5, 2-6, 1 ; 6, 27.

A partir de la Amida de Moussaf, nous disons "morid hatal", la prière pour la rosée, et nous cessons la prière pour la pluie. Cette pratique se poursuit jusqu'à Chemini Atseret, la fête qui suit immédiatement Souccot.

Les Cohanim bénissent l'assemblée au cours de la prière de Moussaf.

Repas de fête.

Le Halel complet est récité au cours de l'office de Maariv (office du soir), suivi du "Compte du Omer". Nous comptons ce soir le premier jour du Omer. Le compte du Omer est récité chacun des 49 jours prochains, jusqu'à  la fête de Chavouot le cinquantième jour. Ces 49 jours représentent les 49 étapes de développement personnel qui nous amènent du départ de notre "Égypte personnelle" jusqu'au pied du mont Sinaï, lorsque nous sommes prêts à accepter la sagesse de la Torah.

Allumez les bénédictions de la fête après la tombée de la nuit en utilisant une flamme existante, en récitant les bénédictions 2 et 4. Cliquez ici pour les bénédictions et icipour l'heure d'allumage des bougies dans votre ville.

Deuxième Sédère : le Sédère inclut l'observance de nombreuses Mitsvot bibliques et rabbiniques, parmi lesquelles manger de la Matsa et du Maror (herbes amères), boire quatre verres de vin, raconter l'histoire de la sortie d'Égypte à nos enfants, s'accouder en signe de liberté, etc. (Cliquez ici pour le guide du Sédère.)

Mercredi 31 mars – 16 Nissan
2
ème jour de Pessa'h

Lois & Coutumes :

Office du matin. Le Halel entier est récité. Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l'arche.
Lecture de la Torah : Lévitique 22, 36 à 23, 44 et Nombres 28, 16 à 25.
Haftarah : Rois II 23, 1-9 et 21-25.

Les Cohanim bénissent l'assemblée au cours de la prière de Moussaf.

Repas de fête.

Après la tombée de la nuit, on compte le 2ème jour du Omer.

Après  la tombée de la nuit, récitez la cérémonie de Havdalah, en omettant les bénédictions sur les épices et la flamme.

On célèbre les jours intermédiaires (de demi-fête) de Pessa'h. Dans cette période qui sépare les deux premiers des deux derniers jours de Pessa'h, nous pouvons reprendre la plupart de nos activités habituelles (mais pas toutes). Cependant, nous continuons bien sûr à consommer exclusivement de la nourriture cachère pour Pessa'h. Il est de coutume de boire un verre de vin ou de jus de raisin chaque jour, comme élément de célébration de la fête.

Jeudi 1er avril – 17 Nissan
3
ème jour de Pessa'h
1
er jour de 'Hol Hamoed (demi-fête)

Lois & Coutumes :

Office du matin : Dans la plupart des communautés, on ne porte pas les Téfilines lors des jours intermédiaires de Pessa'h.

Le Halel réduit est récité. Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l'arche. Lecture de la Torah : Exode 13, 1-16 et Nombres 28, 19-25. On récite la Amidah de Moussaf. Durant tous les jours intermédiaires, on ajoute Yaaleh Veyavo dans toutes les prières et les grâces après les repas.

Les jours intermédiaires de Pessa'h, certaines restrictions s'appliquent quant aux activités professionnelles et les tâches qu'il est permis d'effectuer.

Après la tombée de la nuit, on compte le 3ème jour du Omer.

Vendredi 12 avril – 18 Nissan
4
ème jour de Pessa'h
2
ème jour de 'Hol Hamoed (demi-fête)

Lois & Coutumes :

Office du matin : Dans la plupart des communautés, on ne porte pas les Téfilines lors des jours intermédiaires de Pessa'h.

Le Halel réduit est récité. Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l'arche. Lecture de la Torah : Exode 22, 24-23, 19 et Nombres 28, 19-25. On récite la Amidah de Moussaf. Durant tous les jours intermédiaires, on ajouteYaaleh Veyavo dans toutes les prières et les grâces après les repas.

Les jours intermédiaires de Pessa'h, certaines restrictions s'appliquent quant aux activités professionnelles et les tâches qu'il est permis d'effectuer.

Avant le coucher du soleil, allumez les bougies de Chabbat et récitez la bénédiction 1. Cliquez ici pour la bénédiction et ici pour l'heure d'allumage des bougies dans votre ville

Les prières du soir de Chabbat débutent par Mizmor LeDavid et non par Lékhou Néranena. Après la Amidah, on compte le 4ème jour du Omer.

Appréciez un relaxant repas de Chabbat avec une nourriture de Pessa'h (pas de 'Halot, bien sûr. On fait lemotsi avec deux Matsot).

Chabbat 13 avril – 19 Nissan
5ème jour de Pessa'h
3
ème jour de 'Hol Hamoed (demi-fête)
 

Lois & Coutumes :

Office du matin : Office de Chabbat normal. On ajouteYaaleh Véyavo dans la Amida.

Le Halel réduit est récité. Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l'arche. Lecture de la Torah : Exode 33, 12-34, 26 et Nombres 28, 19-25. Haftarah : Ézéchiel 37, 1-14.

On récite la Amidah de Moussaf des fêtes, avec les ajouts spécifiques à Chabbat.

Repas de fête.

Prière du soir. On ajoute Atah 'honanetanou dans la Amidah. Après la Amidah, on compte le 5ème jour du Omer.

Après la tombée de la nuit, on récite la Havdalah.

Dimanche 4 avril – 20 Nissan
6
ème jour de Pessa'h
4
ème jour de 'Hol Hamoed (demi-fête)

Lois & Coutumes :

Office du matin : Dans la plupart des communautés, on ne porte pas les Téfilines lors des jours intermédiaires de Pessa'h.

Le Halel réduit est récité. Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l'arche. Lecture de la Torah : Nombres 9, 1-14 et Nombres 28, 19-25. On récite la Amidah de Moussaf. Durant tous les jours intermédiaires, on ajoute Yaaleh Veyavo dans toutes les prières et les grâces après les repas.

Les jours intermédiaires de Pessa'h, certaines restrictions s'appliquent quant aux activités professionnelles et les tâches qu'il est permis d'effectuer.

Allumez les bougies pour le 7ème jour de Pessa'h et récitez la bénédiction 2. Cliquez ici pour les bénédictions et icipour l'heure d'allumage des bougies dans votre ville.

Office du soir. Après la Amidah, on compte le 6ème jour du Omer.

Repas de fête avec le Kidouche de la fête.

C'est une tradition dans de nombreuses communautés de veiller toute la nuit en étudiant la Torah, en commémoration du grand miracle de l'Ouverture de la Mer qui eut lieu le 7ème jour de Pessa'h.

Lundi 5 avril – 21 Nissan
7
ème jour de Pessa'h — Chevii Chel Pessa'h

Lois & Coutumes :

Office du matin : Le Halel réduit est récité. Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l'arche.
Lecture de la Torah : Exode 13, 17-15, 26 et Nombres 28, 19-25.
Haftarah : Samuel II 22, 1-51.

Les Cohanim bénissent l'assemblée au cours de la prière de Moussaf.

Repas de fête.

Office du soir. Après la Amidah, on compte le 7ème jour du Omer.

Allumez les bougies pour le 8ème jour de Pessa'h après la tombée de la nuit, en utilisant une flamme existante, et en récitant la bénédiction 2. Cliquez ici pour les bénédictions etici pour l'heure d'allumage des bougies dans votre ville.

Mardi 6 avril – 22 Nissan
Dernier jour de Pessa'h — A'haron Chel Pessa'h

Lois & Coutumes :

Office du matin : Le Halel réduit est récité. Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l'arche.
Lecture de la Torah : Deutéronome 15, 19-16, 17 et Nombres 28, 19-25.
Haftarah : Isaïe 10, 32-12, 6. cette Haftarah décrit l'ère messianique ainsi que la personnalité du roi Machia'h.

La prière de Yizkor en mémoire des défunts est récitée après la lecture de la Torah.

Les Cohanim bénissent l'assemblée au cours de la prière de Moussaf.

Repas de fête.

En ce dernier jour de Pessa'h, nous aspirons à un plus haut degré de liberté : celui de la Rédemption messianique. Suivant la coutume instaurée par le Baal Chem Tov, nous terminons Pessa'h par Séoudat Machia'h, le "repas du Machia'h" en consommant un repas supplémentaire avec de la Matsa et quatre verres de vin, au cours duquel nous célébrons l'arrivée imminente du Machia'h (le Messie). Ce repas commence avant le coucher du soleil et se prolonge jusqu'après la tombée de la nuit.

Prière du soir. Après la Amidah, on compte le 8ème jour du Omer.

Après la tombée de la nuit, on récite la Havdalah, en omettant les bénédictions sur les épices et la flamme.

La tombée de la nuit marque la fin officielle de Pessa'h (cliquez ici pour l'heure exacte dans votre ville). Attendez une heure pour donner au rabbin le temps de racheter votre 'Hamets avant d'en consommer.

Mercredi 7 avril – 23 Nissan

Le jour suivant la fête est dénommé Isrou 'Hag. Il est interdit de jeûner en ce jour.

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